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Le dialogue social. Alors samedi 17 octobre a été un jour de grande mobilisation contre la vie chère et en soutien au mouvement étudiant, plutôt lycéen pardon, né il y a plusieurs semaines. Les violences subies par les manifestants et par la police, tout comme les dégâts matériels infligés aux petits commerces, ont choqué les français. Face à la situation, vous avez dénoncé une grande incompétence du gouvernement. Le ministre de l'Intérieur a lui-même reconnu une perte de contrôle. Quelles sont selon vous les bonnes méthodes d'action ? à employer, dans le cas précis, des événements du 17 octobre ? Ouf
Bon, d'abord, alors, commençons par le commencement. Le maintien de l'ordre est une très mauvaise expression. De quel ordre vous parlez ? Il faut dire, si on veut à tout prix parler de maintien de l'ordre, on va dire le maintien de l'ordre public. C'est-à-dire la tranquillité, l'exercice des droits constitutionnels pacifiquement manifestés, pacifiquement, et ainsi de suite. Bon. Donc, un, de quoi on parle ? De l'ordre public et de rien d'autre. Deuxièmement, l'ordre public, le maintien de l'ordre public est un métier. Ce n'est pas une affaire de gros bras et de petites cervelles. C'est une affaire de grosse cervelle avec des bras qui ont des gestes adaptés. Par exemple, tirer dans la figure de quelqu'un n'est pas un geste adapté. Tirer à bout portant sur un jeune et lui fracasser la mâchoire et toute sa dentition n'est pas un geste adapté, ce n'est pas un geste professionnel, j'en passe et beaucoup. Aujourd'hui, la liste de ceux qui ont été amputés, blessés, de toutes les manières possibles à la fin de ces événements est déjà très longue le nombre de jeunes gens qui sont passés en garde à vue sans aucune décision d'aucune sorte ni aucune démonstration de quelque culpabilité que ce soit est considérable le 24 octobre il ya plus de monde qui a été au trou que le 17 alors je vous dis tout ça pour bien rappeler dans quel ensemble nous vivons quand arrive le 17 Je ne vais pas faire de paranoïa, d'accord ? Puisque tout à l'heure, on m'a soupçonné de vivre d'après des... Je fais le contraire. Je fais le pari de croire que les gens qui prennent des décisions le font d'une manière professionnelle. Pas monter un traquenard comme ça, jamais de la vie. Pas provoquer des gens pour qu'il y ait des incidents. Enfin, on ne va pas être paranoïaque. Non, ils le font comme un métier, avec une conscience professionnelle. Il y a quand même un problème, ils ne valent pas un clou. Parce que le résultat, ça a été une pagaille gigantesque. Et qu'on a vu que les consignes avaient été sans doute très mal données. Quel était l'intérêt de courir après des manifestants plutôt que de protéger des façades et des commerces ? Quel était l'intérêt de continuer à courir alors qu'il n'y avait plus de munitions d'après les conversations radio dont nous avons été informés ? Parce qu'on sait beaucoup de choses. Ça a été mené en dépit du bon sens. Maintenant, ils disent on a sous-évalué. Comment ça vous avez fait pour sous-évaluer ? Quand le pape vient, vous évaluez qu'il faut 14 000 policiers à Paris. Quand il y a des manifestations annoncées dans toute la France, vous en mettez 10 000 pour toute la France. Alors, ni vous ni moi, nous sommes des professionnels de l'ordre. 60
000, non ? 60 000 policiers pour toute la France, non
Ça, c'était ce week-end. Le week-end précédent... Non, ce week-end, c
'était 70 000.
Non, le week-end dont on parle, 17 octobre... Je crois qu
'effectivement, le chiffre que vous donnez de 10 000... a été contesté par la suite dans les médias, mais pour votre défense, il avait été d'abord publié par certains médias et donc vous l'avez repris. Mais à postériori, on a vu qu'il y avait plus que 10 000 personnes.
Vous croyez quoi ? Qu'il n'y a pas de flics républicains ? Qu'il n'y a pas de LFI dans la police ? Mais rêvez ! Il y en a partout des LFI. Alors il y en a aussi dans la police. Et donc, qu'est-ce que vous croyez ? Qu'ils n'ont pas de langue ? Qu'ils n'ont pas d'yeux ? Qu'ils ne savent pas ce qu'ils font ? Et vous croyez qu'ils ne parlent pas ? Mais si, ils nous parlent à nous ! Comme les fachos parlent aux flics fachos, et ils sont plus nombreux. Pour l'instant, c'est nous qui sommes minoritaires. Donc, venez pas me raconter d'histoire. Je sais ce qui s'est passé. On a attendu jusqu'à la veille pour nous dire d'où on pourrait partir. Nous, notre ligne politique, les Insoumis, au départ, c'était on soutient les revendications. Et compte tenu de la violence qu'on a vu se déchaîner, et je vais vous dire pourquoi la violence, on a dit on change complètement notre rôle, notre rôle principal c'est de protéger. C'est nos gamins, on est parti de cette idée-là. On a commencé à mettre des brassards, à aller, et souvent en bonne entente avec les commissaires de police. Localement, quand arrivait un élu à l'EFI, souvent c'est les jeunes qui appelaient pour dire...
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