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Ils ont un autre pays, manifestement, ils vomissent le nôtre et ils s'en prennent à l'État. Donc pourquoi aurait-il le bénéfice de notre hospitalité ?
Marion Maréchal confronte Dominique de Villepin sur l'immigration et l'identité. Face aux contradictions de l'ancien Premier ministre sur les binationaux et les émeutes, elle exige des réponses précises sur le renvoi des clandestins.
On a dit comment vous renvoyez chez eux les 500 ou 600 000 immigrés clandestins. J'aimerais savoir comment justement vous appliqueriez vos méthodes dès lors que vous voudriez appliquer une méthode beaucoup plus autoritaire que celle que le gouvernement mène aujourd'hui. Et ce que je vous dis simplement, c'est que si vous voulez une sortie de crise à un moment donné, Si vous voulez une sortie de crise, à un moment donné, faut être capable d'être dur avec ceux qui ne respectent pas la loi. Oui, très bien. Et gentil avec ceux qui
sont gentils. Ok, merci. Non. Est-ce qu'il y a un lien, monsieur de Villepin, entre ces émeutes et l'immigration
? Eh bien, vous avez vu les comparutions immédiates. Vous avez vu ce que donnent les premiers résultats que nous avons.
J'ai vu que les préfets du 06 avaient dit qu'un tiers des personnes arrêtées étaient étrangères. Oui, en effet.
donc il y a effectivement un certain nombre d'immigrés qui peuvent se retrouver dans ce cadre. Bien,
on avance. Alors du coup, ça nous pose la question de l'intégration. Est-ce qu'il faut,
à partir de là, stigmatiser une partie ? Qui fait ça, monsieur ? Dire
qu'il y a un lien entre les émeutes et l'immigration, c'est stigmatiser l'ensemble des immigrés ? Vous pensez qu'ils ne savent pas faire la différence ?
Non. Vous
écoutez les témoignages des commerçants d'origine extra-européenne qui eux-mêmes dénoncent cette situation et sont du côté de la France
? Je constate que la procureure générale de Paris, quand elle est interrogée sur savoir l'origine de ceux qui aujourd'hui ont été présentés en comparution immédiate, elle ne parle pas de l'ultra-gauche comme vous l'avez fait immédiatement ou elle ne parle pas d'origine ethnique conformément à ce qui est le... Alors là, sur ce point-là, vous avez raison. Vous avez raison. C'est quelqu'un qui est accusé, qui est en garde à vue, il y en a deux en garde à vue, on verra ce que donnera l'enquête jusqu'au bout. Oui, on verra. On verra l'enquête, mais il y a un faisceau d'indices, il y a une série d'éléments qui peuvent penser qu'effectivement, il appartient à cette mouvance. Mais vous voyez, la difficulté, c'est que vous êtes tellement rapide dans vos raccourcis, tellement rapide dans vos conclusions. Non, non, j'ai juste des yeux pour voir
et des oreilles pour voir. Un pays.
Comme la France. Une république, c'est le respect. Le monde entier l'a vu. Oui, mais ça, ça donne une justice expéditive. Ça, ça donne une justice qui ne respecte pas l'état de droit. Le monde entier l'a vu. Mais ce n'est pas un argument. Nous sommes un pays qui doit appliquer des règles.
C'est intéressant parce que du coup, le fait que vous admettiez au moins qu'il y ait une part de lien avec l'immigration nous amène plus largement à la question de l'intégration. Parce que j'ai lu un certain nombre de choses. venant de vous sur le sujet, et notamment un texte que vous avez écrit, un peu un texte fondateur, sur ce que vous appelez le piège identitaire, c'est un peu votre dada. Je cite, « La France est une babelle heureuse, une terre palimpseste, qui n'existe que par le dialogue qu'elle entretient avec le monde. » Alors c'est beau, mais je ne sais pas ce que ça veut dire. Non mais je vous le dis, je ne dois pas être à votre niveau, mais je ne comprends pas ce que ça veut dire, parce que vous ajoutez par ailleurs dans ce texte que la France de souche n'existe pas. Et c'est marrant parce que quand j'ai revu votre discours de 2003, à l'ONU vous dites « je parle au nom d'un vieux pays ». Et du coup, c'est quoi ce vieux pays, monsieur Villepin, s'il n'y a pas de Français de souche, s'il n'y a pas de peuple historique, s'il n'y a pas de culture française qui aurait un droit de préséance, de prééminence sur toutes les cultures européennes qui sont aujourd'hui en train de s'installer sur notre sol de manière extrêmement vindicative. J'aimerais que vous m'expliquez quelle est votre vision finalement de la France. Je ne suis pas sûr. J'en finis par là, parce que pour s'intégrer, et je pense que vous le savez, il faut d'abord s'intégrer à quelqu'un et à quelque chose. Accordons-nous sur ce quelqu'un, ce quelque chose. Je ne suis
pas sûr que vous soyez fondé à m'expliquer ce que c'est qu'un Français de souche. Jean,
vous en êtes un a priori. Vive la Bourgogne.
Oui, mais, mais, mais. Nous sommes une république. Vous admettez que ça existe déjà ? Nous sommes une république. Vous admettez que ça existe ou pas ? Pas dans la république. Il n'y a pas de distinction dans la république.
Mais il n'y a pas de distinction en droit. En fonction de l'origine. Mais on peut quand même admettre qu'il y a un
peuple et une culture d'origine. Ni en droit, ni en fait. On n'a pas le droit de le dire. Il n'y a pas de français d'origine française. Tout l'esprit de la révolution française de 1789, 'est que chacun vient tel qu'il est. indépendamment de son origine, indépendamment de ses croyances, indépendamment de ses attaches. Et c'est cette reconnaissance de chacun qui crée la beauté de notre pays. et qui fait ses principes de liberté, d'égalité et de fraternité. Cet édifice, il est fragile. Vous, vous voulez établir des distinctions. Vous, vous voudriez qu'il y ait des portiques où les Français de souche passeraient plus rapidement que ceux qui sont arrivés plus tard. Vous êtes
trop intelligent pour faire ce genre de caricature.
Expliquez-moi jusqu'où vous portez la distinction. J'ai entendu ce que vous disiez et ce que disaient un certain nombre de gens autour de vous sur les binationaux. Mais quand on commence à couper la francité... En rondelle.
Ah oui, les binationaux en effet, qui attaquent les forces de l'ordre, déchuent leur nationalité, renvoyés dans leur pays d'origine. Tout à fait. Mais j'assume. Je n'ai pas de problème. Ils ont un autre pays, manifestement, ils vomissent le nôtre et ils s'en prennent à l'État. Donc pourquoi aurait-il le bénéfice de notre hospitalité ?
Mais le fait d'avoir deux passeports ne fait pas que quelqu'un soit moins français qu'un autre. Ah
bah de fait ? De fait, excusez-moi. Il n'y a pas de fait. Mais excusez-moi, ce n'est pas une déchéance systématique. C'est une déchéance dans le cadre d'attaques aux forces de l'ordre, excusez-moi.
La République, ce n
'est pas de fait. C'est que vous avez une autre attache. Non. Vous avez la possibilité d'aller ailleurs, puisque vous avez un autre pays. Moi, je n'ai pas d'autre pays, M. de Villepin. Vous voyez ? Je n'en ai pas d'autre.
Oui, mais moi non plus.
Bah voilà. C'est une grande différence quand même. Vous
établissez des distinctions les Français. qui ouvre la voie à... Ce que j'ai indiqué tout à l'heure, la xénophobie, le racisme et l'antisémitisme. Ces distinctions, elles sont lourdes de conséquences.
Le débat entre Marion Maréchal et Dominique de Villepin révèle une fracture profonde sur l'identité nationale. Là où l'un défend une république universelle sans distinction d'origine, l'autre impose l'idée d'un peuple historique menacé. Cette confrontation montre que le clivage culturel est devenu le cœur du combat politique français. bien au-delà des simples questions budgétaires. Abonnez-vous. Ici, on garde contre-champ que les plateaux oublient.
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