Chargement...
Chargement...
Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Bonsoir Manon Brie.
Merci
d'être avec nous députée européenne insoumise. Les licins doivent-ils lâcher l'affaire ? Les manifs doivent-elles s'arrêter ? Je vous pose la question dans une seconde avec mes camarades Lisa Hadef, Yves Tréhard et Bruno Jeudy qui sont là avec moi pour vous interroger ce soir. Avant de vous poser la question sur les manifs, la déclaration de la soirée lunaire disait à l'instant Yves Tréhard. Le ministre de l'économie, Roland Lescure, qui répondait à des députés insoumis, en l'occurrence à l'Assemblée tout à l'heure, sur les taxes qui pèsent sur le carburant. Plus de 50% de taxes sur un litre d'essence. Je le rappelle, aucun problème pour Roland Lescure.
Total n'a pas répercuté les prix que vous avez demandé à la pompe. Des 10 millions de barriques que vous avez pris, bilan, ils vont faire 100 millions de bénéfices rien que sur le fait de ça. Et vous dites encore merci. Et quant à dire, écoutez, on a la chance d'avoir une grande entreprise, mais on est dans un des pays d'Europe où le prix au carburant est le plus cher. Comment voulez-vous avoir un rapport de force si face à Pouyanné, vous lui dites, vous explosez les bénéfices, vous explosez les prix à la pompe, mais on a de la chance de vous avoir, donc surtout on va rien vous demander. Enfin, tout ça est intolérable.
C'est vrai, vous avez raison, les prix de l'essence sont plus élevés en France qu'ailleurs. D'aucuns nous en demandent de les baisser par la baisse des taxes. Je considère, moi, que la taxation du prix du pétrole, c'est une bonne manière. Mais quand vous dites que les prix du pétrole sont trop élevés en France, la raison essentielle pour laquelle les prix du pétrole en France sont plus élevés qu'ailleurs, c'est qu'on taxe plus qu'ailleurs. Moi, ce n'est pas une taxe qui m'empêche de dormir. Je sais que ça en empêche d'endormir d'autres. Mais moi, ça ne m'empêche pas de dormir. Ça permet de financer plein d'infrastructures. C'est très bien. Les taxes sur l
'essence ne m'empêchent pas de dormir. Comment vous réagissez cette phrase du ministre de l'économie ?
'est hallucinant. Je crois qu'on a la démonstration de à quel point nos ministres sont complètement déconnectés de la réalité. Je me demande quand est-ce que c'est la dernière fois que Roland Lescure a fait un plein, qu'il a payé de son propre portefeuille et qui implique un certain nombre... de sacrifice, parce que c'est ça la réalité aujourd'hui. Tous ceux qui prennent leur voiture pour aller au travail, ils doivent réfléchir à deux fois, et peut-être le week-end, ils vont renoncer à aller voir leurs proches, leur famille, parce que ça suppose de prendre la voiture et que ça coûte trop cher. Peut-être qu'ils vont renoncer à des loisirs aussi pour leurs enfants. Aujourd'hui, on a des gens qui dépensent l'équivalent de plus d'un mois de salaire par an en essence. Qu'est-ce qui reste ensuite ? Pour se loger, pour se nourrir, pour assurer la survie de sa famille. Sauf que
Manon Brige reprend le point de Roland Lescure à l'Assemblée. Il dit que les taxes ne sont pas là pour nous embêter. Elles servent à quelque chose. Elles servent à financer les services publics. Les services publics que vous défendez et qu'ils défendent d'une certaine manière avec vous.
C'est assez fort de café quand même. C'est vous qui
devriez dire ça, c'est pas lui d'ailleurs.
C'est quand même assez fort de café. C'est le gouvernement qui a fait le plus de cadeaux fiscaux aux plus riches ces dernières années et aux grandes entreprises multinationales, notamment à des entreprises comme Total, dans le budget qui est étudié en ce moment à l'Assemblée nationale. Il prévoit de supprimer la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés qui rapporte plus de 2 milliards d'euros et qui est censée notamment être payée par les grandes entreprises qui font des surprofits. Et ce même gouvernement vient ensuite donner des leçons en disant « oui, on a besoin de taxes, pardon ». Mais le problème de ce gouvernement, c'est quand il s'agit de taxer les Français qui n'ont pas la capacité de faire l'évasion fiscale, qui n'ont pas la capacité de choisir la manière dont ils organisent leurs revenus. Pour eux, il n'y a pas de problème, on va les taxer et les prendre à la gorge. Mais en revanche, pour les plus riches, les grandes fortunes et les entreprises, alors eux, on leur fait des caissons. Vous êtes toujours sur
la solution qui consiste à taxer davantage les marges, ou de taxer les marges de Total, notamment. Mais si vous taxez celle de Total, vous taxez celle de toutes les compagnies pétrolières. C'est toujours votre axe de réduction du prix
Pour réduire le prix, nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut bloquer le prix au niveau d'avant-crise, c'est-à-dire à 1,70 €. Quand vous bloquez le prix à 1,70 €, vous êtes sûr du résultat, parce que le problème de ce qu'a fait le gouvernement jusqu'à présent, d'une part, des chèques, dont assez peu de Français en bénéficient, d'autre part, la réduction... 5,5 millions. Non, alors 5,5 millions, c'est le nombre de personnes qui peuvent en bénéficier. Et vous savez comme moi que le non-recours est extrêmement élevé dans notre pays. Et à l'heure où on se part, on est plutôt autour de 600-700 000 personnes qui, en pratique, en ont bénéficié. Et on peut faire le test. Non, non, sur
le premier chèque, on était à 1,5 million. Tous ceux qui nous écoutent ce soir, je fais le
test. Écrivez à BFMTV, est-ce que vous avez bénéficié du chèque ou pas ? Et est-ce que ça a compensé le surcoût lié à l'augmentation du prix de l
'essence ? Sur le premier chèque qui avait été fait de 100 euros, il y avait 3 millions de personnes qui pouvaient en bénéficier. et demi qu'il avait réclamé. Sur le deuxième, là on va voir, il y en aura au moins un million et demi parce que ceux qui l'ont touché la première fois, on le touche automatiquement. Mais il y a autre chose, pardon Manon Brie, on ne peut pas dire, et pardon on reviendra sur Total, on ne peut pas dire que le gouvernement ne fait rien. Là, le gouvernement qui libère 10 millions de barils de diesel à partir de ce week-end, à partir du 1er novembre, ça va faire baisser le prix. C'est ce qui est premier en tout cas aux Français.
'abord, vous n'avez pas d'assurance et de garantie de baisse du prix. Le gouvernement nous dit... c'est entre 10, 12 centimes jusqu'à 18 centimes. Évidemment, on prend tout ce qu'il y a à prendre, mais d'une, c'est tardif, de deux, c'est éphémère. Une fois que vous avez relâché vos stocks en une fois, les stocks, on n'en a pas 15 milliards. Non, non, là, ça va aller reconstituer. On en avait déjà relâché au printemps. Et troisième chose, là, on parle des prix du gasoil. Tout le monde sait que le prix de l'essence a aussi augmenté. pas dans les mêmes proportions que le gasoil, mais on voit qu'on est dans des espèces de trucs, de solutions, de bout de ficelle, bout de chandelle, et qu'on ne règle pas le fond du problème.
Comment on
fait ? On fixe le prix par un décret. C'est le cas dans certains territoires d'outre-mer, c'est le cas notamment à La Réunion, où vous avez un prix maximum qui est fixé. C'est le cas pour les prix de l'essence, mais c'est le cas aussi pour un certain nombre de produits de première nécessité dont je pense qu'il faudrait le faire. Vous fixez ce prix à 1,70€. Vous demandiez à juste titre, je trouve. Qui fait l'effort ? En réalité, quand on fixe le prix à 1,70€ maximum, c'est à la fois les pétroliers qui font l'effort, et en particulier sur l'étape du raffinage, qui est l'étape sur laquelle se fait le gros des surprofits, mais c'est aussi l'État qui rabote sur une partie de ses taxes, puisque certaines taxes sont proportionnelles, et donc si vous changez le prix final, ce que l'État récupère... Total, c'est un bon exemple. Total, ils ont vendu le prix... Pas les autres
compagnies
patroulières d'ailleurs. J'arrive à Total. Total, ils ont vendu à 1,99 €. En vendant à 1,99 €, combien ils ont fait de profit ces derniers mois
? Des sommes
colossales. Vous voulez les derniers chiffres ? Donnez-les. Parce
que l'annonce est attendue demain. 8,9 milliards d'euros entre juillet et septembre, fois 2 par rapport à l'année dernière. Total devrait confirmer ces chiffres demain. Là, ce sont des analystes qui, à partir des données de Total, disent 8,9 milliards, dont 3,5 milliards. En 3 mois, 3,5 milliards sur le raffinage.
Vous vous rendez compte ? C'est des chiffres inédits. Mais le
raffinage qui est fait à l'étranger,
précisément. Il y a une partie qui est faite à
l'étranger. On a aussi du raffinage en France. Mais on a un vrai sujet. On a aujourd'hui une entreprise qui spécule sur une crise, une crise géopolitique, une crise économique, pour se faire des profits historiques. Total est une entreprise très profitable, mais ce niveau de bénéfice-là n'a jamais été atteint par Total. Et donc je reviens à ce que je disais. En vendant le prix au litre à 1,99 €, ils font plus de 8 milliards d'euros de profit. En fait, vous bloquez les prix,
quoi.
Mais c'est exactement ce que je proposais, de bloquer les prix à 1,70 €. Ça s'est fait dans un certain nombre de pays dans le monde. À ce que je sache, dans ces pays-là, ils ne roulent pas en calèche. Ils ont encore de l'essence. Il n'y a pas de pénurie. Non, mais ce qu'on vous
explique, c'est que les... Les pétroliers diront, écoutez, c'est ça, moi je vais le vendre ailleurs.
Vous pensez vraiment que Total va se priver d'un marché économique de 60 millions de consommateurs, qui est le marché économique français à l'heure actuelle ? Si vous
rentrez dans un bras de fer, peut-être
? Je vais vous donner un autre exemple. Partout là où ça s'est fait, est-ce qu'ils sont partis ? Est-ce que sur l'île de la Réunion, ils ont un problème pour être approvisionnés ? Mais c'est des petits marchés ! Mais raison de plus, si c'est un petit marché, c'est facile de l'arrêter. Total, c'est les Etats-Unis, total, c'est la Chine, total, c
'est le Japon.
Je trouve qu'avec cet argument, vous me donnez raison, parce que si c'est un petit marché, du coup, ils n'en tirent pas beaucoup profit, ça ne coûte pas vraiment cher d'arrêter, et pourtant, ils n'ont pas arrêté. Oui, mais ils vous diront qu'ils font
œuvre de service public, par exemple. Donc
ça ne les dérange pas de faire œuvre de service public sur le territoire de la Réunion ? Mais pas dans l'Hexagone. Et puis par ailleurs, tous ceux qui vivent aujourd'hui. J'étais hier en réunion publique dans une commune des Landes, pas très loin de la frontière espagnole. À
Perreurade.
Exactement. On était 1500 dans un village de 3700 habitants, ce qui montre, je pense, la dynamique de notre campagne. Mais là, ce n'est pas le sujet. Je discutais avec beaucoup de gens qui se servent de leur voiture au quotidien et qui nous disaient « Nous, on va faire notre plein en Espagne. » Et beaucoup de frontaliers nous le disent. C'est le cas pour l'Espagne, c'est le cas pour l'Italie, c'est le cas pour l'Allemagne, c'est le cas pour la Belgique. Et comment ça se fait que dans ces pays-là, on arrive à avoir des prix de l'essence moins chers qu'en France ? Parce que les taxes totalement sont
moins élevées.
Mais donc, il s'agirait de fixer un prix maximum, ce qui demande l'effort, à la fois l'État d'un côté... Mais je reviens, Manon
Brie, à ce qu'a décidé le gouvernement en liaison avec un certain nombre d'autres pays industrialisés, en l'occurrence, il va libérer 10 millions de barils de pétrole progressivement pendant 3 mois. Tout à l'heure, Michel-Edouard Leclerc était sur ce plateau, et lui dit, c'est simple, dès samedi, il y a baisse des prix à la pompe.
plus terrible serait la récession. Le plus terrible serait la panne de croissance. Donc à un moment donné, la position du gouvernement est légitime. On arrête de filer du fric n'importe comment. On va prendre cette baisse.
Vous nous dites qu'on pourra... Ce week-end. D'accord. Ah, ça sera répercuté ce week-end ?
Dès qu'on remplit la cuve. Oui,
très, très. Alors nous,
on a certains magasins qui sont fermés le dimanche. On va dire dès lundi. Et pour la plupart, dès le dimanche, normalement. C'est pas rien. Pour ceux dont
on parlait tout à l'heure qui ont du mal à faire leur plan souvent, c'est pas rien ce qui va se passer. Moi
ce que je veux dire, tout est bon à prendre. Mais penser que faire passer le prix du litre de gasoil de 2,50 euros à 2,40 euros, ça va permettre de soulager suffisamment des Françaises et des Français qui aujourd'hui sont en souffrance et se sacrifient au quotidien et sont dans le rouge dès le 5 du mois, c'est se fourvoyer. On n'y arrivera pas de cette manière-là. Et donc ça veut dire qu'on laisse l'économie de marché. continuer à fixer le prix. On a un tout petit peu agi dessus pour essayer de baisser à la marge les prix, mais ce ne sera pas suffisant et ça permettra encore à des entreprises pétrolières de faire beaucoup de bénéfices. Si on va
jusqu'au bout, pourquoi plutôt que de tenter de bloquer les prix ou d'agir sur les prix, pourquoi vous n'agissez pas sur d'autres leviers qui permettraient de baisser les prix ? Comme laquelle ? Comme, je ne sais pas, la TVA par exemple. Alors là, pour le coup, vous la baisseriez ou alors baisser les charges des entreprises.
On va prendre dans l'ordre. Sur la TVA,
c'est
la proposition du Rassemblement national. Et en l'occurrence, si vous l'appliquez et vous appliquez un taux de TVA inférieur, ce qu'a fait l'Espagne en partie, mais vous aurez à la fin un prix qui va baisser là aussi de quelques centimes. Moi, je préfère avoir la garantie du prix final. Sinon, on a un risque de quoi ? Qu'il se passe exactement la même chose qu'au moment où on a baissé la TVA sur la restauration. tous, c'était il y a une dizaine d'années, quelque chose comme ça. Près
de 20
ans. Vous voyez, le temps passe vite. On a baissé la TVA sur la restauration. On nous a dit que ça se traduirait par une énorme baisse des prix de vente quand on va au restaurant. On a pu voir à la marge une petite baisse, mais pas significative. Et donc, là aussi, c'est pensé que l'économie de marché va réussir à réguler le prix pour fixer un prix qui reste abordable. Je ne crois pas que ça fonctionne. On en a eu la preuve vivante sur le secteur de la restauration. Je pense qu'il faut apprendre de nos erreurs. Les économies
administrées, en général, s'organisent la pénurie. Je
vous parle pas d'une économie administrée. Je vous parle juste de permettre aux gens de survivre et de ne pas autoriser des entreprises à faire des gigas super profits, comme c'est le cas de Sata. Il faut
qu'on avance. On compare les manifestations de nouvelles jeunes de mobilisation. Il y a un
lien.
On manifeste aussi contre
la vie chère.
Et il y aura des manifestations contre la vie chère le 5 novembre. Mais dans ce contexte-là, ça vient de... tombé à l'instant 22h44 sur BFM TV. Prise de parole d'Emmanuel Macron chez Hugo Décrypte.
Absolument. Et le président appelle ce soir à la reprise des cours dans le calme à la rentrée lundi. Il dit également ce soir, le fait qu'on en soit arrivé là, c'est un échec collectif. Il n'y a aucun lycéen qui a commencé à pousser ses revendications pour avoir ses conséquences terribles, ni aucun policier. Je suis dans le soutien et la compassion à tous. Et il poursuit. Il y a des gens qui ont essayé de récupérer politiquement, avec des projets très extrêmes qui sont venus chauffer les jeunes, qui les ont emmenés à faire des actions aux abords des lycées ou en ville. Des actions... J
'ai l'impression que c'est pour vous, Manon Bré.
Franchement, il persiste
et il signe. Alors, ça fait des semaines qu'on nous dit que la France Insoumise est responsable du mouvement, mais absolument pas. Les classes les plus surchargées d'Europe, des lycées qui sont vétus, de la peur de l'avenir. Mais vous étiez les seuls politiques à la sortie des visées. Mais parce qu'on est les seuls à aller les écouter. Et moi, j'ai invité tous les élus, y compris ceux qui ne sont pas d'accord avec les jeunes, à venir dialoguer avec eux. Et vous saurez que ce n'est pas... Alors, je sais qu'on a beaucoup de force, la France Insoumise, mais vous pensez vraiment que dans un claquement de doigts... sans tract, sans appel direct à la mobilisation, parce que cette mobilisation, elle est quand même partie d'un lycée, dans le Val-de-Marne, qui... parce qu'ils faisaient face à la fois à des professeurs qui sont absents, à la fois à des conditions d'études dans un lycée extrêmement vétuste. Franchement, tout ça n'est pas sérieux. Et on voit d'ailleurs que des mobilisations sociales, il y en a qui naissent un peu partout en Europe, en Italie, en Grèce, en Espagne, en Belgique. Bon, Jean-Luc Mélenchon, je veux bien qu'il ait bon dos, je ne sais pas si c'est Jean-Luc Mélochoni en Italie, Juan Luc en Espagne, tout ça n'est pas sérieux. La vérité, c'est qu'on a... un président de la République
qui
est dans son bunker à l'Elysée et qui ne comprend pas ce qu'il se passe dans le pays. D'abord, il a mis un mois. Mais pardon, au bout d'un mois. S'il les avait reçus dès le début de la mobilisation,
ça aurait été... Vous auriez dit de quoi ils se mêlent. L'hyper-président, c'est quand même plutôt le boulot du Premier ministre ou
du ministre de l'Éducation, dans l'ordre. C'était une demande qui était formulée par les syndicats lycéens quand on est président de la République. a fortiori le poids qu'il a dans la vie politique parce que quand j'étais moi à la réunion à Matignon, on en parlait hors antenne avant de venir jeudi dernier, j'ai été frappé à quel point Sébastien Lecornu avait l'air complètement déconnecté et aux antipodes quasiment de ce que faisait et disait Emmanuel Macron. C'est clairement lui qui est encore aujourd'hui au monde. Il s'agirait pour lui de se réveiller et de comprendre quand même la colère lycéenne.
Est-ce que maintenant les lycéens doivent lâcher l'affaire ? Je rappelle ce cas. ce que leur a, je ne sais pas comment dire ça, octroyé hier le Premier ministre Sébastien Lecornu. Les classes de seconde plafonnées à 28 élèves, 500 postes de plus pour les profs, en plein du temps revu, 4 milliards de prêts pour les conseils régionaux pour refaire les bâtis et une réforme de parcours sub qui est à décider et qui sera effectivement, je veux dire, progressivement mise en place. Il n'y a pas rien dans la besace. Est-ce que vous dites malgré tout lycéen ? Non, non, allez-y, continuez.
D'abord, c'est eux qui vont le décider. Je pense qu'ils sont... Ils sont suffisamment grands pour décider. Et j'observe que les syndicats lycéens, quand ils sont sortis du bureau du ministre de l'Éducation et du Premier ministre, au-delà de la méthode où d'abord des influenceurs ont été invités en premier, je trouve ça un peu discutable d'un point de vue démocratique, mais surtout les syndicats lycéens, qu'est-ce qu'ils nous disent ? Ils disent qu'ils n'ont rien compris à nos demandes. Il y avait 10 mesures qui étaient demandées. par les lycéens, il n'y en a aucune qui est mise en pratique. De facto, on voit
que... J'y arrive,
c'est pour ça que je l'ai décrypté une à une. C'est
l'art de la négociation. Moi,
ce que j'observe, si vous voulez voir le verre à moitié plein, ce que j'observe, c'est que les lycéens sont parmi les premiers à se mobiliser, à forcer le gouvernement à répondre et à essayer de mettre des choses sur la table. Le fait est que je pense qu'ils ne sont pas dupes et qu'ils voient qu'ils sont en train de se faire littéralement arnaquer par le gouvernement. Ah donc vous
leur dites continuer.
Parcoursup, c'est eux qui vont décider. Parce que c'est une sacrée
responsabilité de dire à des jeunes de 15, 16, 17 ans, allez-y, continuez, n'allez pas en cours. Je
dis juste sur le fond, est-ce que les demandes ont été satisfaites ? Parcoursup, vous avez davantage de transparence, mais à aucun moment, vous avez la garantie d'avoir une place à l'université alors qu'il y a plus de 100 000 lycéens qui n'ont pas eu de place à l'université. Les places qui sont créées, mais ça c'est le désaccord qu'ils ont avec le mouvement lycéen. Les 15 000 places, elles sont créées où Bruno Jeudy ?
Dans les BTS.
Exactement. BTS, IUT et filières de santé. Et
donc aucune nouvelle
place à l'université. Vous savez, moi, je suis d'une génération juste avant Parcoursup. J'ai eu mon bac en 2007. Et à l'époque, on avait un truc qui s'appelait admission post-bac, APB. Et APB, on indiquait des préférences. Mais on avait quand même le choix de choisir sa filière. Parce que qu'est-ce qui se passe si vous ne choisissez pas votre filière et que vous allez dans un endroit par défaut ? Vous pensez que vous allez réussir vos études ? Et enfin, je termine sur le décryptage des mesures.
Attendez, APB, ce n'était pas open bar. Vous n'alliez pas où vous voulez. En termes d
'université, vous aviez un choix beaucoup plus large. et vous avez la garantie d'avoir une place à l'université. Vous n'aviez pas les situations qu'on connaît à l'heure actuelle, c'est-à-dire plus de 125 000 lycéens qui n'ont pas de place à l'université. Donc, penser qu'on va rendre plus transparent la manière dont on vous refuse à l'université, le résultat sera le même. Et je vous le
redis,
c'est une sacrée
responsabilité quand on est responsable politique comme vous, de dire à des jeunes de 15, 16, 17 ans, il faut poursuivre la mobilisation, il faut continuer, vous vous êtes en train de vous faire arnaquer, c'est le mot que vous avez employé, donc les manifs doivent se poursuivre, alors qu'on a vu tous les risques qu'il pouvait y avoir autour, alors qu'il y a quand même un début, un début de quelque chose avec le gouvernement ce soir, c'est une sacrée responsabilité. Vous
vous rendez compte que... Dans notre pays, on en est arrivé parce que quand on est un jeune lycéen, on risque de perdre un oeil ou perdre une main en manifestation, que la seule solution, c'est d'arrêter de manifester et d'arrêter de faire un certain nombre de demandes sociales. Il
n'y a pas que ça. Il n'y a pas que ça, Manon Brie. C'est hyper grave. Il y a aussi des profs qui ont été touchés, des proviseurs qui ont été touchés dans les manifs. Et donc vous
ne pensez pas que la meilleure solution, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait plus de violences policières ?
Non, c'est simplement de dire... Donc la solution,
c'est qu'il n'y ait plus de manifestations.
Peut-être qu'on se calme. Vous inversez la responsabilité. Vous parlez de violences policières. Je vous laisse finir et je répondrai. En premier, vous avez quand même... D'abord, il y a des manifestants. Moi, ils manifestent. Tout à fait logique. Mais ils sont... perturbés par des casseurs, on va dire, pour faire vite. C'est eux qui commencent les violences. Ce n'est pas la police qui commence la violence. Vous savez très bien que la police est là pour encadrer les jeunes, pour faire en sorte que, justement, il n'y ait pas de violence. Et donc, c'est ce discours-là que les jeunes, par exemple, répètent en disant que c'est les policiers qui nous cassent la figure, alors que ce n'est pas comme ça que ça se passe du tout. – Attendez,
juste pour ajouter, et ensuite, promis, vous répondez, Manon Aubry. Les mots à l'instant d'Emmanuel Macron là-dessus.
Sur les blessures, notamment pendant les manifs, on en parle justement. Il dit, le président, rien ne justifie cela, il faut revenir au calme, l'or doit être rétabli. On ne doit rien laisser aux casseurs, pilleurs, aux groupes d'ultra qui ont fait des choses terribles. J'ai vu de très jeunes policiers blessés, il faut revenir au calme des deux côtés. Et il conclut en disant « on est à l'écoute de ces jeunes, je suis triste, préoccupé de ce qu'il s'est passé ».
Des deux côtés, c'est important. C
'est vrai qu'il est vachement à l'écoute Emmanuel Macron. Il ne répond en rien aux revendications du mouvement lycéen. Je termine quand même là-dessus, après promis on parle des violences policières, mais Parcoursup, abrogation, ils ne l'ont pas eu. Il demande la création de plusieurs milliers de postes d'enseignants. Le gouvernement ne revient même pas sur les 4000 suppressions de postes qui ont été mises en place dans le dernier budget. Non, dans le budget c'est 1400. qui a été mis en place à la rentrée de septembre. Et 1400, c'est pour la rentrée suivante. Ensuite, pour le bâti scolaire, il propose un simple prêt aux régions et aucun argent sonnant et trébuchant. Les 28 élèves par classe en seconde, si vous n'avez pas davantage de professeurs, alors on n'aura pas la garantie qu'en première et en terminale, ça ne va pas être compensé et qu'ils ne vont pas se retrouver encore plus. Vous
connaissez la démographie française. Le nombre d'élèves va drastiquement baisser dès 2027, 2028, 2028, 2030.
Donc
ça va se faire ? Que je sais Bruno Jeudy,
c'est qu'aujourd'hui au lycée, on a en moyenne plus de 30 élèves par classe et qu'on a une des moyennes les plus élevées de l'OCDE. Donc vous dites quoi aux élèves à l'heure actuelle ? Vous dites quoi aux élèves à l'heure actuelle qui apprennent à plus de 30 élèves ? Ah tant pis pour vous, c'est très bien pour les prochains.
Ceux qui manifestent, c'est pour eux aussi qu'ils le font. Mais ceux aujourd'hui savent bien que leur cas, ça ne va pas changer d'ici la fin de l'année scolaire.
Ah bah pour ceux qui ont des professeurs absents, j'espère si. Bah si, parce que ça,
il y a le plan de 3000, on verra si ça marche. Sauf qu'ils n'en voient pas la couleur. Sauf qu'ils n'en voient Il a dit que c'était à la rentrée, on va vérifier si c'était à la rentrée. Si les élus
prennent la peine d'aller voir les lycéens, moi je suis allée voir plein de lycéens dans plein de situations différentes. Par exemple, un lycée à Aubervilliers où je suis allée, le lycée Berthelot, j'ai rencontré des élèves qui sont en terminale de SES, qui n'ont pas eu cours de SES depuis septembre. Comment on passe son bac ? Comment on arrive de manière science économique et sociale ? Comment on arrive à passer son bac dans des conditions équitables vis-à-vis d'autres lycées ? Et c'est toujours des lycées spécifiques. Spécifiquement dans le 93 dont on sait que le taux de remplacement est plus faible. Et j'en arrive, j'ai aucun problème à répondre sur les violences. Je vous le dis en tant que députée européenne, des mobilisations de jeunes, de lycéens, il y en a eu dans tous les pays d'Europe. Et il y en a en ce moment dans plein d'autres pays d'Europe. Il n'y a aucun autre pays d'Europe où ça se passe de cette manière-là. Il n'y a aucun autre pays d'Europe où vous avez des jeunes... qui ont été amputés, qui ont perdu leur main, qui ont perdu un oeil pour le simple fait d'être en manifestation. Ce qui est vrai aussi, c'est qu'il y a 50 proviseurs
qui ont été blessés, il y a eu des tirants mortiers. Il y a un enjeu. Il y a un enjeu. Si je
réponds à vos questions, il y a un enjeu sur le type d'armes qui sont utilisées. Les grenades de descente en zerclement sont des grenades qui sont... dangereuse, dont le gouvernement a même suspendu l'usage de manière provisoire. Et maintenant, ils sont revenus dessus alors que ce sont des armes de guerre. Elles sont classées dans la guerre. – Oui, mais je peux
vous entendre dire que ce n'est pas eux qui commencent les violences. Les
violences, elles sont commencées par des casseurs qui s'infiltrent dans les blocs, qui s'infiltrent dans les manifestations. – Vous reconnaissez que les
lycéens ne sont pas responsables d'un certain nombre de violences. – Mais je n'ai jamais dit que
les lycéens cassaient. – Très bien,
on avance dans le débat.
– Non, mais moi j'aimerais qu'on avance dans le débat. pour le fait que vous me disiez que ce ne sont pas les policiers qui commencent la violence.
C'est
impossible. C'est impossible dans un pays comme la France.
Monsieur Tréa, vous êtes journaliste, n'est-ce pas ?
Je crois.
Est-ce que vous croyez vos confrères, à défaut de me croire moi ? Il y a vos confrères du journal Le Monde, c'est pas une officine de la France Insoumise, qui a fait une excellente enquête sur les manifestations qui se sont déroulées ce week-end. Dans plus de 14 villes en France, les forces de l'ordre ont protégé des groupuscules néo-nazis d'extrême droite. C'est une enquête qui est documentée avec des images. Vous pouvez ne pas croire vos confrères du Monde. Oui, d'accord. J'ai aussi les enquêtes qui sont faites par mon journal.
Et je peux vous dire qu
'il se passe ça. Et on a aussi la réponse du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunes, qui était hier matin face à Apolline de Malherbe, ou peut-être lundi matin d'ailleurs, et qui était interrogée là-dessus précisément, parce qu'il y a des images qui sont très troublantes. Je vous l'accorde dans l'enquête du Monde et on en a montré. Il y a des images qui sont très troublantes, mais je ne tranche pas. Il y a des images qui sont très troublantes. Mais Laurent Nunez dit jamais de la vie. Jamais de la vie des forces de l'ordre ont protégé les groupuscules d'extrême droite. Je vous donne la réponse du ministre. J
'entends et
vous faites votre rôle, vous répétez. Est-ce qu'on peut dire sur
la foi de travaux qui ont été faits que les groupuscules d'extrême droite... Effectivement, il y en avait, mais qui n'étaient pas là sur ordre ou pilotés par la police. Je n'ai pas dit qu'ils
étaient
là sur ordre
ou pilotés par la police. J'ai dit qu'ils étaient protégés par la police. Et ça, c'est extrêmement grave. Vous croyez qu'ils ont besoin de la protection de la police ? Excusez-moi, j'invite tout le monde à aller voir les images. Elles sont en libre accès. Le Monde les a publiées. Vous le voyez à Nice. Particulièrement, c'est très flagrant, à Clermont-Ferrand, à Grenoble, à Montpellier. Il y a vraiment un Montpellier. Singulièrement, vous avez des hommes qui se mettent à taper des manifestants. Et la police qui charge et qui n'arrête absolument aucune des personnes de ce groupe. La police, en beaucoup de villes,
a plutôt été étonnamment passive devant l'action de ces groupes. Vous ne pouvez pas dire que la police les a encouragés, les a pilotés.
Est-ce que j'ai utilisé le mot encourager ou piloter ? Non, je ne dis pas ça, c'est les mots
dives. Ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit. Moi, je vous dis, c'est plutôt la passivité de la police devant l'action de ces groupes. Pour moi, c'est plus que de la passivité, c'est de la protection.
Et en cela, c'est problématique en matière de stratégie de maintien de l'ordre. Sauf que la
police n'attaque pas non plus les casseurs de go... Enfin, les plaques d'ordre. Mais la police, son rôle,
c'est de maintenir l'ordre. Et je suis d'accord avec vous, le 17 octobre, ils ont failli, et d'ailleurs, même le gouvernement l'a reconnu. Mais ce n'est pas aux manifestants de payer le prix de cela. Parce que le droit à manifester est constitutionnel dans notre pays. Et arriver dans une situation... où le gouvernement soit interdit les manifestations, soit choisit qui a le droit de déposer des manifestations, soit nous envoie dans des parcours, bientôt, pour une manifestation à Paris, on va manifester à 100 km de Paris. C'est ça ? Les libertés fondamentales dans notre pays, c'est extrêmement grave. – Vous étiez sur les maraîchers, vous êtes à
100 km.
– Oui, mais pardon, c'est pas le parcours qui a été déposé par les organisations syndicales. Pire encore, il avait été validé par la préfecture de Paris.
– Oui, mais le parcours, on peut considérer que c'était aussi pour protéger les commerces.
Mais quand vous annoncez un parcours de manifestation à 17h la veille, vous pensez que ce sont les meilleures conditions pour protéger le parcours ? Ça n'a pas
empêché la mobilisation. Parce que la manifestation de
samedi avait pris une autre teneur. C'était devenu une manifestation contre la bichière, pour l'éducation, mais aussi pour défendre nos libertés fondamentales. Et ce samedi, je pense que ce sera l'acte 2 de précisément la défense de nos libertés fondamentales, du droit à manifester. Et j'appelle tout le monde à se joindre de manière pacifique. partout là où on le pourra, et j'espère dans un maximum de villes, à faire la démonstration précisément à Emmanuel Macron qu'il y a un peuple dans notre pays qui a peut-être peur d'aller manifester, mais qui, le cœur gros, va aller défendre ses droits fondamentaux.
Merci Manon Aubry. Merci à vous. Merci d'avoir été en direct ce soir sur BFM TV.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.