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est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Guillaume Guérin. Bonjour Pauline Malia. Merci d'être dans ce studio ici à Paris, le studio de RMC et de BFM TV, parce que vous êtes le maire, le maire de Limoges. Limoges, symbole, le 17 octobre dernier, début d'après-midi, pendant les manifestations, des hommes cagoulés ont forcé l'entrée de la mairie. Ils ont mis le feu, la mairie s'est embrasée, et peu avant 21h, le beffroi s'est effondré dans les flammes. Ciblée, incendiée, détruite. Beaucoup de questions ce matin, évidemment. Qui ? Pourquoi ? Et maintenant ? Et la suite ? Et comment on reconstruit ? Au fond, est-ce que ce qu'il s'est passé à Limoges n'est pas la preuve que notre démocratie est fragile
? C'est une certitude. En tout cas, l'État... L'état de droit est fragilisé, ça c'est une certitude. Le pays ne va pas bien, tout le monde s'en rend compte. Ce qui s'est passé le 17 octobre à Limoges, mais dans beaucoup de villes de France, avec différents phénomènes, mais toujours des exactions sur les centres-villes, sur les commerces. Et à Limoges, la quintessence de tout cela, la destruction d'une maison commune, de l'hôtel de ville, de la maison de toutes les Limougeaudes et de tous les Limougeaudes. Vous savez, quand on détruit une mairie, on ne détruit pas la maison d'entrepreneurs du CAC 40. On détruit la maison du peuple. Et ceux qui ont besoin des services d'une mairie, ce sont souvent les plus fragiles ou des gens qui sont parfois en difficulté dans un parcours de vie. Et donc c'est incompréhensible pour moi, c'est inqualifiable sur un plan moral, mais c'est surtout même sur un plan politique absolument incompréhensible. Parce que qu'est-ce qu'il s'est passé ce 17 octobre ? C'est un concours de circonstances et d'accumulation de faits différents. C'est une manifestation sociale contre la vie chère. Vous avez 5000 personnes, vous avez des gens qui défilent tout à fait. paisiblement en début d'après-midi, pour le pouvoir d'achat, pour pouvoir vivre dignement. Vous savez, on est dans un territoire rural où le coût de la vie est aussi important qu'en Ile-de-France, sauf que nous, on a les trajets en plus. Donc le gazole à 2,50 est un problème. Vous avez des gens qui manifestent tout à fait pacifiquement. Et puis le cortège prend son élan. Et vous avez à l'intérieur de ce cortège différentes typologies de personnes, différentes typologies de casseurs. Vous avez la présence avérée. Et personne ne peut le contester, même si certains essayent de le minimiser. de l'ultra-gauche radicale qui est présente en nombre,
avec
des faits qui sont visibles sur les caméras de l'hôtel de ville, qui sont visibles sur les caméras de la police nationale, qui sont visibles par les photos qui ont été prises par les journalistes qui étaient présents. Il y a la présence d'un certain nombre d'activistes de l'ultra-gauche qui sont très équipés pour aller à l'affrontement avec les forces de police républicaines. Puis vous avez un certain nombre de gens qui viennent chercher là des sensations fortes, un certain nombre de jeunes sans doute un peu esservelés, qui ne savent pas trop ce qu'ils font là. Pas du tout tout si... issus des quartiers d'ailleurs, contrairement à ce que j'ai pu entendre dans d'autres médias. Vous avez des gens qui sont issus du centre-ville, dont les grands-parents habitent ici depuis toujours. Et puis vous avez un troisième phénomène de fin d'après-midi, où là vous avez des casseurs d'opportunités qui profitent du chaos et de l'ambiance générale pour venir se servir gratuitement dans les magasins.
Comment ça s'est passé ? Comment ça s'est déroulé ? Je voudrais vous poser une question, parce que partout vous avez raconté aussi cette scène où le gardien qui est dans la loge à l'entrée de la mairie de Limoges... se retrouve face à ces militants très équipés, vous le disiez, avec notamment un bélier qui pèse très lourd, qui a donc été sciemment apporté sur place. Il n'y a rien de spontané.
Ce qui sert de bélier, c'est tout simplement un poteau d'abri de bus qui a été arraché, découpé, pour pouvoir enfoncer la porte centrale de l'hôtel de ville.
Et là, il trouve ce gardien qui tente de s'enfuir et de se défendre avec un balai. Comment il va cet homme ? Alors Philippe
va bien, je le salue d'ailleurs s'il nous écoute. Philippe a eu très peur. Philippe c'est un fonctionnaire de catégorie B. Donc vous voyez c'est quelqu'un qui doit gagner 1700 euros par mois donc on est très loin. De la caricature de l'homme de pouvoir ou de l'homme puissant ou de l'homme riche. C'est un fonctionnaire de catégorie B qui était là pour assurer le service public permanent dans l'hôtel de ville. Il était entouré d'un certain nombre d'agents qui venaient pour certains de finaliser des mariages. Notamment une jeune femme qui a été assistante pendant le dernier mariage, qui a eu je crois la peur de sa vie. Elle est d'ailleurs suivie. C'est quelqu'un qui ne va pas bien aujourd'hui. Et puis il y avait les policiers municipaux qui étaient là aussi pour protéger l'hôtel de ville, qui eux étaient équipés, mais qui pour certains, me l'ont dit, ont s'est vu mourir, monsieur le maire. Ça, c'est la réalité des faits. Ils ont
face à eux des personnes cagoulées ? Pas
tous, pas tous. Ils ont environ 6 à 700 personnes qui sont présentes sur la place devant l'hôtel de ville. Et devant, à l'intérieur de ces 500-600 personnes, des activistes cagoulés, équipés, qui agissent de manière très méthodique. D'ailleurs, quand vous regardez des images vidéo, c'est assez... inquiétant et ça fait froid dans le dos parce que vous avez à la fois tous ceux qui sont très excités, qui hurlent à cab, à cab, à cab. Ce sont plutôt les jeunes. À cab, on le sait, désormais, c'est ce
cri contre les policiers.
Exactement. Et vous avez d'autres qui sont là pour incendier l'hôtel de ville et pour tout faire pour pouvoir pénétrer à l'intérieur de l'hôtel de ville. On a des magnifiques vitres qui sont séculaires, qui ont explosé sous le jet de projectiles qui ont été très nombreux, plusieurs centaines de jets de projectiles en moins de 10 minutes. Et pendant tout ce temps-là... Je n'ai pas un seul policier national pour protéger la mairie car ils sont pris en tenaille un peu plus bas par les autres casseurs sur les boulevards. C'est
aussi la question que je voulais vous poser avant qu'on en vienne à l'enquête. Et à la suite, comment on fait pour reconstruire, pas seulement reconstruire la mairie, mais reconstruire, j'allais dire, presque le pays globalement dont Limoges en est devenu presque le symbole. Monsieur le maire, vous dites à 15h25, les policiers n'avaient plus de munitions. étaient littéralement démunis. Alors
ils n'avaient plus la capacité d'assurer le maintien de l'ordre faute de munitions suffisantes. Et les LBD ne suffisaient pas à faire reculer... une partie de ces casseurs, les Black Blocs. C'est-à-dire qu'on voit des images où il y a des tirs de LBD sur ceux qui chargent les policiers nationaux, qui les chargent pour les tuer. C'est clair, il y a eu des voitures de police qui ont été brûlées sur place. Il y a 31 blessés parmi les policiers nationaux, il y a des commissions cérébrales, ils ont pris des cailloux de jusqu'à 1,2 kg sur la tête. Donc il faut se rendre compte que quand on prend un caillou de 1,2 kg sur la tête, même avec un casque, c'est pas pour jouer, c'est pour vous tuer. il faut rappeler un chat un chat, et donc ils ont eu très peur, donc ils ont tiré énormément de munitions, et les LBD ne suffisaient pas à faire reculer une partie de ces assaillants, parce que les assaillants étaient équipés pour lutter contre le tir de LBD. Donc la police
n'arrive pas à les arrêter, les pompiers eux arrivent sur place ? Le
cortège se scinde, une partie de ce cortège monte avec une partie de ces activistes sur l'hôtel de ville dans le but d'eux. prendre l'hôtel de ville ou de prendre la préfecture. A priori, il y avait deux options, le tracé préfecture ou le tracé mairie. C'est le tracé mairie qui a été choisi. La mairie est donc prise d'assaut. On peut parler d'assaut. La mairie est prise d'assaut par une pluie de projectiles qui explose l'intégralité des vitres. On tente de pénétrer par la porte principale.
Il y a cette mise en feu.
Exactement. Il y a l'allumage du feu qui est là. Quand le feu est allumé, les pompiers mettront plus de 20 minutes à intervenir parce qu'il y a une foule.
'est-à-dire qu'ils n'arrivent pas à accéder, tout simplement ?
Les incendiaires sont partis. À ce moment-là, on ne les voit plus sur les vidéos de protection de la ville. Mais ce qu'on constate, et d'ailleurs la presse qui était présente témoigne du fait que les incendiaires ne sont plus présents à ce moment-là. En revanche, il y a une foule très haineuse à l'égard des pompiers, pas des policiers, à l'égard des pompiers, qui les empêchent d'intervenir aussi rapidement qu'ils auraient dû. Ils mettent 20 minutes à
accéder, tout simplement, à l'incendie. Ils perdent
environ 15 minutes. C'est le commandant qui le dit. Et si on n'avait pu intervenir, si on n'avait pas eu cette foule haineuse... qui entourait nos camions et qui nous menaçait, on aurait pu arriver à contenir l'incendie de l'hôtel de ville.
Guillaume Guérin, je rappelle pour ceux qui nous rejoignent, vous êtes le maire de Limoges. Est-ce que vous dites ce matin que ce jour-là... L'État a failli.
Oui, je l'ai dit toute la semaine. Il y a eu une défaillance, il y a eu une carence de l'État, c'est aussi pour ça, et on en arrive à la suite. J'ai demandé au gouvernement d'assumer ses responsabilités. Moi, je considère que l'État de droit est là pour protéger les citoyens, tous les citoyens, quelles que soient leurs confessions, quelles que soient leurs religions, quelles que soient leurs couleurs de peau, quelles que soient leurs idées politiques, la police républicaine n'a pas pu faire son travail. Et donc, on a ciblé la maison commune de tous les Limougeaux, on a détruit des commerces en centre-ville, il y a eu des pillages d'opportunités, mais à Limoges, comme dans de très nombreuses villes de France. Donc je considère que, me concernant, samedi 17 octobre, il y a eu une défaillance dans la capitale régionale du Limousin. Et donc à partir de là, je demande à l'État réparation, ce que le Premier ministre a fait, puisqu'il est venu vendredi dernier, il a visité l'hôtel de ville. Je pense qu'il a pris un coup, quand il a vu l'ampleur des dégâts. Vous avez vu
le choc dans ses yeux ?
Entre le dire, l'imaginer et le vivre de ses yeux, c'est très différent. Donc il a assumé la responsabilité de l'État, il a dit que l'État serait au rendez-vous. de la reconstruction de l'hôtel de ville, moi je lui ai demandé à la fois la prise en charge par l'état du financement de la reconstruction et la jurisprudence Notre-Dame pour pouvoir aller suffisamment vite parce qu'aujourd'hui je suis un maire, le seul maire de France qui se retrouve sans mairie, alors pour moi c'est pas très grave, je vais m'en sortir, mais c'est pour les agents. Aujourd'hui, il faut assurer la continuité du service public. Et donc je suis obligé de reloger des agents. Il a pris en charge la reconstruction de la mairie sur le budget de l'État. Bien sûr que c'est le contribuable qui continue de payer, je ne suis pas dupe. En revanche, ça ne sera pas pris sur le budget municipal. C'est-à-dire qu'on va pouvoir continuer à porter nos politiques publiques telles qu'elles étaient prévues dans le programme électoral.
Guillaume Guérin, qui ? Il y a des suspects, il y a une enquête et c'est, semble-t-il, des mouvements d'ultra-gauche. On parle du plateau des mille vaches comme d'un des lieux... ou se sécularise en quelque sorte une mouvance d'ultra-gauche. Est-ce que pour vous, il est évident que c'est signé ?
vous savez, moi, par principe, je fais très attention à ce que je dis et je pèse tous mes mots. Aujourd'hui, il y a une enquête en cours, il y a eu des interpellations, il y a des gens qui aujourd'hui sont incarcérés. Moi, je laisse la justice faire son travail. Ce dossier a suscité énormément d'émotions. Il y a des responsabilités avérées, selon moi, mais ce n'est pas à moi de le trancher. Pour ça, il y a des magistrats du siège qui vont procéder à un jugement. Et moi, je crois à la justice de ce pays. En tout cas, j'espère qu'elle sera à la hauteur. de la gravité des faits, parce qu'il y a une gravité des faits. Ces faits ne sont pas seulement des faits délictuels, ce sont des faits qui pour moi sont criminels, dans la mesure où il y avait des gens à l'intérieur, et où les mots qui ont été employés, on va vous tuer, on va tous vous cramer, c'est pas follement sympathique pour les agents qui ont eu à vivre ça. Donc il y avait une volonté à la fois de destruction par le feu de l'hôtel de ville, mais il y a eu aussi, pour moi, tentative d'homicide. Pour moi, est-ce que la justice retiendra ces faits-là ? Je ne sais pas. En tout cas, j'attends une justice implacable sur le fait de Limoges, parce que je ne voudrais pas. Que Limoges fasse jurisprudence pour l'avenir.
Avons-nous sous-estimé cette mouvance, les black blocs ? L'ultra-gauche ? Vous vous dites, ça fait des années qu'on regarde ce plateau des Millevaches, et l'un de vos prédécesseurs, alors pas à la mairie, mais aux élections, Jean-Baptiste Moreau, lui qui est l'ancien député, parle, je cite, d'un néofascisme d'ultra-gauche. Est-ce que ces mots, vous les reprenez à votre compte ? Et de qui s'agit-il ?
Alors vous avez des gens qui vivent dans nos localités, et pas que sur le plateau de Millevaches, on a aussi des localités à l'ouest de la Haute-Vienne qui concentrent des populations qui veulent vivre en marge de la société. Vous savez, moi j'ai aucun problème avec des gens qui sont... décroissants, qui veulent vivre différemment et qui veulent élever leurs enfants selon les règles qu'ils ont eux-mêmes fixées dans un environnement qu'ils considèrent extrêmement protégé. Ce que je ne peux pas tolérer, en revanche, c'est qu'ils contestent le droit des autres de vivre comme ils avaient toujours l'habitude de vivre. Et donc, je ne sais pas si les termes sont exacts. En tout cas, ce que je sais, c'est qu'il y a un certain nombre d'individus qui vivent sur une partie des localités de notre région, qui sont des gens qui sont en dehors du système classique et qui, à l'intérieur de ces groupes... ont des individus qui clairement sont des ennemis de la République. Certains ont
été condamnés, il y a eu cet incendie de véhicules Enedis, sabotage de ligne EDF, qui avait privé un million de personnes de réseau pendant plusieurs jours. Le coupable désigné par la justice et qui a d'ailleurs été condamné, il a été condamné à trois ans de prison avec sursis, et il s'est dit en sortant content du jugement et a continué à appeler à la désobéissance civile en sortant du tribunal.
Exactement, donc vous voyez les faits parlent d'eux-mêmes. Pour une fois, je ne veux pas avoir à commenter l'enquête en cours, parce que mes commentaires pourraient avoir des incidences. Mais vous le soulignez parfaitement, il y a des faits clairement établis, il y a des populations qui aujourd'hui vivent dans une partie de ces territoires, qui sont hostiles. aux règles républicaines qui sont hostiles à une partie de l'économie de ce territoire. Vous savez, on a eu des dégradations sur des abatteuses forestières, on a eu des menaces de mort sur certains conducteurs d'abatteuses forestières qui font ni plus ni moins que le travail pour lesquels ils sont embauchés. On a eu des destructions d'usines, de production de granulés de bois en Corrèze il n'y a pas si longtemps. Il y a eu des destructions de relais téléphoniques, il y a eu des incendies. Quelles
sont les réponses de la justice
Là, vous l'avez vu, trois ans de prison avec sursis pour cet individu, qui a d'ailleurs, vous le verrez sans doute... Il
fait partie des suspects aujourd'hui, après la mairie de... En tout cas,
il y a des liens avec cette nébuleuse. Voilà, ça c'est un fait avéré. Et donc on verra ce que donnera la justice en termes de résultats et en termes de prononciation de peine à l'issue de l'enquête. Mais il y a sur ce territoire des gens qui vivent... de manière marginale dans les territoires qui sont des gens pacifistes, et il y en a d'autres qui profitent de cet écosystème marginal pour faire prospérer une idéologie d'extrême gauche. Si
vous aviez face à vous les coupables, qu'est-ce que vous leur diriez
Pourquoi ? J'en dirais d'abord pourquoi. Ce n'est pas le CAC 40 que vous avez brûlé, ce n'est pas le pouvoir politique. Mais pardon, vous dites ça, on a
presque l'impression que vous dites, bon, le CAC 40, on comprendra.
Non, non, pas du tout. Ce que je veux vous dire, c'est que leur revendication, c'est qu'on veut détruire le système capitaliste et on veut détruire le pouvoir politique. Bon, une mairie, je ne suis pas le représentant du gouvernement. J'ai été élu il y a six mois. Pas il y a 6 ans, je lis parfois Guérin qui représente ce pouvoir tant détesté. J'ai été élu il y a 6 mois, 52% dans une triangulaire où j'avais face à moi l'union de la gauche derrière la France insoumise et le Rassemblement national. Je n'ai pas fait d'alliance avec le RN, j'ai gagné seul avec 52% des voix. Et c'est votre premier
mandat ? Et
c'est mon premier mandat de maire et mon deuxième mandat de président de la métropole. Donc je suis légitime dans un état de droit, dans un pays démocratique, je suis légitime. Donc j'incarnerais ce pouvoir si détesté. Si je suis si détesté que ça, les Limouges n'auraient pas voté pour moi. Donc ça c'est sur la partie... incarnation. Et encore une fois, je ne suis pas le représentant ni du gouvernement, ni des puissances de l'argent. Voilà, je suis la mairie des Limougeaux, d'une ville moyenne où la majorité des gens sont des gens qui ne sont pas riches. Et donc, moi, je constate qu'aujourd'hui, ce sont les plus précaires d'entre nous qui vont payer cette casse. Et donc, je leur répondrai. Pourquoi ? Et j'attends du monde judiciaire des sanctions implacables parce que c'est un symbole. C'est beaucoup plus qu'une description de matériel. Exactement.
Guillaume 1, quelle suite ? D'abord les prochains jours, samedi prochain, de nouveaux appels à manifester, y compris chez vous à Limoges, mais partout en France. Il y aura aussi la journée du 5 novembre. Est-ce que vous êtes inquiet ? Est-ce que vous estimez avoir toutes les garanties nécessaires pour que la sécurité règne ?
Non, non. Moi, j'ai demandé des effectifs supplémentaires. Je les ai eus samedi dernier. J'ai reçu le préfet hier en demandant où est-ce qu'on en était pour le 31 et pour tous les week-ends qu'elle est arrivée. Moi, je souhaite ardemment qu'on ait des forces nécessaires pour pouvoir assurer et le maintien de l'ordre et garantir la tranquillité des commerces. Vous savez, ces décisions, elles se prennent de manière hebdomadaire. Donc à chaque fois, il faut y revenir. J'espère que ça fonctionnera. En tout cas, je suis inquiet de la tension. qui règne dans ce pays, de la tension sociale, de la tension sociétale et de la tension politique. La réalité, c'est qu'on a le sentiment que les Français ont déjà planifié un deuxième tour Mélenchon-Le Pen et qu'ils sont déjà dans l'affrontement d'un éventuel résultat comme celui-ci. Ça m'inquiète beaucoup. Ça m'inquiète beaucoup parce que l'État a vacillé, il n'est pas tombé. Il l'a vacillé le 17 octobre dernier, partout en France, pas que la Limoges. Et malheureusement, ce scénario risque de se répéter et ça m'inquiète. Donc j'appelle le gouvernement à prendre conscience de la gravité de ce qui se passe dans ce pays. Sans doute de donner... Raison sur le plan politique, un certain nombre de colères sociales, notamment sur le coût de la vie, parce qu'il y a des mesures qui sont... Vous parliez
tout à l'heure de la question du coût, notamment des déplacements. Il y a des choses qui sont faciles à
faire pour des populations qui jusque-là se sont eues, manifestées pacifiquement, mais pour qui c'est très dur de vivre aujourd'hui. Donc ça, il faut le prendre en compte. En revanche, pour les casseurs, il faut des sanctions implacables et il faut avoir conscience de qui... Les policiers républicains ont en face d'eux à l'occasion de ces manifestations. Il faut arrêter d'être angélique sur ces questions-là. Vous avez en face de vous des gens qui veulent tuer des flics, qui veulent renverser la République. Donc il faut que la réponse à la fois pénale lorsqu'il y a des interpellations soit à la hauteur de l'enjeu et que le maintien de l'ordre soit aussi à la hauteur de ceux qui vous agressent. Parce que quand on vous tire dessus au LBD parce que vous avez chargé les policiers nationaux et que vous ne reculez pas, c'est qu'il y a un problème quand même. C'est qu'il y a un problème.
Lorsque vous entendez Emmanuel Macron qui dit que le pays est, je cite, en état d'ébullition, lorsque vous en entendez, y compris dans un certain nombre de commentaires, l'expression de guerre civile, est-ce que vous estimez que ces deux expressions sont justes
qui m'inquiète, c'est que ce soit le président de la République qui le dise. Le président de la République, il n'est pas là pour commenter. Moi, je fais quelques études de droit, je suis élu local depuis 15 ans, quand vous êtes en responsabilité, vous êtes là pour agir, pas pour commenter. Vous, c'est votre métier de commenter. Lui, son métier, c'est d'agir. Donc moi, je suis estomaqué de voir les commentaires du président de la République. Moi, ce que j'attends du président de la République, c'est qu'il mette les moyens à la justice pour enquêter. La justice manque de moyens. Moi, j'ai un parquet qui manque cruellement de moyens. C'est ce que j'ai dit au Premier ministre. Et j'attends qu'il protège les Français. Qu'il protège les Français. La police républicaine de ce pays, elle est là pour protéger tous les Français. Vous avez
eu des contacts avec Emmanuel Macron ?
n'ai pas eu Emmanuel Macron, ni en ligne, ni par SMS.
Il ne vous a pas appelé ? Non. Il ne vous a pas appelé, il ne vous a pas mis de message. Le Premier ministre est venu, mais le Président de la République, rien.
Non.
'ai eu
des chefs d'État étrangers.
chefs d'État étrangers qui vous ont appelés ? Qui
vous a mis
des messages ? Je vous
le dirai après. Pourquoi vous diriez après ? On a eu des chefs de gouvernement étrangers
qui ont écrit... Parce que c'est gênant ? Je ne comprends pas pourquoi vous diriez pas. Moi,
je ne comprends pas que le Président de la République n'ait pas appelé. Je l'ai dit au secrétariat général de l'Elysée, que j'ai eu en ligne. C'est moi qui les ai appelés, ce n'est pas le contraire. Je suis très surpris de la façon dont Emmanuel Macron a traité cette affaire. En revanche, le Premier ministre a fait son boulot avec beaucoup de convictions. Il est venu tout de suite. Il a amené les ministres qui étaient concernés. On a avancé, on a une procédure spéciale pour Limoges sur le calendrier Notre-Dame. On a la capacité de reconstruire avec le budget de l'État cet hôtel de ville. Et d
'ailleurs les travaux ont... commencé. C'est-à-dire, symboliquement, le fait que ça a commencé si vite.
Alors, les travaux, là, pour le coup, c'est les mesures de sauvegarde, c'est-à-dire faire en sorte que le bâtiment ne se dégrade pas davantage. Ça, c'est absolument essentiel. Et ils ont pris en charge les premières mesures de sauvegarde pour pouvoir justement mettre ce bâtiment hors d'eau très rapidement, de façon à ce que ça ne se dégrade pas.
Je vous repose la question, Guillaume Guerin, qui vous a écrit, qui vous a appelé ? On a eu un mail
du vice-président des Etats-Unis d'Amérique, vous voyez ? D'accord. Il est arrivé sur la boîte de la mairie. Oui, exactement. Qui a
écrit, qui a trouvé l'adresse mail de la mairie. C'est
sans doute un de ses conseils gays. Donc les États-Unis se sont manifestés, mais le président
de la République française ne vous a pas... On a eu un mail du vice
-président des États-Unis d'Amérique, on n'a pas eu d'appel du président de la République française.
La suite, je le disais, et la question aussi des jeunes, c'est-à-dire que vous disiez il faut répondre aux Français, j'ai quand même une question encore sur ces jeunes, puisque nombre d'entre eux, de ceux qui étaient, j'allais dire pas en première ligne, pas forcément ceux qui ont mis le feu, mais qui derrière, comme vous le dites, ont même empêché les pompiers de pouvoir accéder à l'incendie, c'est pour grand nombre d'entre eux. des jeunes.
Qu
'est-ce que vous dites à ces jeunes
Où est-ce qu'on a merdé en fait ? Parce qu'il y a un inversement de la chaîne de valeur où il n'y a même plus de différenciation entre le bien et le mal. Ce qui m'interpelle profondément, c'est les procédures récentes de comparution immédiate pour reconnaissance
préalable de culpabilité.
Donc le parquet propose une peine, l'individu l'accepte ou ne l'accepte pas. S'il l'accepte, elle est exécutoire immédiatement. Ça c'est ce qui s'est passé ces
derniers jours dans les tribunaux de France.
Et à l'image. Et donc vous avez des jeunes. qui sont pris à la sortie d'un magasin, qui pourraient être vos enfants, qui pourraient être les miens. Ils se sont servis gratuitement, trois polos, deux chemises, une paire de baskets, la coste. Ils passent devant un magistrat. Ils acceptent la peine, qui sont des peines lourdes. Le parquet a été... au rendez-vous de ce qui s'est passé dans les villes de France, de peine de prison ferme, de parfois six mois de détention avec mandat de dépôt, c'est-à-dire qu'ils ne repassent pas chez papa et maman, ils partent directement en prison. Et quand vous les interrogez, j'ai des journalistes de la presse locale qui ont eu à assister à ces
procès,
est-ce que vous avez compris ce que vous avez fait ? Et là, il y a une incompréhension. Donc ça, ça m'inquiète beaucoup. L'ultra-gauche m'inquiète, évidemment, mais ça, l'ultra-gauche, c'est un problème qui peut se résoudre politiquement. Ça peut se résoudre politiquement par des condamnations exemplaires, par une surveillance accrue, etc. Les casseurs, les pilleurs, ça peut se résoudre par un maintien de l'ordre fort et des sanctions judiciaires. En revanche, ceux qui commettent des faits de vol, des faits de pillage, et qui ont le sentiment... De n'avoir rien fait. En
fait, il n'y a plus de limites. Il y a un vrai
problème. Il n'y a plus de distinction
entre ce qui est légal, illégal, entre le bien et
le mal. Les pompiers, ce n'est pas les policiers. Vous savez, la haine du policier, elle a toujours existé. Ce n'était pas récent. En 68, les manifestants n'étaient pas trop pro-police nationale, ni garde républicaine. Et les pompiers, les pompiers, ce sont des gens qui protègent les autres, les pompiers. Et donc voir les empêcher d'accéder pour éteindre ce feu au début, je reste sans voix en fait.
Merci Guillaume Guin d'avoir répondu à mes questions, maire LR Nouvelle Énergie de Limoges. Vous avez une date, vous savez si vous allez pouvoir retourner dans la mairie sous votre mandat ?
Alors j'espère, mais vous savez moi c'est secondaire, ce qui m'importe c'est la continuité de service et la qualité de travail des agents, parce que les agents, je veux avoir un mot pour eux, ils ont été formidables. Vous savez en France, il y a toujours une volonté du fonctionnaire bashing. Alors c'est peut-être spécifique à Limoges, mais je ne le crois pas. Moi j'ai eu des agents extrêmement engagés qui ont fait un boulot fantastique et qui sont profondément affectés par ce qui se passe. Et donc je veux les saluer aujourd'hui parce qu'ils sont prêts à reprendre le travail dans des conditions dégradées, parce qu'ils n'auront pas leur bureau dans lequel ils ont leurs souvenirs, leur vie familiale, leurs photos. Donc on va assurer cette continuité de service, mais bravo à eux.
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