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ne doit pas nous empêcher de faire notre introspection, de corriger les erreurs et surtout, surtout, d'écouter les jeunes qui ont de toute évidence des choses à nous dire et des ambitions légitimes pour leur avenir. Nous devons à cette génération de lui permettre de réaliser ses ambitions. Elle a des capacités, des idées, une volonté d'agir, et notre responsabilité de lui donner prise précisément sur son avenir. C'est pourquoi nous avons écouté avec méthode et sans filtre. Plus de 100 000 contributions venues de près de 3 000 lycées ont été recueillies sur la plateforme du ministère de l'Éducation nationale. Elles enrichissent et complètent le dialogue avec les organisations représentatives et les élus lycéens. 71% des contributions évoquent l'organisation du temps scolaire, 56% l'état des bâtiments, 31% les difficultés de remplacement. Derrière ces chiffres, il y a des demandes précises auxquelles il faut répondre jusque dans chaque établissement. Certaines dépendent du gouvernement ou du Parlement, mesdames et messieurs les députés, d'autres enfin des conseils régionaux. Il y a trois semaines, devant les Français, j'avais fixé une échéance des décisions à la fin du mois d'octobre. Nous y sommes précisément. Les mesures que nous avons annoncées avec les ministres lundi dernier forment une réponse à l'ensemble de ses attentes. Elles vont du professeur que l'on retrouve devant sa classe, à la place que l'on trouve dans l'enseignement supérieur, du temps nécessaire pour déjeuner le midi, à la bourse qui permet de poursuivre ses études dans de meilleures conditions. Elles prennent au sérieux ce que les jeunes nous disent de leur quotidien, autant que leurs aspirations. Cette cohérence compte. Un élève qui a confiance dans son avenir est d'abord un élève qui apprend dans de bonnes conditions. Les revendications des lycéens sont cohérentes, c'est un tout au fond qui se tient. C'est pourquoi nous plafonnerons les classes de seconde générale et technologique à 28 élèves, dès 2027 dans la moitié des lycées les moins favorisés, puis en 2028 dans tous les lycées publics de France. Nous créerons 500 postes supplémentaires de professeurs et poursuivrons l'effort pour que chaque professeur absent soit remplacé. Des amendements en ce sens seront déposés dans le projet de budget pour 2027. Les emplois du temps seront revus, une pause déjeuner d'une heure garantie. et la place du contrôle continu réexaminée en profondeur. La santé mentale continuera à être une priorité grâce à la création de 500 postes de psychologues, d'infirmiers et d'assistants sociaux dès 2027. 1 milliard d'euros d'investissement de l'État sera consacré aux bâtiments des universités. 4 milliards d'euros de prêts à taux préférentiels aideront les conseils régionaux à rénover leurs établissements scolaires avec une attention toute particulière pour les territoires d'outre-mer. Nous ouvrirons 15 000 places supplémentaires dans le supérieur en 2027, en 2028, 10 000 en BTS, 4 000 en IUT, 1 000 dans les formations de santé. Cette répartition est à discuter désormais avec les partenaires sociaux. Dès la rentrée 2027, les bourses suivront l'inflation pour ne pas renier précisément le pouvoir d'achat. Nous proposons aussi de renforcer dans les instances qui animent leur système scolaire, de l'établissement au conseil supérieur de l'éducation, la représentation lycéenne, notamment celle de la voie professionnelle. Faire confiance aux jeunes doit avoir des conséquences en leur donnant une vraie place dans les enceintes où les décisions qui les concernent sont prises. Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028, c'est entendu. Mais dès la campagne 2027, c'est-à-dire celle qui sera accessible aux élèves dès ce mois de décembre 2026, les critères d'admission devront être compréhensibles et chaque refus expliqué est motivé. La transition sera donc organisée pour les prochains bacheliers. L'orientation, c'est un long processus qui commence dès la cinquième avec la découverte des métiers. Ce processus doit être plus soutenu au lycée. ...dès la seconde. Et finalement, ce processus doit enjamber le baccalauréat pour viser la réussite des jeunes dans le supérieur, s'assurer qu'ils auront des débouchés et, le cas échéant, leur offrir la possibilité de se réorienter en cours de cursus. Se tromper de voie à 18 ans ne doit pas condamner la suite d'un parcours. Mais ce chantier exige une clarification politique. Derrière les critiques de l'outil parcours sup, certains veulent... pour l'accès aux études supérieures universitaires, une sélection plus affirmée, d'autres veulent au contraire la supprimer intégralement. On peut en effet dénoncer ensemble un système et vouloir ensuite deux systèmes profondément opposés. Il faut maintenant rentrer dans le détail, mesdames et messieurs les députés, c'est l'objet précisément de ce débat ce soir. Qu'attendez-vous du système d'enseignement supérieur français ? Quel rôle voulez-vous lui confier ? Quels critères d'admission proposez-vous ? Quelle place pour le baccalauréat et le contrôle continu ? Comment répondre lorsque les demandes dépassent les places disponibles ? Comment accompagner ensuite les étudiants vers la réussite, y compris professionnelle ? Pour le gouvernement, les exigences doivent être connues et les décisions explicables. Les revenus des parents, le lieu de résidence ou le manque d'informations ne doivent pas décider à la place du travail et des aspirations d'un jeune. Ce débat, organisé formellement sur la base de l'article 51, 50-1 de la Constitution, pardonnez-moi, doit permettre d'identifier une voie de passage au Parlement. S'il faut une loi, sur quelles règles pouvons-nous réunir une majorité ? Pour quelle évolution de l'orientation et de l'accès au supérieur ? Nous venons chercher des propositions et des engagements précis. Pas des slogans ou des promesses sans fondement sérieux. La méthode pour les semaines qui viennent est fixée. Dès demain jeudi, les ministres réuniront les représentants lycéens une nouvelle fois et les conseils régionaux sur la question des bâtiments. Quelles urgences ? Quels travaux ? Pour quel calendrier ? Les conseils régionaux ont la responsabilité des lycées depuis 1983. L'État les accompagnera, mais en respectant la décentralisation. Je reverrai avec les ministres les représentants des lycéens et des étudiants dans moins de 15 jours. Nous ferons le point sur les engagements pris, les difficultés à lever pour les mettre en œuvre et les décisions suivantes. Nous établirons mesure par mesure ce qui relève du règlement, notamment pour l'organisation des enseignements et des modalités du contrôle continu, ce qui exige des crédits votés dès le budget pour l'année prochaine 2027 et ce qui nécessiterait une modification de la loi pour l'accès au supérieur. avec pour chaque mesure un responsable et une échéance précise. Le comité de réforme associant désormais lycéens et enseignants autour des ministres présentera de premières recommandations courant novembre, nourries, je l'espère, de vos propositions opérationnelles ce soir. Mesdames et Messieurs les députés, ce gouvernement, vous le savez, je l'ai répété à de nombreuses reprises, n'est candidat à aucune élection dans aucune échéance électorale. Il n'a aucune raison donc de faire des promesses intenables. Sa crédibilité se mesurera à l'aune de décisions précises, finançables et applicables dès la rentrée prochaine. Une grande partie de ces mesures sera traduite par des amendements gouvernementaux au projet de vote finance. Chacun pourra les améliorer et devra assumer ses propositions, leurs coûts, ses votes ainsi que la manière de le financer. Voilà pourquoi, une nouvelle fois, j'ai souhaité ce débat en transparence. Il n'est pas question de refaire le match de la création de Parcoursup, son remplacement est déjà décidé. Maintenant, il faut dire ce que nous voulons construire. Les questions peuvent sembler techniques, les réponses engagent notre conception de l'égalité, du mérite, de la liberté. Tout cela confronté au réel. Comment départager les candidats ? Par une sélection assumée ? Point d'interrogation. En acceptant de revenir au tirage au sort ? Point d'interrogation. Cette sélection doit-elle concerner toutes les formations, ou bien certaines seulement ? Et comment éviter de dévaloriser les autres ? Là aussi, point d'interrogation. Voulons-nous classer les candidats ou les orienter plus fortement ? Jusqu'où garantir leur libre choix ? Point d'interrogation. Et quels prérequis pour exiger leur admission ? Gardons-nous une plateforme nationale commune. Question posée. Ou acceptons-nous la multiplication des procédures locales et le risque d'une opacité accrue ? Quelle place donner aux besoins du pays et de ses métiers sans étouffer les aspirations individuelles ? Le même dispositif doit-il accueillir les nouveaux bacheliers, ceux qui se réorientent, mais aussi ceux qui reprennent leurs études plus tard ? Le baccalauréat doit-il rester le premier grade de l'enseignement supérieur ? Ou bien devenir seulement le diplôme qui clôt le lycée ? Comment prendre en compte la révolution de l'intelligence artificielle ? qui va détruire des emplois et en créer d'autres. C'est aussi notre responsabilité de ne pas former des cordes entières de jeunes à des métiers qui n'existeront plus bientôt. Et à l'inverse, de nous assurer que les jeunes français soient bien formés pour relever les nouveaux. qui nous attendent. Et bien sûr, il y a le défi démographique qui est devant nous. Il touche actuellement l'enseignement scolaire, mais ne manquera pas de toucher l'université à horizon de 10 ans. Comment nous assurer que nous formerons suffisamment d'ingénieurs, de soignants, d'artisans ou d'enseignants pour répondre aux besoins de notre population et faire tourner l'économie de demain ? C'est sur ces choix que nous attendons chaque groupe politique, du concret, du précis, du sérieux, loin. des postures faciles. Les ministres de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste et l'Education nationale, Edouard Geffray, vont préciser ses engagements. Aux jeunes qui nous écoutent, nous attendons beaucoup de vous. Vous avez le droit d'attendre beaucoup de nous. A nous de vous donner des raisons concrètes de croire que vos efforts ouvriront réellement des portes. Je vous remercie.
Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre. La parole est à présent à Monsieur Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale.
la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les députés, l'École de la République, vous le savez, fait la promesse d'amener chaque élève au bout de ses potentialités et par conséquent lui offrir un avenir. Cela suppose qu'elle lutte par conséquent contre toute forme d'assignation sociale, territoriale ou de genre. Cette exigence en porte trois nécessités. La première, c'est de permettre de faire des formations diversifiées à partir du lycée pour que les jeunes puissent s'orienter librement. La deuxième, c'est de les accompagner pour qu'ils mûrissent leur projet d'orientation vers la poursuite d'études ou l'insertion professionnelle. Et la troisième, c'est de leur donner accès aux mêmes informations et aux mêmes possibilités de découverte des formations. Car on ne peut choisir ce que l'on ne connaît pas, ni nourrir une ambition qu'on n'a pas eu la possibilité d'imaginer. Il y a donc un continuum du collège jusqu'à l'université, de l'orientation jusqu'à l'affectation et à la réussite dans le supérieur. Je me permets d'insister là-dessus. Sur parcours SUP, le débat se concentre souvent sur la question de l'affectation. Or, l'enjeu est bien que celle-ci ait été suffisamment préparée et mûrie en amont et qu'elle débouche sur un parcours dans lequel l'étudiant réussit en aval. Et c'est précisément l'ensemble de ce processus qui suscite l'inquiétude des lycéens à travers la question ou le totem de Parcoursup. Les années lycées ont toujours été et seront toujours des années de choix, donc de réflexion personnelle intense sur son propre avenir. Et l'IA vient encore accroître cette sensation de vertige en promettant parfois, à tort ou à raison, la disparition de pans entiers d'activités professionnelles au cours des prochaines années. Et cette perspective rétroagit évidemment sur les inquiétudes à juste titre de nos élèves et ils nous l'ont très clairement exprimé. En amont donc de Parcoursup, sur lequel le ministre de l'Inseignement supérieur reviendra, je veux donc parler du processus global d'orientation qui permet à chaque jeune de découvrir ses aptitudes, ses appétences, de connaître les formations et de construire progressivement son projet. D'abord donc, un mot peut-être pour vous dire où nous en sommes. Les évolutions apportées ces dernières années ont permis objectivement de renforcer considérablement la liberté de choix et l'attractivité de différentes spécialités professionnelles, générales ou technologiques. D'abord au collège, avec le plan pluriannuel d'éducation à l'orientation qui s'organise dans chaque établissement et qui permet désormais, dans 80% des établissements qui se le sont appropriés, 88 pardon, de mettre en place les quatre demi-journées annuelles dédiées à l'orientation. Ensuite, au niveau du choix à la fin de la troisième, d'abord vers la voie professionnelle. Je voudrais partager avec vous une bonne nouvelle. C'est assez rare que celle-ci soit soulignée lors de nos échanges. C'est que désormais, 37% des familles, après 20 ans de baisse continue, 37% des familles et des élèves formulent le vœu en fin de troisième de rejoindre la voie professionnelle. C'était 32% il y a cinq ans. C'est la meilleure preuve que la voie professionnelle n'est plus qu'elle a été longtemps considérée à tort, c'est-à-dire une voie par défaut. Et ce n'est pas par hasard non plus, c'est parce que sur les 25 000 places créées depuis 2023 en voie professionnelle, 13 000 l'ont été dans les métiers de l'industrie. Du côté de la voie générale et technologique, j'ai commencé par la voie professionnelle car c'est souvent l'oublié, y compris dans les discussions récentes. Du côté du lycée général et technologique, Vous savez que la réforme du lycée a remplacé les trois anciennes filières S, ES et L par un bouquet de spécialités, avec à la rentrée 2023 près de 300 combinaisons de trois spécialités qui étaient suivies en première. Le champ des possibles s'est de fait considérablement ouvert et les élèves disposent d'une plus grande liberté dans la construction de leur formation, avec à la clé des pursus beaucoup moins marqués sociologiquement et de vrais choix pour les élèves. Nul n'ignore. que 75% des enfants de cadres allaient dans l'ancienne filière S contre seulement 20% des enfants d'ouvriers et d'employés. Désormais, le choix des spécialités a considérablement réduit ce caractère sociologique des parcours au lycée. Et après la terminale, Parcours Sup a rendu l'offre de formation plus visible avec 25 000 formations post-bac. Cette transparence permet à chaque lycéen où qu'il vive d'accéder à une information commune, universelle et de connaître toutes les formations susceptibles de l'intéresser. Troisième élément qu'il ne faut pas oublier en matière d'égalité des chances aussi et d'ancrage de nos élèves dans des parcours supérieurs, nous avons développé les cordelles de la réussite avec plus de 180 000 élèves bénéficiaires dans plus d'un tiers des établissements en urbain comme en rural et singulièrement en éducation prioritaire comme dans le rural éloigné. Tout ceci, évidemment, suffit-il à dire que notre système est efficace en matière d'orientation ? Évidemment, non, pas complètement. Il reste évidemment beaucoup de choses à faire. En réalité, l'orientation repose sur plusieurs acteurs. L'information, vous le savez, a été confiée aux régions depuis 2018. L'accompagnement repose sur ceux qui connaissent les élèves, notamment les professeurs principaux, qui sont au nombre de deux en classe de terminale générale et technologique, et sur les psychologues d'éducation nationale, ce qu'on appelle les PSIEN-EDO. qui dépendent des centres d'information et d'orientation. Ils sont 4700, pour répondre à une question qui vient d'être posée, ainsi que sur des outils numériques, notamment la plateforme Avenir, développée par l'UNICEF il y a deux ans. De la même façon, le dispositif Avenir Pro a été généralisé en cette rentrée dans le lycée professionnel pour permettre aux élèves qui souhaitent s'insérer professionnellement, et ils sont nombreux en voie professionnelle, et leur voie professionnelle historiquement a été construite pour ça, de pouvoir le faire en étant, à juste titre, accompagné. Pour autant, beaucoup reste à faire. D'abord, seuls 27% des lycées indiquent que tous leurs professeurs principaux à tous les niveaux ont été formés à l'orientation, ce qui signifie que nous avons un devoir de formation en la matière. Ensuite, seulement 52% des établissements informent et associent les familles à la réflexion en matière d'orientation, ce qui là aussi est trop peu. Et enfin, les régions acteurs clés de l'information sont encore 14 sur 17 à avoir conclu un partenariat avec l'éducation nationale en matière d'orientation. Des améliorations sont donc nécessaires. La première, évidemment, c'est de mieux accompagner les générations qui sont les plus nombreuses démographiquement, celles qui sont actuellement au lycée. J'ai beaucoup entendu ces dernières semaines qu'il fallait supprimer les suppressions de postes programmées dans le projet de la finance, sans que personne d'ailleurs n'ait dit pour en faire quoi. Nous avons fait le choix avec le Premier ministre, non seulement de les supprimer en second degré, mais de créer 500 postes supplémentaires pour plafonner les effectifs en classe de seconde, qui sont les classes charnières, et pour limiter la taille des groupes en première et en terminale, notamment dans les spécialités qui sont les plus nombreuses. Le deuxième enjeu, c'est évidemment de densifier l'accompagnement à l'orientation. Vous savez qu'au lycée, tous les élèves bénéficient d'un temps théorique de 54 heures d'accompagnement à l'orientation par an, ce temps aujourd'hui. n'a pas le même contenu et la même densité d'un établissement à un autre. Et donc l'enjeu de l'année, c'est évidemment de consolider les programmes d'orientation qui ont été mis en place dans les lycées, et donc la quasi-totalité des lycées ont développé, pour pouvoir densifier ces 54 heures, effectivement, et de permettre un accompagnement personnalisé. C'est le sens notamment aussi du programme de formation que nous lançons et de la nouvelle certification orientation parcours insertion que nous avons ouvert à la rentrée de 2026 à destination des professeurs qui souhaitent la développer. C'est aussi le sens du renforcement de la place des psychologues d'éducation nationale dont nous proposons pour la deuxième année consécutive de renforcer les effectifs et sur lequel le Premier ministre a eu l'occasion d'annoncer l'autre jour 200 créations de postes supplémentaires. Et puis enfin, nous devons regarder en face la question du contrôle continu et des interrogations qu'il suscite, notamment en cas de parcours sup. Le contrôle continu a été pensé pour ne pas concentrer l'enjeu du baccalauréat sur le jour J, sur le jour de l'examen. Et à l'époque, une consultation à laquelle plus de 80 000 lycéens avaient répondu avait clairement acté cette nécessité de la part de ceux qui connaissaient l'ancien système et qui le vivaient comme un système de pression finale intense. Et le contrôle continu, il ne faut pas l'oublier non plus, car tout ceci actuellement est très vite occulté. s'est traduit objectivement par l'amélioration des résultats des élèves au baccalauréat. Mais il peut aussi renforcer le stress, c'est un fait de nombreux élèves. Sur les 100 000 contributions qui nous ont été mentionnées, de très nombreuses ont fait part de la pression que représente chaque semaine des libres de la première, le fait d'avoir des évaluations qui, in fine, comptent pour le bac à l'auréat. Ce n'était pas la logique initiale, évidemment, et nous avions d'ailleurs, dès 2021, mis en place des projets d'évaluation d'établissement, renouvelés en 2025, qui devaient permettre, lycée par lycée, un travail sur l'évaluation. Le fait est que ce système s'est mis en place très inégalement selon les établissements et que nous ne pouvons nous satisfaire d'un système qui ferait de la préparation de l'avenir une pression constante sur le présent. Et c'est pour ça que cette question du contrôle continu, nous l'ouvrons. Et nous l'ouvrons en vue de la rentrée 2027, pas 2028. Nous l'ouvrons pour la rentrée 2027. Nous l'ouvrons au calme, avec sérénité. Nous avons deux mois de travaux devant nous, avec les représentants lycéens, avec les élus lycéens, avec les organisations syndicales, pour travailler sur cette section, non pas pour faire disparaître le contrôle continu, car il permet justement aussi de ne pas tout jouer sur une épreuve, il rend compte aussi de la progression de l'élève, mais pour faire en sorte qu'il ne se fasse pas au détriment de celui-ci. réflexion est donc ouverte, soit pour le limiter, soit pour prévoir par exemple un droit à l'erreur, comme certains le suggèrent. Je n'ai pas de tabou en la matière, mais en tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il a besoin d'être actuellement repensé dans la perspective de Parcoursup. Voilà, Mesdames et Messieurs les députés, avant de passer le relais au ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, suivant ainsi l'ordre chronologique du cursus de nos élèves, ce que je voulais partager avec vous. Avec peut-être un dernier point. Nous venons d'un système que tout le monde a oublié, semble-t-il, et que pourtant la plupart d'entre vous ont dû connaître, même les plus jeunes, où les élèves choisissaient leur filière au bac en fonction de leur milieu social, où les élèves poursuivaient leurs études là où leur milieu social les envoyait, parce qu'ils candidataient dans ce qu'ils connaissaient. Nous avons désormais des lycéens qui choisissent leur cursus scolaire et peuvent amettre des vœux cohérents. qui choisissent leur spécialité en fonction de leur goût, et non plus en fonction de la connotation sociologique d'une filière. Cela, c'est une promesse d'ouverture, mais aussi d'exigence. Parce qu'il ne s'agit pas de faire croire à chacun qu'il peut le faire d'un coup, sans préparation, n'importe quel cursus scolaire, mais qu'en revanche. Des choix de spécialité générale ou professionnelle librement choisis doivent pouvoir déboucher sur un parcours dans l'enseignement supérieur librement choisi. Notre devoir, c'est de faire en sorte qu'une orientation donne confiance plutôt qu'elle alimente l'inquiétude et qu'elle permette à chacun de se procéder dans un avenir qu'il choisit plutôt qu'il ne le subit. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à présent à monsieur Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace. Mes chers collègues, vous aurez tout le temps de vous exprimer. Chaque groupe politique a du temps de parole. Vous aurez le temps de parole nécessaire pour faire vos remarques et exprimer vos opinions. Monsieur le ministre, allez-y.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Président de la Commission, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les députés. Il est des débats qui, sous une apparence technique, nous obligent à répondre à des questions qui sont profondément politiques. Le débat de ce jour est de cela. Depuis plusieurs semaines, Des lycéens, des étudiants nous interpellent, ils nous parlent de leurs inquiétudes, de leurs aspirations, parfois de leur colère. Ils nous parlent surtout de leur avenir. Et nous devons les entendre, nous les entendons. Car derrière Parcoursup, il y a bien davantage qu'une simple plateforme numérique. Il y a la promesse que la République doit à sa jeunesse, celle de choisir son avenir plutôt que de le subir. Pour tenir cette promesse, nous devons faire le choix de la lucidité. En 2017, avec APB, le prédécesseur de cette plateforme, près de 4000 bacheliers étaient sans proposition d'admission à l'issue de la procédure. En 2026, il n'était que 60, 60 de trop. Ces chiffres nous rappellent une réalité. L'actuel système d'affectation n'a pas tout résolu, mais les chiffres sont têtus. Et dire que c'était mieux avant relève au mieux de la mauvaise foi, au pire de la manipulation. Notre pays a choisi depuis plusieurs décennies de démocratiser l'enseignement supérieur. Notre responsabilité politique aujourd'hui est de réconcilier cet idéal avec le réel. Mesdames et Messieurs les députés, souvenons-nous de la situation qui prévalait avant 2018. Notre pays en était arrivé à une situation où le hasard, le tirage au sort, pouvait décider de l'avenir de certains bacheliers. La loi de 2018 a permis de mettre fin à cette situation. Elle a assumé l'ambition de lutter contre l'assignation à résidence, aussi bien sociale que géographique. La loi de 2018 a aussi apporté des avancées. que je revendique fermement une procédure nationale, une meilleure visibilité des formations, des garanties communes et des dispositifs d'ouverture sociale. En proposant 11 000 formations en apprentissage, là où APB n'en proposait presque aucune, elle a facilité l'entrée dans la vie professionnelle de centaines de milliers de jeunes. Je pense aussi aux quotas de boursiers. qui ont ouvert massivement les portes de certaines formations à des jeunes qui, sans cela, n'auraient jamais pu y accéder. Depuis 2018, chaque année, la plateforme a évolué, mais nous devons aussi regarder les limites du système avec lucidité. Les mécanismes d'orientation et la plateforme n'ont pas tout résolu. Inégalité d'information, anxiété de l'attente. Difficulté de comprendre les décisions, autant de limites que le système existant à poser et limites qui doivent être dépassées. Et surtout, il n'a pas résolu le décalage entre les aspirations des jeunes et les places disponibles. Pourquoi ? Parce que nous avons demandé à une plateforme de résoudre un certain nombre de problèmes politiques, elles-mêmes, que la politique n'avait pas tranché. C'est pourquoi le gouvernement décide d'avancer. Et après plusieurs semaines de concertation avec les lycéens, avec les étudiants, les représentants des personnels et les établissements, le Premier ministre a annoncé lundi des engagements clairs et précis. Une première transformation dès 2027, un nouveau système d'affectation en 2028, des places supplémentaires là où les besoins sont les plus importants, une indexation des bourses et un effort considérable de rénovation sur les campus, 1 milliard d'euros en plus. Nous sommes prêts à faire évoluer profondément le système, ses procédures, ses mécanismes d'admission, jusqu'à la forme même de la plateforme, évidemment. Car notre ambition n'est pas simplement de changer le nom de la plateforme, ou de changer un logo ou une mise en page. Elle est de changer ce qui doit l'être. Mais alors, pourquoi ne pas changer radicalement par cours tout de suite ? Parce que ma première responsabilité de ministre, c'est de garantir que la prochaine campagne de Parcoursup, qui ouvrira dans quelques semaines, se déroule dans de bonnes conditions, dans les meilleures conditions, et je ne céderai à aucun appel à la démagogie sur ce point. Plus d'un million de candidats s'apprêtent à faire des choix importants pour leur avenir. Ils ont besoin de règles claires, de stabilité et de confiance. Et je leur garantis que la prochaine campagne se déroulera dans les meilleures conditions. Mesdames et Messieurs les députés, je veux maintenant en venir au cœur du débat qui nous réunit. Vous avez été nombreux sur ces bancs à demander la suppression de Parcoursup. Certains la réclament depuis des années, d'autres ont rejoint cette position plus récemment. Le gouvernement a entendu cette demande, le remplacement de la plateforme est désormais engagé. Mais je voudrais vous dire une chose, remplacer Parcoursup, ce n'est qu'un choix technique, ce n'est pas qu'un choix technique, c'est décider de ce qui lui succède et c'est un choix de société, c'est un choix politique. Sur ce sujet, je veux remercier les députés Franz Goms et Pierrick Courbon qui ont contribué à cette réflexion dans le cadre de leur mission Flash. Mais nous devons désormais évoquer ce que nous voulons construire demain et je voudrais vous soumettre quatre questions. qui me semble essentiel à notre réflexion collective. La première, c'est celle de la sélection. C'est sans doute la plus sensible, et il faut avoir le courage de la poser clairement, probablement de manière plus brutale que nous l'avons fait en 2017. J'entends sur certains bancs qu'il ne faudrait aucune sélection à l'entrée à l'université. Sur d'autres, qu'il faudrait au contraire renforcer les exigences, le mérite et les prérequis. partout, une même ambition. refuser la sélection par l'échec. Mais au-delà des vœux pieux, il y a encore et toujours la réalité de ce que nous devons regarder en face. En première année de licence de droit à Paris 1, 20 500 candidats, 745 places. Pour la formation en santé PASSE de Dijon, pour la formation en santé PASSE à Dijon, option SVT, 2000 candidats pour quelques dizaines de places. Deux exemples parmi de très nombreux autres partout sur le territoire. Alors comment partager les candidats ? Si nous refusons la sélection, si nous refusons le tirage au sort, que proposons-nous ? Aujourd'hui, notre système concilie la prise en compte du mérite académique et un large accès à l'enseignement supérieur. La France est ainsi en tête de tous les pays de l'OCDE, avec un taux d'accès de 95% des lycéens. Nous ne pouvons pas d'un côté réclamer davantage d'exigences et de l'autre nous indigner à chaque fois qu'un jeune reçoit une réponse négative. Je répète donc ma question, que voulons-nous vraiment, une sélection assumée ou une absence totale de sélection ? Deuxième question, que promettons-nous à notre jeunesse ? Certains d'entre vous disent qu'une bonne formation est une formation qui prépare un métier immédiatement. J'entends aussi le discours... assez daté, je crois, que l'université ne devrait jamais se préoccuper des attentes du monde économique. Alors que faire ? Où placer le curseur entre les besoins objectifs de la nation et des jeunes et les aspirations légitimes des étudiants ? Nous avons fait le choix d'un système équilibré avec des places dans des cursus académiques longs. et classique et de nombreuses places ouvertes dans des formations professionnalisantes en donnant une large place à l'apprentissage. C'est un choix politique et il nous appartient d'en débattre. Troisième question, quelle ambition pour le baccalauréat ? Je serai bref. Je vous poserai les choses franchement. 100% d'une classe d'âge au bac, une immense hétérogénéité de niveau. Pouvons-nous vraiment attendre de nos universités qu'elles fassent réussir autant de jeunes avec des niveaux aussi disparatres ? Et finir par réduire cette question à une difficulté de classe me semble être un raccourci. bac a été pensé pour être une promesse. Il ne doit pas devenir un grand mensonge de la République à sa jeunesse. Quatrième question, à quoi devrait ressembler la prochaine plateforme ? Beaucoup parmi vous dénoncent une plateforme nationale jugée complexe ou stressante. Nous avons entendu ces critiques et nous avons surtout entendu la jeunesse s'exprimer au cours de ces dernières semaines. Et nous allons faire évoluer profondément l'outil et nous allons le remplacer à la session suivante. Une fois cela posé, à quoi cela devra-t-il ressembler ? Doit-on garder le principe d'une plateforme nationale unique ? Doit-on faire une plateforme par discipline, par région, abandonner le principe même d'une plateforme et laisser les étudiants le soin de se débrouiller seuls face à l'université ou à l'école de leur choix, quitte à revenir, je l'ai entendu, à des dossiers papiers ? Toutes ces options peuvent se regarder, mais certaines, je crois, sont particulièrement dangereuses et remettraient en cause des avancées réalisées ces dernières années en matière d'affectation. Mesdames et Messieurs les députés, vous le voyez, les questions qui sont devant nous dépassent très largement le fonctionnement d'une plateforme numérique. Cette plateforme n'est qu'un outil, ce que nous devons définir c'est une vision, une conception du mérite de la justice sociale, de la liberté de choix, de l'excellence et de l'égalité. On ne crée pas des places en supprimant une plateforme, on n'efface pas les inégalités en changeant un algorithme et on ne garantit pas une réussite en modifiant une procédure. C'est l'ensemble de l'équilibre qu'il faut repenser. Une telle réforme ne pourra pas se limiter à des évolutions techniques ou réglementaires. Si nous voulons modifier les principes même de l'accès à l'enseignement supérieur, il faut passer, c'est obligatoire, par la loi. C'est alors au Parlement qu'il reviendra de débattre, de trancher et de fixer les nouveaux équilibres. Le Parlement ne peut pas seulement demander la fin d'un système, il doit aussi contribuer directement à définir les principes du suivant. C'est une responsabilité exigeante et c'est toute la noblesse du travail parlementaire, je crois. Vous avez souhaité ouvrir ce débat, il est désormais ouvert. Derrière chacune des questions que je viens d'évoquer, il y a des arbitrages, des priorités, des conséquences concrètes pour des centaines de milliers de jeunes et leurs familles. Nous pouvons avoir des convictions différentes, nous pouvons défendre des modèles différents, mais je crois que nous avons une responsabilité commune, ne pas laisser les jeunes seuls face à des contradictions que nous n'aurions pas eu le courage de résoudre. Mesdames et Messieurs les députés, au fond, ce débat nous oblige à revenir à l'essentiel. Il nous appartient désormais ensemble d'en faire sortir autre chose que des inquiétudes, une espérance pour notre jeunesse. C'est ce que nous avons à construire et c'est aussi une nouvelle promesse d'émancipation. Je vous remercie.
Merci beaucoup Monsieur le Ministre. Nous allons maintenant passer au débat. Il y a certains groupes qui ont choisi d'avoir uniquement une intervention, d'autres de panacher intervention. Donc le premier à intervenir sera Monsieur Jean-Claude Raud pour le groupe écologiste et social pour une durée de 6 minutes.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres. Depuis plus d'un mois, les jeunes sont dans la rue. Que demande-t-il des choses qu'un gouvernement digne de ce nom devrait garantir au nom de la promesse républicaine ? Des professeurs devant chaque classe, des lycées où l'on n'a ni trop froid en hiver, ni trop chaud au printemps. Des équipes éducatives complètes, une place garantie dans le supérieur et la fin de parcours sup. Et quand il reçut en réponse... des grenades, des LBD, des gaz lacrymogènes. Jusqu'ici, votre gouvernement les a ignorés, intimidés, réprimés au lieu de les respecter. Depuis 4 ans, j'alerte, nous alertons sur Parcoursup, cette machine à broyer. Aucun des 7 ministres de l'éducation nationale ne nous a écoutés. Et si nous avons enfin le débat dans cet hémicycle, c'est grâce à la mobilisation sans faille des lycéens et des lycéennes qui ont manifesté pour défendre leurs droits. Alors aujourd'hui, nous voulons croire que l'heure est venue de les entendre. Monsieur le ministre, vous l'avez dit vous-même, changer Parcoursup ne sert à rien si nous n'ouvrons pas davantage de places dans le supérieur. Un million de candidats en 2026, un record. Et paradoxalement, l'offre recule année après année. 43 000 places de moins en 2025, 10 300 de moins cette année. A la mi-juillet, 126 500 jeunes n'avaient aucune proposition. C'est une pénurie organisée. Alors, dans vos annonces, monsieur le ministre, les calculs ne sont pas bons. 15 000 places à la rentrée 2027, quand les organisations étudiantes et lycéennes en demandent 250 000. Vous allez supprimer le nom du lycée d'origine en 2028, 9 ans après que le défenseur des droits a jugé que ce critère était discriminatoire. Il était temps. Mais effacer le nom du lycée n'efface pas les inégalités. Elles sont déjà dans les notes, dans les filières en France. L'établissement fréquenté explique près de 40% des écarts de niveau entre élèves. Parcoursup, c'est aussi une machine à fabriquer du renoncement. Une lycéenne de ma circonscription me l'a écrit. Elle rêve de Sciences Po, mais elle envisage de ne pas faire d'études du tout. Pourquoi ? Parce qu'elle est lucide et se sait en concurrence avec des élèves venant de meilleurs lycées, qui ont plus d'opportunités qu'elle. et aussi parce qu'elle se dit qu'un Bac plus 5 l'endettera pendant des années sans garantie d'emploi. Voilà ce que devient l'égalité des chances des jeunes qui se trient eux-mêmes avant que l'algorithme ne le fasse. Vous annoncez un simulateur de chance fondé sur l'intelligence artificielle. Nourri des admissions d'hier, il reproduira les inégalités d'hier. L'autocensure existe déjà, ne programmons pas sa version robotisée. Vous annoncez aussi de l'information sur la réorientation dès le premier semestre. On va donc mieux expliquer aux jeunes comment essayer d'entrer dans une formation qu'on leur refuse ou dans une formation qu'ils et elles refusent. Car il peut arriver de se tromper de voix après le bac quand on n'a pas été bien aiguillé. Un autre témoignage local, celui de Candice l'illustre. Quand elle a cherché à se réorienter, elle explique avoir dû affronter seule la complexité de la procédure. On lui avait recommandé de multiplier les voeux pour ne pas se retrouver sans études. Mais elle n'en a formulé que deux. D'abord parce qu'elle craignait de suivre une formation qui ne l'intéresse pas du tout. en assumant le coût d'une année d'études, et aussi parce qu'elle ne pouvait pas financer le loyer d'un logement. Aujourd'hui, elle a intégré par défaut une licence de philosophie, dans l'objectif de tenter une seconde fois d'entrer en psychologie en novembre, sans la moindre garantie d'y être admise. Je la cite, « Je n'ai jamais eu de difficultés particulières à l'école. » Mes notes et mes appréciations ont toujours été bonnes. Pourtant, je dois me battre pour accéder à la licence que je souhaite. Étudier ne devrait pas être un privilège que l'on mérite en croisant les doigts, mais un droit. Celle-exemple de Candice est un cas parmi des dizaines, des centaines de milliers d'autres qui redisent toujours sensiblement la même chose. Le stress, les portes fermées, le manque de moyens, le refus ou l'obligation de se tourner vers les sirènes du privé, la frustration et trop souvent à la fin le renoncement au projet professionnel. Malgré plusieurs stages pour enrichir leur connaissance et valoriser leur dossier, trop de candidats essuient plusieurs refus et se retrouvent bien loin sur les listes d'attente des universités. Les jeunes se heurtent à une réalité cruelle, l'égalité des chances n'est plus que de la poudre de perlimpinpin. Parcoursup ne rend pas service aux jeunes, il ne rend pas non plus service à la société. Prenons l'exemple des instituts de formation aux soins infirmiers. Avant 2009, il y avait un concours d'entrée où les jeunes présentaient leur motivation face à des soignants. Parcoursup l'a supprimé. Résultat, les élèves découvrent le métier en cours de route et décrochent entre 20 et 30% d'abandon en première année, alors qu'il nous manquera 80 000 infirmières en 2050. Abrogé par Coursup, nous l'avons réclamé. Ce que nous demandons est clair, un système qui arrête de mettre les élèves sous pression deux ans avant le bac. Un droit d'accès au premier cycle pour tout bachelier avec une priorité dans son académie. Un système qui prenne mieux en compte l'expérience et la motivation et rétablisse des moyens humains pour le mesurer. Des places en BTS et en BUT, des moyens enfin pour l'université. Les jeunes ne réclament pas un meilleur algorithme, ils réclament une place dans la société et le droit de construire leur avenir. À vous maintenant de les écouter.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Franz
Gans pour... ...que chose de profond, leur angoisse face à l'avenir. Avec les députés et les démocrates, nous avons pris soin de rencontrer la jeunesse mobilisée dans nos permanences, dans les lycées et dans les universités. Nous avons vu combien Parcoursup est devenu le symbole de cette angoisse. avec Pierrick Courbon, j'ai conduit pour la commission des affaires culturelles et de l'éducation une mission flash sur Parcoursup. Nous avons entendu des lycéens, des étudiants, des parents, des enseignants, des chefs d'établissement, des universités, des chercheurs et d'autres partenaires. Et je veux d'abord vous dire ici, la suppression de Parcoursup n'a pas été un des sujets Un sujet aussi répandu qu'il paraît l'être aujourd'hui. Notre conclusion tient en une phrase. Parcoursup n'est ni une machine à boyer la jeunesse, comme on dit, mais ce n'est pas non plus une solution miracle. Et cela, me semble-t-il, restera vrai, quel que soit le nom de son successeur. Ce n'est pas une machine à boyer parce que Parcoursup porte des améliorations par rapport à ses prédécesseurs. Souvenons-nous d'APB. Quand une filière était trop demandée, on tirait les étudiants au sort. C'est donc le hasard qui décidait de l'avenir d'un jeune. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, l'immense majorité des lycéens trouvent une place, pas toujours celle souhaitée, c'est vrai, mais une place tout de même. Et la plateforme a aussi ouvert des portes qui restaient fermées. Grâce au quota, près de 19 400 lycéens boursiers ont été admis dans une formation qu'ils n'auraient pas obtenue sans eux. Derrière ces chiffres, il y a des visages des jeunes qui ont trouvé leur voie. Mais ce n'est pas non plus une solution miracle, disais-je. Parcoursup est un outil, une machine. Il ne crée pas le problème, il le révèle. Et ce problème, c'est l'inadéquation entre l'offre de formation et la demande des jeunes. Inadéquation en nombre de places. D'abord, les filières les plus demandées n'en ont pas assez. En droit, en Paris 1, j'ai trouvé 19 000 candidats qui ont été classés pour 745 places. Inadéquation géographique ensuite. Les ultramarins, par exemple. Ils pourraient préférer aller à Montpellier ou à Toulouse, car les hivers sont moins rigoureux, mais ils ne trouvent pas de place qu'au Havre qui est à Lille, qui sont par ailleurs de Belleville. Nous avons massifié les candidats, mais nous n'avons pas massifié l'accueil. Ce problème est très difficile à résoudre et je me méfie de ceux qui prétendent le contraire. Je pense à cet étudiant que j'ai rencontré, que nous avons rencontré, un élève brillant qui a obtenu un très bon bac, un bac avec une très bonne note. Mais ses notes de première n'étaient pas à la hauteur. Or, c'est sur ce dossier de première arrêté au printemps que les formations l'ont jugé. Il n'a pas obtenu la formation qu'il voulait. Son excellent bac arrivait trop tard. Lui-même avoue que c'est dès la première qu'il aurait dû fournir plus d'efforts. Il a manqué de conseils stratégiques. L'autre faille, c'est donc l'accompagnement. Quand on laisse l'orientation aux familles, tout le monde le sait, l'inégalité est totale. L'enfant dont les parents connaissent l'enseignement supérieur, sait quelle filière viser, comment rédiger ses voeux, les autres se débrouillent tout seuls ou renoncent. Parmi les ICS en réponse positive à la fin de la phase principale, 1 sur 2 n'a reçu aucun accompagnement pour préparer la phase complémentaire. C'est ce que nous révèle le questionnaire de la mission Flash auquel plus de 1 600 personnes ont répondu. C'est pourquoi je veux dire un mot des fausses promesses. Certains expliquent aux lycéens qu'il suffirait de supprimer Parcoursup. Je ne pense pas que ce soit vrai. Supprimer une plateforme ne crée pas une seule place en licence. Cela ne recrute pas un seul psychologue. Cela ne forme pas un seul professeur. Beaucoup se jouent avant Parcoursup, d'ailleurs. Sur ce point, le gouvernement a fait des annonces que je salue, faisant sienne certaines des propositions de notre rapport. Un accompagnement à l'orientation dès la classe de seconde ou encore une lettre de motivation demandée seulement si elle est utile. Ce sont quelques avancées importantes et vous pourrez compter sur notre groupe, M. le ministre, pour veiller à leur mise en œuvre. Je voudrais simplement partager quelques pistes pour les prolonger. Il faut rendre effectifs les 54 heures annuelles d'orientation qui sont prévues par les textes. Non pas plus, mais il faut mieux former les professeurs principaux à qui l'on confie beaucoup, sans toujours leur donner des outils. Il faut veiller à l'attractivité des métiers de l'accompagnement. Les 500 postes de psychologues, d'infirmiers et d'assistants de services sociaux sont une très bonne nouvelle. Cela nous invite toutefois à accompagner ces créations de postes de travail sur les conditions d'emploi pour que chaque poste ouvert trouve preneur. Beaucoup se jouent aussi après Parcoursup. Au moment où les formations examinent les dossiers, c'est là que naît le sentiment d'injustice. Un refus sans explication, des critères que personne ne connaît, un premier tri fait sur les seules notes par un algorithme local. Là aussi, je veux reconnaître que le gouvernement a entendu notre mission. Les critères d'examen des formations seront publiés. Chaque lycéen saura ce que l'on attend de lui avant de candidater. Nous voulons mieux accompagner notre jeunesse dans leur entrée dans la vie adulte. Nous voulons une orientation qui ne lui ferme pas trop de portes. L'égalité des chances ne se joue pas en un clic sur une plateforme, elle se construit tout au long du chemin vers l'âge adulte. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Philippe Fé pour le groupe Horizon et Indépendant.
la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, Depuis deux mois, des milliers de lycéens disent leur inquiétude, inquiétude devant une orientation qui fonctionne mal, devant un avenir que l'intelligence artificielle et le dérèglement climatique rendent plus incertain, devant le sentiment que leur choix se joue trop tôt et sans qu'on leur en ait donné les clés. Nous aurions tort de leur répondre avec condescendance. Et le groupe Horizon est indépendant. ne le fera pas. Parce que nous croyons en cette jeunesse et que c'est son avenir qui se joue dans les décisions que nous prenons ici. Mais prendre cette inquiétude au sérieux, c'est l'écouter telle qu'elle s'exprime et non telle que certains voudraient la caricaturer. Sur les plateaux de télévision, on entend surtout réclamer l'abolition de Parcoursup avec des mots qui sont ceux de la France Insoumise et du Rassemblement National. Dans les lycées... Dans les lycées de circonscription, les élèves nous parlent d'autre chose. Ils ne refusent ni l'effort ni la sélection pourvu qu'elle soit juste et que les règles en soient connues à l'avance. Et ce qu'ils attendent d'abord de nous, c'est qu'on les aide à construire leur orientation. Ce n'est pas seulement notre impression puisque sur les plus de 100 000 contributions que le gouvernement a recueillies ce mois-ci, ce qui les préoccupe d'abord, ce sont des journées trop longues et des emplois du temps mal construits pour plus de 7 sur 10. Viennent ensuite l'état des bâtiments, puis le climat scolaire et la santé mentale. Les professeurs absents non remplacés, puis les classes trop chargées. Quant à Parcoursup et à l'orientation, ils ne sont cités que par 22,3% des lycéens. Si certains ont fait Parcoursup leur cible, ce n'est pas parce que les lycéens le leur demandent, c'est parce que c'est politiquement commode. Parcoursup est un totem idéal sur lequel il est facile de taper. S'attaquer au fond des sujets est autrement plus difficile. Nous ne nions pas ni la mobilisation de ces dernières semaines, ni que Parcoursup comporte des défauts qu'il faut corriger. La procédure est stressante et reste polisible pour trop de familles. Et le gouvernement a raison de vouloir y remédier. Mais nous refusons que l'on confonde l'inquiétude légitime des milliers de lycéens avec les blocages, les feux allumés devant les établissements, les forces de l'ordre et les personnels de l'éducation nationale agressés. Cette consultation l'a d'ailleurs montré, lorsqu'on leur donne les moyens de s'exprimer, les lycéens se font entendre sans bloquer un seul établissement. Leur parole compte et l'école dispose déjà de lieux où elle peut peser concrètement. Chaque lycée a son conseil de la vie lycéenne et les lycéens élisent leurs représentants au conseil d'administration et dans les instances académiques. C'est là qu'un élève peut dire ce qui ne va pas. Encore faut-il que ces instances soient écoutées. C'est pourquoi nous soutenons le gouvernement quand il propose de doubler la représentation lycéenne au Conseil supérieur de l'éducation et de réserver dans chaque conseil d'administration un temps aux travaux du Conseil de la vie lycéenne. Apprendre à débattre, à écouter l'autre, à écouter l'autre, et à convaincre par des arguments, c'est aussi cela que l'école doit enseigner. Car le véritable sujet de ce débat n'est pas une plateforme, c'est une promesse que la République a faite à ses enfants et qu'elle doit tenir. La promesse que chacun, d'où qu'il vienne, puisse réussir par son travail et par son mérite. Le groupe Horizon et Indépendant tient à dire qu'il faut rétablir cette méritocratie républicaine et qu'il faut pour cela commencer par dire la vérité aux lycéens et à leurs familles. Et la vérité, mes chers collègues, c'est que promettre à chacun une place garantie à l'université, quels que soient ses choix et ses résultats, en laissant croire qu'il n'y aura plus de sélection, c'est faire une promesse qu'aucun gouvernement ne pourra tenir. La sélection, on peut toujours la supprimer à l'entrée. Elle vous reviendra en boomerang un peu plus tard, mais plus brutale et plus injuste. Elle arrive à la fin de la première année quand moins de 50% des étudiants passent en deuxième année. Elle arrive au concours, à l'embauche, au premier emploi. Et les premiers à en payer le prix sont toujours les jeunes à qui on avait promis que tout irait bien et qui découvrent trop tard qu'on leur a menti. C'est pourquoi nous ne laissons pas la France Insoumise faire croire aux lycéens qu'il suffirait d'abolir Parcoursup et d'ouvrir des centaines de milliers de places pour que chacun s'inscrive où il veut, quelles que soient ses notes, son travail, son assiduité ou son niveau réel, comme si l'effort fourni pendant trois années de lycée ne devait plus compter pour rien. A la France Insoumise, comme au Rassemblement National, on promet donc de supprimer Parcoursup, très bien, mais quand il y aura trois fois plus de candidats que de places en médecine, en droit, Ou en Staps, qui choisira ? Personne ne répond parce que la réponse les gêne profondément. Ce sera le hasard ou le piston. Et le hasard, nous l'avons connu. A l'été 2017, 92 licences tiraient encore leurs étudiants au sort et les perdants de cette loterie étaient toujours ceux dont les parents n'avaient ni relation ni solution de rechange. Le problème n'est donc pas l'outil. Parcoursup, né en 2018 sous le gouvernement d'Edouard Philippe, grâce à l'action de Jean-Michel Blanquer et Frédéric Vidal, a mis fin à cette loterie. Et nous n'avons pas à nous en excuser. Ce qui manque aujourd'hui et qui est source de stress pour les élèves et leurs familles, c'est la transparence et d'abord celle des formations elles-mêmes. Chaque lycéen doit savoir, avant de formuler un vœu, sur quels critères son dossier sera examiné, combien d'étudiants réussissent leur première année et combien trouvent un emploi à la sortie. Nous soutenons donc la publication des critères d'examen et l'explication de chaque refus dès l'année prochaine. Sur le reste de vos annonces, messieurs les ministres, nous vous soutenons sans réserve. Des journées mieux construites et une vraie pause déjeuner, c'est une question de bon sens. Il faut d'ailleurs aller plus loin et laisser plus d'autonomie aux établissements pour qu'ils adaptent les rites et les enseignements aux besoins de leurs élèves, plutôt que d'attendre des consignes uniformes venues de Paris. Revoir le contrôle continu est aussi nécessaire, et cela passe par plus d'exigences, avec le retour des devoirs écrits sur table, car à l'heure de l'intelligence artificielle, c'est la seule copie dont on sait qui l'a écrite. Quant à la rénovation des lycées et des universités, c'est une question de dignité pour ceux qui y étudient et pour ceux qui y enseignent. Mais la méritocratie suppose aussi une orientation digne de ce nom. car il y a l'enfant dont les parents connaissent les codes, les filières et les classes préparatoires, et celui dont les parents n'en ont jamais entendu parler. C'est pour lui que nous proposons qu'un étudiant référent accompagne chaque collégien et chaque lycéen, que l'apprentissage et les métiers manuels soient enfin présentés comme des voies d'excellence, et que l'on ait le courage de fermer les formations qui ne mènent ni à la réussite, ni à l'emploi. Les 15 000 places que vous ouvrez en BTS, en IUT et en santé, là où on le recrute, vont dans ce sens. Mais la méritocratie ne commence pas à 18 ans. J'ai été enseignant et je peux en témoigner. Elle commence à 3 ans, 4 ans, 5 ans, dans une classe de maternelle, avec la lecture, l'écriture et le calcul. Le plafond de 28 élèves en seconde est une bonne mesure, mais c'est en maternelle et au CP qu'il faut d'abord réduire la taille des classes, ou plutôt le nombre d'élèves par classe. Mes chers collègues, en 1924, dans un quartier pauvre d'Alger, un instituteur nommé Louis Germain a donné des leçons gratuites à l'un de ses élèves pour le préparer au concours des bourses, contre l'avis d'une grand-mère qui voulait lui donner un travail au plus vite. L'enfant a réussi le concours. Il est entré au lycée et en novembre 1957, quelques semaines après l'annonce de son prix Nobel, Albert Camus écrivait à son ancien maître Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue aux petits enfants pauvres que j'étais, sans votre enseignement et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Voilà ce qu'est la méritocratie républicaine, un enfant né pauvre qui a pu réussir grâce à son travail, parce qu'un instituteur a cru en lui et que l'école lui a donné sa chance. Voilà ce que nous devons à nos lycéens. Non pas la promesse que tout leur sera donné, mais la garantie que tout ce qu'ils auront mérité par leur travail leur sera accordé. Merci.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à madame Nicole Sanker du groupe Liberté indépendant Outre-mer et Territoires.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, Monsieur le Président de la Commission, mes chers collègues. Aucun, je le répète, aucun lycéen issu d'un territoire ultramarin n'a été consulté lors des réunions organisées par Matignon et les ministères à la suite du mouvement des lycéens. C'est ce que nous rapportent le syndicat Les Lycéens au sortir de ces réunions de consultation. Pourtant, leurs problématiques sont nombreuses et spécifiques. Pourtant, le mouvement avait commencé dès cet été avec la mobilisation du lycée du Nord à Mayotte. Pourtant, des influenceurs étudiants étaient bien connectés en visioconférence aux réunions que vous avez organisées. Je ne crois donc pas que l'argument du décalage horaire tienne la route. Et pourtant, messieurs les ministres, je ne crois pas non plus que les problématiques des lycéens et étudiants ultramarins soient anecdotiques pour vous. Pour la suite, je vous recommanderai d'engager le dialogue avec des lycéens de chaque territoire ultramarin, car leurs difficultés sont particulières et propres à chaque territoire. Le débat de ce soir tient en un mot, Parcoursup, bien que la mobilisation des lycéens soit aussi nourrie d'autres demandes auxquelles vous avez commencé à répondre en début de semaine. Je salue certaines de vos annonces, mais j'ai aussi des questions. D'abord, l'instauration d'une pause d'une heure en milieu de journée. Nous la saluons, mais c'est un minimum. Et elle repose d'abord sur les chefs d'établissement. Depuis la réforme Blanquer, les emplois du temps sont devenus des vrais casse-têtes. Comment aiderez-vous les chefs d'établissement à rendre cette pause applicable ? Ensuite, les bourses. Vous proposez de les indexer sur l'inflation. C'est une bonne mesure que nous avions déjà votée lors de la niche du groupe GDR il y a quelques mois. Allez au bout de la logique. Versez les bourses aussi l'été. Sans aide. En juillet et en août, un étudiant doit parfois rendre son logement, puis en chercher un autre à la rentrée. Une situation particulièrement délétère pour les étudiants ultramarins. Plus encore, il convient d'engager l'acte 2 de la réforme que souhaitait entreprendre la ministre Sylvie Retailleau. Sortir de la logique des paliers et de linéariser le barème des bourses, une dégressivité progressive et non par marche, éviterait que travailler ou se débrouiller ne devienne paradoxalement pénalisant. Venons-en aux places dans l'enseignement supérieur, vous annoncez 15 000. 10 000 en BTS dès la rentrée 2027, 4 000 en BUT, 1 000 pour la licence d'accès santé. Fort bien. Néanmoins, selon le SNUSUP, l'offre sur Parcoursup a... de 43 000 places en 2025, puis de 10 000 en 2026. En deux ans, les licences générales ont perdu 6 600 places, faute de moyens. Toutes les universités sont en déficit. La création de 15 000 places apparaît donc modeste. De son côté, l'Institut des politiques publiques estime le besoin réel à 120 000 places. Pourquoi nous proposez-vous 15 000 places ? Sur quelle base ? En l'état, c'est un pansement sur une jambe de bois. En outre, la véritable problématique est celle du sous-financement des universités. Créer quelques nouvelles places ne permettra pas de pallier dans la durée le manque de moyens des universités. Parcoursup maintenant. Pour l'année prochaine, vous proposez des critères d'examen public et lisible. L'explication de chaque refus dès juin 2027. Un droit à l'erreur. Un accompagnement à l'orientation dès la seconde. Mon groupe soutient ces mesures. Beaucoup reprennent d'ailleurs les conclusions de l'excellente mission d'information sur Parcoursuc de nos collègues Pierrick Courbon et Franck Gums. Pour la suite, vous annoncez le remplacement de la plateforme. Nous attendrons les conclusions. ... ... ... ... Le gouvernement envisage-t-il de sortir les IFSI de Parcoursup et de rétablir les entretiens individuels de motivation afin de limiter les amendants en cours de formation ? J'en viens à la Polynésie. Pour un lycéen polynésien, Parcoursup n'est que le premier obstacle du long parcours du combattant pour poursuivre ses études. Il y a le billet d'avion, les trajets entre les îles, le déménagement, la question de l'hébergement. Tout cela doit être payé avant que les aides n'arrivent. Plus la réponse est tardive, plus le billet est cher et l'organisation du déplacement est compliquée et périlleuse. Plus encore, la réforme Blanquer, toujours elle, a introduit une véritable inégalité entre les lycéens. Les lycéens ruraux et qui plus c'est les lycéens ultramarins n'ont pas accès à toutes les spécialités, ce qui peut les handicaper considérablement pour la suite de leur parcours académique. Aujourd'hui, les étudiants polynésiens doivent faire face à une concurrence nationale pour des places limitées, aussi bien en Hexagone qu'en Polynésie française. Messieurs les ministres, vous avez commencé à répondre aux lycéens de l'Hexagone et c'est heureux. Même si cette réponse... s'est trop fait attendre. Comment comptez-vous entamer le dialogue avec les lycéens et étudiants ultramarins ? J'aimerais qu'au terme de ce débat, vous puissiez vous engager à examiner de plus près leur situation et même à les rencontrer. Je vous remercie.
Merci beaucoup, Madame la députée. La parole est à présent à Madame Soumya Bouroua pour le groupe Gauche-Démocrate et Républicaine.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, mes chers collègues. Huit ans, huit ans que nous alertons sur Parcoursup, huit ans que nous dénonçons une plateforme qui angoisse, qui trie et qui somme des adolescents de s'orienter dès 15 ans. Huit ans que vous nous répondez, réussite technique, transparence, mérite. Début octobre encore, vous juriez qu'il n'était pas question d'y toucher. Et puis, la jeunesse s'est levée. Cinq semaines de mobilisation et enfin vous reculez. Cette victoire, c'est celle de la jeunesse mobilisée et elle signe votre défaite politique. Dès 2021, notre groupe défendait une proposition de loi permettant d'anonymiser le lycée d'origine, de publier les critères de sélection et d'accompagner l'orientation dès la seconde. Votre majorité avait alors tout rejeté. Ce que vous refusiez hier comme exigence minimale, vous le concédez aujourd'hui sous la pression de la rue. Et vous convoquez ce débat sans vote pour nous demander, et maintenant, que fait-on ? Vous venez chercher auprès de nous la solution d'un problème que vous avez créé à six mois de votre départ, en sachant très bien que vous ne le réglerez pas. Nous allons quand même vous répondre. Supprimer par poursup est inévitable, tant ce dispositif est massivement rejeté. Il est devenu le symbole de votre échec. C'est le visage d'une pénurie que vous avez organisée. En 2026, 1 million 46 000 candidats, soit 66 000 de plus en un an. Pendant ce temps, les places reculent. Le 11 juillet, 126 000 jeunes n'avaient aucune proposition. A la fin de la procédure, 56 000 n'avaient toujours rien. Supprimer par Coursup sans ouvrir de place, c'est changer. Le nom du tri. Et ce tri, il trahit la loi. L'article L612-3 du Code de l'éducation le dit en toutes lettres. Le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat. Pourquoi ? Parce que depuis 1808, le baccalauréat est le premier grade universitaire. A savoir, son bac, c'est avoir le droit d'entrer à l'université. La loi promet une place à chaque bachelier et vous organisez la pénurie qui trahit cette promesse. Regardez les Outre-mer, ce sont le miroir grossissant de votre politique. A Mayotte, puis j'aurais pu parler d'autres territoires d'Outre-mer, ou en Guyane, il y a moins de places en première année que de bacheliers. 81% des candidats maorais sont contraints de formuler un vœu dans l'Hexagone. Et qui part ? Les enfants des classes supérieures. Faute de place, partir à des milliers de kilomètres n'est pas un choix. C'est un exil réservé à celles et ceux qui peuvent se le payer un tri social organisé. Cette pénurie est organisée méthodiquement en trois temps. Le premier temps, on sépare. On met à part les filières sélectives, les classes préparatoires et grandes écoles hors de l'université. Les moyens publics consacrés à un élève de classe préparatoire et de 19 070 euros par an. Et un étudiant à l'université, 12 460 euros. Et cette séparation se lit sur la carte. Dans mon département, la Seine-Saint-Denis, seuls 28% de jeunes ont accès dans leur secteur à un lycée proposant une classe préparatoire. Et à Paris, 100%. Les enfants des milieux favorisés, d'un côté, les autres, de l'autre. Deuxième temps, on comprime. Avec la loi LRU, on met en place l'autonomie budgétaire. 19 ans plus tard, quel bilan ? L'État transfert des dépenses et des responsabilités qui ne compensent pas et met sous pression peu à peu nos universités. Évidemment, dans ce contexte, les universités gèlent les recrutements, ferment les formations et suppriment des places. Troisième temps, le privé. Le privé ramasse la mise. Les jeunes refusés par l'université publique deviennent sa clientèle cible. Plus d'un étudiant sur quatre est aujourd'hui inscrit dans le privé. Parcours sur, parcours sur, plus sert même de vitrine. En ouvrant grand la porte à des formations en alternance agréées par le ministère du Travail et non par celui de l'enseignement supérieur. Et en amont, faute de services publics, de l'orientation, ce sont les prépas privés et les coachs. à plusieurs centaines d'euros qui vendent aux familles un remède à l'angoisse que vous avez créé, un marché qui n'est pas loin de l'arnaque. Séparer, comprimer, puis livrer au marché. Voilà la méthode. Vous ne l'avez jamais assumée, mais elle porte un nom, la privatisation de l'enseignement supérieur. Chaque place que vous refusez à l'université publique, vous la vendez au privé. Pourquoi tout cela ? Parce que derrière Parcoursup, il y a une idée. Cette idée, c'est que tout le monde n'aurait pas besoin d'aller à l'université, qu'il n'y aurait pas assez d'argent et que, de toute façon, ce ne serait pas souhaitable parce qu'il faudrait des chaudronniers, des soudeurs, des techniciens pour réindustrialiser le pays. Et vous avez raison, nous en avons grand besoin. Mais qui pense qu'ils doivent être exclus des savoirs universitaires ? Sans doute. Les mêmes que ceux qui ont considéré que les futurs bacheliers professionnels devraient passer moins de temps en classe et plus de temps en entreprise. Alors je vous pose la question, que craignez-vous que nos futurs ouvriers puissent découvrir dans les filières de sciences sociales que vous méprisez tant ? Craignez-vous qu'ils comprennent la société dans laquelle nous vivons et les politiques de classe que vous mettez en œuvre ? Oui, ce que vous craignez, et nous savons que c'est aussi ce qui fait peur à l'extrême droite, qui, eux, qui se prétendent des amis des travailleurs, vous craignez que ces jeunes découvrent que la richesse produite naît avant tout de leur travail, qu'ils découvrent que leurs parents, qui galèrent à remplir le caddie après 40 ans de travail, ont une espérance de vie de 10 ans inférieure à celle des couches supérieures, et qu'ici même, pendant ce temps-là, ont refusé de taxer le capital au prétexte qu'ils rémunèrent un risque. Voilà notre désaccord. Il ne se limite pas à Parcoursup. Vous voulez faire des formations post-bac, une chaîne de tri au service du patronat ? Nous, nous voulons une université publique de l'émancipation, lieu de rencontre de tous les bacheliers. Cette logique de tri commence au lycée. Parcoursup et la réforme blanquer de 2018 forment un tout. L'une a été pensée pour alimenter l'autre. Qu'a produit cette réforme ? Des emplois du temps éclatés. Un groupe de classes disloqué où un élève peut changer six fois de classe dans la semaine. Cette réforme a aussi servi à supprimer des heures de poste. 18% des heures de maths en lycée générale et 14 heures d'heure en SES. En 8 ans, les épreuves du bac ont changé 5 fois de format ou de calendrier, sans même compter les modifications qui ont été liées au Covid. Résultat, plus personne ne sait. à quoi correspond le bac. Et quand le diplôme national ne vaut plus rien, c'est le nom de l'établissement, du lycée qui fait le tri. Il faut abroger cette réforme et rétablir un bac national avec des épreuves terminales anonymes, rendre un bac au bac, sa valeur de première grande, première grade universitaire, et ainsi rendre son sens au droit d'accès. C'est la première garantie d'égalité devant des études supérieures. Mais ouvrir les portes ne suffit pas si l'on ne peut pas subvenir à ses besoins durant ses études. Vous le reconnaissez vous-même, l'enseignement supérieur s'est massifié, il ne s'est pas démocratisé. Près d'un étudiant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et près de la moitié travaille. L'échec est souvent dû à un emploi subi et un loyer exorbitant dans le parc privé, faute de place dans les Crous. Ajoutons à cela que du fait de vos politiques d'austérité et de la désaxation des barèmes d'accès aux bourses, ce pays compte 87 000 boursiers en moins qu'il y a cinq ans. Démocratiser l'université, c'est donner aux étudiants le pouvoir de vivre. Pour cela, nos revendications sont claires. Tout de suite, des bourses indexées et versées sur 12 mois, à l'image de ma proposition de loi qui a été adoptée dans cet hémicycle il y a quelques mois. Là encore, vous voulez que les enfants d'ouvriers travaillent tôt. Nous voulons qu'ils aient le temps d'apprendre. Nos exigences immédiates sont claires et elles sont les mêmes que celles des jeunes qui vous ont fait reculer dans la rue. 250 000 places dès la rentrée 2027, comme le demandent les organisations lycéennes et étudiantes. Vous en annoncez 15 000, presque toutes hors licence générale. C'est 6% de ce qu'il faut. Un système d'affectation publique et transparent. La fin du contrôle continue et une procédure close en juillet. Un véritable service public de l'orientation avec un conseiller pour 500 élèves pour en finir avec le marché du coaching et des prépas privés. Vous allez nous parler de coûts. Vous avez su trouver 6,5 milliards pour la défense. Préparer l'avenir ne peut se résumer à préparer la guerre. Et préparer l'avenir, c'est donner à toute une génération les moyens d'étudier. La jeunesse vous a fait reculer une fois. Elle peut recommencer, elle recommencera et nous serons à ses côtés. Je vous remercie.
Merci beaucoup Madame la députée. La parole est à présent à Monsieur Maxime Michelet pour le groupe UDR.
Madame la Présidente. Monsieur le Premier ministre. Messieurs les ministres, Monsieur le Président de la Commission, Mesdames, Messieurs les députés, le débat qui nous occupe aujourd'hui est pour notre Assemblée une redite. En février dernier, à l'initiative du groupe UDR et de son président Éric Ciotti, ce débat a déjà eu lieu. Nous avions demandé la tenue de ce débat car nous entendions bien sur tous les terrains de toutes nos circonscriptions monter la frustration et l'incompréhension face à une procédure onie et anxiogène par Coursup. Cette frustration nous semblait devoir mener tout au tard à la colère lycéenne. Il fallait lui répondre où s'était condamnée la jeunesse à se jeter dans les bras confortables de l'extrême gauche, dont la démagogie de la non-sélection pour chacun mènera inéluctablement à la démocratie de l'échec pour tous. La mobilisation lycéenne de ces dernières semaines nous a malheureusement donné raison. La colère a succédé à la frustration, colère immédiatement instrumentalisée par l'extrême gauche, trop heureuse de jeter le désordre dans nos rues. Dès le début de cette mobilisation, le gouvernement aurait dû conditionner l'ouverture du dialogue à la fin des désordres, comme je vous y avais appelé, monsieur le ministre, le 6 octobre dans cet hémicycle même. En gouvernant sous la pression de la rue, vous avez entamé un dialogue avec le chaos qui vous a mis dans la main de l'extrême gauche et d'une représentation tronquée et surpolitisée de la jeunesse française. Vous avez même fait le choix d'exclure une partie des représentants tels que reconnus par notre texte de la jeunesse étudiante, à savoir l'uni et propulsé au rang de représentants des influenceurs de réseaux sociaux dont le président de la République disait pourtant le même jour qu'ils abîment notre démocratie. Le dialogue que vous avez entamé ne peut finir qu'en duel, duel que vous ne pouvez que perdre car la surenchère démagogique de l'extrême gauche ne se contentera jamais de vos concessions, elle veut votre capitulation. Vous tracez enfin des perspectives pour un avenir dont vous ne serez pas responsable puisque vous ne serez plus aux responsabilités dans six mois. Ce débat n'aura donc qu'un impact bien limité sur la vie de notre jeunesse et sur l'organisation de notre système éducatif, mais il aura une vertu. Démontrer dans cet hémicycle le clivage entre ceux qui veulent mentir à la jeunesse pour conquérir ses votes au prix de la démagogie, peu importe si la jeunesse en paie le prix de l'échec de masse, et ceux qui respectent la jeunesse et veulent lui tenir un discours de vérité afin de lui donner les moyens de sa réussite. Au milieu, au centre, si vous préférez, il y a la Macronie finissante, dans une interminable fin qui tente de se dédouaner de ses responsabilités. Une irresponsabilité incarnée avec talent par un ancien ministre de l'Éducation qui fait le tour des plateaux pour expliquer combien l'opinion n'a rien compris au génie de ses réformes. Le macronisme restera pourtant comme un désastre sans précédent, contraint de constater de son vivant, avant même de céder le pouvoir, l'étendue de son échec, condamné à tenter de réparer les conséquences de ses choix. Car la crise que nous traversons est le fruit de réformes éducatives menées par Emmanuel Macron et par Jean-Michel Blanquer. Dans Parcoursup, il faut distinguer la plateforme et la procédure. La plateforme est utile et même nécessaire. Elle a connu des améliorations, rassemble un nombre considérable de formations, centralise les vœux de plus d'un million de candidats. La procédure, quant à elle, est un naufrage. souffrant d'opacité et de mécaniques byzantines qui font planer sur elles l'accusation d'algorithmes aveugles, et surtout car elle se nourrit des dossiers par Coursup, devenus une source d'anxiété permanente pour les élèves, leurs familles, mais aussi une activité chronophage pour les établissements, les professeurs et les administrations. Le baromètre commandé par le ministère lui-même témoigne de cet échec, puisque la procédure est jugée par 82% des lycéens comme une procédure stressante, par la majorité d'entre eux comme une procédure opaque, tandis que seulement moins d'un tiers la considèrent comme équitable. Cette procédure souffre de très nombreux défauts. Parcoursup souffre tout d'abord du contrôle continu, qui entendait réduire l'anxiété des épreuves du bac, mais n'a réussi qu'à généraliser cette anxiété à toutes notes reçues, provoquant d'innombrables tensions entre élèves et professeurs, mais surtout entre professeurs et familles. Parcoursup souffre également de la réforme du bac de Jean-Michel Blanquer. Cette réforme a surchargé les emplois du temps en les rendant complexes, mais elle a surtout instauré à la fin de la seconde un choix déterminant et angoissant parmi trop de spécialités dont l'une choisit pour être abandonnée. Parcoursup souffre aussi dans la droite ligne de cette fausse promesse de libre choix de la non-hiérarchisation des voeux qui produit des listes d'attente d'une longueur insensée. Ces listes d'attente infligent à certains élèves la violence d'un fatidique jour des résultats Parcoursup sans réponse positive, mais aussi des positions vertigineuses sur listes d'attente que tous les secrétaires de scolarité de France et Jean Fu sont amenés à devoir expliquer avec pédagogie à des familles désespérées. Parcoursup souffre encore de deux phases interminables, de mai à septembre, où les élèves d'un moins bon niveau académique doivent attendre que les excellents dossiers. admis en tête de tous les classements dans toutes les formations, libère leur place pour appeler les candidats suivants. Parcoursup souffre enfin d'un calendrier qui ne permet pas d'intégrer les résultats du baccalauréat organisés après les résultats Parcoursup, si ce n'est sous la forme byzantine, d'un dispositif meilleur bachelier qui ne fait qu'ajouter l'opacité de la procédure. Ce calendrier, qui était aussi celui d'APB, il faut bien le reconnaître, a totalement dévalorisé le baccalauréat et a donné une place majeure au contrôle continu. En un mot. Il est temps de reconnaître que la procédure Parcoursup est un faux monnayage scolaire. Les dossiers Parcoursup sont de la fausse monnaie offerte à nos lycéens. Fausse monnaie malheureusement annonciatrice, de diplômes eux-mêmes dévalorisés. Cette fausse monnaie, vous la reconnaissez vous-même, monsieur le ministre, puisque parmi vos mesures, vous annoncez l'anonymisation des établissements d'origine et la pondération nationale des notes. Faudrait-il comprendre dès lors ? que tous les établissements ne noteraient pas de la même manière et que certaines notes ne seraient pas le témoignage sincère du niveau académique des élèves. Une note qui ne vaut rien malgré une valeur faciale élevée, cela s'appelle de la fausse monnaie. En proposant une pondération nationale, vous ne proposez qu'une nouvelle usine à gaz, une nouvelle monstruosité technocratique. Et fort de cette pondération, vous proposez l'anonymisation qui ne réglera rien, mais complexifiera toujours davantage l'examen des dossiers. Alors nous partageons pourtant vos intentions. Oui, il faut une échelle d'évaluation nationale commune à tous les élèves de France. Oui, il faut que l'établissement d'origine ne soit pas un facteur discriminant. Cela a un nom, cela a été créé il y a 118 ans par l'empereur Napoléon, cela s'appelle le baccalauréat. Pour mettre fin à la dévaluation des dossiers de nos lycéens, il est urgent de rendre au baccalauréat son rôle essentiel de certification des compétences acquises dans l'enseignement secondaire et de premier grade de l'enseignement supérieur. L'outil d'orientation, d'admission et nous le disons de sélection dans l'enseignement supérieur, c'est le baccalauréat. Le principe de la sélection, nous l'assumons car il faut dire en vérité aux jeunes de ce pays si leurs compétences acquises peuvent leur permettre... de réussir dans la filière choisie. Le refus de la sélection n'est qu'un mensonge, une démagogie qui amène la moitié des étudiants de première année à échouer et une nation comme la France ne peut pas se contenter de cette statistique déplorable. Cette statistique est la conséquence d'une massification impensée qui produit simultanément beaucoup d'échecs et beaucoup de frustrations, y compris parmi les cortèges de surdiplômés sans débouchés professionnels. à toute cette jeunesse, à laquelle on a menti sur son niveau acquis ou sur les perspectives des formations suivies. La gauche et l'extrême gauche racontent la fable d'un système tout entier pensé contre eux, alors que c'est la démagogie de la non-sélection qui alimente ces drames personnels. Car la sélection, ce n'est pas le tri des origines sociales, mais le tri des compétences acquises. pour garantir la réussite des étudiants. L'orientation, c'est certifier des compétences et comprendre les appétences personnelles pour tracer une voie de formation. En somme, le système d'orientation et d'admission dans la science supérieure a besoin d'adéquation. Adéquation entre les ambitions de chacun et le contenu des formations. Adéquation entre l'exigence des formations et les capacités de chacun. Adéquation entre l'offre de formation et les débouchés professionnels. Et enfin, adéquation entre l'offre de formation et les besoins de la nation française. Aujourd'hui, face au défi de l'IA ou de la réindustrialisation, la nation a ainsi besoin d'ingénieurs et de techniciens. Alors il est essentiel de fournir, dans le secondaire et dans le supérieur, les formations adéquates. En faisant le choix massif de la filière générale, comme voie de réussite privilégiée, comme signe de reconnaissance sociale, mais comme voie trop souvent sans issue, l'éducation nationale a fait le choix général de l'échec et de l'inadéquation. Nous avons le besoin urgent dès lors de revaloriser les voies professionnelles et technologiques parce que la nation a besoin des compétences acquises au sein de ces filières. Les principes qui doivent fonder la réforme du système d'orientation et d'admission sont donc simples. L'orientation dans les collèges et les lycées doit devenir une cause nationale, notamment par la formation des professeurs en la matière. Le baccalauréat doit redevenir la porte d'entrée dans l'enseignement supérieur afin que le recrutement dans celui-ci soit réalisé sur la certification sincère et équitable des compétences acquises. L'enseignement supérieur doit pouvoir sélectionner son recrutement sur des critères transparents de niveau dans les disciplines essentielles à la réussite. Pour réussite en licence d'histoire, il faut avoir le bac, mais faut-il encore ne pas avoir 6 de moyenne en histoire. Enfin, l'offre de formation dans l'enseignement supérieur doit être réinterrogée, non seulement pour donner des voies d'excellence et de haut niveau pour la poursuite des études, des bacheliers professionnels et technologiques, mais aussi pour correspondre aux besoins de l'économie et de la nation. Il est urgent, monsieur le Premier ministre, d'arrêter de mentir à la jeunesse de France. Depuis trop d'années, leurs dossiers sont de la fausse monnaie, les mensonges confortables de politiques trop usillanimes pour affronter la réalité du décrochage. Demain, avec Marine Le Pen, nous leur dirons la vérité, nous les prendrons enfin au sérieux, nous leur promettrons le relèvement général du niveau et nous leur garantirons que chacun puisse réussir selon ses acquis, ses compétences et ses talents. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Roger Chudeau pour le Rassemblement national.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, chers collègues, Parcoursup. Pour paraphraser Karl Marx, on pourrait dire en souriant, un spectre entre les lycées, Parcoursup. De quoi s'agit-il ? L'article L612.3 du Code de l'éducation institue pour les bacheliers une pré-inscription dans des établissements d'enseignement supérieur. Cette disposition est partie intégrante de la loi Orientation et réussite des étudiants du 8 mars 2018. L'ambition de cette loi était de, je cite, mieux accompagner les étudiants et favoriser leur réussite dans les filières d'enseignement supérieur qu'ils ont choisies. Il s'agissait alors de corriger les errements de l'algorithme APB et surtout de mettre un terme à l'échec massif des néo-bacheliers en première année d'université, 50% d'entre eux échouaient en première année. Qu'en est-il aujourd'hui ? Après cette année de parcours sup, l'échec en première année est toujours aussi massif. Un étudiant sur deux échoue toujours en première année. Moins de 40% d'entre eux parviennent au bout de quatre ans à décrocher une licence. Que faut-il en conclure ? La préaffectation dans l'enseignement supérieur est inopérante puisqu'elle ne place que la moitié de nos étudiants dans des conditions favorables à leur réussite. Cette préaffectation dans son architecture actuelle est un échec patent. Un de plus, me direz-vous. Pouvons-nous pour autant nous passer d'un algorithme de préaffectation ? Pour le remplacer par quoi ? Par des fiches en carton dans des boîtes à chaussures ? Nous ne pouvons pas, au XXIe siècle, nous passer des outils d'analyse des candidatures que fournissent les systèmes d'information et l'intelligence artificielle. Au fond, Parcoursup n'est qu'un outil que nous proposons, nous, au RN, de modifier profondément afin qu'il soit transparent, pertinent, juste et efficace. Ces défauts... Parlons des défauts. Ces défauts portent sur ce qui se passe, ou plutôt ne se passe pas, en amont, et dont mes collègues Tesson et Pérez vous parleront tout à l'heure. Mais dans l'espèce, ils portent sur la complexité de Parcoursup, son architecture, son calendrier, et surtout... sur ce qui se passe dans les établissements d'enseignement supérieur après la préaffectation, car c'est là que gît le lièvre. La complexité tout d'abord, 25 000 formations offertes au catalogue, les 20 vœux et leurs possibles 20 sous-vœux des élèves ne sont pas hiérarchisés. En amont de la procédure, les lycéens de seconde ont dû choisir des trios de spécialités parmi 300 combinaisons possibles. Qui peut s'y retrouver ? L'architecture maintenant. Pour accéder à l'enseignement supérieur, l'algorithme personnalise la candidature. Sur le plan académique, les notes du bulletin scolaire, des épreuves anticipées du bac, les notes du contrôle continu sont prises en compte. Or, ces critères sont biaisés. Le contrôle continu, par exemple, est aléatoire. Il varie en fonction de l'établissement et du style de notation du professeur. De fait, le baccalauréat n'est plus qu'une formalité substantielle, car les résultats aux épreuves terminales ne sont pas pris en compte par l'algorithme. Pire, les épreuves de spécialité qui traduisent les choix d'orientation futurs des lycéens sont passées en juin et donc ignorées du système qui préoriente vers les formations. auxquelles les étudiants se destinent. Il s'ensuit que les critères académiques sont en réalité inopérants pour que l'algorithme fasse œuvre utile, car il n'est pas nourri des données essentielles à son efficacité. C'est là, selon nous, le principal défaut de Parcoursup. Le calendrier ? La campagne ouvre en janvier se conclut en avril. Durant toute cette période, les lycéens ne pensent qu'à cela, au détriment de l'acquisition des connaissances. Dès avril, l'absentéisme devient massif, car tout est joué. Parcoursup désorganise en fait une année de terminale déjà bouleversée par la réforme blanquière de lycée. Venons-en enfin à ce qui se passe après la préaffectation. Chaque formation d'enseignement supérieur traite à son tour, selon ses propres critères, les centaines ou parfois les milliers de préaffectés. Il existe de très nombreux algorithmes maison, parfois de simples tableaux Excel, des commissions d'admission qui planchent sur les dossiers papiers, et tout cela sans coordination. sans contrôle, sans transparence. Le sentiment d'arbitraire, de loterie qu'éprouvent les lycéens trouve là légitimement sa source. Alors, que faire, M. le Premier ministre ? Vous vouliez des propositions, les voici. 1. Réduire à un nombre acceptable le nombre de formations du catalogue. 2. Le baccalauréat doit redevenir un examen de bon niveau académique, dont les résultats aux épreuves terminales doivent être intégralement pris en compte par Parcoursup, car c'est le sens et la logique de cet examen. 3. Il doit être mis fin à la prise en compte du contrôle continu. Le calendrier doit être resserré en fin d'année, à l'époque de l'IA, qu'on ne me dise pas que c'est impossible. 4. Le système de sélection des étudiants mis en place dans les établissements d'enseignement supérieur doivent être labellisés par l'autorité académique et leur usage réel contrôlé par celle-ci. Un semestre de propédiotique doit être proposé aux étudiants afin de leur permettre de vérifier leur choix d'orientation et le cas échéant de se mettre au niveau d'exigence académique du supérieur. Parcoursup est affecté par construction de graves défauts, qui est en fait une usine à stress. Soyez certains qu'en 2027, le gouvernement de Marine Le Pen et de Jardin Berdella mettra fin à ce gâchis et rétablira la sérénité qui doit présider aux études dans nos lycées. Je vous remercie.
Merci beaucoup, Monsieur le député. La parole est à présent à Madame Violette Spilboud pour le groupe Ensemble pour la République.
la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, Monsieur le Président de la Commission, chers collègues et chers représentants des lycéens et des étudiants, on a un système qui va mal, on en souffre et on a la sensation de ne jamais être écouté. Ces mots, une lycéenne de ma circonscription à Lille me les a dit pendant les blocages. Elle demandait, comme beaucoup d'autres, qu'on la prenne au sérieux et qu'on agisse. Alors prenons-la au sérieux, prenons-les au sérieux avec des faits. 82% des lycéens jugent Parcoursup stressant. 29% seulement le trouvent équitable. Cet été, plus de 32 000 jeunes sans solution ont dû saisir une commission d'accès. C'est une crise de confiance. Pour autant, tout n'est pas à jeter. Parcoursup a mis fin au tirage au sort et comme le rappelait récemment Jean-Michel Blanquer, le taux d'échec en fin de première année est passé de 60% en 2017 à 50% aujourd'hui. Alors c'est un progrès réel, même si c'est encore largement insuffisant. Et la réalité d'aujourd'hui, malheureusement, c'est la phrase que l'on entend le plus. Je suis content du résultat, mais j'ai eu tellement peur. Il faut donc corriger ce qui fait peur et refondre tout un processus de sélection et d'orientation. Car supprimer Parcoursup sans solution, ce serait une catastrophe. Ce sont les présidents d'universités françaises qui le disent. Promettre l'abolition sans alternatif, ce serait dangereux. Et le stuatu quo n'est pas notre ligne non plus. Depuis le 10 octobre, notre président de groupe, Gabriel Attal, a posé les leviers principaux pour Parcoursup. Moins de pression du contrôle continu, davantage d'épreuves terminales, plus de chances pour les filières professionnelles et d'innovation, plus d'accompagnement humain. Alors messieurs les ministres, vos annonces de lundi vont dans le bon sens. Avec mes collègues du groupe Ensemble pour la République, déjà pour la session de 2027, nous vous demandons deux avancées fondamentales. La transparence et l'équité. Une transparence réelle d'abord. Un refus expliqué, c'est un rang, des critères, un seuil, pas un message type. La décision de sélection doit rester celle des établissements qui jugent en conscience, mais leurs outils de classement doivent être publics comme la Cour des comptes le demande depuis 2020. Et puis ensuite, une équité de la sélection. Conscient de l'importance de chaque évaluation, les professeurs, vous le savez, gonflent les notes pour ne pas porter préjudice à l'orientation de leurs élèves. La notation finit par perdre de sa valeur, à tel point que certaines formations du supérieur attribuent à chaque dossier un coefficient. en fonction du lycée d'origine recréant ainsi opacité et inégalité. Alors il faudra répondre à cette attente très forte de nos lycéens pour qu'il y ait moins de discrimination en fonction du lycée d'origine en réfléchissant avec eux à une objectivation nationale des résultats. Mais attention, ne renonçons pas à une école exigeante qui permette de choisir son orientation, d'être mieux accompagnée et la vraie reconnaissance de qualifications et de compétences. Je veux aussi, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, vous relayer l'alerte de mon collègue Sylvain Maillard à la suite des échanges avec la conférence des grandes écoles. Il faudra revoir le calendrier de Parcoursup au niveau européen, au regard des enjeux européens. Alors que certains établissements européens répondent aux candidats déjà en février, nous, avec Parcoursup, nous ne répondons qu'en juin. nous perdons des élèves et des talents pour la France. Et au-delà de 2027, on doit aussi se dire les choses. Le débat de ce soir ne porte pas seulement sur une plateforme. Remplacer Parcoursup, c'est en vérité aborder des questions qui divisent profondément dans notre pays et ici dans notre hémicycle. Comment réformer notre enseignement supérieur pour aller davantage vers les filières qui mènent au métier d'avenir, évaluer chaque filière, évaluer leur débouché ? Que doit être le baccalauréat de demain ? Un examen national qui compte vraiment ou une moyenne de contrôle continu dont la valeur varie d'un lycée à l'autre ? Comment articuler le lycée, ses spécialités et le premier cycle du supérieur ? Comment faire face à la transformation des formations et des métiers avec l'intelligence artificielle ? Ce ne sont pas finalement des questions techniques, ce sont... des choix de société. Ils ne se décideront pas en six mois dans un groupe de travail ou même dans le comité de réforme qui va être mis en place. Ils appellent à un vrai débat démocratique et c'est devant les Français, lors de la prochaine élection présidentielle, qu'ils devront être tranchés. Monsieur le Premier ministre, pouvez-vous nous assurer que les travaux engagés prépareront ces choix sans les préempter et qu'ils associeront largement le Parlement ? Car nous, avec tous nos collègues du groupe Ensemble de la République, nous avons beaucoup de choses à dire et à proposer sur ce sujet tout au long du processus. Et ce processus, le cœur de son sujet, c'est l'orientation. On compte aujourd'hui un conseiller d'orientation pour plus de 1000 élèves. Les 54 heures annuelles prévues au lycée sont inégalement assurées. Le second professeur principal de terminale n'existe pas partout. Et résultat, plus d'un candidat sur deux affirme ne pas avoir été accompagné pendant la phase d'admission. Ceux qui peuvent payent même un coach privé. Les autres se débrouillent. Ça, c'est l'injustice. Nous demandons donc une refonte complète de l'orientation. des conseillers d'orientation en nombre suffisant, des conseils régionaux et des régions qui ont cette compétence depuis 2018 mais qui doivent être pleinement associés à la refonte engagée aujourd'hui par votre gouvernement, un accompagnement renforcé et personnalités et dès la seconde, mentorat, tutorat, stage de découverte professionnel dans les classes. et un véritable assistant IA, intelligence artificielle, qui devra accompagner chaque élève pour lui faire découvrir des formations qu'il ignore. Accompagner suppose aussi simplement, c'est une évidence, des professeurs. Les lycéens nous l'ont dit et nous les avons entendus. Depuis des années, notre groupe Ensemble pour la République défend, budget après budget, des amendements. préservant la rémunération des enseignants et le maintien du nombre d'enseignants malgré la baisse démographique. Un professeur devant chaque classe et des classes qui ne soient pas surchargées. Ce n'est pas un sujet à côté de Parcoursup, c'en est la fondation. Et pour le PLF 2027, les amendements que nous avons portés avec Anne Jente en commission éducation la semaine dernière, qui ont été adoptés en ce sens, doivent être, je vous le demande, retenus dans le budget final, M. le Premier ministre. Enfin, les places dans le post-bac. Les 15 000 places annoncées prochainement devront se poursuivre avec une programmation pluriannuelle intelligente. Assumons... de fermer des formations qui ne conduisent pas suffisamment à l'emploi pour pouvoir renforcer celles qui proposent les métiers d'avenir. Mes chers collègues, devant ces charmants commentaires, je vais bientôt conclure, mais j'aimerais rappeler que l'évolution de Parcoursup évoquée dans ce débat est loin de satisfaire l'ensemble des autres revendications de la jeunesse. Car les inquiétudes de nos jeunes ne commencent pas sur Parcoursup, elles commencent bien avant. tout au long du parcours scolaire. La consultation nationale dont vous avez publié les résultats le montre, messieurs les ministres. Les lycéens et les étudiants nous alertent sur les journées scolaires déséquilibrées, sur les bâtiments inadaptés, sur les classes surchargées, sur les professeurs absents, l'insuffisance de remplacement, mais aussi sur la dégradation du climat scolaire, la violence à l'école et les difficultés de santé mentale. Nous ne pouvons pas prétendre garantir l'égalité des chances dans l'enseignement supérieur si nous ne garantissons pas, dès les premières années de scolarité, un enseignement serein. Notre responsabilité c'est de répondre à l'ensemble des préoccupations de cette génération et de lui redonner confiance en l'avenir. La jeunesse nous demande des règles claires, une chance égale et un accompagnement pour eux et avec leurs parents. La jeunesse veut sa place dans la société, être écoutée, pouvoir apprendre, trouver un travail, fonder une famille, vivre dignement. La promesse républicaine française, c'est de pouvoir la lui donner. Avec Gabriel Attal et les députés ensemble pour la République, nous sommes mobilisés pour être à la hauteur de cette attente. Je vous remercie.
Merci beaucoup Madame la députée. La parole est à présent à M. Louis Boyard pour le groupe La France Insoumise.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres. Je voulais commencer tranquillement, poliment, mais je vous ai écouté et c'est exaspérant. Vous avez le plus gros mouvement de jeunesse depuis des décennies et vous n'êtes capable que de ça, mais vous êtes caricaturalement mauvais, Monsieur le Ministre de l'Enseignement supérieur. dire qu'il n'y a que 70 personnes recalées de Parcoursup. Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Monsieur le ministre de l'Education nationale, dire qu'ils vont avoir une heure de pause pour déjeuner, mais dans certains lycées, ce n'est pas suffisant une heure. 28 par classe, uniquement pour les secondes, parce que pour les premiers ou pour les terminales, ils n'ont pas un problème de classe surchargée. Mais descendez de votre tour d'ivoire. C'est insupportable d'avoir à écouter vos discours, mais si déconnectés de la réalité. Évidemment... Évidemment qu'il n'y a aucun lycéen dans ce pays qui s'est dit « Ah tiens, je me suis mobilisé depuis des semaines et des mois et j'ai obtenu ce que je voulais ». Mais évidemment qu'il n'y a aucun lycéen qui va dire ça. Vous savez très bien que vous n'avez pas annoncé ce qu'ils veulent. Et qu'est-ce qui vous permet de dire que les jeunes vont finalement rentrer dans leur classe ? Après tout ce qu'ils ont fait, évidemment qu'ils ne vont pas retourner dans leur classe. Vous voyez ça ? Ça s'appelle un manque de respect. Et vous avez un immense problème de respect vis-à-vis de la jeunesse française. La première chose que vous devriez faire, Monsieur le Premier Ministre, c'est présenter des excuses. Présenter des excuses pour avoir dit qu'ils étaient manipulés par la France Insoumise, ceux qui insinuent qu'ils ne savent pas penser par eux-mêmes. Présenter des excuses pour les avoir caricaturés comme des brûleurs de poubelles. Et surtout présenter des excuses pour les violences policières, pour les coups de matraque, pour le gaz lacrymogène, pour les gardes à vue abusives, pour les sanctions disciplinaires, pour ceux que vous avez fait mutiler et éborgner. Les jeunes sont tous solidaires des ados que vous avez mutilés et éborgnés et pour qui vous n'avez pas eu un mot de compassion. Alors si vous n'avez pas la dignité de démissionner après ce que vous leur avez fait, ayez au moins la dignité de présenter des excuses à ces jeunes et à leur famille. Question de respect sur la manière de faire vos annonces. Vous n'auriez pas dû faire ces annonces devant des influenceurs. Vous auriez dû le faire devant un lycée d'outre-mer. premiers à s'être mobilisés, qui se battent pour le droit à être considérés, pour le droit à l'égalité et même pour le droit à l'eau. Vous n'auriez pas dû oublier de parler des lycéens de la voie professionnelle et de leurs problèmes de stage, de même pour les alternants. Vous n'auriez pas dû oublier de parler du manque d'infirmières et du manque de conseillers d'orientation. Vous n'auriez pas dû oublier de parler des AESH, des enfants en situation de handicap. Vous n'auriez pas dû oublier de parler de ce que vous faites aux étudiants étrangers avec les APL et avec les frais d'inscription. Vous n'auriez pas dû mentir sur l'indexation des bourses sur l'inflation où vous ne rattrapez pas les trois dernières années de gel et même vous continuez de geler leurs APL. Vous n'auriez pas dû mentir au sujet du 8h-18h sur lequel vous ne faites rien alors que c'est une des principales revendications de ce mouvement. Vous n'auriez pas dû mentir sur le bâti scolaire puisque pour beaucoup de départements et de régions, elles n'ont pas toutes les capacités financières pour débloquer le prêt qui doit servir à la rénovation des bâtiments. Et vous n'auriez pas dû mentir sur le nombre de professeurs qui est clairement insuffisant. pour garantir à tous un prof devant chaque classe. De même sur la santé mentale, 500 profs et 500 psys, ça n'en garantit pas à tous les élèves. Ils ne vous demandent pas un Macbook dans chaque classe, ils ne vous demandent pas une cantine gastronomique, ils vous demandent simplement l'égalité scolaire. Et même après un mois de mobilisation, vous êtes incapable de leur fournir... Surtout, monsieur le Premier ministre, vous devez arrêter de prendre les gens pour des idiots. Dire que vous allez abroger Parcoursup en 2028, c'est-à-dire au moment où vous ne serez plus là, c'est prendre les gens pour des idiots. Dire qu'on ne peut pas abroger Parcoursup parce que sinon on ne pourra pas traiter les dossiers, je pourrais dire que cette rhétorique n'est pas de votre niveau, mais je crains que ce soit le cas. Personne ne parle de supprimer une plateforme de centralisation des dossiers. Ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est au service de quelle politique se met cette plateforme. Parcoursup est une plateforme de sélection au service de votre vision politique libérale. Vous avez baissé les moyens dans les lycées et les universités publiques pour faire émerger les écoles privées dont le chiffre d'affaires a explosé de plus de 150% depuis que le président de la République est à l'Elysée. Bonus ! Vous les avez abondés de subventions publiques. Et en plus, maintenant, ils peuvent directement faire des propositions dans Parcoursup. Ce qui fait que vous avez trois types de jeunes. Ceux qui sont acceptés dans le public, et pas toujours avec la filière qu'ils veulent vraiment faire. Ceux qui ont été recalés, mais qui ont les moyens de payer le privé. Et ceux qui n'ont rien du tout. Et pour savoir qui aura quelle filière, vous avez fait une réforme des lycées qui organise cette compétition entre adolescents de 15 à 18 ans pour savoir qui aura accès à la filière qui détermine le reste de sa vie. C'est pour ça que vous avez... chiffres sur la santé mentale des jeunes, parce que cette compétition n'est pas adaptée à des adolescents. A ça, les jeunes vous opposent une autre vision. L'éducation ne doit pas être un marché privé, mais un service public d'intérêt des jeunes. Vous savez, Monsieur le Premier ministre, l'été dernier, les jeunes ont vécu la canicule la moins chaude du reste de leur vie. Le réchauffement climatique, c'est tristement leur avenir et ils l'ont tous les jours en tête. Pour affronter ce défi, on va avoir besoin d'ingénieurs, on va avoir besoin de médecins, d'infirmiers, d'aides-soignants, de géographes, de météorologues. Je vous donne ces exemples... pour que vous compreniez qu'il ne s'agit pas d'ouvrir des places à l'université pour se faire plaisir, mais d'avoir un haut niveau de formation pour affronter le dérèglement climatique. Si vous ne savez pas appliquer les revendications des jeunes, Monsieur le Premier ministre, je vous en prie, la porte, elle est juste ici. Il y a une majorité dans le pays qui ne demande que à vous voir partir et vous feriez des heureux. Sur les bancs de la France insoumise, j'ai au moins 5 noms de personnalités qualifiées pour appliquer les revendications des jeunes et occuper votre poste, donc ce n'est pas un problème. Vous n'avez pas rependu en revendication, donc les manifestations vont continuer. Et il se trouve que la prochaine manifestation, c'est samedi et que c'est Halloween. Donc si les jeunes viennent toquer à votre porte et vous demandent 10 milliards ou un sort, j'espère que vous aurez eu le temps de faire les courses. En attendant vos excuses et les 10 milliards, à samedi, monsieur le Premier ministre.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Pierrick Courbon pour le groupe socialiste.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président, chers collègues, près de deux mois après le début de la mobilisation lycéenne, vous avez enfin fait quelques annonces en direction de la jeunesse. Les députés socialistes veulent d'abord saluer la formidable mobilisation d'une jeunesse inquiète. Quant à son avenir, une jeunesse qui ne se résout pas à subir des choix politiques mais qui veut bien être actrice des décisions qui la concernent. Alors comme souvent, nous ne pouvons que déplorer qu'il ait fallu des semaines de cortège, de blocus, une première réponse uniquement répressive avec des milliers de gardes à vue discutables, des mains arrachées et des vies brisées pour que vous preniez la mesure de ce qui se passe dans le pays. Nous pensons en ce moment à celles et ceux qui ont payé de leur chair leur engagement comme Fares à Saint-Etienne. Bravo au mouvement lycéen qui a obtenu en quelques semaines ce que nous n'avons pas réussi à obtenir par notre travail parlementaire depuis dix ans. Alors vous avez fait le choix de promouvoir maladroitement vos solutions de sortie de crise en contactant dimanche de jeunes influenceurs sur les réseaux sociaux. Un nouveau geste de défiance pour les corps intermédiaires, les associations, les syndicats de lycéens. Et un sacré paradoxe quand on y pense pour un gouvernement qui a voulu légiférer pour interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et qui a souhaité l'interdiction du portable au lycée. Depuis le début de la mobilisation, les députés socialistes ont exigé des réponses politiques, un débouché nécessaire aux revendications des jeunes. Il y a de premiers bouger de votre part et entre les partisans du statu quo, tel Jean-Michel Blanquer qui ne trouve rien de mieux à dire que c'est pire ailleurs, alors finalement taisez-vous, et ceux du tout ou rien nous prendront tout ce qu'il y aura à prendre pour notre jeunesse qui n'a pas le luxe d'attendre les hypothétiques suites de l'élection présidentielle. S'il est urgent d'éviter l'enlisement du conflit, nous restons plus que sceptiques sur certaines des annonces qui ont été faites dont il ne faudrait pas qu'elles ne constituent que des écrans de fumée. Sur la création de postes dans l'éducation nationale, les 800 suppressions de postes initialement annoncées dans le secondaire sont annulées, mais celles du premier degré sont maintenues à ce stade, ce n'est pas acceptable. Nous redisons que l'ensemble des moyens libérés par la baisse de la démographie doit être immédiatement affecté à la priorité qui consiste à mettre des profs devant chaque élève. Sur la question des emplois du temps... Les emplois du temps si complexes induits par la réforme Blanquer, rien de concret si ce n'est la garantie d'une heure de pause méridienne. Mais quelle concession, merci beaucoup. Sur la question du bâti scolaire grand seigneur, vous octroyez un prêt aux régions, mais dans le même temps, vous portez atteinte à leur capacité budgétaire dans certaines mesures du PLF. Vous pourriez y renoncer, ce serait déjà un bon début. J'en viens maintenant au sujet central de l'orientation et de Parcoursup. Les socialistes, de façon constante, demandent la suppression de Parcoursup. Oui, il faut supprimer Parcoursup parce qu'il constitue derrière la réussite technique, un échec politique manifeste par rapport aux objectifs que le législateur lui a assignés. Je vais y revenir. Alors oui, il y a encore quelques mois, nous avons, avec mon collègue Gums, conduit un travail sur Parcoursup, dont nous avons remis les conclusions en février. dans l'indifférence générale. Ni le ministère de l'Education nationale, ni celui de l'enseignement supérieur non dénié ne serait-ce qu'accuser réception de nos 51 propositions de nature transpartisane pour améliorer la plateforme dans un monde où il ne vous était pas encore envisageable de la supprimer ou de la remplacer. Oui, monsieur le ministre, il n'y a qu'il y a 15 jours que vous avez pris contact pour échanger sur nos travaux. Alors n'hésitez pas, messieurs les ministres, à sortir ce rapport de dessous les armoires qu'il cale peut-être dans vos bureaux pour voir comment... nos propositions pour être utilement déployées dans l'année de transition que doit être 2027 vers la suppression de Parcoursup. Tous les sujets au cœur de la colère lycéenne du moment étaient déjà clairement identifiés. La question du calendrier de Parcoursup, qui est davantage articulé autour du rythme des adultes que de l'intérêt des lycéens, est en corollaire le stress d'un interminable processus à étage, ou la peur de rater une étape régnant maître, stress qui se cumule avec la mise sous tension permanente générée par le contrôle continu et qui affecte la santé mentale de milliers de jeunes à travers le pays. Nous avons aussi pointé l'inégale qualité de l'accompagnement d'un établissement à l'autre et fait le constat sans appel que ce sont comme souvent ceux qui ont le plus besoin d'être accompagnés qui le sont le moins. En matière d'accompagnement, l'insuffisance de la formation des professeurs principaux saute aux yeux ainsi que le manque criant des psy-EN. Vous le savez aussi, monsieur le ministre. Les 54 heures consacrées à l'orientation sont loin d'être effectives partout et les 4 demi-journées du plan avenir demeurent pour beaucoup d'élèves un simple mirage. La critique principale réside cependant dans l'opacité, le manque de transparence de la plateforme, l'impression quelque part de jouer son avenir sur un résultat d'algorithme. C'est effectivement un peu plus complexe que cela. Les algorithmes nationaux de Parcoursup ne permettent que la mise en correspondance des demandes avec les offres de formation et interviennent a posteriori pour éventuellement modifier l'ordre des sélections des commissions d'examen des vœux par la réinjection des quotas de boursiers et des quotas territoriaux. C'est davantage l'existence d'algorithmes locaux. propre aux formations qui est la plus décriée, car la transparence sur les critères d'analyse, les modalités de traitement algorithmique et le moment de la prise en compte de tel ou tel critère reste largement insuffisante, voire inaccessible, et cela est inacceptable. Alors au-delà de ces considérations techniques, les jeunes déplorent un système qui accorde une prépondérance à l'année de première par rapport à celle de terminale, puisque désormais tout est joué ou presque avant les écrits du bac, ce qui contribue grandement à le dévitaliser. A cet égard, l'enjeu central en matière d'équité des procédures d'examen des candidatures, dans Parcoursup ou dans un outil qui demain le remplacerait, réside prioritairement dans l'harmonisation des pratiques d'évaluation entre les établissements. L'instauration d'un référentiel unique de notation des devoirs et d'évaluation des compétences, c'est un véritable serpent de mer vieux comme l'éducation nationale, doit enfin être réglé. Dans l'immédiat, il est vital de supprimer la mention du lycée d'origine dans les dossiers de Parcoursup, laquelle peut constituer une source de discrimination territoriale dont l'existence dans de multiples domaines est largement documentée. De même, la prise en compte d'un indicateur comme l'écart à la moyenne de la classe plutôt que les notes brutes expérimentées par certaines formations mériterait aussi d'être généralisée. J'en viens maintenant à la question de savoir si Parcoursup répond aux objectifs qui lui ont été assignés. La réforme de l'accès au premier cycle du supérieur introduite par la loi ERE de 2018 poursuivait un triple objectif. Répondre aux critiques de la plateforme antérieure, APB, améliorer les taux de réussite en licence et garantir un droit d'accès et ainsi démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur. Sur ces trois objectifs, le constat est sans appel. Les principales critiques sont strictement les mêmes. Les taux de réussite en licence, et je ne parle pas d'en première année de licence, mais bien à l'issue de la licence, ne se sont améliorés que de façon très marginale. Et quant à la démocratisation de l'accès au supérieur, la persistance des inégalités socio-culturelles et le poids des déterminismes sociaux n'apparaissent pas atténués depuis le déplacement de la plateforme. Quand un outil, messieurs les ministres, ne remplit pas les objectifs pour lesquels vous l'avez créé, une évaluation objective aurait naturellement dû conduire à sa suppression. Par la force des choses, nous y voilà. Parcoursup constitue aujourd'hui davantage un outil de régulation et de sélection qu'une plateforme d'aide à l'orientation. C'est un outil de gestion de la pénurie qui agit en tant que cache-misère d'un accès à l'enseignement supérieur qui s'est certes massifié sans que ne soient mobilisés les moyens adéquats en regard. Alors outre le fait que massification ne vaut pas diversification, le véritable succès de Parcoursup réside surtout dans le développement sans précédent d'un marché de l'enseignement privé lucratif dans lequel il y a du bon mais dans lequel il y a du très mauvais. Et force est de constater qu'à ce jour vous n'avez rien fait pour réguler le secteur. Nous persistons à l'idée pourtant que le savoir ne doit pas être un business comme un autre et qu'il est nécessaire d'oeuvrer à sa démarchandisation. Alors vous venez d'annoncer la création de 15 000 places dans l'enseignement supérieur SWAT, c'est exactement ce qu'il aurait fallu créer chaque année depuis 10 ans pour faire véritablement baisser la pression en parallèle d'un effort significatif de revalorisation des promotions des filières techniques et professionnelles. Les besoins sont donc bien plus grands que ce que vous nous proposez là, c'est donc un véritable plan de rattrapage avec une loi de programmation actualisée dont le pays a besoin pour ouvrir au bas mot 150 000 places supplémentaires dans les avenirs à venir, s'assurer... de la disponibilité des mètres carrés dans les établissements du supérieur et de la formation des enseignants en nombre suffisant. Dans l'immédiat, au-delà du nombre de places, redonner les moyens aux universités de bien faire leur travail et une fois encore dans le PLF pour 2027, le compte n'y est clairement pas. Dans l'immédiat toujours, puisque vous voulez des propositions et j'en ai formulé un certain nombre, dans le cadre d'une nouvelle réforme du bac que vous avez évoquée sans davantage de détails, il est urgent de reconsidérer le poids et les modalités du contrôle continu. Nous pourrions ainsi réduire significativement son importance dès le bac 2027 pour commencer à renouer avec la promesse d'un bac qui serait à la fois une échéance réincarnée, mais qui serait aussi demain la garantie d'un accès effectif au supérieur, ce qu'il n'aurait jamais cessé d'être. Ainsi, supprimer Parcoursup n'est ni une finalité et encore moins une solution miracle, mais c'est un simple préalable indispensable pour amorcer une réforme profonde des modalités d'accès aux supérieurs et plus largement pour renouer avec la promesse émancipatrice et républicaine de l'éducation, voire redéfinir plus largement la place de notre jeunesse dans la société en investissant en elle à la hauteur de ses ambitions. Tout simplement, messieurs les ministres, monsieur le Premier ministre, car une société qui demanderait à sa jeunesse de réduire ses ambitions serait une société qui finirait par renoncer aux siennes. Et nous, nous ne voulons pas d'une jeunesse qui doive apprendre à se contenter de moins.
Merci beaucoup, monsieur le député. Merci. La parole est à Virginie Duby-Muller pour le groupe Droite Républicaine.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, chers collègues. Depuis des semaines, des lycéens descendent dans la rue. Ils disent leur angoisse face à Parcoursup. L'impression d'être jugé par une machine opaque, la peur d'être fusé sans savoir pourquoi. Cette angoisse, nous devons l'entendre. Mais nous leur devons aussi autre chose. La vérité. La vérité, c'est que Parcoursup n'est pas la maladie. C'est un symptôme. le symptôme d'un pays qui sélectionne partout sans jamais oser le dire, qui sélectionne les dossiers en licence tout en proclamant que la licence est ouverte à tous, qui laisse croire que toutes les portes sont ouvertes, puis regarde 6 étudiants sur 10 ne pas obtenir leur licence en 3 ou 4 ans. Lundi, sous la pression, le gouvernement a annoncé le remplacement de Parcoursup en 2028. Soit, mais pour le remplacer par quoi ? Avec quelles règles d'admission, vers quelles formations et pour quels métiers ? A ces questions, aucune réponse. Changer le nom de la plateforme ne changera rien si l'on ne change pas les règles. Nous voulons que ce débat porte sur des réalités, pas sur des chimères. Notre position tient en trois exigences. Assumer la sélection, dire la vérité sur les débouchés, relever le niveau de l'école. La sélection existe déjà. Elle existe en classe prépa, en grandes écoles, en... Elle existe même dans les licences sous tension. qui classe les dossiers.
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