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Sur le sujet du SMIC, le gouvernement semble donc prêt à anticiper la revalorisation du salaire minimum qui aurait dû intervenir début 2027. Jean-Pierre Farando parle d'un pour cent. Alors les syndicats forcément sont vent debout, ça représenterait, c'est vrai, 15 euros brut par mois, ou net, ça dépend le cas de chacun en fonction des seuils d'imposition, etc. Est-ce qu'aujourd'hui, Thomas Gébine, on peut... répondre aux syndicats, je connais la réponse, mais je vous pose quand même la question, de donner 100, 200, vous avez même des syndicats qui demandent 500 euros de plus par mois, dans une situation où on n'a pas de croissance, pour rappel, on aura une croissance qui sera très largement en dessous de 1%, là où la zone euro devrait être proche des 1%, qu'est-ce qu'il faut répondre aujourd'hui à ces syndicats,
vous qui êtes économiste ? C'est évidemment très difficile parce que d'un côté, vous avez une crise du pouvoir d'achat. Quand vous regardez au niveau individuel, pour la deuxième année consécutive, le pouvoir d'achat des ménages va se dégrader. On parlera tout à l'heure de l'augmentation du prix du gaz qui va impacter fortement les ménages cet automne et cet hiver. Et on n'aura pas le bouclier énergétique comme en 2022-2023. Donc d'un côté, vous avez cette question réelle et très importante du pouvoir d'achat. Et puis de l'autre, vous avez en effet une situation où la croissance économique est très faible. L'OFCE estime qu'en 2000, cette année, on devrait avoir une croissance autour de 0,4, 0,5. La même chose pour l'année prochaine. Donc c'est une croissance quasi à tonne. Donc les marges de manœuvre pour les entreprises pour augmenter les salaires... sont faibles. Et puis là, vous avez en plus cette question du SMIC. On a déjà près de 40% des salariés qui ont des salaires autour du SMIC. Et donc ça, c'est une situation assez aussi spécifique de la France. Vous avez beaucoup d'emplois qui sont autour du SMIC et c'est très difficile d'augmenter le SMIC parce que ça conduit à des coûts très importants pour les entreprises. Donc en fait, on est un peu pris en... netto entre le fait qu'il y a ce problème de pouvoir d'achat et on voit bien que les candidats même à la présidentielle ont beaucoup de mal à apporter une réponse solide face à cette question et de et puis de l'autre vous avez cette situation des entreprises En pratique, c'est très compliqué d'augmenter le SMIC fortement. Et puis, en plus, il y a toutes les conséquences sur la structure de la courbe des réductions de charges.
1861 euros, c'est le SMIC brut. En net, ça donne un peu moins de 1500 euros net. Comme l'a souligné à juste titre Thomas Gébine, Jean-Marc Vittori, le risque. Et surtout, c'est ce qui s'est passé ces dernières années, notamment depuis la crise inflationniste. C'est une sorte de smicardisation de la société.
Évidemment, mais le point de départ, Thomas a tout à fait raison. Le point de départ, c'est qu'on a une croissance quasi nulle. Donc 0,5%. Par tête, ça fait à peine 0,2% puisque la population continue de progresser. Donc on a une création de richesses qui ne progresse pas. Et en même temps, vous avez des coûts qui augmentent. Vous parliez du prix du gaz. Le prix du gaz n'est pas produit en France, donc quand le prix du gaz augmente, c'est de l'argent que l'ensemble... des Français doivent donner à l'étranger. C'est ça, une augmentation du prix du gaz. Et donc cet argent, il faut le prendre quelque part. Et donc, soit on le prend sur les entreprises, mais les entreprises françaises n'ont pas une profitabilité exceptionnelle, quand on fait des comparaisons internationales. Les entreprises françaises qui font beaucoup de profits, c'est parce qu'elles sont très implantées à l'international. Ça ne provient pas de la France. Et elles sont souvent dans des situations qui sont concurrentielles, qui sont... Donc si vous augmentez le SMIC, évidemment, vous les défavorisez. Si vous prenez cet argent sur les Français, c'est du pouvoir d'achat en moins. Mais de toute façon, in fine, c'est comme ça que ça se passera. Quand vous augmentez le SMIC, vous accroissez forcément, parce qu'un terme que je déteste à la fois sur la forme et sur le fond, la SMICartisation. Parce que comme le soulignait Thomas, il y a beaucoup de gens qui sont à peine au-dessus du SMIC, autour du SMIC. Donc quand vous augmentez le SMIC, ces gens qui sont à peine au-dessus du SMIC, ils se retrouvent au SMIC. Et donc on a une forte augmentation du nombre de gens qui sont payés au SMIC. On l'avait vu en 2022, ça avait été tout à fait clair. Le nombre de SMICart avait progressé, je ne sais plus, ça se comptait en millions. Et on va avoir à nouveau... ce processus, avec un SMIC qui est très proche en France du salaire médian. Le salaire médian, il y a la moitié des Français qui gagnent moins, la moitié des Français qui gagnent plus. Et donc cet effet est encore plus fort et ressenti de manière encore plus douloureuse. Et ensuite, on se prend des comparaisons, comme on en a eu très souvent ces derniers temps, sur les enseignants. Les enseignants, il y a 20 ans, ils étaient payés deux fois le SMIC, maintenant ils sont payés 1,5 fois le SMIC. Évidemment, si vous augmentez le SMIC plus que les autres salaires, l'éventail se resserre avec des conséquences qui peuvent être très très néfastes.
Jean-Marc Daniel, pour vous, la réponse est radicale, il faut supprimer le SMIC. Oui,
je pense qu'effectivement, la logique du SMIC est une logique qui a atteint ses limites. D'abord, il y a une commission qui donne des conseils régulièrement au gouvernement sur la... la valorisation, la revalorisation du SMIC avec cette notion de coup de pouce, sachant que... Structurellement, il n'y a pas de problème de pouvoir d'achat du SMIC. Il est construit de telle façon que les gens qui sont au SMIC ont le maintien du pouvoir d'achat, et non seulement le maintien du pouvoir d'achat, mais sur la base d'un indice des prix spécifiques établi par l'INSEE pour tenir compte de la structure de consommation de cette partie de la population. Et donc, lui, le SMIC, son pouvoir d'achat se maintient, voire légèrement augmente d'année en année. C'est-à-dire que le SMIC horaire, à l'heure actuelle, c'est 12,32 euros. J'ai regardé l'équivalent. du SMIC en passage à l'euro en 2002-2003 en pouvoir d'achat, il y a un petit convertisseur qui est très pratique que fait l'INSEE sur l'évolution du pouvoir d'achat d'une somme donnée. L'équivalent du SMIC de 2002-2003, ce serait aujourd'hui 10 euros. Donc le SMIC a gagné en pouvoir d'achat par rapport à ce qu'il était en 2002. Donc il n'y a pas eu de baisse du pouvoir d'achat du SMIC en tant que tel. Mais il y a deux mécanismes qui sont quand même des mécanismes qui sont redoutables. On vient d'en parler, c'est la SMICardisation. C'est-à-dire qu'au fur et à mesure que le SMIC augmente, comme tous les salaires n'augmentent pas au même rythme, il y a une espèce... Et c'est un souci. Je rappelle que quand M. Attal était Premier ministre, il en avait fait un des éléments clés de sa politique, même s'il n'a pas duré très longtemps comme Premier ministre. Donc il n'a pas pu faire grand-chose sur ce domaine-là. Le deuxième élément, c'est que... quand même que quand vous lisez les recommandations de la commission, notamment à l'époque où c'était Gilles Berset qui était à la tête, qui est devenu depuis responsable du corps, il mettait en avant le fait que on avait le sentiment que ça n'avait pas véritablement l'existence du SMIC, réduit la pauvreté au travail, que le sentiment de la population et la réalité physique des gens qui travaillent par rapport aux gens qui ne travaillent pas était une situation qui était une situation qui n'était pas satisfaite. Et la deuxième chose, c'est que tout au sud du SMIC finit toujours par avoir des conséquences sur l'emploi. C'est-à-dire, quand vous augmentez le coût du travail, forcément, or je rappelle que c'est un des grands absents d'ailleurs du débat politique à l'heure actuelle, c'est que le chômage continue à augmenter. On a l'impression que c'est fini. Ma priorité, c'est l'emploi qui était au centre des campagnes électorales des années 90-2000, maintenant, complètement disparu. Or pourtant, on a un taux de chômage qui a dépassé, qui est aux alentours de 8%. qui, tous les conjoncturistes nous annoncent que la situation est en train de se dégrader, et donc augmenter le SMIC. forcément, ça va avoir comme conséquence, une nouvelle fois, de détériorer la situation de l'emploi. Et je pense qu'effectivement, cette idée de salaire minimum, surtout dans une situation où c'est même la notion de salaire qui est en train de se défaire progressivement, c'est cette société qui est en train d'émerger, cette situation à la fois de silver economy, mais aussi de société où on passe d'employeur-employé à client-fournisseur. Donc il y a toute une réflexion à faire, alors on ne va pas le faire dans les six mois, surtout dans la situation actuelle, mais je pense qu'il y a une... une vraie réflexion à faire sur qu'est-ce que c'est maintenant qu'un salaire minimum, qu'est-ce que c'est que la durée du temps de travail qu'il faut lui associer, comment on lutte contre la pauvreté, est-ce que les réflexions sur le revenu universel sont des réflexions qui soient être actualisées, qui doivent être davantage promues.
Il ne faut pas oublier que la plupart des gens qui sont au SPIC sont dans des petites structures. Ça concerne notamment les TPE. À court terme, vous avez les prix de l'énergie qui augmentent. Comme vous l'avez souligné, Jean-Marc Vittori, Des marges qui restent relativement faibles, on pense à des petits commerçants, notamment quand vous vous dépendez des prix de l'énergie, vous ne pouvez pas vous permettre d'un seul coup d'augmenter de moins 100 euros comme le demande la CFDT les salaires à court terme, avec également la question de l'inflation. Alors Jean-Marc Daniel va nous dire qu'il n'y a pas d'inflation, vous êtes toujours sur ce scénario j'imagine ?
Je maintiens que l'inflation telle qu'elle est définie en économie, on parle d'inflation au sens de Ricardo et d'inflation au sens de Cantillon. La vraie inflation c'est au sens de Ricardo, c'est quand tous les... prix augmente, l'inflation au sens de Cantillon, c'est quand certains prix augmentent. Or, tous les prix n'augmentent pas, avec d'ailleurs une volatilité très forte. On parle du gaz, vous savez que l'année dernière, le grand souci, c'était le café. Et donc, la grande question, ça c'est dans la vie quotidienne, c'est comme le gaz, c'est dans la vie quotidienne. Et donc, effectivement, le prix du café est 80% au-dessus de ce qu'il était il y a trois ans, donc c'est colossal. Mais il est 20% au-dessus de ce qu'il était il y a six mois. Donc vous avez une volatilité des prix qui est très très forte, alors que dans ce que l'inflation, l'inflation à laquelle normalement, notamment la politique monétaire, est appelée à répondre, cette inflation-là n'est pas ce que nous vivons en ce moment. Et je rappelle pour conclure là-dessus, c'est que toutes les politiques monétaires, c'est-à-dire toutes les demandes qu'on a faites à la BCE d'intervenir pour limiter l'inflation, reposent sur les théorisations qui ont été faites dans les années 60-70, où tout reposait sur... La constance de la vitesse de circulation de la monnaie. Or, tous les travaux avaient été faits à l'époque par Milton Friedman et Anna Schwartz. Alors Milton Friedman est morte, mais Anna Schwartz aussi est morte. Et avant de mourir, elle est morte il y a dix ans, et avant de mourir, elle a laissé un peu plus de dix ans, elle a laissé un message à monsieur Bernanke en lui disant... Ne vous y trompez pas, la vitesse de circulation de la monnaie n'est pas constante, elle est en train de baisser. Donc les théoriciens de la politique monétaire de lutter contre l'inflation, entre guillemets, devraient réfléchir à l'héritage de Madame Anna Schwartz.
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