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RTL Matin, Emile Landreau. 7h44, l'invité de RTL Matin. Du recueillement au hurlement, quelques minutes à peine. Sébastien Lecornu a dénoncé une ambiance nauséabonde à l'Assemblée Nationale hier après l'hommage rendu aux victimes de l'attentat terroriste de Trappes. Bonjour Eric Coquerel. Bonjour. Député LFI, président de la Commission des Finances à l'Assemblée. Vous y étiez hier lors de cette séance de questions gouvernement particulièrement houleuse. Il a raison Sébastien Lecornu, vous les parlementaires, vous n'avez pas été à la hauteur du moment ?
Je crois que c'est surtout lui qui n'a pas été à la hauteur du moment et qui a eu des propos absolument nauséabonds. Il faut bien considérer qu'on a eu quelques minutes. j'allais dire, entre guillemets, de grâce, avec une déclaration au niveau de la présidente de l'Assemblée. La famille était là, faire applaudir la famille, pour faire applaudir le maire de Trappes à l'Irabay.
La famille de Pingo Bossio-Wangui, qui est donc l'homme décédé sous les balles de l'assaillant.
Voilà, et M. Lecornu a pris la parole, et au bout d'une minute, il n'a pas pu s'empêcher de sombrer dans une manipulation politicienne pour finalement faire dur en même temps, c'est-à-dire... à peine une minute consacrée à la théorie raciste de Trappes, il a fallu qu'il fasse une comparaison. Il y a un parallèle entre la victime du racisme et le néo-nazi mort à Lyon. Donc on voit bien qu'il y a quelque chose d'extrêmement choquant.
Donc
si vous voulez, Pengo tué par quelqu'un d'extrême droite, très clairement, raciste. Bon, donc tout ça, évidemment... Je vais dire, et d'un niveau consternant. Tout ça est extrêmement dangereux parce que ça brouille complètement les repères.
Quand le Premier ministre dit que dans la République, on ne peut opposer un mort à un autre mort, c'est hors de propos pour vous
? Mais oui, parce que ce qui est hors de propos, si vous voulez, c'est de comparer. C'est rare, vous savez que M. Lecornu parle de racisme, parce qu'il a des membres de son gouvernement qui l'entretiennent. Je pense notamment à Aurore Berger, qui nous a en plus envoyé répondre aux questions après, qui, comme vous le savez, a considéré il y a peu de temps... Alors, vous attaquez Aurore
Berger parce qu'elle a un jour... Parce que j'allais l
'expliquer, parce qu'elle a expliqué que la théorie du grand remplacement était finalement une opinion comme nous. Je rappelle que la théorie du grand remplacement, non seulement une théorie raciste, mais on a même tué en son nom, en Nouvelle-Zélande, avec un attentat terroriste. Il a déjà des membres de son gouvernement qui, dans la période, c'est-à-dire ceux qui... par leur parole, finalement, arment les armes d'un tueur comme celui de Trappes. Et il ne peut pas passer une minute, au bout d'une minute, il faut absolument que...
Donc l'indécence, elle était dans le plan du gouvernement pour vous ?
Bien sûr, je pense que chacun comprendra qu'on ne peut pas du tout mettre en parallèle une victime. d'une tuerie raciste et un néo-nazi à Lyon. C'est quelque chose, enfin, je veux dire, il y a quelque chose d'indécent qui, encore une fois, je veux dire, à la fin, on ne sait plus très bien où on en est avec ce gouvernement. La seule chose qu'on sait, c'est qu'à chaque fois, il prend des positions qui finalement relativisent, y compris les attaques de l'extrême droite, le racisme entretenu par l'extrême droite. Vous avez vu que M. Chenu, la veille, a encore parlé de Trappes comme une ville djihadiste. Donc, le mot qu'on peut dire, c'est qu'il persiste ici. dans la manière dont ils ont pointé une population, une ville, de manière scandaleuse. Et vous avez un Premier ministre qui n'est pas capable, à un moment donné, d'avoir un positionnement clair. C'est tout le brouillage d'un gouvernement qui, à la fois, sombre dans l'autoritarisme, sur la façon de gérer... la situation actuelle. Et malheureusement, malheureusement, entretient lui aussi cette atmosphère de racisme.
Vous serez à Trappes, Eric Coquerel, à l'hommage rendu justement aux victimes de cette attaque vendredi. Vous appelez les politiques de tous bords à venir ?
Tous ceux qui, de manière honnête et sincère, sont du côté de la République contre le racisme. Les
socialistes, par exemple, sont les bienvenus à vos yeux ?
Oui, je pense que les socialistes seront là, bien évidemment. Ils ont été, bien évidemment. Je ne vois pas, ça me semble évident.
Je vous demande ça parce qu'Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, a été hué lors du rassemblement antiraciste organisé. en mémoire de ces mêmes victimes avant-hier à Paris. Il a répondu sur scène en rappelant qu'il arrive parfois à la gauche de préférer se huer elle-même plutôt que de parvenir à se réunir sur quelques combats essentiels.
Je vous dis très clairement que tous les antiracistes sincères sont bienvenus. De toute façon, ce n'est pas à moi de décider qui est bienvenu. C'est le maire de Trapp qui organise cette initiative pour être le plus nombreux possible, pour faire masse. Et je pense qu'il ne faut pas commencer à diviser le camp antiraciste. Donc ça,
c'est un combat suffisamment essentiel pour faire front commun avec les socialistes ? C
'est ce qui s'est passé, parce que récemment, ce n'était pas sur la question du racisme, c'est la question des libertés, il y a eu un référé qui a été fait au Conseil d'État contre les manifestations interdites, qui a été signé par tous les partis de gauche ensemble, sauf un, place publique de M. Glucksmann, mais tous les autres l'ont signé. Évidemment, par rapport aux libertés, la question du racisme, c'est des choses tellement importantes que nous, c'est un combat qu'on mène de manière très forte depuis qu'on... On s'est créé, et que les socialistes se mobilisent là-dessus, je ne vais pas m'en plaindre.
Vous parlez de Raphaël Glucksmann, il explique qu'il ne peut pas manifester, le candidat à la présidentielle, parce qu'il y a une campagne de harcèlement de LFI contre lui, notamment en manif. Est-ce que vous balayez ces accusations, ou est-ce que vous dites à vos militants ce matin qu'il faut peut-être changer de cible, notamment dans la contestation sociale du moment
? Pour regarder à gauche, il faut un peu trop se tourner à droite. Je parle de M. Glucksmann. On prend pour cible la droite et l'extrême droite, le macronisme et l'extrême droite. Nos coûts, on les réserve là-dessus. Quoi qu'on pense, après l'éclaration de M. Glucksmann, je vous fais remarquer qu'en termes, j'allais dire, de critiques, en termes d'attaques, M. Glucksmann, le moins qu'on puisse dire, y compris quasiment en renvoyant dos à dos Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ce qui explique peut-être pourquoi d'ailleurs, à certains moments, et ce n'est pas nous qui l'organisons, il n'est pas très bien reçu dans les manifestations. Vous dites à
vos militants que le principal adversaire, il n'est pas là aujourd'hui
? Le principal adversaire, pour nous, c'est ceux qu'il faut que nous battions. Et ceux qu'il faut que nous battions, tous les sondages le montrent, c'est le macronisme et l'extrême droite. Si on arrive à les battre, Jean-Luc Mélenchon sera président de la République, on gouvernera le pays. Donc regarder derrière nous et regarder en plus vers la gauche, c'est du temps un peu perdu, j'allais dire.
Comme les lycéens et étudiants, vous appelez en tout cas à poursuivre la mobilisation. Maintenant,
par rapport à M. Gluckman, qu'on ne nous demande pas, quand on nous donne une gifle, de regarder en disant « Oui, c'est bien, vas-y, je te mets l'autre joue ». M. Gluckman n'arrête pas de cibler les filles depuis. C'est même son fonds de commerce, il y avait quelques autres. Donc voilà, à un moment donné, il ne faut pas s'étonner que les gens réagissent, mais pour vous répondre, ce ne sont pas des consignes des filles du tout.
Comme les lycéens et étudiants, vous appelez à poursuivre la mobilisation dès samedi ?
On appelle à les soutenir. On appelle à soutenir à partir du moment où les syndicats étudiants, et j'espère que les syndicats salariés, se mobiliseront samedi. On regarde, pour tout vous dire, pour être honnête, on regarde surtout la date du 5 novembre. Et vous leur dites
de rentrer en cours, de revenir en cours lundi ou pas ? Lundi prochain ?
Vous pensez que c'est à nous de faire des consignes pareilles ? C'est eux qui décident de la suite de leur mouvement par rapport à ce qui leur a été proposé. qui à mon avis, d'après ce que j'ai entendu de leur part, et je pense qu'ils ont raison, est bien trop faible par rapport à leurs revendications, de décider de la suite du mouvement. Ce n'est pas à nous de décider soit qu'ils restent mobilisés, soit qu'ils rentrent dans les lycées. Mais par contre, nous, on soutient leur mouvement.
vous sentez solidaire des casseurs, Éric Coquerel
Une question stupide. Non, des casseurs qui cassent... Une
question stupide, si vous le souhaitez, non, il n'y a pas de problème. Mais je vous la pose parce que le patron des députés Horizon, Laurent Marc-Angéli... estime que vous l'êtes, que vous êtes la vitrine égale de l'ultra-gauche et qu'il faudrait peut-être utiliser la dotation publique de votre mouvement pour rembourser les dégâts. Je préfère
cette question parce que ça va me permettre de dire quelque chose d'important là-dessus. Que ça soit sa déclaration ou celle du deuxième personnage de l'État qui imagine nous interdire, c'est des gens qui... Vous pensez
à Gérard Larcher ?
Voilà, attisent les braises et mettent le pays en tension. Est-ce qu'on imagine deux petites secondes qu'on va s'en prendre à la principale formation de gauche, qui est à peu près 400 000 personnes qui soutiennent... aujourd'hui son programme. qui, bon en ballant, à peu près à un cinquième, à minimum, de l'électorat en France, sent que c'est des effets. Ils cherchent quoi, ces gens-là ? Ils cherchent à développer une guerre civile dans le pays ? Ils cherchent à développer des impôts ? Vous les accusez
de ça, Gérard Lampé, Laurent Marc Angéli ? Mais
bien sûr, c'est de la division, de la tension, en plus d'avoir des réactions liberticides. On imagine qu'on va interdire, ou qu'on va pénaliser financièrement, au point justement de le mettre en danger, la principale formation de gauche dans ce pays. Mais tout ça, c'est n'importe quoi. Moi, je les appelle à... à revenir à la raison. Et je vais même vous dire des choses, il y a des gens de droite qui viennent me voir en me disant qu'ils sont honteux de ce qui se passe, parce que est-ce que c'est le moment de tendre dans le pays ? Est-ce que c'est le moment d'agiter l'attention de ce point de vue-là, alors que c'est un gouvernement qui est incapable de faire face à une crise sociale, économique, à la mobilisation de la jeunesse ? Bon, je sais bien que c'est des méthodes de diversion, mais franchement, c'est pas au niveau.
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