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Tout le monde a désormais entendu parler du fameux Parcoursup. Et il aura fallu plus de trois semaines pour que le gouvernement, après les premières manifestations lycéennes, se réveille et enfin ouvre un débat autour de l'avenir de cet outil qui s'appelle Parcoursup. Je veux vous en dire quelques mots. D'abord, vous dire que je ne pleurerai pas la disparition de Parcoursup. Parce que Parcoursup, contrairement à ce qui peut être dit ici ou là, n'est pas la meilleure solution possible pour orienter la jeunesse de notre pays vers les études supérieures. D'abord, il faut comprendre que Parcoursup, cet outil qui permet de faire l'orientation de l'essentiel de nos étudiants aujourd'hui, est une véritable boîte noire. Et dans un grand pays, une grande démocratie qui croit en l'égalité des chances, comment imaginer que qui que ce soit puisse confier l'avenir de son orientation, son avenir ? à un dispositif algorithmique auquel personne ne comprend strictement rien. Cette opacité dans les choix qui sont opérés par Parcoursup, ce n'est pas un détail technique, c'est un véritable sujet de fond. Lorsqu'une grande nation n'est pas capable de dire à sa jeunesse comment son orientation va se faire, comment la sélection, le choix, les critères vont être établis, alors c'est qu'il y a un problème fondamental. C'est pour ça que je souhaite la disparition de Parcoursup. Je ne le souhaite pas avec la facilité politique de ceux qui jetteront en pâture un dispositif pour éviter de se poser des questions de fond. Mais commençons d'abord par nettoyer ce qui doit l'être. Parcoursup doit être nettoyé. Cela ne nous empêchera pas de nous poser toutes les autres questions abyssales. D'abord la question de l'orientation dans notre pays, et de la mauvaise qualité de l'orientation dans notre pays, de sa faiblesse, de l'inadéquation qu'il y a entre les études que nous pouvons proposer et ce gros mot qui est le marché de l'emploi. Au fond, cette inadéquation qui crée les plus grandes déceptions possibles entre de longues études et une incapacité à exercer le métier auquel on s'est préparé. L'orientation doit aussi permettre d'entrer sur le marché du travail, de trouver son métier, de l'exercer et de ne pas vivre sa vie professionnelle comme une déception permanente. Il faudra aussi s'interroger sur les moyens qui sont donnés à notre université. La question du nombre de places dans chacune des filières est une question qui restera évidemment pendante. Je considère qu'elle doit être intimement liée aux capacités de déboucher. sur le secteur professionnel ensuite. Et puis, nous ne passerons pas à côté de la question qui, elle, nécessite un peu plus que la paresse politique consistant à simplement dire qu'il faut supprimer par cours sup. Cette question, c'est celle de l'égalité des chances dans notre pays. C'est celle de la sélection, mais la sélection par l'égalité des chances. C'est celle qui fait que lorsque vous le méritez, lorsque vous avez produit les efforts nécessaires, lorsque vous réussissez, on vous ouvre des portes. Notre pays n'est plus le pays de l'égalité des chances. Et nos lycéens ont de ce point de vue tout à fait raison. de le dire et de le dénoncer. Une grande démocratie, et au-delà une grande nation, n'est plus tout à fait grande lorsqu'elle ne permet pas à celles et ceux qui produisent le plus d'efforts de réussir. De plus en plus, l'origine sociale, les moyens de votre famille vont conditionner une bonne partie de vos études, de votre vie et de votre futur. Nous devons nous poser ces questions fondamentales. C'est ce que j'apporterai dans le débat politique, et c'est la bataille que je mènerai, parce que notre jeunesse le mérite, pour les années et les décennies qui viennent.
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