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ministre de l'éducation pendant cinq ans sous la présidence d'Emmanuel Macron. Et de ce mandat, vous êtes celui qui a occupé ce poste le plus longtemps. Vous semblez très fier, vous l'avez exprimé de ce bilan, comme vous venez une nouvelle fois de l'exprimer. Et si j'ai bien entendu ce que vous avez dit, en gros, nous n'aurions rien compris à votre œuvre. Et ça serait les Français qui ne sont jamais contents et toujours les autres qui sont les démagogiques. Pourtant la période actuelle est marquée par un mouvement lycéen d'ampleur qui conteste justement ce même bilan et on ne peut d'ailleurs que se féliciter d'une jeunesse qui s'exprime. Et cette jeunesse déplore entre autres le manque de moyens octroyés au ministère de l'éducation, l'organisation du temps scolaire et demande notamment la suppression de Parcoursup qui est une de vos créations. Le gouvernement a annoncé hier que la plateforme allait être remplacée par un autre outil en 2028. Au même moment, vous déclariez à France Info, il me semble, qu'on me cite un pays qui aurait quelque chose de mieux que Parcoursup. C'est ce que vous avez effectivement dit. Or, à notre sens, ailleurs en Europe et d'ailleurs dans le monde, la poursuite d'études dans le supérieur est assurée de manière moins sélective, voire non sélective, et ne repose pas sur un algorithme opaque comme c'est le cas chez nous. des pays dont le système éducatif est d'ailleurs mieux noté que le nôtre par les évaluations PISA de l'OCDE. Je ne dis pas qu'il s'agit d'exemples, mais de fonctionnements différents sur lesquels on devrait peut-être se pencher. En Allemagne, l'inscription dans le supérieur se fait directement auprès des établissements ou pour les filières les plus sélectives, par les tests d'entrée organisés par ces mêmes établissements. Même l'Italie mène actuellement une expérimentation sur les semestres ouverts qui permettent un premier semestre ouvert à tous, puis une sélection en fonction des résultats pour accéder au second semestre. Plusieurs études prouvent que les modèles éducatifs les plus performants, on peut prendre celui de Singapour, sont ceux qui accordent des moyens exceptionnels aux enseignants pour une formation en continu. D'ailleurs, le corps professoral se réunit une centaine d'heures par année pour améliorer collectivement leur pratique. Donc on voit que les exemples existent. J'ai donc trois questions. D'abord, comment pouvez-vous maintenir que Parcoursup est un outil performant et transparent ? Alors que notre jeunesse se mobilise en tout cas sur cet aspect-là et se mobilise massivement contre, et que le critique en plus ne date pas des derniers mois. L'outil n'est peut-être pas en cause, mais je pense que son utilisation certainement. Ensuite, considérez-vous les annonces du Premier ministre lundi comme un désaveu de votre bilan et de vos réformes. En réalité... Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Et puis enfin, vous ne pouvez pas rester sourd à une réalité et à un réel malaise qui va au-delà d'ailleurs, je pense, de la question des études, mais de la situation de notre jeunesse, quand on sait que 20% des lycéens déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Donc peut-on accepter cette situation ? Merci, la parole est à Didier Rambeau.
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