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Alors déjà, effectivement, il y a déjà une loi qui existe et on voit bien l'incapacité de l'État à la faire appliquer, puisque l'État peut se porter partie civile à chaque fois, d'ailleurs, elle ne le fait pas. Donc en fait, on voit bien qu'il y a beaucoup de pipeaux quand même et qu'on fait des lois pour calmer l'opinion publique. Sauf que derrière, il faut que c'est nous, notre problème, c'est comment on l'applique sur le terrain et comment on va définir un périmètre, par exemple, de casse, c'est-à-dire jusqu'où on va, est-ce qu'on prend 10 mètres, 15 mètres, 100 mètres, est-ce qu'on met les 100 000 personnes responsables ? Donc tout ça, ça sera affiné. devra passer aussi devant le Conseil constitutionnel. On sait aujourd'hui maintenant que quand on sort une belle loi avec plein d'amendements, à la fin, il n'en reste pas grand-chose. Donc encore une fois, moi, je bois frais et j'attends de voir ce que ça va donner à la fin. Et surtout, moi, ce que je constate quand même, c'est qu'un policier blessé qui a participé justement à ces manifestations, lui, avec ses impôts, il va devoir payer les réparations de la société, c'est-à-dire les abribus, les poubelles, etc. Son assurance va quand même augmenter parce que forcément… On est tous solidaires et collectifs pour faire augmenter les prestations d'assurance des magasins pillés. Et une troisième partie de l'impôt. qui va servir aussi aux prestations sociales, que quelque part l'État et la collectivité va redonner à ces mêmes casseurs pour qu'ils puissent survivre. Donc effectivement, le policier blessé, lui, je peux vous dire que, comme les autres citoyens qui sont floués, forcément font un peu la tête. Donc ça, c'est l'aspect moral de cette loi. Effectivement, cette loi, tu casses, tu payes. Je pense que l'ensemble des citoyens français sont d'accord sur le principe. Maintenant, c'est comment on transforme cet essai et comment localement le policier va devoir… justifier justement cette interprétation de loi sur le terrain, ça, ça serait à définir. Encore une fois, on fait des belles lois, mais très compliquées à mettre en œuvre sur le terrain. Et les avocats vont s'engouffler.
C'est ça qui va être difficile, parce qu'à chaque fois, un acte doit être caractérisé pour que le juge dise « bah oui, ça a été caractérisé ». Et là, pour le coup, c'est là que c'est difficile.
Moi je suis l'avocat, première chose que je vais dire, je vais dire à mon client, vous n'avez pas entendu les sommations. Donc il va falloir prouver qu'on a bien envoyé des sommations, que la personne était en état d'entendre les sommations, et quand vous avez du bruit, des mortiers d'artifice, etc. Donc le juge va... partir sur la bonne foi en disant, effectivement, les éléments constitutifs ne sont peut-être pas réunis, donc du coup, il y a un non-lieu. À la fin, le citoyen va dire, regardez, la justice, elle est inefficace, les juges sont nuls, etc. Enfin, encore une fois, par contre, il faut peut-être travailler aussi sur les sommations. Est-ce qu'aujourd'hui, avoir un mégaphone, quand vous avez des milliers de personnes ou des centaines de personnes devant vous dans le bruit, ça suffit ou pas ? Est-ce qu'il ne faut pas mettre des alertes sur les téléphones portables qu'on peut voir de temps en temps, d'ailleurs, dans des alertes climatiques ? J'étais en Espagne il y a quelque temps, mon téléphone a vibré comme un sympa de Noël et j'ai compris qu'effectivement j'étais dans une zone à risque. Ça c'est des choses à travailler, je pense que le ministère peut travailler dessus. C'est aussi peut-être des codes couleurs sur des manifestations pour montrer qu'à un moment donné on va faire usage de la force. Et puis c'est de la pédagogie. Voilà, il va falloir le travailler.
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