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voulais en venir à ce débat sur les dates de l'élection présidentielle. Écoutez Bruno Retailleau, le candidat à LR, qui souhaite les changer. Il était ce matin sur Europe 1.
La grande majorité ne voulait pas. que le second tour de l'élection présidentielle soit le lendemain du 1er mai. Pourquoi ? Parce qu'il y a d'abord une règle. La campagne électorale s'arrête à minuit vendredi et donc ça continuera. Avec le 1er mai, vous aurez des candidats de gauche qui s'afficheront. Donc un, c'est un problème de l'égalité et deux, vous vous rendez compte si le 1er mai, il se passe ce qui s'est passé le 17 octobre avec une France, mais alors pillée, saccagée, incendiée et le lendemain, on devrait aller aux urnes calmement. C'est pas possible, il y a un vrai problème. Pourquoi nous avoir réunis alors que la majorité était pour d'autres dates ? Si vous ne changez pas cette date d'élection, j'y verrai en réalité une arrière-pensée.
Et voici la réponse de Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement, ministre délégué à l'énergie à l'issue du Conseil des ministres.
D'abord, il n'y a pas de raison de changer ces dates, sauf à poser un genou à terre face aux délinquants, aux casseurs, aux factieux qui ont semé la terreur ces derniers jours et ces dernières semaines dans le pays. Aucune raison de poser un genou à terre face à ces gens. Donc, confirmation de ces dates ? Aucune raison. Et ensuite... Force doit rester à la loi et à l'État. L'État a démontré la semaine dernière, le week-end dernier, qu'il savait, je reprends les mots, être fort, avoir le dessus. Et donc, bien sûr, on continuera à le montrer. Et moi, je crois que les élections se passeront dans de bonnes conditions.
Georges Fenech, vous qui connaissez bien les méandres de la vie politique, ça vous gêne, vous, ce second tour, un 2 mai ?
– Moi, je suis un peu étonné de l'argumentation que développe le mode Bréjon. On ne va pas mettre un genou à terre, mais personne n'imagine un rapport de force entre l'État, la puissance de l'État et des émeutiers. Il ne s'agit pas, encore une fois, de se soumettre aux caprices des meutiers ou aux exactions. Il s'agit de tenir compte d'une situation de fait, que le 1er mai, il y aura la grande manifestation du travail du 1er mai, la gauche va défiler en tête, donc on sait que ce jour-là, on ne peut pas faire campagne. puisque c'est le jour de l'élection, mais en même temps, le lendemain de l'élection, mais en même temps, vous avez des gens qui vont pouvoir faire des déclarations au micro, quand on va leur tendre des micros. Donc c'est déjà une rupture d'égalité. Et puis, il y a un risque, il y a un risque réel, puisque maintenant toutes les manifestations... font l'objet de troubles, on le sait, donc il ne s'agit pas de mettre un genou à terre, il s'agit de prendre en compte ce risque, cette probabilité, pour faire en sorte que le scrutin présidentiel, qui n'est pas n'importe quel scrutin, se déroule dans de bonnes conditions. J'ai du mal à comprendre cette argumentation.
Il y avait une autre possibilité qui était le 11 et le 25 avril, mais on est en plein pendant les vacances de printemps. On aurait pu repousser. Est-ce que constitutionnellement, on a le droit ? Parce que normalement, selon la constitution, j'ai regardé, l'élection du nouveau président, je cite, a lieu 20 jours au moins et 35 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du président en exercice. Et là, on sait qu'Emmanuel Macron doit partir le 13 mai à minuit.
Oui, alors j'ai pas fait le compte, mais... Donc
il y a quand même, c'est cadré, je veux dire. Oui, c'est
cadré, mais si on pouvait pas le faire après, il fallait le faire avant. Donc anticiper ce premier mec, il risque d'être...
Mais là, est-ce que ça laisse pas ? Mais admettons, par exemple, qu'on le fasse, que le second tour ait lieu un 25 avril, ce qui était l'autre possibilité, visiblement. Qu'est-ce qui se passe entre le 25 avril ? Et le 13 mai, ça veut dire quoi ? Il y a quasiment trois semaines de vacances entre un président sortant, un président élu qui ne peut pas faire grand chose
D'abord il y a la cérémonie d'installation, de passation de pouvoir, ça prend un peu de temps, ça prend au moins une semaine, il n'arrive pas du jour au moment. Mais trois
semaines ?
Trois semaines, ça peut paraître long, mais c'est un temps suffisamment, je dirais... suffisant pour que le président puisse prendre ses fonctions. Moi il me semble, on l'a toujours vécu comme ça. On n'est pas aux Etats-Unis, le président prend ses fonctions immédiatement après, simplement le temps de préparer la passation de pouvoir qui est généralement d'une semaine, pas plus.
Sophie Odigé, où vous situez-vous dans ce débat ? Moi je suis assez étonnée quand j'entends M. Retailleau qui fait mine d'être surpris que M. Macron rassemble tous les partis pour leur demander leur avis et qu'il n'en tient pas compte. de lui dire « Bienvenue en Macronie depuis dix ans ». Je veux dire, ils n'ont jamais tenu compte de l'avis de personne, et certainement pas de ceux un qui savent, et notamment de la position exprimée par le peuple. Donc ça, c'est la première chose. Et puis après, pour Maud Bréjot, moi, ces éléments de langage, franchement, j'en peux plus. Il n'y a pas de sincérité. C 'est la méthode. Je ne sais pas si vous voulez. Il
a parlé d'arrière-pensée. Je ne sais pas quoi on pensait quand il parlait d'arrière-pensée. Mais s'il y a, je ne crois pas que ça profite effectivement à la mouvance centriste ou gauche,
s'il
y a des gros désordres le 1er mai et qu'on vote le 2 mai, ça risque d'influencer vers ceux qui représentent plus l'ordre et la sécurité.
Ou en tout cas vers les extrêmes, parce que c'est les seuls qui ont tiré profit le 17 octobre et le 24. Le 17 octobre, en tous les cas, les deux qui ont monté, c'est les deux
extrêmes.
Sophie Audugé et Georges Fenech dans le débat d'Europe 1 Info, puisqu'on part de la présidentielle. David Lissnard plaide pour une primaire à droite. Et oui, encore. Alors on en parle sur Europe 1. 13h-14h, vous écoutez Kelly Mathias sur Europe 1.
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