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On va accueillir Mélanie Vogel, bonsoir, vous êtes sénatrice, les écologistes, et bonsoir Arnaud Robinet, vous êtes maire horizon de Reims, notre duel politique comme tous les soirs, mais justement avant, j'aimerais qu'on aille à la verrière où Camille le disait, il y a un instant, il y a cette marche blanche qui est organisée en hommage à la fillette de 12 ans qui a été blessée lors de l'attentat raciste de vendredi. Mathilde Moreau, vous êtes sur place, l'émotion toujours extrêmement forte ce soir.
Oui, tout à fait, vous le voyez ici, c'est plus de 300 personnes environ qui sont réunies dans les rues de la Verrière. Il vient d'avoir ce moment très fort. C'est qu'on est passé devant le lieu où la petite fille de 12 ans a été touchée par 8 balles, on le rappelle. Et donc on est passé à cet endroit-là et la famille de la victime a souhaité déposer des roses. Sa mère a pris un petit peu la parole pour expliquer que c'était là que sa fille avait, que son corps avait été retrouvé. Donc maintenant, vendredi. dernier et donc elle a tenu à y déposer des roses. Vous vous en doutez beaucoup d'émotions également pour sa famille également présente. Ici et bien ce sont donc je vous le disais plusieurs centaines de personnes qui sont réunies pour et bien exprimer tout simplement un message fort déjà de soutien pour la famille des victimes. Il y a également eu deux autres personnes blessées ici à la verrière ces deux agents de nettoyage qui ont été donc blessés ici vendredi dernier et puis également un message de rappeler que le racisme tue. C'était important pour eux de venir manifester ici à La Verrière.
Merci beaucoup Mathilde Moreau. Le gouvernement a annoncé un hommage national aux victimes de cet attentat qui a fait 5 blessés et 1 mort. Pengo Bossio-Yonghi, un jeune homme de 26 ans. Mélanie Vogel, est-ce que vous appelez à la concorde nationale ?
sûr, à un hommage national digne de ce nom, c'est-à-dire que nous devons collectivement, la société française et les responsables politiques en premier lieu, évidemment nous tenir aux côtés des victimes, mais aussi je crois que c'est le moment de tirer les leçons. d'une dérive qui a commencé en France il y a à peu près une vingtaine d'années, je crois. Je le situe personnellement au moment de la présidence de Nicolas Sarkozy, où un certain nombre de digues ont commencé à s'effriter entre des thèses, des idées, des mots professés par l'extrême droite et le reste de la classe politique. Et je crois qu'il faut avoir conscience collectivement... bien qu'on n'ait pas toutes et tous la même responsabilité politique là-dedans, que certains mots qui sont utilisés encore cette semaine par des responsables politiques sont à l'origine du passage à l'acte de certains individus et que lorsque l'on banalise... Le racisme, à un moment donné, au bout de la chaîne, il y a pas seulement des mots mais des actes racistes.
Je vous pose la question de la Concorde parce qu'elle a été soulevée cette semaine à l'Assemblée nationale par Sébastien Lecornu, qui a dénoncé un climat nauséabond alors que des députés de gauche, écologistes, socialistes, se sont levés au moment où Sébastien Chenu du RN prenait la parole. Et lundi ? Lundi, Place Stalingrad, alors qu'il y avait un rassemblement pour lutter contre le racisme, Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, Raphaël Glucksmann, ont été sifflés lors de ce rassemblement. Est-ce que l'Union nationale est encore possible par le passé ? On a connu ce temps de « décence » de la classe politique, ce qui n'empêchait pas, ce que disait le Premier ministre, le débat démocratique pour autant.
l'Union nationale, elle doit se faire contre le racisme et donc contre l'extrême droite. Et ce qu'a fait Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale, c'est-à-dire au final de mettre sur un plan d'égalité le fait que la gauche quitte l'hémicycle parce que l'extrême droite, qui porte une responsabilité lourde politiquement dans le fait qu'il ait des crimes racistes en France, et le fait que... l'extrême droite soit violente, le fait de les mettre à égalité, de considérer que c'est un manque de concorde que de refuser. La libération de la parole raciste, c'est une perte totale de repères. L'Union nationale, elle doit se faire autour des valeurs de la République et donc aussi contre celles et ceux qui les bafouent.
Arnaud Robinet, est-ce que la classe politique est-elle à la hauteur ? Est-ce qu'il n'y a pas en cette année présidentielle une politisation à outrance des débats ? Encore une fois, je reprends ce qu'a dit Sébastien Lecornu.
Est-ce que la classe politique est à la hauteur ? Non, elle n'y est pas. Et les images que nous avons vues à l'Assemblée nationale hier le prouvent, avec entre le Rassemblement national, partie de l'extrême droite, une partie de la gauche bien évidemment. On l'a vu, cette hystérisation, elle reflète ce que nous connaissons dans notre société aujourd'hui. Une société fracturée avec deux extrêmes qui s'affrontent, je dirais, quotidiennement. Mais au-delà de s'affronter quotidiennement, ça c'est le jeu politique, mais qui attise les haines et qui fracture la société de façon importante. Donc non, aujourd'hui, la classe politique, elle n'est pas digne. Face à un attentat raciste, bien évidemment, il faut une concorde nationale. Cela a été dit par madame la sénatrice. Et là, je la rejoins. Et cela demande du respect et de la dignité. Malheureusement, ce n'est pas ce que l'on voit aujourd'hui. Et c'est inquiétant.
Est-ce que vous-même, vous n'êtes pas dans une position à outrance, dans une politisation à outrance ? Je prends le cas notamment du sujet des manifestations. Le patron des députés Horizon, Laurent Marc-Angélia, a accusé LFI d'être solidaire des casseurs et va jusqu'à proposer que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon paye. Les dégradations, est-ce que lui-même n'est pas dans une espèce de surenchère, de politisation du débat ?
Moi, je ne commenterai pas les propos ou les dires du président des députés Horizon à l'Assemblée nationale. Ce que je vois aujourd'hui en tant que maire sur le terrain, c'est cette... hystérisation de la société, cette fracture. Et nous le voyons bien aujourd'hui, lors des manifestations, il y a des représentants de la France insoumise qui sont là aussi pour attiser, dire qu'ils soutiennent les casseurs. Je ne le sais pas et je ne veux pas m'immiscer dans ces... Donc vous vous
désolidarisez des propos qui ont été tenus ? Non, mais moi je n
'irai pas. Vous savez, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que dans notre démocratie, on est là pour interdire tel ou tel parti politique. Comme Bruno Retailleau. Je crois que les Français... Oui, Bruno Retailleau l'a proposé, je n'y adhère pas. Je pense que les Français sont à même de choisir lors des élections les partis... avec lesquels il souhaite être représenté. Et je crois que c'est ce qu'on appelle la démocratie. C'est le vote in fine qui va choisir. Mais là,
ça vient de votre camp, quand même. C'est Laurent Marc-Angélie qui dit qu'il faut que LFI paye les dégradations. Parce qu'ils sont solidaires des casseurs.
Permettez-moi, je parle en tant que maire de Reims. Je ne partage pas ses propos. Ah, vous ne partagez pas ses propos ? Autant, je pointe du doigt LFI dans les dires de certains responsables politiques de ce parti politique. que ce soit le maire de Saint-Denis et d'autres qui attisent, je dirais, un certain nombre de manifestants, dire qu'aujourd'hui, il faut faire payer LFI. C'est de la surenchère ? On est un peu dans la surenchère. Donc lui aussi, il participe à une politisation
à outrance des débats ?
Mais on a besoin aujourd'hui d'apaiser la société. Je dirais même, j'ai même utilisé un mot qui est beaucoup plus fort, on a besoin de réhumaniser cette société. Aujourd'hui, on le voit. on a une fracture permanente de la société. On oppose les Français les uns aux autres, les générations entre elles, les habitants de la campagne ou du monde rural avec les urbains. Et on n'en peut plus. Et cette fracture, je pense que les Français, à un moment, vont dire stop. Ils vont prendre conscience, je dirais, de cette violence que nous connaissons dans notre société aujourd'hui. Ils prendront conscience parce qu'ils voudront une société apaisée, avec un véritable projet de société porté par des responsables politiques responsables. Et à une fine, à un moment, je crois que les Français diront stop et ils auront raison.
Mélanie Vogel. Oui, alors moi, il y a une chose. Je suis rassurée par une partie de vos propos. Je pense qu'on a... particulièrement en ce moment, besoin qu'une partie de la droite française incarne le fait de ne pas vouloir faire de la surenchère. Il y a une chose qui me dérange et je pense que c'est là un des accords fondamentaux qu'on peut avoir. Le fait de marquer un désaccord profond au moment où l'extrême droite, le président du groupe du RN à l'Assemblée, instrumentalise l'attentat terroriste raciste, et de marquer ce désaccord en se levant et en partant. Ce n'est pas de l'hystérisation. Je crois que c'est la digue que nous devons reconstruire. Et je pense qu'il y a une vingtaine d'années, vous auriez été, si vous aviez été député, avec nous à quitter l'hémicycle. Je crois. Je crois qu'il y a quelques décennies, nous avions collectivement un réflexe de la classe politique française, de gauche comme de droite, à faire ce cordon sanitaire contre l'extrême droite. Et aujourd'hui, on a… Mais là, le cordon
sanitaire, il se fait finalement parfois en écoutant certains responsables libres. Politique de droite, il se ferait vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon. Exactement. Et c'est un renversement. Mais comment vous expliquez que l'épouvantail s'est déplacé d'une certaine façon
? Vous savez, c'est arrivé souvent dans l'histoire de l'Europe que la droite est le centre à un moment donné. souvent pour des intérêts électoraux de court terme, considèrent que l'ennemi prioritaire, pour eux, c'était la gauche plus que l'extrême droite. Et moi, c'est ce qui m'a beaucoup marquée en lisant le bouquin dont on a beaucoup parlé de Johan Chapoutot sur les irresponsables, qui explique l'arrivée au pouvoir d'Hitler et la responsabilité à l'époque en Allemagne de la droite et du centre. C'est évidemment les intérêts communs de l'élite économique, etc. avec les nazis, mais c'est aussi une détestation profonde, extrêmement forte, qui a tout dépassé à l'époque des sociodémocrates et des communistes, en les dressant au final comme les ennemis principaux et en se disant que les nazis... Ce n'était pas si grave et on pouvait les contrôler. Et ce qu'il fallait abattre, c'était la gauche. Et aujourd'hui, il y a eu une accélération de ce mouvement, particulièrement depuis 2024, où on est passé d'une séquence où la droite avait arrêté de considérer l'extrême droite comme un grand problème, à une séquence où la droite, et Emmanuel Macron en premier, a commencé à dire que la gauche... était plus dangereuse que l'extrême droite. Et ça, c'est un renversement complet des valeurs. Et à partir du moment où vous avez des responsables politiques qui sont plus capables de dire que l'ennemi numéro un de la République, c'est l'extrême droite, eh bien, vous avez dans la société une imprégnation des discours, des mots, des thèses de l'extrême droite. Et c'est ça, je crois, qu'il faut combattre. Et donc, quand la gauche quitte l'hémicycle au moment où Sébastien Chenu, de manière indigne... s'émeut d'un attentat, que ces mots participent à rendre possible, le fait que la gauche s'en aille, c'est un réflexe sain. Et je crois qu'il y a 20 ans, vous seriez partis avec nous.
crois que vous allez un peu loin et vous êtes assez caricatural sur la position de la droite et du centre vis-à-vis de la gauche. Je crois que la droite et le centre ont toujours eu un respect pour la social-démocratie et notamment une frange du parti socialiste. Je crois aujourd'hui ce qui... Ce qui indigne une partie de la classe politique républicaine, de la droite et du centre, ce n'est pas la gauche classique, la gauche républicaine. Ça, c'est la démocratie. Et depuis de nombreuses années, je dirais, il y a eu cette opposition politique qui s'est faite, je dirais, de manière respectueuse sur des sujets aussi bien sociétaux, des sujets économiques et autres. Je crois que ce qui a rallumé la mèche, c'est véritablement la position de la France Insoumise. Et même au sein du Parti Socialiste, on l'a vu. Mais sur quoi la position de la France Insoumise ? suite aux attentats du 7 octobre en Israël. On l'a vu avec des propos qui sont limite, à la limite de l'antisémitisme. Ça a été dénoncé par des gens de gauche également. Enfin, je veux dire, on l'a vu lors du débat de la primaire du Parti Socialiste.
Peut-être, mais on
est sur des propos assez limites. En tout cas, ce que je peux entendre en tant que téléspectateur ou en tant qu'auditeur, c'était dénoncé par certains... Mais quel est le rapport avec le mouvement
social et le fait qu'on raconte que la France Insoumise
est responsable des pillages ? La droite et le centre mettent sur le même pied d'égalité la gauche. La gauche et l'extrême droite. Ce qui est totalement faux, ce qui est mis sur le même pied par certains, ce sont les deux parties extrêmes, que ce soit LFI et le rassemblement. Ce sont pour moi deux parties extrêmes, l'extrême droite et l'extrême gauche. Vous
considérez que LFI est un parti républicain
C'est un parti républicain, il n'est pas interdit, tant qu'un parti n'est pas interdit. Tout à l'heure,
vous parliez de la gauche républicaine.
Je parle de la gauche républicaine, c'est ce que j'appelle pour moi la social-démocratie, représentée par aussi Raphaël Glucksmann, que M. Gage et autres, et une partie des écologistes, je le dis aussi bien évidemment. On peut considérer, et un exemple de Français le considère aussi, que LFI est un parti d'extrême-gauche. Je crois qu'on peut aussi le qualifier comme tel. Et je peux comprendre aussi que dans la classe politique, on met parfois sur le même pied d'égalité l'extrême-gauche et
l'extrême-droite. Oui, mais moi je ne peux pas le comprendre. Je ne peux pas le comprendre parce qu'il y a une différence. Ce n'est pas une différence d'échelle, c'est une différence de nature. Moi, je ne considère pas du tout que la France insoumise soit un parti d'extrême gauche. L'extrême gauche, ce n'est pas la France insoumise. La France insoumise, c'est un parti réformiste. Lisez leur programme, il n'y a pas de proposition d'extrême gauche dedans. On pourra refaire un débat sur ce qu'est l'extrême gauche. Il y a aujourd'hui deux, trois, disons deux candidats principaux qui sont factuellement antirépublicains en France, qui ont formulé des propositions qui consistent à détricoter les fondements de la République. C'est Marine Le Pen qui a porté, qui porte une proposition de référendum pour introduire la préférence nationale dans la Constitution française, ce qui est la négation de ce qu'est la République française. Et puis il y a Bruno Retailleau qui porte... un projet assez similaire et qui lui dit qu'il veut changer la Constitution pour qu'on puisse dédier le Conseil constitutionnel et donc violer la Constitution. Bruno Retailleau dit « Quand le Conseil constitutionnel nous empêche de passer des lois contraires à la Constitution, j'aimerais bien que les Français puissent lui dire directement que ce n'est pas possible. » Ça, et puis je mets évidemment Éric Zemmour dans le panel des candidats antirépublicains. Ça, c'est factuel. Et vous mettez Bruno Rotaillot dans
les candidats antirépublicains ? Ah oui,
tout à
fait.
Bruno Rotaillot est antirépublicain. Il s'attaque tous les jours à ce qui est le cœur du projet républicain, c'est-à-dire les valeurs fondamentales de la République française. Il souhaite construire un autre régime. Un régime dans lequel l'état de droit n'est plus le fondement de la démocratie. Un régime dans lequel les discriminations peuvent être légalisées. Donc oui, c'est un anti-républicain, comme Marine Le Pen, comme Éric Zemmour. Et la France insoumise n'a pas de propositions qui vont à l'encontre des valeurs républicaines, n'a jamais déposé d'amendements, de propositions de loi, n'a jamais voté des propositions antirépublicaines. Et donc, non, on ne peut pas dire ces deux extrêmes et les mettre sur un pied d'égalité. Quand on fait ça, on efface un repère fondamental. pour les citoyennes et les citoyens, entre ce qui est des adversaires politiques et des ennemis de la démocratie.
Vous les mettez réellement sur un même pied d'égalité ?
Aujourd'hui, ce que l'on peut voir dans notre société, c'est qu'on a quand même deux parties qui hystérisent notre société, qui sont la France Insoumise et le Rassemblement National. Mais un
cas très concret, deuxième tour, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, qu'est-ce que vous faites ?
Moi, ce n'est ni LFI ni RN. Et en tout cas, je ferai tout. Donc, il n'y aura pas de courant sanitaire ? Je ferai tout, en tout cas, pour qu'on n'arrive pas à ce second tour mortifère entre l'extrême gauche et l'extrême droite. Je peux aussi bien dénoncer les propos de M. Lissner lorsqu'il dit entre Mélenchon et Le Pen, je vote Le Pen. Moi, en tout cas, je ferai tout. Vous ne votez pas entre Mélenchon et Le Pen. Ah non, je ne fais pas de choix, je ne sais pas, franchement. Mais moi, l'objectif, c'est qu'on n'arrive pas à ce second tour mortifé entre ces deux candidats représentant deux parties, excusez-moi, d'extrémistes et qui sont là pour hystériser la société.
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