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Comme chaque mercredi, nous accueillons la présidente du syndicat de la famille, Ludivine Delarochère. Bonjour. Bonjour Alexandre. Alors aujourd'hui vous nous
parlez du Japon. Oui absolument, et je voudrais vous faire part d'un fait assez terrible qui concerne le Japon. Il s'avère qu'un nouveau produit d'assurance cartonne au pays du soleil levant. Et non seulement il cartonne, mais pire, il est désormais obligatoire pour toute location d'un logement. Ce produit consiste à assurer le nettoyage d'un logement dans lequel une personne est décédée sans que nul ne s'en rende compte. En effet, au-delà d'un mois après la mort de la personne, ce nettoyage représente un coût de 20 000 euros, d'où l'obligation qui s'impose désormais, qui montre à quel point au Japon on vit seul, on vieillit seul et on meurt seul. Cette solitude extrême est devenue un marqueur de la société japonaise, elle est devenue un énorme problème de société. Alors
de
quand date ce phénomène de société ? Alors c'est l'une des conséquences bien évidemment d'une natalité qui s'est effondrée depuis le début des années 70. Ce sont donc les générations nées vers 1950 qui ont commencé à avoir très peu d'enfants, puis les générations suivantes encore moins, au point de tomber à 1,14 enfants par femme et même 0,96 à Tokyo. Or, les générations des années 50 arrivent maintenant dans le grand âge. On parle donc depuis des années du problème démographique du Japon, mais ces conséquences explosent véritablement maintenant. Or, si nous revenons en France, nous sommes dans une situation inquiétante du point de vue démographique, mais il est encore temps d'agir. Il est encore possible de changer la donne et donc notre avenir. Mais il faut évidemment une volonté politique réelle, continue et ferme. Car si le fait de fonder une famille est un choix personnel, il n'en reste pas moins que l'action publique a une importance bien réelle en la matière. Solidarité de tout le corps social vis-à-vis des familles, respect du rôle éducatif des parents, Proposition d'un congé parental, temps partiel, universalité des allocations familiales, etc. Les mesures qui peuvent être prises et qui facilitent l'accueil de l'enfant sont nombreuses. Mais nos politiques en sont-ils capables ? Ont-ils des idées en la matière ? Nos politiques sont extrêmement créatives quand il s'agit d'inventer des droits nouveaux, de démultiplier les mesures législatives, allocatives et autres en faveur de telle ou telle partie de la population qui a leur faveur. Ils pourraient donc tout aussi bien mettre toute cette énergie, cette inventivité au bénéfice de la famille, de l'enfant et de l'éducation. C'est une question de volonté politique. Ensuite, le reste appartient au couple. Mais tiens donc, justement, pour fonder une famille, il faut un couple. Et si nos politiques réfléchissaient aussi à ce qui pourrait être favorable au couple ? Je veux dire, et si nous sortions des seuls droits individuels ? Et si nous sortions de la lutte des sexes ? Et si nous sortions de l'obsession égalitariste ? Et si nous réfléchissions à l'inverse en termes de solidarité les uns vis-à-vis des autres ? Et si nous réfléchissions enfin à ce qui est favorable à des relations hommes-femmes apaisées ? Et si nous considérions le couple et sa stabilité ? Et si nous parions à l'école, à nos enfants, non pas en termes de guerre des sexes, mais au contraire en termes d'altérité et de complémentarité hommes-femmes ? Et si nous leur parlions un peu plus, en termes de confiance, de soutien mutuel, de solidarité et même d'engagement, ce gros mot, de durée et de fidélité. Bref, vous m'avez compris, la question va au-delà des seules mesures de politique familiale. Évidemment, elle est un état d'esprit, elle est culturelle. Et un état d'esprit ne se décrète pas, il dépend de toute une société. Si, si, là encore nos politiques peuvent très bien faire, en tout cas s'ils le veulent. C'est par la loi par exemple que l'on a incité les français à toujours plus d'individualisme. C'est par la loi qu'on a fragilisé le couple et la famille. Avortement toujours plus libéralisé, création du Pax, déni de la finalité du mariage par son ouverture au couple de même sexe, baisse du quotient familial, fin de l'universalité des allocations familiales, PMA pour les femmes seules, invention de filiation invraisemblable, autoconservation des gamètes pour remettre la maternité au calendre grec. Par tous les aspects, on a cassé le couple, fragilisé le mariage. oublier l'enfant, abandonner la famille. On a été en clair contre l'idée que fonder une famille, c'est une bonne nouvelle et un grand projet de vie. Mais nos politiques ne sont pas les seules en cause, car nous sommes électeurs et nous pouvons faire les bons choix quand nous mettons nos bulletins de vote dans l'urne. Et comme critère de choix, nous avons clairement intérêt aujourd'hui à nous intéresser d'abord et avant tout à leur état d'esprit et à leur proposition pour ce qui concerne la famille et la société. Et nous sommes aussi citoyens, c'est-à-dire en mesure de réfléchir à ces enjeux, de nous y intéresser, mais également d'éduquer nos enfants dans le bon sens, d'en parler autour de nous, de faire campagne sur les réseaux sociaux, d'écrire à nos politiques, de signer des pétitions, d'adhérer à des associations qui défendent la famille, comme le syndicat de la famille. Oui, chacun d'entre nous a bien des manières d'intervenir et de contribuer à faire entendre l'urgence extrême d'un changement de paradigme pour la famille, pour la natalité. Et
on sait à quel point vous portez ces combats, Ludovine Delarochère. Merci beaucoup pour cette chronique. Et bien sûr, on vous retrouve la semaine prochaine, ici, sur l'Union de Droite. Merci Alexandre.
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