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Maïa, bonjour à tous, bienvenue dans les 4 vérités. Mon invité aujourd'hui est le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barraud. Bonjour Jean-Noël Barraud. Bonjour. On va parler d'abord des élections en Israël où c'est au coude à coude actuellement entre Benhamid Netanyahou et Gadi Heisenkot. Même s'il y a un léger avantage au cours des dernières minutes pour Benhamid Netanyahou, quoi qu'il en soit, Israël entre dans une période d'instabilité politique. Pour la diplomatie française, c'est une période compliquée qui arrive ? Non, parce que notre cap est très clair et notre position est inchangée. 'agissant des élections, il faut quand même attendre la fin du dépouillement, puisqu'on est à 50% des bulletins dépouillés. Et ensuite, effectivement, il appartiendra au président d'Israël de désigner celui qui sera chargé de former un gouvernement. En clair, que ce soit l'un ou l'autre, ça ne change rien pour vous. Que ce soit Benjamin Netanyahou ou Gadi Heisenkot, ça ne change rien. Notre cap ne variera pas. Ce que je relève en tout cas, c'est-à-dire que ce que nous souhaitons, c'est la sécurité pour Israël, mais c'est aussi... la perspective de deux États vivant côte à côte, reconnus et respectés dans leurs droits, en paix et en sécurité. La solution à deux États. Ça risque d'être plus facile, j'allais dire, avec Gadi Aizenkot qu'avec Benhamid Netanyahou. Mais ça ne changera pas notre cap, quoi qu'il arrive. Oui, mais ce sera plus facile avec l'un qu'avec l'autre, non Vous savez, il faut laisser les choses se faire. Il faut prendre que les gouvernements que les peuples vous donnent, c'est ainsi que nous procédons, c'est ainsi que nous travaillons et c'est ainsi que nous allons le faire. Donc que ce soit l'un ou l'autre, ça ne change rien pour la diplomatie française ? Vous savez qu'en Israël, ce sont des coalitions qui doivent se former. Et ce que je relève s'agissant de cette élection, c'est d'abord le taux de participation record. Le peuple israélien avait quelque chose à dire. Et la deuxième chose, c'est le score des partis arabes, qui atteignent des scores historiques, puisqu'on oublie souvent de rappeler qu'en Israël vivent 20% de citoyens arabes. Et donc, quelle conclusion vous en tirez ? J'en tire que cela va sans doute peser dans les choix qui seront ceux du futur gouvernement, car il y aura une force nouvelle au Parlement, ou en tout cas une force plus importante, formée par les pays arabes. Notamment pour les territoires palestiniens, notamment ? Notamment, mais pas seulement. C'est là que vous avez des espoirs, éventuellement, en disant les partis arabes qui arrivent. Vous savez, je n'ai ni inquiétude ni espoir. J'ai de la détermination. Parce qu'il n'y a pas d'autre solution que la solution à deux étapes pour que la paix et la stabilité puissent être instaurées dans cette région. En septembre, vous annonciez que la France allait cesser le commerce avec les colonies israéliennes illégales situées en Cisjordanie. Ça, on est où, cette histoire ? D'abord, pourquoi est-ce qu'on a pris cette décision ? C'est parce qu'il se passe en Cisjordanie et tout simplement révoltant. On assiste à une explosion des violences, à une accélération effrénée de la colonisation. Et depuis la fin septembre, c'est la... C'est la période de la cueillette des olives, qui est une période agricole importante en Palestine, pendant laquelle les colons terrorisent les agriculteurs de Palestine. Qu'est-ce qui a été fait depuis ? Nous avons pris cette décision avec 11 autres pays. Et mon souhait, bien sûr, puisque c'est une compétence européenne, c'est que l'Europe puisse en tirer les mêmes conclusions. Mais pour l'instant, il n'y a rien de changé. Il y a des discussions avec nos partenaires. Il y a une proposition de loi qui a été déposée à l'Assemblée nationale. Par les socialistes ? Par les socialistes, mais pas seulement. Et avec d'autres groupes parlementaires ? Avec d'autres groupes parlementaires, dont le Modem en particulier. Et nous échangeons avec eux. Il y a plusieurs modalités, si ce n'est pas l'Europe qui devait prendre cette décision, et nous les examinons en ce moment. Donc la proposition de loi déposée par le PS en l'occurrence, ça vous aiderait si elle était adoptée ? 'est une des modalités pour parvenir à l'objectif. En France, de nouvelles manifestations sont prévues samedi et le 5 novembre. Les images de manifestants, de blocages, de pillages tournent dans le monde entier, vous imaginez bien, vous le savez. Ça affaiblit-il la crédibilité de la France à l'étranger ? Ce qui est certain, c'est que ces images, comme très souvent lorsqu'il se passe quelque chose dans notre pays, sont récupérées, déformées. et amplifié par tous ceux qui veulent nuire à l'image de la France à l'étranger. Et c'est le cas de mouvements qui viennent des États-Unis, parfois d'Israël, parfois d'Iran, parfois de Russie, bien sûr. Ce qu'on a vu, en l'occurrence, c'est la multiplication de messages sur les réseaux sociaux qui attribuent à l'immigration massive ou à l'islam radical les manifestations qui se sont déroulées. Alors ça vient d'où ça ? Ça vient, je vous le dis, de ceux qui veulent nuire à l'image de la France en exploitant. C'est très simple. Ce sont des rivaux, des compétiteurs ou tout simplement... viens de vous le dire. Des mouvements qui viennent des États-Unis, d'Israël, c'est la Russie, c'est parfois la Chine qui veulent nous affaiblir, ternir notre image à l'étranger, qui récupèrent des événements qui se produisent dans notre pays, qui les déforment et qui racontent leur propre histoire sur la France. Mais c'est vraiment important ce mouvement sur les réseaux sociaux ? Ou c'est marginal ? Non, c'est très simple. Quand on fait l'analyse de ce qui s'est dit sur les manifestations, les événements de ces dernières semaines en France, deux tiers des contenus qui évoquent les questions d'immigration proviennent de l'étranger. Alors qu'on sait bien que les origines de ce à quoi on a assisté dans d'autres pays sont tout à fait différentes. Mais c'est comme d'habitude, et il faut en être conscient, parce que c'est ce qu'il se passe sur les réseaux sociaux, des récits, des histoires qui ont vocation à nous nuire et qui sont écrites. qui sont rédigés et diffusés par des adversaires ou des compétitifs. Face à ça, le gouvernement veut restreindre l'accès à certains réseaux sociaux pendant les manifestations, qui sont accusés, donc vous disiez, de propager les actions violentes sur les réseaux sociaux. Donc vous dénoncez les ingérences étrangères. Mais la loi, c'est une loi qui va être une loi française pour interdire, j'allais dire, ou limiter les réseaux sociaux pour les Français. Donc ça veut dire que vous ne pouvez pas agir directement contre ces pays. Alors, il ne faut pas tout mélanger. Ce que j'ai évoqué, c'est l'amplification. déformation au fin de nous nuire par des rivaux, des adversaires de ce qui se passe dans notre pays. Face à ça, nous agissons en ripostant de plus en plus vigoureusement, mais aussi en développant, en tout cas c'est ce que nous faisons au ministère des Affaires étrangères, des récits sur la vérité de ce qu'est la France, de ce qu'elle pense, de ce qu'elle fait à travers le monde. Et évidemment, la destination, ce sont les audiences étrangères pour contrer en fait ces récits qui nous font beaucoup de mal à l'étranger. Ensuite, il y a la propagation sur les réseaux sociaux de contenus illicites qui appellent au pillage, à la violence. Et cela, ça appelle la part du gouvernement, c'est la décision qui a été prise hier soir au Sénat, de pouvoir beaucoup plus rapidement obtenir des plateformes qui retirent ces contenus. Un appel au pillage, il est retiré. Donc, à défaut d'agir sur les pays, même si vous le faites, vous le disiez, mais c'est plus compliqué. Non, je dis attention, il ne faut pas mélanger les choses. Vous avez des messages sur les réseaux sociaux qui disent « Regardez, la France est perdue, elle est décadente, etc. » Nous ripostons, c'est notamment le rôle du Quai d'Orsay. Et ensuite, vous avez des messages qui peuvent provenir de la France, qui appellent au pillage, aux dégradations, aux violences. Ces contenus-là, ils doivent être retirés d'où qu'ils viennent. La préoccupation des Français, en ce moment, c'est le prix des carburants. La semaine dernière, Emmanuel Macron est allé au Moyen-Orient pour négocier des livraisons de diesel supplémentaires en provenance de Bahreïn ou des Émirats arabes unis. Est-ce que vous pensez que ça va vraiment permettre de faire baisser les prix à la pompe ? Ce qui est sûr, c'est que ça va sécuriser nos approvisionnements en diesel. 300 000 tonnes par mois de diesel, vous l'avez dit, Bahreïn, Émirat, Arabie Saoudite, c'est un peu plus de 10% de notre consommation mensuelle. Et donc ça nous met à l'abri de toute forme de pénurie, si je puis dire, de diesel. Pas forcément d'augmentation des prix. Oui, mais les prix, ça vient d'où ? Eh bien ça vient de cette guerre qui n'est pas la nôtre, de ce blocage du détroit d'Hormuz. Et donc notre présence dans la région, l'action du président de la République, c'est de... c'est de trouver la sortie de crise pour faire baisser la pression sur les prix. Un dernier mot, vous êtes vice-président du Modem, on est à six mois de la présidentielle, il n'y a toujours pas de candidat évident dans le bloc central. Il y en a trop. Il y a urgence à trouver un accord ? Il y a urgence à identifier un candidat qui pourra représenter nos valeurs, qui pourra porter nos couleurs. Mais n'oublions pas qu'il n'y a pas que l'élection présidentielle dans la ville, il y a les élections qui suivront et qui seront tout aussi importantes, les élections législatives auxquelles il faut également nous préparer. Merci Jean-Noël Barraud d'avoir accepté notre invitation dans les cas de vérité où vous êtes venu me dire aujourd'hui que vous attendez évidemment le résultat définitif des élections en Israël. A vous Maya.
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