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Merci d'être présent pour cette conférence de presse que j'ai souhaité pour présenter la stratégie économique de mon projet pour la France et de ma campagne présidentielle. À un moment où on le voit, l'actualité est très largement dominée par la gestion d'un certain nombre de crises. Je suis absolument convaincu. que cette campagne présidentielle doit aussi être l'occasion d'aborder du plus long terme, de présenter des stratégies profondes, structurantes pour notre pays, notamment sur les questions économiques qui sont absolument majeures. Et je le dis ici, de le faire y compris alors que le budget est examiné, y compris dans ce débat budgétaire, et je remercie notamment Paul Midi qui est à mes côtés, qui est aussi vice-président du groupe à l'Assemblée en charge des questions budgétaires, y compris dans ces débats budgétaires. Les questions de stratégie économique passent relativement au second plan, ce que nous déplorons. On avait fait un petit calcul. Dans les débats budgétaires du PLF pour 2026, les mots « taxes » et « impôts » ont été prononcés 3 250 fois, contre seulement 282 pour les mots « croissance » et « innovation ». Or, sans croissance, on ne pourra ni augmenter durablement les salaires, ni financer notre modèle social, ni préparer l'avenir. Et je regrette qu'y compris dans ces débats budgétaires, finalement, la question de savoir comment est-ce qu'on fait grossir le gâteau est très largement éludée par les débats, au profit du seul débat sur le partage d'un gâteau, comme s'il ne pouvait plus grossir et comme si la question de la stratégie de croissance et de prospérité économique passait au second plan. C'est aussi la nécessité de donner un cap, au moment évidemment où une crise de la dette est en train de poindre. Les taux d'intérêt sont à près de 5% et on le voit, la perte de confiance de nos créanciers nous pend au nez. La question, et ça me frappe quand on échange avec des économistes aujourd'hui, pour eux n'est plus de savoir s'il va y avoir une crise de la dette, mais quand est-ce qu'elle va se tenir avant ou après l'élection présidentielle. Moi je le dis ici, ma conviction c'est que la France ne retrouvera pas la confiance, y compris la confiance de ses créanciers, la confiance des marchés. Elle ne retrouvera pas de prospérité, de puissance. sans s'interroger profondément sur son modèle économique et sur sa stratégie économique pour les années à venir. Ma première conviction et le premier constat que je fais, c'est que notre modèle économique est à bout de souffle parce qu'il nous soumet durablement aux crises qui regardent quasi exclusivement vers le passé, sans plus préparer l'avenir et parce qu'il nous condamne à une croissance et donc à des salaires faibles. On le voit aujourd'hui, la France est affaiblie par les crises qu'elle subit et elles sont multiples. Je pense évidemment au retour de la guerre au cœur de l'Europe avec les conséquences inflationnistes que nous connaissons depuis 2022. Je pense à la compétition entre les continents puissances, les Etats-Unis, la Chine, qui cherchent chacun à sécuriser les approvisionnements stratégiques pour leur économie et notamment en ressources rares. Je pense à l'inondation de nos marchés par des produits chinois, notamment dans les technologies d'avenir, avec une véritable volonté d'asphyxier les industries européennes. Je pense au dérèglement climatique qui nous impose de devoir transformer nos modes de production, notre consommation d'énergie. Je pense à la révolution de l'intelligence artificielle qui, on le voit, modifie déjà. très largement et considérablement le travail, mais aussi peut décupler notre potentielle productivité. On ne réussira rien sans l'IA, et la France doit impérativement en prendre la mesure et investir massivement en la matière. C'est d'ailleurs pour ça que je me rendrai juste après cette conférence de presse dans les locaux de Mistral-Ai. Je suis le seul candidat à avoir placé l'IA au cœur de mon projet présidentiel et je remercie donc Arthur Mench de m'ouvrir les portes et de m'accueillir dans son entreprise ce matin. Dans ce contexte, on le voit de changements profonds et de crises, notre modèle n'arrive plus à encaisser les chocs et on subit les crises au lieu de pouvoir les anticiper et de prendre un temps d'avance. Au-delà de ces crises exogènes qui viennent de l'extérieur, on fait aussi face à une crise interne avec un modèle à bout de souffle qui a sacrifié l'avenir au présent. Je l'ai dit dès ma déclaration de candidature à l'élection présidentielle. Je considère que nous sommes restés jusque-là bloqués dans un modèle qui consacre l'essentiel de son énergie, l'essentiel de ses ressources à s'occuper du présent et du passé. et très peu, voire pas du tout à investir dans l'avenir. La conséquence, c'est qu'on a une croissance économique à tonnes, 1% de croissance par an en moyenne depuis 20 ans, qui est massivement tirée par la consommation plutôt que par la production et par l'investissement. L'autre conséquence, c'est un ralentissement dans les gains de productivité. Moins d'innovation, moins de diffusion de l'innovation dans les entreprises, une addiction à des déficits publics qui sont structurellement excessifs et qui par ailleurs ne stimulent même plus la croissance. Il y a des pays qui ont recours à des déficits très importants, mais ce qui permet de stimuler la croissance et qui ont à côté de ça une croissance importante. Nous on a à la fois les déficits, mais une croissance faible. Et puis des dépenses sociales, notamment de retraite. qui aspire une grande partie de nos dépenses au détriment des investissements d'avenir. J'avais donné un chiffre au moment de ma déclaration de candidature. En part de la richesse nationale ces 30 dernières années, les dépenses de retraite ont augmenté de 20%. Les dépenses d'éducation et de recherche ont baissé de 15%. La conséquence de tout ça, c'est évidemment la dépendance et l'appauvrissement relatif de la France et de l'Europe par rapport aux autres grandes puissances. Il y a une dépendance persistante aux fossiles, des ressources qui sont non renouvelables et importées, qui nous placent dans les griffes de puissance exportatrice. On importe 99% de notre pétrole, 98% de notre gaz. La dépendance numérique, on est entre les mains notamment des Américains. par nos outils numériques. 70% du cloud européen est aux mains d'Amazon, Google ou Microsoft. L'appauvrissement des Européens par rapport aux Américains, on le voit aujourd'hui, c'est ce qui explique un décrochage très important des salaires en Europe par rapport aux salaires américains. Je rappelle que le revenu disponible des Américains dépasse de 56% celui des Européens. Pourtant, l'Europe a des chercheurs. Elle a des atouts, elle a des talents, mais elle peine à faire émerger ses propres champions technologiques. L'Europe et le Royaume-Uni compris ne représentent qu'environ 10% des technologies mondiales émergentes, alors qu'elles représentent 20% de l'économie mondiale. Ma conviction, c'est qu'au XXIe siècle, plus que jamais, la puissance politique dépend de la puissance économique qui elle-même dépend de la puissance technologique. Et les pays qui ne seront pas... à l'avant-garde de l'innovation, ne seront pas libres. Ils se verront tout imposés par les continents puissants, ce que sont les États-Unis et la Chine, par ceux qui maîtrisent les nouvelles technologies et le risque, j'ai déjà eu l'occasion de le dire. C'est qu'on se retrouve totalement colonisés par les Américains et les Chinois, s'agissant de l'innovation et des technologies, et que les générations à venir, finalement, n'aient de choix que de travailler dans des secteurs qui consisteront à accueillir des touristes américains et chinois. Évidemment, on sera toujours très fiers d'avoir une industrie touristique vivante et puissante en France, mais on a aussi besoin, évidemment, de maîtriser l'innovation. Cette dépendance, si elle se poursuit, c'est le chemin de la pauvreté à long terme pour les Français et pour les Européens par rapport aux grandes puissances mondiales. Il faut un changement de modèle radical, passer d'une économie de consommation et de régulation à une économie de production, d'innovation et de planification. La priorité pendant des décennies, ça aura été de réguler la concurrence, de défendre le marché unique, mais en cela d'oublier totalement au niveau européen de faire émerger ses propres géants et donc de réguler une économie pour essayer quelque part d'affaiblir la part des géants qui viennent d'autres puissances. à défaut de réussir à faire émerger nous-mêmes nos propres géants. La régulation est évidemment nécessaire, mais elle ne peut pas tenir lieu de politique économique. Le sujet aujourd'hui ne doit pas être de se demander comment et quand et à quel point on doit réguler, mais comment on fait pour faire émerger des champions en Europe et en France. Et donc l'enjeu, c'est de faire de l'innovation le cœur de notre politique économique, industrielle et budgétaire. Encore une fois, je le redis ici parce que l'innovation conditionne notre prospérité et donc la progression du niveau de vie. C'est par l'innovation qu'on fera monter les salaires et parce que l'innovation conditionne notre puissance et notre indépendance. Et donc, ma conviction, c'est qu'il faut construire pour la France un capitalisme de l'innovation. Et pour ça, il faut assumer un choix philosophique clair. Moi, je suis favorable au marché. Je crois à la politique de l'offre, je défends bec et ongle la compétitivité de notre économie et je n'ai jamais eu peur de revendiquer et d'assumer mon libéralisme économique. Je crois qu'aucun autre modèle ne permet véritablement de sortir beaucoup de monde de la pauvreté et d'améliorer fortement les conditions de vie. Cela nécessite aussi de réinterroger la notion de rentabilité. La rentabilité, c'est évidemment important, mais c'est... insuffisant parce que ça nous empêche de relever un certain nombre de défis et de nous poser les bonnes questions sur la puissance française et européenne. Je crois qu'il faut sortir du capitalisme financiarisé tel qu'il s'est imposé depuis les années 70 et qui ne mesure le succès qu'à l'aune du rendement financier. Parce que c'est ce qui a conduit à diriger un certain nombre d'investissements européens, et en réalité une grande partie des investissements européens, vers le financement de l'économie américaine pour aller y chercher une rentabilité financière. Je défends l'élargissement de la notion de rentabilité, évidemment à la rentabilité économique, qui est centrale, mais aussi aux conséquences sur l'indépendance de notre économie, à la création d'emplois en France et en Europe, à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre et au respect de nos normes sociales. Je crois que la grande illusion économique de ces 30 dernières années, ça a été de croire qu'en laissant faire, sans rien planifier, on parviendrait à défendre l'intérêt général. Sur ce capitalisme de l'innovation, je défends deux piliers. D'abord, innover, je le redis ici parce que c'est bon pour les salaires. Il a été établi dans une étude que si la productivité française avait connu la même croissance que la productivité américaine ces 30 dernières années, le salaire médian français ne serait pas de 2200 euros net par mois comme aujourd'hui, mais de 3300 euros net par mois, 50% de plus. Simplement si la productivité française avait... augmenter comme la productivité américaine ces 30 dernières années. Et pourquoi est-ce que la productivité américaine a davantage cru que la nôtre ? Parce qu'ils ont maîtrisé l'innovation, parce qu'ils ont été leaders dans la révolution du digital et parce qu'ils ont réussi à diffuser ces nouveaux outils numériques dans leur économie, ce que nous n'avons pas réussi à faire en France et en Europe depuis 30 ans. C'est donc bon pour les salaires, c'est bon pour la croissance. La croissance américaine, elle a aussi été tirée évidemment par l'innovation. Elle a été plus du double de celle de la France ces 20 dernières années. 2,5% de croissance par an en moyenne aux États-Unis contre 1% en France ces 20 dernières années. Et puis c'est bon l'innovation pour notre indépendance, parce que je le redis ici, si on ne maîtrise pas l'innovation et les nouvelles technologies. On est dépendant et on assume et on accepte d'être dépendant durablement d'autres puissances qui n'ont pas les mêmes valeurs et les mêmes intérêts que nous. Donc le premier pilier, c'est innover. Le deuxième pilier, c'est planifier. Et donc assumer une intervention publique forte dans les secteurs d'intérêt vital et les technologies qui feront la prospérité des nations au XXIe siècle. Assumer une stratégie dans des secteurs précis, comme le général de Gaulle l'avait fait, comme les États-Unis et comme la Chine. le font depuis des décennies. La Chine a construit une filière de véhicules électriques en versant plus de 230 milliards de dollars à cette filière entre 2009 et 2023. Les Etats-Unis sont à la frontière technologique sur le spatial grâce à une politique de commande publique massive, 2,6 milliards de dollars rien qu'à SpaceX en 2014. Donc si on veut parvenir à cette politique du capitalisme de l'innovation, en innovant et en planifiant, je crois qu'il faut assumer trois ruptures par rapport à ce qui a été fait ces dernières années et par rapport à notre modèle. D'abord une rupture institutionnelle. Il faut créer un cadre simplifié, stable. et favorable à la croissance. Ça passe évidemment par le rétablissement des comptes publics, qui est une condition de la croissance et de la souveraineté. Il n'y aura pas de croissance économique durable, sans institutions stables, sans confiance et sans visibilité pour les entreprises. La dégradation de notre situation budgétaire et financière, ce n'est pas qu'un problème comptable, ce n'est pas qu'un problème de déficit budgétaire. Ça pénalise durablement nos entreprises, notamment dans leurs conditions de financement pour investir et pour innover. Je ne reviens pas sur le détail de ce que je propose, vous le savez, je propose une trajectoire claire, j'ai déjà fait une conférence de presse sur le sujet, avec un frein d'urgence de 20 milliards d'euros dès l'été 2027 et un plan d'économie de 150 milliards d'euros sur le quinquennat 2027-2032, encore une fois pour rétablir nos comptes et repasser sous les 3% de déficit. Donc le deuxième enjeu dans cette rupture institutionnelle, c'est de briser... la vétocratie qui s'est installée est simplifiée massivement. Il faut un choc massif de simplification. Et je le dis ici, beaucoup d'acteurs économiques, je le mesure quand j'échange avec eux et quand je me déplace sur le terrain, ne croient même plus à la simplification quand ils entendent les politiques en parler, tellement cet objectif-là et cette promesse-là a été déçu. Et c'est probablement, du point de vue des acteurs économiques, une des promesses les plus déçues des deux quinquennats qui viennent de s'écouler. On a un coût d'énorme qui est aujourd'hui évalué entre 60 et 100 milliards d'euros annuels. Je fixe un objectif qui est de supprimer un quart de la charge administrative. Ce sera un gain attendu de 20 milliards d'euros par an pour les entreprises et un effet sur la croissance à terme qui est évalué à 0,7% à terme. Pour ça, je fixe par ailleurs un cadre, une loi de stabilité fiscale et normative pour 10 ans, qui serait votée dès l'été 2027, avec une trajectoire stable d'ici à 2037, à la fois sur la fiscalité et sur les normes. Je propose par ailleurs, vous le savez, un certain nombre de réécritures massives de nos législations, notamment pour ce qui est du code du travail, puisque je propose de le remplacer par une constitution du travail. de grands principes, de quelques dizaines de pages, en renvoyant le reste à la négociation dans les branches et dans les entreprises. C'est ce qui existe dans un certain nombre de pays qui, par ailleurs, sont plus performants économiquement que nous. La troisième rupture institutionnelle que je crois absolument impérative, c'est de fonder les États-Unis d'Europe. Aujourd'hui, on a un marché unique, mais il demeure totalement fragmenté, avec des droits économiques différents, des fiscalités différentes, une absence de préférence européenne. Cela a été évalué par le FMI. Les barrières non tarifaires entre les pays de l'Union européenne équivalent à 45% de droits de douane sur les biens et à 110% de droits de douane sur les services. Ces obstacles évidemment qui pénalisent les entreprises européennes, qui les empêchent d'atteindre une taille critique et qui ne font que favoriser les Américains et les Chinois. Donc mon projet c'est de fusionner nos économies autour d'un noyau dur de pays européens volontaires, rejoints évidemment par la suite par d'autres nations, avec un certain nombre de projets centraux au cœur de ce fédéralisme économique, l'union des marchés de capitaux essentielle. pour financer nos start-up et nos entreprises. Aujourd'hui, c'est plus simple pour un assureur allemand d'acheter des bons du trésor américain que de financer une entreprise française ou espagnole, parce qu'on a 27 régulateurs différents, 27 régulations différentes, 27 législations différentes, et il faut évidemment converger vers une union des marchés de capitaux. La convergence de nos principaux taux d'imposition et de leurs assiettes, la création progressive d'un droit des affaires commun et l'intégration des régulations. bancaire et l'émergence de grands opérateurs européens de télécommunications. Ce sera, ces Etats-Unis d'Europe, évidemment un gain de croissance attendu considérable selon les estimations qui ont été faites par la BCE et le FMI. Si on abolit les barrières non tarifaires entre les pays de l'Union européenne, ça pourrait générer entre 1,3% et 3% de PIB supplémentaires. soit 40 à 90 milliards d'euros de richesses supplémentaires pour la France. Et puis par ailleurs, l'objectif c'est de mettre l'épargne européenne au service de l'économie européenne. Environ 300 milliards d'euros d'épargne européenne sont investis chaque année hors de l'Union. principalement aux Etats-Unis. C'est le problème que j'évoquais tout à l'heure avec l'absence d'union des marchés de capitaux. Le rapport Draghi évalue nos besoins d'investissement supplémentaires à 750-800 milliards d'euros par an. L'Europe dispose de l'épargne nécessaire pour financer son avenir, mais elle finance aujourd'hui largement la croissance des autres, et notamment la croissance des Américains. Et donc, il faut réussir. à achever ce grand projet d'une économie commune. Nos grands-parents ont fait le marché commun, nos parents ont fait la monnaie commune. Notre génération doit faire l'économie commune autour d'un noyau dur de pays européens, ce qui est une condition absolue pour notre prospérité et pour l'augmentation des salaires des Français. Donc ça c'est la première rupture essentielle qui est une rupture institutionnelle. La deuxième rupture essentielle c'est une rupture productive. Le constat c'est qu'en perdant une partie de notre tissu productif depuis plusieurs décennies, la France a perdu la capacité à maîtriser l'innovation, la qualité de l'emploi et la progression des salaires. Et donc il faut retrouver une économie fondée sur la production plutôt que sur une croissance alimentée principalement par la... par la consommation et par les déficits. Pour ça, j'identifie trois leviers, l'école et la formation, la mobilisation des capitaux et le travail. La première urgence, donc, dans cette rupture productive, c'est de mettre l'école et la formation au centre de tout. Il y a un concept qui est né dans les années 2010 aux États-Unis, qui est celui de la prédistribution. Je crois beaucoup à cette idée-là. Parce que derrière ce mot se cache une idée qui est simple, plutôt que de courir après les inégalités en tentant de les corriger à coût de subventions et de taxes, il faut mieux les éviter à la racine, faire en sorte que notre modèle offre à chacun la liberté d'agir et de n'être jugé que sur son travail et son talent, plutôt que de redistribuer inefficacement derrière. Cette prédistribution, ça sera l'un des objectifs majeurs. de ma politique économique, de prospérité et de redressement pour notre pays. Ça veut dire que l'humain doit être au cœur de notre stratégie et plus encore sa formation. Le redressement de l'école et de l'enseignement supérieur doit être une priorité autant économique qu'éducative. Évidemment que c'est un enjeu éducatif majeur. Mais enfin, on le voit, les États-Unis, la Chine, les grandes puissances ont bien compris que pour maîtriser les technologies de demain et donc pour maîtriser le rapport de force dans un monde de plus en plus compétitif fait de continents puissances, Il faut maîtriser la capacité à produire des ingénieurs, produire des scientifiques qui sont en capacité d'inventer et de maîtriser l'innovation. Et donc il faut relever le niveau scolaire en France, c'est un sujet que je porte depuis longtemps, vous le savez, je l'ai porté comme ministre de l'Éducation nationale, comme Premier ministre, j'ai fait un certain nombre de propositions sur le sujet, en assumant que c'est aussi un enjeu économique et que ce n'est pas qu'un enjeu éducatif. 10 points gagnés au classement PISA pouvaient générer 0,2 points de croissance par an, c'est-à-dire 75 milliards d'euros de PIB supplémentaires au bout de 15 ans. juste en élevant le niveau de nos élèves à l'école et en remontant dans les classements PISA. Donc c'est très concret et on peut faire le lien immédiat entre notre politique éducative et notre politique économique. La deuxième urgence, après cette urgence éducative et de formation, c'est d'orienter massivement l'épargne vers la production et vers l'innovation. Il y a un paradoxe en Europe, on a beaucoup d'épargne. mais pas assez d'investissements productifs. Je redis, le rapport Draghi a établi à 750 à 800 milliards d'euros le besoin d'investissements supplémentaires par an en Europe. On a 300 milliards d'euros d'épargne européenne qui partent chaque année vers des économies extérieures à l'Union européenne, notamment les États-Unis. En France, près d'un quart des sommes placées auprès des intermédiaires financiers. c'est-à-dire environ 1 100 milliards d'euros financent des économies extérieures à la zone euro. Et donc, l'objectif, pour moi, doit être très clair, l'Europe doit offrir à l'épargne des Européens des débouchés dans les entreprises européennes. Pour ça, je propose d'utiliser la commande publique comme instrument de politique industrielle. La commande publique, c'est 233 milliards d'euros en France en 2024, c'est-à-dire 8% du PIB. C'est 2 500 milliards d'euros à l'échelle européenne. Vous voyez bien que si on assume une préférence européenne dans les achats publics, comme l'ont fait les Etats-Unis, évidemment que ça fera monter en gamme notre industrie, notre économie et l'innovation. Moi, je veux qu'on passe en France et en Europe, mais notamment en France, d'une logique de la subvention à une logique du contrat. On fait beaucoup de subventions en France, on subventionne des entreprises. Mais le problème c'est que la subvention, ça ne crée pas de chiffre d'affaires pour l'entreprise, ça ne lui permet pas de lever des fonds privés à côté. Les américains l'ont bien compris, eux ils font essentiellement des contrats. Ce qui permet aux entreprises de grandir, de lever des capitaux privés en ayant reçu des contrats de l'État fédéral américain. SpaceX ne serait jamais devenu SpaceX sans les commandes de la NASA et du département d'État américain. Il faut qu'on fasse la même chose en France. Deuxièmement, développer la capitalisation pour financer l'économie française et européenne. Vous savez que je défends l'idée d'un nouveau système de retraite dans lequel la capitalisation a une part très importante. Je le fais à la fois pour des raisons de dépenses publiques, pour des raisons d'amélioration du niveau de vie et du niveau des pensions en France, mais je le fais aussi pour des raisons économiques. Si les États-Unis ont réussi à faire émerger des champions, c'est parce qu'ils ont des fonds de pension pour investir dans leurs start-up et dans leurs entreprises. Et s'ils ont des fonds de pension, c'est parce qu'ils capitalisent pour leur retraite, en refusant la capitalisation, en en faisant un tabou. On se prive de la possibilité d'avoir des fonds de pension qui investissent dans des entreprises françaises et européennes. Je ne reviens pas dans le détail absolu de ce que je propose sur les retraites et la retraite par capitalisation, mais vous le savez, je propose notamment... Qu'il y ait 50% de l'intéressement et de la participation versée par les entreprises chaque année qui soit désormais fléchée vers un plan épargne-retraite. Et je propose qu'il y ait désormais à chaque naissance en France, 1000 euros placés par l'État sur un plan épargne-retraite pour chaque bébé qui naît en France, avec la possibilité pour les parents et les grands-parents. d'abonder ce plan épargne-retraite jusqu'aux 18 ans de l'enfant en défiscalisant, et ensuite pour chaque individu de pouvoir l'abonder lui-même ou pour son entreprise de l'abonder tout au long de sa vie, ce qui encore une fois fera grossir très rapidement les capacités de financement qu'on aura pour le non-coté pour le long terme grâce à la capitalisation. La troisième urgence dans cette rupture productive, c'est de travailler tous, de travailler mieux et de travailler pour plus, c'est-à-dire pour plus de salaire. On a encore un taux d'emploi en France qui est de 69,5% contre 77,7% en Allemagne. Si on avait le même taux d'emploi en France qu'en Allemagne, c'est-à-dire la même part de notre population qui travaille, on aurait... beaucoup moins de problèmes économiques et beaucoup moins de problèmes de finances publiques parce que les recettes supplémentaires liées à l'augmentation de notre taux d'emploi évidemment permettraient d'équilibrer en partie nos comptes. On sait que le problème c'est qu'on a une population qui rentre plus tard dans le marché du travail et qui en sort plus tôt. Et donc encore une fois l'objectif ça doit être... d'augmenter le taux d'emploi en France pour l'aligner progressivement sur ce qu'on constate chez notre voisin allemand. Ça veut dire qu'il faut se fixer pour objectif d'avoir 2 millions d'actifs supplémentaires à l'horizon 2042. Ça fait loin, mais c'est évidemment des politiques de long terme. Ça serait un potentiel d'environ 8% de PIB supplémentaires, des recettes supplémentaires, comme je le disais il y a un instant. Pour ça, je crois qu'il faut assumer de réformer les incitations à l'emploi. Vous savez que je défends une réforme de l'assurance chômage que j'avais préparée avec mon gouvernement, qui était prête à entrer en vigueur en juillet 2024, qui malheureusement n'a pas pu entrer en vigueur du fait de la dissolution, avec une réforme qui permettrait non seulement de faire des économies, mais aussi, puisque ça a été chiffré, de créer jusqu'à 100 000 emplois nets et de réaliser 5 milliards d'euros d'économies. Je propose par ailleurs de réorienter davantage les plus de 70 milliards d'euros d'exonération de cotisation sociale vers les jeunes et vers les seniors, pour inciter davantage à l'activité des jeunes et des seniors, pour améliorer là aussi le taux d'emploi, et donc de favoriser à la fois l'entrée dans l'emploi et le maintien dans l'emploi. Travailler tous, c'est ce que j'évoquais il y a un instant, mais il faut aussi améliorer la productivité, augmenter la productivité, notamment via l'IA. Je parlais tout à l'heure du décrochage de la productivité entre la France et les États-Unis ces 30 dernières années, qui explique le décrochage des salaires des Français par rapport au salaire des Américains ces 30 dernières années. On sait que ce décrochage de la productivité est immédiatement lié. à la question du numérique et au fait que les américains ont gagné la révolution du numérique ont réussi à diffuser le numérique dans leur économie ce qui a fait monter la productivité dans leur économie et donc les salaires on sait que l'IA C'est un potentiel majeur de productivité pour notre économie et donc pour les salaires des Français. C'est jusqu'à 3,8% de productivité du travail à long terme selon le FMI. C'est entre 250 et 420 milliards d'euros de PIB supplémentaires potentiels à l'horizon 2034. On a malheureusement aujourd'hui en France un retard dans l'adoption de l'IA. 28% de la population française en âge de travailler utilise l'IA professionnellement. contre 43% aux Etats-Unis. Donc ce que j'évoquais il y a un instant, c'est-à-dire le fait que sur le numérique, les Américains ont réussi au début des années 2000 à diffuser cette révolution dans leur économie et donc à faire monter les salaires. Malheureusement, on constate que c'est en train de se reproduire sur l'IA et si on ne change pas très rapidement les choses, ça se reproduira sur l'IA et donc on décrochera encore plus en termes de salaire par rapport aux Américains. Et donc la proposition que je fais... c'est de former 20 millions de salariés français à l'intelligence artificielle. Comme l'ont fait certains pays, je pense notamment à la Finlande, qui a décidé et qui a planifié la formation de l'intégralité de sa population active à l'IA sur quelques années dans cet objectif de productivité. Donc je propose un plan massif, pas seulement pour les cadres, les ingénieurs ou les entreprises technologiques, mais évidemment pour l'ensemble des salariés. Je ne reviendrai pas là non plus dans le détail, je le ferai peut-être en réponse à des questions si vous le souhaitez, mais un plan tout à fait atteignable sur trois ans pour former 20 millions. de salariés. Je propose par ailleurs des mesures très fortes pour mieux diffuser les outils IA dans notre économie et pas seulement dans les grands groupes, aussi dans les ETI, dans les PME, dans tous les secteurs, l'industrie, les services, le commerce, les professions traditionnelles. L'enjeu donc, c'est pas seulement de produire des IA françaises, on a la chance en France d'avoir Mistral, on espère qu'il y aura un deuxième Mistral, un troisième Mistral, un quatrième Mistral, mais c'est aussi de diffuser. l'IA dans notre économie. Il faut aussi accélérer sur la robotisation industrielle. En France, on a 186 robots pour 10 000 salariés industriels. C'est trois fois moins qu'en Allemagne ou au Japon. Je fixe pour objectif de rattraper ce retard en 10 ans. Là aussi, c'est des gains potentiels de PIB estimés entre 1,7 et 3,6%, soit 50 à 110 milliards d'euros de recettes supplémentaires. À côté de cet objectif d'améliorer la productivité du travail, il faut aussi libérer l'organisation du travail et améliorer les conditions de travail. Moi, je ne fais pas partie de ceux qui considèrent que les jeunes générations ne veulent plus travailler ou aspirent à un droit à la paresse. Je crois en revanche que les jeunes générations aspirent à davantage de liberté, de flexibilité dans l'organisation de leur travail pour mieux le concilier avec la vie personnelle, mieux concilier la vie professionnelle et la vie personnelle. Ça veut dire qu'il faut beaucoup plus de souplesse. dans l'organisation du travail et des collectifs de travail, que ce soit dans le secteur privé et dans le secteur public. Vous savez qu'en la matière, moi, je n'ai jamais eu de tabou. Quand j'étais ministre des Comptes publics, j'ai voulu expérimenter dans mon administration, dans mes administrations, la semaine de travail en quatre jours, sans réduction du temps de travail, avec la possibilité pour les agents de faire la même quantité de travail qu'ils faisaient sur cinq jours en quatre jours. Ça va très bien fonctionner à certains endroits, moins à d'autres. Mais il faut évidemment qu'il puisse y avoir cette souplesse dans l'organisation du travail, ce qui est un enjeu majeur d'attractivité et de bien-être au travail. Je rappelle que la France est encore un pays dans lequel il y a beaucoup plus d'accidents du travail et de morts au travail que dans les autres pays comparables, dans la moyenne des pays de l'OCDE. Enfin, évidemment, l'objectif, c'est de mieux rémunérer le travail. Vous savez que je porte une proposition de réduction des cotisations salariales pour approcher le net du brut, aller droit au brut, comme j'ai eu l'occasion de le dire, et donc avec un objectif qui est que pour le salaire médian, c'est-à-dire aujourd'hui 2200 euros net par mois, il puisse y avoir un gain d'environ 250 euros net supplémentaires chaque mois par la réduction des cotisations salariales. Tout l'enjeu de cette stratégie économique que je présente aujourd'hui a pour objectif de faire monter les salaires des Français. Ce qui a été réussi entre 2017 et 2024, c'est à faire baisser le chômage. Ce qu'on doit réussir aujourd'hui, c'est évidemment renouer avec cette baisse du chômage. Malheureusement, depuis la dissolution de 2024 et à cause de l'instabilité économique et politique, le chômage est reparti à la hausse. Donc il faut renouer avec ça. Mais surtout, il faut maintenant se fixer pour objectif de faire monter les salaires. Et ça, on y arrivera par le capitalisme de l'innovation que je présente. Enfin, la troisième rupture que je porte, c'est la sortie de nos dépendances. Évidemment, nos dépendances énergétiques. La France est encore trop dépendante pour son énergie. On le voit, les Français le vivent malheureusement aujourd'hui. Ils voient que la guerre est rentrée dans leur portefeuille avec le conflit en Iran qui a un impact sur les prix du carburant. On l'a vu dès 2022 avec la guerre en Ukraine qui a eu un impact très fort déjà inflationniste sur les prix de l'énergie et notamment le prix du gaz. Je ne vais pas revenir dans le détail là aussi, mais puisque j'ai fait une conférence de presse sur le sujet il y a quelques semaines. sur ma vision énergétique et sur ma politique d'indépendance énergétique. Mais vous le savez, je propose un plan Mesmer 2, du même ordre du plan qui avait été conduit, du fameux plan Mesmer qui avait été conduit au moment de la crise pétrolière pour investir massivement dans le nucléaire civil et réduire nos dépendances. Je propose un nouveau plan aujourd'hui avec une trajectoire claire, ramener la part des fossiles à 40% de la consommation finale en 2030, à près de 30% en 2035 et sortir du pétrole à horizon 2045 pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Je suis notamment à côté d'Agnès Pannier-Runacher qui connaît bien et a très largement contribué à cet objectif et à ce travail. Ensuite, sortir de nos dépendances, c'est évidemment sortir de nos dépendances en matière de ressources rares. On le sait, c'est devenu un enjeu majeur de souveraineté industrielle. On ne peut pas prétendre maîtriser l'innovation, les nouvelles technologies en étant totalement dépendant sur les terres rares et sur les ressources rares. Il faut donc évidemment poursuivre la logique d'inventaire des ressources minières françaises d'ici à la fin 2027, mais on le sait. Les seuls français et européens ne nous permettront pas d'être indépendants en la matière. Et donc il y a tout l'enjeu du réemploi qu'on doit évidemment défendre. Je l'avais dit aussi au moment de la présentation de mon projet énergétique et de sortie des dépendances énergétiques. Évidemment que nos déchets doivent devenir notre première ressource. Et puis il y a tout le travail qu'on doit mener aussi à l'international. notamment pour conditionner une partie de nos financements, notre aide publique au développement, à l'accès à un certain nombre de concessions minières dans un certain nombre de pays qui en disposent. C'est ce que font les Américains, c'est ce que font les Chinois, globalement c'est ce que font tous les pays à part nous, ce qui nous place évidemment dans une situation très difficile et donc on doit assumer aussi cette politique-là. L'indépendance énergétique que je viens de vous présenter, l'indépendance numérique et cognitive. On dépend aujourd'hui très largement de messagerie, de logiciels, de services numériques américains. On dépend de systèmes de paiement américains comme Visa et Mastercard. On dépend de grandes plateformes et d'algorithmes de réseaux sociaux étrangers. Les objectifs pour moi sont clairs. développer des capacités européennes de cloud souverain et de logiciels stratégiques, construire des systèmes de paiement souverains, reconquérir notre souveraineté cognitive grâce à la maîtrise des algorithmes qui organisent l'accès à l'information sur les réseaux sociaux. Tous ces sujets-là, vous l'imaginez bien, je les positionne dans le projet des États-Unis d'Europe parce que c'est au niveau européen qu'on arrivera à peser et à investir suffisamment sur ces enjeux. Pour mettre en place ce capitalisme de l'innovation, qui permettra encore une fois à chacun de pouvoir choisir librement sa vie et surtout de faire monter les salaires, je propose une méthode libérée et planifiée. D'abord libérée en assumant un vrai virage libéral, assumée pleinement, évidemment, et j'assume pleinement mon attachement à l'économie de marché, au modèle capitaliste. Je crois qu'il faut poursuivre et amplifier la politique de l'offre qui avait été engagée depuis François Hollande. Je rappelle qu'entre 2017... entre 2014, puisque ça a commencé sous François Hollande, et 2024, c'est 2,5 millions de créations d'emplois nets en France. Malheureusement, cette politique a été mise à mal depuis 2024 par la dissolution, l'instabilité politique et donc l'instabilité économique qui en a résulté. Donc, je propose de renforcer une politique industrielle qui part des entreprises et des innovateurs avec un choc de simplification, de paix fiscale. et pour faire souffler un vent de liberté sur l'économie française. Mais libérer ne suffit pas. Il faut aussi, comme le général de Gaulle l'a fait en son temps, assumer une véritable planification dans les secteurs stratégiques. Et c'est d'ailleurs à nouveau ce que font aujourd'hui les Américains et les Chinois. Pourquoi est-ce qu'il faut assumer de la planification ? Et c'est peut-être une des ruptures aussi importantes avec ce qui a été fait ces dernières années. Parce que des investissements peuvent être rentables pour une entreprise. mais ils peuvent créer une dépendance stratégique pour le pays. Et inversement, dans certains secteurs, les investissements nécessaires sont parfois trop lourds, les horizons sont trop longs, les risques sont trop importants pour laisser agir le marché seul. Encore une fois, les États-Unis, la Chine ont fait ce choix avec une planification industrielle, une commande publique massive et un financement de long terme. Ce que je propose dans cette stratégie économique que je vous présente aujourd'hui, c'est une planification économique sur dix ans dans cinq filières stratégiques et prioritaires. D'abord, l'intelligence artificielle et le quantique. 200 milliards d'euros d'investissement d'ici à 2040, à parité entre fonds publics et fonds privés. L'objectif, c'est évidemment de maîtriser des éléments essentiels. Deux, la chaîne de valeur sur l'énergie et les infrastructures de calcul, sur les centres de données, sur les modèles et les logiciels d'IA et sur l'application et les usages industriels et évidemment de faire émerger des champions français et européens. Donc un, l'IA et le quantique. Deux, les biotechnologies. Trois, l'énergie en investissant notamment dans la fusion nucléaire. 4. Le spatial, pour faire émerger de nouveaux champions spatiaux européens, préparer le successeur d'Ariane 6, mobiliser la commande publique sur le long terme. 5. La défense, en créant une DARPA européenne sur le modèle américain. Et puis des innovations écologiques, évidemment, qu'on doit poursuivre aussi. L'Europe est aujourd'hui le seul continent, la seule puissance en capacité de fixer ça comme objectif. Je ne crois pas que ce soit un objectif totalement poursuivi aux États-Unis notamment. Des innovations autour de la dépollution de l'eau, des pratiques agroécologiques, de la restauration des sols, du stockage de l'énergie bas carbone, des matériaux biosourcés. Je le dis, cette planification sera au service de la croissance. Ces dernières années, il y a un certain nombre de projets qui ont été financés et d'entreprises qui ont été financées. mais je crois en manquant d'une vision d'ensemble et d'un pilotage au niveau de ce qui était nécessaire. Je salue le très grand travail qui a été fait notamment par Bruno Bonnel dans le cadre de France 2030, mais on voit que cet objectif doit être désormais porté et assumé jusqu'au Premier ministre de la France lui-même et jusqu'au Président de la République lui-même et suivi au quotidien parce que c'est un enjeu encore une fois d'indépendance, de souveraineté et de prospérité pour la France. Il faut sortir d'une forme de saupoudrage et assumer de se donner réellement les moyens que ça marche dans un certain nombre de secteurs clés. que ces investissements, à la fin, ne nous coûtent rien, puisque leurs retombées économiques sont telles que ça finance les investissements qui ont été réalisés. Le Conseil d'analyse économique a rendu, je crois déjà, une étude sur France 2030 qui montre le retour sur investissement de France 2030. Il y a une dépense budgétaire des investissements de l'État. Mais les effets économiques qui sont induits par cet investissement financent la dépense qui a été réalisée. Pour conclure, je veux redire ici que la question de la stratégie économique, ce n'est pas qu'une question artificielle, macro, ça ne doit pas être vu comme une question décorrélée des attentes et des aspirations immédiates des Français. On le voit dans énormément de problèmes sociaux aujourd'hui, l'aspiration des Français c'est évidemment de pouvoir gagner mieux de leur travail. Et c'est que leurs enfants puissent avoir une meilleure vie que la leur et gagner eux-mêmes mieux qu'ils ne gagnent aujourd'hui. Et pour ça, il faut une stratégie économique qui fixe l'innovation, la productivité au cœur de notre objectif. Il faut assumer de se fixer des objectifs clairs, concrets et chiffrés. J'en fixe un certain nombre. Sur la croissance d'abord, approcher le rythme américain que les États-Unis ont connu ces dix dernières années, c'est-à-dire 2,4% de croissance en moyenne par an contre 1,2% en France dans les dix prochaines années. Je fixe un objectif en matière d'emploi, créer 3 millions d'emplois et donc sortir des Français du chômage de la pauvreté. Je fixe un objectif en termes de salaire, tout ça évidemment c'est sur la décennie qui vient. rapprocher le salaire médian de 3300 euros net par mois au lieu de 2200 euros net par mois, quand c'est le cas aujourd'hui, en combinant à la fois les effets de la politique en matière d'innovation et de productivité que j'évoquais et le droit au brut avec la réduction des cotisations salariales. Et donc, je le redis ici, ma politique économique ne repose pas sur un gain espéré pour quelques-uns, mais sur des progrès certains pour tous. Cette vision que je porte, ce n'est pas un renoncement à l'économie de marché, ce n'est pas le retour à une économie administrée, c'est une conviction claire. Notre modèle capitaliste doit évoluer pour répondre aux défis du 21e siècle. Il faut sortir d'un capitalisme principalement financiarisé pour bâtir un capitalisme de l'innovation, faire de l'innovation une priorité politique, industrielle, budgétaire, tourner l'ensemble de nos politiques publiques vers cet objectif d'innovation, accepter de revoir. certaines dépenses pour investir massivement dans les compétences et dans les technologies d'avenir, libérer les entreprises, les entrepreneurs, les chercheurs, les salariés, planifier dans les secteurs où se joue notre prospérité, notre indépendance, et donc retrouver une économie qui produit plutôt qu'une économie qui se contente de consommer et de réguler tout ça. pour faire de la France la première puissance d'Europe dans les dix ans qui viennent, pour augmenter considérablement les salaires des Français et pour donner à chaque Français et à leurs enfants les rênes de leur vie. Je vous remercie et maintenant je suis disponible avec mes voisins Agnès Pannier-Runacher, Paul Midi et Antoine Armand pour répondre à vos questions sur ces questions et sur ces sujets économiques que je vous présente aujourd'hui.
Bonjour, Quentin Châtelet pour AEF Info. Une question sur votre rapport au Code du travail. Vous avez parlé d'une constitution du travail. Est-ce que vous pouvez être un peu plus précis sur ce que vous comptez supprimer comme droits qui sont actuellement dans le Code du travail et vous comptez renvoyer à négociation collective d'entreprise ou de branche ? Merci.
'est un travail que je veux mener avec les partenaires sociaux et avec les forces politiques à partir de 2027. Je crois que... Notre droit national du travail, en tout cas cette constitution du travail, doit se concentrer sur des grands principes, évidemment sur des garanties de sécurité. Et pour le reste, il doit pouvoir être discuté dans les branches et dans les entreprises. Je ne raisonne pas dans la simplification. L'approche classique, ça a été la simplification. On regarde un code tel qu'il existe aujourd'hui, en l'occurrence le code du travail, et on fait la liste de ce qu'on veut simplifier. En général, ça a conduit à plus de complexité que de simplification. Donc moi j'assume une autre approche, qui est de se dire qu'avec les partenaires sociaux, avec les forces politiques, on part d'une page blanche. Et on se dit quels sont les grands principes et les grandes garanties qu'on considère devoir donner en matière de droit du travail au niveau national, le reste étant renvoyé aux branches et aux entreprises. Mais je vous donne un exemple, moi cette idée je l'ai formulée. Au moment de ce débat absolument lunaire, à mon sens, qu'on a eu sur la question de la possibilité pour les boulangers et les fleuristes de permettre à leurs salariés volontaires de travailler le 1er mai contre une rémunération doublée et un jour de repos en compensation. Le fait qu'il faille passer par des discussions à l'Assemblée nationale sur ce sujet-là... me semblait, nous a semblé assez largement totalement lunaire, en plus on n'a même pas pu aller au bout. Donc très majoritairement, je considère maintenant que tout ça doit être discuté au sein des branches et au sein des entreprises, mais le cœur de tout ça, ce sera le dialogue social, à la fois pour bâtir cette constitution du travail et pour ensuite négocier dans les branches et dans les entreprises.
Bonjour, Sylvie Corbet, Associated Press. Pour poursuivre cette question, quel est votre positionnement sur la durée du temps de travail des travailleurs ? Vous avez fait beaucoup de comparaisons avec les États-Unis. Aux États-Unis, le temps de travail, c'est 40 heures par semaine. Il y a beaucoup moins de congés également qu'en France. Je voulais savoir comment vous vous situez par rapport à cet objectif de croissance que vous avez. Merci.
Moi je suis constant sur ce sujet-là. Je considère qu'avant de demander des efforts supplémentaires à ceux qui travaillent déjà, il faut déjà faire en sorte que tout le monde travaille. Et donc moi ma priorité, c'est d'abord d'améliorer le taux d'emploi, de faire en sorte qu'il y ait plus de Français au travail, plutôt que de demander des efforts supplémentaires aux Français qui travaillent déjà. Je rappelle que c'est sur eux que repose déjà l'essentiel des efforts supplémentaires que notre pays a demandé depuis maintenant plusieurs années ou plusieurs décennies.
Bonjour, merci pour votre présentation. Deux questions pour vous. La première, c'est si on souhaite créer des champions de l'innovation et de la tech en Europe, comme par exemple des nouveaux Mistral, il nous faut des talents. Sauf que les talents français qu'on arrive bien à former en France, ils ont deux choix, soit rester en France, soit aller aux Etats-Unis, où les rémunérations sont deux, trois, voire quatre fois supérieures. Ça, c'est ma première question. Deuxième question, c'est si on veut former les Français à l'IA, comment faire pour qu'un État français qui est lourd, qui prend du temps... puisse chaque année proposer un programme qui soit à la pointe de l'IA, sachant que l'IA 2024 n'a rien à voir avec l'IA 2026.
Sur le premier point, oui, moi, je fais ce constat-là aussi que malheureusement, il y a beaucoup de Français, de jeunes Français qui décident de partir. Je l'ai vu, j'étais à Saclay récemment où j'ai échangé avec des jeunes chercheurs en IA. Pourquoi est-ce qu'ils partent ? D'abord, ils partent quand ils sont chercheurs, parfois, ou quand ils viennent de créer leur startup, pour avoir accès à de la puissance de calcul. Donc quand on dit qu'il faut en France augmenter notre puissance de calcul, là aussi, ce n'est pas simplement un objectif théorique ou hors sol, c'est juste pour permettre à un certain nombre de jeunes qui veulent rechercher et qui veulent entreprendre de pouvoir le faire. Sur le supercalculateur Jean Zec qui est à Saclay, pour cinq demandes d'utilisation, il n'y en a qu'une qui est acceptée aujourd'hui. Ensuite, c'est évidemment pour la rémunération. Je souhaite notamment qu'on puisse améliorer la rémunération des enseignants-chercheurs dans un certain nombre de filières où il y a une compétition très forte, notamment avec les Américains, mais y compris au sein de l'Europe, parce qu'il y en a aussi qui partent dans d'autres pays européens, parce qu'ils sont mieux payés dans ces pays européens. Donc ça, c'est sur la question, encore une fois, chercheurs et innovateurs. Ensuite, je te complèterai juste après. Après, il y a la question du financement. C'est vraiment ce que j'ai détaillé dans ma présentation. Malheureusement, je crois qu'il y a 10% des startups françaises qui partent aux Etats-Unis chaque année. En général, le pire, c'est que c'est celles qui réussissent le mieux parce qu'elles cherchent des capitaux. Donc il faut qu'il y ait davantage de capitaux à investir dans nos entreprises et nos startups en France. D'où ce que je disais sur l'union des marchés de capitaux en Europe, d'où ce que je disais sur la capitalisation. pour nos systèmes de retraite. Je te passe la parole pour compléter là-dessus, et peut-être sur la deuxième question également.
Oui, bonjour à toutes et tous. Non mais tu as dit le bon point. Ceux qui partent aux Etats-Unis, c'est pour une raison, c'est pour l'argent. Parce qu'ils vont réussir à lever des fonds là-bas, ou alors ils vont être embauchés par une startup qui a levé plus de fonds et qui va leur payer un meilleur salaire. Les talents, on les a. C'est assez exceptionnel parce que créer des talents, ça prend... des dizaines et des dizaines d'années, mais on a ça. Ce qui nous manque, c'est l'argent. Et donc l'argent, il faut qu'on l'ait, il faut qu'on ait beaucoup plus d'investissements privés. Le sujet numéro un, la baguette magique des Etats-Unis, c'est la retraite par capitalisation. C'est ce qui finance nos entreprises en France, les startups aux Etats-Unis. Et quand les Américains financent les startups françaises, c'est avec l'argent qui est dans les fonds de pension. Donc il faut qu'on se dote de cette baguette magique. Le temps qu'on se dote de cette baguette magique, qui sont les fonds de pension et la retraite par capitalisation, il faut investir. Et c'est le plan France 2040, 200 milliards pour investir notamment dans l'IA, le quantique et les sujets d'innovation. Donc ça, c'est une mécanique qui est très simple. Moi, j'étais entrepreneur avant d'être député. Quand vous avez l'argent, vous faites. Vous donnez 30 milliards à Mistral demain, ils vous font Fable 5 d'Anthropic. Donc ça c'est la bonne nouvelle. Maintenant il faut les trouver, mais on sait comment le faire et c'est le cœur du capitalisme de l'innovation qui est proposé par Gabriel Attal. Ensuite sur la formation à l'IA, vous posez une bonne question. D'abord il y a beaucoup d'entreprises ou d'instituts ou d'associations qui forment à l'IA. Donc en fait, il faut s'appuyer à la fois sur tout le système de formation professionnelle qui existe déjà, et puis sur toutes les nouvelles écoles qui forment déjà les Français, mais ils le font à toute petite échelle. Et la très bonne nouvelle avec l'IA, c'est que pour avoir des gains de productivité grâce aux outils de l'IA, vous n'avez pas besoin de faire un PhD. C'est quelques heures, et ça a été démontré maintenant par la recherche académique, en quelques heures de formation aux outils de l'IA, vous mettez le pied à l'étrier des salariés, et après c'est auto-apprenant, parce que vous demandez vous-même, on vous apprend dans la formation, à demander vous-même à l'IA comment elle peut vous aider. Et donc avec quelques heures de formation bien faites, vous obtenez les gains de productivité pour les salariés et donc pour l'ensemble de nos entreprises. Il faut utiliser l'argent qui est actuellement dans la formation professionnelle qui est mal utilisé et l'orienter sur l'IA et tous les métiers d'ANIA.
Bonjour, Thomas Becker pour RMC. Je rebondis justement à cette question toujours sur l'IA et sur ce plan de formation des salariés. Vous avez parlé justement de souveraineté. Est-ce que cette formation, elle va se faire sur des modèles européens ou français ou elle se fera sur tous les modèles, y compris les modèles américains ?
Alors vous posez une très bonne question, c'est qu'il y a deux courses qu'on doit jouer. J'élargis un tout petit peu la question. Il y a la course d'avoir les meilleurs modèles au monde, c'est la course que jouent d'abord les Etats-Unis. Et il y a la course de l'usage, c'est-à-dire que les salariés, les entreprises utilisent le plus possible l'IA, c'est la course que joue la Chine. Nous on est mauvais dans les deux, il faut qu'on joue les deux. Mais on ne peut pas attendre d'avoir les meilleurs modèles frontières pour jouer la course de l'usage. Donc il faut qu'on joue ces deux courses en parallèle. Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que quand on forme les Français, les salariés français, les indépendants, tous les actifs aux outils d'IA, il faut les former aux meilleurs outils. mais il faut qu'à chaque fois on les forme à des alternatives françaises. Donc il faut qu'il y ait les deux, il faut qu'ils aient accès aux meilleurs outils, il faut que toutes nos entreprises aient accès aux meilleurs outils aujourd'hui, mais évidemment il faut favoriser nos modèles français et européens, et donc les former à chaque fois à des alternatives françaises et européennes.
Oui, David Pargamin pour Politico. Vous avez évoqué les gains de productivité qu'allaient entraîner l'IA et tous ces avantages, on va dire. Vous avez un petit peu moins parlé des inégalités qu'elles pourraient éventuellement générer ou des conflits d'usage qu'il pourrait y avoir entre utilisateurs ou usagers de ces solutions. Comment allez-vous faire pour garantir que la valeur produite par l'IA soit bien partagée ? Et pour prendre un exemple plus concret, votre groupe à l'Assemblée, c'est... opposé ou a fait barrage à l'examen d'une proposition de loi, proposition de loi d'Arcos, pour mieux partager justement les revenus générés par l'IA dans le domaine du droit d'auteur. Allez-vous retirer ces amendements ou faire en sorte que cette proposition de loi puisse être examinée dans la niche du Parti Socialiste, par exemple
'abord, sur le premier point, le meilleur moyen de faire en sorte que l'IA bénéficie à tous et améliore les rémunérations de tous, c'est d'investir massivement en France dans l'IA. Ce qui est sûr, c'est que si on rate ce virage-là, de toute façon l'IA va continuer à se développer, elle va être de plus en plus utilisée, y compris dans notre économie. Mais alors ce sera non seulement au bénéfice de quelques-uns dans notre économie, mais surtout l'intégralité de la valeur sera captée par des Américains et les géants américains. Et donc il se passera comme ce qui s'est passé sur le numérique. Aujourd'hui, tout le monde utilise Google, Amazon, Facebook, Microsoft. Mais à chaque fois qu'on le fait, on envoie de l'argent aux Américains qui font monter les salaires des Américains. L'objectif sur l'IA, c'est qu'on envoie de l'argent aux Français et que ça fasse monter les salaires des Français pour tout le monde. Quand on parle d'investir massivement dans l'IA, on le fait au service de l'ensemble de la population, puisque ça a été établi sur le numérique pour les pays qui ont réussi. C'est l'ensemble des salaires qui augmentent ensuite dans votre économie quand vous la faites monter en gamme en matière de productivité. Sur la deuxième question que vous avez évoquée, c'est un vrai sujet. Moi, je l'ai toujours dit. Oui, il y a aujourd'hui eu une forme de pillage sur des créations artistiques et culturelles. Et oui, il y a un enjeu majeur de répartition, en tout cas de juste rémunération de la création. Je crois qu'aujourd'hui, sur les plateformes de streaming, c'est quasiment la moitié des titres qui sont mis en ligne, qui sont générés par l'IA. Et on sait que pour les générer, évidemment, que les plateformes d'IA utilisent des créations qui, elles, ont été faites par des vrais humains, par des artistes, et qui ne bénéficient pas de la rémunération liée à l'utilisation de leurs créations. Tout l'enjeu, c'est d'arriver à trouver le bon modèle qui va permettre à chacun d'être rémunéré et à une juste répartition de la valeur. La PPL d'Arcos qui est arrivée au Parlement, en cela, a permis de mettre le sujet sur la table et de pousser tout le monde à se parler. Simplement, la solution qui a été proposée n'était absolument pas mûre et pas applicable au moment où le texte a été débattu ou devait être débattu avant l'été. L'objectif c'est d'arriver à trouver une solution en mettant autour de la table les acteurs de la tech et les acteurs culturels pour que chacun fasse un pas vers l'autre. Moi je pense que c'est possible, il y a beaucoup de scepticisme sur le sujet, mais quand le streaming est arrivé, beaucoup de gens ont dit que le streaming ça va tuer l'industrie de la musique ou l'industrie du cinéma. Bon, qu'est-ce qu'on a vu derrière ? On a vu qu'il y a une régulation qui a pu être mise en place et que non seulement le streaming n'a pas tué l'industrie musicale, mais que ça a permis même une plus grande diffusion de la création musicale et donc aussi une amélioration des rémunérations. Deuxième exemple, sur la presse. Au moment de l'arrivée du numérique, pareil, on a dit ça va tuer la presse complètement. Bon, on sait qu'il y a des grandes difficultés aujourd'hui, mais enfin, il y a une régulation de droit voisin qui a pu être établie au niveau européen. Il faut qu'elle soit mieux appliquée, évidemment, ce qui doit être versé le soi, etc. Mais il n'y a plus une régulation qui a pu être trouvée. Je pense qu'il en sera de même sur l'IA. L'enjeu, c'est qu'on arrive à y arriver rapidement. Et donc, on travaille avec... les parlementaires de mon groupe, évidemment Paul Midy, mais aussi Céline Calvez, qui a remis un rapport sur le sujet avec des pistes intéressantes. On travaille avec l'ensemble des acteurs. J'ai reçu cet été la SACEM, la SACD, la Société des auteurs, l'ensemble des acteurs et des ayants droit. Je rencontre les acteurs de la tech, je vous le disais il y a un instant, je vais partir dans quelques minutes, je rencontrerai notamment Arthur Mensch dans ses locaux, pour trouver une solution qui permette de converger.
Bonjour, France Libération. J'ai une question sur la capitalisation et les fonds de pension que vous évoquez pour investir dans l'économie française. Quand on lit des économistes comme Bertrand Martineau, par exemple, qui est un partisan de la retraite par capitalisation, on voit qu'il y a un gros débat sur où irait l'argent exactement de ces fonds de pension. Et en gros, il ressort qu'une bonne partie de cet argent irait en définitive dans des économies plus dynamiques, donc les Etats-Unis et la Chine, et qu'à peine 20% irait éventuellement dans l'économie française. Est-ce que vous avez en tête cet enjeu et comment vous comptez y répondre ? Merci.
sûr que c'est un enjeu, mais ça relève du choix et de ce que la puissance publique fixe comme objectif. Et ce choix-là d'aller vers la capitalisation combiné à l'union des marchés de capitaux que j'évoquais tout à l'heure et à une politique beaucoup plus ambitieuse au niveau européen pour faire grandir nos entreprises en Europe, évidemment vise à améliorer le fléchage de l'épargne vers les entreprises françaises et européennes. Donc il ne s'agit pas de faire de la capitalisation pour amplifier un phénomène que je dénonce et que j'ai dénoncé tout au long de cette conférence de presse, c'est-à-dire le financement par l'épargne des Européens de la croissance des entreprises américaines. Je n'ai absolument aucun problème à ce qu'il y ait sur ce sujet-là des lignes directrices très fortes qui soient données pour le placement de ces fonds de capitalisation.
Je voulais revenir sur votre soutien aux cinq filières stratégiques que vous avez évoquées. Vous avez dit qu'il faut sortir de la subvention pour passer sur la commande publique. Comment vous envisagez le soutien de ces filières, sachant que c'est difficile de commander de la fusion nucléaire puisque ça n'existe pas ? Quelle est la part, le ratio entre soutien financier et commandant
mais sur l'ensemble des filières en question, vous voyez bien qu'il y a effectivement la fusion nucléaire et une des technologies de rupture qui nécessitera, comme le fait la DARPA aujourd'hui, Une partie innovation se conduit, c'est qu'il faut rééquilibrer. Je pense notamment à d'autres filières qui ont été mentionnées. Les biotechnologies, je pense également aux filières de défense. Pour le coup, ce n'est pas comme si on ne manquait pas d'occasion de passer des appels d'offres. Et au niveau européen, puisque c'est là que l'enjeu doit se situer. Je pense au spatial aussi. où on a des besoins et des contrats spatiaux. Donc on voit bien la possibilité d'articuler cela. Je pense au stockage de l'énergie, qui sont des technologies dont la maturité est probablement plus proche que la fusion et la fission. Pour ces entreprises-là et ces technologies-là, l'objectif, c'est d'aller finalement un cran plus loin que ce que fait d'ailleurs plutôt bien la DGA aujourd'hui sur le secteur de la défense, avec... une approche civile et avec une approche qui est européenne. On a parlé de plus de 200 milliards d'euros de commandes publiques au niveau français, mais c'est 2500 milliards d'euros au niveau européen. Et ça, c'est une frontière qui est extrêmement accessible à condition d'y mettre beaucoup de puissance politique et de faire très exactement. très exactement ce que font les Chinois et ce que font les Américains. Donc c'est une forme de perte de naïveté par rapport au fonctionnement du monde et de l'économie en ce moment.
Bonjour, Julien Nenni pour France Inter. Gabriel Attal, vous nous présentez ce matin vos propositions sur la croissance et l'innovation. Ça fait cinq mois que vous êtes en campagne. Vous avez fait des dizaines de propositions de déplacement sur toutes les thématiques, y compris des... conférences de presse sur le même format que ce matin. Et pourtant, force est de constater que la campagne, la vôtre, ne décolle pas. Vous n'êtes pas le seul, mais en tout cas, ça vous concerne aussi. Donc première question toute simple, comment vous expliquez que malgré cette suractivité de votre part, y compris cet été, cette absence de dynamique de votre campagne, les sondages se suivent et se ressemblent pour l'instant vous concernant. Et puis la deuxième question qui va avec, comment est-ce que vous comptez remédier ? Est-ce que par exemple, ce matin, vous appelez clairement celui qui est aujourd'hui le mieux placé dans votre espace, Edouard Philippe, à accepter pour la première fois l'idée au moins d'une primaire en début de l'année prochaine
constat que je fais, et j'ai déjà eu l'occasion de le faire, c'est qu'aujourd'hui, vous avez malheureusement deux blocs qui sont en dynamique, le Rassemblement National et la France Insoumise. On le voit dans tous les sondages. Et au milieu de tout ça, vous avez différentes candidatures qui ne sont pour aucune d'entre elles ni en dynamique, ou en tout cas pas en capacité aujourd'hui d'être au deuxième tour, quelles que soient les configurations. Et on l'a vu plus encore dans les derniers sondages des dernières semaines qui sont tous convergents. Aujourd'hui, dans ce qu'on appelle l'espace central. plus personne n'est en situation d'être au deuxième tour, quelle que soit la configuration. Y compris quand Édouard Philippe est testé seul candidat de cet espace ou quand je suis testé seul candidat de cet espace. Aujourd'hui, aucun n'a la possibilité d'être au deuxième tour dans les sondages qui sont établis, ce qui est différent de ce qui était encore le cas il y a plusieurs mois et avant l'été. Pour moi, ça valide un constat que je formule, qui est qu'il faut viser une coalition assez large. si on veut pouvoir empêcher le Rassemblement national de gagner l'élection présidentielle, et ensuite si on veut pouvoir gouverner. Et donc ça nécessite qu'on puisse avoir un rassemblement large. Je continue à le dire, je continue à le défendre, je n'ai jamais rien exclu sur la possibilité d'y parvenir. Et donc, dans le cadre du comité de liaison que j'ai proposé, qui a été installé, dans le cadre des discussions qu'on peut avoir, évidemment que ces réflexions-là et ces discussions-là vont se poursuivre, mais ça ne doit pas nous empêcher de faire des propositions. Moi, je vais vous dire, je suis lucide, la situation internationale aujourd'hui, la situation nationale... avec les crises qui se sont succédées, et encore dernièrement, le 17 octobre, et le mouvement social en France aujourd'hui, évidemment que ça laisse peu de place pour des propositions de fond, structurantes et sur du plus long terme dans le débat public. Est-ce que c'est pour ça qu'il faut, en tant que candidat à l'élection présidentielle, que je renonce à formuler des propositions, que je renonce à parler du long terme et des questions plus structurantes ? Je ne crois pas. Je pense que c'est important de le faire au contraire parce que finalement ça dépend de nous. Si on veut qu'il y ait un vrai débat de fond dans cette élection présidentielle, c'est à nous de faire un certain nombre de propositions. Parfois ça ne nous suscite pas de débat, parfois ça en suscite, mais c'est ça qu'il faut viser. Par ailleurs on aura un moment important puisque le 16 novembre on aura un débat, en tout cas avec... une grande partie des principaux candidats, tous ne l'ont pas accepté, mais enfin il y en aura quand même une très grande partie, la quasi-totalité en fait des principaux candidats, ce qui va nous permettre aussi de confronter nos visions. Moi je souhaite que la France ait la campagne présidentielle qu'elle mérite. C'est une élection qui est majeure, celle de 2027. Encore une fois, tous les sujets dont on se parle sur l'innovation, sur la réaffirmation de notre puissance et notre souveraineté, si on ne prend pas le bon virage à ce moment-là, on le payera pendant très longtemps ensuite. Et donc il faut pour ça une vraie campagne. Et moi, je vais continuer à mettre des sujets dans le débat et à chercher ce débat de fond sur des sujets essentiels. Et je vais vous dire, à un moment donné, on basculera vraiment dans la campagne présidentielle. Et à ce moment-là, je suis convaincu que les Français se saisiront de nos propositions. Il refuse la primaire, il se planque Edouard Philippe à vos yeux ? Moi je ne suis pas là pour faire, honnêtement, c'est vous qui faites les analyses politiques, c'est aux journalistes de faire ces analyses et ces commentaires-là. Moi je ne suis pas là pour parler des autres, je suis là pour vous dire que moi, je ne me suis jamais dérobé devant aucune proposition de débat, j'en demande plutôt, et que par ailleurs, je n'ai jamais exclu aucun mode de construction d'un rassemblement pour 2027. Merci beaucoup.
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