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Bonsoir Gabriel Attal. Bonsoir Gilles Boulot. Merci d'avoir accepté notre invitation. Nous sommes à moins de six mois du premier tour de la présidentielle. Tous les sondages les plus récents placent au second tour Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Votre camp, la droite, le centre, s'affaissent. Et vous-même, vous êtes entre cinq, six, parfois un peu plus dans les sondages, ce qui n'est pas très haut. Est-ce que dans ces conditions, vous pouvez maintenir votre candidature ?
Moi, je suis venu ce soir parce que notre pays traverse des moments très difficiles. Le traumatisme des pillages et des émeutes du 17 octobre, un attentat terroriste raciste à Trappes, beaucoup de Français qui sont à bout face à la vie chère, et vient s'ajouter à ça, vous l'avez dit, la quasi-certitude, en tout cas le grand risque d'un deuxième tour qui, pour la première fois de notre histoire, oppose l'extrême gauche à l'extrême droite. Ma conviction ? c'est que notre pays ne s'en relèverait pas. Et je sais que des millions de Français partagent cette conviction. Et donc ce que je suis venu vous dire ce soir, c'est que je crois qu'il est temps d'être tous responsables et d'organiser le rassemblement auquel des millions de Français aspirent à travers une grande primaire, qui devrait être une primaire qui redonne de l'espoir à tant de Français qui aujourd'hui doutent et ne croient plus qu'il soit possible d'empêcher un deuxième tour dont notre pays ne se relèverait pas entre la France insoumise et le Rassemblement national.
Il y a qui dans cette primaire ? Elle a lieu quand et selon quelle modalité ? Une primaire à gauche, il y a déjà
eu. Moi, je crois qu'il faut d'abord que puissent participer à cette primaire des candidats qui sont très clairs sur leur refus de toute alliance avec l'extrême gauche ou avec l'extrême droite, que ce soit au niveau français ou au niveau européen. Mais elle commence où sur la gauche ? Je pense qu'il faut qu'elle puisse rassembler des candidats partagent un certain nombre de valeurs. J'en cite quelques-unes. La défense des valeurs de la République, notamment l'autorité, la laïcité, la lutte contre les discriminations. L'Europe et la construction européenne. La compétitivité de notre économie, le progrès social et écologique. Je vous le dis, Gilles Boulot, je suis convaincu qu'il y a de très nombreux candidats qui se retrouvent à la fois dans ces valeurs et qui se retrouvent dans un refus clair et net de toute alliance avec l'extrême gauche ou avec l'extrême droite. Donc je vous en
donne quelques-uns. Est-ce qu'ils seraient par hypothèse dans votre primaire ? Raphaël Glucksmann, il a déjà gagné une primaire il y a quelques semaines. Vous l
'invitez ou pas ? Je pense qu'il y a de très nombreux responsables politiques. Vous pouvez citer également... Oui, Raphaël Glucksmann, oui. Mais ce n'est pas à moi, j'ai le boulot, de répondre à la place des candidats s'ils rejoignent ses valeurs ou pas et s'ils se retrouvent dans ses valeurs. Est-ce que vous le conviez à cette primaire ? Je vais vous dire, ce n'est pas à moi de convier. Moi, je tends la main à... Tous les candidats qui se retrouvent dans ces valeurs, qui ne veulent pas d'un deuxième tour entre la France Insoumise et le RN, qui semblent aujourd'hui établis comme une quasi-certitude et une fatalité, ce qui fait perdre espoir à beaucoup de Français. Et je leur tends la main pour organiser ce rassemblement à travers une grande primaire des démocrates. Donc
il y aurait, j'imagine, Edouard Philippe, Bruno Retailleau, David Lissnard. Encore une fois, je
tends la main à tous ces candidats. Dès lors, évidemment qu'ils sont très clairs, et ils le sont, je crois, sur leur refus de toute alliance avec les extrêmes et le fait qu'ils partagent des valeurs que je viens d'évoquer, mais il peut y en avoir d'autres.
Vous avez reçu des soutiens ou un accord de principe pour cette primaire de la part d'autres personnalités politiques, de la part d'autres élus éminents, connus ? Aujourd
'hui, vous avez beaucoup de personnalités qui s'expriment en faveur d'une primaire, qui font même des propositions sur son organisation pour répondre à la question que vous posiez il y a un instant. Vous avez le président de la région Normandie, l'ancien ministre Hervé Morin, qui propose une charte des valeurs. C'est évidemment une bonne idée. Vous avez le président du Modem qui propose un calendrier d'ici à la fin du mois de janvier. Vous en avez d'autres, des responsables politiques, qui disent, à la différence de la primaire de la gauche, qui a fixé un montant pour participer, qui a exclu des Français qui pour des raisons financières n'y ont pas participé, proposent eux une participation symbolique d'un ou deux euros. Je pense que c'est aussi une bonne idée. C'est une aventure collective et je crois que c'est un rassemblement collectif qu'on doit organiser. Et je suis convaincu qu'il peut redonner de l'espoir à de très nombreux Français qui aujourd'hui malheureusement n'y croient plus et croient comme une forme de fatalité qu'on devrait avoir à choisir entre la France insoumise et le Rassemblement national.
Edouard Philippe, qui est placé dans tous les sondages en tête de ce camp, de la droite et du centre, a dit à maintes reprises qu'il ne participerait pas à cette primaire. Est-ce que vous allez trouver des arguments pour lui dire... Venez participer, ce que vous l'avez demandé à nouveau récemment. Moi j'ai beaucoup de
respect, beaucoup d'estime pour Edouard Philippe. Je note qu'aujourd'hui, dans aucun sondage, aucun candidat n'est en situation d'être au deuxième tour. Mais il est plus proche que vous, beaucoup plus proche que vous. Aucun candidat aujourd'hui n'est en situation d'être au deuxième tour. Première chose. Et deuxième chose, je crois que si cette primaire a lieu, et je crois très profondément qu'elle aura lieu, puisque je vois des expressions de responsables politiques de plus en plus nombreux qui l'appellent de leur vœu. Je suis convaincu que ceux qui feront le choix de rester à l'écart de ce moment de rassemblement, à l'écart de ce rassemblement qui nous permettra de convaincre les Français face à la France insoumise et au Rassemblement national, porteront quelque part la responsabilité de la division. Si
cette primaire n'a pas lieu, hypothèse qu'on ne peut pas totalement exclure, est-ce que vous, vous maintiendrez votre candidature
jusqu'au bout du bout ? D'abord, moi je suis venu ici dans une démarche de rassemblement et avec la conviction absolue que cette primaire... elle aura lieu. Parce qu'encore une fois, je vois des expressions de plus en plus nombreuses, parce que de très nombreux Français nous la demandent. Moi, je me déplace tous les jours sur le terrain, je vois tous les jours des Français qui nous disent « Entendez-vous, rassemblez-vous, a fortiori à travers une primaire, si c'est ça la modalité qui est choisie ». La deuxième chose que je suis venu vous dire ce soir, c'est que je crois qu'il faut mettre de côté nos égaux, et qu'il faut aujourd'hui regarder ce qui nous rassemble davantage que ce qui nous divise, et être en capacité de briser cette tenaille et de convaincre les Français qu'un nouvel espoir est possible.
Merci Gabriel Attal d'avoir répondu à nos questions. L'information politique notamment continue sur LCI, sur le canal 15, sur TF1. Ne manquez pas demain à partir de 7h la matinale de Maude Descamps et toute son équipe.
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