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7h36 sur TF1, il est l'heure de l'interview politique face à Elisabeth Martichoux. Ce matin, nous recevons Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale. Bonjour Madame. Bonjour Mathilde Panot. Bienvenue à vous. Le travail doit reprendre lundi. C'est ce qu'a dit Edouard Geffray, le ministre de l'Éducation nationale, au lendemain des annonces aux lycéens et aux étudiants. En effet, vous dites aux jeunes, lundi, il est temps de rentrer en classe.
Ce n'est pas au ministre de le décider. On ne décrète pas la fin d'une mobilisation sociale. Une mobilisation s'arrête quand les revenus... Les revendications sont remplies et il se trouve que là, les organisations lycéennes comme étudiantes appellent de nouveau à manifester samedi. Nous y serons et vous le savez, les organisations de salariés appellent à s'y joindre à partir du 5 novembre avec une grève générale. Et là aussi, nous y serons. Pour être clair, vous encouragez
au blocage, aux occupations de fac, de lycée, aux manifestations samedi après samedi jusqu'à ce que ? Jusqu'à que les revendications
soient remplies. Nous, nous disons que nous avons un mouvement qui est magnifique, à la fois par le nombre et l'effet massif, on n'a pas vu des manifestations comme cela depuis longtemps, et nous disons que ce sont des revendications justes. Je ferai remarquer au ministre que vous remarquez que cette jeunesse... revendiquent et manifestent pour pouvoir avoir des professeurs en face d'eux dans les cours, pour pouvoir avoir des établissements dignes. Donc ils veulent aller en cours, mais avec des revendications qui sont remplies. Alors vous avez dit,
vous ou d'autres, que c'était un enfumage, ces annonces du gouvernement face aux revendications après cinq semaines de mobilisation. Dans ces propositions, il y a un débat qui va se tenir cet après-midi sur l'orientation et l'affectation, c'est-à-dire en gros parcours sup. Je n'ai pas très bien compris. Vous êtes au pouvoir le 2 mai au soir. Vous faites quoi avec Parcoursup à la rentrée prochaine ? Vous le
supprimez, mais qu'est-ce qu'il y a à la place ? Nous, nous abrogeons un système qui est aujourd'hui un système de machinatrie sociale qui laisse 125 000 bacheliers sur le carreau qui n'ont pas de place à l'université. Alors ça, c'est
entendu, on a eu le temps depuis cinq semaines. Je ne
dis pas qu'on arrive à le faire dans l'immédiat. Nous abrogeons immédiatement Parcoursup et nous faisons une logique tout à fait inverse. Ce que nous faisons, c'est que nous recrutons de nouveau des professeurs, nous ouvrons des places à l'université. Alors les 250 000, on les aura peut-être pas immédiat. Mais si on ne commence pas, on ne les aura jamais. Et à la fin, plutôt que d'adapter l'université aux besoins de la jeunesse et de toute la société, car je rappelle que le savoir est la seule ressource de la France, on fait une gestion de la pénurie qui est insupportable et très anxiogène pour les élèves et les parents. La
campagne électorale, il faut être précis. Ceux qui veulent vous élire... les jeunes en particulier, qu'est-ce qu'ils auront comme système d'affectation pour la rentrée 2027 ? C'est une angoisse pour eux.
Pour la rentrée 2027, ce que nous disons, c'est qu'il n'y aura plus Parcoursup. Il y aura quoi ? Il y aura un système sans sélection, comme ça a existé auparavant. Vous savez, moi, dans ma génération... Pardon, dans un mauvais
français, c'est Open Bar. Il y aura autant d
'inscrits... que de volonté de s'inscrire. Non, il y aura une plateforme qui permettra de faire avec des contraintes physiques. Par exemple, tout le monde ne pourra pas aller dans telle fac à la Sorbonne, par exemple. Mais si, par exemple, vous voulez faire des lettres, vous pourrez faire des lettres et vous ne vous retrouverez pas dans une filière qui n'a rien à voir avec ce que vous voulez faire. D'accord. Un autre exemple, soyons précis.
Je vais aller en architecture. Aujourd'hui, j'ai regardé, il y a 12 fois de plus de demandes que d'admis. 12 fois plus de demandes que d'admis. À partir de juin, tout le monde pourra... en architecture, dans les écoles qui n'ont pas de place, qui n'ont pas de professeur, qui n'ont pas de banque.
Nous arrivons après des années et des années de coupes budgétaires dans l'éducation supérieure. Donc je ne dis pas que tout le monde pourra aller immédiatement en architecture, mais nous ferons au mieux. Et je vais vous dire, Madame Martichoux, à la fin du mandat, 250
000 en plus.
Oui, bien sûr. Et vos chiffres ne veulent rien dire sur 1 pour 12. Ça ne veut rien dire parce que vous savez qu'aujourd'hui, les étudiants sont obligés de faire plusieurs choix, donc font y compris des choix qui n'est pas la filière dans laquelle ils veulent aller.
Ceux qui détruisent des gras doivent aussi réparer, payer. Ça, c'est l'entrée en matière de Laurent Nunez au Sénat pour introduire la logique de la loi casseur-payeur. C'est une loi qui est soutenue par 87% des Français selon un sondage élable. Les Français se disent mais oui, c'est pas à moi de payer pour les casseurs. Vous comprenez ?
En fait, le problème, c'est que cette loi, elle devrait être nommée. Le principe de si vous avez cassé le fait que l'Etat puisse se retourner contre l'auteur existe déjà. Cette loi, c'est une atteinte grave, on devrait la renommer comme ça, loi pour atteindre de manière grave aux droits de manifester. Pourquoi ? Parce que si vous n'êtes pas ici, vous avez à la fois la Ligue des droits de l'homme, Amnesty International, la Commission nationale consultative des droits humains, mais aussi des avocats, le syndicat de la magistrature, qui disent que ce qui va se passer, c'est une atteinte à tous nos principes de droit. Vous vous retrouvez dans une manifestation ? Vous n'avez rien cassé. Il n'y a aucune preuve. Et pourtant, vous pouvez vous faire condamner et être responsable.
Mais, pardon, manifester, c'est pas casser. À partir du moment où on casse et qu'il y a des victimes de la casse, est-ce que vous trouvez ? Est-ce que tout le monde doit payer ? En fait, c'est ça la question. Est-ce que tout le monde doit payer pour la casse ? Ou est-ce que ce sont les casseurs, les familles de casseurs, avec des principes de mise en oeuvre qui peuvent être discutés ? Les familles de casseurs,
je ne suis pas d'accord. De même que tout ce qu'on prend sur les prestations sociales ou, par exemple, lorsque un jeune fait une bêtise parce que ça arrive, que son... sa soeur paye sur les prestations sociales, je ne suis pas d'accord. Et Mme Martichaud, ça existe déjà. Et je vais vous dire, si c'est pour avoir de nouveau la droite, l'extrême droite, qui ont un tapis rouge pour raconter ce qu'ils racontent depuis des jours, c'est-à-dire que ce sont les Noirs et les Arabes qui seraient responsables des casses, qui mènent à l'attentat raciste qu'il y a eu à Trappes, je mets une grosse alerte sur cette question. Vous déviez un
tout petit peu, je reste sur cette affaire d'indemnisation. Le gouvernement envisage selon les échos une taxe émeute de 0,8... vous avez dû le voir, sur les contrats d'assurance auto-habitation, donc tous les Français paieraient 0,8% d'augmentation sur leurs primes d'assurance. Encore une fois, est-ce que ça, c'est pas antisocial, dans le fond ? Est-ce que c'est pas antisocial de dire que tout le monde doit payer ? Mais
alors qui paye ? Qui paye ? Tous les Français. Nous avons montré que depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir depuis 2017, il y a 60 milliards qui manquent dans la caisse de l'Etat parce qu'ils ont fait des cadeaux multinationales et aux plus riches. Il n'y aurait pas cette colère-là sur la vie chère, sur les libertés, sur le droit d'étudier dignement si Macron n'avait pas mis le pays dans cette situation. Il reste
très peu de temps. Au lendemain du drame de Trappes, spectacle donné par les députés à l'Assemblée est-il à la hauteur ? Il y a eu une minute de silence qui a été respectée. La presse a été la foire d'Empoigny. Est-ce que c'est pas un échec collectif ? Donc vous êtes coupable comme d'autres,
ce spectacle de honte ? Ah non, alors déjà, je vous ferai remarquer qu'à la ministre de silence, il manquait par exemple une candidate à l'élection présidentielle, Marine Le Pen, qui n'a même pas dénié venir. Quant à la honte, c'est effectivement un Premier ministre qui ne sait pas expliquer. que là, il y a des millions de gens qui subissent le racisme dans notre pays, qui ont peur, qui ont peur parce qu'on a évité le pire, ça aurait pu être une tuerie de masse, il n'y aurait pas pu avoir un seul mort, il y aurait pu en avoir beaucoup plus. Et donc, face à ces gens qui ont peur, oui, nous avons un gouvernement qui n'est pas du tout à la hauteur, notamment quand Aurore Berger, la ministre, est en charge de discrimination par la théorie du grand remplacement, comme non pas une théorie raciste et complotiste, mais un débat politique. C'est toujours
la faute des autres. Très vite, pardon, parce que le temps passe. ça va nous distraire un peu des crises. Mais, Kylian Mbappé, en pleine tempête, mesure de rétorsion après que, dans une blague sur Internet, il a comparé Mao à un dictateur. Vous comprenez la réaction chinoise ou pas ? Je
crois que Mbappé, Kylian Mbappé, a fait un communiqué pour s'en excuser, donc acte. Est-ce que vous comprenez ? Je n'ai rien à dire sur cette question-là. Mbappé, vous dites quoi ? Il est
victime du manque de liberté d'expression de la Chine ?
Mais non, écoutez, Mbappé a fait un communiqué, acte, point. Je n'ai rien à dire sur cette question-là. Ce n'est pas un sujet qui vous intéresse, Mbappé ? Pas particulièrement. Merci beaucoup,
Mathilde Panot. Merci beaucoup, Elisabeth Martichoux.
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