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Et nous avions invité aujourd'hui Guillaume Guérin, le maire LR de la ville de Limoges, qui est avec nous. Monsieur le maire, d'ailleurs vous découvrez ces images, on imagine que pour un élu, on est tout près de Tolède, notamment pour un élu c'est un cataclysme terrible. Je ne sais pas si vous pouvez vous mettre à la place d'un élu espagnol à 7 minutes, d'un élu local espagnol, mais ça doit être un moment. tragique et terrible dans la vie.
Permettez-moi modestement d'avoir une pensée pour le peuple espagnol et malheureusement pour les familles des victimes qui étaient dans ce TGV ce matin.
Puisque vous parlez de ceux qui ont des pensées pour vous, la France a découvert, abasourdi les images de la mairie de Limoges, mairie 1880, bâtiment historique, fierté des habitants de Limoges. Ils ont découvert cette mairie en train de brûler en feu, mise à sac qu'on va revenir dans des conditions... particulière et incendiée dans des conditions très particulières.
Le 17 octobre, ça, ça a choqué, ça a ému toute la France, pas seulement les habitants de Limoges ou de la région. C'est l'une des images qui va rester du 17 octobre, effectivement.
Vous avez dit ce matin à des confrères, je n'ai pas reçu un appel d'Emmanuel Macron, du président de la République française, depuis le 17 octobre. Et vous avez même évoqué que le vice-président américain, G.D. Vance, lui... Vous avez contacté, vous avez envoyé un mail, et vous avez mis ces deux informations en parallèle. Ah, ben oui
! Tout ça fait, je pense... interpelle et interroge, mais vous savez, ce n'est pas ce qui m'intéresse. Ce qui m'intéresse, c'était que le gouvernement assume une partie de la responsabilité qui était la sienne. La première responsabilité, ce sont bien sûr les casseurs et les Black Blocs qui ont permis l'incendie de cet hôtel de ville. Eux, ce sont les coupables de cet incendie. Et puis il y a une forme de défaillance, de carence de l'État qui a eu lieu samedi après-midi, puisque les forces de police républicaines, la police nationale d'État, n'ont pas su protéger ni ce bâtiment, ni les commerçants de notre centre-ville qui ont eu... pour certains, leur commerce vandalisé. Donc
comme Benoît Payon à Marseille, qui dénonçait un manque de moyens policiers, vous dites la même chose ? Oui, on n'est pas du même bord avec le maire de Marseille, mais on constate
une chose, c'est qu'il y a eu à la fois un manque de moyens humains, un manque d'anticipation, en tout cas en ce qui concerne le cas d'Espèce de Limoges, un manque d'anticipation sur... quel allait être le nombre de manifestants présents, quelle était la nature de ces manifestants, parce qu'il faut dire les choses très clairement, il y a un mouvement social le 17 octobre qui part du principe que la vie est chère à juste titre, et il y a des gens qui ont manifesté tout à fait paisiblement en début de l'heure et midi dans Limoges, comme dans de nombreuses villes de France, et à l'intérieur de ce cortège, il y a un certain nombre de gens qui eux ne sont pas là pour manifester pour la vie chère.
Vous avez remarqué que ces derniers jours, au sein de l'exécutif, de l'intérieur, Laurent Nunez, ou même du président de la République, il commence à y avoir un début d'explication sur ce qui vous est arrivé, ou ce qui est arrivé aux villes victimes de l'ultra-gauche militante terroriste, j'utilise le terme à dessein, voilà l'explication qui est donnée. C'est pas le
mot utilisé par les autorités. Voilà l'explication qui est donnée, c
'est qu'il y avait des militants d'ultra-gauche que nous pensions... voire en fin de journée du 17 octobre, à la fin des manifestations, et en fait, ils se sont levés tôt, et ils sont intervenus très très tôt, et ça nous n'avions pas prévu. C'est ce qui a été évoqué par Laurent Lignès notamment, et repris par Emmanuel Macron. Le
résultat est là. Il y avait un mouvement social, à l'intérieur de ce mouvement social, il y avait des Black Blocs, qui sont pour certains membres de l'ultra-gauche, même si je ne sais pas trop ce qu'il y a derrière cette nébuleuse très concrètement. Et puis il y avait un certain nombre de jeunes gens qui étaient venus là pour rechercher des sensations fortes, qui viennent d'horizons très différents. Et puis après une troisième phase dans la soirée, de pilleurs d'opportunités qui sont venus se servir dans les magasins. Mais monsieur
le maire, il faut qu'on parle en particulier de ceux qui ont préparé, anticipé pendant des semaines. L'incendie de la mairie de Limoges, parce que les autres mouvements, on les connaît, on en a tant parlé sur LCI. Mais ce que nous découvrons, c'est qu'un peu comme à Rennes et Nantes, où il y a une ZAD à proximité avec une population qui, sur le plan politique, est une population singulière. Bon, eh bien, un peu de la même façon, il y a à 50 km de Limoges, une population dans la ruralité, qui est militante, alors si le mot ultra-gauche ne vous voit pas, qui est militante politique très à gauche, voilà.
C'est pas que ça ne va pas, c'est que moi, vous savez, chaque mot a un sens et il faut... Il faut définir les choses.
Ils sont arrivés dans votre mairie avec le projet de la brûler en mettant des allume-feu, enfin des accélérateurs d
'incendie. C'est tout l'enjeu de l'enquête. Vous me permettrez de ne pas la commenter pour ne pas l'affaiblir. Aujourd'hui, il y a eu un incendie qui a été allumé volontairement par un certain nombre d'individus dont la tenue, la gestuelle, l'organisation que l'on peut constater de manière totalement factuelle sur les caméras de vidéos de protection de la ville et sur les images de la presse. y compris ceux qui ont filmé, les manifestants qui ont filmé ces scènes-là, on se rend compte que ce ne sont pas des petits casseurs débutants. Et on assiste à quelque chose d'organisé, de planifié très probablement, l'enquête le dira, en tout cas l'incendie de l'Hôtel de Ville n'est pas parti d'imbriquer d'une boîte de limettes. Ça c'est une certitude. Et il y avait une volonté de détruire un symbole de pouvoir. des éléments dont on dispose aujourd'hui qui sont publics, les deux cibles c'était la préfecture ou l'hôtel de ville. Il s'avère que le cortège, quand il s'est scindé en deux, était plus près de l'hôtel de ville qu'il ne l'était de la préfecture et que c'est l'hôtel de ville qui a été ciblé. Est-ce qu'on peut parler d'actes terroristes ? Ça c'est, M. Brunet, ni à vous ni à moi de le dire. Il y a une enquête en cours, le PNAT, le Parc national antiterroriste, est saisi, il est saisi en tant qu'observateur, donc il dira si la concordance des faits peut amener à une qualification terroriste des faits. Encore une fois, je pense que ce n'est pas ni à moi. en tant qu'élu de la République, ni aux commentateurs divers et variés, d'en juger. En revanche, il y a une chose qui est certaine à mes yeux, c'est qu'il y a eu un phénomène de destruction par le feu d'un bien public qui n'est pas n'importe lequel, qui est la maison commune de toutes les Limougeaudes et de tous les Limougeaudes, et que cette volonté-là n'est pas seulement délictuelle, elle est criminelle. Ça, par contre, je pense que personne ne peut le contester. Même les avocats de la Défense, je pense, vont avoir maille à partir pour démontrer qu'il n'y avait pas une intention criminelle. Parce qu'à l'intérieur de cet hôtel de ville, il y avait des agents, des agents territoriaux, notamment le gardien de la loge qui gagne 1700, 1800, 1900 euros par mois. Ce n'est pas un représentant du CAC 40. Ce n'est pas un représentant du pouvoir étatique, Philippe. C'est le gardien de la loge de l'hôtel de ville. Il y avait des jeunes femmes qui ont procédé à la célébration de mariage l'après-midi, qui ont 20 ans, 21 ans, 22 ans. Des gens qui ont été profondément choqués. par les cris qu'ils ont entendus. On va tous vous cramer, on va vous tuer. Ça c'est une réalité entendue que vous retrouvez sur les réseaux sociaux qui ont été filmés par les quelques essais revelés qui laissaient faire les activistes et qui filmaient la scène en applaudissant. Qui surtout ont d'ailleurs participé à jeter des projectiles pour enfoncer les vitres de l'hôtel de ville. Mais il y a donc la certitude par les incendiaires qu'il y a des gens à l'intérieur. Il y a notamment des policiers municipaux, puisqu'il y a une défaillance de policiers nationaux. Il n'y a pas de policiers nationaux à ce moment-là présents dans l'hôtel de ville parce qu'ils sont coincés en tenaille avec d'autres types de black blocs sur la partie basse de la ville. Et donc les policiers municipaux ont fait ce qu'ils pouvaient, ils étaient équipés pour essayer de faire en sorte de repousser les assaillants. Mais quand vous êtes 20 policiers municipaux face à 600 personnes ultra galvanisées à l'extérieur, dont... quelques dizaines d'activistes qui sont là pour faire tomber le symbole et faire tomber la république c'est impossible de lutter donc à partir de ce moment là est ce que ça sera qualifié le fait terroriste je n'en sais rien ça c'est à la justice de le trancher est ce que ça sera est ce que le terme de fait criminel sera retenu je l'espère, eu égard à la brutalité des faits, eu égard à la peur que cela a suscité chez les agents, des gens qui n 'avaient rien demandé, des gens qui étaient là, qui faisaient leur travail un samedi après-midi, comme tous les autres samedis après-midi, et une volonté de tuer les policiers municipaux qui étaient à l'intérieur, j'ose espérer que le fait criminel sera établi et que les sanctions pénales qui en découlent seront à la hauteur de l'enjeu. Est-ce que c'est un acte terroriste ? Pour que ce soit le cas, il faut valider un certain nombre de préalables. Donc, laissons la justice faire son travail. Le parquet a des moyens d'investigation qui sont malheureusement insuffisants, mais le parquet de Limoges fait un très bon boulot. Je vois que les avocats de la Défense, pour les deux présumés qui sont aujourd'hui incarcérés... demande d'ores et déjà le déport et la délocalisation du contentieux, demande également la remise en liberté des suspects potentiels, des incendiaires potentiels. Bon, donc on va assister à quelque chose, à un feuilleton judiciaire qui va être assez long sur cette affaire. Moi, je considère qu'il ne faut pas entraver le travail de la justice et qu'il faut bien calibrer les termes que l'on emploie.
Paul Melun, monsieur le maire, est-ce que vous faites un lien de cause à effet, même indirect, entre la brutalisation du débat politique, notamment à l'extrême... et c'est ces casseurs c'est black bloc d'ultra gauche qui ont incendié votre mairie autrement dit pensez vous qu'il y a des discours qui arment la violence et la brutalité que nous avons observé le 17 octobre et dont l'incendie de votre mairie a été lac mais pour nous tous français qui nous a tous bien sûr choqué
suis toujours choqué la dénonciation du mal dont on chérit les causes Il y a des choses très directement. Vous avez des élus, une étiquette de la France insoumise qui appelle au fait que la violence puisse être légitime, même si elle n'est pas du fait... de la police républicaine de ce pays. Non, la violence légitime, dans un état de droit, elle appartient à la police républicaine de ce pays et à personne d'autre. Donc déjà, il y a des petites problématiques de sémantique et il y a des glissements qui, moi, m'interpellent de la part d'un certain nombre d'élus. Quand le Premier ministre Lecornu interpelle la présidente Pannot à l'Assemblée nationale en disant « est-ce que vous condamnez l'incendie de la mairie de Lille ? » et qu'elle ne répond pas. Moi, ça m'interroge et ça me laisse pantois. Donc oui, bien sûr qu'il y a des discours qui participent à cet embrasement du pays. On est déjà dans la campagne présidentielle où on voit bien que le deuxième tour dans la tête de beaucoup de gens se joue déjà entre Marine Le Pen et M. Mélenchon. Et donc, à partir de ce moment-là, ça crispe les tensions. Ça
nous interpelle d'autant plus. que le président de la République ne vous ait pas apporté un soutien, ou ne vous ait pas appelé, ou ne vous ait pas contacté. Mais le symbole est extrêmement fort.
Je vous laisse le soin de... Non, mais on aimerait vous entendre là-dessus. Et vous dites que J.D. Vence, le vice-président américain,
vous a contacté. Que vous a-t-il dit ?
En gros, le vice-président des États-Unis d'Amérique témoigne de sa compassion à l'hôtel de Limoges. Je ne sais pas si c'est placé Limoges sur une carte, il faut être très lucide. En revanche, il a eu un message sympathique. à la destination des habitants de cette ville. On fait un raccourci un peu rapide entre la destruction de l'hôtel de ville et le fait migratoire dans ce pays. Bon, c'est un peu plus compliqué que ça. Ce qui s'est passé à l'hôtel de ville, ce n'est pas uniquement lié au fait migratoire, loin de là. Donc là encore, vous savez, il faut faire attention à ce qu'on raconte et tous les mots ont un sens. Mais vous êtes déçus ? Vous êtes déçus ? que le président de la République ? Je crois que les faits parlent d'eux-mêmes. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire. Vous savez, j'ai demandé au gouvernement d'être présent et au Premier ministre de venir. Ce qu'il a fait, il est venu vendredi, il est venu avec des engagements clairs, c'est de reconstruire l'hôtel de ville de Limoges sur la base de ce qui s'est passé avec Notre-Dame de Paris. C'est la jurisprudence de Paris qui s'applique à Limoges.
Pardon, mais ça, arrêtons-nous un instant là-dessus. C'est déjà en soi fabuleux. Parce que... Vous êtes une victime de ce 17 octobre, sans doute la plus symbolique, la plus terrible. Je pense que beaucoup de gens ont pleuré. pleurer en voyant les images. Je pense moi-même avoir été ému aux larmes en voyant les images de la mairie de Limoges. Il se trouve que Limoges, c'est la première ville quand j'ai commencé ma carrière, vous savez qu'on est à France 3, et on donne aux jeunes journalistes la possibilité d'être vers des remplacements. J'avais été à Limoges trois semaines, et j'ai vécu trois semaines de ma vie à Limoges. Donc voilà, c'est cher à ma jeunesse, c'est cher à mon cœur. Donc j'ai été comme des tas de gens émus aux larmes. Donc ça veut dire que cette émotion, vous allez réussir avec l'aide de la puissance publique à la... traduire en termes de reconstruction.
Mais vous avez passé l'état de sidération et l'état émotionnel, qui est encore prégnant. Ce bâtiment, c'est d'une tristesse absolue sur le plan architectural, sur le plan patrimonial, sur le plan symbolique. C'est l'atteinte de la maison commune. Encore une fois, c'est les plus fragiles qui sont impactés. Ce n'est pas les gens les plus aisés de Limoges. Ils ont moins besoin de l'Amérique, les plus fragiles. Donc, sur un plan moral, c'est absolument abject. Mais une fois que vous avez passé l'état de sidération à l'état émotionnel, il faut être dans l'après. L'après, c'est quoi ? C'est la continuité des services publics, donc il faut être au plus près de nos concitoyens et assumer le service public de proximité tout de suite, très rapidement. Donc c'est ce qu'on a fait. J'ai des équipes formidables, une direction générale des services qui a tout organisé de la meilleure des manières, et surtout des agents. Vous savez, il y a un aspect fonctionnaire bashing permanent dans ce pays depuis des années. Je peux vous dire qu'on a une fonction publique d'État, une fonction publique territoriale qui est parfaitement consciente de ses missions. la république cheveillée au corps moi j'ai vu plus de 100 agents dimanche dernier en dehors de leur travail venir faire une chaîne humaine pour sortir les dossiers de l'état civil et donc j'ai beaucoup de chance d'avoir une administration aussi aussi engagée que celle ci
frais d'hermel justement vous évoquiez cela comment on fait par exemple quand on a demandé un permis de construire Et peut-être le dossier a brûlé ? Comment ça se passe pour les gens
? On fait en sorte de retrouver les procédures qui ont été numérisées le plus vite possible, on fait en sorte d'assumer la continuité de service. La chance que l'on a, c'est que contrairement à ce que beaucoup de gens imaginent, Limoges c'est une grande ville, c'est la deuxième ville de la région Nouvelle-Aquitaine. La Nouvelle-Aquitaine c'est la taille de l'Autriche, le PIB du Danemark. Nous sommes la deuxième aire urbaine de ce grand sud-ouest, donc on a quand même beaucoup de services, on a une communauté urbaine, on a beaucoup de bâtiments publics qui hébergeaient déjà une grande partie de nos équipes. Là vous avez un peu moins de 300 agents qui sont impactés sur les 2700. sans que compte la ville de Limoges. Donc on a quand même beaucoup de services qui continuent, Dieu merci, à fonctionner, là c'est le bâtiment historique, c'est les bureaux des élus, du maire, une partie de l'état civil, le service funéraire qui est un vrai sujet. Est-ce qu'on a un service funéraire en régie qui permet aux gens qui n'ont pas trop de moyens, qui ne peuvent pas se faire inhumer par les pompes funèbres privées, de passer par un service en régie qui est moins cher que le reste ? Eux, aujourd'hui, ils n'ont plus de service. Donc moi je vous dis, cette destruction sur un plan moral et politique, elle est absurde et elle est abjecte, c'est qu'on a pénalisé les plus fragiles. Donc ça va à l'encontre des revendications que vous avez dans les manifs elles-mêmes. Donc c'est absurde tout ça.
Tout à l'heure, vous l'avez un tout petit peu dégagé ma question, mais j'aimerais y revenir. Une partie des Français découvrent un peu abasourdi qu'il y a quelque part, un peu partout en France, en l'occurrence à une cinquantaine de kilomètres de chez vous, des petites communes rurales, dans lesquelles d'ailleurs les maires que nous avons interviewés ici... ont des zones dans leur commune dans lesquelles ils peuvent difficilement se déplacer où vivent des personnes qui sont des militants parfois un peu militarisés enfin en tout cas qui ont du matériel des projets voilà et en l'occurrence un des suspects vient de cette zone à 50 km de chez vous comment les qualifier certains disent c'est des militants d'ultra gauche d'autres disent que ce sont des zadistes en tout cas ce sont des gens qui vivent en marge avec un projet qui est clair et qui est assez mortifère pour la démocratie et en l'occurrence Si le suspect vient vraiment de là, assez mortifère
pour votre mairie. Moi, ce qui m'inquiète, si vous voulez, c'est la minimisation de certains élus sur ces faits, notamment de certains élus du territoire. Vous avez des élus qui sont classés à gauche, pas tous à LFI d'ailleurs, qui essayent de minimiser tout cet aspect-là. Vous savez, vous avez le droit dans ce pays... dans le monde occidental, de vivre différemment de la majorité du reste des concitoyens. Vous avez le droit d'être décroissant, de croire à la protection de la forêt, à l'environnement, de vivre de ce que vous plantez dans votre jardin et de ne pas être dans une société de consommation. Moi, ça ne me pose pas de problème. Dès lors que vous laissez la possibilité aux autres de vivre tel qu'ils l'entendent. Aujourd'hui, on a sur certaines zones de ce territoire, et on va la voir, vous le verrez, je peux faire une prophétie ici, vous aurez des affrontements. de population dans les mois et les années qui viennent sur une partie de ce territoire parce que les gens ne se comprennent plus. Vous avez des exploitants agricoles qui exploitent une SAU bien donnée, une surface agricole utile, qui ont un certain nombre de documents à remplir dès qu'ils font un plan d'épandage ou qu'ils veulent agrandir de 30 cm le chéneau de leur stabulation. Il faut qu'ils fassent un pavé comme ça dans les différents services déconcentrés de l'État pour avoir les autorisations. Et dans le même temps, des populations qui construisent des yourtes ou des habitants en dur sur des terrains qui ne leur appartiennent pas où personne ne dit rien. Donc là vous savez un jour ça va finir par se tendre. Et donc il y a dans cet écosystème des gens qui aspirent à un mode de vie différent et qui en leur sein hébergent un certain nombre de militants politiques. que vous appelez d'extrême-gauche, d'ultra-gauche, en tout cas qui ont un projet politique parfois très abouti intellectuellement pour certains, qui est ni plus ni moins la destruction de tous les symboles de la République. Il y en a.
Monsieur le maire, quand vous avez découvert ces images,
est-ce que c'était le pire moment de votre carrière politique ? Oui, c'est évident. Vous savez, je le dis, j'ai deux moments très marquants. Moi, ça fait longtemps que je gravide dans la sphère politique, je travaillais pour un député, je suis conseiller régional, j'ai été président de la métropole sur le mandat passé. Je suis élu depuis 2014 à l'hôtel de ville. Premier mandat de maire en 2026, j'ai eu deux moments tragiques dans ma vie, des obsèques de jeunes enfants qui étaient morts sur un accident de la route en Moselle, qui était originaire de Limoges, tués par un cocaïnomane qui avait écrasé la barrière centrale de l'autoroute et qui avait écrasé deux mères de famille et les quatre enfants qui étaient avec. C'est un moment très dur, parce que j'ai eu à m'exprimer ce jour de ces obsèques-là, c'était en 2015. Et ça, ça, ça ne vous marque à jamais. Je ne souhaite à aucun maire de vivre ce que j'ai vécu. Et je ne voudrais pas, si vous voulez, que Limoges fasse jurisprudence. C'est-à-dire que pour ces casseurs, pour ces blagues... blocs, ça c'est un symbole, c'est une réussite pour eux. Et donc à chaque fois que vous reculez dans la capacité à assurer l'ordre républicain, vous les galvanisez. Et donc il faut bien que le gouvernement ait conscience, je l'ai dit à Sébastien Lecornu, je l'ai dit au ministre d'État qui l'ont accompagné, je l'ai dit au ministre de la Justice, il faut bien avoir conscience que... Limoges pourrait faire jurisprudence ailleurs parce que l'État n'est pas tombé le 17 octobre. En revanche, l'État a profondément vacillé le 17 octobre. Et quand on voit le climat social dans lequel se trouve ce pays aujourd'hui, le climat sociétal dans lequel se trouve le pays aujourd'hui, je suis inquiet de l'avenir.
Peut-être qu'il y a eu des leçons qui ont été tirées puisque le 24 octobre s'est mieux déroulé. Il y a un conseil de défense, il a eu lieu ce matin, donc pour préparer samedi prochain. Emmanuel Macron a parlé d'un samedi à risque. Est-ce que le gouvernement est mieux ? à même de faire face aujourd'hui.
Et ça c'est à eux qu'il faut poser la question. Vous savez, moi ce que j'attends du président de la République c'est qu'il agisse. Vous, messieurs les journalistes, vous êtes là pour commenter l'actualité politique, c'est votre métier. Le président de la République est là pour agir. Pas pour dire que le samedi va être à risque. Et là pour faire en sorte que le samedi soit pas à risque. D'où le conseil de défense ce matin. C'est pour ça qu'il est président de la République.
On le trouve un tantinet commentateur nous aussi. On pense qu'il pourrait faire un très bon éditorialiste après le mois de mai. Je
vous laisse...
Là c'est le gouvernement qui est à la manœuvre aujourd'hui. Vous avez bien conscience que le président de la République... Vous savez
quand l'État veut l'État peu. Je pense qu'une des premières failles c'est de laisser penser à ces... casseurs à ces black blocs, à cette ultra-gauche, que l'État est faible. L'État n'est pas faible. Samedi dernier, l'État a mis les moyens en mobilisant les forces de gendarmerie, les équipes mobiles, les moyens techniques et humains qui sont à la disposition de nos forces. de sécurité intérieure républicaine, c'est-à-dire qu'ils protègent tous les Français, quelle que soit leur couleur de peau, quelle que soit leur confession. Il n'y a pas eu de problème samedi dernier. Donc moi, je pense que quand on veut, on peut, encore faut-il, mettre les moyens, les moyens humains et les moyens logistiques. Monsieur
le maire, est-ce qu'en amont du 17 octobre, les services de l'État, la préfecture, le renseignement territorial, le commissaire de police de la ville, vous avez contacté pour dire, écoutez, voilà comment on évalue la situation, il y a un risque samedi. Est-ce que vous aviez été contacté ? Quel était votre degré d'information ? Est-ce que vous l'avez été depuis lors sur la manif de samedi dernier et la prochaine ?
Alors comme depuis longtemps, même avant d'être maire, je le faisais déjà en tant que président de la communauté urbaine, j'appelle systématiquement les personnes concernées à la veille de chaque manifestation d'ampleur pour savoir comment ils voient les choses. Il y a eu de toute évidence une sous-estimation de la part des renseignants. C'est vous qui les appelez,
ce n'est pas eux qui font la démarche ? Oui, moi
je le fais, je le fais parce qu'on est une grande ville. Oui d'accord, ça se passe de manière fluide. Je connais très bien le directeur départemental de la police nationale, je connais tant bien le colonel de gendarmerie du secteur, donc on se parle. Mais il y a eu une sous-estimation à la fois de l'ampleur de la manifestation et de la nature des manifestants. Ça c'est un fait. encore une fois, je pense que c'est très difficile pour eux aujourd'hui, eu égard aux moyens dont ils disposent, de pouvoir anticiper ce genre de phénomène. Mais il est évident que si les choses avaient été anticipées différemment, cet hôtel de ville n'aurait pas brûlé.
Question, je souhaiterais donner... de l'argent pour la reconstruction de
l'hôtel de ville de Limoges, est-ce possible ? Oui, alors en trois mots, l'idée n'est pas d'aller faire les poches, même par des billets de dons, de la part du contribuable. Moi, ce que j'ai demandé à Sébastien Lecornu, c'est que je ne veux pas que ce soit le budget général de la ville qui paye la reconstruction. Sinon, ça veut dire que je ne peux porter aucune politique publique durant le mandat et je ne peux tenir aucun engagement de campagne que j'ai pris devant les Limoges à l'occasion de la campagne municipale. Donc j'ai demandé à ce que ce soit l'État qui assume la reconstruction de l'hôtel de ville. Alors certes, le contribuable... Limougeau participera, indirectement, via la fiscalité, l'impôt sur le revenu ou les taxes foncières à la reconstruction de son étal de ville, mais ça ne sera pas pris sur le budget général de la mairie. C'est ce que j'ai voulu dire quand je l'ai exprimé ainsi. Le Premier ministre a dit pour ça, il faut classer la mairie monument historique, donc c'est ce qu'on a fait. Le ministère de la Culture va classer la mairie monument historique. A posteriori. Exactement, a posteriori. Pourquoi ce n'est pas
le cas avant, d'ailleurs ?
C'est une très bonne question. Beaucoup de bâtiments
19e, malheureusement. Le 19e siècle est mal aimé par certains conservateurs.
On
a une ancienne ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, qui ne voulait pas, qui disait les églises du 19e siècle, ça va bien. On avait une division en volume, on
avait les façades qui étaient classées et pas le reste. Donc là, l'idée est bien de classer l'intégralité du bâtiment, c'est une forme de technique pour pouvoir être éligible à 80% du montant des travaux par le biais du ministère de la Culture. Donc le ministère de la Culture va assumer 80% de la rénovation et de la reconstruction de cet hôtel de ville via... une de ses filiales, un de ses bras armés qui s'appelle l'OPIC, c'est le château de Versailles notamment, et les 20% restants vont se partager entre les collectes de dons via la fondation du patrimoine et les assurances. Alors les assurances, quand vous avez un fait comme celui-ci qui est un fait délictuel ou criminel dans le cadre des meutes urbaines, les assurances elles ne marchent pas. C'est valable pour Limoges, mais c'est valable pour n'importe quel mérite. Je le dis à mes collègues maires.
Donc ça ne va pas être simple pour moi. de donner 50 euros par exemple ? Si, via la Fondation du Patrimoine. J'appelle la Fondation du Patrimoine. Il y
a un lien via la Fondation du Patrimoine. Ce que j'ai voulu éviter tout de suite, ce que j'ai vu commencer à apparaître, des cagnottes linchies, qui n'étaient sans doute pas du tout faites pour servir les intérêts de la mairie de Limoges. On a pris l'initiative de contacter très vite la Fondation du Patrimoine, qui est une structure qui a pignon sur rue, qui est une structure sérieuse, et qui a pris le lead sur la collecte de dons. Entre la Fondation du Patrimoine, les assurances, même un minima, qui vont quand même représenter près de 3 000... Plus les 80% pris en charge par le ministère de la Culture, cet hôtel de ville sera reconstruit à l'Atlantique, comme j'ai pris l'engagement devant les Limougeaux.
Merci Guillaume Guérin, merci à vous d'être venu nous voir, maire de Limoges. Et nous saluons d'ailleurs tous les Limougeaux et les Limougeaudes qui nous regardent fidèlement tous les jours. Alors petite
précision, dans le cadre de la course à la présidentielle, je soutiens David Lysnard. Je suis maire Nouvelle Énergie. LR Nouvelle
Énergie, effectivement. Le mouvement de David Lysnard.
Merci à vous d'être venu nous voir.
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