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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
d'être avec nous. Comment sortir de la crise ? C'est la question obsédante dans la perspective de samedi et des samedis suivants. Bonsoir Ségolène Royal. Merci beaucoup d'être là avec nous aussi ce soir. Léonard Attal, merci Léonard, et Guillaume Roquet, Ségolène Royal. On faisait les comptes, Ségolène Royal, finaliste d'élection présidentielle, mais aussi quatre fois ministre. Combien de fois ? Combien de mandats de députés ? Quatre. Vous êtes une des personnalités les plus expérimentées de la Ve République. Et aujourd'hui, dans le débat politique, votre regard sur ce qui est en train de se passer. Écoutez d'abord la question de l'expulsion des récalcitrants. C'est le ministre en charge qui dit que le moment est arrivé de reprendre le travail. On verra s'il est suivi d'effet.
dis simplement, moi ce que je veux maintenant, c'est qu'il faut que tout le monde se remette au travail. On a des lycéens qui sont arrivés à l'université il y a quelques mois, ils ont eu 4 semaines de cours et tout s'est arrêté, c'est pas possible. Donc il faut maintenant reprendre le travail, ça veut pas dire que les négociations s'arrêtent là. Ségolène Royal, que dire aux lycéens
effectivement ? Est-ce qu'il faut leur dire, lundi vous reprenez
'abord, tout ceci n'aurait jamais dû exister, parce qu'un pays bien gouverné, c'est un pays calme, où les gens se concentrent sur l'énergie qu'ils doivent donner pour leur réussite, quand il s'agit des enfants et des adolescents, pour leur entreprise, quand il s'agit du secteur économique, pour les services publics, quand il s'agit de personnels engagés au service du public. Et par conséquent, ce pays est très mal gouverné. Et ça fait dix ans que ça dure, il y a une succession de révoltes sociales qui non seulement n'ont pas été anticipées, n'ont pas été gérées et ont été réprimées.
Ce n'est pas la première, soyons honnêtes. Ce que
je pense profondément, c'est que comme les précédentes révoltes sociales n'ont pas été correctement réglées, il y a un reliquat de ces révoltes sociales. Il y a un ressentiment profond. s'ajoute la question de l'angoisse devant la hausse des prix, devant des avenirs bouchés, à ce moment-là, effectivement, ça explose. La méthode dure. Non, mais ça, c'est important à dire. Parce que là, il faut emporter la responsabilité aux manifestants ou aux étudiants, ou aux élèves des lycées, alors que les élèves des lycées ont été plus responsables que le gouvernement. Plus responsables, c'est-à-dire qu'ils ont attiré l'attention sur la dégradation du système scolaire qui a dégradé dans le classement PISA. Ce sont eux qui sont dans les classes. Ce sont eux qui vivent ce déclassement. Le
gouvernement dit, alors il monte un peu les chiffres à sa façon, mais enfin quand il dit 4 milliards supplémentaires, au total 5 milliards. Écoutez Guillaume Roquette. Guillaume Roquette, alors c'est la version dure, il dit expulsion de ceux qui à un moment donné ne reprendront pas. À un moment donné, il faut quand même que les cours reprennent.
Il me semble d'abord qu'il faut arrêter ces blocages, parce qu'à aucun moment on a demandé à la majorité des lycéens s'ils étaient d'accord. Comme toujours dans ces mouvements qui sont téléguidés par l'ultra-gauche, il y a une petite minorité très active, très organisée, très brillante aussi, on les voit sur les plateaux, très à l'aise, qui a pris en otage une collectivité toute entière, celle des lycéens ou celle des facultés. vu à de nombreuses reprises dans un certain nombre d'universités françaises ou à Sciences Po. Et je pense qu'il y a un moment où il faut dire maintenant ça suffit. Si vous n'êtes pas d'accord avec le système, si vous trouvez qu'il faut faire la révolution, très bien, alors faites la révolution, mais n'empêchez pas ceux qui veulent travailler de le faire.
Non mais j'entends cette théorie de la prise d'otage par une minorité sur la majorité. Mais c'est à cause de raisonnements comme le vôtre, en effet, qu'il y a une dégradation du climat social. parce que ça empêche de comprendre et de réfléchir. S'il y a une minorité d'élèves qui au départ se sont bougés, parce que ce n'est pas d'aujourd'hui, ça fait deux ans qu'ils alertent, trois ans qu'ils alertent sur les problèmes de parcours sup, par exemple, sur l'absence des professeurs dans les classes. C'est eux qui ont raison. C'est le gouvernement qui aurait dû tenir le discours que tiennent les lycéens. Ils ont remplacé le gouvernement en alertant sur les raisons de la dégradation du système scolaire. Pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas été écoutés ? Pourquoi est-ce qu'on n'a pas répondu à ce problème ?
Il y a plusieurs choses, me semble-t-il. avec vous sur les non remplacements des professeurs j'aimerais bien savoir par quel miracle on a trouvé du jour au lendemain 3000 professeurs qui de toute évidence et devait il devait être caché dans un amphithéâtre et le ministre a ouvert la porte c'est vrai que c'est rond la rue de grenoble vous allez travailler ça montre le degré de foutoir de cette administration d'éducation nationale là je suis d'accord avec vous ça c'était utile il se trouve que le gouvernement leur a donné raison Eh bien, s'ils avaient été raisonnables, ils auraient dit « Nous vous remercions d'avoir pris en compte cette demande, qui est une demande forte. » Maintenant, qu'est-ce qu'ils demandent ? Ils demandent de supprimer Parcoursup, c'est-à-dire toute sélection qui est absolument indispensable dans toute société organisée. Donc là, ils
sont irresponsables. Pour ramener la paix sociale quand il y a un conflit, quand il y a une dispute, c'est de bien comprendre et de ne pas déformer les points de vue des uns et des autres. Ils n'ont pas réclamé la suppression de la totalité de la sélection. C'est mot à mot dans les demandes. Avant Parcoursup, il y avait un autre système. Qu'est-ce qui se passait avant Parcoursup ? Vous savez ce qui se passait avant Parcoursup ? Il y avait un système, vous voyez, vous ne savez pas. Je vous remercie. Il se trouve que j'ai des enfants et qu'ils sont arrivés en terminale avant la mise en place de Parcoursup. Entre l'arrêt de la mise en place, rien du tout. Vous voyez que je sais. Et Parcoursup ? Non, non, vous oubliez. Qu'est-ce qu'il y avait entre les deux ? Qu'est-ce qu'il y avait avant Parcoursup, quand il y a eu les premières sélections avec les dossiers à remplir ?
j'étais j'étais en terminale à cette
époque là
la scène est folle vous êtes en train de vous faire
attendez on est passé à l'interrogation ségrène royale ségrène réelle vous met en situation d'interrogation par contre j'ai passé l'époque d'être au lycée alors
comment ça se passait
une liste de choix alors je sais plus là toutefois mais c'était assez compliqué c'était déjà assez opaque il faut le dire avec peu d'explications c
'était beaucoup plus acceptable vous faisiez les jeunes faisait six choix Et ils avaient obligatoirement l'un de ces six choix. Donc c'était beaucoup moins stressant. Il y avait des tirages au
sort, madame Royal.
Non. Si, il y avait des tirages au sort. Demandez à Jean-Michel Blanquer. Vous venez de dire à l'instant que vous ne savez pas qu'il n'y avait rien du tout avant. En tout cas, il y avait déjà des gens pour critiquer ce système.
Deuxième point pour Ségal Royal. Je vais compter les points, mais là je suis obligé de dire que Ségal Royal a... Je vous
le dis, quand il y avait trop d'étudiants pour une filière, il y avait des tirages au sort. Et c'est pour ça que Parcoursup a été créé. Mais non, vous dites n
'importe quoi. Il y avait obligatoire... l'un de vos six choix. Ce qui ne va pas dans Parcoursup aujourd'hui, c'est l'angoisse, c'est l'angoisse profonde que ça génère pendant toute la scolarité. Et je vais vous expliquer pourquoi. Cette angoisse est accentuée, pourquoi ? Parce qu'à la sortie, il n'y a pas de débouché, que la situation économique française s'est effondrée. Et donc les jeunes aujourd'hui, même s'ils travaillent dur, ils se disent mais de quoi demain sera fait puisque la situation économique française s'est effondrée. C'est-à-dire qu'ils sont en face d'un gouvernement qui non seulement a laissé dégrader le service public de l'éducation, mais qui a laissé s'effondrer l'économie française avec la dette que l'on connaît, le taux d'intérêt que l'on connaît, etc. Donc ils se disent, mais où est passé l'argent ? Ils ont plein de bon sens, les jeunes. Et passer l'argent, puisque tout s'est dégradé, et qu'en plus, il y a un trou, et qu'en plus, maintenant, on emprunte à 5%. C'est quand même très angoissant pour les jeunes. Donc, moi, ce que je proposerais, si j'étais aux responsabilités, pour éviter effectivement les blocages, c'est-à-dire qu'on fait des assemblées générales dans les lycées. On continue à discuter, mais à l'intérieur des lycées. On laisse rentrer ceux qui veulent effectivement rentrer dans les classes, etc. Mais on continue à discuter dans les lycées. Balancer sur les jeunes des milliards, des profs, comme vous le dites, qui surgissent de nulle part. Pourquoi ils n'étaient pas là alors ces profs, s'ils existent dans les classes ? C'est pas respectueux pour les jeunes. Est-ce qu'on a manqué un peu de
manière ficelle ? On se rappelle François Mitterrand, vous avez été sa ministre, qui à l'époque, de manière assez habile, avait reçu les jeunes, les avait joués un peu contre Jacques Chirac. Il y a une façon de manier le mouvement des jeunes aussi. Est-ce que là, le pouvoir a manqué un petit peu de ce type-là de finesse et même un peu d'esprit de manipulation ?
pense que c'est plus grave que ça. Il n'aime pas les jeunes. Ce pouvoir n'aime pas les jeunes. Il les a traités comme moins que rien pendant le Covid. Ils n'ont pas été consolés ni soignés après le Covid. Et là, quand il y a eu les premiers blocus devant les lycées, ils ont envoyé la police harnachée avec des casques et ils ont mis 8000 lycéens en garde à vue. C'est-à-dire deux fois plus, trois fois plus que les garde à vue des casseurs. Mais ça fait des jeunes qui sont traumatisés à vie. Et d'ailleurs, ce que je voudrais dire, c'est que quand je regarde juridiquement les fondements de ces interventions, non pas des policiers, mais sur ordre du pouvoir politique qui ont été données aux policiers, c'est totalement en violation des règles de droit françaises. qui prévoit la proportionnalité, qui prévoit la protection de l'honneur, qui interdisent les mises en garde à vue, qui interdisent le menottage de l'honneur. Est-ce que
vous voulez dire qu'on a été trop dur avec les lycéens et pas assez dur avec les casseurs ? On peut dire ça, d'après vous ?
Non, je ne ferai pas la comparaison. C'est-à-dire qu'on a été trop dur avec les lycéens, pensant étouffer ce mouvement qui était légitime. Et la suite est venue de cela, c'est-à-dire que les images des jeunes maltraités ont nourri en effet la hargne d'autres jeunes par solidarité.
Attendez, il y a des vrais casseurs, je vous suis entièrement, on peut vous suivre, mais il y a aussi les vrais casseurs, les vrais voyous, les vrais piens.
Attendez, ne revenons pas. Regardez les manifestations sur vos images.
Oui, samedi, ça s'est passé. Mais c'est toujours la même rengaine. Réussite de la mobilisation de gauche, traditionnelle, pacifique. Mais il y a quand même, à côté de ça, vous êtes d'accord ? Mais dans toutes les manifestations, regardez les décaroptions que vous
connaissez de François Mitterrand, qui disait déjà, on sait qu'à la fin des manifestations, il y a des casseurs. On le sait. C'est pour ça qu'il faut la paix sociale. C'est pour ça qu'il faut que, quand un mouvement se lève, il faut le régler correctement. Là, ils ont voulu le réprimer. C'est-à-dire que ce gouvernement, je le répète, n'aime pas les jeunes. Les jeunes, ils ont besoin de sentir qu'un... pouvoir qui est en empathie avec eux. C'est l'essentiel de la politique, c'est de savoir ce que vont devenir les jeunes. C'est la question politique centrale.
Vous dites, vous écrivez, ce pouvoir est tombé dans la barbarie. Vous assumez de dire qu'aujourd'hui le pouvoir est barbare ? Bien sûr, il s'est comporté
avec les lycéens comme des barbares, bien sûr, c'est une barbarie. C'est l'expression, c'est le vocabulaire d'Anna Arendt. qui dit que quand l'empathie disparaît, quand l'indifférence est là, quand l'empathie disparaît, tout pouvoir tombe dans la barbe. – Et vous le dites
vous-même, vous êtes une femme d'expérience, vous avez été ministre au moment de la mort de Rémi Fraisse, vous avez été ministre de l'environnement, au moment de la loi travail, vous étiez ministre aussi. Il y a eu des personnalités, des personnes éborgnées, des militants qui ont été blessés par les forces de l'ordre. Vous n'avez pas à l'époque claqué la porte en disant que c'est une barbarie ? – Mais si, reprenez
tout ce que j'ai dit, j'ai profondément dénoncé. – Si c'est une barbarie, pourquoi n'a pas besoin d'avoir quitté ? Ça a changé de dimension. Les forces de l'ordre telles qu'elles étaient harnachées devant les lycées, 8000 lycéens mis en garde à vue, embarqués dans des fourgons menottés. Des clés d'étranglement autour de coups des jeunes filles. D'ailleurs, il ne devrait pas y avoir de policiers masculins qui touchent aux jeunes filles, déjà. Moi, ça m'a profondément choquée. Normalement, ce sont des personnels féminins qui touchent les jeunes filles. Et donc, cette barbarie, elle a fait tâche d'huile. Elle a été vue partout, par tous les jeunes de ce pays. Elle a été vue dans le monde entier. Les gens se sont demandés, mais qu'est-ce que devient la France, pays des droits de l'homme, et de la déclaration des droits de l'homme ? Le monde entier a surtout vu les désordres. Il faut dire les deux. Il faut montrer les deux. étape car c'est la première étape qui a provoqué l'escalade ensuite et en plus qui a démuni les forces de l'ordre. Parce que les forces de l'ordre, elles ont été tellement mobilisées contre les lycéens qu'elles étaient en période de récupération.
Petite parenthèse, madame, s'il vous plaît. Sur le retour de l'ordre, on voit à quel point, on en a parlé ces derniers jours encore, vous aviez dans le passé soutenu que, par exemple, le retour de l'uniforme à l'école. On élargit la question. Sortons du seul mouvement des derniers samedis. Vous aviez soutenu, je me rappelle, l'uniforme à l'école. Je me rappelle même sur ce plateau, sauf erreur, vous aviez parlé du salut au drapeau. Comme ça se faisait en d'autres époques. Vous y suriez encore favorable ? Bien
sûr. J'ai même fait voter une loi sur l'autorité parentale. Bien sûr. L'autorité, c'est quelque chose de crucial. Salut au drapeau. Même le salut
au drapeau, comme ça se fait aux Etats-Unis, par exemple.
Mais ça ne me choquait pas. Même la récupération, la réinstallation du drapeau dans les campagnes socialistes de Gaulle, c'est moi qui l'ai faite. Et l'ordre juste, ça va avec le... La juste autorité. Et qu'est-ce qui se passe ?
Vous vous rendez compte, les gens qui nous écoutent, parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de gens à gauche qui soutiennent ça. Il y a Eric Fioti à droite, mais à gauche, peu de gens disent ça. L'uniforme, Gabriel Attal l'avait tenté, ça a marchouillé, pas beaucoup.
Oui, ça marche pas. Si vous étiez
au pouvoir, vraiment, vous l'introduiriez à grande échelle ?
Ça ne me choquerait pas. Moi, j'ai vécu la période où on avait des blouses, donc il n'y avait pas de différenciation. Vous aviez des blouses, oui. C'est pas bête non plus. Mais je veux dire, c'est secondaire. Ça
donne un climat dans l'école. Ça donne un climat, mais
je vais vous dire. Le fondamental, c'est de savoir pourquoi l'autorité s'effondre. Car un peuple a besoin d'autorité. Mais cette autorité, elle doit être consentie. On a besoin à la fois de liberté. Les deux fondements dont on a besoin, c'est de la liberté et de l'autorité. Mais l'autorité, elle doit être consentie. Aujourd'hui, elle n'est plus consentie. puisqu'elle n'est plus expliquée, d'une part, et on ne sait pas au nom de quoi les dirigeants agissent. Est-ce que vous êtes nostalgique d
'une certaine gauche ? On rappelait ici l'époque, alors ça remonte très très très loin, mais l'époque Jules Ferry, les années 1880, la tradition instituteur de la Troisième République, puis de la Quatrième, qui était du centre-gauche, n'est-ce pas ? De vrais hommes de gauche, hommes et femmes de gauche, mais assez autoritaires en matière d'ordre et en matière d'éducation.
Mais attention, il y avait aussi beaucoup de maltraitance dans l'école de la Troisième République. Bien sûr. Il y avait beaucoup de maltraitance, il y avait aussi beaucoup d'inégalités filles-garçons, mais ce qui est regrettable, c'est la place de l'instituteur et de l'enseignant dans la société. Cette place s'est considérablement dégradée, puisque, en effet, les salaires se sont appauvris, les conditions de travail se sont appauvries, et donc il n'y a pas eu de la part de la nation la volonté de maintenir la place sociale de l'enseignant. C'est ça qu'il faut retrouver. Madame Royal. On termine sur autorité, parce que c'est quelque chose d'important. C'est-à-dire qu'un pouvoir qui n'explique pas au nom de quelle valeur il agit ne peut pas exercer une juste autorité. Un pouvoir qui, comme le disait déjà Aristote d'ailleurs, soit il est au service des gouvernés, qui veulent être tranquilles, qui répriment, etc. Soit il est au service des gouvernants, soit il est au service des gouvernés. Et quand un pouvoir est juste au service des gouvernants... qui sont dans leur bulle, à ce moment-là, il n'a plus la juste autorité sur le peuple.
Ils serront de plus près l'actualité immédiate, c'est-à-dire la question des casseurs. Et cette fois, j'insiste, on sait parmi les choses, on ne parle pas des lycéens qui ont manifesté démocratiquement et très pacifiquement, mais vraiment des casseurs. Regardez, après les émeutes du 17 octobre, on a maintenant la facture. Elles auront coûté près d'un milliard d'euros de dégâts. Le gouvernement veut faire payer les casseurs, c'est le projet de loi casseurs-payeurs. Vous voyez les images du lycée de... le lycée Mandela qui est devenu l'emblème de ça, je crois qu'il avait coûté 77 millions dans sa version 9, toute personne présente dans un attroupement violent devrait payer Léonard Attal, aidez-moi à expliquer ça, combien exactement ? Au maximum 10 000 euros. 10 000 euros, donc tout casseur
10 000 euros. Alors pas seulement les casseurs justement, il y a deux nouveautés dans ce projet de loi du gouvernement dont le débat a commencé aujourd'hui au Sénat, c'est un, cette solidarité entre casseurs si vous voulez, si vous faites partie d'un attroupement qu'il est prouvé que vous avez été dans cet attroupement, même si vous n'avez pas casser, détériorer des biens en magasin, on peut, au nom de cette solidarité, vous demander de payer jusqu'à 10 000 euros pour réparer ces dégâts. Et dans le cas où vous seriez mineur ou insolvable, ce même texte propose d'aller chercher cet argent dans les aides sociales, les allocations, et donc de faire participer les parents, les familles. Est-ce que ça vous paraît juste
? Ce qui est juste, c'est le principe casseur-payeur. Ça, ça me paraît juste. Ma solidarité avec tous les commerçants qui ont tout perdu, et qui ont tout perdu en plus dans un contexte très difficile pour eux, parce qu'avec la flambée du prix de l'énergie, il y a beaucoup de commerces qui sont en faillite, et ça c'est une vraie douleur pour toute cette... Ce milieu économique est vraiment partout.
Mais quand on se retourne sur les allocations des familles, c'est-à-dire même une famille où, par exemple, il y a un frère ou une sœur qui est très honnête et qui ne fait pas de problème, mais par contre les parents seront pénalisés, c'est l'argument que souvent certains produisent. Oui, c'est ça, mais
il y a deux principes. Le principe de la responsabilité collective ne peut pas perdurer en droit. Ça sera censuré par le Conseil constitutionnel, puisque vous avez une responsabilité individuelle. Ce n'est pas parce que vous faites partie d'un attroupement que le tribunal pourra reconnaître votre responsabilité. Ça, c'est contraire aux principes fondamentaux du droit, première chose. La deuxième chose, c'est qu'il existe déjà des modalités de recouvrement par l'État auprès des casseurs. Et que ces modalités ne sont pas correctement utilisées. Il faut faire marcher avant de faire des lois pour communiquer. Et puis la troisième chose, c'est que ceux qui ont cassé la France, qu'est-ce qu'ils disent les jeunes ? Mais attendez, ceux qui ont cassé les services publics. Ceux qui ont cassé la France, ceux qui ont fait 3 500 milliards de dettes, ils ont cassé le pays d'une certaine façon. La responsabilité politique, ils vont payer comment les gouvernants ? Je voudrais dire deux choses.
D'abord, vous faites la comparaison. En gros, vous dites, s'il y a tout ce foutoir, c'est à cause de M. Macron. Si je résume, j'espère ne pas caricaturer vos propos. C'est le sens de
la responsabilité politique.
Alors, il me semble que vous ne pouvez pas mettre sur le même plan des pillards. et des gens qui mettent le feu à une mairie, et un État qui, effectivement, a beaucoup augmenté la dette publique. Je vous rappelle que la moitié d'augmentation de la dette publique depuis l'élection de M. Macron, depuis le début de son premier quinquennat, ça servait à financer les retraites des fonctionnaires. Donc, c'est un petit peu, me semble-t-il, de nature différente. Par ailleurs, moi, je suis comme vous, je pense qu'il faut qu'il y ait cette responsabilité. Ce que je pense avant tout, c'est qu'il faut respecter les faits. Et si vous me le permettez, Darius Reblanc, parce que ça va prendre 45 secondes, il y a à peu près 10 minutes, Mme Royal, dans les yeux comme vous le faites avec votre assurance habituelle vous m'avez dit c'est faux sous APB post bac il n'y avait pas de tirage au sort il se trouve que j'ai retrouvé pendant que vous parliez le texte officiel oui j'ai vérifié parce que figurez-vous que moi je considère peut-être que je suis seul là-dedans à m'intéresser au fait le tirage au sort était utilisé dans les filières universitaires non sélectives lorsque le nombre de candidats dépassait la capacité d'accueil de l'université je pense que c'est très difficile de 'était très marginal. Débarque sur des sujets aussi importants quand on traite la réalité, la vérité avec autant de désinvoltures. C'était très marginal. Non, ça n'est pas très marginal. Vous-même, vous avez dit, soyez honnête. Parce que j'ai expliqué que Parcoursup était un progrès par rapport à APB Post-Bac, parce qu'avec APB Post-Bac, il y avait les tirages au sort et vous m'avez dit que c'était faux. Eh bien non, c'est vous qui aviez tort.
Vous-même, vous m'avez dit qu'il n'y avait rien entre les deux. Donc tout d'un coup, vous trouvez qu'il y a autre chose. Mais peu importe. Ce qui est vrai, c'est qu'il y avait un système qui était beaucoup moins stressant qu'aujourd'hui. Et que le système, je le répète, est d'autant plus stressant aujourd'hui que derrière, il n'y a pas de débouché économique. Que les jeunes sont au chômage derrière. Qu'il n'y a plus de formation par alternance. Et ce qu'ils découvrent aussi, les jeunes, c'est que comme il y a un effondrement des universités, il y a une multiplication d'écoles privées, de l'enseignement supérieur, vous le savez, dont le niveau est extrêmement faible. font des enseignements à distance, qui coûtent très cher, et derrière avec des diplômes qui ne valent rien. On ne va pas
refaire le débat d'avant. J'aimerais vraiment vous entendre sur la dureté. Est-ce qu'il faut revendiquer davantage de dureté contre les casseurs et les pillards ? Regardez, c'est d'ailleurs votre journal, Guillaume, qui le révèle, ce que fait le préfet des Hauts-de-Seine. Il est repéré maintenant pour son côté très autoritaire. C'est lui qui avait convoqué les parents de jeunes impliqués dans les violences et qui les avait un peu morigénés en les mettant dans une salle, en disant qu'il ne faut pas que ça se reproduise. Alexandre Brugère il s'est fait voilà c'est cette image là qui avait beaucoup marqué les uns approuvant les autres dix ans c'est un peu des méthodes quand même un peu trop une quinzaine de familles de cette manière voilà un peu paternaliste et un petit peu un peu humiliante quoi qu'il en soit là il revient sur le sujet puisque il a il s'en est pris au logement social d'une famille il s 'agit d'un d'une personne condamnée pour le vol d'un sac de luxe à paris monsieur s 25 ans et il avait social il a un logement social à hannière sur scène avec ses proches eux aussi multi condamnés et le préfet brugère veut s'appuyer sur cette situation pour obtenir l'expulsion de toute la famille est ce que ça vous paraît de bonne politique
Moi, je me méfie toujours des exemples de violences sociales comme celle-ci qui vont faire croire qu'il y a des solutions miracles et qu'on va tout d'un coup, parce qu'on aura provoqué... On ne sait pas ce que ça va provoquer dans le quartier, etc. Donc il faut des règles qui soient applicables à tous. Si cette règle est applicable à tous... Il faut effectivement l'appliquer. Mais ça, c'est au Parlement d'en décider. Mais si tout d'un coup, un préfet, comme ça, pour faire parler de lui, va inventer un truc qui n'est pas prévu dans la loi, ça va être pire qu'avant. Mais
là, il y a un principe. On sent bien, le principe de dire, vous êtes multicondamné, vous avez un logement social, on vous le retire. Est-ce que le principe, la pesée d'intérêt, vous paraît juste ou pas ?
Ça dépend. Il y a par exemple des jeunes enfants dans ce logement social, ils viennent quoi ? Ils vont à la rue ? Donc, ce n'est pas parce qu'il faut condamner le responsable du pillage. C'est lui qu'il faut condamner, c'est lui qu'il faut faire payer. Il ne peut pas payer, il vient nettoyer. Oui, ça, ça serait malin aussi, de faire travailler, de faire nettoyer par les casseurs. Ça, ça serait intelligent, parce que qu'est-ce qu'ils vont devenir en prison ? Qu'est-ce qu'ils vont devenir ? Ils vont ressortir, toute leur vie va être gâchée, ils vont être au contact des trafiquants de drogue, à quoi ça rime ? Là, il y aurait des chantiers de réparation, de nettoyage, ça serait peut-être plus malin. Donc vous voyez, il faut prendre en considération la réalité de la famille, la condition, et voir effectivement être sans faiblesse. Mais je rappelle quand même que tout ceci aurait dû... Si le pays était bien gouverné, on n'aurait pas eu ses émeutes, on n'aurait pas eu ses manifestations. Un pays bien gouverné est un pays calme.
Il faut répressif, supplémentaire, des milliers de casseurs, des milliers, rien que pour la ville de Marseille. La préfecture avait articulé 30 000, ça a été revu, quoi qu'il en soit, qu'il soit 30 000, 20 000 ou 10 000, c'est colossal qu'il y ait 10 000 casseurs lâchés dans une ville pendant plusieurs heures, ça n'est pas normal. Qu'est-ce qu'on fait ?
Il n'y a pas eu suffisamment aussi de fonctionnaires de police et de gendarmerie à Marseille. Ils étaient stationnés loin, ils ne sont pas intervenus. Volontairement, d
'après vous
? Non, mais il y a un problème de gestion. de la ressource. Il y a eu un problème de gestion. Et une fois de plus, comme il y a eu une très forte mobilisation pour être face aux lycéens, ils étaient en récupération de temps. Donc il y a eu un problème de gestion et d'escalade qui n'a pas été vu par ce gouvernement. Mais une fois de plus, il n'y a pas de fatalité à ce désordre. L'ordre, il doit être rétabli, imposé. avant que les choses n'explosent. Moi, je pense que c'est possible. Sur
la facture tout de même, parce que vous dites qu'il faut faire marcher la responsabilité civile, preuve qu'elle ne marche pas. On a du recul sur les chiffres de 2023, les violences urbaines de 2023. Un milliard d'euros de dommages. La plupart ont été pris en charge par les assurances, mais 200 millions ont été payés par les communes, les collectivités, et le contribuable de manière générale. Qui doit payer ces 200 millions de manière générale ? Et là, la réparation des lycées, 50 millions, c'est la facture sur l'ensemble des dégradations. qui doit prendre en charge cela si ce n'est pas ceux qui ont cassé ? Est
-ce que vous dites
c'est l'Etat qui doit prendre en charge puisque c'est sa responsabilité après tout ce que vous dites ? Soit
les casseurs sont identifiés et à ce moment-là il y a des procédures qui existent de recouvrement sur ces casseurs.
S'ils sont insolvables. Ils organisent leur insolvabilité. Il y a les parents. C'est déjà prévu dans la
loi. Ce que je veux dire, c'est que si ce gouvernement amuse la galerie et fait de la communication par une nouvelle loi qui, de toute façon, ne sera pas appliquée parce qu'il ne leur reste que six mois, donc si on attend le vote de la loi, les polémiques, les textes d'application, etc., alors qu'il a à sa disposition des procédures de recouvrement des dégâts qui sont commis par les casseurs, ça ne va pas. Il faut améliorer ces procédures de recouvrement.
Ce sera devant l'Assemblée nationale, c'est ça ? Il y aura samedi une grande manifestation. Le 5 novembre, peut-être une grève générale, ou en tout cas un grand mouvement, c'est bien ça ? Un grand mouvement
à l'appel de certains syndicats, notamment dans les transports. Et le 2, surtout le 2, la rentrée des classes, la rentrée du lycée notamment, savoir si les
lycées vont être bloqués. Le truc, on peut appeler ça, c'est un truc réussi du gouvernement, de repousser les manifestations très à l'extérieur du centre de Paris. Regardez, il y a eu les demandes pour le 31 octobre des manifestants. La coordination des Gilets jaunes a déclaré en préfecture ce mardi. 27 octobre, un trajet de manifestation qui est encore relativement proche du centre. Vous repérez les Tuileries, le Louvre, etc. On est encore dans le centre. Mais le gouvernement pourrait faire ce qu'il a fait samedi dernier, c'est-à-dire repousser ça très loin, ça allait de Porte de Vincennes, arriver à Porte de Vincennes et ça partait de Porte d'Italie. Ça allait jusqu'à Porte de Vincennes. Là, on est très loin du centre. Il y avait même des blagueurs qui ont dit « bientôt on finira en Bretagne ». Est-ce que ça vous paraît ? Est-ce que c'est bien joué au fond de la part du gouvernement ? Il a réussi samedi passé.
oui, mais les manifestants n'étaient pas mécontents d'ailleurs. Les images des manifestations sur cet espace beaucoup plus large étaient réussies aussi. Donc il a raison. Ça vous paraît normal ? Je pense en effet qu'il faut protéger les espaces fragiles des centres-villes, bien sûr. Bien sûr, c'est évident. Donc vous
encouragez le gouvernement à faire de même le quai prochain Vous donnez le point au gouvernement et vous l'encouragez à faire de même le week-end prochain ? Oui,
je trouve que les centres-villes ont déjà beaucoup subi de dégâts et de préjudices. Donc il faut dire non parce que la demande des manifestants, c'est d'arriver dans l'Assemblée
nationale. Donc c'est vraiment du centre-centre de Paris. Il faut leur dire non.
Ah, il faut leur dire non, oui.
Là, on retrouve la scène royale de l'autorité. Oui, Guillaume Roquette. Oui, mais je trouve
que je n'ai rien à jouer. C'est trop fragile, puis il est toujours les mêmes. Non, non, bien sûr. Quand
vous arrivez à convaincre Guillaume Roquette, c'est Guillaume Royal, je ne sais pas si c'est bon signe. Les espaces
sont très étroits, regardez. Il faut des espaces plus larges, bien sûr. Et
de la même manière, quand vous entendez le président de la République dire qu'il faut autoriser les manifestations organisées par les syndicats parce que les syndicats savent les organiser, en revanche, il faut interdire à toutes les autres, ceux qui n'ont pas, pour citer le président de la République, la légitimité d'organiser des manifestations. En
disant cela, il est en infraction par rapport à la Cour. Constitution. Il y a une liberté de manifester et les forces de l'ordre doivent garantir cette liberté de manifester et ne pas considérer, comme c'est le cas depuis plusieurs mouvements sociaux, que le fait même de manifester, c'est d'être un ennemi de la République. C'est ça qui est dit dans les instructions aux forces de police. Ce n'est pas de la responsabilité de la police s'il y a des dérapages. C'est parce que les ordres politiques qui leur sont donnés consistent à dire les manifestants sont des délinquants, donc vous arrêtez les manifestants dans n'importe quelle condition. Les lycéens sont des délinquants dès lors qu'ils sont devant... leur lycée. Mais ça ne va pas, c'est ça qui ne va pas.
Ségolène Royal, j'aimerais vous entendre sur non seulement la crise en France, mais la crise européenne. C'est un développement très important de la soirée et l'accusation portée contre l'Allemagne de vouloir en quelque sorte entourlouper la France de manière déloyale et lui pomper son énergie nucléaire, alors même que les Allemands y avaient renoncé de manière très cavalière et sans aucune concertation. Regardons les images et les faits pour bien comprendre ce qui est en train de se passer. Le feu vert européen, aussi futur réacteur d'EDF, aurait désormais... pris en clair, ce serait une sorte de chantage. Les Allemands diraient, on veut bien que l'Europe vous donne l'autorisation, mais il faudra nous donner une partie de votre énergie tirée du nucléaire alors que les Allemands l'ont abandonnée. Est-ce que les Allemands sont déloyaux
pense que dans ce domaine de l'énergie, qui est l'élément clé, qui est l'élément crucial aussi de la sortie de crise, il faut des accords gagnants-gagnants. Il ne faut pas s'opposer les pays les uns aux autres. Et il faut de la loyauté dans ce qui est demandé. Si effectivement les Allemands veulent qu'on leur vende l'énergie nucléaire, ce qui est d'ailleurs déjà le cas, puisque je rappelle l'énergie électrique, c'est deux tiers du nucléaire en France. Eux ont abandonné le nucléaire. C'était une faute
? Comment ? C'était une faute de leur part ?
C'était une faute parce que dans la mesure où ça n'a pas été remplacé par quoi que ce soit, ça a été une faute. Aujourd'hui, on le voit bien. On le paye tous.
Mais tous les Européens le payent, cette faute.
Oui, non, parce que nous, nous vendons de l'électricité. Donc nous n'avons pas non plus... Et au moment de la réunification allemande, ce qu'il faut voir, c'est qu'on a fait un gros cadeau à l'Allemagne. Parce qu'au moment de la réunification allemande, pour que justement, il n'y ait pas ce différentiel de coût de production, la France a accepté d'aligner son coût de l'énergie sur le prix de l'énergie allemand. Mais normalement, on devrait maintenant récupérer notre autonomie énergétique et vendre... Effectivement, aux pays qui le veulent, si on arrive à faire ces... Regardez le choc des deux mondes.
Et je vous rappelle à vous aussi, les idées réelles. Regardez, Aurélien Mel, qui est très passionné de ce genre de sujet, et chacun ses dada, il a suivi le site qui permet de voir minute par minute la consommation énergétique et la production de l'électricité disponible. On a le comparatif France-Allemagne. On a pris 18h30, c'est l'heure où la nuit est vraiment tombée, donc grosse consommation d'électricité. Électricité disponible, générée par le nucléaire à 18h30. France, 65%, énergie très propre, 53 grammes de CO2 par kWh. Énergie nucléaire, 0%. Zéro, alors ils ont des trucs genre, comment on appelle ça ? Ils ont
ouvert les vines de charbon.
Oui, exactement. Donc là, effectivement, propreté très insuffisante, 340 grammes, 53 grammes, 340 grammes, 340 grammes de CO2 par kWh. Alors, certains pays comme la Pologne, c'est 700, parce que là, le charbon fonctionne à plein. Pourquoi est-ce que la France aurait dû faire des choix aussi intelligents ? Pardon, là, il faut être partisan, on peut l'être. Alors que l'Allemagne, maintenant, se dirait, mais pas de problème, on va vous pomper votre énergie.
C'est qu'ils la payent, c'est qu'ils investissent dans ces six EPR, parce que là, il y a le processus de financement qui a commencé depuis le mois de mars. Donc s'ils cofinancent ces EPR, pourquoi pas ? S'ils payent... Ce n'est pas leur projet pour l'instant. C'est ça qu'il faut
discuter avec eux, bien sûr. On commence en 2011 quand Angela Merkel, paniquée devant l'incident de Fukushima, décide d'arrêter la filière nucléaire en Allemagne. Et les industriels lui disent, attention, les Français qui sont nos concurrents, eux, ont une industrie nucléaire, donc une électricité pas chère. Et Angela Merkel dit, ce n'est pas grave, nous, nous n'aurons plus le nucléaire, mais nous aurons toujours la Russie, qui nous permettra d'importer du gaz, qui permettra de produire de l'électricité. Et
parenthèse, qu'on comprenne bien ce qu'on a à l'image, toujours Aurélien Mell, toujours aussi passionné par le secteur énergétique, les Allemands, ils sont en train de polluer, ça monte là. On est à 409 grammes de CO2 par kWh, parce que c'est en train, évidemment, là on chauffe, on commence à chauffer, il fait froid en Allemagne, alors qu'il est.
Oui,
parce que
les Allemands n'ayant plus accès au gaz russe, puisqu'il y a des mesures d'embargo, ils compensent par la production d'énergie à travers des centrales thermiques, qui sont extraordinairement polluantes. Mais comme ça ne leur suffit pas, ils veulent que la France ne puisse plus bénéficier de cet avantage compétitif que donne le nucléaire, d'où cette espèce de bras de fer qui n'est pas le premier. Parce qu'ils avaient presque réussi à imposer ce qu'on appelle la taxonomie à la commission de Bruxelles. C'est-à-dire mettre un régime fiscal très défavorable pour l'énergie qui était produite
par l'énergie. Est-ce que c'est une Europe allemande à l'endroit tonnerre ? Est-ce que c'est une Europe allemande qui est en train de se mettre en place au détriment des autres ? Je rappelle, il y a une espèce de dossier d'accusation, il ne s'agit pas de faire de la germanophobie, mais renoncement au nucléaire sans concertation. Les migrants acceptés par Madame Merkel en 2015, 1,5 million de migrants. Sans concertation, elle l'a fait toute seule. L'abandon de l'avion franco-allemand. Ils nous ont dit pendant des années, on est ensemble, on est camarades, etc. La France poignardée. Ils veulent en plus
que nos usines aillent en Allemagne,
nos usines
aéronauties. C'est
ça. Est-ce que les Allemands sont en train de vouloir poignarder par égoïsme l'Union européenne ?
Ils jouent leur carte. Mais c'est à nous de négocier. Et de rééquilibrer les choses. Une fois de plus, je dis, il faut des accords gagnants-gagnants. Il faut les raisonner. Il faut être capable de mettre sur la table les conditions. Sur les six EPR, sur les six réacteurs, il faut que l'Allemagne co-finance. Et ensuite, pourquoi pas, à ce moment-là, parce qu'il va falloir trouver les sites d'implantation. Donc soit ça sera sur les anciennes centrales, donc là les sites sont déjà identifiés, sinon bonjour les difficultés pour trouver des sites d'implantation de réacteurs nucléaires. Donc vous iriez à Berlin et
vous diriez, monsieur le chancelier, pas de chantage, il faut que vous payiez davantage.
Ça doit être gagnant-gagnant, vous devez payer davantage, voire prendre sur votre sol la construction de certains réacteurs nucléaires.
Ah alors attendez, ça ils ne le feront pas, ils le renoncent. C'est dans leur loi, c'est dans
leur
constitution. Alors à ce moment-là,
s'ils ne le font pas, si c'est nous qui devons les prendre sur nos territoires, Et je répète, parce qu'on ne trouvera pas de nouveaux sites pour construire des réacteurs nucléaires, donc on va les installer, en tout cas c'est ma proposition, sur les sites déjà existants. Ça je pense que c'est possible, surtout que certains réacteurs arrivent à fin de vie, donc il y a aussi tout un travail de rénovation. Est-ce qu'il y a un
problème de souveraineté ? Vous dites souvent, vous avez incarné une gauche, mais rappelant que la souveraineté ça compte. On est pro-européen, très bien, mais enfin la souveraineté d'État ça compte. Est-ce qu'on a là un problème de souveraineté ?
Bien sûr, on a là un problème de souveraineté. Il faut faire très attention aux nouveaux règlements européens. Par exemple, ils viennent de nous imposer ça, je m'y étais opposée en tant que ministre de l'énergie, la mise en concurrence de la commercialisation de l'énergie qui sort soit des centrales nucléaires, soit des barrages hydroélectriques. Et là, le gouvernement Macron a cédé. Et le Parlement a cédé également. Et par conséquent, on a sur les secteurs de commercialisation de l'énergie, y compris dans la concurrence avec le monopole d'EDF, c'est-à-dire EDF est obligé de vendre à des opérateurs privés, y compris des opérateurs européens sur le marché de l'électricité, est obligé de leur vendre de l'énergie à un coût inférieur au coût de production. Ça,
ça ne doit plus exister. Vous diriez que là où certains sont eurosceptiques, Emmanuel Macron, lui, est euro naïf. C'est un mot qui revient parfois. J'ai certains d'ailleurs, même certains chez Edouard Philippe aujourd'hui disent « on n'est pas tout à fait pareil que lui sur l'Europe, nous on est moins naïfs que lui ».
C'est-à-dire que je pense que ce qui n'a pas été vu, c'est qu'il fallait faire évoluer beaucoup plus rapidement les principes de libre concurrence. Parce qu'on a empêché la création de champions européens au nom de la concurrence. Par exemple, le rapprochement entre Siemens et Alstom a été interdit par la Commission européenne, sans voir que la Chine était en train d'exploser et elle de créer des champions à l'échelle mondiale.
Et que les Américains voulaient nous racheter nos champions.
En plus, on a pris un opérateur américain. En empêchant les industries françaises de se rapprocher pour constituer des champions européens, l'Europe a été à côté de la plaque. Elle commence seulement à changer, à faire évoluer sa réglementation, mais c'est déjà presque trop tard. Il faut accélérer la modification et autoriser la construction de champions européens.
Vous étiez au pouvoir, est-ce que la gauche a été aussi à côté de la paix sur le nucléaire ?
Non,
parce que Fessenheim,
ce n'est pas moi qui signe la fermeture de Fessenheim. Non,
mais ça s'est fait pendant le quinquennat. Ce n'est pas
moi, j'ai mis comme condition de la fermeture de Fessenheim au moment où Flamanville allait s'ouvrir. Flamanville d'ailleurs qui est très en retard, qui est actuellement fermée. Est
-ce qu'il y a une arrière ? Allez, allons droit au nerf, on va avancer sur ce qui se passe en France très directement. Mais c'est très passionnant l'énergie. Est-ce que les Allemands sont en train d'avoir des arrières pensées à notre détriment ? Monsieur le chancelier Scholz, il était vice-chancelier à l'époque, en 2018, je vous le dis ce qu'il dit, c'était passé un peu inaperçu à l'époque. Si nous prenons l'Union européenne au sérieux, l'Union européenne devrait également parler d'une seule voix au sein du Conseil de sécurité. À moyen terme, on parle du siège historique de la France au Conseil de sécurité, siège permanent. Eh bien Scholz disait à l'époque, à moyen terme, le siège de la France pourrait être transformé en siège de l'Union européenne.
Oui, mais ça, il y a longtemps qu'il le réclame. Mais ça n'a jamais eu de la vie. Jamais de la vie. Ben non, parce que la France est une puissance nucléaire. C'est à ce titre qu'on est au Conseil de sécurité. Et c'est pour ça qu'on devrait être beaucoup moins alignés que certains pays européens. C'est surtout parce qu'on faisait partie des gagnants en
1945. On faisait partie des vainqueurs en 1945, c'est pour ça que l'Allemagne... En 1945, il y avait au Conseil de sécurité, les membres permanents, c'était ceux qui avaient gagné la Seconde Guerre mondiale. C'est ça, oui. L'Allemagne était discréditée. Mais il me semble que, oui, il y a un risque d'une Allemagne plus dominante que jamais. D'abord parce que je vous rappelle qu'elle fait un effort de défense qui est considérable, donc elle se réarme à grande vitesse. Et puis il y a une chose, c'est qu'elle a une situation financière qui est moins compromise que la nôtre. Peut-être qu'Emmanuel Macron, s'il est aussi accommodant avec l'Allemagne, c'est certes par conviction personnelle, parce que la construction européenne a toujours été son idéal, mais c'est aussi parce qu'il ne faut pas que l'Allemagne ose trop le ton vis-à-vis de la situation financière de la France, vis-à-vis du non-respect des critères de Maastricht.
Parlons de ce qui se passe en France, et en particulier de cette scène à l'Assemblée nationale dure, parce que c'était la minute de silence. Regardez, en mémoire de la victime de l'assaillant de Trapp, de Pengo, Bossio Vangui. Et on rappelait en début de soirée à quel point Bingo Bossio Vangui a été parmi ses victimes. Et tout ça a tourné d'abord, c'était l'émotion et le recueillement. Et vous allez entendre la suite qui est beaucoup moins recueillie. Écoutez ce moment où Sébastien Chenu prend la parole et là l'Assemblée se divise violemment.
Comme si la tension insupportable qui règne dans notre pays ne suffisait pas, le concours de fake news a été ouvert, relayé par le journal Le Monde, et boosté par les responsables politiques de gauche et d'extrême gauche. Ceci ajoute au drame que nous traversons. Le déshonneur et la honte pour ceux qui tentent ces minables récupérations politicardes démontrent combien leurs intérêts politiciens, on est loin du pas d'amalgame, prennent le pas sur la concorde nationale appelée de nos voeux par Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Ségolène Royal, si vous aviez été là dans l'hémicycle, est-ce que vous seriez sortie aussi quand Sébastien Chenu parlait ?
Je le pense. C'est indigne ce qui est fait. C'est une insulte à l'égard des victimes de cet acte terroriste, raciste. Pourquoi ? Parce qu'il parle de la candidature de Marine Le Pen, vous vous rendez compte ? Il y a un crime raciste, il y a un hommage qui est rendu, et il nous sort la candidature de Marine Le Pen ? C'est insupportable. Mais ça, on paye très chèrement le fait que la présidente de l'Assemblée nationale ait laissé des vice-présidences au RN. Moi, la première fois que j'ai vu un membre du RN vice-présidé monter au perchoir, ça m'a fait tellement mal au cœur par rapport à l'histoire de la France. Je me suis dit, mais où ça va s'arrêter, en fait
Et c'est ce que dit le maire de Trappes, on le voit ici à l'image. Est-ce que ça veut dire que vous considérez qu'il y a un lien ? indirect entre le Rassemblement national et l'acte de Trappes.
y a un lien indirect entre la banalisation des discours racistes, xénophobes, islamophobes, notamment sur certaines chaînes de télévision, et ce qui se passe, bien évidemment. Ça déchaîne la violence, ça légitimise la violence contre une couleur de peau différente, bien sûr.
Vous diriez le discours du RN légitime la violence, la violence qui s'est passée à la table, c'est ce que dit la gauche aujourd'hui.
Je ne vais pas généraliser le discours du RN, parce qu'il y a plein de choses dans le discours du RN, mais les discours décomplexés qu'on ne voyait pas même il y a quelques mois sur les chaînes de télévision, notamment sur CNews, c'est hallucinant ce qu'on entend. Et je vais vous dire le fond du problème, c'est le dysfonctionnement de l'ARCOM. Quand vous avez une chaîne comme CNews, qui diffuse un reportage filmé en Albanie... pour faire croire que c'est les manifestations en France, qu'il ne se passe rien.
Soyons honnêtes, ils ont corrigé l'erreur et une chaîne publique aussi s'est tombée. Ça s'est passé sur France Télévisions. Ça s'est aussi produit sur France Télévisions, soyons honnêtes. Qu'on soit d'accord ou non avec vous, le résultat de ça, est-ce que vous allez jusqu'à penser, comme Bali Bagayoko qui était présent sur cette même antenne il y a deux jours, qu'il faudrait interdire, sortir des règles de représentativité en fonction des élections ? et dire que le RN ne s'exprime pas dans les médias. Est-ce que vous pensez comme lui ?
Non, on ne peut pas interdire un parti politique représenté à l'Assemblée nationale. Ça
vous choque, ça
? Non, parce que ce qu'il a voulu dire aussi, c'est par rapport aux propos qui étaient tenus. On peut interdire des propos en effet racistes. Tout le monde est d'accord. Mais ce n'est pas vrai. Laissez-moi vous expliquer quelque chose. Il a changé l'année dernière, le président de l'ARCOM. Celui d'avant, il y avait des propos comme ça qui étaient tenus sur une chaîne. Il y avait immédiatement une amende. Il y avait une suspension même de la diffusion. Quand il y a des propos racistes, il y avait immédiatement une amende, il y avait une vigilance. Aujourd'hui, il ne se passe plus rien. Cet Arcom n
'existe plus. Elle vous répondra le cas échéant. Non, mais vous ne trouvez pas ? Non, mais je ne trouve rien du tout. Parlons, s'il vous plaît, du sujet principal, le Rassemblement national, qui est un des premiers partis de France. Et la France insoumise, qui est un des premiers partis de France, on est au stade où des voix s'expriment pour les censurer. des LFI qui disent qu'il ne faut plus que le RN s'exprime dans les médias. Et je vous cite ce que dit à la fois Bruno Retailleau ou Gérard Larcher à droite, disant qu'on se pose la question de dissoudre la France insoumise.
Ce n'est pas sérieux. C'est pas sérieux. La dissolution d'une organisation politique, elle est là aussi très réglementée par la loi. C'est l'appel aux armes, c'est le renversement de l'État, c'est l'intelligence des puissances étrangères. C'est ça. Est-ce qu'on risque la censure ? Disons les
choses. Est-ce qu'on est en train dans un monde où petit à petit, le pouvoir, puisqu'on parle aussi de censurer les réseaux sociaux, le pouvoir, l'extrême droite, l'extrême gauche, la droite, la gauche, vont tous dire on va se censurer les uns les autres.
il y a cette pagaille parce qu'il n'y a pas l'application stricte et rigoureuse de l'interdiction de tenir certains propos. Il faut une sanction sur les propos racistes, antisémites, qui sont tenus sur les chaînes de télévision. Ce n'est pas possible de voir ce déversoir du matin au soir, cette diabolisation de les filles du matin au soir. Au début, vous avez vu, c'est les filles qui faisaient les émeutes. Donc les gens qui écoutent ça du matin au soir... où on leur dit « ah bah le voile ». Maintenant, il y a des filles qui se font adresser parce qu'elles ont le foulard dans le métro. Elles se font adresser. On a parlé d'abal-voile dans le sport.
Ils disaient « ah bah le voile » dans le sport. Quand on parlait du voile dans
le sport. Il y a ça qui sort. Donc il y a une haine, il y a une hargne. C'est insupportable.
Même quelqu'un comme Gabriel Attal a voulu l'interdiction de la baïa. On ne peut pas dire qu'interdire la baïa, ou alors, je ne sais pas quelle est votre pensée, mais interdire la baïa, par exemple, est-ce que c'est une démarche raciste ? Pas
à l'école, non. C
'est légitime de ne
pas mettre la baillade dans l'école.
Donc on a le droit de dire ça sans que ce soit une incitation à la haine contre des jeunes filles. Abat
le voile, ça veut dire abatter celles qui portent le voile. Abattre, ça veut dire tuer. C'est quand même extravagant.
Je ne sais pas comment vous l'écrivez, madame Royal. Ce ne sont pas les abats
de chez Boucher. Non, c'est autre chose. Abattre, c'est abattre.
Ça veut dire enlever le voile. Non, abat le voile, ça veut dire enlever le voile. Moi, je
pense que tout ça... C'est très violent. C'est très, très violent.
La législation française est l'une des plus sévères du monde en matière de répression, de propos racistes ou incitant à la haine. Oui, mais c'est pas appliqué. Mais si c'est appliqué. Non. Et en plus, je crois que vous vous trompez quand vous pensez que ce sont certains médias qui font le succès de ces idées. La chaîne à laquelle vous faisiez allusion n'existait pas en 2002, quand M. Jean-Marie Le Pen s'est retrouvé au second tour de l'élection présidentielle. Pourquoi ? Parce qu'il y avait un certain nombre de Français qui considéraient que ces idées méritaient d'être portées en avant. Et c'est fait d'ailleurs au détriment du candidat de recevoir parti. Jacques Chirac
refusait de débattre avec lui. À
l'époque, pardon ?
Jacques Chirac refusait de débattre avec lui. Oui, bien sûr, je sais. Le
résultat des courses, c'est que 20 ans plus tard, un peu plus de 20 ans plus tard, presque 25 ans, le Rassemblement national est... à 35% d'intention de vote. C'est-à-dire que cette idée de dire, nous allons les faire taire parce que ces sujets nous déplaisent, je pense que c'est totalement contre-productif. À moins, évidemment, d'interdire les partis. Et moi, je suis comme vous, je suis contre. Je pense qu'interdire un parti qui a 140 députés, ça, à mon avis, d'un point de vue démocratique, c'est un petit peu compliqué. Non,
ça n'a pas de sens. Ça n'a pas de sens, mais honnêtement, honnêtement. Au-delà des clivages politiques, la violence des propos racistes qui sont tenus, les boucs émissaires, l'islamophobie, l'arabophobie, ça empoisonne la vie sociale. Vous savez ce que je voudrais, moi ? C'est qu'un jour, tous les Français d'origine arabe ou tous les Arabes qui travaillent en France s'arrêtent de travailler pendant un jour. Vous savez combien il y a de médecins algériens dans nos hôpitaux ? C'est
ce que disait aussi Emmanuel Macron en disant que ce sont des maboules qui parlent de refuser les médecins étrangers.
Oui, là aussi, vraiment, j'ai l'impression qu'il a utilisé. Vous avez le droit de
dire bravo Emmanuel Macron, sur une fois, une fois. Non, mais vous voyez ce que je veux dire. Ça parlait de Bruno Retailleau. Ça parlait de Bruno Retailleau. Mais dans le bon sens, selon vous, non ? Allez, j'aimerais vous entendre. On aimerait vous entendre, c'est que le royal. Qui a
ramassé tous les déchets, là, je voyais. Donc, pendant toute la journée, on a eu, c'est la faute des Arabes, c'est la faute des Noirs, c'est la faute de ceux-ci, toutes les émeutes. Qui étaient là ? Tous les éboueurs. Vous n'avez pas vu ces images d'éboueurs ? Il n'y avait que des Noirs qui ont nettoyé toutes les rues de Paris. Madame Royale,
votre réaction sur ce qui va venir maintenant, c'est-à-dire qu'on comprend ce soir à quel point la Russie est en train de revenir dans le jeu politique. Écoutez Jean-Luc Mélenchon, le podcast qu'il a donné à François Langlais, extrêmement commenté sur les réseaux sociaux, très grand nombre de vues, et en particulier, notamment, cet extrait où il dit « pas de guerre avec la Russie et il faudra s'entendre avec la Russie ». En tout cas, écoutez ses propres mots.
faut faire attention, parce qu'ils sont sur 11 fuseaux horaires. Et si vous tirez un moustache du tigre, il ne faut pas vous étonner qu'ils réagissent. Donc non, et il ne vaut mieux pas qu'ils le soient. Et nous, Français surtout. Nous, les Français. Parce que les pesanteurs de l'histoire, comme dirait l'autre, elles sont là. Les Russes sont naturellement nos alliés chaque fois que nous sommes envahis. Et les fois où ils ne sont pas nos alliés, c'est eux qui nous envahissent. On a quelques fois tenté de les envahir avec un succès qu'on peut qualifier de modérés. Non, c'est complètement raté. Et donc je mets en garde tous les dirigeants politiques mon pays. Pas de gars avec les
Russes. Partagez-vous, c'est comme une royale.
C'est difficile dans le contexte actuel d'agression de l'Ukraine, de dire tout d'un coup, tout va bien, on va faire alliance avec les Russes. Mais ce qui est vrai, c'est que sur une vision géostratégique du monde, pour continuer la vision qu'avait le général de Gaulle d'ailleurs, qui est de l'Atlantique à l'oral, et c'est évident que comme il le disait, il faut arrêter les guerres. Il faut s'entendre avec ses voisins. Et on peut être ennemi des dirigeants, on ne doit jamais être ennemi des peuples. Parce que ce qui se passe là, c'est la destruction des peuples, les centaines de milliers de morts, tant ukrainien que russe. Mais c'est tellement dramatique, toutes ces énergies, tous ces jeunes, tout ce potentiel, toutes ces intelligences qui disparaissent, alors qu'on a tant à construire ensemble.
Est-ce que 2027, pour vous, sera une occasion, d'une certaine manière, de renouer avec une politique de Gaulle, qui était impeccable dans la défense de l'OTAN, mais qui était quand même allée 11 jours en Union soviétique, à l'époque de la dictature soviétique ? Chirac, qui s'entendait si bien avec Poutine, qui l'avait décoré, qui avait été redécoré en retour, même après les assassinats politiques en Russie, en disant qu'il faut... s'entendre avec la Russie. Est-ce que 2027 marquera ce tournant, ce retour à une ligne de cet ordre-là ?
J'espère que 2027 marquera surtout l'arrêt des guerres. C'est ça aussi. C'est aussi une des raisons de la révolte des jeunes. Ils en parlent beaucoup dans la rue, les jeunes. Et on leur doit ça, on leur doit un monde en paix. Et surtout qu'on a un potentiel effectivement considérable. Mais c'était ça la politique générale de Gaulle, qui s'est effondrée, qui s'était filochée. C'était le non-alignement aussi. C'est pour ça qu'il était sorti du commandement militaire intégré de l'OTAN, que Sarkozy a réintégré, etc. Donc après, on s'est laissé entraîner dans des logiques sans pouvoir suffisamment peser comme une puissance médiatrice de réconciliation et de dialogue. Et aujourd'hui, ce qui manque cruellement, c'est un lieu permanent de discussion et de dialogue. Question
concrète, au prochain G20, par exemple, est-ce que vous imaginez que Vladimir Poutine puisse être invité comme il l'était en d'autres temps ?
S'il y a un progrès sur le processus de paix. S'il y a un cessez-le-feu, s'il y a un progrès sur le processus de paix. D'ailleurs, il y a un plan de paix en plusieurs points. Le problème, c'est qu'il n'y a plus de leader mondial. capable d'être suffisamment puissant pour être un médiateur, un médiateur capable d'écouter les uns et les autres et de construire avec intelligence et imagination des mécanismes de convergence. C'est difficile, mais si on n
'essaye pas... Vous dites non-aligné. Regardez l'image de ce monde non-aligné. Vladimir Poutine qui est là avec les Iraniens, avec une partie des dirigeants africains. Et pendant qu'on voit ces images... Je sais que vous voulez poser une question sur l'Algérie, puisque ça fait partie de ce monde non aligné. Oui, tout à fait,
Madame Royal. Si nos informations sont justes, vous revenez d'Algérie. Vous êtes présidente de l'association France Algérie. Est-ce que vous avez rencontré des dirigeants du régime sur place ? Et est-ce que vous avez rencontré Christophe Glez, l'otage français, le journaliste français, toujours retenu depuis un an et trois mois ?
Je reviens d'Algérie, en effet, parce que je préside cette association France Algérie, qui a d'ailleurs été créée par le général de Gaulle après la guerre d'Algérie et Germaine Tillon, pour essayer de maintenir les liens et d'essayer de reconstruire l'amitié entre les peuples. Donc chaque fois que je suis invitée, enfin pas chaque fois, mais... Ce sont des événements importants. Et là, il y avait un événement à Djanet, dans le Tassili, il y avait un festival sur l'art rupestre.
Vous avez pu voir Christophe Glez ? C'est-à-dire parce qu'il y a des vieilles traditions
très anciennes, contrairement à ce qu'on entend dire ici ou là.
L'otage français, vous l'avez vu ?
J'ai rencontré Christophe Glez, bien sûr. Chaque fois que je vais en Algérie, je rencontre Christophe Glez. Comment va-t-il ? Il va bien parce qu'il a le moral, mais c'est long.
Ces conditions de détention, comment vous les caractérisez ? Et chaque fois, je lui fais un
dépôt de demande de grâce.
Est-ce que sa libération vous a semblé proche ?
On ne peut pas dire cela, je pense. On ne peut pas dire cela, mais il faut espérer. D'ailleurs, puisqu'on parle de l'Algérie, qu'on a parlé de l'Algérie... Un
mot encore, on ne va pas faire très loin.
Est-ce que Christophe Glez vous a dit qu'il était d'accord avec vous quand vous avez affirmé que l'Algérie n'était pas un régime autoritaire
Oui, il ne conteste pas le régime, il n'est pas là pour contester le régime. Vous savez, si vous faites la liste des pays avec lesquels la France a des échanges commerciaux, il y aurait de quoi dire. Je ne veux pas accabler d'autres pays dont M. Macron qui fait une tournée dans le golfe pour obtenir des hydrocarbures et du gaz. Ce
serait
plus intelligent d'aller chercher le gaz et les hydrocarbures algériens. Et puisqu'on parlait de l'Allemagne, figurez-vous, tout le monde s'entend avec l'Algérie, sauf nous. Donc les Allemands, les Espagnols, les Italiens. sont venus en Algérie chercher du pétrole et du gaz et nouer des contrats industriels. Je vais vous dire une chose, c'est parce qu'on aura des entrepreneurs entre nos deux rives qui vont faire des projets ensemble qu'enfin les responsables politiques vont se réconcilier, que les choses vont évoluer. Je termine là-dessus, on a une usine Renault fermée. Et l'Allemagne vient d'annoncer la construction d'une usine Opel en Algérie. C'est malin, ça ? Vous ne croyez pas que les Français seraient contents d'avoir du gaz moins cher et de l'essence moins chère ? Parce que de l'autre côté, à une heure et demie de chez nous, on pourrait nouer des partenariats gagnants-gagnants. Ça ne serait pas intelligent. Eh bien, si un jour j'étais président de la République, je le ferais.
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