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Monsieur le Premier ministre, le 5 juillet 1962, l'Algérie prenait son indépendance. Le 30 octobre 2025, la France affirmait enfin la sienne. Après 57 ans d'un accord anachronique, peu glorieux pour l'Algérie et léonin pour la France, il était temps de purger les reliquats d'une situation coloniale. Les patriotes algériens devraient se réjouir de notre vote puisque rien n'a jamais justifié qu'un grand pays comme l'Algérie ne soit pas traité par la France comme tous les autres pays du monde et se retrouve dans la situation humiliante de bénéficier d'une sorte de régime de discrimination positive de la part de l'ancienne puissance coloniale. L'Assemblée nationale française est également venue mettre fin à un accord dicté en son temps par un certain patronat sans scrupules qui cherchait à disposer d'une main-d'oeuvre venue d'ailleurs pour travailler à bas prix dans des conditions bien souvent peu reluisantes. C'est pourquoi ce vote est tout un symbole, celui d'un changement d'époque et pour les travailleurs algériens comme pour les travailleurs français, celui d'un retour à une morale sociale élémentaire. pour le gouvernement. Ce vote de l'Assemblée va également permettre de nous montrer si vos déclarations, Monsieur le Premier ministre, sur la reconnaissance affirmée du Parlement relèvent d'une adhésion réfléchie ou d'un élément de langage, d'un changement réel de mentalité ou d'un effet de manche déployé dans le but de neutraliser certains députés apeurés à l'idée de retourner devant les électeurs. Mais monsieur Lecornu, je veux croire dans votre honnêteté et monsieur le Premier ministre, je veux croire dans votre sincérité. Et puisque vous avez conditionné la légitimité de votre ministère sur la reconnaissance explicite d'un régime parlementarisé, ma question sera simple. Comment et sous quel délai comptez-vous mettre en application le vote de l'Assemblée nationale qui décide pour la France d'abroger l'accord de 1968 avec l'Algérie
beaucoup madame la présidente. Le parole est à monsieur le Premier ministre.
la Présidente de l'Assemblée nationale, Mesdames Messieurs les députés, Madame la Présidente Le Pen, peut-être deux points de forme ou de méthode avant de répondre précisément sur le fond. La première, je me suis fixé comme règle dans mes anciennes fonctions comme ministre des Armées, je m'applique la même fonction désormais, enfin la même règle dans ses fonctions de Premier ministre, c'est de ne jamais faire de la question de l'Algérie un sujet de politique intérieure en France. D'autant plus que... Il est arrivé que dans la vie politique intérieure algérienne, la relation avec la France soit un sujet de politique intérieure chez eux et donc je souhaite évidemment qu'on puisse avancer sur ce chemin. La deuxième des choses, on respecte tous la constitution de 1958 et donc par définition la question des traités et des accords revient à l'exécutif et c'est ensuite à l'Assemblée nationale de ratifier les traités et de les voter et donc par définition il s'agit d'une résolution et seulement d'une résolution ce qui ne veut pas dire que... Nous ne prenons pas acte et que le gouvernement de la République ne prend pas acte du vote de l'Assemblée nationale, mais ne faisons pas dire à cette résolution ce qu'elle n'est pas. Ensuite, sur le fond, il se trouve que je ne crois pas à l'abrogation de cet accord, mais à sa renégociation. Et soyons précis, il y a déjà eu trois renégociations dans l'histoire, deux d'ailleurs menées sous des gouvernements de gauche et une menée sur un gouvernement de droite, parce que cet accord a bien des égards et caduque, n'est plus complètement à jour au regard des attentes des deux parties. Et donc au fond, ce que je propose comme feuille de route pour avancer sur ce sujet, c'est de repartir du comité de haut niveau. que la France et l'Algérie ont tenu à l'octobre 2022, dans lequel il était justement écrit et acté que nous devions renégocier cet accord. C'est tout ce qui s'est passé depuis 2022, avec les différentes pannes, freins, dans la relation entre la France et l'Algérie. Moi je considère qu'il faut remettre cette négociation... non seulement sur la table, mais il faut également repartir de nos intérêts plus globaux. Il n'y a pas que la question migratoire, il y a la question de la lutte contre le terrorisme, la coopération en matière de sécurité, la question de la pression terroriste qui monte au Sahel, les questions de sécurité maritime, et puis les questions économiques, parce que... Je crois que le moment est venu d'avoir aussi une approche beaucoup plus globale dans la relation bilatérale entre la France et l'Algérie. Et il y a un point sur lequel je vous rejoins, c'est le respect de la souveraineté de l'Algérie. Et donc, des gouvernements algériens, quels que soient nos désaccords, on doit être capable de mener une discussion qui soit exigeante et qui protège nos intérêts. A la question du calendrier. On sait que ces choses peuvent prendre du temps. Il faut donc désormais que ce début de renégociation démarre le plus vite possible avec une méthodologie qui va appartenir aux ministres de l'Europe et des Affaires étrangères de bien vouloir arrêter avec ces différents homologues, ainsi que le ministre de l'Intérieur pour ce qui le concerne et la ministre des Armées pour ce qui la concerne aussi, puisqu'un certain nombre de sujets méritent également un point d'attention rapide. Dernier point, on ne peut pas évoquer cette question sans citer évidemment nos compatriotes Christophe Gleize et Boilhem. pour lequel l'ensemble des services de l'Etat et de notre diplomatie sont évidemment mobilisés pour poursuivre et obtenir avec nos efforts Leur libération. En tout cas, pas un sujet de politique intérieure, un sujet bilatéral de respect qu'il convient, à mon avis, de traiter avec beaucoup de sang-froid pour nous permettre justement d'avancer. Parce que vous avez parlé d'histoire, il y a aussi une réalité, c'est notre géographie. Évidemment, on ne peut pas la mettre de côté. Merci beaucoup.
Merci
beaucoup, monsieur le Premier ministre. Madame la Présidente. Monsieur le Premier ministre, la renégociation, c'est votre avis personnel, mais ce n'est pas ce qu'a voté l'Assemblée nationale.
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