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Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Bruno Retailleau. Bonjour à vous, bienvenue.
Bonjour Laurence Ferrari. Vous êtes
candidat à l'élection présidentielle, président des LR. L'attentat raciste de Trappes qui a fait un mort et cinq blessés la semaine dernière. Bruno Retailleau a donné lieu à des affrontements politiciens très violents hier à l'Assemblée nationale. Après la minute de silence qui a été observée pour les victimes, l'extrême gauche, la gauche aussi, se sont livrées à des attaques d'une grande virulence contre le gouvernement, le Rassemblement national et même les médias. Ils ont aussi accusé la droite. d'alimenter un climat raciste et xénophobe. Est-ce que vous pensez avoir alimenté le racisme et la xénophobie ou pas ? Ce
qui est en train de se passer est absolument indigne. D'abord, il faut condamner avec la plus grande fermeté ce crime qui est un crime abominable. Bien sûr, tous les crimes sont terribles. Mais tuer parce qu'on n'a pas la même couleur de peau, la même religion, c'est quelque chose d'abject. Mais aujourd'hui, il y a aussi quelque chose qui est indigne. qui est absolument misérable. C'est l'instrumentalisation que fait la gauche, et surtout l'extrême gauche, qui est en train de propager, de brumiser un climat de violence dans la France. Vous savez, la violence, ça commence par les altercations, par le discours politique, la conflictualisation du discours politique à l'Assemblée nationale. Je l'ai vécu, moi, comme ministre de l'Intérieur. Et ça se termine dans la rue. Ce que LFI est en train de faire aujourd'hui en France, c'est de cultiver... cette culture justement de la violence.
La parole est créatrice, elle engendre la violence
violence commence par des mots. se termine toujours par des actes. Je cite toujours, ça m'a beaucoup impressionné, quand j'ai été ministre, je dissous la jeune garde, dont certains sont impliqués dans le meurtre du jeune Quentin de Ranck à Lyon, et la jeune garde, le Conseil d'État va me donner raison, et j'entends quelques jours après la dissolution, Jean-Luc Mélenchon dire, s'adressant à ses troupes, en leur disant, allez-y, continuez, bravo, je leur donne raison, vous vous rendez compte
Mais l'accusation aussi de l'extrême gauche, je veux dire, vous parlez d'immigration, la droite parle d'immigration, donc elle entretient ce climat-là.
C'est l'inverse. C'est parce que justement, pendant trop longtemps, on a voulu être dans le déni. On a voulu ne pas voir ce que... Tous les Français voyaient qu'on a augmenté les tensions. En politique, il faut décrire la réalité telle qu'on la voit. Il ne faut pas tricher. Et moi, ce que je pense, c'est que trop longtemps, la parole publique s'est décrédibilisée. Elle est à l'origine du malaise démocratique parce qu'on a triché avec cette réalité, parce qu'on a voulu la relativiser, la minimiser, l'euphémiser. Non, voyons les choses et quand on critique le voile, on a le droit en France de critiquer le voile. Est-ce qu'on va dire que les Iraniennes... qui, au prix de leur vie, ont lutté contre, justement, le voile, ont finalement généré une quelconque violence en France. Mais on est devenus fous, non ? Une inversion totale ? Mais c'est une inversion. Mais ce processus d'inversion des valeurs, d'inversion accusatoire, c'est ce qu'on a vu à Lyon. Un jeune homme meurt, certes, il était sans doute d'extrême droite, et alors ? Et alors ? Vous vous rendez compte ? Ils ont été jusqu'à dire, grosso modo, qu'ils l'avaient bien cherché. Il y a une victime et en réalité, les coupables se transforment eux-mêmes en victimes. Ça, c'est ce mécanisme, cette inversion accusatoire, comme vous le dites très bien, qui est propre à l'extrême gauche, que je veux dénoncer. Mais aujourd'hui, c'est très grave. parce que leur stratégie est en train de réussir. Il y a les réseaux sociaux qui fonctionnent aussi comme dans une extrême polarisation. Mais cette polarisation débouche demain sur la violence parce qu'elle est légitimée désormais par un parti politique, les Insoumis.
Que vous demandez toujours à faire dissoudre, Bruno Rottogneau, c'est républicain ou pas ?
Ils ne sont pas républicains. J'ai posé la question sur la table parce que j'en ai marre de l'omerta. Parce que, si vous voulez, en France, quand on est de gauche et d'extrême-gauche, On a une excuse, toute trouvée. Il a une carte d'immunité. Monsieur Le Pen, c'était horrible, je me souviens, en 1989, il jouait sur les consonances juives de nom de vos confrères, d'un certain nombre de journalistes. Mélenchon fait ça avec Glussmann, avec Eifstein, personne ne lui dit rien. Tout le monde trouve ça normal. Il se permet de dire tout blanc, tout moche, ça c'est du racialisme. Vous vous rendez compte si on disait tout noir, tout moche, qu'est-ce que les médias, qu'est-ce que les bonnes âmes diraient à juste titre ? Donc il y a une carte d'immunité. Il y a un privilège rouge. Il y a une clause exonératoire. Quand vous êtes d'extrême-gauche, on vous passe tout. Vous pouvez tout vous permettre, y compris d'ailleurs les indignités.
Et les incitations à la violence ? Vous estimez que certains élus et les filles ont, par leurs propos, incité à la violence ?
Écoutez, cette culture de la violence, on l'a quand le maire de Saint-Denis légitime la violence. Quand on dit la violence est légitime.
Tout en disant mais il faut l'éviter. Non
mais on connaît la rhétorique. C'est trop facile. Dans un premier temps on dit voilà la violence elle est légitime. On essaie d'adoucir ensuite le propos. Qu'est-ce qui est retenu évidemment ? La première proposition.
Ça veut dire que vous êtes d'accord avec Sébastien Lecornu qui hier dénonçait un climat nauséabond qui va peut-être durer jusqu'à l'élection présidentielle. Bruno Retailleau.
Totalement, mais j'observe malheureusement que le monde est devenu fou. Pas que la France. Non, malheureusement. On le voit bien, les guerres partout, la violence, le rapport de force, une hystérisation du débat politique, il n'y a plus de vérité, il y a des fake news, etc. La vérité devient relative. Moi, je pense qu'il faut garder son calme. On va vers des temps qui sont très difficiles, qui vont exiger des hommes et des femmes de gouvernement, d'État. en réalité, qui garderont leur carme, leur sang-froid, qui ne dévieront pas d'un cap, mais qui seront raison gardées. Il faut garder la raison. Et je pense que ce sera le rôle du prochain président de la République, celui que je veux être, c'est de ne rien céder à ceux qui posent des problèmes, mais de ne pas aller chercher des problèmes, justement, à ceux qui n'en posent pas, ceux qui bossent, ceux qui s'occupent de leurs proches, ceux qui lèvent correctement leurs enfants. C'est cette France-là que, moi, je veux, vous voyez, la France qui se lève tôt, qui bosse. Pas celles qui cassent, pas celles qui pillent.
va en parler dans un instant. Un dernier mot sur Jean-Luc Mélenchon qui accuse quasiment les chaînes info d'avoir provoqué le passage à l'acte du déséquilibré de Trappes car il aurait dit qu'il voulait venger les commerces brûlés. On bascule donc quoi la Bruno Rutaillot quand on s'en prend aux journalistes, quand on s'en prend aux rédactions ?
Vous auriez pu d'ailleurs ajouter la phrase de Madame Chikirou. Proche, très proche, vous le savez, de Jean-Luc Mélenchon. Lorsqu'elle avait eu cette apostrophe, vous vous accusant, vous les journalistes, vous traitant de nazis, de nazillons aux petits pieds. Vous vous rendez compte ? Ça, vous voyez, c'est la marque des partis qui sont des partis antidémocratiques. Pas seulement antirépublicains, antidémocratiques. Quand ceux-là sont en train de préparer, parce qu'avec les lycéens qu'ils ont instrumentalisés, ils ont fait la grande répétition générale du troisième tour de l'élection présidentielle. Madame Panot ! chef des députés à l'Assemblée nationale, a indiqué très clairement qu'elle refuserait le verdict des urnes si jamais Mme Le Pen, elle ne m'a pas parlé de moi pour le moment, sans doute je serai dans le même sac, pourrait gagner l'élection présidentielle. Il y a une forme, justement, de totalitarisme. Il y a une forme de refus des règles de la démocratie. Et c'est la raison pour laquelle, du reste, il recourt à la violence. Pas seulement, au départ, c'était dans le discours, mais aujourd'hui, on voit bien que ça déteint.
Mais est-ce que la confusion n'est pas générale quand on voit qu'Emmanuel Macron a présenté cet attentat abominable à Trappes comme une première, puisqu'il aurait visé pour la première fois, selon lui, des Français pour leur couleur de peau ou de leur religion ? Il l'a rectifié évidemment par la suite. Confusion est totale là ?
Total. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je ne veux pas tirer sur l'ambulance. Ce n'est pas la peine d'en rajouter. Ce n'est plus la peine d'en rajouter. Il a perdu la main. Il a perdu la main. Voilà. Il est en totale déconnexion. Vous voyez, j'étais opposant depuis les premiers jours à Emmanuel Macron, mais quelque part ça me fait mal, parce que je suis gaulliste, il y a les institutions de la Ve République, et moi je ne suis pas de ceux qui se réjouissent de voir l'élection. En tout cas, la présidence de la République, l'institution présidentielle est branlée.
réclamez toujours que la date du second tour soit changée, Bruno Rutaillaud, le 2 mai 2027, date qui n'aurait pas été choisie au hasard, selon vous, le lendemain du 1er mai.
Vous avez commencé à me questionner sur l'hystérisation de la vie politique. Et là, on nous a réunis, nos directeurs de campagne se sont retrouvés à Matignon pour essayer de choisir. La grande majorité ne voulait pas. que le second tour de l'élection présidentielle soit le lendemain du 1er mai. Pourquoi ? Parce qu'il y a d'abord une règle. La campagne électorale s'arrête à minuit vendredi et donc ça continuera. Avec le 1er mai, vous aurez des candidats de gauche qui s'afficheront. Donc un, c'est un problème de l'égalité et deux, vous vous rendez compte si le 1er mai, il se passe ce qui s'est passé le 17 octobre avec une France, mais alors pillée, saccagée, incendiée et le lendemain, on devrait aller aux urnes calmement. Ce n'est pas possible, il y a un vrai problème.
Donc vous demandez solennellement ce matin au président de la République sur CNews Europe 1 changer les dates de l'élection.
Je lui demande à nouveau changer la date d'élection. Pourquoi nous avoir réunis alors que la majorité était pour d'autres dates ? Pourquoi, si vous ne changez pas cette date d'élection, j'y verrai en réalité une arrière-pensée ?
une responsabilité ? Une responsabilité
majeure. On ne peut pas soumettre l'élection présidentielle à un tel aléa. Ce n'est pas possible.
Il y a jusqu'à quelle période pour se décider sur les dates ? Il
peut se décider d'ici la fin, sans aucun problème.
D'ici la fin de l'année ?
D'ici la fin de l'année, sans aucun problème.
La loi Casseur-Payer, Bruno Retailleau, a été adoptée hier au Sénat. Une urgence, selon vous, face aux violences des derniers jours. Cette loi prévoit de créer une solidarité financière pour toute personne ayant sciemment participé à un groupement formé en vue de commettre des dégradations. Le texte a été durci par les sénateurs. Les allocations sociales, le RSA pourraient être saisies, mais aussi l'allocation de rentrée scolaire, la prime d'activité. Est-ce que vous pensez que ce texte, en l'État, peut être adopté tel ? qu'elle à l'Assemblée nationale ?
Moi je pense qu'il peut être adopté à l'Assemblée nationale parce que c'est une évidence. Je veux simplement dire quand même que c'est cet homme perdu. J'avais fait voter un texte au Sénat, j'avais déposé une PPL qui a été votée au Sénat et qui prévoyait un certain nombre de choses, casseurs, payeurs, voilà, donc il aurait fallu encore une fois, c'est le macronisme, c'est le en même temps, attendre pendant 7 ans, 7 ans de perdus. Je voudrais rendre hommage au rapporteur, notamment à David Marguerite qui a beaucoup durci le texte, mais stop, les Français disent ça suffit, c'est pas aux contribuables, c'est pas aux commerçants de payer, c'est aux casseurs. Voilà, on tape les casseurs. Il faut casser les casseurs. Moi, je le dis depuis des années. Parce que cette culture dans laquelle on est en train de tomber de la violence, elle a aussi un ressort. C'est la culture de l'excuse. Les violents seraient des victimes. C'est ce qu'un certain nombre à l'extrême gauche voudraient nous dire. Donc non, il faut être très clair. Et quand il y a des allocations, des préciations, on les saisit. Parce qu'une allocation, pardon, ce n'est pas un dû. Ça vient de la poche des Français.
C'est les Français qui cotisent, qui contribuent. L'opposition estime que le texte ne dissuèdera pas les casseurs, mais la mère de famille, le salarié, la lycéenne d'aller manifester. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Bon, c'est clair. Donc, ça veut dire que cette loi cassant en payeur permettrait, si le Conseil d'État la valide, on est bien d'accord.
Conseil constitutionnel. Conseil d'État la valide en état actuel avec des réserves qui sont déjà des réserves un peu inquiétantes. C'est la raison pour laquelle moi, j'endosse une révision de la Constitution. J'en ai marre que le Conseil constitutionnel fasse dire parfois à la Constitution ce qu'elle ne dit pas. On a aujourd'hui un grand déséquilibre. Ce n'est pas une accusation contre le Conseil constitutionnel lui-même, mais on a un déséquilibre qui fait qu'aujourd'hui, on prête beaucoup d'importance aux droits des individus, et moi je suis pour les libertés publiques, mais on prête beaucoup moins d'importance à la sécurité, à la dimension collective des choses. Il faut rééquilibrer, et ce genre de texte, ce sera difficile de les faire passer si vous n'assumez pas une rupture. Une rupture constitutionnelle, je veux redonner la parole. au peuple français pour que le peuple français puisse maîtriser son destin. C'est ça qui est fondamental.
Un tout petit mot encore de ces émeutes et du coût des émeutes, à la fois pour les commerçants, mais aussi pour les Français. On a appris que dans le projet de budget 2027, il y aurait une taxe émeute qui serait 0,8% plus chère sur tous les contrats d'assurance. Vous demandez au gouvernement de renoncer à cette taxe ?
C'est pour ça, je pense, qu'il faut peut-être même aller plus loin. Parce que pour l'instant, le texte casseur-payeur limite la responsabilité financière civile à 10 000 euros. Moi, je pense que ça n'est pas assez. Ils l'ont limité à 10 000 euros, craignant justement une censure du Conseil constitutionnel. Moi, je pense qu'il faut aller au-delà, première chose. Je pense ensuite qu'il y a plus grave. Là, on parle de responsabilité civile. Bien sûr, il faut taper le portefeuille. Mais moi, je pense qu'il faudrait aussi une responsabilité pénale. C'est-à-dire que dans un attroupement en train de casser, on puisse rendre un individu pénalement responsable des agissements de cet attroupement, dès lors qu'il y a violence ou dégradation des biens. Ça, c'est très important. Ça, c'est une vraie rupture, effectivement. Ça existait dans notre état de droit avant 1981, avant que la gauche détricote ce texte. C'était effectivement une loi anti-casseur. Eh bien, il faudra un texte anti-casseur, mais qui soit bien indossé à une charte de l'ordre républicain que j'intégrerais dans la Constitution française.
Et que vous ne dites que des tous aux Français qui retiennent leur souffle avant samedi, en vain la manifestation du 5 novembre, qui se disent que ça peut peut-être durer tous les samedis jusqu'à Noël, les commerçants qui voient leurs chiffres d'affaires s'effondrer. Vous leur dites, l'État est encore en mesure d'assurer la sécurité dans notre pays ou pas, Bruno Retailleau ? Je
voudrais que l'État, je le demande depuis le départ, déclare l'état d'urgence. Parce que l'état d'urgence, ça vous permet, par exemple, d'arrêter des communications des réseaux sociaux. On a vu les applications communautaires type Waze, type Google Maps, qui se renseignaient, qui positionnaient les forces de l'ordre, qui positionnaient les bons magasins à piller. Donc ça, ça serait un instrument. Et ça renforcerait, ça bétonnerait, pardon, entre guillemets, les dossiers, la judiciarisation. que la réponse pénale, franchement. Je voyais un certain nombre de cas. Un cas... C'est pas à la hauteur ? Mais c'est pas à la hauteur. Vous avez un jeune dénommé Andy, 23 ans. Il tire à tir tendu contre des policiers, pas un jour de prison. Un autre, au QTF, il vole, etc. Il est illégalement sur le territoire, mesure d'éloignement, là encore, classé sans suite. Un autre, là encore, il pille. 20 antécédents, 20 antécédents, classés sans suite, franchement. Franchement, je pense qu'il faut une politique de civilisation qui doit commencer par l'ordre républicain, l'ordre public. Mais il faudra une nouvelle politique pénale, mineurs, par exemple, majorité pénale. à 15 ans, faire en sorte qu'on ait des peines minimales dès lors qu'on touche à un uniforme, sapeurs-pompiers, policiers ou gendarmes. Une politique éducative, il ne faudra pas avoir peur d'avoir des établissements disciplinaires pour des jeunes qui sont à la dérive. Et puis, bien entendu, il faudra une grande fermeté. Je pense que c'est fondamental, notamment migratoire, parce qu'on sait maintenant, voyez, ce que personne ne veut dire trop, de temps en temps, qu'il y a un lien entre le désordre migratoire. et les désordres sécuritaires. Ce lien, on l'a vu d'ailleurs le 17 octobre. Il était établi. Je lisais une analyse de Jérôme Fourquet, que personne ne conteste dans un quotidien du matin. Les choses sur un panel. Il dit la proportion de prénoms qui sont impliqués, qui ne sont pas d'origine française. Donc ça, il faut ouvrir les yeux. Et il faut reprendre la main. aussi sur cette immigration de masse qui crée beaucoup de désordre.
Bruno Rutaillot, David Lissner a été notre invité hier soir dans l'objectif Élysée 2027. Il est désormais à touche-touche avec vous dans les intentions de vote. C'est le match de la droite. À quel moment vous allez décider d'arrêter la machine à perdre tous les deux ? À quel moment vous allez vous réunir ? Vous avez déjeuné, je crois, avec Robert Ménard la semaine dernière. Dire, allez, qui est le mieux placé pour porter les couleurs de la droite ?
Écoutez, d'abord, personne ne me fera dire de mal, David. Il n'a pas dit de vous non plus. connaît bien, il n'y a pas de souci. Simplement, ce que je pense... là, vous avez raison, je vous donne le point. On ne peut aller à l'élection présidentielle que si on porte un projet singulier. Quand on partage les mêmes valeurs, un certain nombre de solutions, il ne faut pas diviser. Il ne faut pas se diviser. Moi, je crois que pour les prochaines semaines, chacun doit faire sa campagne en abattant ses cartes. Jusqu'à janvier ? Jusqu'à janvier. Il faut vraiment qu'on peut avoir un certain nombre de valeurs communes, mais les solutions ne sont pas toujours communes. Il ne faut pas seulement être élu président de la République. Il faut pouvoir gouverner. Pour l'instant, je suis le seul, pas seulement via David Lissnard, mais pour beaucoup d'autres, à pouvoir dire que la moitié du Parlement est alignée avec moi, la majorité au Sénat. C'est déjà important.
Mais donc pas de primaire, vous refusez toujours cette idée de primaire qui vous permettrait de vous départager et de ne pas aller en ordre dispersé à la présidentielle.
Je l'ai redit, je vais le re-redire devant vous, je n'ai jamais été opposé à la primaire. Je n'ai pas du tout peur de la compétition, au contraire. Simplement, une primaire, simplement avec David, ça sert à quoi ? Si Edouard Philippe n'est pas dans la primaire, ça sert à quoi ? Donc si demain, les gens se retrouvent. avec cette idée de primaire, à condition qu'elle soit ouverte. Pas de primaire fermée. Une primaire ouverte. Où il y a tout le monde. Et où on s'engage. Tout le monde sait de qui ? Non, mais la droite est le centre. Et Eric Zemmour, non. Non, parce que si Eric Zemmour, il n'y a pas Edouard Philippe. À quoi ça sert ? Edouard Philippe est à 14 ou 15 % dans les sondages. S'il est écarté, ça ne sert à rien, la primaire. Si on veut se donner des chances, moi, je veux en tout cas une cartée et je veux une ligne qui soit à droite. comme je l'ai toujours porté, parce que les Français sont à droite. Et je pense que les solutions dont a besoin la France sont des solutions justement de droite sur la liberté d'entreprendre, bien entendu, le travail qui paye, et non l'assistanat, et sur l'ordre républicain, l'ordre public.
Et une ligne claire vis-à-vis du Rassemblement national. Hier, ou plutôt dimanche à Orléans, Éric Ciotti vous appelait à le rejoindre. David Lissnard a inversé le raisonnement en disant que Éric Ciotti nous rejoigne parce qu'il faut qu'il se sépare du RN, dont il dit qu'il y a encore des soupçons d'antisémitisme relatifs à Jordan Bardella. Vous dites la même chose ce matin, Bruno Retailleau ?
J'ai écouté Marine Le Pen. Il y a un certain nombre de points sur l'ordre public, le régalien, sur lesquels on peut trouver un certain nombre de convergences. Mais il y a quelque chose qui ne colle pas. D'abord, il dit « moi, je ne suis ni de droite ni de gauche ». Ça, c'est le « en même temps » d'Emmanuel Macron. Mais ça n'empêche pas un gouvernement de coalition ? Non, mais surtout, le constat que je fais, c'est qu'on ne redressera pas la France si on ne donne pas de la prospérité. Or, Marine Le Pen, pardon, elle veut encourager l'assistanat. Les 140 milliards d'économies, c'est du pipeau. Ça ne tient pas la route. Et ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si vous voulez embaucher des policiers, des gendarmes, créer par exemple des places de prison, vous ne pourrez le faire que si vous recréez une richesse. Pardon, ça n'est pas avec le social-étatisme qu'on peut créer de la richesse en France. Il faut adopter une réforme des retraites vraiment courageuse. Il faut adopter une réforme de l'assurance chômage. Toute chose qu'elle ne fait pas. Ça n'est pas sérieux. Et donc, malheureusement, son projet ruinerait la France.
Et donc, il n'y aura pas de Bruno Retailleau, membre d'un gouvernement éventuel de Marine Le Pen à l'Élysée ? Il y aura
Bruno Retailleau à l'Élysée. Bruno Retailleau composera son gouvernement. Mais est-ce que vous dites non ? Je ne
rentrerai jamais dans un gouvernement avec un président ou une présidente du Rassemblement national.
Vous connaissez, je suis un homme de conviction. Je suis intimement convaincu, croyez-moi, je suis intimement convaincu que ce projet n'est pas le bon pour la France. Je n'apporterai jamais mon concours à un projet qui n'est pas le bon pour la France.
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