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C'est Frédéric Souillot, secrétaire général de Force Ouvrière, qui est avec moi ce matin dans le Grand Entretien. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous dans la matinale de l'économie. On va déjà parler de l'actualité de ce jour sur les arrêts maladie. Débutent aujourd'hui les négociations pour trouver une nouvelle réforme structurelle des arrêts maladie. Il faut trouver un milliard par an. Sur quoi faut-il jouer d'après vous ? On rappelle que le coût des arrêts maladie avoisine les 18 milliards. d'euros en 2025.
la discussion et la lettre d'orientation que nous avons eue du ministère du Travail, c'est la partie accident du travail, maladie professionnelle. C'est les arrêts longs. Et nous avions trouvé un accord il y a deux ans sur accident du travail, maladie professionnelle. C'est géré paritairement. Comment est-ce qu'on regarde pour faire plus de prévention ? Comment est-ce qu'on... n'arrivent à prendre en compte plus la santé mentale, puisqu'on s'aperçoit que depuis le confinement et tout cela, ça remonte. Mais on va discuter autour de la table. Alors certains voudraient qu'on remette des jours de carence. Oui, mais 72% des salariés ont la subrogation de leur employeur pour les jours de carence. Et c'est écrit dans les conventions collectives. Il faudrait un jour de carence d'ordre public, ce que nous contestons, nous, à Force Ouvrière. Et comment est-ce qu'on améliore les conditions de travail ? Comment est-ce qu'on fait de la prévention ?
Justement, concrètement, la prévention que vous prônez, ça prend quelle forme
La prévention que je prône, comment est-ce qu'on se sert ? On a créé, il y a trois ans, un fonds universel de prévention, d'indemnisation pour la prévention universelle. Peut-être qu'on l'a mal construit, parce qu'aujourd'hui, il est excédentaire. Chaque année, les entreprises ne le prennent pas pour arriver à faire de la prévention, améliorer les conditions de travail. Penser aussi, réfléchir sur télétravail, ce n'est pas non plus une solution, ni une prescription médicale le télétravail. Il faut qu'on regarde pour l'organisation du travail, mais si c'est pour revenir sur jour de carence, dans la fonction publique, il a été mis d'ordre public. Et pour autant, les arrêts maladie n'ont pas baissé.
Oui, je rappelle d'ordre public, c'est ni pris en charge par l'employeur, ni par les mutuelles. C'est ça que ça veut dire. Je voudrais qu'on parle aussi de la hausse du SMIC. On parlait tout à l'heure avec Sabrina Godina, qui est à la tête d'une exploitation de champagne, que le problème, le plus gros problème, c'est la baisse de la consommation. Donc, c'est la question du pouvoir d'achat. Comment redonner du pouvoir d'achat aux Français ? l'une des solutions proposées, ce serait la hausse du SMIC. Ce serait pour vous une vraie bonne idée ?
Alors la vraie bonne idée, c'est qu'on a conservé un SMIC qui est calé sur l'inflation. En juillet, le SMIC a augmenté 2,4%. Et ce que nous avons demandé au ministère du Travail et à Matignon la semaine dernière, c'est que la revalorisation du SMIC soit anticipée avant le 1er janvier. Au 1er janvier, de toute façon... automatiquement, il sera revalorisé. Et comment est-ce qu'on donne un coup de pouce au SMIC ? Le pouvoir d'achat. Hier est paru l'indice, l'étude INSEE sur la confiance des ménages. est revenu au taux de 2013. Nous sommes en 2026, 13 ans plus tard, et 56% de notre produit intérieur brut, c'est la consommation des ménages. Quand les ménages n'ont pas confiance, ils ne consomment pas. Et quand on doit choisir entre faire le plein de sa voiture pour aller travailler, remplir le frigo, ou malheureusement acheter du champagne, moi je suis côte d'Orient, donc le vin, nous savons ce que c'est, aujourd'hui les gens choisissent.
comprenez malgré tout que pour les entreprises et le tissu productif français c'est 99% de toutes petites entreprises, ce soit presque impossible que ça les mette en danger cette perspective d'augmenter le SMIC plus tôt et de cette façon ?
Alors c'est un débat que j'ai eu avec le président de l'UDP il y a deux jours et que nous avions déjà eu sur BFM Business. ne peut pas ne pas voir ce qu'il se passe aujourd'hui. L'inflation s'applique à tout le monde et les coûts de l'énergie qui se sont envolés. Les mêmes petites entreprises auraient pu se saisir de la prime de transport pour que leurs salariés puissent venir travailler. La hausse du salaire, il n'y a que comme ça qu'on arrivera à résoudre et à diminuer la baisse de production et de productif. Et c'est une vraie conditionnalité de l'aide publique versée aux entreprises. À ce moment-là, il faut qu'il négocie avec le gouvernement, l'exécutif, sur... le projet de budget en ne leur enlevant peut-être pas tout ce qui était prévu dans le budget. Donc
on leur fait porter la hausse du SMIC et après c'est à eux de négocier ce qui pourrait leur permettre d'augmenter le SMIC.
Écoutez, nous on nous fait négocier à chaque fois et je rappelle, le SMIC il est aujourd'hui... compenser, améliorer avec la prime d'activité, c'est le président de la République qui l'avait donné après la conférence citoyenne. Eh bien, si on augmente le SMIC et qu'on baisse un peu la prime d'activité, on peut faire des vases communicants, il faut un coup de pouce au SMIC. Comment les mêmes qui nous expliquent plein de choses sur l'économie arriveraient à vivre avec 1260 euros par mois ? C'est la même chose sur l'encadrement des loyers.
Vous allez entamer le 4 novembre des négociations sur l'emploi des jeunes, syndicats et patronales. Leur taux de chômage a atteint 21,6%. Pour l'ensemble de la population, c'est 8,3%. Quelles mesures vous avez en tête pour faire baisser ce chiffre ? Répondre à leurs besoins qui s'expriment depuis plusieurs week-ends dans les rues des grandes villes.
La première mesure à laquelle il faut que nous pensions, c'est comment est-ce qu'on redonne de l'attractivité au travail, comment est-ce qu'on arrête, on revoit l'orientation dès le collège. Qu'on arrête peut-être d'envoyer dans des filières ou dans des branches, où à la fin, vous sortez certes diplômé, et c'est tant mieux, mais vous n'avez pas d'emploi. Comment est-ce qu'on arrive à revaloriser les métiers manuels ? Comment est-ce qu'on arrive à revaloriser l'industrie ? On ne peut pas se permettre en France d'avoir le plus bas taux d'emploi des 15-25 ans de toute l'OCDE et avoir le plus bas taux d'emploi des 55-64 ans. On nous expliquerait que notre carrière professionnelle, elle est pérenne entre 30 et 55 ans. Et l'entrée dans le monde du travail... Ça ne marche pas. La sortie du monde du travail, ça ne marche pas. Donc les discussions, et moi je le dis, alors IFO nous le disons depuis des années, on ne peut pas laisser ces générations sans emploi et sans perspective. Donc
ça passe par l'apprentissage, ça passe par une rencontre plus précoce avec le monde de l'entreprise pour ces jeunes
? Oui, mais l'orientation, on doit pouvoir en discuter, mais en discuter pragmatiquement. Pas vous dire, parce que tes résultats scolaires ne sont pas terribles, tu vas aller faire un apprentissage, tu vas aller faire un métier manuel. Il faut qu'on arrête dans notre pays la dévalorisation de ces métiers manuels. Moi, je viens de l'apprentissage. Et regardez, ça permet d'avancer dans la vie. J'ai 59 ans maintenant et j'ai fait une vraie carrière professionnelle. L'apprentissage, l'alternance, il faut qu'on arrive à trouver des solutions, mais en plus de cela, il faut que ces solutions soient pérennes et que ça donne à la fin un vrai contrat de travail.
Pour toutes ces causes, les salaires, le service public, l'emploi, l'industrie, vous appelez à une mobilisation avec les autres syndicats le 5 novembre, ce sera un jeudi, avec ce qui se passe ces week-ends depuis le 17 octobre. Est-ce que ces mobilisations-là sont efficaces, d'après vous, très vite, pour... finalement répondre aux problématiques de la population
Nous avons appelé en intersyndical dès le 3 octobre, c'était après la mobilisation du 29 septembre. Alors certains disent la grève générale ou la grève généralisée. Je ne sais pas ce que c'est la grève générale ou la grève généralisée. On n'appuie pas sur un bouton pour demander aux gens de se mettre en grève et de se mobiliser. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Maintenant, la mobilisation du jeudi 5 novembre, elle va être forte. Et j'aimerais, ce que nous aimerions tous, c'est que l'exécutif entende, comprenne, plutôt que de nous répondre que quand il y a de la casse ou du pillage que nous contestons. et que nous condamnons à chaque fois.
Merci beaucoup Frédéric Soudé d'être venu nous voir ce matin, secrétaire général de Force Ouvrière.
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