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primaire du centre, de la droite en fait, va-t-elle avoir lieu ? Mercredi 28 octobre, Gabriel Attal a plaidé pour l'organisation d'une grande primaire des démocrates pour... Empêcher un deuxième tour dont notre pays ne se relèverait pas entre la France insoumise et le Rassemblement national. Fin de citation. Alors à quoi pourrait ressembler cette primaire ? Qui pourrait y participer ? Quelles conséquences pourrait-elle avoir sur l'élection présidentielle ? Élément de réponse avec Rachel Garaval-Carselle, journaliste politique à l'Humanité. Bonjour Rachel et merci d'être avec moi. Salut Théo. Alors peut-être pour revenir au début de cette histoire, cette grande primaire démocrate, cette grande primaire du centre, elle ne sort pas de nulle part. Pouvez-vous faire un petit peu la genèse de cette idée saugrenue ?
Non, c'est vrai qu'on en entend parler quand même depuis quelques mois déjà. C'est surtout porté par le Modem, le parti de François Bayrou. Vous aurez peut-être noté que dans... comment dire, le grand nombre de candidatures à la droite et au centre, il n'y a pas de candidature du Modem, puisque François Bayrou a dit qu'il n'irait pas, et celui qui fait un peu office de... Peut-être nouveau leader du MoDem, Jean-Noël Barraud, n'a pas l'air d'être candidat non plus, c'est le ministre des Affaires étrangères.
Autre chose à faire peut-être en ce moment. Peut-être autre chose
à faire, mais il y a d'autres qui ne se les empêchent pas. Mais voilà, eux ils militent vraiment beaucoup pour cette primaire. C'est quelque chose qu'on entend plus ou moins aussi dans la bouche d'un David Lysnard, par exemple, d'un Laurent Wauquiez, Michel Barnier en a parlé, aussi l'ancien Premier ministre. C'est un truc qui existe non plus. plusieurs familles de ce qu'on a appelé un temps le socle commun, c'est-à-dire ceux qui ont gouverné avec Michel Barnier, François Bayrou, et qui même sans le dire gouvernent toujours avec Sébastien Lecornu. Donc c'est un truc qui existe, mais c'est vrai que c'était donc mercredi soir, ça a pris une autre tournure parce que vous savez maintenant... On peut le repérer, quand vous annoncez que vous allez dans le 20h de TF1, alors que vous avez déjà fait votre déclaration de candidature, c'est souvent pour annoncer un gros truc, soit votre retrait, soit autre chose. Et c'était quand même annoncer un gros truc que Gabriel Attal, qui est quand même l'un des trois principaux candidats de cet espace-là, même s'il est celui qui a les moins bons sondages, clairement, fasse une annonce aussi grosse mercredi soir, c'est-à-dire se rallier à l'idée d'une primaire, même si... lui-même ne l'avait jamais absolument mis de
côté. Mais alors, si c'est une idée qui est dans l'air du temps depuis un moment, pourquoi maintenant ? Pourquoi Gabriel Attal a choisi, comme tu l'as dit, de participer au 20h de TF1 pour faire cette grande annonce ? Pourquoi Gabriel Attal et pourquoi maintenant ? Alors,
pourquoi maintenant ? Parce que je dirais qu'il y a quand même... Un petit peu alerte rouge quand même dans le bloc central et le socle commun si on veut élargir à LR. Les sondages sont vraiment très, très mauvais. Et pour le coup, il n'y a personne qui tire vraiment sur l'épingle du jeu. C'est-à-dire qu'il y a une hiérarchie quand même assez nette quand on teste les trois en même temps. Vous avez un Philippe qui est assez nettement devant, suivi en dessous des 10%. tout le temps, de Bruno Retailleau, et encore un tout petit peu en-dessus, où il se fout un peu la guerre, Gabriel Attal. Là, actuellement, vous avez un Bruno Retailleau qui reste stable entre ces 7-8%, mais vous avez un Philippe qui plonge, il était encore à 20% avant l'été, et là, certains sondages le donnent à 12% seulement, et un Gabriel Attal qui lui, maintenant, parfois, est en-dessous des 5%, donc c'est vraiment très très mauvais. Dans certains sondages, le total... de ces trois candidats, c'est 22%. C'est très faible. Il faut se souvenir que ce total-là, aux législatives, même si ça ne veut pas dire grand-chose, ils ne se présentaient pas ensemble, mais aux législatives, LR, stricto sensus, et les candidats Macronis, c'était 28%. Et à la présidentielle, Macron plus Pécresse, c'est environ 32%. Donc c'est quand même une lourde chute. Et surtout, celui qui était le principal candidat de cet espace-là, Édouard Philippe, c'est toujours le principal candidat. il n'est pas le connaître cet espace-là, mais il n'est plus du tout au second tour dans tous les cas de figure. Il est très régulièrement derrière Jean-Luc Mélenchon qui, lui, est un peu en train de se stabiliser, mais à se stabiliser à un haut niveau entre 16 et 18% suivant les options. Et même tutoyé par... ou un peu chahuté par un... J'allais dire Gabriel Zuckman. Raphaël Luxman, qui a son petit boost post-primaire. Il est passé d'entre 10 et 13 à entre 13 et 16. On ne sait pas si ça va continuer, mais en tout cas, aujourd'hui, c'est comme ça. Et donc, il y a un petit peu d'affolement, même si c'est vrai qu'il reste du temps, mais il y a un petit peu d'affolement quand même dans le bloc central.
On viendra après sur est-ce que cette primaire est réaliste ou pas. Mais avant, si elle a lieu, qui pourrait en faire partie ? Tu as cité plein de noms. Les premiers noms qui viennent en tête, c'est effectivement Gabriel Attal, évidemment, celui qu'il a proposé. Edouard Philippe, tu l'as dit, c'est pour l'instant le leader de cet espace central à droite. Tu as parlé de David Nysnard, tu as parlé aussi de Raphaël Glucksmann. Là, Raphaël Glucksmann, si on commence par lui, qui vient de remporter cette primaire socialiste, quel intérêt aurait-il à participer à cette primaire ?
Oui, il y a certains qui commencent à dire, bon... Même quand on n'aime pas un Felix Mann, il ne va pas non plus passer par 50 qualifs avant de pouvoir être candidat à la présidence de la République. Non, en fait, Gabriel Attal se base sur l'idée de nous voulons éviter un second tour entre les extrêmes, c'est-à-dire entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Sur cet angle-là... Raphaël Lillusman a toujours dit que Jean-Luc Mélenchon, c'était un de ses adversaires, jamais d'alliance, etc. On vous renvoie à tous nos formidables débriefs de la primaire socialiste. Donc voilà, il se base un peu là-dessus. Néanmoins, chez Gabriel Attal, ils ont l'air assez lucide. On cite Raphaël Glucksmann parce qu'il faut le citer. Il faut faire croire qu'on prend vraiment tout le centre, boire un peu à gauche. Alors qu n'y a aucune chance que Raphaël Glucksmann n'a vraiment aucun intérêt à aller là-dedans. Et en plus, ça donne une très bonne excuse à LR pour dire non, on ne va pas aller dans une primaire où il y a Raphaël Glucksmann. On a beau trouver que Raphaël Glucksmann, ce n'est pas très sexy, ce n'est pas non plus Bruno Retailleau, il ne faut même pas exagérer. Mais du coup, résultat, on serait plutôt sur une primaire de ce qui a été les gouvernements Barnier-Bayrou. plus un listener qui est certes à LR, mais nettement plus droitier à LR, on est à peu près sur cet espace-là. Mais globalement, pour l'instant, Bruno Retailleau a dit non. laissé couler. En fait, il n'a même pas répondu. Il a laissé en vue, comme on dit.
Se prendre en vue par Bruno Retailleau, ça fait mal.
Et puis, chez Edouard Philippe, ils ont évidemment, qui lui est celui qui avait le plus, avec le plus de constance, a dit qu'il était contre la primaire, il n'a aucun intérêt, parce que certes... Il a beaucoup baissé, mais il reste nettement devant tous les autres. Ce n'est pas comme s'il avait baissé et qu'un autre du bloc central venait le concurrencer. Ce n'est pas du tout le cas. Donc, lui, il a vraiment zéro intérêt aujourd'hui. Il a déjà fait d'ailleurs un appel à un rassemblement. Mais du coup, évidemment, ça veut dire ralliez-vous à mon attache blanc. Mais ça n'a pas marché non plus. C'était un peu tôt aussi, sans doute. Et puis surtout, faire cet appel-là tôt, ça veut dire que tu sens que tu es un peu à la baisse. et que ça serait bien que les gens ne le voient pas trop avant qu'ils se rallient. Donc ça n'a évidemment pas marché. Donc voilà, on est dans cet espace-là, mais pour l'instant... plutôt des fins de non recevoir, clairement.
Là, tu nous as surtout parlé de stratégie politique, mais même sur le fond, le programme, l'idéologie, on aurait du mal à imaginer un Raphaël Glucksmann à côté d'un Bruno Rotaillot, même si on peut dire que Raphaël Glucksmann n'est pas franchement à gauche, il n'est pas non plus dans la ligne de Bruno Rotaillot. Donc, ni en termes de stratégie politique, ni en termes de fond idéologique, on peut imaginer ce rassemblement du centre, de la droite, peu importe comment on l'appelle. Tu as commencé un petit peu à... à nous parler des réactions, des réponses ou des non-réponses des différentes personnes qu'on a citées. Donc Gounod Rotaillot n'est pas favorable, en tout cas, il ne répond pas. Edouard Philippe non plus. J'ai vu aussi Dominique de Villepin, qui pourrait l'imaginer aussi, participerait à cette primaire. Pour le coup,
Dominique de Villepin, il fait quand même vraiment une campagne... en rupture avec le bilan du macronisme. Et même quand on écoute Dominique de Villepont aujourd'hui, certes, ça a été un Premier ministre UMP entre 2005 et 2007. Mais enfin, c'est un peu comme s'il était resté... sur une droite républicaine qui n'existe plus vraiment aujourd'hui. C'est assez dramatique, même, d'entendre ça. D'ailleurs, il y a eu un... J'allais dire que c'était un trade, mais non, c'était un long tweet de Dominique de Villepin, publié hier, qui attaque très durement Edouard Philippe sur son interview au point, interview très droitière, où il fait le lien entre les pillages du 17 octobre et l'immigration, en disant... Il faut dire ce qu'on voit, il faut dire les mots, il y a eu un problème d'intégration, tout ça. Et Villepin le renvoie quand même pas mal dans ses 22. Villepin, je ne vais pas dire qu'aujourd'hui il pourrait être classé à gauche, ce n'est pas le cas. Ce serait injuste de le classer même à droite aujourd'hui, comme paysage.
Donc si on fait l'état des lieux, dans cette potentielle primaire, il y aurait donc Gabriel Attal, le modem qui n'a en fait pas de candidat, et David Lysnard.
Oui, c'est un peu faible pour une primaire. Ça fait un peu peu, c'est sûr. Non, mais est-ce qu'on a abordé maintenant la question de la faisabilité de cette primaire ? Oui, c
'est vrai que c'est la suite de ma question. Vu l'état des lieux que tu nous adressais, ça paraît quand même assez peu réaliste et réalisable. Non,
c'est clair qu'on est fin octobre 2026. C'est vrai qu'il y a déjà eu des primaires qui ont eu lieu après cette date-là, et même des primaires physiques, dans le sens où la primaire socialiste de 2017, elle a lieu en janvier. La primaire de la droite, elle était déjà bien entamée, mais c'était au mois de novembre 2016. Une primaire, ça met du temps à être organisée. Si vous voulez que ce soit quand même un peu un succès, que vous ayez du monde qui vote, qu'il y ait quand même une petite campagne, etc. – Des débats, oui, bien sûr. C'est toute une ingénierie. On a bien vu les soucis qu'ont eu les socialistes avec une cyberattaque. C'est évident que s'il y avait une telle primaire... qui étaient organisées, il y aurait aussi des attaques ici ou là, parce que c'est logique, c'est normal presque. C'est presque que si vous n'êtes pas attaqué, vous êtes un peu un has-been, d'une certaine manière. Vous ne méritez même pas une attaque cyber. C'est de l'argent, c'est des moyens, si en plus ils veulent la faire physiquement, alors là vraiment il n'y a plus le temps, c'est une organisation qui est vraiment... encore tout autre. Donc il y a quand même 9 chances sur 10, une primaire en sens de on organise un vote de départage n'est jamais lieu. Donc voilà, je pense qu'il y a un côté panique, il faut bien faire quelque chose, surtout qu'on a un Gabriel Attal qui fait une campagne vraiment...
On a tout senté de ces images de lui un petit peu seul dans les différents bistrots du coin. Il
y a ça, mais même sur le fond, ça va vraiment dans tous les sens. On ne comprend rien à la campagne de Gabriel Attal. Ça n'a pas de sens. Il y a un côté complètement démago sur tout. C'est fou. On a l'impression qu'il rate. contre tout, n'importe quoi. Il va à fond sur tout. Il y a bien un truc qui va marcher, peut-être un truc qui va prendre. On envoie toute la sauce, il y a bien un truc qui va rentrer dans le but. Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose qui score.
On a bien compris qu'il y avait 9 chances sur 10 que cette primaire n'ait pas lieu. Partons du principe que nous sommes dans cette 1 chance sur 10. La primaire a bien lieu. Si cette primaire a lieu, si un candidat de la primaire est désigné, Quelles conséquences ça peut avoir sur la suite de l'élection ? On peut faire un petit peu par étapes. D'abord, est-ce qu'on peut s'attendre à ce que tous les autres candidats se retirent vraiment ? On a souvent vu que les déçus de la primaire... pouvaient continuer à jouer leur propre jeu.
Oui, mais on n'a jamais vu néanmoins des perdants de primaires se présenter quand même. Ça, c'est pas arrivé. Après, plus ou moins bien soutenir, oui, ça c'est possible, on l'a bien vu. On le voit sans doute encore. Mais comment dire ? Bien entendu que si une telle primaire arrivait, le vainqueur, il n'arriverait pas à prendre totalement tout sur la droite et totalement tout sur la gauche. Mais je vous dirais, c'est pas forcément hyper grave, dans le sens où leur objectif, c'est juste d'être devant le candidat de gauche, soit Jean-Luc Mélenchon, soit Raphaël Glucksmann, et évidemment plutôt mieux les deux. Et aujourd'hui, cet espace-là, qui est donc, je vous ai dit 22% tout à l'heure, c'est les plus faibles, mais c'est 22, 24, 25, c'est quelque chose comme ça, cet étiage-là. Je pense que ces gens-là, ils respireraient mieux si leur candidat principal, il était à 20, déjà. Néanmoins, je pense que ce qu'il faut... En tout cas, c'est aujourd'hui plutôt mon pronostic. Si jamais il n'y avait pas de primaire, bon, d'abord, je ne suis pas du tout sûr que tous ces candidats-là, ils soient bien sur la ligne de départ, tous. Ils vont peut-être un à un se rétracter. Déjà, il y a ça. Et quand bien même, il en resterait plusieurs, et il en restera plusieurs, il n'y aura pas, je n'imagine pas trop, de candidatures totalement uniques. J'ai du mal à imaginer cet électorat de droite et du centre. comment dire, ne pas se battre pour accéder au second tour. Le vote utile, ça existe à gauche, ça peut aussi exister à droite. Ce serait quand même une énorme surprise. Aujourd'hui, c'est quelque chose qui est bien ancré dans les sondages, désormais. Mais dans ce pays qui vote quand même deux tiers à droite et à l'extrême droite, c'est quand même ça la réalité. Aujourd'hui, on verra ce que ce sera au mois d'avril. Ce serait quand même une... Une petite surprise qu'il n'y ait pas de candidats de droite traditionnels, comme on dit, au second tour. J'ai du mal à imaginer que l'électorat de droite, qui aujourd'hui, c'est vrai, n'arrive pas à se fixer sur un et n'est pas très enthousiaste. Ça, c'est un vrai sujet pour eux. À un moment donné, ne coagule pas quelque part pour... ils ne sont pas plus bêtes que les électeurs de gauche, essayez d'aller au second
tour. Tu as commencé un petit peu à répondre à la question que je vais te poser, mais je vais te la poser plus franchement, plus clairement, parce que je pense que c'est aussi une question qui peut interroger, animer celles et ceux qui nous regardent. Quelles conséquences cela peut-il avoir pour la gauche, notamment pour Jean-Luc Mélenchon, qui en ce moment, à l'heure où on se parle, est devant, et dans beaucoup de scénarios au deuxième tour face à Marine Le Pen ? Peut-être que celles et ceux qui nous regardent, qui pensent peut-être voter pour Jean-Luc Mélenchon, se disent oui, mais si jamais cette première a lieu, si jamais il y a un candidat unique qui réussit à agglomérer les voix de toutes celles et ceux qu'on a citées, est-ce que ça veut dire que Jean-Luc Mélenchon pourrait ne plus être au second tour ? Est-ce que cette inquiétude est légitime ? On est fin octobre,
à six mois de l'élection, toutes les inquiétudes... Sors ta boule de cristal et dis-moi ce qui va se passer, Rachel. Ma boule de cristal est chez le réparateur, Théo, malheureusement. Donc je suis bien embêté, là. Oui, mais il y a plein d'autres facteurs qui peuvent être problématiques. Imaginons que... Alors, soyons clairs, les sondages de second tour avant le premier tour, ils ne sont pas fiables. On le sait, ils ne sont pas fiables. c'est ainsi, il faudrait ne pas les regarder. Sauf qu'ils existent, ils sont là dans le paysage. Et si en janvier, en février, en mars, en avril, Jean-Luc Mélenchon est toujours à 30 ou 35% face à Marine Le Pen au second tour, ça aura un effet sur son éventuelle dynamique de premier tour. mon intuition, c'est que les gens vont quand même se chercher quelqu'un qui peut battre Marine Le Pen. Alors c'est vrai qu'aujourd'hui, il n'y en a aucun qui bat Marine Le Pen dans les sondages, mais il y a une petite différence entre faire entre 45 et 48 et faire entre 30 et 35.
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