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On vit une situation qui est grave dans le pays, avec le traumatisme du 17 octobre, des violences et des émeutes, avec beaucoup de Français qui sont à bout face à la vie chère, et avec globalement des angoisses et des grandes difficultés pour beaucoup de Français. Et vient s'ajouter à ça la perspective, inédite dans notre histoire, d'un deuxième tour à l'élection présidentielle qui verrait s'opposer l'extrême gauche, la France insoumise, à l'extrême droite, le Rassemblement national. Moi, je pense que notre pays ne s'en remettrait pas. Il y a des millions de Français qui pensent que notre pays ne s'en remettrait pas. Et donc, je pense qu'il faut un grand rassemblement. Et effectivement, je pense que la primaire est aujourd'hui le seul moyen de parvenir à ce rassemblement. Pour ce qui est des modalités... Le problème, ce sont les contours de la primaire. Vous savez, je ne peux pas arriver et dire que je veux un rassemblement, que je respecte les uns et les autres. et expliquer que c'est une offre à prendre ou à laisser dans ses contours et dans son organisation. Il se trouve qu'il y a eu un certain nombre de propositions déjà. Hervé Morin, le président de la région Normandie, a fait une proposition de charte des valeurs. Évidemment que c'est intéressant. François Bayrou, que vous avez cité, a fait une proposition de calendrier en parlant du mois de janvier.
Il y a une première élargie jusqu'à la gauche.
D'abord, il y a les questions des modalités pratiques. Vous avez d'autres personnes qui ont proposé que ça puisse être accessible à de très nombreux Français, contrairement à la primaire de la gauche, où il y avait un tarif d'entrée, entre guillemets, qui visait presque à exclure un grand nombre de votants à 15 euros. Et donc, ils disent qu'il faut que ce soit accessible à tous. Ensuite, pour ce qui est du périmètre. Sur le fond, c'est quand même ça qui est important. Bien sûr, mais je vais vous dire ce qui est important sur le fond. Il faut que ce soit des candidats qui sont extraordinairement clairs dans leur opposition à toute perspective d'alliance avec l'extrême gauche ou l'extrême droite, au niveau français ou au niveau européen. Puisque l'objectif de cette primaire, c'est bien d'éviter un deuxième tour entre LFI et l'ERN. Et deux, il faut qu'il y ait un engagement autour de valeurs qui me semblent fondamentales pour le pays. Évidemment la défense des valeurs de la République, l'autorité, la laïcité, évidemment la construction européenne, la compétitivité de notre économie. et le progrès social. – Gabriel Attal,
vous savez parfaitement qu'on ne peut pas aller d'une primaire qui irait de David Lissnard à Raphaël Glucksmann. – Je n'ai jamais présenté ça, mais
moi je n'ai jamais justement mis de borne de candidat, je pense que d'abord, ce n'est pas ma responsabilité, et ensuite, personne ne peut répondre au nom des autres sur le fait de savoir s'ils se retrouvent ou pas, et dans ses valeurs, et dans cet objectif d'empêcher un deuxième tour… – Oui, Noretaïo dit pas de
primaire avec Raphaël Glucksmann. – Il
ne faut pas faire de fausses naïvetés en la matière. On voit bien que Raphaël Glucksmann a dit lui-même qu'il sortait déjà d'une primaire et qu'il ne participerait pas à une autre primaire. Donc c'est manifestement la seule prévention de Bruno Retailleau, mais les choses me semblent assez claires, elles n'ont été encore clarifiées depuis hier soir, sur le fait que Raphaël Glucksmann n'y participerait pas. Donc ça doit signifier que Bruno Retailleau peut s'inscrire dans ce processus de primaire. Et dans ces
conditions, ça vous convient ?
'est-à-dire ?
C'est-à-dire une primaire des démocrates sans la social-démocratie
? Moi, je veux une primaire, encore une fois, qui rassemble des candidats, qui veulent empêcher le deuxième tour entre LFI et l'ERN et qui s'accorde sur des valeurs. Déjà, ça sera un pas supplémentaire vers le rassemblement qui est nécessaire, Caroline Roux, si on veut éviter ce deuxième tour entre LFI et l'ERN. Comment on fait une primaire
sans Edouard Philippe ? Parce que lui, il est parfaitement clair depuis le début. Il dit que les primaires produisent davantage de rancœurs que d'unités, de surcroît. Leurs partisans actuels ne s'accordent ni sur le périmètre politique, ni sur les règles d'engagement. Il n'en veut pas de cette primaire.
Vous avez deux possibilités pour un rassemblement. Soit c'est la force qui fait l'union, c'est-à-dire que vous avez un candidat qui a une force suffisante de dynamique dans le pays, dans les sondages, qui lui permet, par cette force qu'il a lui-même, d'organiser le rassemblement autour de lui. Aujourd'hui, personne ne l'a. Edouard Philippe n'est pas en situation d'être au deuxième tour de l'élection présidentielle, quelles que soient les configurations qui sont testées dans les sondages. Moi non plus, mais c'est pour ça que je propose une primaire. La deuxième possibilité, si la force ne fait pas l'union, alors l'union doit faire la force. Le fait de rassembler des candidats doit créer une dynamique qui permet d'avoir un candidat au deuxième tour. Je ne vois pas d'autre moyen de faire ce rassemblement que de passer par une primaire. Il y a d'autres propositions qui ont été faites. Jean-Louis Borloo avait proposé d'agir comme un tiers de confiance en mettant autour de lui différents candidats. Je l'ai accepté. Edouard Philippe et d'autres l'ont refusé. Moi, je fais des propositions qui visent à éviter aux Français d'avoir ce cataclysme d'un deuxième tour entre la France insolite et la France. Pour être bien sûr
de comprendre, votre primaire idéale, c'est quoi ?
Ma primaire idéale, c'est une primaire qui nous permet d'éviter un deuxième tour entre la France et la France. Mais sur la fiche, pour
les gens qui nous écoutent et qui voient les candidats les uns et les autres avancer des projets, des propositions avec des différences
sur le fond. Je vous redis que ce n'est pas à moi de sélectionner qui peut être candidat, mais je vais être encore plus clair si vous le voulez. Je considère qu'in fine, pour gagner cette élection présidentielle et ensuite pour pouvoir gouverner le pays, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, il faudra une coalition et un rassemblement très large qui associent des électeurs qui viennent de la social-démocratie jusqu'à la droite républicaine. Maintenant, je suis un pragmatique. Si cette étape de primaire passe d'abord par des candidats du centre et de la droite, ça sera une étape supplémentaire du rassemblement qui sera nécessaire. Et moi, je défendrai dans cette primaire la ligne qui est la mienne, qui est celle d'une coalition plus large.
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