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font la course en tête. Gabriel Attal a proposé hier soir l'organisation d'une grande primaire des démocrates, comme l'ont fait avant lui François Bayrou, David Lysnard, entre autres. Mais pour l'instant, la proposition reste floue et ne soulève pas d'enthousiasme chez ses concurrents. Nous en parlons ce soir avec vous, Gabriel Attal.
Bonsoir, Caroline Roux.
Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes ancien Premier ministre, candidat Renaissance à l'élection présidentielle. On vous avait entendu pendant des mois expliquer que vous n'étiez pas opposé au principe d'une primaire. Quelle est la seule solution pour ne pas se retrouver avec un duel Le Pen-Mélenchon ? Parce que les temps sont graves. Vous évoquez une primaire élargie à la social-démocratie. Vous n'avez défini hier soir ni les modalités ni le casting. Est-ce que vous pouvez être plus précis ce soir ?
D'abord, vous l'avez dit, on vit une situation qui est grave. dans le pays, avec le traumatisme du 17 octobre, des violences et des émeutes, avec beaucoup de Français qui sont à bout face à la vie chère et avec globalement des angoisses et des grandes difficultés pour beaucoup de Français. Et vient s'ajouter à ça la perspective. inédite dans notre histoire, d'un deuxième tour à l'élection présidentielle qui verrait s'opposer l'extrême gauche, la France insoumise, à l'extrême droite, le rassemblement national. Moi, je pense que notre pays ne s'en remettrait pas. Il y a des millions de Français qui pensent que notre pays ne s'en remettrait pas. Et donc, je pense qu'il faut un grand rassemblement. Et effectivement, je pense que la primaire est aujourd'hui le seul moyen de parvenir à ce rassemblement. Pour ce qui est des modalités... Le problème, ce sont les contours de la primaire. Vous savez, je ne peux pas arriver et dire que je veux un rassemblement, que je respecte les uns et les autres. et expliquer que c'est une offre à prendre ou à laisser dans ses contours et dans son organisation. Il se trouve qu'il y a eu un certain nombre de propositions déjà. Hervé Morin, le président de la région Normandie, a fait une proposition de charte des valeurs. Évidemment que c'est intéressant. François Bayrou, que vous avez cité, a fait une proposition de calendrier en parlant du mois de janvier.
Il y a une première élargie jusqu'à la gauche.
D'abord, il y a des questions des modalités pratiques. Vous avez d'autres personnes qui ont proposé que ça puisse être accessible à de très nombreux Français, contrairement à la primaire de la gauche, où il y avait un tarif d'entrée, entre guillemets, qui visait presque à exclure un grand nombre de votants à 15 euros. Et donc, ils disent qu'il faut que ce soit accessible à tous. Ensuite, pour ce qui est du périmètre. Sur le fond, c'est quand même ça qui est important. Mais bien sûr, mais je vais vous dire ce qui est important sur le fond. Un, faut que ce soit des candidats qui sont extraordinairement clairs dans leur... opposition à toute perspective d'alliance avec l'extrême gauche ou l'extrême droite, au niveau français ou au niveau européen. Puisque l'objectif de cette primaire, c'est bien d'éviter un deuxième tour entre LFI et l'ERN. Et deux, il faut qu'il y ait un engagement autour de valeurs qui me semblent fondamentales pour le pays. Évidemment la défense des valeurs de la République, l'autorité, la laïcité, évidemment la construction européenne, la compétitivité de notre économie. et le progrès social. – Gabriel Attal,
vous savez parfaitement qu'on ne peut pas aller d'une primaire qui irait de David Lissnard à Raphaël Glucksmann. – Je n'ai jamais présenté ça, mais
moi je n'ai jamais justement mis de bornes de candidats. Je pense que d'abord, ce n'est pas ma responsabilité, et ensuite, personne ne peut répondre au nom des autres sur le fait de savoir s'ils se retrouvent ou pas, et dans ces valeurs, et dans cet objectif d'empêcher un deuxième tour… – Oui, le retalio dit pas de
primaire avec Raphaël Glucksmann. – Il
ne faut pas faire de fausses naïvetés en la matière. On voit bien que Raphaël Glucksmann a dit lui-même qu'il sortait déjà d'une primaire et qu'il ne participerait pas à une autre primaire. Donc, c'est manifestement la seule prévention de Bruno Retailleau. Mais les choses me semblent assez claires. Elles ont été encore clarifiées depuis hier soir sur le fait que Raphaël Glucksmann n'y participerait pas. Donc, ça doit signifier que Bruno Retailleau peut s'inscrire dans ce processus de primaire. Et dans ces
conditions, ça vous convient
'est-à-dire ?
C'est-à-dire une primaire des démocrates sans la social-démocratie
? Moi, je veux une primaire, encore une fois, qui rassemble des candidats, qui veulent empêcher le deuxième tour entre LFI et le RN et qui s'accorde sur des valeurs. Déjà, ça sera un pas supplémentaire vers le rassemblement qui est nécessaire, Caroline Roux, si on veut éviter ce deuxième tour entre LFI et le RN. Comment on fait une primaire sans
Edouard Philippe ? Parce que lui, il est parfaitement clair depuis le début. Il dit que les primaires produisent davantage de rancœur que d'unité, de surcroît. Leurs partisans actuels ne s'accordent ni sur le périmètre politique, ni sur les règles d'engagement. Il n'en veut pas de cette primaire.
Vous avez deux possibilités pour un rassemblement. Soit c'est la force qui fait l'union, c'est-à-dire que vous avez un candidat qui a une force suffisante de dynamique dans le pays, dans les sondages, qui lui permet, par cette force qu'il a lui-même, d'organiser le rassemblement autour de lui. Aujourd'hui, personne ne l'a. Edouard Philippe n'est pas en situation d'être au deuxième tour de l'élection présidentielle, quelles que soient les configurations qui sont testées dans les sondages. Moi non plus, mais c'est pour ça que je propose une primaire. La deuxième possibilité, si la force ne fait pas l'union, alors l'union doit faire la force. Le fait de rassembler des candidats doit créer une dynamique qui permet d'avoir un candidat au deuxième tour. Je ne vois pas d'autre moyen de faire ce rassemblement que de passer par une primaire. Il y a d'autres propositions qui ont été faites. Jean-Louis Borloo avait proposé d'agir comme un tiers de confiance en mettant autour de lui différents candidats. Je l'ai accepté. Edouard Philippe et d'autres l'ont refusé. Moi, je fais des propositions qui visent à éviter aux Français d'avoir ce cataclysme d'un deuxième tour entre la France insoumise et la Rassemblement. Juste pour être bien sûr
de comprendre, votre primaire idéale, c'est quoi ?
Ma primaire idéale, c'est une primaire qui nous permet d'éviter un deuxième tour. Mais sur l'affiche, pour
les gens qui nous écoutent et qui voient les candidats, les uns et les autres, avancer des projets, des propositions avec des
différences sur le fond. Je vous redis que ce n'est pas à moi de sélectionner qui peut être candidat, mais je vais être encore plus clair si vous le voulez. Je considère qu'in fine, pour gagner cette élection présidentielle et ensuite pour pouvoir gouverner le pays, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, il faudra une coalition et un rassemblement très large qui associent des électeurs qui viennent de la social-démocratie jusqu'à la droite républicaine. maintenant je suis un pragmatique, si cette étape de primaire passe d'abord par des candidats du centre et de la droite, ça sera une étape supplémentaire du rassemblement qui sera nécessaire. Et moi je défendrai dans cette primaire la ligne qui est la mienne, qui est celle d'une coalition plus large. Et
vous n'aurez aucun état d'âme à vous ranger derrière Bruno Retailleau, qui veut permettre au peuple de contourner certaines censures constitutionnelles, qui est pour la suppression du droit du sol, qui fait le lien entre immigration massive, qui crée du désordre sécuritaire pour ce qui s'est passé au 17 octobre. 7 octobre, ce sont ses propos. Vous n'aurez aucun état d'âme ?
D'abord, j'ai des désaccords avec tous les autres candidats, sinon je ne serais pas candidat à l'élection présidentielle. Ils sont probablement plus marqués avec certains qu'avec d'autres, mais j'ai aussi des désaccords avec Edouard Philippe, avec David Lysnard, avec d'autres. Ensuite, le cataclysme que constituerait un deuxième tour entre LFI et le RN est pour moi bien plus grave. que le fait de devoir soutenir un candidat sélectionné à l'issue d'un processus démocratique de primaire. Puisque de toute façon, Caroline Roux, vous devez, si vous n'êtes pas au deuxième tour, soutenir un candidat au deuxième tour avec lequel vous avez parfois des désaccords importants. Donc je pense que ces désaccords-là doivent être surpassés étant donné la situation du pays et le risque de plus en plus certain d'un deuxième tour du pire entre la France insoumise et le RN.
Gabriel Attal, est-ce que c'est parce que vous avez, on va se le dire, échoué à... créer une dynamique dans cette première partie de campagne, qu'aujourd'hui vous lancez cet appel à la primaire
J'ai toujours dit que j'étais ouvert à une primaire, y compris au moment du lancement de ma campagne. Ensuite... Personne aujourd'hui n'a de dynamique dans cette campagne en dehors de la France Insoumise et du Rassemblement National. Il n'y a pas de note artistique dans une élection présidentielle. Soit vous êtes au deuxième tour, soit vous n'y êtes pas. Et aujourd'hui, aucun candidat, à l'exception de la France Insoumise et du Rassemblement National, n'est au deuxième tour de l'élection présidentielle. C'est un fait. Et donc, encore une fois, je considère que le meilleur moyen d'empêcher ça, c'est d'avoir un processus de rassemblement qui passe par une prise. Qu
'est-ce qui pourrait contraindre, au fond, Edouard Philippe à participer à cette primaire ?
Je ne réponds pas à la place des autres. J'ai du respect, de l'estime pour Édouard Philippe. Moi, la conviction que j'ai, je vais vous le dire, c'est qu'à la fin, elle aura lieu cette primaire. Qu'est-ce qui vous
rend si sûr de vous ?
Mais parce qu'on voit ce qui est en train de se passer aujourd'hui. On voit cette tenaille entre la France Insoumise et le RN. On voit qu'aujourd'hui, aucun candidat seul n'est en situation de briser cette tenaille. Et que donc, il faut une organisation qui permette de désigner un candidat. Et par ailleurs, je vais vous le dire, de recréer de l'espoir chez les Français. Parce qu'il y a des millions de Français qui ont perdu espoir, qui se disent c'est foutu, on va avoir à choisir entre la France insoumise et le RN. On ne peut même plus espérer avoir cet exercice qui peut rassembler, je pense par ailleurs, énormément d'électeurs. Ça va aussi redonner espoir à beaucoup de Français qui vont se dire que c'est possible d'éviter à faire le choix du pire.
Est-ce que vous considérez que deux anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron peuvent incarner le changement que réclament aussi les Français ?
Il y a un changement qui est nécessaire, ne serait-ce que parce que le monde a changé, Caroline Roux. Vous savez, quand le président a été élu, quand il a été réélu, la guerre n'était pas de retour en Europe. L'intelligence artificielle ne révolutionnait pas nos vies comme aujourd'hui. Le dérèglement climatique était là, mais pas dans des proportions dans la vie quotidienne des Français aussi forte qu'aujourd'hui. On l'a encore vu cet été. La guerre commerciale n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. De toute façon, on doit réinventer profondément notre modèle. Et par ailleurs... Vous savez, on doit aussi avoir la lucidité, après avoir exercé le pouvoir, de regarder ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné, les échecs qui ont été faits. J'essaye d'avoir cette lucidité-là et ensuite de faire campagne autour d'un projet de changement.
J'imagine que le climat ambiant vous inquiète. À la veille d'une nouvelle mobilisation, samedi, dont on va parler avec les experts de C'est dans l'air, quel est votre état d'esprit ? Est-ce que vous considérez que le gouvernement a suffisamment fait pour entendre la colère sur le pouvoir d'achat, pour entendre la colère d'une jeune Z, comme on dit, d'une génération qui voit un avenir bien sombre
savez, moi, je crois que le cœur de cette mobilisation de la jeunesse, c'est une profonde angoisse vis-à-vis de l'avenir. Moi, je ne crois pas qu'il y a une génération qui ne veut plus faire d'efforts, qui ne veut plus travailler. En revanche, il y a une génération qui se demande si à la force de son travail et de ses efforts, elle pourra avoir un avenir. Et qui se dit finalement que les promesses qui ont été tenues pour les générations précédentes ne seront pas tenues pour elle. Avoir un travail avec l'intelligence artificielle, pouvoir devenir propriétaire et se loger, pouvoir fonder une famille, etc. Donc, c'est des réponses très profondes. Et cette élection présidentielle, pour moi, elle doit aussi servir. à créer un nouvel espoir chez les jeunes, une nouvelle utopie au sens positif du terme et réaliste du terme. Moi, je veux que la France, elle redevienne une grande puissance d'innovation au service de la technologie, au service de l'écologie. Je porte par ailleurs un projet d'États-Unis, d'Europe, qui je pense peut être un horizon pour notre génération, pour être capable de faire triompher nos valeurs et nos idées dans le monde. Je pense qu'on a cette responsabilité-là en tant que candidat à l'élection présidentielle que de répondre à ces angoisses. Ensuite, il y a la gestion du mouvement social. Ça, c'est la responsabilité du gouvernement. Je vais vous dire les choses de manière très transparente et très claire. Je pense que le gouvernement aurait pu recevoir plutôt les représentants des jeunes pour les entendre et apporter de la considération à ce mouvement. Il
l'a fait trop tard, mais il le fait aujourd'hui. Vous
savez, les gens qui se mobilisent. qui prennent de leur temps, qui parfois prennent des risques, y compris en termes de sécurité pour se mobiliser. Ils le font parce qu'ils croient en quelque chose. Et ils savent qu'il n'y a pas de baguette magique, que c'est évidemment difficile. Mais s'ils y vont, il faut les considérer. Parfois, j'ai été un peu raillé parce qu'au moment du mouvement des agriculteurs, quand j'étais Premier ministre, tout de suite, au bout de quelques jours, je suis tout de suite allé à leur rencontre sur le terrain. Mais enfin, ça me semble la moindre des choses que de considérer ceux qui se mobilisent et de travailler avec eux à des solutions. Une
dernière question, Emmanuel Macron considère que c'est... Au fond, pas normal, ce sont les mots qu'il a utilisés, qu'on soit dans un tel moment de tension sociale, d'ébullition, c'est le mot qu'il a utilisé, à six mois d'une présidentielle. Est-ce que vous, parfois, vous vous posez la question de vous dire, est-ce qu'on peut tenir six mois jusqu'à la présidentielle dans un tel climat ? D
'abord, ce climat, on en connaît la source, en tout cas une des sources principales. C'est le choix de dissoudre l'Assemblée nationale en 2024 et l'instabilité politique et économique qui en découle, avec le sentiment d'un pays dans lequel il ne peut plus y avoir de décision prise. plus de réformes, alors même que les enjeux sont majeurs. Et sur la suite, est-ce que la suite vous inquiète ? Est-ce que vous dites ces six mois-là, est-ce qu'on va tenir jusqu'à la présidentielle ? L'urgence absolue, c'est d'apaiser le pays. Et d'ailleurs, je pense que tous les candidats, quels qu'ils soient, doivent avoir pour objectif d'apaiser le pays en 2027. Et on doit rechercher le plus grand apaisement possible. D'ici à 2027, c'est encore une fois la responsabilité du gouvernement qui est aux manettes.
Et c'est pour ça que vous lancez cet appel à la primaire. Juste une dernière question, est-ce qu'ils vous ont appelé ? Est-ce que depuis votre appel à la primaire, hier, vous avez eu des retours ?
J'ai eu beaucoup de retours de parlementaires, d'élus locaux, de responsables politiques nationaux, de tous les partis politiques qui m'ont écrit pour me dire que c'était la bonne solution. Ensuite, je laisse les uns et les autres s'exprimer eux-mêmes. Moi, je vais vous dire le fond de ma pensée. Cette primaire, elle aura lieu. C'est le sens de l'histoire et surtout, c'est la réponse à la situation. très difficile qu'on connaît aujourd'hui.
Merci beaucoup, Gabriel Attal, d'être venu sur le plateau de Cédans L'Air. Dans un instant, on retrouve les experts de Cédans L'Air. On va poursuivre sur cette discussion et sur la colère sociale, savoir ce qui nous attend samedi. A tout de suite.
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