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Monsieur Mélenchon, depuis que j'ai décidé de dire aux Français ce que vous vouliez vraiment faire de ce qu'ils possèdent, leur maison, leur épargne, leur entreprise, vous avez vu rouge. Quatre attaques contre moi en 24 heures. Avec votre complexe de supériorité habituelle, vous dites que je n'ai rien écouté. Ou pire, rien compris. Au contraire. Et j'aimerais que les Français vous écoutent aussi bien que moi. Alors je vais vous laisser la parole et ensuite je vous répondrai point par point, comme vous le méritez.
C'est la propriété et la seule liberté. à laquelle, dans la déclaration des droits de l'homme, il est mis une limite.
Tiens, un bolchevik qui main. Vous invoquez donc la déclaration des droits de l'homme, monsieur Mélenchon. Alors lisons-la ensemble. Article 17. La propriété étant un droit inviolable. Et sacré. Inviolable. Sacré. Je vous pose la question. Lequel de ces deux mots ne comprenez-vous pas ? Inviolable ou sacré ? Vous voulez violer les droits de l'homme, monsieur Mélenchon ? Ou bien les droits de l'homme sont-ils trop bourgeois pour un bolchevik comme vous ?
Et ce n'est pas d'aujourd'hui que la question est posée. Une de nos personnes fondatrices, Maximilien Robespierre, dans la discussion sur la propriété dans les premières conventions...
Robespierre, votre personne fondatrice. Il y a un autre homme qui a admiré Robespierre autant que vous. Lénine. En 19... 1918, à peine arrivé au pouvoir, Lénine lui a fait élever une statue à Moscou. Alors rappelons qui était cet homme. Robespierre, c'est la terreur. L'homme qui a gouverné la France avec la guillotine. Des milliers d'innocents condamnés à mort après des procès expédiés en quelques minutes. Des dizaines de milliers d'autres morts dans les prisons et dans les massacres de Vendée. Le tout au nom de la vertu. Un homme qui se réclame de Robespierre et qui veut parler de ce qui nous appartient. Je crois que les Français ont compris.
Nous nous rattachons à cette idée historiquement, nous. La mouvance collectiviste.
Au moins, c'est clair. Nous, la mouvance collectiviste. Alors, il est l'heure d'expliquer aux Français ce que c'est la mouvance collectiviste quand elle arrive au pouvoir. Je vais vous laisser l'honneur, M. Mélenchon, parce que personne ne la décrit mieux que vous-même. Écoutons.
Pour ceux qui ne comprendraient pas tout à fait tout ce que je suis en train de dire, je n'ai pas l'intention de proposer la collectivisation de toutes les voitures, de tous les frigos, de toutes les machines à laver, de tous les coiffeurs du pays, de toutes les maisons individuelles, ni de toutes les entreprises. Pas
toutes. Ah, merci M. Mélenchon. Pas toutes les voitures, pas toutes les maisons, pas toutes les entreprises, donc certaines. Et vous allez nous en dresser la liste ? Vous allez nous dire lesquelles nous aurons le droit de garder ? Vous tenez même à préciser que vous ne prendrez pas nos lits. Si vous prenez la peine de le dire, c'est que vous y avez pensé. Vous avez hésité. Seul un tyran peut annoncer au peuple, dormez tranquille, je ne vous prendrai pas tout, pas vos lits, ou peut-être pas tout de suite. Nous n'avons aucune intention de vous laisser faire cette liste, parce que nous savons tous comment ça se termine. Seul génie de... Sine nous l'a raconté. En 1929, Staline collectivise les campagnes. Au départ, on rassure les paysans. On ne prendra pas tout. On vise seulement les riches. Les coulacs, comme on les appelle. Un coulac, qu'est-ce que c'est ? Un paysan qui a une vache de plus que son voisin. Un cheval, une grange. Et puis l'État a besoin de blé. Toujours plus. Alors on élargit la définition. Le coulac, ce n'est plus seulement le paysan un peu plus riche. C'est tous ceux qui refusent de donner tout ce qu'ils ont. À la fin, des millions de paysans sont déportés en Sibérie. Et la collectivisation des terres provoque une famine qui tue... plusieurs millions de personnes. Voilà comment ça se finit M. Mélenchon. On commence par promettre aux gens qu'on leur laissera leur vache. On finit par prendre la vache, la terre et finalement le paysan.
La propriété dans le débat initial de la grande révolution de 89, c'est un droit d'usage.
La propriété est un droit d'usage. Retenez bien cette expression parce qu'elle existe déjà quelque part, à Cuba. On l'appelle l'usufructo. L'usufruit. Depuis 2008, l'État cubain concède aux paysans l'usufruit de la terre. Ils ont le droit de l'utiliser, mais jamais de la posséder. L'État reste propriétaire de tout. Est-ce que vous savez ce que ça donne ? Cuba est une île fertile, un pays de paysans. Et pourtant, Cuba ne parvient plus à nourrir son propre peuple. Le pouvoir communiste est obligé d'importer la plus grande partie de ce que mangent les Cubans. C'est ça, la traduction concrète de « la propriété est un droit d'usage ». Et Cuba, M. Mélenchon, ce n'est pas un exemple que je ne choisis pas. Par hasard, c'est le vôtre. En 2011, vous avez affirmé que Cuba n'était pas une dictature.
Je ne suis pas d'accord pour qualifier Cuba de dictature.
En 2016, vous avez rendu hommage à Fidel Castro, un homme qui a tenu son peuple sous une dictature pendant près de 50 ans, qui a mis les propriétaires à la porte et qui a interdit aux Cubains de posséder leur propre terre. C'est lui, votre modèle.
Nous nous rassemblons pour célébrer la mémoire de Fidel Castro. Tout le monde ! Admire fidèle !
Une autre histoire raconte le droit d'usage mieux que tous les discours. Elle se passe en URSS. Un autre de vos modèles, c'est le docteur Jivago. Jivago est médecin à Moscou. La révolution éclate, il part soigner les blessés sur le front. Et quand il rentre enfin chez lui, il découvre que sa maison ne lui appartient plus. Le comité d'immeubles a réquisitionné. On lui a bien laissé l'usage de quelques pièces, mais dans toutes les autres, des inconnus se sont installés. Chez lui, avec sa vaisselle et dans ses nobles. Il a le droit d'y dormir, mais il n'a plus le droit de dire que c'est sa maison. Il n'est plus propriétaire. Il est... Voilà exactement ce que vous proposez aux Français, monsieur Mélenchon. J'épargne à ceux qui nous regardent la suite de votre conférence parce qu'il s'en suit un Gallimathia sans queue ni tête où vous mélangez allègrement l'histoire, l'écologie, la politique et l'économie dont vous n'avez pas compris grand chose quand on voit ce que vous tirez du prix Nobel que vous citez. Bref, à la fin de cette très chaotique démonstration, plus personne n'y comprend rien. Pas même vos plus fidèles supporters qui essaient... poussivement de me répondre, mais finalement, c'est là tout votre objectif. Vous voulez passer pour un intellectuel, celui qui a le monopole du mot propriété. Le seul dictionnaire autorisé à définir la propriété, c'est désormais le petit Mélenchon, appelé à remplacer le Larousse. Souffrez, que je vous réponde, monsieur Mélenchon. Parce qu'au fond, je crois avoir compris pourquoi. vous détestez la propriété. Parce que vous êtes vous-même propriétaire et que cela vous fait honte et que vous vous vengez sur les autres de cette grave incohérence idéologique. Votre appartement parisien 210 mètres carrés à 1,2 million d'euros. Votre propriété dans le Loiret. Vous êtes le multipropriétaire que vous dénoncez. Cette multipropriété vous montre du doigt et elle vous dénonce. Tout comme vous dénonce votre retraite par capitalisation confortable d'anciens sénateurs que vous refusez absolument aux Français. Écoutez-vous, vous le dites vous-même. Et
maintenant que je suis à la retraite du point de vue professionnel. Je vis très confortablement, je ne peux pas dire autre chose, d'une manière d'ailleurs assez paradoxale parce que je suis un partisan de la retraite par répartition. Et je vis d'une pension de retraite que les assemblées acquièrent par des fonds de pension. Mais oui, il y a tous ces avantages pour moi. Donc je suis mal placé pour avoir un regard en général.
Vous avez mal lu M. Mélenchon. Dans Capitalisation, il y a capital. Vous profitez partout de la propriété que vous refusez aux autres. L'élite de gauche est ainsi résumée en 20 secondes. Monsieur Mélenchon, je viens de prouver par A plus B que vous êtes coupable des trois pires choses qui peuvent arriver à un marxiste. L'incohérence, l'hypocrisie et l'égoïsme. Vos électeurs méritaient de savoir ce que vous êtes. Ne me remerciez pas, c'est chose faite.
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