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Couvre-feu, déploiement de l'armée et possible interdiction de LFI, comment en est-on arrivé là ? Le mouvement lycéen, au cœur de l'actualité depuis un mois, a connu un pic samedi 17 octobre avec la convergence de différents mouvements réunissant entre 550 000 et 800 000 personnes dans les rues de France pour manifester contre la vie chère, la destruction des services publics et pour des conditions d'éducation dignes. De cette journée n'en sont restés que deux éléments, la casse et la crise politique. Sur les chaînes d'info en continu, les images de vitrines brisées défilent. Les mots ne sont que pillages, émeutes, racailles ou casseurs, et autour d'eux, un responsable, la gauche. Ou plutôt, ce que les journalistes et le ministre de l'Intérieur désignent comme l'ultra-gauche. Sur le week-end, ce terme a été utilisé plus de 700 fois sur BFM, CNews, France Info et LCI, comme vous le voyez à l'écran. Et justement… À partir de cette ultra-gauche, le gouvernement et certains médias tirent les fils jusqu'à la France Insoumise, désignée comme coupable du chaos politique. Comment les chaînes d'information ont raconté et mis en image ces mobilisations ? Comment le débat a lentement glissé vers la possibilité d'interdire le parti d'opposition ? On en discute aujourd'hui avec le député et coordinateur de la France Insoumise, Manuel Bompard. Bonjour.
Bonjour.
Merci d'avoir accepté cette invitation pour revenir sur le traitement médiatique des mobilisations.
Merci à vous.
mois qu'on a vécu, et plus précisément le week-end qui vient de passer, ont été au carrefour des colères. Des colères rapidement occultées par une focalisation sur une certaine violence, imputée notamment à l'ultra-gauche sur les chaînes d'information en continu. On regarde.
Les black blocs de plusieurs centaines d'individus se sont constitués autour de l'ultra-gauche, de la mouvance ultra-gauche qui est très présente aujourd'hui. Dans les cortèges, avec un certain nombre de violences envers les forces de l'ordre, mais aussi des pillages, des tentatives de pillages de commerce ou des dégradations de bâtiments publics, on l'a vu.
Ça m'a l'air d'être quelque chose de très organisé et de profondément politique, avec des gens militants de l'ultra-gauche qui ont voulu s'affronter à la police.
On n'a pas assisté à une convergence des luttes, on assiste à une convergence des violences. La violence de l'ultra-gauche, la violence de l'extrême-gauche, la violence des activistes pro-palestiniens et pro-ramas avec tous ces drapeaux palestiniens. Tout a été organisé par l'ultra-gauche. Et encore une fois, il y a deux types de violences absolues. Il y a celle de l'ultra-gauche, il y a celle des pilleurs. Chaque fois que ça pète, ça vient de ce qu'on appelle
l'ultra-gauche. L'ultra-gauche est la seule qui est organisée aujourd'hui. pour mener justement de telles actions insurrectionnelles. Il y a des personnes qui sont venues pour se faire
des iPhones, mais je vais vous dire, il y a aussi des militants politiques qui viennent de l'Ultra-gauche, qui viennent pour se taper des flics, avec du matériel.
Leur objectif, ce n'est pas un iPhone. Vous avez l'Ultra-gauche qui est très professionnel, très organisé, très méthodique dans l'attaque des forces de l'ordre, dans la mise en place de barricades, dans la mise à place de guet-apens. Il y a un climat de guerre civile. Véritablement, ce qu'on voit hier, ce sont des Frances qui s'affrontent. J'insiste bien sur des Frances qui s'affrontent. Et c'est quelque chose que l'on ne veut pas avouer. Est-ce qu'il faut faire une
pause dans les manifs, comme le demande aussi cette commerçante ? Bien sûr, bien sûr, on est au bord
de la
guerre civile.
La question, c'est que s'est-il passé en France pour que, dans à peu près tous les départements de notre pays, des scènes de guerre civile, de chaos, se soient propagées ?
Alors, Manuel Bombard, ça c'est le cadrage majeur. Nous, à Résurimage, on aime bien revenir sur les termes qui sont employés. J'imagine que vous souscrivez assez peu au vocabulaire de guerre civile, mais alors vous, quels mots vous employerez pour qualifier ce qui s'est passé le 17 octobre
D'abord, et même si c'est invisibilisé dans le cadrage médiatique des chaînes d'information en continu en particulier, le 17 octobre, c'est d'abord une grande mobilisation populaire. Et on est passé très vite sur ce sujet, parce qu'assez vite, il y a eu une volonté de concentrer le traitement médiatique sur ce qui s'est passé en marge des cortèges. Mais quand vous avez entre 550 000 personnes selon la police et 800 000 personnes selon les organisateurs, quand vous comparez ça au chiffre des mobilisations sociales ces dernières années, c'est la plus grosse manifestation depuis le 1er mai 2023. Je ne sais pas si vous vous en rappelez, c'était le 1er mai pendant la bataille contre la réforme des retraites. Donc c'est d'abord une mobilisation qui est une mobilisation très puissante, plus puissante que toutes les manifestations lycéennes courrières, plus puissante que ce qui s'était passé l'année dernière. Et ce fait-là, il a quand même été effacé très rapidement. Après, il y a eu, évidemment, et c'est normal que ça soit présent dans l'actualité, mais ça ne peut pas être ultra dominant comme ça non plus. Il y a eu déjà dès le départ des manifestations. des affrontements, une doctrine du maintien de l'ordre d'ailleurs qui a empêché ensuite aux manifestants pacifiques de pouvoir accéder au point de manifestation sur lesquels ils voulaient partir. C'était manifeste sur la place de la République à Paris en particulier, mais aussi dans d'autres villes. Et puis il y a eu, après la manifestation, d'autres faits qui se sont déroulés. Alors moi, je n'ai pas d'informations qui me permettent de dire et honnêtement, ce n'est pas mon rôle de répondre à est-ce que les gens... qui ont participé à des affrontements étaient des manifestants ? Est-ce que c'était des groupes extérieurs ? Est-ce qu'il y a des gens qui sont venus ? Ce n'est pas ce que je vous
demande. En fait, j'aimerais savoir quel mot vous utiliserez pour qualifier ce que vous dites là à l'instant des faits qui se sont passés à la marche, des affrontements. En fait, sur les chaînes d'info en continu, on entend parler d'émeutes. Vous,
c'est quoi le mot ? Non, moi, je n'utilise pas ce mot-là. Il y a eu des affrontements entre des individus et les forces de l'ordre. Il y a eu... des dégradations de bâtiments publics. Il y a eu des dégradations de commerce. Ça, ça a existé. Il y a eu d'autres groupes qui, manifestement, ont tenté de s'approcher des lieux de pouvoir. Ça, c'est des faits. Mais non, je n'utiliserai pas le terme d'émeute comme certains ont essayé de l'utiliser.
Et un autre mot pour définir les jeunes qui étaient à l'origine de ces scènes. C'était évidemment le terme casseur qui a été prédominant. Vous, quel terme vous préférez ?
Alors casseur, le problème c'est que tous ces termes-là, ils visent à installer un climat qui est un climat très anxiogène. Il y a des gens qui ont participé à des dégradations, ça c'est un fait. Il y a des gens qui se sont pris à des commerces, ça c'est un fait. Il y a des gens qui se sont pris à des bâtiments publics, ça c'est un fait. Est-ce qu'ils étaient mûs par une motivation politique ou pas ? Honnêtement, je n'en sais rien et j'ai envie de dire que ce n'est pas vraiment mon sujet à moi. C'est ce que je dis des fois à des gens qui m'interrogent sur ce sujet. Moi, je suis responsable politique. Donc la question que je me pose, c'est est-ce que du point de vue de la stratégie politique que je défends, ce sont des méthodes d'action que j'approuve ou pas ? Et on a déjà eu l'opportunité de dire que non, on ne les approuvait pas.
Mais donc du coup, en vous écoutant, affrontements, dégradations, ce ne sont pas des violences. Parce que je vous interroge sur le cadrage majeur qui a été proposé.
Est-ce que ce sont des violences ? Est-ce qu'il y a eu des violences contre des individus, contre des personnes ? Il y a eu des affrontements avec des policiers, ça c'est vrai. Il y a eu des dégradations de commerce, à ma connaissance. Même si je ne sais pas tout, à ma connaissance, il n'y a pas eu des gens qui sont surpris à d'autres personnes dans le cadre de ces manifestations.
Nous, en tout cas, à Rue sur image, on estime que ce sont des colères qu'on a vues. J'aimerais savoir, vous, qu'est-ce que vous comprenez derrière toutes ces colères qui se sont manifestées avec différentes formes d'expression ce 17 octobre ?
Je pense d'abord que... C'était d'abord effectivement une mobilisation qui agrégait différentes formes de colère. Il faut savoir qu'initialement, cette date du 17 octobre, elle n'est pas née du mouvement lycéen. Elle a commencé à circuler sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, c'était présenté comme ça initialement. Plutôt comme un mouvement de type le retour des gilets jaunes. Et donc, plutôt consacré aux problématiques de la vie chère, de l'augmentation des prix des carburants, de « on n'en peut plus », etc. Et c'est vrai qu'entre le moment où cette date a commencé à circuler et le moment où elle a eu lieu, il y a eu l'émergence d'un mouvement de la jeunesse, partie des lycéens, et qui s'est tendu aux étudiants, qui s'est même y compris étendu à un certain nombre de personnels. Et petit à petit, cette date, elle est devenue aussi une date de rebond de cette mobilisation. Et donc il y a eu, je pense, une agrégation des différentes colères qui se sont exprimées. Et ensuite, et c'est un débat qu'il est malheureusement impossible d'avoir sans doute sur les médias mainstream, à une forme de réponse du pouvoir qui est le déni, le mépris, la répression. On l'a vu très clairement sur le mouvement lycéen. C'est-à-dire la première chose qu'ils disent, c'est « il n'y a pas vraiment de mouvement, c'est la France insoumise qui tire les ficelles ». Après, on vous dit « si vous bloquez un établissement scolaire, on va débloquer par la force ». C'était la circulaire qui a été publiée par Nunez et le ministre de l'Éducation nationale. Alors que dans un mouvement lycéen, quand il y a un blocage, vous ouvrez le dialogue normalement. Là, on débloque par la force. Donc il y a eu cette tentative de « ça n'existe pas, le mouvement va le réprimer ». Et donc je pense que oui, cette colère, après, elle peut prendre des formes qui sont des formes qui vont au-delà de la simple mobilisation pacifique. Quand vous êtes dans un pays dans lequel, depuis maintenant plusieurs années, à chaque fois qu'il y a des gros rapports de force populaires, massifs, et je pense à la réforme des retraites en particulier, et vous avez une réponse du pouvoir qui est circulée, il n'y a rien à voir. Moi, j'ai toujours été clair sur ce sujet. Ma stratégie est la stratégie qu'on défend. Elle s'appuie sur des mobilisations non violentes. Mais je vous dis la vérité. Il y a des gens qui disent « Non, mais pourquoi ? Ça ne marche pas votre truc. Regardez, pendant les retraites, on était des millions de personnes dans la rue et on n'a pas gagné. » Donc, le gouvernement, je trouve qu'il a une responsabilité totale dans l'idée de dire « En fait, pour gagner des choses, il faut sortir de ce cadre-là. » Moi, je pense que c'est une erreur. J'ai déjà eu l'opportunité d'expliquer pourquoi. Mais je comprends qu'il y a des gens qui en arrivent à se dire que c'est ça qu'il faut faire.
En tout cas, là, on l'a vu, il y a un mot qui domine dans ce que je vous ai montré, c'est l'ultra-gauche. On n'est pas ici pour définir si c'était de l'ultra-gauche ou pas, mais j'aimerais savoir, vous, pourquoi c'est ? Qu'est-ce que c'est l'ultra-gauche
Je pense que personne n'est capable de répondre à cette question. C'est devenu une sorte de catégorie qui agrège. Quand vous interrogez des chercheurs, des spécialistes sur ce sujet, ils disent que c'est à la fois une partie de mouvements qui viennent plutôt de l'anarchie. Ils essayent de trouver une typologie, d'en construire une typologie. Quand c'est utilisé immédiativement, honnêtement, ils ne savent pas de quoi ils parlent. Et donc, on passe de ultra-gauche à extrême-gauche, à gauche radicale, à la France insoumise. Moi, ce que je peux dire, c'est qu'il y a toujours eu dans la gauche, je vais dire, deux ruptures. Dans les mouvements qui sont des mouvements qui visent pas seulement à accompagner le système, mais à le transformer radicalement, il y a toujours eu différentes stratégies.
vous, vous vous sentez d'ultra-gauche ?
Non, je ne me sens pas d'ultra-gauche. Je sais qu'il y a toujours eu différentes stratégies et que parmi ces stratégies, il y a des stratégies, c'est celles que nous on défend, qui considèrent que le changement radical de la société, il passe par la prise du pouvoir dans le cadre électoral et en s'appuyant sur des mobilisations populaires, des manifestations, des rapports de force, des grèves, etc. Et il y a d'autres courants politiques, moi là je ne suis pas pour dire c'est bien, c'est pas bien, je fais juste une présentation objective des faits, et il y a d'autres courants politiques qui eux considèrent que la stratégie de prise du pouvoir, ça doit en être une autre. C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, pendant, je fais une petite parenthèse, quand on avait classé la France insoumise à l'extrême gauche, j'avais dit, mais non, mais en fait, votre truc ne tient pas la route, parce qu'on a des stratégies qui sont des stratégies différentes.
Bon, là, je revenais sur les mots, mais parce que, en fait, comme vous le souvenez, il y a une méconnaissance totale de ce qu'est, justement, les franges autonomes et radicales de la gauche. L'ultra-gauche, en fait, ce sont des groupes extra-parlementaires, qui ne concernent pas les partis politiques ou les syndicats. J'aimerais aussi revenir sur... sur un autre aspect de cette couverture médiatique qui a été donc très largement marquée de racisme et de mépris de classe. Notre journaliste Mathéo Trabelsi a fait le décompte pour Arrêt sur image. Le week-end du 17 octobre, sur BFM, CNews, LCI et France Info, on a compté plus de 1000 fois au total les mots émeute, banlieue, racaille, voyou ou cité. Alors je vous propose qu'on écoute un montage sur la focalisation autour du mot racaille.
les ai eus en bas de chez moi, les jeunes qui cassaient des vitrines, des bandes de racailles qui sont là, masquées. C'était des black blocs, des racailles qui ont pété. Mais c'est vous, la racaille
! Une
délinquance que moi j'appellerais des racailles, des racailles avec ce vieux terme français qui est un terme ancien, c'était ce que l'on
raclait. Pour moi, c'est la convergence des racailles, des pilleurs, des voleurs, des anti-républicains, mais ça c'était à prévoir.
Le moteur principal des émeutiers, des factieux, de ces racailles, leur moteur principal, c'est la détestation de la France. Il ne faut évidemment pas laisser le pays à des racailles
et à des émeutiers. Ils sont toujours là à interpeller les derniers belligérants, les derniers voyous, les derniers casseurs, les derniers... Les derniers racailles. J'aime bien tirer ce terme parce que c'est ce que je pense de ces gens-là.
On a un problème avec les racailles de banlieue qui est lui-même un problème d'immigration de masse. Vous avez deux typologies d'étrangers. Vous avez les étrangers d'ultra-gauche et les étrangers d'ultra-racailles. Et je pense que les deux urgences, ce sont ces deux-là.
Envoyez vos vidéos des pillages et des agressions pour aider les enquêteurs à interpeller les voleurs et les racailles. La justice est
laxiste. Pas avec tout le monde, bien sûr, mais avec les racailles, les émeutiers, les casseurs, les pilleurs, elle est d'une indulgence coupable.
-ce que cette semaine on a franchi un cap
Sans doute, oui. Pas seulement dans les mots, parce que là, malheureusement, vous avez passé beaucoup d'extraits de CNews. Elle est en tête, mais
on le retrouve sur les autres chaînes. Oui,
vous avez raison. On a déjà entendu ce type de séquence et ce type de vocabulaire sur CNews. Mais puisque ici, on est focalisé, et c'est légitime, sur la question du traitement médiatique, moi, ce que je veux faire remarquer, c'est la distorsion absolue entre la réalité des faits... le traitement médiatique sur le sujet. C'est-à-dire que je ne rentre même pas dans les profils, etc. Quand vous regardez les comparutions immédiates, si on se met dans leur cadrage à eux, ils devraient appuyer leurs déclarations sur des éléments factuels. les éléments factuels, ne corroborent pas du tout le calendrier, la lecture, le traitement, le cadrage médiatique qui a été celui-là. Et donc on voit bien le glissement, c'est-à-dire racailles, banlieue, et on va aller jusqu'au bout du glissement, c'est-à-dire que derrière, ça veut dire jeune issu de l'immigration, et donc en gros, c'est pas mes mots. Mais le cadrage qui essaye d'installer l'extrême droite, en gros tout ça c'est de la faute de l'immigration, des descendants de l'immigration, des héritiers de l'immigration, etc. Or la vérité c'est que quand vous regardez les identités des personnes qui ont été arrêtées, alors est-ce qu'ils ont été arrêtés pour des bonnes ou des mauvaises raisons, ça c'est un débat, mais vous avez des profils qui sont des profils extrêmement différents et qui ne correspondent pas du tout au cadrage qui a été celui des chaînes d'information en continu et de CNews en particulier. Donc là normalement un média c'est quand même censé informer, pas désinformer.
Évidemment. Et CNews, on le sait, fait énormément de désinformation. Mais alors, pourquoi continuer d'y aller ? Je note quand même que Manon Aubry était sur le plateau de CNews il y a un mois. Donc ma question est la suivante. Pourquoi continuer d'aller sur ces plateaux qui font de l'appel à la haine
Honnêtement, c'est un vrai débat pas éthique, pas moral. C'est un débat tactique et stratégique. Et honnêtement, il existe chez nous. Et en l'occurrence, par exemple, sur CNews, la dernière discussion collective qu'on a eue, c'est que sur la matinale du matin, on ne s'y rendrait plus. Parce que pour l'instant, la doctrine qu'on avait définie, on va parler comme ça, c'était de dire on va sur les plateaux de cette chaîne uniquement quand on considère que le dispositif nous permet d'être libre de la parole qu'on peut tenir.
Donc pour clarifier, vous dites non à Pascal Praud mais oui à Laurence Ferrari.
On disait oui au matinal et on disait oui à l'émission du dimanche, c'est-à-dire les dispositifs dans lesquels vous avez un invité et des interviewers. Et on disait non. à tous les plateaux qui sont des pseudo-plateaux de débat, où on vous présente des éditorialistes qui sont tous, alors ici à Frontière, l'autre à Valeurs Actuelles, l'autre OJDD, donc en fait tous des militants d'extrême droite cachés. Donc ça, on avait dit non, parce que le dispositif ne nous permet pas d'exprimer librement nos idées. Mais après, le débat tactique, il est simple. Vous avez des gens qui écoutent cette chaîne. Est-ce que oui ou non, vous voulez essayer à un moment d'aller y mener la bataille idéologique ? Et là, avec ce qu'on a
entendu cette semaine, est-ce que votre position, elle a évolué vis-à-vis de ces news ?
Elle a déjà évolué avant, puisqu'on s'était dit, on considère que la dérive, y compris dans la matinale du matin sur laquelle on allait, moi-même je suis allé à plusieurs reprises l'année dernière, on considère que la dérive était trop forte pour qu'on soit libre, si vous voulez, de continuer à pouvoir présenter nos propres idées. En tout cas, les matinales du matin, oui. Honnêtement, c'est un débat qui n'est pas facile parce que initialement, quand c'était ITélé, quand ITélé a été racheté, il y a eu un mouvement dans la gauche qui était un mouvement de boycott. Mais le problème, c'est qu'une stratégie de boycott, elle vise à obtenir quelque chose. Et à l'époque, c'est parce qu'il y avait des salariés qui s'étaient mis en grève, il y a eu un mouvement de boycott pour appuyer ces salariés qui sont en grève. Le problème, c'est qu'une fois que la chaîne, elle est là... que les instances de régulation qui sont censées faire leur travail ne le font pas. Soit vous décidez de ne plus y aller, mais bon, ils continuent à diffuser. Soit vous essayez de vous insérer à l'intérieur pour passer des contre-messages et pour mener la contre-propagande. Voilà, on est toujours dans ce débat-là. Et pour l'instant, on a considéré qu'on a évolué légèrement de notre position, puisqu'y compris des matinales sur lesquelles on allait, on n'y va plus maintenant.
Mais c'est une vraie question qu'on veut vous poser à Ressurimage. C'est votre stratégie médiatique. Parce qu'on a entendu les semaines précédentes des communiqués pour dire que la France Insoumise ne se rendrait pas sur BFMTV. Vous y êtes revenu entre-temps. Est-ce que vous avez besoin d'eux
C'est toujours la question qu'on se pose, parce que là où vous avez raison, c'est que, évidemment, je ne mets pas toutes les chaînes d'info en continu sur le même plan, mais des arguments qui nous conduisent à dire qu'on ne va pas aller sur CNews peuvent nous conduire à dire qu'on ne va pas aller sur BFM TV ou sur d'autres chaînes, quand on écoute certaines émissions sur ces chaînes-là. Et c'est vrai qu'on a beaucoup travaillé pour faire émerger des médias alternatifs. Après, la question c'est de savoir est-ce qu'on considère que ces médias-là fabriquent et forgent encore des opinions ou pas ? Mon ressenti, notre ressenti collectif, c'est que c'est toujours un peu le cas et que c'est bien d'aller y mener des éléments de contre-récit. Et puis surtout, que... on peut aussi les prendre à leur propre piège parce que les séquences qu'on va construire sur ces plateaux-là et sur ces chaînes d'info-là, ça va être aussi des outils à promouvoir sur l'espace d'information alternatif. qui vont être les réseaux sociaux, les chaînes YouTube, etc. Moi, aujourd'hui, quand je vais dans une émission sur une chaîne d'information continue, je prends mon cas, mais c'est encore plus le cas pour d'autres, j'ai plus de vues sur mes propres réseaux de cette émission-là que sur la chaîne elle-même. Bien sûr que vous y
trouvez un intérêt politique, mais derrière tout ça, c'est aussi adhérer à être sur un plateau où on va faire de l'injure raciste, où on va faire des appels à la haine.
Moi, je n'y trouve pas. La question, c'est la manière avec laquelle vous y allez. Si vous y allez pour dénoncer ce qui s'y passe, personne ne pense qu'en vous voyant sur le plateau, vous adhérez aux éléments et aux choses qui s'y disent. C'est toujours pareil. Soit vous n'y allez pas du tout, mais en attendant, ça veut dire que vous ne menez pas de contre-offensive non plus. Et donc le débat, c'est est-ce que dans tous les espaces de confrontation idéologique, il faut aller mener la bataille ou pas ? C'est ça le débat qui est mené. Franchement, je reconnais qu'il y a des arguments sur les deux stratégies. Et nous, on n'a pas une stratégie qui est figée fermement et définitivement. Mais si vous allez plus sur l'un, plus sur l'autre, plus sur l'un, plus sur l'autre, honnêtement, avec ces critères-là, assez vite, on disparaît de l'ensemble des médias dominants. Or, il y a encore des gens, moins qu'avant sans doute, qui s'informent à travers les médias dominants. Et que moi, j'ai aussi envie que les points de vue qu'on défend, ils puissent s'exprimer aussi dans ces espaces-là.
Mais il y a quand même une interdépendance. Jean-Luc Mélenchon a quand même choisi le 20h de TF1 pour annoncer sa candidature aussi.
Oui, bien sûr, c'est pour ça que je vous dis, je pense qu'à la fois les médias alternatifs, ils ont progressé. Il y a plus d'impact aujourd'hui que c'était encore le cas il y a 10, 15, 20 ans. Mais bien sûr qu'il y a encore, y compris des différences, il y a des études là-dessus, générationnelles, dans les habitudes. Et donc, si vous voulez parler à tout le monde dans le cadre d'une élection présidentielle... Mais vous pensez que vous voulez
toucher les spectateurs de CNews
tout cas, ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a des gens qui viennent parfois à notre rencontre et qui nous disent « je vous ai vu sur telle chaîne, telle chaîne, telle chaîne et merci de nous y représenter et de porter notre parole ». Peut-être qu'ils auraient été convaincus par un autre biais, mais parfois, il y a peut-être aussi des idées reçues. Moi, par exemple… Ça m'est arrivé d'aller dans des cafés dans la circonscription qui est la mienne, où je peux vous dire que dans le café, il n'y avait pas beaucoup d'électeurs de l'extrême droite, mais ce qui passait à la télévision, c'était CNews.
En tout cas, pour préciser que ce racisme que je vous ai montré sur CNews majoritairement, en fait, on le retrouve là cette semaine, même dans la presse écrite. Je voudrais vous montrer un article du Figaro. Figaro, qui est bien sûr connu pour sa ligne éditoriale de droite, mais aussi pour une certaine forme de rigueur, écrivait donc un article. semaine. Je cite la première phrase de l'article qui n'est pas un édito. Plusieurs milliers d'activistes d'ultra-gauche rejoints en fin de journée par la racaille des cités ont mis samedi le pays à feu et à sang. Dans la recherche des coupables, les chaînes d'information, elles ont vite trouvé leur fautif. Les discours qu'on a entendus jusque-là ont mené certains à tisser directement des liens avec la France insoumise. J'aimerais vous montrer un montage à ce sujet.
pense que l'ultra-gauche qui bénéficie d'une mensuétude inouïe des pouvoirs publics depuis très longtemps est le cancer de notre démocratie et que cette mouvance violente est devenue le bras armé de la France insoumise. La France insoumise, aujourd'hui, elle a la responsabilité de ce qui s'est passé.
3. Engager la responsabilité politique, mais pénale aussi, de Jean-Luc Mélenchon, de Balili Bagayoko, de la France Insoumise. Je rappelle que l'un d'entre eux a quand même déclaré que la violence pouvait être légitime. Je pense que si on est arrivé là, c'est parce qu'il y a cette
violence d'atmosphère entretenue par l'ultra-gauche qui avait annoncé la couleur. Je rappelle, puisque Mélenchon avait dit, je cite, il y a un pays en état d'exaspération, les gilets jaunes, c'est presque gentil à côté de ce qui vous attend. Donc il y a cette culture de la violence à gauche.
J'ai découvert que depuis une semaine, il y a l'ultra-gauche. L'ultra-gauche, à Béziers-Jénie, c'est des militants de la France insoumise. C'est un parti qui existe, alors on va parler de ce parti, qui a un leader, qui ramène, quoi, il a plus de 20% des voix maintenant. Mais vous pensez que ce sont ces troupes sur le terrain
qui cassent, qui pillent,
qui volent ? Non, mais c'est eux qui
bénissent ça. C'est eux qui donnent le la. Il y avait l'ultra-gauche, c'est-à-dire les amis de Mélenchon, parce que quand on dit, ah oui, mais la France insoumise, c'est pas l'ultra-gauche.
Ils sont copains comme cochons. Ce qu'on a vu hier, ce ne sont pas des manifestations, ce ne sont pas des émeutes, ce ne sont même pas des scènes de pillage. C'est le premier acte d'une guerre civile entre la France et l'anti-France. L'anti-France, c'est LFI et c'est Proxy, c'est-à-dire les pillards, les Black Blocs, les quartiers islamisés et une bonne partie de l'espace médiathéco-intellectuel.
entendra beaucoup de discours. Là, vous avez les suivants, mais on entendra aussi Yuan Usai qui parle de manipulation, de collaboration, Bernard-Henri Lévy qui parle de profiteur de troubles, voire carrément des insultes. Comment vous réagissez, vous, à tous ces discours, ces accusations
pense qu'elles montrent quand même la gravité du moment, parce que quand on essaie d'avoir un petit peu de recul historique... Ce type de terminologie, ce type de vocabulaire qu'on a entendu anti-France, collaboration, etc., ça renvoie à d'autres périodes de l'histoire. Ça, c'est certain. Après, honnêtement, quand je les entends parler, j'hésite entre la bêtise, la malhonnêteté, ça peut être les deux, et évidemment la tactique politique. Parce que franchement... Quand vous connaissez les rapports, les relations qui existent à gauche entre les différentes stratégies dont je parlais tout à l'heure, et la manière avec laquelle, et je le respecte, chacun a le droit d'avoir son point de vue, pour certains, la France soumise. Pour certaines personnes qui gravitent, on va dire, dans ce type de courant politique, la France insoumise apparaît plutôt comme un parti bourgeois ou un adversaire de... On y reviendra. C'est juste ridicule, en fait. C'est juste absolument absurde. Et il y a aussi beaucoup de malhonnêteté. Quand la citation de Bali Bagayoko, elle est utilisée à foison, découpée, sortie de son contexte, visant en quelque sorte à essayer de la mettre en relation. Et même dans la séquence... Peut-être qu'on peut juste
préciser cette séquence pour les personnes qui n'ont pas suivi. C'était la... la phrase décontextualisée de Bali Bagayoko sur un... un échange avec les élèves. Elle a été reprise en continu sur les plateaux télé sans contexte. Donc la phrase était « La violence, à un moment donné, peut être légitime », mais en réalité, le maire de Saint-Denis ajoutait que cette violence doit être évitée en toutes circonstances. Et en fait, justement, je voulais vous demander, en tant qu'élu LFI, vous êtes ciblé très régulièrement, quel est le niveau d'autocensure et de vigilance aux moindres propos pour éviter ce genre de polémique ?
Honnêtement, le niveau de vigilance, c'est de réfléchir. à chaque fois que vous prononcez une phrase sur un sujet, pas seulement si elle est juste ou pas votre phrase, pas seulement si elle est bien équilibrée ou pas votre phrase, mais s'il est possible de découper à l'intérieur de votre phrase une partie de la phrase qu'on va pouvoir extraire pour ensuite faire un bandeau d'une chaîne d'information en oubliant le reste de la phrase. Moi je vous promets que dans chacune de mes réponses je suis obligé de penser au moment où je parle de savoir si ma phrase isolée du reste des autres mots qui ont eu lieu avant ou qu'ils sont après, ne va pas servir à une campagne de calomnie contre nous. Je veux dire, on en est arrivé, on en est arrivé là. De la même manière. Mais je discutais de ça, vous savez, quand vous allez répondre à une matinale, après vous discutez avec les journalistes, etc. Mais je suis estomaqué du fait que dorénavant, on prend des métaphores ou des comparaisons. J'ai entendu, on m'a quand même posé la question de savoir si qu'en Mélenchon dit abatter la citadelle, est-ce que ce n'est pas un appel à la violence ? C'est-à-dire que vous n'avez plus le droit aux métaphores, vous n'avez plus le droit aux comparaisons. C'est pour ça que je vous dis qu'il y a une interrogation en moi de savoir si c'est de la bêtise. si c'est de la malhonnêteté, c'est évidemment de la volonté de nuire politiquement, il n'y a pas de sujet. Mais quand c'est répété par des journalistes qui travaillent dans ces chaînes d'information-là, honnêtement, je n'exclus pas totalement l'argument, l'élément ou le côté bêtise. Je pense qu'il existe aussi. En
tout cas, quand même, pour revenir sur le fait que LFI est finalement l'acteur... prédominant dans ce mouvement, en tout cas celui qu'on ramène constamment LFI sur la table. J'aimerais savoir comment vous pouvez garantir qu'à force de centrer les débats autour de LFI, on n'oublie pas les jeunes et leurs revendications ?
Bah, le garantir, c'est pas moi qui suis responsable des cadrages médiatiques des chaînes d'information en continu. Bien sûr, mais quand même, comment vous pouvez garantir le fait qu'on reste
au cœur de leurs paroles, de leurs revendications ? Moi,
le seul truc que je peux vous dire, c'est que c'est notre travail à nous de faire en sorte que... La focalisation exclusive que nos adversaires veulent mettre sur la France Insoumise se retourne contre eux en utilisant cette focalisation pour à chaque fois en profiter pour aborder les revendications lycéennes et étudiantes. Là, je rentre d'un rendez-vous qui avait lieu à Matignon. à l'appel du Premier ministre, nous on y est allé en utilisant le fait qu'il y avait une focalisation sur nous pour amener la question de l'abrogation de Parcoursup, la question des 10 milliards d'euros qui sont nécessaires pour rénover notre système d'éducation, la question du blocage des prix, la question de l'augmentation des salaires. Je veux dire, comme dans tout, je vais essayer de résumer mon propos en vous disant De toute façon, nous n'aurons pas le soutien des grands milliardaires qui détiennent les médias. On ne les aura jamais. Donc, évidemment qu'il faut faire émerger une sphère médiatique alternative. Et moi, à chaque fois que je peux aider, appuyer, soutenir, je le fais. Évidemment qu'il faut travailler et utiliser les espaces de réseaux sociaux par nos propres moyens de communication, je le fais. Mais après, dans l'espace médiatique traditionnel. À nous d'utiliser, de faire des effets de levier, des effets de judo, et à nous d'utiliser leur énergie qu'ils essayent de propulser contre nous pour la retourner contre eux. Quel levier,
par exemple, pour ramener la parole des jeunes au cœur du débat, quand on vous ramène sur la France insoumise serait actrice et coupable de ce chaos politique ?
Le fait que, je veux dire, s'ils n'invitaient pas la France insoumise, ils n'inviteraient pas davantage les lycéens ou les étudiants. Quand ils invitent la France insoumise, ça permet à la France insoumise de... visibiliser les revendications, qui sont les revendications lycéennes aux étudiants.
Revendications ou violences policières, d'ailleurs. J'aimerais qu'on revienne sur un extrait où vous étiez sur LCI il y a deux semaines et vous avez ramené vos images. On regarde.
C'est précisément parce que je pense qu'on ne peut pas s'habituer à l'idée d'avoir un rapport entre la population et la police, qui soit un rapport de ce type-là, qu'il faut essayer de faire en sorte que cette police soit une police exemplaire et qu'on travaille plutôt à rapprocher les liens qu'il peut y avoir entre la population et la police. Vous avez montré cette image, j'ai dit à quel point je la trouvais évidemment inacceptable. Mais il y a d'autres images que vous n'avez pas montrées, que vous n'avez pas montrées toute la journée. Parce que vous dites que vous montrez toutes les images, mais ce n'est pas vrai. Une jeune lycéenne se fait attraper par le tout comme ça alors qu'elle a 14 ans. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera
aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On la montrera aussi. On
la montrera aussi. Peut-être que ça aussi, vous pouvez le condamner. Moi, je n'ai pas de problème à dire que la violence, il faut la condamner, mais il faut la condamner de
toute part. Juste pour notre objectivité, chacun défend sa boutique. Je défends l'idée que je me
fais de la
France. Monsieur, permettez-moi de défendre notre objectivité. Nous avons montré ces images et nous avons mentionné notamment qu'il y avait une enquête de police sur le cas du tir de la primogène. Il n'y a pas besoin qu'il y ait une enquête de police pour dire que c'est inacceptable. On l'a montré et qu'il y avait une enquête de police aussi sur le cas de tir de LBD sur l'œil. Écoutez, monsieur Rochebin, tous
les téléspectateurs jugeront la manière avec laquelle vous avez montré ces images sur votre antenne.
Alors, nous, à Ressurimage, on passe des heures à analyser justement ces images. Effectivement, les violences policières étaient mineures, contrairement aux feux de poubelle. Elles existaient parfois. Darius Rochebin, là, dans cette séquence, vous dit que chacun défend sa boutique. Concrètement, c'est quoi, ses boutiques ?
Je crois que quand lui dit ça, il voulait dire qu'il allait défendre sa chaîne. Et c'est pourquoi je lui ai répondu, mais moi je ne suis pas en train de défendre une boutique, je suis en train de défendre des idées politiques, une idée que je me fais de mon pays. Mais ce que je trouve marquant dans cette séquence, c'est d'abord... quand même à quel point immédiatement il essaye de couper la séquence, c'est-à-dire je montre une première image et honnêtement si je reste pas focus en montrant la deuxième image, en montrant la troisième image, en gros le sentiment que ça donne, je sais pas si c'était son objectif, sa volonté, je vais même pas faire de procès d'intention, mais le sentiment que ça donne quand vous recoutez l'extrait c'est... Allez vite, on passe à autre chose. Ok, c'est bon, tu as montré ta photo. Mais ça
ne concerne pas que vous d'ailleurs. Toutes les autres personnes qui amènent le sujet sur la table. Les lycéens eux-mêmes par exemple, quand ils parlent des violences policières, c'est peu considéré. Donc ça, c'est le premier truc
qui m'a un peu marqué. Et ce deuxième truc, c'est de ne pas être capable de se remettre en cause, de s'interroger et de reconnaître que le traitement... Peut-être qu'une fois, ils ont passé une image sur le sujet. Mais en fait, la question, ce n'est pas est-ce que vous les avez déjà passées une fois ? C'est la question de l'équilibre général au cours de la journée entre les images... Alors là, c'était avant le 17 octobre. Mais entre les images de... Il y avait un lycée qui avait brûlé à Nantes, les images ou les prises d'opposition des revendications des lycéennes et des lycéens, ou les images de violences policières. Et honnêtement, sur l'équilibre, vous avez peut-être vu que sur les journaux télévisés du service public, par exemple, il y avait ce chiffre de 87% du temps d'antenne qui avait été consacré. C'est dans l'Opérience France
2, c'est nos confrères d'Akrimed qui ont réalisé ce travail. J'aimerais que vous parlez d'une enquête qui est venue directement percuter ce cadrage médiatique. C'est l'article de Mediapart, publié lundi. L'enquête est intitulée... On nous demande d'écrire que LFI est derrière le mouvement, autour du 17 octobre, la fabrique d'un bouc émissaire, et on y lit à l'intérieur des échanges datés du 18 octobre, écrits par un commissaire du renseignement territorial, je le cite. Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement, alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux, forcément, on a des décisions politiques. Manuel Bompard, vous avez dénoncé un scandale d'État et annoncé saisir la Cour de justice de la République contre Laurent Lemiez. On va voir comment cette enquête sur les plateaux a résonné ou non. On écoute justement Nathalie Saint-Cricq qui réagissait à la présentation de l'enquête par David Perrotin, journaliste à Mediapart.
Ce que vous décrivez, c'est une extrapolation en fait, c'est-à-dire de considérer, comme il y a eu LFI qui était présent dans un certain nombre de manifestations et qui ont au début été relativement incitatifs avec les lycéens, c'est qu'on considère qu'ils sont les seuls responsables de ça. Mais vous ne niez pas le fait qu'il y ait une façon de voir avec bienveillance le mouvement de la part de LFI. Et ça, on l'a vu tous, c'est un secret de pollutionnelle. On a vu sur les blocages, sur les barrages, on a vu régulièrement même des gens avec leur écharpe, des gens dirent que parfois la violence était nécessaire. Donc, ce n'est pas quelque chose qui est spécialement, comment dire, une bombe en termes de révélation. Là, la question est
vraiment, elle est circonscrite. C'est la responsabilité des violences du 17 et du 18. Ce commissaire de renseignement dit qu'on lui demande de désigner LFI. On
sait bien qu'il y a une forme de porosité parfois. Regardez la présence de Raphaël Arnaud dans le groupe de la France Insoumise. Il y a de la porosité entre l'ultra-gauche et LFI parfois.
qu'est-ce qui vous marque dans cet extrait ?
Ce qui me marque, c'est la manière d'essayer de relativiser absolument les révélations de Mediapart et le relais, honnêtement, pardon, je vais être clair, la répétition quasiment au mot près des éléments de langage qui sont les éléments de langage du gouvernement contre la France insoumise. Elle évoque le cas de Raphaël Arnaud. Je ne sais pas quand a été tournée cette émission, je crois que c'était mardi soir, de mémoire. L'après-midi même, aux questions au gouvernement. Et la veille déjà, le Premier ministre Lecornu a utilisé précisément l'exemple de Raphaël Arnaud pour faire le lien entre soi-disant l'ultra-gauche, qui est là aussi ne rien comprendre à ce qu'est le mouvement antifasciste, et y compris ses différentes ramifications, et la France Insoumise. Donc là, honnêtement, on n'est plus sur du journalisme, on est sur du... ou du journalisme de préfecture, comme on dit. C'est-à-dire qu'on répète les éléments de langage qui sont les éléments de langage du pouvoir. Donc ça, c'est la première chose. Et puis la deuxième chose, pardon, c'est la bêtise absolue de l'argument. C'est-à-dire que l'enquête ne vise pas à démontrer que la France Insoumise ne soutient pas le mouvement. Et la réponse de Madame Saint-Cricq, c'est « Mais pourtant, la France insoumise, vous n'ayez pas qu'elle soutient le mouvement. » Mais en fait, la France insoumise, elle n'a pas caché son soutien au mouvement. Ses députés ne sont pas allés de manière clandestine devant les lycées. Ils y sont allés avec des écharpes, ils ont fait des tweets, ils ont montré qu'ils étaient là. Donc la question qui est posée par cette enquête, c'est pas « Est-ce que la France insoumise soutient le mouvement ou pas ? » La question qui est posée par cette enquête, c'est « Est-ce que oui ou non, il y a de la part du pouvoir une utilisation des services de renseignement pour leur faire dire autre chose que ce qu'ils observent sur le terrain ? » C'est ça la question.
Vous étiez sur le plateau de BFM TV et vous avez annoncé que vous demanderiez des excuses auprès de Sébastien Lecornu. Vous étiez cet après-midi. Est-ce que vous les avez reçus ? Comment ça s'est passé ?
Non, j'ai posé la question. Puisque dans son rapport introductif, le Premier ministre a dit, il ne faut pas confondre le gouvernement et l'État. Qui visait à dire, en gros, l'État est en présence des différents dirigeants de la police. Il y a eu le directeur général de la police nationale, le directeur général de la gendarmerie nationale. qui faisait dire qu'il y a ce qui est de l'ordre de la polémique politique et ce qui est de l'ordre du service de l'État, de la nécessité ou de l'obligation de l'État à garantir les libertés constitutionnelles, le droit et la tranquillité publique, etc. Je lui ai dit, monsieur le Premier ministre, puisque vous nous appelez à ne pas confondre le gouvernement et l'État, je vous appelle à ne pas confondre le gouvernement et l'État. Et donc à ne pas utiliser les services de l'État pour mener une polémique politique contre la France insomnie. Et il m'a répondu qu'il contestait les révélations de Mediapart. Il m'a regardé, il m'a dit les yeux dans les yeux, et c'est à quoi je lui ai répondu que je ne le croyais pas. Voilà ce qui s'est passé sur ce point-là. Donc il conteste, il nie, il ne donne pas plus d'arguments que ça d'ailleurs. Et contrairement à ce que dit Mme Sincry, qui dit que ce n'est pas une bombe, si, c'est une bombe. Si, effectivement, moi, après, je ne suis pas journaliste à Mediapart, mais je crois que si Mediapart publie cet article, c'est qu'ils ont des sources vérifiées. Je disais en souriant un peu, même si ce n'est pas drôle, que M. Le Coranu, en contestant les révélations de Mediapart, rejoignait un peu la défense de M. Bardella. Ce qui montrait quand même une forme de convergence aussi dans le rapport à la vérité des macronistes et des lepénistes. Mais si ces éléments sont vérifiés, c'est une bombe. Vous avez une consigne politique donnée à des services de renseignement pour leur faire écrire quelque chose de différent. Je veux dire, dans n'importe quelle démocratie digne de ce nom, si ces faits-là sont vérifiés, c'est un scandale d'État, c'est le départ de ceux qui ont donné les consignes. Ça me paraît être une évidence.
Vous parlez de démocratie, justement, vous me tendez une perche pour une transition puisque cette diabolisation, de toute manière, elle est déjà en route en quête de Mediapart ou non. Et donc cette tentative d'inversion accusatoire qu'on peut dire justement grâce à l'enquête de Mediapart. à mener directement à des discours sur l'interdiction de LFI. On regarde.
a un parti qui est fasciné par la violence. On a un parti qui appelle à la sédition. Et même, on a un parti qui essaie d'organiser l'insurrection. Ce qui se passe là, écoutez-moi bien. Ce qui se passe aujourd'hui devant les lycées, c'est la répétition générale de ce qui pourrait se passer en 2027 si Mme Le Pen gagnait. Ils organiseraient une interruption dans le pays. Je pense aujourd'hui qu'il y a une question qui se pose.
Laquelle
'est la question de l'interdiction. Il faut
absolument, Brune Retailleau l'a demandé, il avait raison de le faire, dissoudre la France insoumise maintenant. Parce que la France insoumise, on a le droit d'être un parti politique d'extrême-gauche, c'est pas du tout un problème, mais on n'a pas le droit de pactiser avec la violence, on n'a pas le droit de justifier le crime, la destruction, la sauvagerie, on n'a pas le droit... de légitimer le fait qu'on s'en prenne à des policiers et à des gendarmes si on prétend être une formation politique démocratique.
Et puis il y a aussi, Guillaume Daré, cette sortie de Gérard Larcher dans les colonnes du Figaro qui a attiré notre attention ce matin. La question de l'interdiction de la France insoumise peut être posée. C'est très fort, dit le président du Sénat.
C'est fort, effectivement, du président du Sénat. On n'est pas habitué à ça avec Gérard Larcher. Il précise, effectivement, et il juge que les filles tiennent une grande part dans le discours de Hun et qu'effectivement, cette question peut être posée.
Est-ce que c'est quelque chose que vous prenez au sérieux
Évidemment, on ne peut pas ne pas prendre au sérieux quand on voit depuis plusieurs mois. Ce n'est pas juste ces déclarations-là, c'est une accumulation. Quand vous avez certains de vos députés dont on apprend dans la presse qu'ils ont été surveillés, c'était le cas de Rima Hassan, pendant des mois et des mois, qu'on a tracé l'ensemble de ces déplacements. Quand vous avez Raphaël Arnaud, qu'on essaye d'amener une convocation à la gare de Lyon, comme si on ne pouvait pas trouver l'adresse de Raphaël Arnaud, qui est député à l'Assemblée nationale, qui siège chaque semaine au même endroit. Quand on voit comment, petit à petit, il y a des moyens, manifestement, de police qui sont utilisés contre la France Insoumise pour la réprimer. évidemment qu'on prend ça au sérieux. On voit bien, et d'ailleurs on voit bien comment par glissement, certains arrivent ou viennent à poser cette question-là. Après, je dis aussi quand même que je vois bien que c'est aussi un... vous voulez, dans le débat à droite aujourd'hui, entre la droite et l'extrême droite, il y a cette idée, à mon avis fausse d'ailleurs, d'un point de vue tactique, mais je ne suis pas là pour leur donner des conseils. que être celui qui va donner l'impression d'être le plus vigoureux contre la France insoumise, qui va utiliser les mots les plus choquants contre la France insoumise, et celui qui va apparaître comme étant le plus sérieux, etc. Juste pour clarifier
ce glissement, pour les personnes qui n'ont pas toutes les informations, c'est quand même une idée qui ne date pas de cette semaine. Elle fait d'ailleurs le bonheur de sites d'extrême droite réactionnaire. Je vais vous montrer notamment l'exemple de Boulevard Voltaire. Voilà, votre avis, faut-il dissoudre LFI ? Atlantico, encore une fois interdire LFI pour sédition, ou bien le JDD, mais aussi avec Philippe Devilliers, ou bien un autre de Causeur. Et là, si on remarque sur LFI, une seule solution, la dissolution, c'est un article qui date de 2024, parce que oui, donc l'idée n'est pas nouvelle. En octobre 2023 déjà, Stéphane Lerudulier, donc sénateur Les Républicains, lançait une pétition pour la dissolution de la France insoumise. En mai 2024, c'est Éric Ciotti qui posait la question suite à l'instrumentalisation de la situation à Gaza. Ensuite, en octobre 2025, le député EPR Charles Rodwell amenait l'idée sur Europe 1, accusant Jean-Luc Mélenchon de soutenir l'antisémitisme. Retour de la question en ce début d'année avec Bruno Retailleau qui suggère à son tour la dissolution de LFI. Une campagne de consultation a d'ailleurs été menée avec pour question, je cite, êtes-vous favorable comme Bruno Retailleau à l'interdiction de LFI ? Votez et partagez massivement, pouvait-on lire sur le compte X du candidat ? page aujourd'hui inaccessible.
Et nous
voilà au lendemain du 17 octobre avec le président du Sénat maintenant, Gérard Larcher, qui soutient que la question peut être posée. Donc, vous dites que vous prenez au sérieux cette menace. Est-ce qu'elle vous fait peur ?
Je la prends au sérieux parce que je vois bien que c'est parti de se faire médias d'extrême droite et que petit à petit, certains essayent de l'importer dans le champ politique. Et je ne peux pas sous-estimer le fait que... Retailleur, ça fait longtemps, ça fait plusieurs mois qu'il dit ça. Mais le fait que Gérard Larcher reprenne ça, quel que soit ce qu'on pense de Gérard Larcher, c'est le président du Sénat. Le président du Sénat, c'est le deuxième personnage de l'État. S'il devait arriver, je ne sais quoi, M. Macron qui s'en va, c'est M. Larcher qui devient président du pays par intérim. Que lui cède à ce qui est, il faut le dire franchement, c'est une fascisation d'une partie du champ politique français, et ce qui est très sidérant dans les différentes citations que vous avez lues. c'est que ça va jusqu'aux macronistes, c'est-à-dire l'extrême droite, c'est peut-être ceux d'ailleurs qui pour l'instant défendent le moins fortement cette proposition-là, mais c'est aussi les Républicains, c'est Horizon, c'est des gens qui participent du parti de Gabriel Attal. Est-ce que ça me fait peur ? Moi, vous savez, je n'ai pas envie de faire de la politique avec la peur. Je pense que la France insoumise, elle est sous la protection populaire, qu'elle est soutenue par des centaines de milliers de personnes en France. Et que s'ils devaient essayer d'utiliser ce type de levier pour essayer de nous empêcher de le faire, je pense qu'ils auraient du mal à le justifier et qu'ils s'opposeraient à une opposition, à une résistance qui serait très importante. Mais je dis la vérité, la seule protection dont on dispose, c'est celle-là. C'est la protection populaire. Et d'ailleurs, j'observe que depuis que là, par exemple, cette semaine, qu'ils ont re... parce que ce n'est pas la première fois qu'il y a une charge d'une violence absolue contre la France insoumise, à chaque fois, ça produit des effets. qui sont des effets de regroupement autour de nous. Ils l'ont fait après la mort de Quentin Deranc à Lyon, où ils ont tenté de nous charger de manière extrêmement puissante. Ça a produit, au contraire, un mouvement qui est un mouvement avec plein de gens qui se sont dit « s'ils les attaquent comme ça, on va venir les aider ». Et là, c'est pareil. Moi, je vous dis, depuis samedi, le nombre de soutiens sur la plateforme Mélenchon2027.fr, qui en gros... Tous ceux qui veulent participer de la campagne, etc., repartient en flèche. On était hier à 5 000 par jour. Là, on doit être à 3 000 ou 4 000 par jour. En tout cas,
ce qui est sûr, c'est qu'interdire... LFI, peu importe où on se situe politiquement, c'est quand même une idée qui devrait inquiéter beaucoup de monde sur interdire un parti. Et en fait, justement, c'est une parole qu'on voit là, autorisée sur les plateaux. Et justement, j'aimerais venir un peu dans un second temps de cette émission sur les paroles qui aujourd'hui à la télévision sont autorisées ou non. Et on va en écouter une première.
êtes tous surpris, vous ne comprenez pas, qu'est-ce qui se passe ? Il y a des méchants, il y a des voyous, il y a des pilleurs et tout ça, mais c'est aussi certainement le résultat d'une société qui est profondément injuste, où il y a une sous-estimation. Du ras-le-bol, une sous-estimation de la colère, une sous-estimation même de la misère, de la souffrance sociale. Et là, ça pète. Il y a un moment donné, il y a une envie de relever la tête, de se battre. Et moi, je suis un des manifestants. Je ne sais pas s'il y a beaucoup de manifestants, peut-être toi. Je suis en doute, même toi. En fait, c'est des super moments. C'est des moments de démocratie directe. C'est des moments enthousiasmants. On est dans la rue, on exprime notre ras-le-bol. Mais ces images-là
que je montre, vous n'en voulez pas. Vous appelez au calme.
Non, je n'appelle pas du tout au calme. J'appelle à la lutte, à la mobilisation, la différence qu'il y a. c'est qu'en fait nous ce qu'on aimerait bien, nous militants révolutionnaires, nous militants anticapitalistes, et avec d'autres militants de la gauche radicale, c'est de faire en sorte que ce mouvement-là s'organise, que ce mouvement-là s'étende.
Donc là, on a entendu Philippe Poutou sur LCI. François-Xavier Bellamy, juste ensuite, donc député européen LR, lui rétorque qu'il devrait aller en prison. Une question, est-ce que vous pourriez rejoindre M. Poutou sur déjà le plan de la pensée politique et est-ce que vous pourriez vous le permettre
dire la même chose que ce qu'il vient de dire là ? Là, oui, je pense que dans l'extrait de ce qui vient d'indiquer, dire qu'il y a une exaspération dans le pays... Et
de ne pas appeler au calme.
Oui, mais en fait, le problème de cette injonction à l'appel au calme, c'est qu'elle porte en elle-même plusieurs sens et volontairement. C'est-à-dire que quand on vous pose cette question, c'est une question qui est orientée idéologiquement. C'est-à-dire qu'en fait, si vous dites oui... Ça veut dire que vous appelez à ce que tout le monde rentre à la maison, qu'il n'y ait plus de manifestation, qu'il n'y ait plus de mobilisation, qu'il n'y ait plus de contestation du pouvoir. C'est vraiment l'objectif de cette question, c'est qu'elle contient en elle-même plusieurs significations. Bien sûr, mais
là par exemple, vous me répondez un oui timide. Non, je ne vous réponds pas un oui timide. Mais sur les plateaux d'informations en continu, vous ne dites pas ça. Quand on vous demande de condamner les violences, vous dites oui. Non, on ne m
'a pas posé la question sur l'appel au calme. Peut-être que je ne suis pas d'accord, d'ailleurs, sur tout ce que dit Philippe Poutou, sans doute. Mais là, en l'occurrence, sur cet extrait-là, il n'y a rien que je trouve problématique ou que je ne défendrai pas moi-même. Après, quand Philippe Poutou dit, nous, ce à quoi on appelle, c'est à ce que ce mouvement s'organise. Moi, c'est ce que je défends aussi, et s'organiser de mon point de vue. Mais ça, après, c'est moi la stratégie que j'appuie et que je soutiens. C'est essayer de l'élargir, c'est-à-dire de le rendre de plus en plus massif. Et nous, ce qu'on pense, c'est qu'une situation qui est une situation de violence, plutôt que d'aider au renforcement du mouvement, elle risque de le réduire parce qu'elle crée de la peur, parce qu'elle facilite la répression. Voilà, c'est ça le débat qu'on peut avoir. Mais je refuse de l'avoir par le cadrage des questions des journalistes.
Justement, je n'ai pas calculé le nombre de fois où on vous a demandé de condamner les violences, vous répondez que vous les condamnez. Mais pourquoi vous ne refusez pas ? Pourquoi vous ne dites pas non ?
Non, je n'ai pas dit que je les condamnais. J'ai dit que j'appelais à des mobilisations non violentes et pacifiques.
Moi, je n'utilise
pas ce terme parce que je le trouve insupportable. Moi, j'appelle, vous pouvez retrouver toutes mes dernières déclarations, moi, j'appelle à des mobilisations qui sont des mobilisations non violentes et pacifiques. Oui, bien sûr, mais
pour
clore le débat, en général, les élus et les filles disent,
oui, très bien, on accepte le cadrage pour ensuite développer vos arguments. Non, je n'accepte
pas le cadrage. Non, précisément, je n'accepte pas le cadrage parce que je n'accepte pas le mot, parce que je n'accepte pas cette expression, parce que je vois bien qu'elle porte une vision et une idée politique. Après, peut-être que je ne dirai pas... Mais
justement... Ah honnêtement, pardon, je ne sais pas, on n'a pas les extrêmes. Non, mais j'entends, c'est que la plupart du temps, ce n'est pas un oui franc, mais quand on vous demande de condamner les violences, vous allez dans ce sens-là, vous l'avez dit d'ailleurs, mais oui, je l'ai déjà fait plein de fois et je peux le refaire sur vos plateaux.
Des appels à des mobilisations pacifiques et non-violentes. Voilà. terminologie que nous, on n'utilise pas la leur.
Mais derrière, par exemple, ces phrases, vous appelez aussi à une révolution sociale dans la révolution sociale. C'est...
Révolution citoyenne.
Révolution citoyenne, pardon. Mais est-ce que ce n'est pas inévitable, voire quelque part nécessaire d'avoir de la violence qui n'est pas pacifique
Moi, je pense que pour que la révolution citoyenne puisse voir le jour, il y a besoin d'avoir un rapport de force et que ce rapport de force, il se construit par un élargissement numérique de la mobilisation, par une participation massive et je considère au contraire que les stratégies qui s'appuient sur l'idée qu'un petit groupe... en utilisant des méthodes qui sont d'autres méthodes que celles du rapport de force construit sur la masse, à mon avis, est une stratégie qui conduit à l'échec. Je ne la juge pas d'un point de vue moral, ce n'est pas mon débat. Je la juge, ou en tout cas j'ai un point de vue qui est du point de vue de l'efficacité de cette méthode. Et si on défend ce point de vue du point de vue de l'efficacité de cette méthode, c'est... pas sur la base d'un parti pris ou sur la base d'une idée reçue, c'est sur la base d'une expérience historique, du fait que quand vous commencez à installer le débat sur un autre terrain que celui du rapport de force, du blocage, de la grève, en fait vous avez en face de vous des outils et des... des organismes de répression qui sont plus forts et plus puissants que vous. Moi, c'est mon point de vue. Mais c'est des
modes d'action qu'on soutient. À la France Insoumise, est-ce que c'est des modes d'action qu'on soutient ?
Lesquels ?
Les blocages, je les
soutiens, c'est ce que je dis. Blocage, grève, oui, je soutiens. Blocage d'un lycée, oui, je soutiens. Aller manifester, aller squatter un immeuble parce qu'il y a des gens qui dorment dehors et que c'est un bâtiment qui est inoccupé depuis des années et des années, oui, je le soutiens. Ça, oui, je le soutiens. Il y a d'autres modalités d'action que je ne soutiens pas. Et on a le droit d'avoir ce débat, mais ce n'est pas un débat moral, ce n'est pas un débat éthique, c'est un débat sur ce qui me paraît efficace, ce qui me paraît ne pas l'être.
J'essaie
de répondre à la question. Si je ne réponds pas, je veux bien...
J'essaie juste de comprendre si ce point de vue-là, à quel point, sur des plateaux bourgeois, vous y partagez votre vraie pensée politique, et à quel point, quand on veut être présidentiable, on doit ne pas assumer pleinement... sa pensée politique
moi j'essaye. Alors franchement, on peut nous faire plein de reproches, mais moi je pense qu'il faut assumer sa vraie pensée politique, y compris sur des plateaux bourgeois. Et je vais vous dire, ça peut parfois vous coûter sur le coup, mais généralement ça vous rapporte au bout d'un moment.
D'accord, mais par exemple, pourquoi ne pas faire plus distinctement la différence entre par exemple des petits commerçants et des grandes entreprises ?
Mais vous pouvez faire la distinction, mais si vous faites la distinction, c'est donc que vous considérez qu'un mode d'action qui s'appuie sur la dégradation d'une grande entreprise est un mode d'action que vous voulez appuyer ou soutenir. Je ne le juge pas d'un point de vue moral et éthique, mais je vous ai dit que ce n'était pas la stratégie qui était celle de la France saisonniste. Donc moi, je défends ma position, je ne me cache pas. Je défends ma position et c'est la raison pour laquelle je ne reprends pas les termes qui sont les termes. Encore une fois, peut-être à ce qu'on montre un extrait, ça peut arriver, mais je ne reprends pas les termes qui sont les termes du cadrage médiatique, je reprends les termes qui sont les termes de notre stratégie à nous.
tout cas, ce qui est certain, c'est que, on a vu les propos de M. Poutou, mais il y a d'autres paroles qui semblent au contraire plus autorisées, celles par exemple de M. Zemmour. Comme l'écrivait notre rédacteur en chef, Robin Andraka, il a été invité dimanche 18 octobre. à la fois sur LCI à 19h46, puis sur BFM TV à 20h46 et enfin sur CNews à 21h49. Lui ou d'autres figures d'extrême droite semblent tirer profit de cette séquence politique. On va en parler tout de suite après ce montage.
Évidemment qu'il y a également une alliance aujourd'hui entre cette racaille arabo-musulmane et... L'extrême-gauche.
Vous dites racailles arabo-musulmanes. Absolument. J'ai l'impression que vous étiez sur place en train de demander non pas les papiers, mais les origines de chacun. Non, j'ai vu toutes les
images, chère Sonia. Vous
arrivez à savoir.
Les images parlent d'elles-mêmes. Arabo
-musulmanes. Vous arrivez à savoir.
Africaines, africaines, arabes. Oui, pardonnez-moi, les types, ça existe.
On a une forme d'hybridation, finalement, entre d'un côté l'extrême-gauche révolutionnaire et violente, et puis on a de l'autre. Voilà, je pose les mots avec gravité, ce qui s'apparentrait à des formes d'émeut ethnique. C'est-à-dire qu'en fait, ce qui a été sous-estimé hier, c'est l'entrée dans la violence et la montée des banlieues à forte population d'origine immigrée. Qu'est-ce qui vous
permet de dire ça ?
Tout, en fait, toutes les images. Dans les images
que vous voyez hier ? Est-ce que vous avez des éléments, des chiffres, des informations ?
Il suffit d'avoir des yeux pour voir et il suffit d'avoir des oreilles pour entendre.
Moi, j'ai regardé... toute la journée d'hier et toute la journée d'aujourd'hui, les images. D'ailleurs, ils s'affichent ostensiblement. On voit leur visage, on entend leur voix, on entend leur langage très reconnaissable, et voilà, et compagnie. On sait très bien d'où ça vient. Je crois que ce que nous avons vu hier, c'est le véritable visage du grand remplacement.
Je suis désolée, je sais que ça heurte de dire la réalité, mais... Je crois qu'aujourd'hui, plus personne ne peut le contester. Donc oui, je vous le dis, dans cette insurrection, il y a la part d'un symptôme d'une immigration inassimilée, d'une politique migratoire folle.
Le sujet le plus important, c'est ce que j'appelle, je suis seul à le réclamer, la remigration, c'est-à-dire le départ de ces gens-là après déchéance de nationalité. C'est notre discussion de tout à l'heure. Et ces gens-là doivent être renvoyés. D'ailleurs, pour moi, c'est la seule solution pour... Retour de la paix civile. Il n'y aura pas de retour à la paix civile sans la remigration.
À qui s'approfite tout ça
ça, c'est-à-dire la séquence
Oui, la séquence politique qu'on vit depuis le 17 octobre.
Moi, je pense que la réponse à cette question n'est pas définitivement établie. Comme tout moment politique, il y a une bataille de récits qui s'installe. Pardon, mais je sais qu'à gauche, on aime bien se faire peur. Et donc à chaque fois qu'il se passe quelque chose, on entend des... C'est le Front National, c'est le Rassemblement National qui va tirer les marrons du feu, etc. Mais pardon, mais le Rassemblement National, par sa stratégie ou l'extrême droite, par sa stratégie, là, dans cette séquence, elle se met aussi à distance de la colère qui s'exprime dans la population. Donc la réponse à la question de qui va en profiter, honnêtement, il est trop tôt pour la donner. C'est une bataille qui est en cours. Et si précisément ce mouvement se poursuit et qu'à la fin il obtient, il arrache des revendications, il gagne des choses, à la fin ça veut dire que vous allez avoir toute une nouvelle génération qui aura pris conscience dans ce moment-là que la bataille collective ça permet de gagner des choses. Et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle pour nous, en fait.
Justement, je vais y venir, mais quand même, à la suite de ce week-end-là, l'extrême droite, en l'occurrence, a eu une très grande fenêtre. Médiatique, vous voulez dire ? Médiatique, bien sûr. Avoir Zemmour sur trois chaînes d'infos avec des heures aussi rapprochées, ça veut dire que concrètement, les chaînes d'information se sont battues pour la voir et on pensait que c'était un invité idéal pour commenter la séquence. Donc, là, à l'heure actuelle, la place... qu'a déjà l'extrême droite, mais qu'elle prend peut-être encore. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que, effectivement, ça...
De toute façon, ça a installé le... Et c'est aussi une raison, pardon, mais sans relancer le débat de tout à l'heure, c'est aussi une raison pour laquelle j'ai dit quels étaient les modes d'action que j'approuvais et quels étaient ceux que je désapprouvais. Parce que la conséquence... Si certains ont considéré que ce qu'ils faisaient samedi était des modes d'action, la conséquence c'est que ça a, plutôt que d'installer le débat sur le thème des revendications lycéennes et étudiantes, ça l'a installé sur le thème du retour à l'ordre sécuritaire. Et évidemment que dans cette bataille-là, vous avez une sorte de compétition à l'intérieur de l'espace de la droite et de l'extrême droite pour être celui qui va incarner le plus. le parti de l'ordre, et que sur ce terrain-là, tout le monde court derrière l'extrême droite. Je voyais Gabriel Attal dire qu'il fallait déployer l'armée, j'entendais Edouard Philippe, tout le monde court derrière l'extrême droite, et à la fin, évidemment que c'est les idées les plus radicales sur ce débat-là, qui n'est plus un débat rationnel en fait, c'est les idées les plus radicales qui... qui peuvent l'emporter. Ça, c'est vrai. C'est pour ça que la bataille politique qu'on doit mener, c'est une bataille qui consiste à mettre ou à remettre dans le cœur de l'actualité la question des revendications lycéennes, la question des revendications sociales. Et c'est une des raisons de mon désaccord ou du fait que je n'approuve pas un certain nombre de modes d'action. C'est qu'à mon avis, ils sont contre-productifs du point de vue du cadrage médiatique. Voilà. D'ailleurs, je pense que... Moi, j'espère qu'il y aura des grosses manifestations ce samedi. J'espère qu'il y aura des grosses manifestations. le 5 novembre. Et si on a des grosses manifestations ce samedi, par exemple, et qui sont des grosses, larges manifestations joyeuses, déterminées, etc., le gouvernement sera acculé, parce qu'il n'aura plus de diversion possible pour refuser de répondre aux revendications du séné étudiant. – Mais la ministre, par
exemple, ces modes d'action sont contre-productifs par rapport au cadrage médiatique, c'est bien que vous en acceptez le cadrage.
pas seulement par rapport au cadrage médiatique, par rapport au rapport de force avec le gouvernement. Et dans les éléments du rapport de force avec le gouvernement, évidemment que la bataille médiatique est un des éléments de ce rapport de force-là. Ce n'est pas le seul, j'entends bien. Heureusement, il y a des espaces de rapport de force qui sont autres. Et je ne crois pas que pour gagner, il faut avoir le cadrage médiatique favorable. Parce que sinon, je pense qu'on ne gagnerait jamais. Je dis juste qu'on n'est pas non plus obligé de donner au gouvernement des prétextes de diversion facile à utiliser et qu'il peut ensuite retourner contre nous. Voilà, c'est juste ça que je dis. Mais ça, c'est un débat qui existe à gauche. Moi, j'admets qu'il existe, mais je dis qu'elle est mon... Certains pourraient
penser que c'est une position macroniste, d'ailleurs.
Celle que je défends ? Ouais, bon... Bon, c'est ça, ça me paraîtrait un peu excessive. En tout cas, je voulais juste remonter ce que vous
disiez avant. Je ne suis pas sûr que les macronistes
disent ça. Qu'il faut appeler à manifester samedi, qu'il faut remettre au cœur du terrain les revendications lycéennes et étudiantes, qu'il faut refuser le cadrage médiatique. Après, donc non, macronistes, non. Mais c'est une position qui s'inscrit dans le cadre. de ce que j'ai appelé la révolution citoyenne. Encore une fois, on est d'accord, on n'est pas d'accord, mais c'est celle qui est la nôtre. Je ne veux pas m'excuser de défendre cette stratégie.
Vous parliez de la manifestation samedi 24 octobre en vue de cette journée. Le gouvernement a potentiellement émis des mesures très sécuritaires. Il y a deux jours, pendant la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, annonçait qu'il comptait déployer des militaires de l'opération Sentinelle. Cette question de l'ordre, elle était abordée au JT de dimanche 18 octobre sur France 2 et TF1. On va regarder.
forces de l'ordre débordées que l'on voit parfois reculer, comme ici, à Paris. Des véhicules caillassés à Lyon. Dans plusieurs villes, des policiers et gendarmes submergés. À Marseille, 8000 émeutiers et des syndicats de policiers en colère. Oui,
on a été en ce nombre toute la journée. Oui, je le dis. Et on a vécu l'enfer. Il y a 60 policiers blessés. Ils m'ont tous appelé ce matin. Ils m'ont dit qu'ils ont failli crever hier.
L'intensité des affrontements a surpris jusqu'aux policiers les plus aguerris. Face à l'arrivée massive de casseurs armés de pavés, de cocktails Molotov, de mortiers d'artifices, des policiers disent avoir manqué de matériel pour tenir. Images frappantes d'un manque de moyens. On voit ici un policier qui vient d'interpeller un homme et qui le transporte sur sa moto.
Des forces de l'ordre manquant aussi de munitions. A l'intérieur de la mairie de Limoges, ces policiers ripostent comme ils peuvent. On a obligé de leur rejetir leur propre pavé. Parce
qu'on a tout la touche, mais on a tout le cas.
2000 interpellations sur tout le territoire. Dans cette rue parisienne, les policiers cherchent des menottes.
Bilan de la journée d'hier, plus de 2300 interpellations, dont 855 en région parisienne et près de 900 policiers et gendarmes blessés.
cadrage médiatique autour de la police, il y aurait beaucoup de choses à en dire et il a beaucoup évolué au cours de ce dernier mois. Mais là, en l'occurrence, par rapport à ce qu'on a vécu samedi, qu'est-ce que vous en dites ?
D'abord, je sais que le cadrage médiatique n'est que là-dessus. Après,
ça arrive dans un 20 heures où il y a plusieurs sujets. Avant, on a parlé des manifestations, des casses en l'occurrence. Après, on a parlé une minute de revendication. Donc, ça se passe aux 20 heures et il y a ce sujet qui est difficile. C
'est vrai, mais je ne crois pas qu'il y ait eu un seul sujet aux 20 heures. sur les mutilations des manifestants, sur les gens qui sont restés bloqués pendant trois heures sur une toute petite partie de la place de la République à respirer des gaz lacrymogènes. Donc évidemment que le choix éditorial est à ce moment-là de venir en quelque sorte créer à travers la télévision une forme d'empathie vis-à-vis des policiers qu'on voit dans ces différents reportages. alors qu'à aucun moment il y a une tentative de créer de manière similaire une forme d'empathie avec des manifestants. Donc c'est un choix éditorial. D'ailleurs, ce n'est pas pour ce reportage-là, mais vous avez peut-être vu que dans France Télévisions, il y a une contestation des images qui ont été passées sur le 28 octobre,
le 20h de France 2. C'était un reportage de 11 minutes, qui était vraiment quasiment dédié que aux casques, qui ont eu lieu précisément à République, avec très peu de commentaires. 11 minutes, et la CGT de France Télévisions a d'ailleurs critiqué un, je cite, montage de propagande, et ils ont d'ailleurs demandé à la démission de l'équipe du 20h week-end. J'aimerais savoir quand même aussi ce que vous avez, il y a ce cadrage effectivement, mais par rapport aux faits, par rapport au maintien de l'ordre de ce samedi.
Ce que je pense sur le maintien de l'ordre de ce samedi.
et de ce qu'on envoie dans les médias ? Est-ce qu'il n'y a pas une forme de réalité ? Parce que, comme on le sait, Mediapart nous a appris qu'il y avait eu une sous-estimation totale du mouvement de la part du renseignement.
Il y a eu une sous-estimation totale du mouvement de la part des renseignements, c'est certain, puisqu'ils annonçaient entre 60 000 et 100 000 personnes, et que selon leurs propres chiffres à eux, qui à mon avis sont très largement sous-estimés, et même les chiffres des organisateurs sont très difficiles, parce que quand vous êtes dans des villes où il y a plusieurs cortèges, c'est difficile de comptabiliser. On était plutôt à 5 ou 6 fois plus. Donc là, il y a eu une sous-estimation. qui était une sous-estimation manifeste. Et à mon avis, il y a eu une focalisation des effectifs et de la doctrine sur venir plutôt au contact des manifestantes et des manifestants, ce qui a conduit, et ça a été quand même assez largement relaté dans un grand nombre de villes, et pas seulement à Paris, d'empêcher... les manifestants de venir y compris là où il y avait des parcours déposés sur le point de départ du parcours déposé et qui d'un certain point de vue a conduit aussi à la désorganisation générale parce que quand vous pouvez pas aller au point de départ vous partez là où vous pouvez partir quand la discussion entre la préfecture et les organisateurs elle aboutit la veille au soir que les gens croient qu'il y a deux parcours parce que c'était le bordel généralisé donc il y a eu une sous-estimation une mauvaise adaptation à mon avis du dispositif Pardon, mais manifester, c'est une garantie, c'est une liberté constitutionnelle. La protection des biens et des personnes, c'est aussi une... Et donc, quand il y a une manifestation, les policiers ne sont pas censés être les adversaires des manifestants. Et là, on voit bien que la doctrine, les consignes, la manière avec laquelle s'organise l'encadrement des manifestations, c'est ça en fait. C'est créer un climat qui est un climat d'opposition. Donc je pense que le cadrage, il correspond à ça en fait. C'est-à-dire qu'on ne présente les policiers comme ayant été exclusivement la cible de manifestants et à aucun moment on présente. comment, par leur initiative ou par les ordres qu'ils ont mis en place, ils ont eux-mêmes été aussi responsables de maltraitance de manifestants.
Parce que juste pour information, Pote, un média indépendant, rappelait justement les chiffres. Le 17 octobre, 10 000 forces de l'ordre ont été mobilisées, dont la moitié à Paris. Ce qui donne... 1 force de l'ordre pour 55 manifestants. Et petit retour en arrière, pendant les Gilets jaunes, le 8 décembre 2018, on avait 89 000 forces de l'ordre pour 125 000 Gilets jaunes, soit 1 pour 4. Et pour une autre comparaison, la récente venue du pape, on avait 14 000 policiers mobilisés pour encadrer l'événement. Là, on déborde un petit peu de la question médiatique. Après, le
ministre a dit que c'était plus 10 000, c'était 60 000. Et il a manifestement réajusté ces chiffres. Mais par ailleurs, ceci dit, la question du nombre de policiers ne peut pas être la seule réponse. C'est pas sûr que ça se serait mieux passé s'il y avait eu 60 000 policiers ou 80 000 policiers plutôt que 10 000. Ça pourrait même peut-être moins bien se passer. En fait, la question, c'est pour faire quoi ? Sur la base de quelles consignes ? Sur la base de quelles doctrines ? Bon, c'est ça le débat.
En tout cas, là, on dépasse un petit peu les questions d'ordre médiatique. Mais maintenant qu'on a dit tout ça, qu'on a vu toutes ces images qui ont défilé sur nos écrans de télévision pendant toute la semaine, -ce que ça peut être un atout politique pour vous ou non ? Est-ce que c'est une séquence qui pourrait vous être favorable ?
D'abord, comme je le disais tout à l'heure, elle n'est pas terminée, cette séquence. Pour moi, cette séquence s'inscrit dans une mobilisation sociale qui est engagée depuis plusieurs semaines.
D'accord, mais elle produit une diabolisation. On l'a vu, on l'a analysé. Oui, ce qui
peut nous être favorable, pour être clair, c'est qu'un mouvement de diabolisation, quand il est trop fort, quand il est trop puissant, quand il est... malhonnête, injuste, ça se voit et que donc il y a des gens qui en contre-mouvement se disent non mais en fait c'est abusé, faut arrêter et donc ils disent bah nous en fait on va venir vous aider. Moi en tout cas je dis juste sur la base des indicateurs qui sont les mains, ce que je vous disais un peu tout à l'heure. Moi ce que je vois c'est que depuis le début, enfin le week-end Vous avez un rythme de, ça c'est les indicateurs dont moi je dispose, le nombre de soutiens par jour à la candidature Mélenchon. Le rythme a augmenté de manière significative. On m'a dit, oh là là, certains médias voulaient me dire, oh là là, mais ces images et le fait qu'on essaye de vous imputer la responsabilité de la violence va vous coûter cher dans la campagne des collectes de parrainages. Moi, entre lundi et mardi, j'ai eu quasiment 20 parrainages d'élus qui me sont transmis avec des élus qui disent... Je n'étais pas sûr de vouloir vous parrainer, mais là, je vois, vu ce que vous prenez dans la gueule, j'ai envie de vous apporter mon soutien. En l'occurrence, c'est du parrainage
parce qu'on est fin octobre. Je dis
ça pour dire que j'ai plutôt des signaux de... comme j'en ai eu à d'autres séquences comme ça, de grosses offensives contre la France insoumise. Je parlais de la mort de Quentin Deranque, ou je pourrais parler du 7 octobre et de la campagne de diabolisation contre la France insoumise qui a eu lieu ensuite. Et à chaque fois, il y a eu d'abord un moment d'offensive. Et là, c'est la question qui vous est posée à ce moment-là, c'est est-ce que vous pliez ? Ou est-ce que vous tenez et vous faites face et vous êtes en contre-offensive ? Nous, on a toujours choisi la contre-offensive. Et à la fin, je pense que c'est aussi pour ça qu'il y a des gens qui disent « Ok, ils tiennent bon, donc j'ai envie d'aller les aider » parce que ça inspire confiance des gens qui tiennent bon et qui ne cèdent pas dans la tempête.
Là, c'est votre réponse parce qu'on est maintenant, en octobre. Peut-être une dernière question. On a analysé la couverture médiatique biaisée aussi tout au long de cette émission. Mais du coup, un rappel de calendrier parce que le deuxième tour de l'élection présidentielle aura lieu le lendemain du 1er mai. Fête du travail et jour de manifestation. Si on retrouve les mêmes images que ce 17 octobre, ça vous inquiète
C'est clair que s'il devait y avoir le 1er mai ce type d'image, le risque, c'est que l'élection présidentielle qui a lieu le lendemain, elle se déroule dans un moment d'émotion. Parce que ces moments-là et l'impact médiatique, il est très puissant. La force de l'image, la force du symbole, ça crée de la peur, de l'émotion et ça éloigne de la rationalité de la décision politique. Mais après, il y a toujours un moment où les choses... En l'occurrence, c'est le lendemain. Non, non, mais j'entends, c'est pour ça que je dis oui, ce serait un problème. Après, c'est notre responsabilité aussi, ce n'est pas seulement la nôtre. Mais si le calendrier est celui A nous, de manière générale, le camp social qui est le nôtre, d'essayer de créer les conditions pour qu'au contraire, ces manifestations, ce soit des manifestations puissantes. Mais ce n'est pas moi qui décide des dates de l'élection présidentielle. Elles sont là et on le prend comme un paramètre qu'il faut gérer dans la préparation du second tour de l'élection présidentielle.
bien merci, Manuel Bompard, d'avoir accepté notre invitation sur le plateau d'Arrêt sur image. Merci à vous d'avoir regardé cette émission et je vous dis à la semaine prochaine.
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