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Je vais dire quelque chose qui va vous choquer volontairement, mais c'est pour vous soucouer un peu. Je crois que vous êtes de mauvais parents. Pas individuellement, ça, ça ne me regarde pas, mais en tant que député, je crois que vous êtes de très mauvais parents. Parce que nous avons la responsabilité de centaines de milliers d'enfants qui sont à l'aide sociale à l'enfance, sous la garde de l'État que nous représentons. Que leur offrons-nous ? A 18 ans, la moitié d'entre eux ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation. Un quart des jeunes qui vivent à la rue sont passés par l'aide sociale à l'enfance. Et puis il y a ces scandales qui ont bouleversé le pays tout entier. Ces enfants victimes de réseaux de prostitution alors même qu'ils étaient censés être protégés par les pouvoirs publics. C'est tellement insoutenable que je ne veux même pas avoir à m'étendre sur le sujet. Et comment ne pas penser à ces jeunes qui ont mis fin à leur jour, seuls, dans une chambre d'hôtel alors même qu'ils étaient sous la protection de l'Etat. C'est un sujet sur lequel tout le monde dit. Mais comment se fait-il que le gouvernement, les députés, les départements n'aient pas empêché ces drames qui résultent d'un système ? Parce qu'à ce niveau, c'est un problème. de système. La députée insoumise Marianne Maximi et les collectifs de jeunes de l'aide sociale à l'enfance notamment cause majeure soumettent aujourd'hui à notre vote une proposition de loi qui ne va pas résoudre tous les problèmes mais qui va résoudre un gros problème. Aujourd'hui, quand un jeune de l'aide sociale à l'ensemble atteint ses 18 ans, l'Etat l'abandonne. Il lui dit « c'est bon, maintenant tu as ta majorité, tu te débrouilles par toi-même ». Ça n'a aucun sens, parce qu'aucune famille ne fait ça à ses enfants. Les familles n'ont pas le droit de faire ça. C'est l'article 371-2 de notre Code civil. Et d'ailleurs, tout le système est construit autour de cette solidarité familiale. C'est au nom de ça que vous justifiez les bas salaires dans les alternances ou pour les bourses étudiantes qui ne permettent pas de vivre. Donc pourquoi quand il s'agit des familles, ils ont une obligation légale vis-à-vis de leurs enfants, mais quand il s'agit de l'Etat, on s'en laverait les mains ? Certains de ces jeunes ont déjà vécu un abandon une première fois et parce qu'il faudrait faire des économies, vous les abandonneriez une deuxième fois. Parce qu'il faut bien nommer les choses, ça s'appelle un abandon. Il existe bien une loi qui est censée les accompagner jusqu'à 21 ans, mais elle ne fonctionne pas et en rester là serait un abandon. Cette loi propose de prolonger et de généraliser l'accompagnement des jeunes de l'ASE jusqu'à 25 ans et de donner au département les moyens pour le rendre véritablement obligatoire. 77% des Français sont favorables à cette proposition de loi. Tous les collectifs de jeunes de l'aide sociale à l'enfance... sont favorables à cette loi. Et pourtant, les macronistes et le Rassemblement national veulent voter contre. Ils disent, oui, mais si on vote cette loi, les jeunes qui ont une OQTF pourraient aussi y avoir accès, donc on va voter contre. Deux choses. Dire je m'oppose, parce que si on donne un droit à l'autre, on en donnera à un autre, surtout quand il s'agit d'enfants, c'est inacceptable. C'est inacceptable. Personne ne peut entendre ça. Mais surtout, un enfant, même si à vos yeux il n'est qu'un étranger, un enfant seul et en danger, on ne lui dit pas de quitter le territoire. On le chérit et on le protège parce qu'ici on est en France et que ce sont ces principes qui font la France. Vous me permettrez de souligner que, à nouveau sur le sujet, les macronistes ont la même ligne que le Rassemblement national. Mais le RN a choisi d'amener un autre argument. Le Rassemblement national dit « On accepte de les accompagner jusqu'à 25 ans à la condition qu'ils aient des études ou un travail. Donc vous, à 18 ans, si vos enfants n'ont pas d'études ou pas de travail, vous les laissez sans toit, sans revenu, sans manger. Parce que c'est ça que vous voulez faire. » aux enfants de l'Etat. Pourquoi vous voulez faire à ces enfants ce que vous ne feriez pas à vos enfants ? Et vous vous prétendez partie de la famille. C'est moche, c'est très moche. Je n'ai rien de plus à dire. Les enjeux sont posés, c'est à vous individuellement de prendre votre décision, de voter ce que vous croyez juste. Nous croyons juste que les jeunes de l'ASE soient accompagnés jusqu'à leurs 25 ans. Je pense au collectif des enfants de l'ASE qui sont dans les tribunes de l'Assemblée nationale et grâce à qui cette proposition de loi existe aujourd'hui. Je pense à ces enfants qui ne nous regardent pas mais attendent notre décision. Je pense à ces drames que l'on peut encore éviter. Je pense à vous au moment d'appuyer sur le bouton et de voter. Prenez la bonne décision et votez cette loi. Mais ça, c'est si nous arrivons au vote. Parce que le Rassemblement national a déposé une centaine d'amendements pour nous empêcher d'arriver au vote et éviter d'avoir à assumer ses positions. Alors entendez-moi bien. Vous êtes de lâches petits politiciens qui se comportent comme des enfants. Sauf qu'il y a des vrais enfants dans ce pays qui ont besoin de cette loi. Et vous leur faites honte. Vous leur faites honte. Alors achetez-vous une dignité avec l'argent que vous avez détourné. Et cessez de jouer avec la vie des enfants. Ils ont besoin de députés et pas d'irresponsables comme vous.
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