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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Qui parmi vous était autonome à 18 ans ou même à 21 ans ? Posez-vous la question sincèrement. Qui avait son propre appartement ? Qui avait un revenu suffisant pour payer son loyer, ses factures, ses études, tout seul, sans appui familial ? Probablement très peu de personnes en vérité et c'est bien normal. En France, 7 jeunes sur 10 de moins de 25 ans sont aidés financièrement par leurs parents. Et l'âge moyen du départ du domicile familial est aussi de 25 ans. 25 ans, c'est l'âge moyen de l'autonomie, sauf pour les enfants placés. Alors que ce sont les jeunes les plus vulnérables de notre pays, c'est pourtant à eux qu'on demande d'être autonomes le plus tôt. En effet, à 21 ans, l'Etat et les départements ne sont plus tenus d'accompagner les enfants qui sortent de l'aide sociale à l'enfance. A 21 ans, tout peut s'arrêter. Plus d'hébergement, plus de financement pour ses études, plus d'accompagnement éducatif et social, plus de soutien psychologique ou médical. La fin de tous les repères indispensables à un jeune pour se construire, d'autant plus quand il est vulnérable. Pour beaucoup de jeunes, l'accompagnement ne va même pas jusqu'à 21 ans, alors que la loi l'impose. Nous connaissons les histoires. Les premiers concernés ont raconté leur parcours. Ils et elles ont raconté les sorties sèches à 18 ans et la vie à la rue. Ils et elles ont raconté les fameux contrats jeunes majeurs. Ces contrats souvent refusés par les départements pour des motifs mensongers qui n'existent nulle part dans le droit. Ou limités à quelques mois. Donc chaque renouvellement est une source d'angoisse pour les jeunes. Ils ont raconté la pression pour trouver vite un travail. La contrainte à accepter des formations courtes. L'impossibilité de faire des études supérieures. Ils ont raconté comment... qu'ils sont étrangers, alors qu'ils ont été accompagnés par l'aide sociale à l'enfance, ils reçoivent à leur majorité des obligations de quitter le territoire. Voilà pourquoi un jeune sur deux que vous rencontrez à la rue est un ancien enfant placé. Voilà pourquoi ces jeunes ont en moyenne 20 ans d'espérance de vie en moins. Voilà pourquoi 4% seulement sont diplômés du supérieur et que près d'un jeune sur deux n'est ni en emploi, ni en études, ni en formation. Tous ces témoignages nous montrent que l'Etat n'est pas à la hauteur pour ses enfants, qu'il a pourtant accompagné toute leur vie à travers l'aide sociale à l'enfance. Qui ne serait pas révolté de voir une personne abandonner ses enfants à 18 ans ? Alors pourquoi l'accepter pour les enfants placés, alors que ce sont les enfants que la République doit protéger ? L'Etat doit assumer ses responsabilités et c'est le sens de ce texte. Alors que la jeunesse de notre pays se mobilise depuis des semaines et revendique le droit d'étudier et de se construire dans de bonnes conditions, ce texte ne propose qu'une chose, donner les mêmes droits aux jeunes majeurs de l'aide sociale à l'enfance. Voilà pourquoi ce texte vient non seulement repousser l'âge d'accompagnement à 25 ans, mais renforce aussi son caractère obligatoire. L'accompagnement devient un droit opposable et les conditions d'absence de ressources ou de soutien familial sont supprimées, car aujourd'hui elles sont instrumentalisées pour refuser des accompagnements. Ce texte concerne tous les jeunes, ce n'est en France, ce n'est ailleurs, et les jeunes qui ont un parcours en conflit avec la loi, qui sont avant tout dans notre droit des enfants à protéger. Ce texte est financé. Nous créons un fonds départemental dédié pour que les manques de moyens ne soient plus jamais ni un frein ni un prétexte pour refuser un accompagnement. Alors je voudrais maintenant m'adresser au bloc central qui est très peu présent mais vous le savez la députée Laure Miller a déposé un texte qui est quasiment identique à celui-ci. Nous avons fait partie du même groupe de travail transpartisan qui a travaillé à cette proposition de loi. Nous sommes d'accord sur le principe des 25 ans. Alors je vous demande de ne pas faire obstacle à ce texte. Voter contre ce texte reviendrait à nier un droit pour tous les enfants de l'aide sociale à l'enfance au seul motif que vous voudriez en exclure quelques-uns. Je voudrais remercier aussi le collectif Cause Majeur qui était à l'initiative de ce texte. Je les remercie de porter la bataille essentielle pour ouvrir un nouveau droit à tous les enfants de l'aide sociale à l'enfance. Je souligne aussi l'engagement des syndicats de professionnels, des associations comme Repair, les ADPAP, les Ombres, autant d'organisations qui accompagnent au quotidien les enfants placés et les jeunes majeurs en les aidant à construire leur vie. Je voudrais aussi remercier et saluer le comité de vigilance des enfants placés. Je voudrais rappeler que ce comité s'est créé au moment de la commission d'enquête parlementaire sur l'aide sociale à l'enfance. Ils et elles ont suivi nos travaux. Ils ont produit du savoir sur l'aide sociale à l'enfance, ont été auditionnés par notre commission. Ces personnes ont eu le courage de mettre leurs histoires dans le débat public et d'en faire un levier pour que les choses bougent. Leur engagement nous engage aussi. Je l'ai déjà dit, il faudra bien plus que ce texte pour avancer. L'aide sociale à l'enfance mérite une réforme d'ampleur, avec une planification et un budget pluriannuel conséquent, et un horizon pour la recentralisation de cette compétence afin que l'Etat assume enfin ses responsabilités. La protection de l'enfance a besoin de taux énormes d'encadrement, qu'on augmente les salaires et qu'on ouvre des places, qu'on contrôle et qu'on ferme les lieux maltraitants et qu'enfin on accompagne chaque enfant à la hauteur de ses besoins. Ce texte aujourd'hui n'est qu'un premier pas vers la refondation beaucoup plus vaste qu'il y a absolument nécessaire. Faisons ce pas, adoptons ce texte. Mais au moment où je m'exprime, il y a plus de 140 sous-amendements qui ont été déposés par les groupes d'extrême droite sur ce texte. Vous avez fait pendant plus d'une heure et demie la démonstration que vous ne comprenez rien aux violences sexuelles faites aux femmes, rien sur les violences systémiques. Vous avez juste instrumentalisé ce texte pour mettre un narratif raciste. Et vous allez faire la même chose sur les droits des enfants. Il est insupportable de vous entendre dans la campagne présidentielle et d'entendre Marine Le Pen parler de nos enfants quand vous allez refuser des nouveaux droits pour les enfants placés. Honte à vous, vous êtes minables.
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