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Madame la Présidente de l'Assemblée nationale, Monsieur le Président de la Commission, Mesdames et Messieurs les députés. Depuis plus de trois semaines, des lycéens, des étudiants nous interrogent sur la place que notre pays leur prépare. Nous leur devons des réponses et ce débat doit permettre à chacun de dire lesquelles très concrètement il est prêt à construire et qui est prêt à voter les mesures indispensables. Ces jeunes ont grandi avec l'épidémie de la Covid, l'isolement, un nouveau contexte géopolitique marqué par des guerres nouvelles, l'irruption de l'intelligence artificielle dans nos vies et bien sûr l'anxiété climatique. Ils entendent parler de crise, mais rarement des opportunités qui souffrent à eux. Elles existent pourtant. À l'approche de l'élection présidentielle, certains sentent instinctivement qu'une décision majeure pour leur avenir se prépare, sans avoir le sentiment de pouvoir y prendre part d'une manière ou d'une autre. Cette inquiétude mérite mieux que des leçons. Elle mérite aussi mieux que les calculs de celles et ceux qui parfois trouvent un intérêt électoral à entretenir. A force de courir derrière la jeunesse pour recueillir sa colère, une partie de la classe politique finit par lui refuser toute autre perspective, avec facilité et parfois même opportunisme. Comme si elle avait au fond davantage besoin de son désarroi que de sa réussite. Certes, des choses ont été faites, sûrement insuffisantes. Mais ne mentons pas aux jeunes, jamais la nation n'a investi autant dans l'éducation nationale et l'enseignement supérieur. Ce sont d'ailleurs deux des rares ministères qui verront encore leur budget augmenter l'année prochaine. Des efforts ont été faits pour réduire le nombre d'élèves par classe, même s'il est évident qu'il faut désormais aller plus loin et plus vite, nous y reviendrons. Et les réformes du baccalauréat comme de Parcoursup ont permis, en leur temps, en son temps, de sortir de situations qui étaient problématiques pour de nombreux lycéens, qui finissaient, je le rappelle, tirés au sort dans des formations qu'ils n'avaient pas demandées. On l'a oublié parfois un peu trop vite dans le débat récent. Cela ne doit pas nous empêcher de faire notre introspection, de corriger les erreurs et surtout, surtout, d'écouter les jeunes qui ont de toute évidence des choses à nous dire et des ambitions légitimes pour leur avenir. Nous devons à cette génération de lui permettre de réaliser ses ambitions. Elle a des capacités, des idées, une volonté d'agir. Et notre responsabilité est de lui donner prise précisément sur son avenir. C'est pourquoi nous avons écouté avec méthode et sans filtre. Plus de 100 000 contributions venues de près de 3000 lycées ont été recueillies sur la plateforme du ministère de l'Éducation nationale. Elles enrichissent et complètent le dialogue avec les organisations représentatives et les élus lycéens. 71% des contributions évoquent l'organisation du temps scolaire. 56% l'état des bâtiments. 31% les difficultés de remplacement. Derrière ces chiffres, il y a des demandes précises auxquelles il faut répondre jusque dans chaque établissement. Certaines dépendent du gouvernement ou du Parlement, mesdames et messieurs les députés, d'autres enfin des conseils régionaux. Il y a trois semaines, devant les Français, j'avais fixé une échéance des décisions à la fin du mois d'octobre. Nous y sommes précisément. Les mesures que nous avons annoncées avec les ministres lundi dernier forment une réponse à l'ensemble de ses attentes. Elles vont du professeur que l'on retrouve devant sa classe, à la place que l'on trouve dans l'enseignement supérieur, du temps nécessaire pour déjeuner le midi, à la bourse qui permet de poursuivre ses études dans de meilleures conditions. Elles prennent au sérieux ce que les jeunes nous disent de leur quotidien, autant que leurs aspirations. Cette cohérence compte. Un élève qui a confiance dans son avenir est d'abord un élève qui apprend dans de bonnes conditions. Les revendications des lycéens sont cohérentes, c'est un tout au fond qui se tient. C'est pourquoi nous plafonnerons les classes de seconde générale et technologique à 28 élèves. Dès 2027, dans la moitié des lycées les moins favorisés. Puis en 2028, dans tous les lycées publics de France. Nous créerons 500 postes supplémentaires de professeurs et poursuivrons l'effort pour que chaque professeur absent soit remplacé. Des amendements en ce sens seront déposés dans le projet de budget pour 2027. Les emplois du temps seront revus. Une pause déjeuner d'une heure garantie. et la place du contrôle continu réexaminée en profondeur. La santé mentale continuera à être une priorité grâce à la création de 500 postes de psychologues, d'infirmiers et d'assistants sociaux dès 2027. 1 milliard d'euros d'investissement de l'Etat sera consacré aux bâtiments des universités. 4 milliards d'euros de prêts à taux préférentiels aideront les conseils régionaux à rénover leurs établissements scolaires avec une attention toute particulière pour les territoires d'outre-mer. Nous ouvrirons 15 000 places supplémentaires dans le supérieur en 2028, 10 000 en BTS, 4 000 en IUT, 1 000 dans les formations de santé. Cette répartition est à discuter désormais avec les partenaires sociaux. Dès la rentrée 2027, les bourses suivront l'inflation pour ne pas renier précisément le pouvoir d'achat. Nous proposons aussi de renforcer dans les instances qui animent leur système scolaire, de l'établissement au conseil supérieur de l'éducation, la représentation lycéenne, notamment celle de la voie professionnelle. Faire confiance aux jeunes doit avoir des conséquences en leur donnant une vraie place dans les enceintes où les décisions qui les concernent sont prises. Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028, c'est entendu. Mais dès la campagne 2027, c'est-à-dire celle qui sera accessible aux élèves dès ce mois de décembre 2026, les critères d'admission devront être compréhensibles et chaque refus expliqué est motivé. La transition sera donc organisée pour les prochains bacheliers. L'orientation, c'est un long processus qui commence dès la 5e avec la découverte des métiers. Ce processus doit être plus soutenu au lycée et ce, dès la seconde. Et finalement, ce processus doit enjamber le baccalauréat pour viser la réussite des jeunes dans le supérieur, s'assurer qu'ils auront des débouchés et, le cas échéant, leur offrir la possibilité de se réorienter en cours de cursus. Se tromper de voix à 18 ans ne doit pas condamner la suite d'un parcours. Mais ce chantier exige une clarification politique. Derrière les critiques de l'outil Parcoursup, certains veulent, pour l'accès aux études supérieures universitaires, une sélection plus affirmée, d'autres veulent au contraire la supprimer intégralement. On peut en effet dénoncer ensemble un système et vouloir ensuite deux systèmes profondément opposés. Il faut maintenant rentrer dans le détail, mesdames et messieurs les députés, c'est l'objet précisément de ce débat ce soir. Qu'attendez-vous du système d'enseignement supérieur français ? Quel rôle voulez-vous lui confier ? Quels critères d'admission proposez-vous ? Quelle place pour le baccalauréat et le contrôle continu ? Comment répondre lorsque les demandes dépassent les places disponibles ? Comment accompagner ensuite les étudiants vers la réussite, y compris professionnelle ? Pour le gouvernement, les exigences doivent être connues et les décisions explicables. Les revenus des parents, le lieu de résidence ou le manque d'informations ne doivent pas décider à la place du travail et des aspirations d'un jeune. Ce débat, organisé formellement sur la base de l'article 51, 50-1 de la Constitution, pardonnez-moi, doit permettre d'identifier une voie de passage au Parlement. S'il faut une loi, sur quelles règles pouvons-nous réunir une majorité ? Pour quelle évolution de l'orientation et de l'accès au supérieur ? Nous venons chercher des propositions et des engagements précis. Pas des slogans ou des promesses sans fondement sérieux. La méthode pour les semaines qui viennent est fixée. Dès demain jeudi, les ministres réuniront les représentants lycéens une nouvelle fois et les conseils régionaux sur la question des bâtiments. Quelles urgences ? Quels travaux ? Pour quel calendrier ? Les conseils régionaux ont la responsabilité des lycées depuis 1983. L'État les accompagnera, mais en respectant la décentralisation. Je reverrai avec les ministres les représentants des lycéens et des étudiants dans moins de 15 jours. Nous ferons le point sur les engagements pris, les difficultés à lever pour les mettre en œuvre et les décisions suivantes. Nous établirons mesure par mesure ce qui relève du règlement, notamment pour l'organisation des enseignements et des modalités du contrôle continu, ce qui exige des crédits votés dès le budget pour l'année prochaine 2027 et ce qui nécessiterait une modification de la loi pour l'accès aux supérieurs. avec pour chaque mesure un responsable et une échéance précise. Le comité de réforme associant désormais lycéens et enseignants autour des ministres présentera de premières recommandations courant novembre, nourries, je l'espère, de vos propositions opérationnelles ce soir. Mesdames et messieurs les députés, ce gouvernement, vous le savez, je le répétais à de nombreuses reprises, n'est candidat à aucune élection dans aucune échéance électorale. Il n'a aucune raison donc de faire des promesses intenables. Sa crédibilité se mesurera à l'aune de décisions précises, finançables et applicables dès la rentrée prochaine. Une grande partie de ces mesures sera traduite par des amendements gouvernementaux au projet de loi de finances. Chacun pourra les améliorer et devra assumer ses propositions, leurs coûts, ses votes ainsi que la manière de le financer. Voilà pourquoi, une nouvelle fois, j'ai souhaité ce débat en transparence. Il n'est pas question de refaire le match de la création de Parcoursup. Son remplacement est déjà décidé. Maintenant, il faut dire ce que nous voulons construire. Les questions peuvent sembler techniques. Les réponses engagent notre conception de l'égalité, du mérite, de la liberté. Tout cela confronté au réel. Comment départager les candidats ? Par une sélection assumée ? Point d'interrogation. En acceptant de revenir au tirage au sort ? Point d'interrogation. Cette sélection doit-elle concerner toutes les formations, ou bien certaines seulement ? Et comment éviter de dévaloriser les autres ? Là aussi, point d'interrogation. Voulons donc classer les candidats ou les orienter plus fortement ? Jusqu'où garantir leur libre choix ? Point d'interrogation. Et quels prérequis pour exiger leur admission ? Gardons-nous une plateforme nationale commune. Question posée. Ou acceptons-nous la multiplication des procédures locales et le risque d'une opacité accrue ? Quelle place donner aux besoins du pays et de ses métiers sans étouffer les aspirations individuelles ? Le même dispositif doit-il accueillir les nouveaux bacheliers, ceux qui se réorientent, mais aussi ceux qui reprennent leurs études plus tard ? Le baccalauréat doit-il rester le premier grade de l'enseignement supérieur ? Ou bien devenir seulement le diplôme qui clôt le lycée ? Comment prendre en compte la révolution de l'intelligence artificielle ? qui va détruire des emplois et en créer d'autres. C'est aussi notre responsabilité de ne pas former des cordes entières de jeunes à des métiers qui n'existeront plus bientôt. Et à l'inverse, de nous assurer que les jeunes français soient bien formés pour relever les nouveaux défis qui nous attendent. Et bien sûr, il y a le défi démographique qui est devant nous. Il touche actuellement l'enseignement scolaire, mais ne manquera pas de toucher les universités à horizon de 10 ans. Comment nous assurer que nous formerons suffisamment d'ingénieurs, de soignants, d'artisans ou d'enseignants pour répondre aux besoins de notre population et faire tourner l'économie de demain ? C'est sur ces choix que nous attendons chaque groupe politique, du concret, du précis, du sérieux, loin des postures faciles. Les ministres de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste et l'Education nationale Edouard Geffray vont préciser ces engagements. Aux jeunes qui nous écoutent, nous attendons beaucoup de vous. Vous avez le droit d'attendre beaucoup de nous. A nous de vous donner des raisons concrètes de croire que vos efforts ouvriront réellement des portes. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre. La parole est à présent à monsieur Edouard Jeffrey, ministre de l'Éducation nationale.
la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les députés, l'École de République, vous le savez, fait la promesse d'amener chaque élève au bout de ses potentialités et par conséquent lui offrir un avenir. Cela suppose qu'elle lutte par conséquent contre toute forme d'assignation sociale, territoriale ou de genre. Cette exigence emporte trois nécessités. La première, c'est de permettre des parcours de formation diversifiés à partir du lycée pour que les jeunes puissent s'orienter librement. La deuxième, c'est de les accompagner pour qu'ils mûrisent leur projet d'orientation vers la poursuite d'études ou l'insertion professionnelle. Et la troisième, c'est de leur donner accès aux mêmes informations et aux mêmes possibilités de découverte des formations. Car on ne peut choisir ce que l'on ne connaît pas, ni nourrir une ambition que l'on n'a pas eu la possibilité d'imaginer. Il y a donc un continuum du collège jusqu'à l'université, de l'orientation jusqu'à l'affectation et à la réussite dans le supérieur. Je me permets d'insister là-dessus. Sur parcours SUP, le débat se concentre souvent sur la question de l'affectation. Or, l'enjeu est bien que celle-ci ait été suffisamment préparée et mûrie en amont et qu'elle débouche sur un parcours dans lequel l'étudiant réussit en aval. Et c'est précisément l'ensemble de ce processus qui suscite l'inquiétude des lycéens à travers la question ou le totem de Parcoursup. Les années lycées ont toujours été et seront toujours des années de choix, donc de réflexion personnelle intense sur son propre avenir. Et l'IA vient encore accroître cette sensation de vertige en promettant parfois, à tort ou à raison, la disparition de pans entiers d'activités professionnelles au cours des prochaines années. Et cette perspective rétroagit évidemment sur les inquiétudes, à juste titre, de nos élèves et ils nous l'ont très clairement exprimé. En amont donc de Parcoursup, sur lequel le ministre de l'Inseignement supérieur reviendra, je veux donc parler du processus global d'orientation qui permet à chaque jeune de découvrir ses aptitudes, ses appétences, de connaître les formations et de construire progressivement son projet. D'abord donc, un mot peut-être pour vous dire où nous en sommes. Les évolutions apportées ces dernières années ont permis objectivement de renforcer considérablement la liberté de choix et l'attractivité de différentes spécialités professionnelles, générales ou technologiques. D'abord au collège, avec le plan pluriannuel d'éducation à l'orientation qui s'organise dans chaque établissement et qui permet désormais, dans 80% des établissements qui se le sont appropriés, 88 pardon, de mettre en place les 4 demi-journées annuelles dédiées à l'orientation. Ensuite, au niveau du choix à la fin de la troisième, d'abord vers la voie professionnelle. Je voudrais partager avec vous une bonne nouvelle. C'est assez rare que celle-ci soit soulignée lors de nos échanges. C'est que désormais, 37% des familles, après 20 ans de baisse continue, 37% des familles et des élèves formulent le vœu en fin de troisième de rejoindre la voie professionnelle. C'était 32% il y a cinq ans. C'est la meilleure preuve que la voie professionnelle n'est plus qu'elle a été longtemps considérée à tort, c'est-à-dire une voie par défaut. Et ce n'est pas par hasard non plus, c'est parce que sur les 25 000 places créées depuis 2023 en voie professionnelle, 13 000 l'ont été dans les métiers de l'industrie. Du côté de la voie générale et technologique, j'ai commencé par la voie professionnelle car c'est souvent l'oublié et compris dans les discussions récentes. Du côté du lycée général et technologique, donc... Vous savez que la réforme du lycée a remplacé les trois anciennes filières S, ES et L par un bouquet de spécialités, avec à la rentrée 2023 près de 300 combinaisons de trois spécialités qui étaient suivies en première. Le champ des possibles s'est de fait considérablement ouvert et les élèves disposent d'une plus grande liberté dans la construction de leur formation, avec à la clé des pursus beaucoup moins marqués sociologiquement et de vrais choix pour les élèves. Nul n'ignore. que 75% des enfants de cadres allaient dans l'ancienne filière S contre seulement 20% des enfants d'ouvriers et d'employés. Désormais, le choix des spécialités a considérablement réduit ce caractère sociologique des parcours au lycée. Et après la terminale, Parcours Sup a rendu l'offre de formation plus visible avec 25 000 formations post-bac. Cette transparence permet à chaque lycéen où qu'il vive d'accéder à une information commune, universelle et de connaître toutes les formations susceptibles de l'intéresser. Troisième élément qu'il ne faut pas oublier en matière d'égalité des chances aussi et d'ancrage de nos élèves dans des parcours supérieurs, nous avons développé les cordées de la réussite avec plus de 180 000 élèves bénéficiaires dans plus d'un tiers des établissements en urbain comme en rural et singulièrement en éducation prioritaire comme dans le rural éloigné. Tout ceci, évidemment, suffit-il à dire que notre système est efficace en matière d'orientation ? Évidemment, non, pas complètement. Il reste évidemment beaucoup de choses à faire. En réalité, l'orientation repose sur plusieurs acteurs. L'information, vous le savez, a été confiée aux régions depuis 2018. L'accompagnement repose sur ceux qui connaissent les élèves, notamment les professeurs principaux, qui sont au nombre de deux en classe de terminale générale et technologique, et sur les psychologues d'éducation nationale, ce qu'on appelle les PSIEN-EDO. qui dépendent des centres d'information et d'orientation. Ils sont 4700 pour répondre à une question qui vient d'être posée, ainsi que sur des outils numériques, notamment la plateforme Avenir développée par l'UNICEF il y a deux ans. De la même façon, le dispositif Avenir Pro a été généralisé en cette rentrée dans le lycée professionnel pour permettre aux élèves qui souhaitent s'insérer professionnellement, et ils sont nombreux en voie professionnelle, et leur voie professionnelle historiquement a été construite pour ça, de pouvoir le faire en étant, à juste titre, accompagné. Pour autant, beaucoup reste à faire. D'abord, seuls 27% des lycées indiquent que tous leurs professeurs principaux à tous les niveaux ont été formés à l'orientation, ce qui signifie que nous avons un devoir de formation en la matière. Ensuite, seulement 52% des établissements informent et associent les familles à la réflexion en matière d'orientation, ce qui là aussi est trop peu. Et enfin, les régions acteurs clés de l'information sont encore 14 sur 17 à avoir conclu un partenariat avec l'éducation nationale en matière d'orientation. Des améliorations sont donc nécessaires. La première, évidemment, c'est de mieux accompagner les générations qui sont les plus nombreuses démographiquement, celles qui sont actuellement au lycée. J'ai beaucoup entendu ces dernières semaines qu'il fallait supprimer les suppressions de postes programmées dans le projet de la finance, sans que personne d'ailleurs n'ait dit pour en faire quoi. Nous avons fait le choix avec le Premier ministre, non seulement de les supprimer dans le second degré, mais de créer 500 postes supplémentaires pour plafonner les effectifs en classe de seconde, qui sont les classes charnières, et pour limiter la taille des groupes en première et en terminale, notamment dans les spécialités qui sont les plus nombreuses. Le deuxième enjeu, c'est évidemment de densifier l'accompagnement à l'orientation. Vous savez qu'au lycée, tous les élèves bénéficient d'un temps théorique de 54 heures d'accompagnement à l'orientation par an. Ce temps, aujourd'hui, n'a pas le même contenu et la même densité d'un établissement à un autre. Et donc l'enjeu de l'année, c'est évidemment de consolider les programmes d'orientation qui ont été mis en place dans les lycées, et donc la quasi-totalité des lycées ont développé, pour pouvoir densifier ces 54 heures. et de permettre un accompagnement personnalisé. C'est le sens notamment aussi des programmes de formation que nous lançons et de la nouvelle certification Orientation Parcours Insertion que nous avons ouvert à la rentrée de 2026 à destination des professeurs qui souhaitent la développer. C'est aussi le sens du renforcement de la place des psychologues d'éducation nationale dont nous proposons pour la deuxième année consécutive de renforcer les effectifs et sur lequel le Premier ministre a eu l'occasion d'annoncer l'autre jour 200 créations de postes supplémentaires. Et puis enfin, nous devons regarder en face la question du contrôle continu et des interrogations qu'il suscite, notamment en cas de parcours sup. Le contrôle continu a été pensé pour ne pas concentrer l'enjeu du baccalauréat sur le jour J, sur le jour de l'examen. Et à l'époque, une consultation à laquelle plus de 80 000 lycéens avaient répondu avait clairement acté cette nécessité de la part de ceux qui connaissaient l'ancien système et qui le vivaient comme un système de pression. final intense. Et le contrôle continu, il ne faut pas l'oublier non plus, car tout ceci actuellement est très vite occulté, s'est traduit objectivement par l'amélioration des résultats des élèves au baccalauréat. Mais il peut aussi renforcer le stress. C'est un fait de nombreux élèves. Sur les 100 000 contributions qui nous ont été mentionnées, de très nombreuses ont fait part de la pression que représente chaque semaine, dès début de la première, le fait d'avoir des évaluations qui, in fine, comptent pour le bac à l'auréat. Ce n'était pas la logique initiale, évidemment, et nous avions d'ailleurs, dès 2021, mis en place des projets d'évaluation d'établissement, renouvelés en 2025, qui devaient permettre, lycée par lycée, un travail sur l'évaluation. Le fait est que ce système s'est mis en place très inégalement selon les établissements et que nous ne pouvons nous satisfaire d'un système qui ferait de la préparation de l'avenir une pression constante sur le présent. Et c'est pour ça que cette question du contrôle continu, nous l'ouvrons. Et nous l'ouvrons en vue de la rentrée 2027, pas 2028. Nous l'ouvrons pour la rentrée 2027. Nous l'ouvrons au calme, avec sérénité. Nous avons deux mois de travaux devant nous, avec les représentants lycéens, avec les élus lycéens, avec les organisations syndicales, pour travailler sur cette section, non pas pour faire disparaître le contrôle continu, car il permet justement aussi de ne pas tout jouer sur une épreuve, il rend compte aussi de la progression de l'élève, mais pour faire en sorte qu'il ne se fasse pas au détriment de celui-ci. La réflexion est donc ouverte, soit pour le limiter, soit pour prévoir par exemple un droit à l'erreur, comme certains le suggèrent. Je n'ai pas de tabou en la matière, mais en tout cas ce qui est certain, c'est qu'il a besoin d'être actuellement repensé dans la perspective de Parcoursup. Voilà, Mesdames et Messieurs les députés, avant de passer le relais au ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, suivant ainsi l'ordre chronologique du cursus de nos élèves, ce que je voulais partager avec vous. Avec peut-être un dernier point. Nous venons d'un système que tout le monde a oublié, semble-t-il, et que pourtant la plupart d'entre vous ont dû connaître, même les plus jeunes, où les élèves choisissaient leur filière au bac en fonction de leur milieu social, où les élèves poursuivaient leurs études là où leur milieu social les envoyait, parce qu'ils candidataient dans ce qu'ils connaissaient. Nous avons désormais des lycéens qui choisissent leur cursus scolaire et peuvent amettre des vœux cohérents. qui choisissent leur spécialité en fonction de leur goût, et non plus en fonction de la connotation sociologique d'une filière. Cela, c'est une promesse d'ouverture, mais aussi d'exigence. Parce qu'il ne s'agit pas de faire croire à chacun qu'il peut le faire d'un coup, sans préparation, n'importe quel cursus scolaire, mais qu'en revanche. Des choix de spécialité générale ou professionnelle librement choisis doivent pouvoir déboucher sur un parcours dans l'enseignement supérieur librement choisi. Notre devoir, c'est de faire en sorte que l'orientation donne confiance plutôt qu'elle alimente l'inquiétude et qu'elle permette à chacun de se procéder dans un avenir qu'il choisit plutôt qu'il ne le subit. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à présent à monsieur Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. Mes chers collègues, vous aurez tout le temps de vous exprimer. Chaque groupe politique a du temps de parole. Vous aurez le temps de parole nécessaire pour faire vos remarques et exprimer vos opinions. Monsieur le ministre, allez-y.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Président de la Commission, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les députés. Il est des débats qui, sous une apparence technique, nous oblige à répondre à des questions qui sont profondément politiques. Le débat de ce jour est de cela. Depuis plusieurs semaines... Des lycéens, des étudiants nous interpellent, ils nous parlent de leurs inquiétudes, de leurs aspirations, parfois de leur colère. Ils nous parlent surtout de leur avenir. Et nous devons les entendre, nous les entendons. Car derrière Parcoursup, il y a bien davantage qu'une simple plateforme numérique. Il y a la promesse que la République doit à sa jeunesse, celle de choisir son avenir plutôt que de le subir. Pour tenir cette promesse, nous devons faire le choix de la lucidité. En 2017, avec APB, le prédécesseur de cette plateforme, près de 4000 bacheliers étaient sans proposition d'admission à l'issue de la procédure. En 2026, il n'était que 60, 60 de trop. Ces chiffres nous rappellent une réalité. L'actuel système d'affectation n'a pas tout résolu, mais les chiffres sont têtus. Et dire que c'était mieux avant relève au mieux de la mauvaise foi, au pire de la manipulation. Notre pays a choisi depuis plusieurs décennies de démocratiser l'enseignement supérieur. Notre responsabilité politique aujourd'hui est de réconcilier cet idéal avec le réel. Mesdames et messieurs les députés, souvenons-nous de la situation qui prévalait avant 2018. Notre pays en était arrivé à une situation où le hasard, le tirage au sort, pouvait décider de l'avenir de certains bacheliers. La loi de 2018 a permis de mettre fin à cette situation. Elle a assumé l'ambition de lutter contre l'assignation à résidence, aussi bien sociale que géographique. La loi de 2018 a aussi apporté des avancées. Que je revendique fermement une procédure nationale, une meilleure visibilité des formations, des garanties communes et des dispositifs d'ouverture sociale. En proposant 11 000 formations en apprentissage, là où APB n'en proposait presque aucune, elle a facilité l'entrée dans la vie professionnelle de centaines de milliers de jeunes. Je pense aussi aux quotas de boursiers. qui ont ouvert massivement les portes de certaines formations à des jeunes qui, sans cela, n'auraient jamais pu y accéder. Depuis 2018, chaque année, la plateforme a évolué, mais nous devons aussi regarder les limites du système avec lucidité. Les mécanismes d'orientation et la plateforme n'ont pas tout résolu. Inégalité d'information, anxiété latente. Difficulté de comprendre les décisions, autant de limites que le système existant à poser et limites qui doivent être dépassées. Et surtout, il n'a pas résolu le décalage entre les aspirations des jeunes et les places disponibles. Pourquoi ? Parce que nous avons demandé à une plateforme de résoudre un certain nombre de problèmes politiques, elles-mêmes, que la politique n'avait pas tranchée. C'est pourquoi le gouvernement décide d'avancer. Et après plusieurs semaines de concertation avec les lycéens, avec les étudiants, les représentants des personnels et les établissements, le Premier ministre a annoncé lundi des engagements clairs et précis. Une première transformation dès 2027, un nouveau système d'affectation en 2028, des places supplémentaires là où les besoins sont les plus importants, une indexation des bourses et un effort considérable de rénovation sur les campus, 1 milliard d'euros en plus. Nous sommes prêts à faire évoluer profondément le système, ses procédures, ses mécanismes d'admission, jusqu'à la forme même de la plateforme, évidemment. Car notre ambition n'est pas simplement de changer le nom de la plateforme, ou de changer un logo ou une mise en page. Elle est de changer ce qui doit l'être. Mais alors, pourquoi ne pas changer radicalement Parcoursup tout de suite ? Parce que ma première responsabilité de ministre, c'est de garantir que la prochaine campagne de Parcoursup, qui ouvrira dans quelques semaines... se déroule dans de bonnes conditions, dans les meilleures conditions, et je ne céderai à aucun appel à la démagogie sur ce point. Plus d'un million de candidats s'apprêtent à faire des choix importants pour leur avenir. Ils ont besoin de règles claires, de stabilité et de confiance, et je leur garantis que la prochaine campagne se déroulera dans les meilleures conditions. Mesdames et Messieurs les députés, je veux maintenant en venir au cœur du débat qui nous réunit. Vous avez été nombreux sur ces bancs à demander la suppression de Parcoursup. Suppression. Certains la réclament depuis des années, d'autres ont rejoint cette position plus récemment. Le gouvernement a entendu cette demande, le remplacement de la plateforme est désormais engagé. Mais je voudrais vous dire une chose, remplacer Parcoursup ce n'est qu'un choix technique, ce n'est pas qu'un choix technique, c'est décider de ce qui lui succède et c'est un choix de société, c'est un choix politique. Sur ce sujet, je veux remercier les députés Franz Goms et Pierrick Courbon qui ont contribué à cette réflexion dans le cadre de leur mission Flash. Mais nous devons désormais évoquer ce que nous voulons construire demain et je voudrais vous soumettre quatre questions, quatre questions qui me semblent essentielles à notre réflexion collective. La première, c'est celle de la sélection. C'est sans doute la plus sensible et il faut avoir le courage de la poser clairement, probablement de manière plus brutale que nous l'avons fait en 2017. J'entends sur certains bancs qu'il ne faudrait aucune sélection à l'entrée à l'université. Sur d'autres, qu'il faudrait au contraire renforcer les exigences, le mérite les prérequis. Et partout une même ambition. Refuser la sélection par l'échec. Mais au-delà des vœux pieux, il y a encore et toujours la réalité de ce que nous devons regarder en face. En première année de licence de droit à Paris 1, 20 500 candidats, 745 places. Pour la formation en santé PASSE de Dijon, pour la formation en santé PASSE à Dijon, option SVT, 2000 candidats pour quelques dizaines de places. Deux exemples parmi de très nombreux autres partout sur le territoire. Alors comment partager les candidats ? Si nous refusons la sélection, si nous refusons le tirage au sort, que proposons-nous ? Aujourd'hui, notre système concilie la prise en compte du mérite académique et un large accès à l'enseignement supérieur. La France est ainsi en tête de tous les pays de l'OCDE, avec un taux d'accès de 95% des lycéens. Nous ne pouvons pas d'un côté réclamer davantage d'exigences et de l'autre nous indigner à chaque fois qu'un jeune reçoit une réponse négative. Je répète donc ma question, que voulons-nous vraiment, une sélection assumée ou une absence totale de sélection ? Deuxième question, que promettons-nous à notre jeunesse ? Certains d'entre vous disent qu'une bonne formation est une formation qui prépare un métier immédiatement. J'entends aussi le discours... assez daté je crois, que l'université ne devrait jamais se préoccuper des attentes du monde économique. Alors que faire ? Où placer le curseur entre les besoins objectifs de la nation et des jeunes et les aspirations légitimes des étudiants ? Nous avons fait le choix d'un système équilibré avec des places dans des cursus académiques longs et classiques et de nombreuses places ouvertes dans des formations professionnalisantes en donnant une large place à l'apprentissage. C'est un choix politique et il nous appartient d'en débattre. Troisième question, quelle ambition pour le baccalauréat ? Je serai bref, mais je poserai les choses franchement, 100% d'une classe d'âge au bac, une immense hétérogénéité de niveau. Pouvons-nous vraiment attendre de nos universités qu'elles fassent réussir autant de jeunes avec des niveaux aussi disparates ? Et finir par réduire cette question à une difficulté de classe ne semble être pas raccourci. BAC a été pensé pour être une promesse, il ne doit pas devenir un grand mensonge de la République à sa jeunesse. Quatrième question, à quoi devrait ressembler la prochaine plateforme ? Beaucoup parmi vous dénoncent une plateforme nationale jugée complexe ou stressante. Nous avons entendu ces critiques et nous avons surtout entendu la jeunesse s'exprimer au cours de ces dernières semaines. Et nous allons faire évoluer profondément l'outil. Et nous allons le remplacer à la session suivante. Une fois cela posé, à quoi cela devra-t-il ressembler ? Doit-on garder le principe d'une plateforme nationale unique ? Doit-on faire une plateforme par discipline, par région ? Abandonner le principe même d'une plateforme et laisser les étudiants le soin de se débrouiller seul face à l'université ou à l'école de leur choix ? Quitte à revenir, je l'ai entendu, à des dossiers papiers. Toutes ces options peuvent se regarder, mais certaines... Je crois, sont particulièrement dangereuses et remettraient en cause des avancées réalisées ces dernières années en matière d'affectation. Mesdames et messieurs les députés, vous le voyez, les questions qui sont devant nous dépassent très largement le fonctionnement d'une plateforme numérique. Cette plateforme n'est qu'un outil. Ce que nous devons définir, c'est une vision, une conception du mérite de la justice sociale, de la liberté de choix, de l'excellence et de l'égalité. On ne crée pas des places en supprimant une plateforme, on n'efface pas les inégalités en changeant un algorithme et on ne garantit pas une réussite en modifiant une procédure. C'est l'ensemble de l'équilibre qu'il faut repenser. Une telle réforme ne pourra pas se limiter à des évolutions techniques ou réglementaires. Si nous voulons modifier les principes même de l'accès à l'enseignement supérieur, il faut passer, c'est obligatoire, par la loi. C'est alors au Parlement qu'il reviendra de débattre, de trancher et de fixer les nouveaux équilibres. Et le Parlement ne peut pas seulement demander la fin d'un système, il doit aussi évidemment contribuer directement à définir les principes du suivant. C'est une responsabilité exigeante et c'est toute la noblesse du travail parlementaire, je crois. Vous avez souhaité ouvrir ce débat, il est désormais ouvert. Derrière chacune des questions que je viens d'évoquer, il y a des arbitrages, des priorités, des conséquences concrètes pour des centaines de milliers de jeunes et leurs familles. Nous pouvons avoir des convictions différentes, nous pouvons défendre des modèles différents, mais je crois que nous avons une responsabilité commune, ne pas laisser les jeunes seuls face à des contradictions que nous n'aurions pas eu le courage de résoudre. Mesdames et Messieurs les députés, au fond, ce débat nous oblige à revenir à l'essentiel. Il nous appartient désormais ensemble d'en faire sortir autre chose que des inquiétudes, une espérance pour notre jeunesse. C'est ce que nous avons à construire et c'est aussi une nouvelle promesse d'émancipation. Je vous remercie.
Merci beaucoup monsieur le ministre. Nous allons maintenant passer au débat. Il y a certains groupes qui ont choisi d'avoir uniquement une intervention, d'autres de panachées, interventions et questions. Donc le premier à intervenir sera monsieur Jean-Claude Raud pour le groupe écologiste et social pour une durée de six minutes.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres. Depuis plus d'un mois, les jeunes sont dans la rue. Que demande-t-il des choses qu'un gouvernement digne de ce nom devrait garantir au nom de la promesse républicaine ? Des professeurs devant chaque classe, des lycées où l'on n'a ni trop froid en hiver, ni trop chaud au printemps. Des équipes éducatives complètes, une place garantie dans le supérieur et la fin de parcours sup. Et quand il reçut en réponse... des grenades, des LBD, des gaz lacrymogènes. Jusqu'ici, votre gouvernement les a ignorés, intimidés, réprimés au lieu de les respecter. Depuis 4 ans, nous alertons sur Parcoursup, cette machine a broyé. Aucun des 7 ministres de l'éducation nationale ne nous a écoutés. Et si nous avons enfin le débat dans cet hémicycle, c'est grâce à la mobilisation sans faille des lycéens et des lycéennes qui ont manifesté pour défendre leurs droits. Alors aujourd'hui, nous voulons croire que l'heure est venue de les entendre. Monsieur le ministre, vous l'avez dit vous-même, changer parcours sup ne sert à rien si nous n'ouvrons pas davantage de places dans le supérieur. 1 million de candidats en 2026, un record. Et paradoxalement, l'offre recule année après année. 43 000 places de moins en 2025, 10 300 de moins cette année. A la mi-juillet, 126 500 jeunes n'avaient aucune proposition. C'est une pénurie organisée. Alors, dans vos annonces, monsieur le ministre, les calculs ne sont pas bons. 15 000 places à la rentrée 2027, quand les organisations étudiantes et lycéennes en demandent 250 000. Vous allez supprimer le nom du lycée d'origine en 2028, 9 ans après que le défenseur des droits a jugé que ce critère était discriminatoire. Il était temps. Mais effacer le nom du lycée n'efface pas les inégalités. Elles sont déjà dans les notes, dans les filières en France. L'établissement fréquenté explique près de 40% des écarts de niveau entre élèves. Parcoursup, c'est aussi une machine à fabriquer du renoncement. Une lycéenne de ma circonscription me l'a écrit. Elle rêve de Sciences Po, mais elle envisage de ne pas faire d'études du tout. Pourquoi ? Parce qu'elle est lucide et se sait en concurrence avec des élèves venant de meilleurs lycées, qui ont plus d'opportunités qu'elle. et aussi parce qu'elle se dit qu'un Bac plus 5 l'endettera pendant des années sans garantie d'emploi. Voilà ce que devient l'égalité des chances des jeunes qui se trient eux-mêmes avant que l'algorithme ne le fasse. Vous annoncez un simulateur de chance fondé sur l'intelligence artificielle. Nourri des admissions d'hier, il reproduira les inégalités d'hier. L'autocensure existe déjà, ne programmons pas sa version robotisée. Vous annoncez aussi de l'information sur la réorientation dès le premier semestre. On va donc mieux expliquer aux jeunes comment essayer d'entrer dans une formation qu'on leur refuse ou dans une formation qu'ils et elles refusent. Car il peut arriver de se tromper de voix après le bac quand on n'a pas été bien aiguillé. Un autre témoignage local, celui de Candice l'illustre. Quand elle a cherché à se réorienter, elle explique avoir dû affronter seule la complexité de la procédure. On lui avait recommandé de multiplier les voeux pour ne pas se retrouver sans études. Mais elle n'en a formulé que deux. D'abord parce qu'elle craignait de suivre une formation qui ne l'intéresse pas du tout. en assumant le coût d'une année d'études, et aussi parce qu'elle ne pouvait pas financer le loyer d'un logement. Aujourd'hui, elle a intégré par défaut une licence de philosophie, dans l'objectif de tenter une seconde fois d'entrer en psychologie en novembre, sans la moindre garantie d'y être admise. Je la cite, « Je n'ai jamais eu de difficultés particulières à l'école. » Mes notes et mes appréciations ont toujours été bonnes. Pourtant, je dois me battre pour accéder à la licence que je souhaite. Étudier ne devrait pas être un privilège que l'on mérite en croisant les doigts, mais un droit. Celle-exemple de Candice est un cas parmi des dizaines, des centaines de milliers d'autres qui redisent toujours sensiblement la même chose. Le stress, les portes fermées, le manque de moyens, le refus ou l'obligation de se tourner vers les sirènes du privé, la frustration et trop souvent à la fin le renoncement au projet professionnel. Malgré plusieurs stages pour enrichir leur connaissance et valoriser leur dossier, trop de candidats essuient plusieurs refus et se retrouvent bien loin sur les listes d'attente des universités. Les jeunes se heurtent à une réalité cruelle, l'égalité des chances n'est plus que de la poudre de perlimpinpin. Parcoursup ne rend pas service aux jeunes, il ne rend pas non plus service à la société. Prenons l'exemple des instituts de formation aux soins infirmiers. Avant 2009, il y avait un concours d'entrée où les jeunes présentaient leur motivation face à des soignants. Parcoursup l'a supprimé. Résultat, les élèves découvrent le métier en cours de route et décrochent entre 20 et 30% d'abandon en première année, alors qu'il nous manquera 80 000 infirmières en 2050. Abrogé par Coursup, nous l'avons réclamé. Ce que nous demandons est clair. Un système qui arrête de mettre les élèves sous pression deux ans avant le bac. Un droit d'accès au premier cycle pour tout bachelier avec une priorité dans son académie. Un système qui prenne mieux en compte l'expérience et la motivation et rétablisse des moyens humains. pour le mesurer, des places en BTS et en BUT, des moyens enfin pour l'université. Les jeunes ne réclament pas un meilleur algorithme, ils réclament une place dans la société et le droit de construire leur avenir. A vous maintenant de les écouter.
Merci beaucoup Monsieur le député. La parole est à présent à Monsieur Franz Gums pour le groupe Les Démocrates.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, chers collègues, depuis plusieurs semaines, les lycéens se mobilisent partout en France, c'est vrai. Au-delà des débordements que nous regrettons tous, ils nous disent quelque chose de profond, leur angoisse face à l'avenir. Avec les députés et les démocrates, nous avons pris soin de rencontrer la jeunesse mobilisée. Dans nos permanences dans les lycées et dans les universités, nous avons vu combien Parcoursup est devenu le symbole de cette angoisse. Avec Pierrick Courbon, j'ai conduit pour la Commission des affaires culturelles et d'éducation une mission flash sur Parcoursup. Nous avons entendu des lycéens, des étudiants, des parents, des enseignants, des chefs d'établissement, des universités, des chercheurs et d'autres partenaires. Et je veux d'abord vous dire ici, la suppression de Parcoursup n'a pas été un des sujets, un sujet aussi répandu qu'il paraît l'être aujourd'hui. Notre conclusion tient en une phrase. Parcoursup n'est ni une machine à broyer la jeunesse, comme on dit, mais ce n'est pas non plus une solution miracle. Et cela, me semble-t-il, restera vrai, quel que soit le nom de son successeur. Ce n'est pas une machine à boyer parce que Parcoursup porte des améliorations par rapport à ses prédécesseurs. Souvenons-nous d'APB. Quand une filière était trop demandée, on tirait les étudiants au sort. C'est donc le hasard qui décidait de l'avenir d'un jeune. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, l'immense majorité des lycéens trouvent une place, pas toujours celle souhaitée, c'est vrai, mais une place tout de même. Et la plateforme a aussi ouvert des portes qui restaient fermées. Grâce au quota, près de 19 400 lycéens boursiers ont été admis dans une formation qu'ils n'auraient pas obtenue sans eux. Derrière ces chiffres, il y a des visages des jeunes qui ont trouvé leur voie. Mais ce n'est pas non plus une solution miracle, disais-je. Parcoursup est un outil, une machine. Il ne crée pas le problème, il le révèle. Et ce problème, c'est l'inadéquation entre l'offre de formation et la demande des jeunes. Inadéquation en nombre de places. D'abord, les filières les plus demandées n'en ont pas assez. En droit, en Paris 1, j'ai trouvé 19 000 candidats qui ont été classés pour 745 places. Inadéquation géographique ensuite. Les ultramarins, par exemple. Je pourrais préférer aller à Montpellier ou à Toulouse, car les hivers sont moins rigoureux, mais ils ne trouvent pas de place qu'au Havre qui est à Lille, qui sont par ailleurs de Belleville. Nous avons massifié les candidats, mais nous n'avons pas massifié l'accueil. Ce problème est très difficile à résoudre, et je me méfie de ceux qui prétendent le contraire. Je pense à cet étudiant que j'ai rencontré, que nous avons rencontré, un élève brillant qui a obtenu un très bon bac, un bac avec une très bonne note. Mais ses notes de première n'étaient pas à la hauteur. Or, c'est sur ce dossier de première arrêté au printemps que les formations l'ont jugé. Il n'a pas obtenu la formation qu'il voulait. Son excellent bac arrivait trop tard. Lui-même avoue que c'est dès la première qu'il aurait dû fournir plus d'efforts. Il a manqué de conseils stratégiques. L'autre faille, c'est donc l'accompagnement. Quand on laisse l'orientation aux familles, tout le monde le sait, l'inégalité est totale. L'enfant dont les parents connaissent l'enseignement supérieur sait quelle filière viser, comment rédiger ses voeux. Les autres se débrouillent tout seuls ou renoncent. Parmi les lycéens sans réponse positive à la fin de la phase principale, un sur deux n'a reçu aucun accompagnement pour préparer la phase complémentaire. C'est ce que nous révèle le questionnaire de la mission Flash auquel plus de 1 600 personnes ont répondu. C'est pourquoi je veux dire un mot des fausses promesses. Certains expliquent aux lycéens qu'il suffirait de supprimer Parcoursup. Je ne pense pas que ce soit vrai. Supprimer une plateforme ne crée pas une seule place en licence. Cela ne recrute pas un seul psychologue. Cela ne forme pas un seul professeur. Beaucoup se jouent avant Parcoursup, d'ailleurs. Sur ce point, le gouvernement a fait des annonces que je salue, faisant sienne certaines des propositions de notre rapport. Un accompagnement à l'orientation dès la classe de seconde ou encore une lettre de motivation demandée seulement si elle est utile. Ce sont quelques avancées importantes et vous pourrez compter sur notre groupe, M. le ministre, pour veiller à leur mise en œuvre. Je voudrais simplement partager quelques pistes pour les prolonger. Il faut rendre effectives les 54 heures annuelles d'orientation qui sont prévues par les textes. Non pas plus, mais il faut mieux former les professeurs principaux à qui l'on confie beaucoup, sans toujours leur donner des outils. Il faut veiller à l'attractivité des métiers de l'accompagnement. Les 500 postes de psychologues, d'infirmiers et d'assistants de services sociaux sont une très bonne nouvelle. Cela nous invite toutefois à accompagner ces créations de postes de travail sur les conditions d'emploi pour que chaque poste ouvert trouve preneur. Beaucoup se jouent aussi après Parcoursup. Au moment où les formations examinent les dossiers, c'est là que naît le sentiment d'injustice, un refus sans explication, des critères que personne ne connaît, un premier tri fait sur les seules notes par un algorithme local. Là aussi, je veux reconnaître que le gouvernement a entendu notre mission. Les critères d'examen des formations seront publiés. Chaque lycéen saura ce que l'on attend de lui avant de candidater. Nous voulons mieux accompagner notre jeunesse dans leur entrée dans la vie adulte. Nous voulons une orientation qui ne lui ferme pas trop de portes. L'égalité des chances ne se joue pas en un clic sur une plateforme, elle se construit tout au long du chemin vers l'âge adulte. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Philippe Fé pour le groupe Horizon et Indépendant.
la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, Depuis deux mois, des milliers de lycéens disent leur inquiétude, inquiétude devant une orientation qui fonctionne mal, devant un avenir que l'intelligence artificielle et le dérèglement climatique rendent plus incertain, devant le sentiment que leur choix se joue trop tôt et sans qu'on leur en ait donné les clés. Nous aurions tort de leur répondre avec condescendance. Et le groupe Horizon est indépendant. ne le fera pas. Parce que nous croyons en cette jeunesse et que c'est son avenir qui se joue dans les décisions que nous prenons ici. Mais prendre cette inquiétude au sérieux, c'est l'écouter telle qu'elle s'exprime et non telle que certains voudraient la caricaturée. Sur les plateaux de télévision, on entend surtout réclamer l'abolition de Parcoursup avec des mots qui sont ceux de la France Insoumise et du Rassemblement National. Dans les lycées, Dans les lycées de circonscription, les élèves nous parlent d'autre chose. Ils ne refusent ni l'effort ni la sélection pourvu qu'elle soit juste et que les règles en soient connues à l'avance. Et ce qu'ils attendent d'abord de nous, c'est qu'on les aide à construire leur orientation. Ce n'est pas seulement notre impression, puisque sur les plus de 100 000 contributions que le gouvernement a recueillies ce mois-ci, ce qui les préoccupe d'abord, ce sont des journées trop longues et des emplois du temps mal construits, pour plus de 7 sur 10. Viennent ensuite l'état des bâtiments, puis le climat scolaire et la santé mentale. Les professeurs absents non remplacés, puis les classes trop chargées. Quant à parcours sup et à l'orientation, ils ne sont cités que par 22,3% des lycéens. Si certains ont fait parcours sup leur cible, ce n'est pas parce que les lycéens le leur demandent, c'est parce que c'est politiquement commode. Parcours sup est un totem idéal sur lequel il est facile de taper. S'attaquer au fond des sujets est autrement plus difficile. Nous ne nions pas ni la mobilisation de ces dernières semaines, ni que Parcoursup comporte des défauts qu'il faut corriger. La procédure est stressante et reste polisible pour trop de familles. Et le gouvernement a raison de vouloir y remédier. Mais nous refusons que nous confondons l'inquiétude légitime des milliers de lycéens avec les blocages, les feux allumés devant les établissements, les forces de l'ordre et les personnels de l'éducation nationale agressés. Cette consultation l'a d'ailleurs montré, lorsqu'on leur donne les moyens de s'exprimer, les lycéens se font entendre sans bloquer un seul établissement. Leur parole compte et l'école dispose déjà de lieux où elle peut peser concrètement. Chaque lycée a son conseil de la vie lycéenne et les lycéens élisent leurs représentants au conseil d'administration et dans les instances académiques. C'est là qu'un élève peut dire ce qui ne va pas. Encore faut-il que ces instances soient écoutées. C'est pourquoi nous soutenons le gouvernement quand il propose de doubler la représentation lycéenne au Conseil supérieur de l'éducation et de réserver dans chaque conseil d'administration un temps aux travaux du Conseil de la vie lycéenne. Apprendre à débattre, à écouter l'autre, à écouter l'autre, et à convaincre par des arguments, c'est aussi cela que l'école doit enseigner. Car le véritable sujet de ce débat n'est pas une plateforme, c'est une promesse que la République a faite à ses enfants et qu'elle doit tenir. La promesse que chacun, d'où qu'il vienne, puisse réussir par son travail et par son mérite. Le groupe Horizon et Indépendant tient à dire qu'il faut rétablir cette méritocratie républicaine et qu'il faut pour cela commencer par dire la vérité aux lycéens et à leurs familles. Et la vérité, mes chers collègues, c'est que promettre à chacun une place garantie à l'université, quels que soient ses choix et ses résultats, en laissant croire qu'il n'y aura plus de sélection, c'est faire une promesse qu'aucun gouvernement ne pourra tenir. La sélection, on peut toujours la supprimer à l'entrée. Elle vous reviendra en boomerang un peu plus tard, mais plus brutale et plus injuste. Elle arrive à la fin de la première année quand moins de 50% des étudiants passent en deuxième année. Elle arrive au concours, à l'embauche, au premier emploi. Et les premiers à en payer le prix sont toujours les jeunes à qui on avait promis que tout irait bien et qui découvrent trop tard qu'on leur a menti. C'est pourquoi nous ne laissons pas la France Insoumise faire croire aux lycéens qu'il suffirait d'abolir Parcoursup et d'ouvrir des centaines de milliers de places pour que chacun s'inscrive où il veut, quelles que soient ses notes, son travail, son assiduité ou son niveau réel, comme si l'effort fourni pendant trois années de lycée ne devait plus compter pour rien. A la France Insoumise, comme au Rassemblement National, on promet donc de supprimer Parcoursup. Très bien. Mais quand il y aura trois fois plus de candidats que de places en médecine, en droit ou en STAPS, qui choisira ? Personne ne répond parce que la réponse les gêne profondément. Ce sera le hasard ou le piston. Et le hasard, nous l'avons connu. A l'été 2017, 92 licences tiraient encore leurs étudiants au sort et les perdants de cette loterie étaient toujours ceux dont les parents n'avaient ni relation ni solution de rechange. Le problème n'est donc pas l'outil. Parcoursup, né en 2018 sous le gouvernement d'Edouard Philippe, grâce à l'action de Jean-Michel Blanquer et Frédéric Vidal, a mis fin à cette loterie. Et nous n'avons pas à nous en excuser. Ce qui manque aujourd'hui et qui est source de stress pour les élèves et leurs familles, c'est la transparence et d'abord celle des formations elles-mêmes. Chaque lycéen doit savoir, avant de formuler un vœu, sur quels critères son dossier sera examiné, combien d'étudiants réussissent leur première année et combien trouvent un emploi à la sortie. Nous soutenons donc la publication des critères d'examen et l'explication de chaque refus dès l'année prochaine. Sur le reste de vos annonces, messieurs les ministres, nous vous soutenons sans réserve. Des journées mieux construites et une vraie pause déjeuner, c'est une question de bon sens. Il faut d'ailleurs aller plus loin et laisser plus d'autonomie aux établissements pour qu'ils adaptent les rites et les enseignements aux besoins de leurs élèves, plutôt que d'attendre des consignes uniformes venues de Paris. Revoir le contrôle continu est aussi nécessaire, et cela passe par plus d'exigences, avec le retour des devoirs écrits sur table, car à l'heure de l'intelligence artificielle, c'est la seule copie dont on sait qui l'a écrite. Quant à la rénovation des lycées et des universités, c'est une question de dignité pour ceux qui y étudient et pour ceux qui y enseignent. Mais la méritocratie suppose aussi une orientation digne de ce nom. Car il y a l'enfant dont les parents connaissent les codes, les filières et les classes préparatoires, et celui dont les parents n'en ont jamais entendu parler. C'est pour lui que nous proposons qu'un étudiant référent accompagne chaque collégien et chaque lycéen, que l'apprentissage et les métiers manuels soient enfin présentés comme des voies d'excellence, et que l'on ait le courage de fermer les formations qui ne mènent ni à la réussite, ni à l'emploi. Les 15 000 places que vous ouvrez en BTS, en IUT et en santé, là où on le recrute, vont dans ce sens. Mais la méritocratie ne commence pas à 18 ans. J'ai été enseignant et je peux en témoigner. Elle commence à 3 ans, 4 ans, 5 ans, dans une classe de maternelle, avec la lecture, l'écriture et le calcul. Le plafond de 28 élèves en seconde est une bonne mesure, mais c'est en maternelle et au CP qu'il faut d'abord réduire la taille des classes, ou plutôt le nombre d'élèves par classe. Mes chers collègues, en 1924, dans un quartier pauvre d'Alger, un instituteur nommé Louis Germain a donné des leçons gratuites à l'un de ses élèves pour le préparer au concours des bourses, contre l'avis d'une grand-mère qui voulait lui donner un travail au plus vite. L'enfant a réussi le concours. Il est entré au lycée et en novembre 1957, quelques semaines après l'annonce de son prix Nobel, Albert Camus écrivait à son ancien maître Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue aux petits enfants pauvres que j'étais, sans votre enseignement et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Voilà ce qu'est la méritocratie républicaine, un enfant né pauvre qui a pu réussir grâce à son travail, parce qu'un instituteur a cru en lui et que l'école lui a donné sa chance. Voilà ce que nous devons à nos lycéens, non pas la promesse que tout leur sera donné. mais la garantie que tout ce qu'ils auront mérité par leur travail leur sera accordé. Merci.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à madame Nicole Sanker du groupe Liberté indépendant Outre-mer et Territoires.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, mes chers collègues. Aucun, je le répète, aucun lycéen issu d'un territoire ultramarin n'a été consulté lors des réunions organisées par Matignon et les ministères à la suite du mouvement des lycéens. C'est ce que nous rapportent le syndicat Les Lycéens au sortir de ces réunions de consultation. Pourtant, leurs problématiques sont nombreuses et spécifiques. Pourtant, le mouvement avait commencé dès cet été avec la mobilisation du lycée du Nord à Mayotte. Pourtant, des influenceurs étudiants étaient bien connectés en visioconférence aux réunions que vous avez organisées. Je ne crois donc pas que l'argument du décalage horaire tienne la route. Et pourtant, messieurs les ministres, je ne crois pas non plus que les problématiques des lycéens et étudiants ultramarins soient anecdotiques pour vous. Pour la suite, je vous recommanderai d'engager le dialogue avec des lycéens de chaque territoire ultramarin, car leurs difficultés sont particulières et propres à chaque territoire. Le débat de ce soir tient en un mot, Parcoursup, bien que la mobilisation des lycéens soit aussi nourrie d'autres demandes auxquelles vous avez commencé à répondre en début de semaine. Je salue certaines de vos annonces, mais j'ai aussi des questions. D'abord, l'instauration d'une pause d'une heure en milieu de journée. Nous la saluons, mais c'est un minimum. Et elle repose d'abord sur les chefs d'établissement. Depuis la réforme Blanquer, les emplois du temps sont devenus des vrais casse-têtes. Comment aiderez-vous les chefs d'établissement à rendre cette pause applicable ? Ensuite, les bourses. Vous proposez de les indexer sur l'inflation. C'est une bonne mesure que nous avions déjà votée lors de la niche du groupe GDR il y a quelques mois. Aller au bout de la logique. Verser les bourses aussi l'été. Sans aide, en juillet et en août, un étudiant doit parfois rendre son logement, puis en chercher un autre à la rentrée. Une situation particulièrement délétère pour les étudiants ultramarins. Plus encore, il convient d'engager l'acte 2 de la réforme que souhaitait entreprendre la ministre Sylvie Retailleau. Sortir de la logique des paliers et de linéariser le barème des bourses. Une dégressivité progressive et non par marche. Éviterait que travailler ou se débrouiller ne devienne paradoxalement pénalisant. Venons-en aux places dans l'enseignement supérieur. Vous annoncez 15 000. 10 000 en BTS dès la rentrée 2027. 4 000 en BIT. 1 000 pour la licence d'accès santé. Fort bien. Néanmoins, selon le SNU-SUP, l'offre sur Parcoursup a reculé de 43 000 places en 2025, puis de 10 000 en 2026. En deux ans, les licences générales ont perdu 6 600 places, faute de moyens. Toutes les universités sont en déficit. La création de 15 000 places apparaît donc modeste. De son côté, l'Institut des politiques publiques estime le besoin réel à 120 000 places. Pourquoi nous proposez-vous 15 000 places ? Sur quelle base ? En l'état, c'est un pansement sur une jambe de bois. En outre, la véritable problématique est celle du sous-financement des universités. Créer quelques nouvelles places ne permettra pas de pallier dans la durée le manque de moyens des universités. Parcoursup maintenant. Pour l'année prochaine, vous proposez des critères d'examen public et lisible. L'explication de chaque refus dès juin 2027. Un droit à l'erreur. Un accompagnement à l'orientation dès la seconde. Mon groupe soutient ces mesures. Beaucoup reprennent d'ailleurs les conclusions de l'excellente mission d'information sur Parcoursuc de nos collègues Pierrick Courbon et Franck Gems. Pour la suite, vous annoncez le remplacement de la plateforme. Nous attendrons les conclusions du comité et nous serons vigilants. Le véritable problème de Parcoursup, ce n'est pas le logiciel qui est une plateforme de mise en relation. Ce sont ses effets pervers, le stress, la disparition des vœux préférés, le sentiment d'être trié sans savoir pourquoi. Le fait que la décision revienne aux établissements engendre une concurrence entre les lycées et désavantage les élèves issus des établissements les moins cotés. Au fond, c'est une question d'orientation et sur ce sujet, une question particulière sur les IFSI. Le gouvernement envisage-t-il de sorte... les IFSI de Parcoursup et de rétablir les entretiens individuels de motivation afin de limiter les amendants en cours de formation. J'en viens à la Polynésie. Pour un lycéen Polynésien, Parcoursup n'est que le premier obstacle du long parcours du combattant pour poursuivre ses études. Il y a le billet d'avion, les trajets entre les îles, le déménagement, la question de l'hébergement. Tout cela doit être payé avant que les aides n'arrivent. Or, plus la réponse est tardive, plus le billet est cher et l'organisation du déplacement est compliquée et périlleuse. Plus encore, la réforme blanquière, toujours elle, a introduit une véritable inégalité entre les lycéens. Les lycéens ruraux et qui plus c'est les lycéens ultramarins n'ont pas accès à toutes les spécialités, ce qui peut les handicaper considérablement pour la suite de leur parcours académique. Aujourd'hui, les étudiants polynésiens doivent faire face à une concurrence nationale pour des places limitées, aussi bien en Hexagone qu'en Polynésie française. Messieurs les ministres, vous avez commencé à répondre aux lycéens de l'Hexagone et c'est heureux. s'est trop faite attendre. Comment comptez-vous entamer le dialogue avec les lycéens et étudiants ultramarins ? J'aimerais qu'au terme de ce débat, vous puissiez vous engager à examiner de plus près leur situation et même à les rencontrer. Je vous remercie.
Merci beaucoup, Madame la députée. La parole est à présent à Madame Soumya Bouroua pour le groupe Gauche-Démocrate et Républicaine.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, mes chers collègues. Huit ans, huit ans que nous alertons sur Parcoursup, huit ans que nous dénonçons une plateforme qui angoisse, qui trie et qui sonne des adolescents de s'orienter dès 15 ans. Huit ans que vous nous répondez réussite technique, transparence, mérite. Début octobre encore, vous juriez qu'il n'était pas question d'y toucher. Et puis, la jeunesse s'est levée. Cinq semaines de mobilisation et enfin vous reculez. Cette victoire, c'est celle de la jeunesse mobilisée et elle signe votre défaite politique. Dès 2021, notre groupe défendait une proposition de loi permettant d'anonymiser le lycée d'origine, de publier les critères de sélection et d'accompagner l'orientation dès la seconde. Votre majorité avait alors tout rejeté. Ce que vous refusiez hier comme exigence minimale, vous le concédez aujourd'hui sous la pression de la rue. Et vous convoquez ce débat sans vote pour nous demander, et maintenant, que fait-on ? Vous venez chercher auprès de nous la solution d'un problème que vous avez créé à six mois de votre départ, en sachant très bien que vous ne le réglerez pas. Nous allons quand même vous répondre. Supprimer par poursup est inévitable, tant ce dispositif est massivement rejeté. Il est devenu le symbole de votre échec. C'est le visage d'une pénurie que vous avez organisée. En 2026, 1 million 46 000 candidats, soit 66 000 de plus en un an. Pendant ce temps, les places reculent. Le 11 juillet, 126 000 jeunes n'avaient aucune proposition. A la fin de la procédure, 56 000 n'avaient toujours rien. Supprimer par Coursup sans ouvrir de place, c'est changer. Le nom du tri. Et ce tri, il trahit la loi. L'article L612-3 du Code de l'éducation le dit en toutes lettres. Le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat. Pourquoi ? Parce que depuis 1808, le baccalauréat est le premier grade universitaire. A savoir, son bac, c'est avoir le droit d'entrer à l'université. La loi promet une place à chaque bachelier et vous organisez la pénurie qui trahit cette promesse. Regardez les Outre-mer, ce sont le miroir grossissant de votre politique. A Mayotte, puis j'aurais pu parler d'autres territoires d'Outre-mer, ou en Guyane, il y a moins de places en première année que de bacheliers. 81% des candidats maorais sont contraints de formuler un vœu dans l'Hexagone. Et qui part ? Les enfants des classes supérieures. Faute de place, partir à des milliers de kilomètres n'est pas un choix. C'est un exil réservé à celles et ceux qui peuvent se le payer un tri social organisé. Cette pénurie est organisée méthodiquement en trois temps. Le premier temps, on sépare. On met à part les filières sélectives, les classes préparatoires et grandes écoles hors de l'université. Les moyens publics consacrés à un élève de classe préparatoire et de 19 070 euros par an. Et un étudiant à l'université, 12 460 euros. Et cette séparation se lit sur la carte. Dans mon département, la Seine-Saint-Denis, seuls 28% de jeunes ont accès dans leur secteur à un lycée proposant une classe préparatoire. Et à Paris, 100%. Les enfants des milieux favorisés, d'un côté, les autres, de l'autre. Deuxième temps, on comprime. Avec la loi LRU, on met en place l'autonomie budgétaire. 19 ans plus tard, quel bilan ? L'État transfert des dépenses et des responsabilités qui ne compensent pas et met sous pression peu à peu nos universités. Évidemment, dans ce contexte, les universités gèlent les recrutements, ferment les formations et suppriment des places. Troisième temps, le privé. Le privé ramasse la mise. Les jeunes refusés par l'université publique deviennent sa clientèle cible. Plus d'un étudiant sur quatre est aujourd'hui inscrit dans le privé. Parcours supussaire même de vitrine, en ouvrant grand la porte à des formations en alternance agréées par le ministère du Travail et non par celui de l'enseignement supérieur. Et en amont, faute de services publics de l'orientation, ce sont les prépas privés et les coachs. à plusieurs centaines d'euros qui vendent aux familles un remède à l'angoisse que vous avez créé. Un marché qui n'est pas loin de l'arnaque. Séparer, comprimer, puis livrer au marché. Voilà la méthode. Vous ne l'avez jamais assumée, mais elle porte un nom, la privatisation de l'enseignement supérieur. Chaque place que vous refusez à l'université publique, vous la vendez au privé. Pourquoi tout cela ? Parce que derrière Parcoursup, il y a une idée. Cette idée, c'est que tout le monde n'aurait pas besoin d'aller à l'université, qu'il n'y aurait pas assez d'argent et que, de toute façon, ce ne serait pas souhaitable parce qu'il faudrait des chaudronniers, des soudeurs, des techniciens pour réindustrialiser le pays. Et vous avez raison, nous en avons grand besoin. Mais qui pense qu'ils doivent être exclus des savoirs universitaires ? Sans doute. les mêmes que ceux qui ont considéré que les futurs bacheliers professionnels devraient passer moins de temps en classe et plus de temps en entreprise. Alors je vous pose la question, que craignez-vous que nos futurs ouvriers puissent découvrir dans les filières de sciences sociales que vous méprisez tant ? Craignez-vous qu'ils comprennent la société dans laquelle nous vivons et les politiques de classe que vous mettez en œuvre ? Oui, ce que vous craignez, et nous savons que c'est aussi ce qui fait peur à l'extrême droite, qui, eux, qui se prétendent des amis des travailleurs, vous craignez que ces jeunes découvrent que la richesse produite naît avant tout de leur travail, qu'ils découvrent que leurs parents, qui galèrent à remplir le caddie après 40 ans de travail, ont une espérance de vie de 10 ans inférieure à celle des couches supérieures, et qu'ici même, pendant ce temps-là, ont refusé de taxer le capital au prétexte qu'ils rémunèrent un risque. Voilà notre désaccord. Il ne se limite pas à Parcoursup. Vous voulez faire des formations post-bac, une chaîne de tri au service du patronat ? Nous, nous voulons une université publique de l'émancipation, lieu de rencontre de tous les bacheliers. Cette logique de tri commence au lycée. Parcoursup et la réforme blanquer de 2018 forment un tout. L'une a été pensée pour alimenter l'autre. Qu'a produit cette réforme ? Des emplois du temps éclatés. Un groupe de classes disloqué où un élève peut changer six fois de classe dans la semaine. Cette réforme a aussi servi à supprimer des heures de poste. 18% des heures de maths en lycée générale et 14 heures d'heure en SES. En 8 ans, les épreuves du bac ont changé 5 fois de format ou de calendrier, sans même compter les modifications qui ont été liées au Covid. Résultat, plus personne ne sait. à quoi correspond le bac. Et quand le diplôme national ne vaut plus rien, c'est le nom de l'établissement du lycée qui fait le tri. Il faut abroger cette réforme et rétablir un bac national avec des épreuves terminales anonymes, rendre un bac au bac, sa valeur de première grande, première grade universitaire, et ainsi rendre son sens au droit d'accès. C'est la première garantie d'égalité devant des études supérieures. Mais ouvrir les portes ne suffit pas si l'on ne peut pas subvenir à ses besoins durant ses études. Vous le reconnaissez vous-même, l'enseignement supérieur s'est massifié, il ne s'est pas démocratisé. Près d'un étudiant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et près de la moitié travaille. L'échec est souvent dû à un emploi subi et à un loyer exorbitant dans le parc privé, faute de place dans les Crousses. Ajoutons à cela que du fait de vos politiques d'austérité et de la désaxation des barèmes d'accès aux bourses, ce pays compte 87 000 boursiers en moins qu'il y a 5 ans. Démocratiser l'université, c'est donner aux étudiants le pouvoir de vivre. Pour cela, nos revendications sont claires. Tout de suite, des bourses indexées et versées sur 12 mois, à l'image de ma proposition de loi qui a été adoptée dans cet hémicycle il y a quelques mois. Là encore, vous voulez que les enfants d'ouvriers travaillent tôt. Nous voulons qu'ils aient le temps d'apprendre. Nos exigences immédiates sont claires et elles sont les mêmes que celles des jeunes qui vous ont fait reculer dans la rue. 250 000 places dès la rentrée 2027, comme le demandent les organisations lycéennes et étudiantes. Vous en annoncez 15 000, presque toutes hors licence générale. C'est 6% de ce qu'il faut. Un système d'affectation publique et transparent. La fin du contrôle continu et une procédure close en juillet. Un véritable service public de l'orientation avec un conseiller pour 500 élèves pour en finir avec le marché du coaching et des prépas privés. Vous allez nous parler de coûts. Vous avez su trouver 6,5 milliards pour la défense. Préparer l'avenir ne peut se résumer à préparer la guerre. Et préparer l'avenir, c'est donner à toute une génération les moyens d'étudier. La jeunesse vous a fait reculer une fois. Elle peut recommencer, elle recommencera et nous serons à ses côtés. Je vous remercie.
Merci beaucoup Madame la députée. La parole est à présent à Monsieur Maxime Michelet pour le groupe UDR.
Madame la Présidente. Monsieur le Premier ministre. messieurs les ministres, monsieur le président de la commission, mesdames, messieurs les députés. Le débat qui nous occupe aujourd'hui est pour notre assemblée une redite. En février dernier, à l'initiative du groupe UDR et de son président Éric Ciotti, ce débat a déjà eu lieu. Nous avions demandé la tenue de ce débat car nous entendions bien sur tous les terrains de toutes nos circonscriptions monter la frustration et l'incompréhension face à une procédure onie et anxiogène par Coursup. Cette frustration nous semblait devoir mener tout au tard à la colère lycéenne. Il fallait lui répondre où s'était condamnée la jeunesse à se jeter dans les bras confortables de l'extrême gauche, dont la démagogie de la non-sélection pour chacun mènera inéluctablement à la démocratie de l'échec pour tous. La mobilisation lycéenne de ces dernières semaines nous a malheureusement donné raison. La colère a succédé à la frustration, colère immédiatement instrumentalisée par l'extrême gauche, trop heureuse de jeter le désordre dans nos rues. Dès le début de cette mobilisation, le gouvernement aurait dû conditionner l'ouverture du dialogue à la fin des désordres, comme je vous y avais appelé, M. le ministre, le 6 octobre dans cet hémicycle même. En gouvernant sous la pression de la rue, vous avez entamé un dialogue avec le chaos qui vous a mis dans la main de l'extrême gauche et d'une représentation tronquée et surpolitisée de la jeunesse française. Vous avez même fait le choix d'exclure une partie des représentants tels que reconnus par notre texte de la jeunesse étudiante, à savoir l'uni et propulsé au rang de représentants des influenceurs de réseaux sociaux dont le président de la République disait pourtant le même jour qu'ils abîment notre démocratie. Le dialogue que vous avez entamé ne peut finir qu'en duel, duel que vous ne pouvez que perdre car la surenchère démagogique de l'extrême gauche ne se contentera jamais de vos concessions, elle veut votre capitulation. Vous tracez enfin des perspectives pour un avenir dont vous ne serez pas responsable puisque vous ne serez plus aux responsabilités dans six mois. Ce débat n'aura donc qu'un impact bien limité sur la vie de notre jeunesse et sur l'organisation de notre système éducatif, mais il aura une vertu. démontrer dans cet hémicycle le clivage entre ceux qui veulent mentir à la jeunesse pour conquérir ses votes au prix de la démagogie, peu importe si la jeunesse en paie le prix de l'échec de masse, et ceux qui respectent la jeunesse et veulent lui tenir un discours de vérité afin de lui donner les moyens de sa réussite. Au milieu, au centre, si vous préférez, il y a la Macronie finissante, dans une interminable fin qui tente de se dédouaner de ses responsabilités. Une irresponsabilité incarnée avec talent par un ancien ministre de l'éducation qui fait le tour des plateaux pour expliquer combien l'opinion n'a rien compris au génie de ces réformes. Le macronisme restera pourtant comme un désastre sans précédent, contraint de constater de son vivant, avant même de céder le pouvoir, l'étendue de son échec, condamné à tenter de réparer les conséquences de ses choix. Car la crise que nous traversons est le fruit de réformes éducatives menées par Emmanuel Macron et par Jean-Michel Blanquer. Dans Parcoursup, il faut distinguer la plateforme et la procédure. La plateforme est utile et même nécessaire. Elle a connu des améliorations, rassemble un nombre considérable de formations, centralise les voeux de plus d'un million de candidats. La procédure, quant à elle, est un naufrage, souffrant d'opacité et de mécaniques byzantines qui font planer sur elle l'accusation d'algorithmes aveugles. et surtout car elle se nourrit des dossiers par Coursup, devenus une source d'anxiété permanente pour les élèves, leurs familles, mais aussi une activité chronophage pour les établissements, les professeurs et les administrations. Le baromètre commandé par le ministère lui-même témoigne de cet échec, puisque la procédure est jugée par 82% des lycéens comme une procédure stressante, par la majorité d'entre eux comme une procédure opaque, tandis que seulement moins d'un tiers la considèrent comme équitable. Cette procédure souffre de très nombreux défauts. Parcoursup souffre tout d'abord du contrôle continu, qui entendait réduire l'anxiété des épreuves du bac, mais n'a réussi qu'à généraliser cette anxiété à toutes notes reçues, provoquant d'innombrables tensions entre élèves et professeurs, mais surtout entre professeurs et familles. Parcoursup souffre également de la réforme du bac de Jean-Michel Blanquer. Cette réforme a surchargé les emplois du temps en les rendant complexes, mais elle a surtout instauré à la fin de la seconde un choix déterminant et angoissant parmi trop de spécialités dont l'une choisit pour être abandonnée. Parcoursup souffre aussi dans la droite ligne de cette fausse promesse de libre choix de la non-hiérarchisation des voeux qui produit des listes d'attente d'une longueur insensée. Ces listes d'attente infligent à certains élèves la violence d'un fatidique jour des résultats Parcoursup sans réponse positive, mais aussi des positions vertigineuses sur listes d'attente que tous les secrétaires de scolarité de France et Jean Fus sont amenés à devoir expliquer avec pédagogie à des familles désespérées. Parcoursup souffre encore de deux phases interminables, de mai à septembre, où les élèves d'un moins bon niveau académique doivent attendre que les excellents dossiers admis en tête de tous les classements dans toutes les formations libèrent leur place pour appeler les candidats suivants. Parcoursup souffre enfin d'un calendrier qui ne permet pas d'intégrer les résultats du baccalauréat, organisé après les résultats Parcoursup, si ce n'est sous la forme byzantine, d'un dispositif meilleur bachelier qui ne fait qu'ajouter l'opacité de la procédure. Ce calendrier qui était aussi celui d'APB, il faut bien le reconnaître, a totalement dévalorisé le baccalauréat et a donné une place majeure au contrôle continu. En un mot, il est temps de reconnaître que la procédure Parcoursup est un faux monnayage scolaire. Les dossiers Parcoursup sont de la fausse monnaie offerte à nos lycéens. Fausse monnaie malheureusement annonciatrice, de diplômes eux-mêmes dévalorisés. Cette fausse monnaie, vous la reconnaissez vous-même, Monsieur le Ministre, puisque parmi vos mesures, vous annoncez l'anonymisation des établissements d'origine et la pondération nationale des notes. Faudrait-il comprendre dès lors ? que tous les établissements ne noteraient pas de la même manière et que certaines notes ne seraient pas le témoignage sincère du niveau académique des élèves. Une note qui ne vaut rien malgré une valeur faciale élevée, cela s'appelle de la fausse monnaie. En proposant une pondération nationale, vous ne proposez qu'une nouvelle usine à gaz, une nouvelle monstruosité technocratique. Et fort de cette pondération, vous proposez l'anonymisation qui ne règlera rien, mais complexifiera toujours davantage l'examen des dossiers. Alors nous partageons pourtant vos intentions. Oui, il faut une échelle d'évaluation nationale commune à tous les élèves de France. Oui, il faut que l'établissement d'origine ne soit pas un facteur discriminant. Cela a un nom, cela a été créé il y a 118 ans par l'empereur Napoléon, cela s'appelle le baccalauréat. Pour mettre fin à la dévaluation des dossiers de nos lycéens, il est urgent de rendre au baccalauréat son rôle essentiel de certification des compétences acquises dans l'enseignement secondaire et de premier grade de l'enseignement supérieur. L'outil d'orientation, d'admission et nous le disons de sélection dans l'enseignement supérieur, c'est le baccalauréat. Le principe de la sélection, nous l'assumons car il faut dire en vérité aux jeunes de ce pays si leurs compétences acquises peuvent leur permettre... de réussir dans la filière choisie. Le refus de la sélection n'est qu'un mensonge, une démagogie qui amène la moitié des étudiants de première année à échouer et une nation comme la France ne peut pas se contenter de cette statistique déplorable. Cette statistique est la conséquence d'une massification impensée qui produit simultanément beaucoup d'échecs et beaucoup de frustrations, y compris parmi les cortèges de surdiplômés sans débouchés professionnels. à toute cette jeunesse à laquelle on a menti sur son niveau acquis ou sur les perspectives des formations suivies. La gauche et l'extrême gauche racontent la fable d'un système tout entier pensé contre eux, alors que c'est la démagogie de la non-sélection qui alimente ces drames personnels. Car la sélection, ce n'est pas le tri des origines sociales, mais le tri des compétences acquises pour garantir la réussite des étudiants. L'orientation, c'est certifier des compétences et comprendre les appétences personnelles pour tracer une voie de formation. En somme, le système d'orientation et d'admission dans la science supérieure a besoin... d'adéquation Adéquation entre les ambitions de chacun et le contenu des formations. Adéquation entre l'exigence des formations et les capacités de chacun. Adéquation entre l'offre de formation et les débouchés professionnels. Et enfin, adéquation entre l'offre de formation et les besoins de la nation française. Aujourd'hui, face au défi de l'IA ou de la réindustrialisation, la nation a ainsi besoin d'ingénieurs et de techniciens. Alors il est essentiel de fournir, dans le secondaire et dans le supérieur, les formations adéquates. En faisant le choix massif de la filière générale, comme voie de réussite privilégiée, comme signe de reconnaissance sociale, mais comme voie trop souvent sans issue, l'éducation nationale a fait le choix général de l'échec et de l'inadéquation. Nous avons le besoin urgent dès lors de revaloriser les voies professionnelles et technologiques, parce que la nation a besoin des compétences acquises au sein de ces filières. Les principes qui doivent fonder la réforme du système d'orientation et d'admission sont donc simples. L'orientation dans les collèges et les lycées doit devenir une cause nationale, notamment par la formation des professeurs en la matière. Le baccalauréat doit redevenir la porte d'entrée dans l'enseignement supérieur afin que le recrutement dans celui-ci soit réalisé sur la certification sincère et équitable des compétences acquises. L'enseignement supérieur doit pouvoir sélectionner son recrutement sur des critères transparents de niveau dans les disciplines essentielles. à la réussite. Pour réussite en licence d'histoire, il faut avoir le bac, mais faut-il encore ne pas avoir 6 de moyenne en histoire. Enfin, l'offre de formation dans l'enseignement supérieur doit être réinterrogée, non seulement pour donner des voies d'excellence et de haut niveau pour la poursuite des études, des bacheliers professionnels et technologiques, mais aussi pour correspondre aux besoins de l'économie et de la nation. Il est urgent, monsieur le Premier ministre, d'arrêter de mentir à la jeunesse de France. Depuis trop d'années, leurs dossiers sont de la fausse monnaie, les mensonges confortables de politiques trop usillanimes pour affronter la réalité du décrochage. Demain, avec Marine Le Pen, nous leur dirons la vérité, nous les prendrons enfin au sérieux, nous leur promettrons le relèvement général du niveau et nous leur garantirons que chacun puisse réussir selon ses acquis, ses compétences et ses talents. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Roger Chudeau pour le Rassemblement national.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, chers collègues, Parcoursup. Pour paraphraser Karl Marx, on pourrait dire en souriant un spectre entre les lycées, Parcoursup. De quoi s'agit-il ? L'article L612.3 du Code de l'éducation institue pour les bacheliers une préinscription dans des établissements d'enseignement supérieur. Cette disposition est partie intégrante de la loi Orientation et réussite des étudiants du 8 mars 2018. L'ambition de cette loi était de, je cite, mieux accompagner les étudiants et favoriser leur réussite dans les filières d'enseignement supérieur qu'ils ont choisies. Il s'agissait alors de corriger les errements de l'algorithme APB et surtout de mettre un terme à l'échec massif des néo-bacheliers en première année d'université, 50% d'entre eux échouaient en première année. Qu'en est-il aujourd'hui ? Après cette année de parcours sup, l'échec en première année est toujours aussi massif. Un étudiant sur deux échoue toujours en première année. Moins de 40% d'entre eux parviennent au bout de 4 ans à décrocher une licence. Que faut-il en conclure ? La préaffectation dans l'enseignement supérieur est inopérante puisqu'elle ne place que la moitié de nos étudiants dans des conditions favorables à leur réussite. Cette préaffectation dans son architecture actuelle est un échec patent. Un de plus, me direz-vous. Pouvons-nous pour autant nous passer d'un algorithme de préaffectation ? Pour le remplacer par quoi ? Par des fiches en carton dans des boîtes à chaussures ? Nous ne pouvons pas, au XXIe siècle, nous passer des outils d'analyse, des candidatures que fournissent les systèmes d'information et l'intelligence artificielle. Au fond, Parcoursup n'est qu'un outil que nous proposons, nous, au Rassemblement national, de modifier profondément afin qu'il soit transparent, pertinent, juste et efficace. Ces défauts, parlons des défauts, ces défauts portent sur ce qui se passe, ou plutôt ne se passe pas en amont, et dont mes collègues Tesson et Pérez vous parleront tout à l'heure, mais dans l'espèce, ils portent sur la complexité de Parcoursup, son architecture, son calendrier, et surtout sur ce qui se passe dans les établissements d'enseignement supérieur après la préaffectation, car c'est là que gît le lièvre. La complexité tout d'abord, 25 000 formations offertes au catalogue. Les 20 vœux et leurs possibles 20 sous-vœux des élèves ne sont pas hiérarchisés. En amont de la procédure, les lycéens de seconde ont dû choisir des trios de spécialités parmi 300 combinaisons possibles. Qui peut s'y retrouver ? L'architecture maintenant. Pour accéder à l'enseignement supérieur, l'algorithme personnalise la candidature. Sur le plan académique, les notes du bulletin scolaire, des épreuves anticipées du bac, les notes du contrôle continu sont prises en compte. Or, ces critères sont biaisés. Le contrôle continu, par exemple, est aléatoire. Il varie en fonction de l'établissement et du style de notation du professeur. De fait, le baccalauréat n'est plus qu'une formalité substantielle, car les résultats aux épreuves terminales ne sont pas pris en compte par l'algorithme. Pire, les épreuves de spécialité qui traduisent les choix d'orientation futurs des lycéens sont passées en juin et donc ignorées du système qui pré-oriente vers les formations. auxquelles les étudiants se destinent. Il s'ensuit que les critères académiques sont en réalité inopérants pour que l'algorithme fasse oeuvre utile, car il n'est pas nourri des données essentielles à son efficacité. C'est là, selon nous, le principal défaut de Parcoursup. Le calendrier, la campagne ouvre en janvier, se conclut en avril. Durant toute cette période, les lycéens ne pensent qu'à cela, au détriment de l'acquisition des connaissances. Dès avril, l'absentéisme devient massif, car tout est joué. Parcoursup désorganise en fait une année de terminale déjà bouleversée par la réforme blanquière du lycée. Venons-en enfin à ce qui se passe après la préaffectation. Chaque formation d'enseignement supérieur traite à son tour, selon ses propres critères, les centaines ou parfois les milliers de préaffectés. Il existe de très nombreux algorithmes maison, parfois de simples tableaux Excel, des commissions d'admission qui planchent sur les dossiers papiers, et tout cela sans coordination. sans contrôle, sans transparence. Le sentiment d'arbitraire de loterie qu'éprouvent les lycéens trouve là légitimement sa source. Alors que faire, Monsieur le Premier ministre, vous vouliez des propositions, les voici. 1. Réduire à un nombre acceptable le nombre de formations du catalogue. 2. Le baccalauréat doit redevenir un examen de bon niveau académique, dont les résultats aux épreuves terminales doivent être intégralement pris en compte par Parcoursup, car c'est le sens et la logique de cet examen. 3. Il doit être mis fin à la prise en compte du contrôle continu. Le calendrier doit être resserré en fin d'année, à l'époque de l'IA, qu'on ne me dise pas que c'est impossible. 4. Le système de sélection des étudiants mis en place dans les établissements d'enseignement supérieur doivent être labellisés par l'autorité académique et leur usage réel contrôlé par celle-ci. Un semestre de propédeutique doit être proposé aux étudiants afin de leur permettre de vérifier leur choix d'orientation et le cas échéant de se mettre au niveau d'exigence académique du supérieur. Parcoursup est affecté par construction de graves défauts, qui est en fait une usine à stress. Soyez certain qu'en 2027, le gouvernement de Marine Le Pen et de Jardin Berdella mettra fin à ce gâchis et rétablira la sérénité qui doit présider aux études dans nos lycées. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à madame Violette Spilboud pour le groupe Ensemble pour la République.
la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, chers collègues et chers représentants des lycéens et des étudiants. On a un système qui va mal, on en souffre et on a la sensation de ne jamais être écouté. Ces mots, une lycéenne de ma circonscription à Lille me les a dit pendant les blocages. Elle demandait, comme beaucoup d'autres, qu'on la prenne au sérieux et qu'on agisse. Alors prenons-la au sérieux, prenons-les au sérieux avec des faits. 82% des lycéens jugent Parcoursup stressant, 29% seulement le trouvent équitable. Cet été, plus de 32 000 jeunes sans solution ont dû saisir une commission d'accès. C'est une crise de confiance. Pour autant... Tout n'est pas à jeter. Parcoursup a mis fin au tirage au sort, et comme le rappelait récemment Jean-Michel Blanquer, le taux d'échec en fin de première année est passé de 60% en 2017 à 50% aujourd'hui. Alors c'est un progrès réel, même si c'est encore largement insuffisant. Et la réalité d'aujourd'hui, malheureusement, c'est la phrase que l'on entend le plus. Je suis content du résultat, mais j'ai eu tellement peur. Il faut donc corriger ce qui fait peur et refondre tout un processus de sélection et d'orientation. Car supprimer Parcoursup sans solution, ce serait une catastrophe. Ce sont les présidents d'universités françaises qui le disent. Promettre l'abolition sans alternatif, ce serait dangereux. Et le stoituco n'est pas notre ligne non plus. Depuis le 10 octobre, notre président de groupe, Gabriel Attal, a posé les leviers principaux pour Parcoursup. Moins de pression du contrôle continu, davantage d'épreuves terminales, plus de chances pour les filières professionnelles et d'innovation, plus d'accompagnement humain. Alors messieurs les ministres, vos annonces de lundi vont dans le bon sens. Avec mes collègues du groupe Ensemble pour la République, déjà pour la session de 2027, nous vous demandons deux avancées fondamentales. La transparence et l'équité. Une transparence réelle d'abord, un refus expliqué, c'est un rang, des critères, un seuil, pas un message type. La décision de sélection doit rester celle des établissements qui jugent en conscience, mais leurs outils de classement doivent être publics comme la Cour des comptes le demande depuis 2020. Et puis ensuite, une équité de la sélection. Conscient de l'importance de chaque évaluation, les professeurs, vous le savez, gonflent les notes pour ne pas porter préjudice à l'orientation de leurs élèves. La notation finit par perdre de sa valeur, à tel point que certaines formations du supérieur attribuent à chaque dossier un coefficient. en fonction du lycée d'origine, recréant ainsi opacité et inégalité. Alors il faudra répondre à cette attente très forte de nos lycéens pour qu'il y ait moins de discrimination en fonction du lycée d'origine, en réfléchissant avec eux à une objectivation nationale des résultats. Mais attention, ne renonçons pas à une école exigeante qui permette de choisir son orientation, d'être mieux accompagnée et la vraie reconnaissance de qualifications et de compétences. Je veux aussi, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, vous relayer l'alerte de mon collègue Sylvain Maillard à la suite des échanges avec la conférence des grandes écoles. Il faudra revoir le calendrier de Parcoursup au niveau européen, au regard des enjeux européens. Alors que certains établissements européens répondent aux candidats déjà en février, nous, avec Parcoursup, nous ne répondons qu'en juin. Résultat, nous perdons des élèves et des talents pour la France. Et au-delà de 2027, on doit aussi se dire les choses. Le débat de ce soir ne porte pas seulement sur une plateforme. Remplacer Parcoursup, c'est en vérité aborder des questions qui divisent profondément dans notre pays et ici dans notre hémicycle. Comment réformer notre enseignement supérieur pour aller davantage vers les filières qui mènent au métier d'avenir, évaluer chaque filière, évaluer leurs débouchés ? Que doit être le baccalauréat de demain ? Un examen national qui compte vraiment ou une moyenne de contrôle continu dont la valeur varie d'un lycée à l'autre ? Comment articuler le lycée, ses spécialités et le premier cycle du supérieur ? Comment faire face à la transformation des formations et des métiers avec l'intelligence artificielle ? Ce ne sont pas finalement des questions techniques, ce sont... des choix de société. Ils ne se décideront pas en six mois dans un groupe de travail ou même dans le comité de réforme qui va être mis en place. Ils appellent à un vrai débat démocratique et c'est devant les Français lors de la prochaine élection présidentielle qu'ils devront être tranchés. Monsieur le Premier ministre, pouvez-vous nous assurer que les travaux engagés prépareront ces choix sans les préempter et qu'ils associeront largement le Parlement ? Car nous, avec tous nos collègues du groupe Ensemble de la République, nous avons beaucoup de choses à dire et à proposer sur ce sujet tout au long du processus. Et ce processus, le cœur de son sujet, c'est l'orientation. On compte aujourd'hui un conseiller d'orientation pour plus de 1000 élèves. Les 54 heures annuelles prévues au lycée sont inégalement assurées. Le second professeur principal de terminale n'existe pas partout. Et résultat, plus d'un candidat sur deux affirme ne pas avoir été accompagné pendant la phase d'admission. Ceux qui peuvent payent même un coach privé. Les autres se débrouillent. Ça, c'est l'injustice. Nous demandons donc une refonte complète de l'orientation, des conseillers d'orientation en nombre suffisant, des conseils régionaux et des régions qui ont cette compétence depuis 2018 mais qui doivent être pleinement associés à la refonte engagée aujourd'hui par votre gouvernement, un accompagnement renforcé et personnalitésés dès la seconde, mentorat, tutorat, stage de découverte professionnel dans les classes. et un véritable assistant IA, intelligence artificielle, qui devra accompagner chaque élève pour lui faire découvrir des formations qu'il ignore. Accompagner suppose aussi simplement, c'est une évidence, des professeurs. Les lycéens nous l'ont dit et nous les avons entendus. Depuis des années, notre groupe Ensemble pour la République défend, budget après budget, des amendements. préservant la rémunération des enseignants et le maintien du nombre d'enseignants malgré la baisse démographique. Un professeur devant chaque classe et des classes qui ne soient pas surchargées. Ce n'est pas un sujet à côté de Parcoursup, c'en est la fondation. Et pour le PLF 2027, les amendements que nous avons portés avec Angente en commission éducation la semaine dernière, qui ont été adoptés en ce sens, doivent être, je vous le demande, retenus dans le budget final, monsieur le Premier ministre. Enfin, les places dans le post-bac. Les 15 000 places annoncées prochainement devront se poursuivre avec une programmation pluriannuelle intelligente. Assumons... de fermer des formations qui ne conduisent pas suffisamment à l'emploi pour pouvoir renforcer celles qui proposent les métiers d'avenir. Mes chers collègues, devant ces charmants commentaires, je vais bientôt conclure, mais j'aimerais rappeler que l'évolution de Parcoursup évoquée dans ce débat est loin de satisfaire l'ensemble des autres revendications de la jeunesse. Car les inquiétudes de nos jeunes ne commencent pas sur Parcoursup, elles commencent bien avant. tout au long du parcours scolaire. La consultation nationale dont vous avez publié les résultats le montre, messieurs les ministres. Les lycéens et les étudiants nous alertent sur les journées scolaires déséquilibrées, sur les bâtiments inadaptés, sur les classes surchargées, sur les professeurs absents, l'insuffisance de remplacement, mais aussi sur la dégradation du climat scolaire, la violence à l'école et les difficultés de santé mentale. Nous ne pouvons pas prétendre garantir l'égalité des chances dans l'enseignement supérieur si nous ne garantissons pas dès les premières années de scolarité un enseignement serein. Notre responsabilité c'est de répondre à l'ensemble des préoccupations de cette génération et de lui redonner confiance en l'avenir. La jeunesse nous demande des règles claires, une chance égale et un accompagnement pour eux et avec leurs parents. La jeunesse veut sa place dans la société, être écoutée, pouvoir apprendre, trouver un travail, fonder une famille, vivre dignement. La promesse républicaine française, c'est de pouvoir la lui donner. Avec Gabriel Attal et les députés ensemble pour la République, nous sommes mobilisés pour être à la hauteur de cette attente. Je vous remercie.
Merci beaucoup Madame la députée. La parole est à présent à monsieur Louis Voyard pour le groupe La France Insoumise.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres. Je voulais commencer tranquillement, poliment, mais je vous ai écouté et c'est exaspérant. Vous avez le plus gros mouvement de jeunesse depuis des décennies et vous n'êtes capable que de ça, mais vous êtes caricaturalement mauvais. Monsieur le Ministre de l'Enseignement supérieur, dire qu'il n'y a que 70 personnes recalées de Parcoursup, vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Monsieur le ministre de l'Education nationale, dire qu'ils vont avoir une heure de pause pour déjeuner, mais dans certains lycées, ce n'est pas suffisant, une heure. 28 par classe, uniquement pour les secondes, parce que pour les premiers ou pour les terminales, ils n'ont pas un problème de classe surchargée, mais descendez de votre tour d'ivoire. C'est insupportable d'avoir à écouter vos discours, mais si déconnectés de la réalité. Évidemment... Évidemment qu'il n'y a aucun lycéen dans ce pays qui s'est dit « Ah tiens, je me suis mobilisé depuis des semaines et des mois et j'ai obtenu ce que je voulais ». Mais évidemment qu'il n'y a aucun lycéen qui va dire ça. Vous savez très bien que vous n'avez pas annoncé ce qu'ils veulent. Et qu'est-ce qui vous permet de dire que les jeunes vont finalement rentrer dans leur classe ? Après tout ce qu'ils ont fait, évidemment qu'ils ne vont pas retourner dans leur classe. Vous voyez ça ? Ça s'appelle un manque de respect. Et vous avez un immense problème de respect vis-à-vis de la jeunesse française. La première chose que vous devriez faire, Monsieur le Premier Ministre, c'est présenter des excuses. Présenter des excuses pour avoir dit qu'ils étaient manipulés par la France Insoumise, ceux qui insinuent qu'ils ne savent pas penser par eux-mêmes. Présenter des excuses pour les avoir caricaturés comme des brûleurs de poubelles. Et surtout présenter des excuses pour les violences policières, pour les coups de matraque, pour le gaz lacrymogène, pour les gardes à vue abusives, pour les sanctions disciplinaires, pour ceux que vous avez fait mutiler et éborgner. Les jeunes sont tous solidaires des ados que vous avez mutilés et éborgnés et pour qui vous n'avez pas eu un mot de compassion. Alors si vous n'avez pas la dignité de démissionner après ce que vous leur avez fait, ayez au moins la dignité de présenter des excuses à ces jeunes et à leur famille. Question de respect sur la manière de faire vos annonces. Vous n'auriez pas dû faire ces annonces devant des influenceurs. Vous auriez dû le faire devant un lycée d'outre-mer, premiers à s'être mobilisés, qui se battent pour le droit à être considérés, pour le droit à l'égalité et même pour le droit à l'eau. Vous n'auriez pas dû oublier de parler des lycéens de la voie professionnelle et de leurs problèmes de stage, de même pour les alternants. Vous n'auriez pas dû oublier de parler du manque d'infirmières et du manque de conseillers d'orientation. Vous n'auriez pas dû oublier de parler des AESH, des enfants en situation de handicap. Vous n'auriez pas dû oublier de parler de ce que vous faites aux étudiants étrangers avec les APL et avec les frais d'inscription. Vous n'auriez pas dû mentir sur l'indexation des bourses sur l'inflation ou vous ne rattrapez pas les trois dernières années de gel et même vous continuez de geler leurs APL. Vous n'auriez pas dû mentir. au sujet du 8h-18h sur lequel vous ne faites rien, alors que c'est une des principales revendications de ce mouvement. Vous n'auriez pas dû mentir sur le bâti scolaire, puisque pour beaucoup de départements et de régions, elles n'ont pas toutes les capacités financières pour débloquer le prêt qui doit servir à la rénovation des bâtiments. Et vous n'auriez pas dû mentir sur le nombre de professeurs qui est clairement insuffisant pour garantir à tous un prof devant chaque classe. De même sur la santé mentale, 500 profs et 500 psys, ça n'en garantit pas à tous les élèves. Ils ne vous demandent pas un Macbook... chaque classe. Ils ne vous demandent pas une cantine gastronomique. Ils vous demandent simplement l'égalité scolaire. Et même après un mois de mobilisation, vous êtes incapable de leur fournir. Surtout, monsieur le Premier ministre, vous devez arrêter de prendre les gens pour des idiots. Dire que vous allez abroger Parcoursup en 2028, c'est-à-dire au moment où vous ne serez plus là, c'est prendre les gens pour des idiots. Dire qu'on ne peut pas abroger Parcoursup parce que sinon on ne pourra pas traiter les dossiers, je pourrais dire que cette rhétorique n'est pas de votre niveau, mais je crains que ce soit le cas. Personne ne parle de supprimer une plateforme de centralisation des dossiers. Ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est au service de quelle politique se met cette plateforme. Parcoursup est une plateforme de sélection au service de votre vision politique libérale. Vous avez baissé les moyens dans les lycées et les universités publiques pour faire émerger les écoles privées dont le chiffre d'affaires a explosé de plus de 150% depuis que le président de la République est à l'Elysée. Bonus, vous les avez abondés de subventions publiques et en plus maintenant, ils peuvent directement faire des propositions dans Parcoursup. Ce qui fait que vous avez trois types de jeunes. Ceux qui sont acceptés dans le public et pas toujours avec la filière qu'ils veulent vraiment faire. ceux qui ont été recalés mais qui ont les moyens de payer le privé et ceux qui n'ont rien du tout. Et pour savoir qui aura quelle filière vous avez fait une réforme des lycées qui organise cette compétition entre adolescents de 15 à 18 ans pour savoir qui aura accès à la filière qui détermine le reste de sa vie. C'est pour ça que vous avez ces chiffres sur la santé mentale des jeunes. parce que cette compétition n'est pas adaptée à des adolescents. À ça, les jeunes vous opposent une autre vision. L'éducation ne doit pas être un marché privé, mais un service public d'intérêt des jeunes. Vous savez, Monsieur le Premier ministre, l'été dernier, les jeunes ont vécu la canicule la moins chaude du reste de leur vie. Le réchauffement climatique, c'est tristement leur avenir et ils l'ont tous les jours en tête. Pour affronter ce défi, on va avoir besoin d'ingénieurs, on va avoir besoin de médecins, d'infirmiers, d'aides-soignants, de géographes, de météorologues. Je vous donne ces exemples pour que vous compreniez qu'il s'agit... pas d'ouvrir des places à l'université pour se faire plaisir, mais d'avoir un haut niveau de formation pour affronter le dérèglement climatique. Si vous ne savez pas appliquer les revendications des jeunes, Monsieur le Premier Ministre, je vous en prie, la porte, elle est juste ici. Il y a une majorité dans le pays qui demande que à vous voir partir et vous feriez des heureux. Sur les bancs de la France Insoumise, j'ai au moins cinq noms de personnalités qualifiées pour appliquer les revendications des jeunes et occuper votre poste, donc ce n'est pas un problème. Vous n'avez pas rependu en revendication, donc les manifestations vont continuer. Et il se trouve que la prochaine manifestation, c'est samedi et que c'est Halloween. Donc si les jeunes viennent toquer à votre porte et vous demandent 10 milliards ou un sort, j'espère que vous aurez eu le temps de faire les courses. En attendant vos excuses et les 10 milliards, à samedi, monsieur le Premier ministre.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Pierrick Courbon pour le groupe socialiste.
Madame la présidente, monsieur le premier ministre, messieurs les ministres, monsieur le président, chers collègues, près de deux mois après le début de la mobilisation lycéenne, vous avez enfin fait quelques annonces en direction de la jeunesse. Les députés socialistes veulent d'abord saluer la formidable mobilisation d'une jeunesse inquiète. Quant à son avenir, une jeunesse qui ne se résout pas à subir des choix politiques mais qui veut bien être actrice des décisions qui la concernent. Alors comme souvent, nous ne pouvons que déplorer qu'il ait fallu des semaines de cortège, de blocus, une première réponse uniquement répressive avec des milliers de gardes à vue discutables, des mains arrachées et des vies brisées pour que vous preniez la mesure de ce qui se passe dans le pays. Nous pensons en ce moment à celles et ceux qui ont payé de leur chair leur engagement comme Fares à Saint-Etienne. Bravo au mouvement lycéen qui a obtenu en quelques semaines ce que nous n'avons pas réussi à obtenir par notre travail parlementaire depuis dix ans. Alors vous avez fait le choix de promouvoir maladroitement vos solutions de sortie de crise en contactant dimanche de jeunes influenceurs sur les réseaux sociaux. Un nouveau geste de défiance pour les corps intermédiaires, les associations, les syndicats de lycéens. Et un sacré paradoxe quand on y pense pour un gouvernement qui a voulu légiférer pour interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et qui a souhaité l'interdiction du portable au lycée. Depuis le début de la mobilisation, les députés socialistes ont exigé des réponses politiques, un débouché nécessaire aux revendications des jeunes. Il y a de premiers bouger de votre part et entre les partisans du statu quo, tel Jean-Michel Blanquer qui ne trouve rien de mieux à dire que c'est pire ailleurs, alors finalement taisez-vous, et ceux du tout ou rien nous prendront tout ce qu'il y aura à prendre pour notre jeunesse qui n'a pas le luxe d'attendre les hypothétiques suites de l'élection présidentielle. S'il est urgent d'éviter l'enlisement du conflit, nous restons plus que sceptiques sur certaines des annonces qui ont été faites dont il ne faudrait pas qu'elles ne constituent que des écrans de fumée. Sur la création de postes dans l'éducation nationale, les 800 suppressions de postes initialement annoncées dans le secondaire sont annulées, mais celles du premier degré sont maintenues à ce stade, ce n'est pas acceptable. Nous redisons que l'ensemble des moyens libérés par la baisse de la démographie doit être immédiatement affecté à la priorité qui consiste à mettre des profs devant chaque élève. Sur la question des emplois du temps... Les emplois du temps si complexes induits par la réforme Blanquer, rien de concret si ce n'est la garantie d'une heure de pause méridienne. Mais quelle concession, merci beaucoup. Sur la question du bâti scolaire grand seigneur, vous octroyez un prêt aux régions, mais dans le même temps, vous portez atteinte à leur capacité budgétaire dans certaines mesures du PLF. Vous pourriez y renoncer, ce serait déjà un bon début. J'en viens maintenant au sujet central de l'orientation et de Parcoursup. Les socialistes, de façon constante, demandent la suppression de Parcoursup. Oui, il faut supprimer Parcoursup parce qu'il constitue derrière la réussite technique, un échec politique manifeste par rapport aux objectifs que le législateur lui a assignés. Je vais y revenir. Alors oui, il y a encore quelques mois, nous avons, avec mon collègue Gums, conduit un travail sur Parcoursup, dont nous avons remis les conclusions en février dans l'indifférence générale. Ni le ministère de l'éducation nationale, ni celui de l'enseignement supérieur n'ont dénié ne serait-ce qu'accusé réception de nos 51 propositions de nature transpartisane pour améliorer la plateforme dans un monde où il ne vous était pas encore envisageable de la supprimer ou de la remplacer. Oui, monsieur le ministre, il n'y a qu'il y a 15 jours que vous avez pris contact pour échanger sur nos travaux. Alors n'hésitez pas, messieurs les ministres, à sortir ce rapport de dessous les armoires qu'il cale peut-être dans vos bureaux pour voir comment nos propositions pourraient être utiles. déployés dans l'année de transition que doit être 2027 vers la suppression de parcoursup. Tous les sujets au cœur de la colère lycéenne du moment étaient déjà clairement identifiés. La question du calendrier de parcours sub qui est davantage articulée autour du rythme des adultes que de l'intérêt des lycéens et en corollaire le stress d'un interminable processus à étage où la peur de rater une étape règne en maître, stress qui se cumule avec la mise sous tension permanente générée par le contrôle continu et qui affecte la santé mentale de milliers de jeunes à travers le pays. Nous avons aussi pointé l'inégale qualité de l'accompagnement d'un établissement à l'autre et fait le constat sans appel que ce sont comme souvent ceux qui ont le plus besoin d'être accompagnés qui le sont le moins. En matière d'accompagnement, l'insuffisance de la formation des professeurs principaux saute aux yeux ainsi que le manque criant des psy-EN. Vous le savez aussi, monsieur le ministre. Les 54 heures consacrées à l'orientation sont loin d'être effectives partout et les 4 demi-journées du plan à venir demeurent pour beaucoup d'élèves un simple mirage. La critique principale réside cependant dans l'opacité, le manque de transparence de la plateforme, l'impression quelque part de jouer son avenir sur un résultat d'algorithme. C'est effectivement un peu plus complexe que cela. Les algorithmes nationaux de Parcoursup ne permettent que la mise en correspondance des demandes avec les offres de formation et interviennent a posteriori pour éventuellement modifier l'ordre des sélections des commissions d'examen des vœux par la réinjection des quotas de boursiers et des quotas territoriaux. C'est davantage l'existence d'algorithmes locaux, propres aux formations, qui est la plus décriée, car la transparence sur les critères d'analyse, les modalités de traitement algorithmique et le moment de la prise en compte de tel ou tel critère reste largement insuffisante, voire inaccessible, et cela est inacceptable. Alors au-delà de ces considérations techniques, les jeunes déplorent un système qui accorde une prépondérance à l'année de première par rapport à celle de terminale, puisque désormais tout est joué ou presque avant les écrits du bac, ce qui contribue grandement à le dévitaliser. A cet égard, l'enjeu central en matière d'équité des procédures d'examen des candidatures, dans Parcoursup ou dans un outil qui demain le remplacerait, réside prioritairement dans l'harmonisation des pratiques d'évaluation entre les établissements. L'instauration d'un référentiel unique de notation des devoirs et d'évaluation des compétences, c'est un véritable serpent de mer vieux comme l'éducation nationale, doit enfin être réglé. Dans l'immédiat, il est vital de supprimer la mention du lycée d'origine dans les dossiers de Parcoursup, laquelle peut constituer une source de discrimination territoriale dont l'existence dans de multiples domaines est largement documentée. De même, la prise en compte d'un indicateur comme l'écart à la moyenne de la classe plutôt que les notes brutes expérimentées par certaines formations mériterait aussi d'être généralisée. J'en viens maintenant à la question de savoir si Parcoursup répond aux objectifs qui lui ont été assignés. La réforme de l'accès au premier cycle du supérieur introduite par la loi ORE de 2018 poursuivait un triple objectif. Répondre aux critiques de la plateforme antérieure, APB, améliorer les taux de réussite en licence et garantir un droit d'accès et ainsi démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur. Sur ces trois objectifs, le constat est sans appel. Les principales critiques sont strictement les mêmes. Les taux de réussite en licence, et je ne parle pas d'en première année de licence, mais bien à l'issue de la licence, ne se sont améliorés que de façon très marginale. Et quant à la démocratisation de l'accès au supérieur, la persistance des inégalités socioculturelles et le poids des déterminismes sociaux n'apparaissent pas atténués depuis le déplacement de la plateforme. Quand un outil ne remplit pas les objectifs pour lesquels vous l'avez créé, une évaluation objective aurait naturellement dû conduire à sa suppression. Par la force des choses, nous y voilà. Parcoursup constitue aujourd'hui davantage un outil de régulation et de sélection qu'une plateforme d'aide à l'orientation. C'est un outil de gestion de la pénurie qui agit en tant que cache-misère d'un accès à l'enseignement supérieur qui s'est certes massifié sans que ne soient mobilisés les moyens adéquats en regard. Alors outre le fait que massification ne vaut pas diversification, le véritable succès de Parcoursu préside surtout dans le développement sans précédent d'un marché de l'enseignement privé lucratif dans lequel il y a du bon mais dans lequel il y a du très mauvais. Et force est de constater qu'à ce jour vous n'avez rien fait pour réguler le secteur. Nous persistons à l'idée pourtant que le savoir ne doit pas être un business comme un autre et qu'il est nécessaire d'oeuvrer à sa démarchandisation. Alors vous venez d'annoncer la création de 15 000 places dans l'enseignement supérieur, soit c'est exactement ce qu'il aurait fallu créer chaque année depuis 10 ans pour faire véritablement baisser la pression en parallèle d'un effort significatif de revalorisation des promotions des filières techniques et professionnelles. Les besoins sont donc bien plus grands que ce que vous nous proposez là. C'est donc un véritable plan de rattrapage avec une loi de programmation actualisée dont le pays a besoin pour ouvrir au bas mot 150 000 places supplémentaires dans les années à venir, s'assurer de la disponibilité des mètres carrés dans les établissements du supérieur et de la formation des enseignants en nombre suffisant. Dans l'immédiat, au-delà du nombre de places, redonner les moyens aux universités de bien faire leur travail et une fois encore dans le PLF pour 2027, le compte n'y est clairement pas. Dans l'immédiat toujours, puisque vous voulez des propositions et j'en ai formulé un certain nombre, dans le cadre d'une nouvelle réforme du bac que vous avez évoquée sans davantage de détails, il est urgent de reconsidérer le poids et les modalités du contrôle continu. Nous pourrions ainsi réduire significativement son importance dès le bac 2027 pour commencer à renouer avec la promesse d'un bac qui serait à la fois une échéance réincarnée, mais qui serait aussi demain la garantie d'un accès effectif au supérieur, ce qu'il n'aurait jamais cessé d'être. Ainsi, supprimer Parcoursup n'est ni une finalité et encore moins une solution miracle, mais c'est un simple préalable indispensable pour amorcer une réforme profonde des modalités d'accès aux supérieurs et plus largement pour renouer avec la promesse émancipatrice et républicaine de l'éducation, voire redéfinir plus largement la place de notre jeunesse dans la société en investissant en elle à la hauteur de ses ambitions. Tout simplement, messieurs les ministres, monsieur le Premier ministre, car une société qui demanderait à sa jeunesse de réduire ses ambitions serait une société qui finirait par renoncer aux siennes. Et nous, nous ne voulons pas d'une jeunesse qui doive apprendre à se contenter de moins.
Merci beaucoup, monsieur le député. Merci. La parole est à Virginie Duby-Muller pour le groupe droite républicaine.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, chers collègues. Depuis des semaines, des lycéens descendent dans la rue. Ils disent leur angoisse face à Parcoursup. L'impression d'être jugé par une machine opaque, la peur d'être fusé sans savoir pourquoi. Cette angoisse, nous devons l'entendre. Mais nous leur devons aussi autre chose. La vérité. La vérité, c'est que Parcoursup n'est pas la maladie. C'est un symptôme. le symptôme d'un pays qui sélectionne par tous sans jamais oser le dire, qui sélectionne les dossiers en licence tout en proclamant que la licence est ouverte à tous, qui laisse croire que toutes les portes sont ouvertes, puis regarde 6 étudiants sur 10 ne pas obtenir leur licence en 3 ou 4 ans. Lundi, sous la pression, le gouvernement a annoncé le remplacement de Parcoursup en 2028. Soit. Mais pour le remplacer par quoi ? Avec quelles règles d'admission, vers quelles formations et pour quels métiers ? A ces questions, aucune réponse. Changer le nom de la plateforme ne changera rien si l'on ne change pas les règles. Nous voulons que ce débat porte sur des réalités, pas sur des chimères. Notre position tient en trois exigences. Assumer la sélection, dire la vérité sur les débouchés, relever le niveau de l'école. La sélection existe déjà. Elle existe en classe prépa, en grande école, en BTS, en BUT. Elle existe même dans les licences sous tension, qui classent les dossiers. Le problème n'est pas qu'elle existe, c'est qu'elle se sache. Et une sélection qui se cache est toujours plus injuste qu'une sélection qui s'assume, parce qu'elle profite à ceux qui en connaissent les codes. Nous proposons donc de faire ce que bien des pays font. faire des prérequis de véritables conditions d'admission en licence, y compris lorsqu'il reste des places. Une place libre ne rend pas un étudiant capable de suivre une formation. Et ce n'est pas lui rendre service que de le lui faire croire. Assumer la sélection, c'est d'abord rendre des règles lisibles. Chaque formation doit dire noir sur blanc ce qu'il faut maîtriser pour y réussir. Les critères doivent reposer sur le niveau de l'élève et les exigences du cursus. pas sur le nom de son lycée, pas sur l'art de rédiger une lettre de motivation. C'est ensuite rendre leur travail au brevet et au baccalauréat. Aujourd'hui, les épreuves du bac ont lieu en juin, quand les jeux sont déjà faits sur Parcoursup. Le diplôme qui ouvre les portes du supérieur ne pèse presque rien dans l'admission au supérieur. C'est une absurdité. Il nous faut des épreuves nationales exigeantes qui attestent un niveau réel. qui permettent de comparer les acquis d'un lycée à l'autre et dont les résultats comptent dans l'admission. C'est enfin garantir que la sélection se fasse sur le mérite, pas sur la naissance. Bourses au mérite, tutorat, internat. Chaque jeune issu d'une famille modeste doit pouvoir choisir la voie qui lui convient. Car l'échec, lui, a un prix. Le taux d'échec en licence est aujourd'hui de 54%, parmi les plus élevés du monde. Et derrière ce chiffre, il y a des jeunes qui perdent des années, de l'argent et souvent la confiance en eux. Réduire cet échec doit être notre priorité. Cette exigence vaut aussi pour nos formations de santé. Depuis 2019, l'entrée en institut de formation en soins infirmiers ne passe plus par un concours, mais par un simple examen du dossier Parcoursup. L'entretien individuel qui permettait de juger la motivation du candidat, son projet et son aptitude à suivre la formation a disparu. Or, l'adresse a constaté en 2021 qu'un étudiant infirmier sur dix abandonnait dès la première année, trois fois plus qu'en 2011. Ces chiffres ne prouvent pas tout, mais ils doivent nous alerter. Soigner est une formation exigeante et mieux vaut s'assurer qu'on la connaît avant d'entrer en formation qu'au premier stage au chevet d'un patient. Nous demandons donc qu'après une première sélection sur dossier, chaque candidat passe un entretien pour évaluer sa motivation, sa connaissance des réalités du métier et sa capacité à se projeter dans la formation. C'est l'intérêt des étudiants, c'est l'intérêt des patients et c'est l'intérêt d'un pays qui manque d'infirmiers. Cessons aussi de demander à tous les établissements de tout faire. Donnons à nos universités de recherche les moyens de rivaliser avec les meilleurs du monde. Développons dans les territoires des formations supérieures professionnelles tournées vers des métiers qui recrutent. Et reconnaissons la réussite en BTS, en BUT, en licence professionnelle. L'excellence ne se mesure pas au nombre d'années passées sur les bancs de l'université. Le gouvernement annonce 15 000 places supplémentaires, principalement en BTS et BUT. Nous ne nous y opposerons pas. Mais une place, ce n'est pas une ligne dans un communiqué. Ce sont des enseignants, des équipements, des stages. Et une place n'a de sens que si elle mène à un emploi. Nous jugerons donc ces ouvertures sur leurs résultats. Car il faut aussi poser la question des débouchés. La France a-t-elle autant besoin d'étudiants en psychologie ou en sciences sociales condamnés dans bien des cas au chômage ? Est-il honnête de les laisser s'engager dans des parcours universitaires sans leur expliquer les difficultés qu'ils rencontreront ? Le nombre d'inscrits ne peut pas être le seul objectif d'une politique universitaire. Les formations garage ne rendent service à personne. Orientons davantage vers les métiers de la santé, de l'industrie, de l'énergie et de l'accompagnement des personnes. Associons les entreprises et les branches professionnelles à la définition des formations et à leur actualisation. Tenons compte des besoins des territoires et de la transformation des métiers. Et en Auvergne-Rhône-Alpes, nous l'avons fait. Nous avons choisi de financer en priorité les formations qui mènent au secteur, qui peinent à recruter, à ceux qui offrent de vrais débouchés. Cette exigence doit guider tout l'argent public. Parce que l'argent public, c'est l'argent du contribuable. Une formation durablement sans déboucher doit être transformée. Les moyens doivent aller là où ils sont utiles. Et redisons-le, autant qu'il le faudra, l'enseignement professionnel est une voie royale vers l'emploi. Le travail et la réussite doivent être connus dans toutes les filières. Revalorisons la voie professionnelle dans les faits, pas seulement dans les discours. Que les élèves rencontrent des artisans, des techniciens, des ingénieurs, des apprentis. Qu'ils voient les métiers et les lieux où ils s'exercent. Regardons la Suisse. Environ deux jeunes sur trois, ils choisissent la formation professionnelle. Et la très grande majorité l'effectue en alternance entre l'école et l'entreprise. Et personne là-bas n'y voit un échec. C'est une fierté et c'est une réussite. Quant à l'orientation, elle ne se joue pas en quelques clics au mois de mars de la terminale. Elle doit commencer bien avant. Au collège, en faisant découvrir les métiers et les différentes voies d'études. Au lycée, en expliquant clairement aux élèves ce qu'implique le choix de leur spécialité. Prévoyons dans les emplois du temps des entretiens, des rencontres, des immersions et formons les professeurs chargés de ce travail en leur donnant les informations dont ils ont besoin. L'accès aux études reste aussi une question de distance et de moyens. Pour un jeune d'un territoire rural, partir étudier, c'est souvent un logement à payer et des heures de trajet. Développons des formations supérieures de proximité qui répondent aux besoins, des internats, des bourses au mérite. Prenons encore une fois l'exemple des études d'infirmiers. Un étudiant doit pouvoir se former dans un institut proche de son bassin de vie, là où on aura besoin de lui demain. Il doit pouvoir changer d'institut sans perdre le bénéfice des enseignements déjà suivis grâce à des règles de reconnaissance harmonisées entre instituts. Et il faut enfin tenir compte du coût du logement dans les territoires où le marché immobilier est saturé et notamment dans les zones frontalières. Le talent d'un élève ne doit pas être limité par le revenu de ses parents ni par l'endroit où il habite. Que chaque jeune puisse exprimer ses talents, c'est un impératif de justice. C'est aussi un atout décisif pour notre pays tout entier. Mais soyons lucides, l'orientation ne rattrapera jamais des lacunes accumulées pendant 12 années de scolarité. Tout commence à l'école. L'école doit transmettre des savoirs, apprendre à lire, à écrire, à compter et donner le goût de l'effort. Elle doit aussi fixer des limites. Un professeur doit pouvoir faire cours sans être menacé, sanctionné sans être désavoué, exigé sans avoir à s'en excuser. Rendons-lui cette autorité et les moyens de l'exercer. Plus grave encore que l'état des bâtiments, il y a le délabrement de l'enseignement. C'est lui qu'il faut attaquer en priorité, en relevant le niveau des élèves comme celui des enseignants. Et rendons donc ce métier à nouveau attractif. Respectons ceux qui l'exercent et formons-les aux méthodes dont l'efficacité est démontrée. Cessons aussi de confondre la hausse du taux de réussite aux examens avec la hausse du niveau. Au primaire, garantissons la maîtrise de la lecture et du calcul. Soutenons la méthode syllabique et une progression explicite en mathématiques et formons les professeurs en conséquence. Développons des méthodes de type Singapour et évaluons-en les résultats. Consacrons chaque jour 30 minutes au calcul, au raisonnement et à la résolution des problèmes du CP à la troisième. en réorganisant les horaires existants. Et préparons l'entrée au collège par une vérification du niveau, avec une remise à niveau effective chaque fois que cela est nécessaire. Regardons aussi ce qui marche chez nos voisins. En 10 ans, de 2015 à 2025, j'ai 15 minutes chers collègues, vous allez souffrir de m'entendre encore. En disant, de 2015 à 2025, l'Angleterre est passée de la 26e à la 10e place en mathématiques et de la 19e à la 9e en lecture. La France, elle, est 34e en mathématiques et 28e en lecture. Que s'est-il passé outre Manche ? Des méthodes qui marchent, généralisées à partir de 2014. L'apprentissage systématique du décodage... Un entraînement quotidien, une aide ciblée pour les élèves en difficulté, des exigences clarifiées, des établissements responsabilisés. Ayons la lucidité de nous en inspirer et l'honnêteté d'en évaluer les résultats dans nos propres classes, avec un seul objectif, que tous les enfants apprennent, y compris ceux qui n'ont personne à la maison, pour compenser les défaillances de l'école. Mes chers collègues, La droite républicaine défend une école qui transmet les savoirs fondamentaux et une université qui prépare chacun à s'épanouir et à réussir. Cela suppose de relever le niveau, d'assumer la sélection et de dire la vérité sur les débouchés. C'est le discours de vérité que nous devons aux lycéens comme aux étudiants de notre pays. Pas de promesses qui apaisent un automne. Des règles qui tiennent toute une vie. Dans la crise de l'éducation, Anna Arendt écrivait que l'éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité. Chers collègues, à nous d'en assumer les nôtres. Je vous remercie.
Merci beaucoup Madame la députée. La parole est à présent à Monsieur Thierry Pérez pour le Rassemblement national.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, chers collègues, à 15 ans, un jeune qui veut devenir mécanicien, boulanger, électricien ou charpentier devrait entendre une phrase simple. Tu as choisi un beau métier, voyons comment tu peux y devenir excellent. Trop souvent encore, il entend, tu es sûr de ne pas pouvoir continuer dans la voie générale. Cette différence en dit long sur notre conception de la réussite. Depuis des décennies, nous avons installé l'idée que l'ascension sociale conduisait nécessairement vers un bureau. Nous avons fait de la société de col blanc un horizon collectif en laissant entendre que le travail manuel était une solution de repli. Nous en mesurons les conséquences des vocations découragées, des orientations subies et des familles qui regardent encore le lycée professionnel avec inquiétude. Pourtant, la France a besoin de professionnels qualifiés. Nos entreprises ont besoin de ceux qui savent fabriquer, installer, entretenir et réparer. Notre ambition de réindustrialisation repose aussi sur eux. Il faut donc changer le regard, porter sur l'orientation après la troisième. Le CAP, le baccalauréat professionnel et l'apprentissage doivent être présentés pour ce qu'ils peuvent offrir. une qualification reconnue, un métier, une progression de carrière, parfois la création ou la reprise d'une entreprise. L'excellence professionnelle existe déjà dans notre pays. Les compagnons du devoir en donnent un exemple remarquable. La transmission entre générations, le perfectionnement du geste, les expériences acquises pendant le Tour de France, tout cela construit une véritable maîtrise professionnelle. Les apprentis d'Auteuil montrent avec leur mission propre combien l'accompagnement peut transformer un parcours. Il propose des formations du CAP au BTS et aide aussi les jeunes à surmonter les difficultés qui pourraient les conduire à abandonner. Ces expériences nous rappellent qu'exiger beaucoup d'un jeune suppose aussi de lui donner des moyens de réussir. Regardons également la Suisse. La formation professionnelle y occupe une place centrale. Les entreprises participent directement à la formation, aux côtés des pouvoirs publics. Et un premier diplôme professionnel ouvre des perspectives. Grâce à la maturité professionnelle, il est possible d'accéder aux hautes écoles spécialisées. Nous pouvons nous inspirer de cette continuité. À 15 ans, choisir un métier doit permettre de construire un avenir avec la possibilité de se perfectionner, de poursuivre ses études ou de se réorienter. Concrètement, cela exige une meilleure découverte des métiers au collège. Alors faisons rencontrer aux élèves des professionnels, des apprentis et d'anciens élèves de lycées professionnels. Montrons-leur les ateliers et les entreprises. Présentons clairement les débouchés, les conditions de travail et les possibilités d'évolution. Dans son programme, le Rassemblement national propose d'adapter l'offre de formation initiale et continue aux besoins réels des branches professionnelles. Cette proposition doit se traduire sur le terrain. identifier les qualifications recherchées, construire les formations avec les professionnels et préparer les compétences dont notre pays aura besoin demain. Car une nouvelle transformation est déjà engagée. Vous l'aurez remarqué, chers collègues, le monde s'emballe autour de l'intelligence artificielle et de la robotique. Les métiers techniques vont eux aussi évoluer. Certaines tâches seront automatisées. D'autres demanderont de nouvelles compétences. Il faudra savoir installer les machines, les programmer, diagnostiquer leurs pannes et travailler en sécurité à leur côté. Alors préparer nos jeunes exige donc des équipements adaptés et une formation régulière de leurs enseignants et de leurs maîtres d'apprentissage. Cela exige aussi des bases solides en français, en mathématiques et en sciences, car elles permettent de comprendre une consigne, de calculer, de résoudre un problème et de continuer à apprendre. La maîtrise du geste et la compréhension des technologies doivent avancer ensemble. Nous devons préparer dès maintenant des parcours professionnels d'excellence capables d'accompagner ces transformations. C'est une responsabilité envers notre jeunesse, mais aussi envers notre pays. Une France qui veut produire, innover et conserver ses savoir-faire doit accorder toute leur place à ceux qui les font vivre. Après la troisième, Chaque jeune doit pouvoir choisir une voie professionnelle avec ambition et être fier de ce choix. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Thierry Tesson pour le Rassemblement national.
madame la présidente. Mes chers collègues, Dans cette séance, nous avons entendu beaucoup de promesses et vu beaucoup de postures. Mais derrière nos échanges, il reste des familles inquiètes, des lycéens désorientés à une question essentielle, celle du sens premier de l'école. A quel avenir prépare-t-elle notre jeunesse ? La gauche, comme toujours, répond aux déçus de Parcoursup par une promesse en forme de dépense supplémentaire, l'infini d'une université pour tous. Reste à savoir si une inscription suffit à garantir une réussite et même, osons le dire, si prolonger les études ouvre nécessairement les portes de l'emploi. Respecter les aspirations de la jeunesse exige d'abord de lui parler avec franchise. Encourager un élève à s'engager dans une formation sans lui donner les moyens de réussir, c'est une trahison. Le bloc central a choisi de consacrer cette journée à un débat quand le pays attend un budget. Mais quels engagements concrets ont été pris ? Réponse habituelle du gouvernement aux crises qui se succèdent, on reçoit, on échange, on espère gagner du temps, mais chacun sait que cette mise en scène n'a aucune conséquence. Comment apaiser une inquiétude que des réformes ont contribué à nourrir ? Les interventions de Roger Sudot et Thierry Perez aboutissent au même constat. L'opacité de parcours sup et la dévalorisation des filières professionnelles qui privent les familles d'un choix éclairé. Faute de perspectives lisibles, trop d'élèves s'orientent à l'aveugle plutôt que selon leurs aptitudes et les débouchés des filières professionnelles. Nous détournons ainsi des jeunes des métiers qualifiés dont l'industrie et l'artisanat ont besoin. C'est la voie que défendent les députés du Rassemblement national et leurs alliés de l'UDR. Une orientation exigeante, une formation solide et la reconnaissance de toutes les voies de réussite. Mais encore faut-il donner à l'orientation un véritable pilotage. On a l'habitude, au sein de l'éducation nationale, de considérer ce sujet comme un mal nécessaire, jamais vraiment traité au fond, une obligation périphérique. L'orientation est pourtant la clé de tout parcours scolaire, puisqu'elle doit éclairer le chemin de l'élève vers la vie active. Cette exigence fondamentale passe par l'accompagnement où le conseil à l'élève et à sa famille, par une connaissance fine des filières de formation, par une actualisation régulière de leur taux d'employabilité. L'orientation ne saurait se réduire à la saisie des voeux sur Parcoursup. Il existe certes des spécialistes de l'orientation. Leur changement de nom. Nous sommes passés de conseiller de rotation psychologue, comme on les appelait à l'époque, à psychologue de l'éducation nationale, psy-EN. Au moins, ça a eu le mérite de trancher entre deux finalités qui n'avaient jamais été réglées, l'orientation ou la psychologie. Question cruelle. Il faut demander aux étudiants combien d'entre eux doivent leur entrer dans la vie active à une intervention d'un psy-EN. L'orientation doit être facilitée par ceux qui côtoient les élèves au jour le jour. Nous savons que les professeurs principaux y jouent déjà un rôle central et c'est très bien. Mais un enseignant ne peut, par sa seule initiative, connaître toutes les formations, tous les métiers et tous les besoins des entreprises. Cette responsabilité exige une formation à la hauteur de cet enjeu. Nous pourrions proposer l'idée de former les enseignants chargés de l'orientation à la diversité des parcours, aux capacités régionales, aux métiers en tension et aux besoins des filières industrielles. Ils pourraient disposer de ressources actualisées pour accompagner efficacement chaque élève dans la construction de son projet. Cela suppose aussi une connaissance concrète du monde de l'entreprise. Pour cette raison, tous les enseignants entrant dans le métier pourraient, lors de leur formation initiale, y effectuer un stage pour en découvrir la réalité concrète. Aux côtés des enseignants, les chefs d'établissement doivent à leur tour, dans leur bassin d'éducation, bâtir un réseau d'entreprises partenaires pour offrir aux élèves des possibilités de stage, des lieux d'apprentissage et pourquoi pas des perspectives d'emploi. Mes chers collègues, L'accès au monde professionnel ne doit pas dépendre du seul carnet d'adresse des familles. Notre responsabilité reste de permettre à chacun de trouver la voie qui lui donnera sa place dans la société. C'est à cette exigence que doit répondre notre politique d'orientation et rien d'autre. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Philippe Brun.
la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de l'Education nationale, Monsieur le ministre de l'Enseignement supérieur, Monsieur le ministre des Relations avec le Parlement, Monsieur le Président de la Commission, mes chers collègues, penser constamment à la jeunesse est le premier devoir de l'homme d'État. Cette phrase de Pierre Mendès-France, Monsieur le Premier ministre, qui est non seulement votre prédécesseur en tant que président du Conseil, mais aussi en tant que président du Conseil départemental de l'heure, doit, je le crois, guider nos pas. Dans des dizaines de villes de France, des lycéens ont été accueillis chez eux, non par leurs professeurs, mais par les forces de l'ordre. Je vais vous parler du mouvement actuel, de l'état réel de nos lycées et de la jeunesse qui les fait vivre. Je ne viens pas défendre ici les casseurs. Je viens simplement vous dire que répondre à une crise éducative par le maintien de l'ordre, c'est un double message négatif. Négatif pour les lycéens, dont beaucoup sont mineurs, et auquel vous dites, votre parole est une menace, pas une revendication. A l'institution scolaire à laquelle vous dites, l'école n'est plus ce lieu protégé où l'on rend la raison populaire, mais un lieu qui surveille. Monsieur le Premier ministre, lorsque les lycéens de notre génération bloquaient leur établissement pour s'opposer au CPE ou à la réforme d'Arcos, Nicolas Sarkozy n'osait pas leur envoyer la police. La bonne réponse, ce ne sont pas des compagnies de gendarmerie devant les grilles. Ce sont des tables rondes, une consultation réelle des lycéens, une réponse pédagogique à une crise pédagogique. Mais ce mouvement, Monsieur le Premier ministre, n'est pas né de rien. Il révèle des années d'accumulation. D'abord de Parcoursup, devenue une véritable loterie de survie. 1,4 millions de candidats cette année, un record. 14 vœux et demi par candidat en moyenne. 206 000 étudiants en réorientation. Un jeune sur cinq qui revient parce que la première orientation a échoué. Une loterie de survie, des mois d'angoisse, des réponses qui tombent à minuit, des algorithmes que personne ne comprend. On demande à des jeunes de 17 ans de construire leur avenir sur un système qu'ils ne peuvent ni lire ni contester. Nous parlons beaucoup de Parcoursup et c'est l'objectif du débat de ce soir, mais regardez aussi l'état des bâtiments. L'étude publiée ce mois-ci après inspection des 5700 bâtiments dans près de 580 lycées et sans appel, 26% de lycées sont en mauvais état ou en très mauvais état. Un élément sur dix ne fonctionne déjà plus, des toitures qui fuient, des fenêtres qui ne ferment plus, des chaudières qui sont en fin de vie, un tiers des toitures sont dégradées. Les travaux en retard représentent entre 11 et 13 milliards d'euros, 4 à 5 années du budget annuel que les régions consacrent à leurs lycées. Un bâtiment délabré, c'est un message envoyé chaque matin aux élèves, vos études ne sont pas une priorité. Enfin, il y a également le quotidien. Sur la plateforme de concertation que votre gouvernement a lui-même lancée, ce n'est pas Parcoursup la principale revendication, mais bien la désorganisation du temps scolaire, qui représente 70% des revendications. 70% ! Depuis la réforme Blanquer, des journées de 8h à 18h avec 3, 4, parfois 5h de trou dans la même journée. Des élèves présents de l'ouverture à la fermeture de l'établissement, épuisés avant même d'entrer dans le supérieur. Avec 1224 heures de cours par an, nos lycéens ont l'un des temps scolaires les plus chargés d'Europe, contre 908 heures en Allemagne. Ce chaos, ce n'est pas une fatalité, c'est le produit d'une réforme faite par décret, sans avoir écouté ni les lycéens, ni les équipes pédagogiques. Et le fond du problème, nous le connaissons également, celui d'une génération sans repère. Vous avez devant vous la génération Covid, confinée au moment charnière de sa scolarité, retournée au lycée sans filet, sans bilan, sans réparation. Une génération à qui on se demande de s'orienter dans une loterie, de travailler dans des murs qui coulent, de tenir des journées impossibles. Le désarroi de cette jeunesse n'est pas une fatalité. Il est le produit exact de ces choix politiques. Quand Parcoursup anéantit le sens, quand les murs délabrés anéantissent la fierté, quand les emplois du temps chaotique anéantissent les repères, ne vous étonnez pas que la jeunesse descende dans la rue. Nous ne sommes pas venus ici seulement pour constater. Nous sommes venus avec des solutions. Le problème que nos lycéens rencontrent n'est pas seulement celui d'un algorithme, mais celui d'une équation fondamentale entre, d'un côté, les besoins de formation de notre économie d'aujourd'hui, les besoins de formation de notre économie de demain et les envies des jeunes. Il est d'abord urgent, Monsieur le Premier ministre, de revenir sur la réforme Blanquer, dont les faits étaient délétères. Le nombre de bacheliers dans le domaine scientifique était divisé par 4 depuis 2019, tarissant le vivier dont dépend notre recherche et notre industrie. Il faut davantage de budget pour nos universités, nos grandes écoles d'ingénieurs, pour former davantage de chercheurs et d'ingénieurs de haut niveau. Il faut revaloriser bien sûr la voie professionnelle. Comme le baccalauréat professionnel en 1985 a hissé au niveau du bac grâce à Jean-Pierre Chevènement des jeunes bloqués au CAP. Nous devons construire une voie technologique complète de la seconde au master en permettant aux IUT de délivrer des masters universitaires de technologie. Je termine sur une conviction. Quand une génération proteste, la bonne réponse d'un Etat, ce n'est pas de l'encadrer, c'est de l'écouter. Je vous remercie.
Merci, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Alexandre Portier, président de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation.
Merci, madame la présidente, monsieur le Premier ministre, messieurs les ministres, mes chers collègues. Si ce débat ne permet pas de poser toutes les vérités sur la table, il ne sert à rien. Oui, beaucoup de jeunes sont angoissés pour leur avenir. A raison. Ils voient que 40 ans de démagogie égalitaire les ont conduit dans une impasse. Depuis des décennies, vous les poussez à passer le bac, à aller à la fac, à viser des bacs plus 4, des bacs plus 5, des bacs plus 12. Pour quels résultats ? Si cette crise révèle bien quelque chose, c'est précisément le fiasco de la massification débridée et démagogique, inspirée par Bourdieu, que vous avez aimé citer, et mise en œuvre depuis François Mitterrand. La première chose à offrir à nos jeunes, c'est d'abord la vérité. Et la première vérité, c'est que le fond du problème n'est pas Parcoursup. Et d'ailleurs, nos collègues Pierrick Courbon et Franz Gums l'ont bien démontré dans leur mission, dans le cadre de notre commission des affaires culturelles et de l'éducation, Parcoursup n'est pas la machine à broyer les jeunes qui a été décrit par certains à dessein ou par ignorance. Parcoursup n'est qu'un outil. Le vrai sujet, c'est plutôt la politique qu'il y a derrière. Oui, il manque de transparence et d'informations objectives sur les débouchés réels, les débouchés professionnels des diplômes proposés, c'est vrai. Mais faire croire que sa suppression réglerait tout, c'est mentir aux jeunes. Vous pouvez l'appeler Capsup, Bidule Pro, Parcours Flou, vous pouvez l'appeler comme vous voulez, ça ne changera rien. Lyon 1 reçoit par exemple 50 000 candidatures par an pour 10 000 places. Vous ne pouvez pas faire sans un outil de tri de sélection pour gérer la massification scolaire que vous avez voulu. Vous ne pouvez pas faire sans un outil qui permette d'aider les universités à gérer les flux que vous avez voulu envoyer dans l'enseignement supérieur. Tout ce que vous racontez de la démagogie est du mensonge. Plus encore, il faudra toujours faire des choix lorsque les demandes dépassent les places disponibles. Et donc le vrai débat, celui qu'on aurait dû avoir, monsieur le Premier ministre, aujourd'hui, c'est celui de la sélection à l'université. C'est ça le débat de fond qu'on devrait avoir dans un grand pays comme le nôtre. C'est l'éléphant au milieu de la pièce. La gauche ne veut d'aucune sélection, on l'a bien compris. Alors, chers collègues, je vais vous donner un scoop. La sélection est inéluctable. D'ailleurs, ce n'est pas moi qui le dise, c'est Mathilde Panot. Vraiment, vraiment, j'ai adoré entendre Mathilde Panot expliquer à Benjamin Duhamel qu'il fallait la sélection à Assas, après avoir expliqué que, dans les manifs, évidemment, il ne fallait surtout pas de sélection. Quelle ironie. J'ai aussi regardé le programme de LFI. Qu'est-ce qu'il y a dans le programme de l'EFI ? Qu'est-ce que vous proposez aux jeunes ? La sectorisation sans sélection. Et vous savez comment ça s'appelle ? Ça s'appelle la ségrégation territoriale. C'est ça le vrai scandale. Est-ce que vous dites ça aux jeunes dans les manifs ? Est-ce que vous leur dites qu'ils seront assignés à résidence de leur territoire avec vous ? C'est un mensonge éhonté que vous promettez aujourd'hui aux jeunes. La sélection, arrêtons les tartufferies, la sélection n'est pas le problème, c'est la solution. La solution pour ne pas envoyer des jeunes dans des voies sans déboucher. La solution pour leur dire clairement les règles du jeu et arrêter de leur mentir. Il faut être très clair. Si vous ne faites pas la sélection à l'entrée, vous la faites à la sortie par l'échec. Et c'est ça qui se passe aujourd'hui. A peine 31% des étudiants finissent leur licence en 3 ans. 60% ne la finissent pas en 4 ans. C'est un vrai massacre. Alors franchement, qu'est-ce qu'il vous faut de plus aujourd'hui ? La vérité, c'est qu'il faut une sélection assumée, transparente, fondée sur des règles républicaines, méritocratiques, connues et égales par tous et pour tous. avec une véritable orientation dès le collège, des passerelles et un droit à la seconde chance. Parce qu'on a aussi le droit d'échouer, on a aussi le droit de rebondir. La vérité c'est que tout le monde n'a pas vocation à aller à l'université. Et c'est pas un échec, c'est pas grave. Et c'est un fils d'artisan qui a grandi dans une famille d'artisans, rempli d'artisans, qui vous le dit, c'est pas grave de ne pas aller à la fac. C'est pas un drame, on peut réussir sa vie autrement. Non, il n'y a pas que la fac pour réussir. Et le collège unique a fait 100 fois plus de dégâts ces dernières décennies en 50 ans que Parcoursup. Et ce qui est flagrant finalement ces dernières semaines, c'est le mépris pour toutes les filières techniques et professionnelles que vous avez révélées dans vos interventions. Vous ne nous parlez que l'université. Vous vous hurlez des places, des places, des places. Mais ce n'est pas à la fac qu'il faut ouvrir des places aujourd'hui. C'est dans les filières industrielles, c'est dans les filières de l'enseignement professionnel, c'est dans les filières techniques. C'est là qu'on en a besoin, c'est là que le pays en a besoin. Il faut 5 à 7 000 soudeurs par an, 20 000 recrutements par an dans la maintenance industrielle. En 2030, il va nous manquer 60 000 personnes, 60 000 techniciens et agents de maîtrise dans les industries mécaniques. Là où il y a du boulot et là où ils seront vraiment payés et bien payés. Voilà les besoins du pays. Et vous, votre réponse, c'est encore des places en psychologie, en sociologie, en droit, que dans des filières qui sont déjà saturées. Non, mais ne me faites pas le coup du mépris. Moi, je suis philosophe de formation aussi. Donc ne me faites pas ce coup-là. Mais la vérité que vous ne dites pas, par contre, c'est que ces filières sont saturées et qu'il n'y a pas de débouchés derrière. Et donc, votre réponse aujourd'hui est totalement à côté de la plaque. Il est grand temps, chers collègues, de remettre du bon sens et de l'ordre dans tout ça. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le Président de la Commission. Nous en venons maintenant. Je rappelle que la durée des questions ainsi que celle des réponses est limitée à deux minutes avec droit de réplique et de contre-réplique. Les trois premières questions vont être posées par le groupe Ensemble pour la République. Et pour commencer, M. Marc Ferrati.
Merci Madame la Présidente. Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, chaque printemps, des centaines de milliers de familles vivent au rythme des notifications de Parcoursup. Chaque année, nous débattons de ces algorithmes, de ces délais, de ces ratés parfois. Mais à force de parler de l'outil, nous évitons la vraie question, celle de la sélection dans l'enseignement supérieur. Avant Parcoursup, on obtenait une place à l'université selon son adresse et parfois même par tirage au sort. Ce système n'était pas plus juste. La sélection existait déjà. Elle se faisait par l'échec. L'échec en première année. Aujourd'hui encore, moins d'un étudiant sur trois obtient sa licence en trois ans. N'aucuns diront que la sélection est contraire à l'égalité des chances. Mais est-il juste de laisser un jeune s'engager dans une filière où tout indique qu'il échouera ? Est-il juste de laisser croire qu'un master ouvre automatiquement la porte d'un emploi à la hauteur des attentes quand tant d'étudiants découvrent l'inverse à la sortie ? Est-il juste enfin que nos entreprises peinent à recruter pendant que des diplômés se sentent déclassés ? En refusant d'assumer la sélection, nous avons construit une usine à fabriquer de la frustration. Nous devons donc rendre l'accès à l'université plus sélectif, non pas pour fermer des portes, mais pour en ouvrir d'autres, plus tôt et mieux. Et la première de ces portes, c'est l'apprentissage, dès le lycée. La Suisse, où vivent nombre de compatriotes que je représente, en fait la démonstration. Deux tiers des jeunes y passent par l'apprentissage et peuvent rejoindre l'université plus tard grâce à des passerelles qui fonctionnent. Le chômage des jeunes y est trois fois plus faible qu'en France. En la matière, beaucoup a été fait ces dernières années. Depuis 2017, le nombre d'apprentis a triplé dans notre pays, preuve que les mentalités peuvent changer. Mais il faut désormais aller plus loin, en commençant là où se jouent les trajectoires, c'est-à-dire dès le lycée. Au-delà des évolutions de la plateforme, pouvez-vous donc nous indiquer, Monsieur le Premier ministre, quelle est la vision du gouvernement sur la sélection à l'entrée de l'université et ce qu'il entend faire pour que l'apprentissage devienne la norme dès le lycée ? Je vous remercie.
Merci beaucoup Monsieur le député. La parole est à Monsieur Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur.
Merci monsieur le député Ferracci. Cette question autour de la sélection, elle recouvre évidemment une variété de filières. Vous le savez, une grande partie des formations aujourd'hui en France du supérieur sont des formations sélectives. Classe préparatoire, IUT, BTS, école et recouvre aujourd'hui une nouvelle. enfin regroupe une grande quantité d'étudiants aujourd'hui. Donc cette sélection, elle existe déjà. La question se pose maintenant plus spécifiquement, en particulier pour la première année de licence. Et ce qu'on constate aujourd'hui, et je reprends, je crois un peu vos termes, c'est qu'on a un système qui est sélectif, mais qui est une sélection qui se fait en fin de première année, avec des taux d'échec qui sont extrêmement élevés, extrêmement élevés en première année de licence, et évidemment sur lesquels il faut absolument lutter. Je voudrais juste rappeler que... Au cours des dernières années, ce taux d'échec a baissé de près de 10 points, entre autres grâce aux dispositifs qui ont été mis en place pour accompagner les bacheliers les plus faibles qui veulent malgré tout... aller faire une licence. Donc il y a des dispositifs aujourd'hui qui permettent de garantir, ou en tout cas d'essayer d'améliorer les choses, mais on est encore très très loin et il y a un travail énorme. Et donc la question que vous posez derrière, c'est quelque part de transformer cette sélection par l'échec en première année en une sélection qui serait plus assumée. Et aujourd'hui, effectivement, ce n'est pas ce qui me paraît aujourd'hui, ce qui est dans la loi telle qu'elle est aujourd'hui, puisqu'elle garantit l'accès de tous les bacheliers à l'enseignement supérieur, sans garantir l'accès... de chaque bachelier dans chaque licence donc ça veut dire que quelque part il faut aussi construire un système moi je crois où on est capable d'orienter de manière plus efficace les bacheliers il faut pas je crois non plus interdire à un bachelier qui n'a pas la formation initiale de poursuivre ses études dans une formation dont il rêve ou dont il a vraiment très envie mais par contre dans ces cas là il faut quelque part lui proposer une formation intermédiaire, ça peut être une année de propédotique, une première année de remise à niveau qui lui donne une vraie chance de réussir.
Merci beaucoup Monsieur le Ministre. La parole est à présent à Madame Danielle Brûlebois.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, merci beaucoup d'avoir organisé ce débat. N'oublions pas d'où nous venons. Avant c'était APB et son entourage au sort et c'était beaucoup moins bien. Vous avez cependant entendu l'inquiétude des lycéens et vous vous êtes engagé dans un important travail sur la transparence des critères, sur un calendrier moins anxiogène et un véritable accompagnement. Mais derrière la plateforme, deux sujets me paraissent aussi urgents et importants. A l'heure de la progression vertigineuse de l'intelligence artificielle, nos jeunes ne sont pas seulement inquiets, c'est un doute qui s'installe. Vers quelles formations faut-il se diriger alors que l'intelligence artificielle transforme en profondeur de nombreux métiers ? Des tâches disparaissent, d'autres naissent. Nos universités sont-elles prêtes à renouveler très vite leur coursus et à créer les formations des métiers de demain ? Cela passe aussi par une orientation qui intègre rapidement ces mutations profondes. Second défi, l'accès aux études supérieures dans les départements qui n'ont pas d'université. Pour un jeune de Jura, l'égalité des chances se mesure en kilomètres et en loyer. Des charges insurmontables pour de nombreuses familles. Beaucoup de jeunes renoncent avant même de formuler un vœu. Les campus connectés que nous avons créés en 2019 ont apporté une réponse avec 85% de réussite et près d'un étudiant sur 4 n'aurait jamais fait d'études supérieures sans eux. En santé, la première année de médecine promise dans chaque département n'est toujours pas au rendez-vous dans le Jura, alors que l'on se sonne dispose d'un campus connecté et d'un institut de formation en soins infirmiers prêt à accueillir une première année de PASLAS. à distance tutorée. Ces deux défis n'en font qu'un. La révolution de l'IA et l'accès aux études supérieures ne doivent pas creuser la fracture entre métropole et territoires ruraux. Monsieur le ministre, quel plan prévoyez-vous pour adapter rapidement l'offre universitaire aux métiers transformés par l'IA ? Ces nouvelles formations seront-elles aussi ouvertes dans les campus connectés ? Enfin, comptez-vous aussi enrichir leur catalogue de formations et nouer un partenariat élargi avec les universités ? Enfin, ouvrirez-vous dès 2027 une première année d'études de santé ? Merci beaucoup Madame la députée. Merci Madame
la
Présidente, merci Madame la députée pour cette question essentielle autour de l'intelligence artificielle. Dans le monde de l'enseignement supérieur, comme dans le monde de la recherche et comme dans de très nombreux autres secteurs, l'intelligence artificielle vient bouleverser les pratiques. Alors je pense que dans le monde de la recherche, les communautés de chercheurs se saisissent de cette question, trouvent des solutions, réfléchissent, sont confrontés à de grandes difficultés parfois, je pense aux mathématiciens en ce moment par exemple, mais ce sont eux qui mènent le travail. Pour la question de l'enseignement supérieur, la question est un peu différente et on a parfois des questions qui sont abyssales, c'est-à-dire effectivement des formations qui sont directement questionnées. Est-ce que je suis en train de former mes étudiants à des métiers qui vont exister demain ? auxquels on est confronté dans les évolutions de l'intelligence artificielle, m'oblige à vous dire que ces questions, évidemment, je suis aussi le premier à me les poser, les collègues dans les amphithéâtres se les posent aussi régulièrement et sont évidemment parfois aussi inquiets de ces évolutions. Alors qu'est-ce qu'on doit faire ? Je crois que d'abord, il faut former tous les jeunes à ce qu'il y a, à comprendre ce qu'est l'intelligence artificielle. Et ça, ça veut dire qu'il faut être capable de former des jeunes, quelle que soit leur discipline d'études. Que ce soit des sciences humaines et sociales, ou des sciences et des techniques, ou de la médecine ou autre chose, il faut être capable de donner un background minimal qui permette de comprendre ce qu'est l'intelligence artificielle. Et puis après, il faut aller travailler métier par métier pour réfléchir avec les jeunes sur les évolutions. Qui sait les évolutions possibles ? Il n'y a pas de sachant dans cette histoire. Vu la vitesse des évolutions, il n'y a pas une personne qui sait. Donc il faut dialoguer avec les jeunes pour essayer de leur expliquer justement quelles sont les problématiques, comment on voit les évolutions des métiers. qui vont arriver, et essayer justement de les préparer à ces évolutions qui vont être absolument massives. En termes d'investissement, je vais juste donner quelques chiffres. Aujourd'hui, c'est 75 millions d'euros de subventions pour la stratégie d'accélération IA, c'est près de 400 millions d'euros pour les clusters IA, et de très nombreux projets d'enseignement supérieur qui sont adossés à ces projets.
Merci. Merci Monsieur le Ministre. Madame Brigitte
Linkert, vous avez la parole. Merci Madame la Présidente, Messieurs les Ministres. Les contestations qui s'expriment aujourd'hui dans les lycées et les universités ne doivent pas être minimisées. Elles traduisent une inquiétude profonde de notre jeunesse, la peur de faire le mauvais choix, de ne pas trouver sa place dans la société et le sentiment que les décisions qui engagent son avenir sont prises sans elle. L'orientation de nos jeunes appelle un débat et les décisions politiques majeures. En 2026, plus d'un million de candidats ont formulé des vœux sur Parcoursup, dont 660 000 lycéens. 370 000 ont demandé une formation en apprentissage. En 10 ans, le nombre de candidats a augmenté de 31%. Derrière ces chiffres, il y a des jeunes de 17 ans, 18 ans, 19 ans, à qui l'on demande de faire des choix déterminants, alors qu'ils connaissent parfois très peu les métiers et les formations qui s'offrent à eux. Il nous faut aussi changer de regard. Trop souvent perçus comme des choix par défaut, la voie professionnelle et l'apprentissage sont de véritables parcours de réussite et d'émancipation. Lorsque j'étais ministre en charge de l'insertion auprès d'Elisabeth Borne, nous avions mis en place le plan « Un jeune, une solution ». Il a permis à 4 millions de jeunes de trouver leur voie. Aujourd'hui, nous devons concentrer nos efforts dès le collège et le lycée. Deux ans après leur sortie, 73% des apprentis de niveau CAP et BTS sont en emploi salarié. L'apprentissage, c'est acquérir une qualification en apprenant un métier sur le terrain au contact des professionnels. Un véritable tremplin. C'est aussi répondre aux besoins de nos entreprises, et ils sont nombreux, et préserver des savoir-faire qui risquent de se perdre faute de transmission. Monsieur le ministre, face aux inquiétudes, quelles mesures comptez-vous prendre pour renforcer l'accompagnement à l'orientation, mieux faire connaître les débouchés des formations professionnelles et de l'apprentissage, et garantir que chaque jeune puisse construire son projet professionnel sans subir son orientation ? Je vous remercie.
Merci Madame la députée. Monsieur Edouard, je ferai ministre de l'Éducation nationale.
Merci Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Mesdames et Messieurs les députés. Merci d'insister sur le rôle de l'orientation, qui est effectivement déterminant et qui doit permettre à la fois aux jeunes de gagner en confiance en lui et puis de trouver tout simplement ce qui lui correspond. Qui doit aussi ne pas l'enfermer dans une trajectoire qui jouerait définitive, mais lui permettre de se réorienter par la suite. On le voit chaque année, il y a des centaines de milliers d'étudiants qui sont amenés à faire ce type de trajectoire et c'est normal. Pour vous répondre très précisément. Un, le plan pluriannuel de rentation est mis en place dans 88% des établissements actuellement, la cible c'est 100%, de manière à ce qu'il y ait une vraie trajectoire construite avec les équipes pédagogiques et éducatives dans chaque établissement autour de la découverte des métiers. Deux, nos élèves ont besoin évidemment d'outils numériques parce que c'est le seul moyen de tout voir et de tout savoir, mais ils ont aussi besoin d'accompagnement humain. Ils ont besoin de rencontrer des conseillers, ils ont besoin de parler avec les professeurs principaux, etc. Et donc, c'est le sens des postes qu'on a déjà créés en air, qu'on recrée cette année, qu'on va donc augmenter pour les porter de 300 à 500. Il faut d'ailleurs évidemment qu'il y ait un vivier qui corresponde, ce qui n'est pas forcément le cas sur des grandes masses, d'où le fait que je suis sur une trajectoire progressive. Mais très clairement, ils ont besoin d'humains, il faut leur offrir. Trois, il faut aussi leur permettre, et ça a été dit par les associations lycéennes qu'on a rencontrées, d'avoir des journées d'immersion dans l'enseignement supérieur. En réalité, un lycéen, par définition, il n'a jamais vu l'université de sa vie. Et donc, dès cette année, pour le coup, dès le mois de janvier, là, pour les élèves de terminale, nous allons promouvoir avec le ministre de l'enseignement supérieur et les universités des journées d'immersion pour que, tout simplement, les jeunes puissent voir à quoi ça ressemble. Quatre, évidemment, toujours en termes d'accompagnement humain, les réseaux d'information jeunesse pourront, à partir du mois de janvier 2027, tenir des permanences dans les lycées. Et puis enfin, 5, nous tournons aussi vers les familles. Vous savez qu'il y a cette plateforme Avenir qui permet justement de mieux connaître les débouchés. Les familles ont aussi besoin de le faire parce qu'en réalité, quand on interroge les élèves, la première personne qui les interroge sur leur parcours, ce sont évidemment leurs proches. Je vous remercie.
Merci, monsieur le ministre. Nous allons passer maintenant aux questions de la France Insoumise avec deux questions. Madame Marie Messmer.
Merci Madame la Présidente. Monsieur le ministre, le mouvement lycéen et étudiant a dû attendre 5 semaines avant que le Premier ministre les reçoive malgré leur mobilisation historique. Sachez que si vous êtes devant nous aujourd'hui, c'est uniquement grâce à une première victoire du mouvement. Ils ont fini par vous obliger à leur répondre, certes avec des mesurettes, et ils l'ont bien compris de l'union étudiante à la FAGE en passant par l'union syndicale lycéenne. Et puisque vous vous refusez de les écouter, je vais vous rappeler ici ce qu'ils ont répondu. Premièrement, vous annoncez indexer les bourses sur l'inflation après que votre gouvernement les ait lu. désindexé pendant trois ans. C'est un coup de com' qui ne changera rien à l'immense précarité étudiante. Deuxièmement, vous annoncez créer 15 000 places dans le supérieur alors qu'il en manque 250 000. Vous ne répondez qu'à 6% des besoins. Troisièmement, vous annoncez réformer Parcoursup pour plus de transparence en 2028. Si les lycéens et les familles sont dans une telle détresse, ce n'est pas par manque de transparence, c'est parce qu'ils se confrontent à une sélection féroce qui discrimine, qui trie en fonction du secteur et du lycée d'origine. Il faut garder une plateforme centralisée et abolir la sélection. Dès maintenant, pas en 2028. A deux reprises, j'ai déposé une proposition de loi. Si vous avez un peu de courage, faites-la voter. Sinon, je vous assure, quand la France insoumise sera au pouvoir, en mai prochain, on le fera. Quatrièmement, vous annoncez créer 500 postes, mais ce sont 9906 emplois d'enseignants qui ont été supprimés sous Macron. On dirait une mauvaise blague, vous prenez vraiment les Français pour des imbéciles. Cinquièmement, vous dites que vous allez rénover le bâti scolaire avec 4 milliards de prêts. Ce sont donc les départements et les régions qui devront s'endetter alors qu'ils sont déjà asphyxiés par vos budgets d'austérité successifs. Et pour finir, vous dites généreusement qu'il y aura 28 élèves par classe en seconde. Peut-être, monsieur le ministre, avez-vous oublié... que les élèves de première et de terminale existaient aussi alors qu'ils ont le bac et le contrôle continu. Les organisations de jeunesse ont formulé 10 mesures très claires. Il faut les respecter. Monsieur le ministre, la jeunesse vous a arraché une première victoire. 412 millions d'euros. On est encore loin des 10 milliards qu'il faut. Alors ils ne s'arrêteront pas et ils nous auront à leur côté. Merci Madame la députée.
La parole est à Philippe Baptiste.
Merci Madame la Présidente, merci Madame la députée. Quelques réponses sur vos différentes questions. Indexation des bourses, ce qui est proposé aujourd'hui, c'est je crois une revendication qui est une revendication forte des organisations étudiantes depuis longtemps, qui est d'indexer les bourses non seulement pour cette année, mais dans la durée. C'est-à-dire quelque part de rentrer dans une logique où justement il n'y aura plus la question chaque année de savoir si oui ou non on doit indexer les bourses sur l'inflation, mais de rentrer ça de manière... claire et définitive, une indexation de cette aide sociale majeure sur justement l'inflation. Sur les places, ce qui a été choisi et décidé aujourd'hui, c'est une première étape. Le Premier ministre a été très clair pour dire qu'il y avait des marges de discussion encore et aussi une réflexion pluriannuelle sur la question de l'ouverture des places. C'est 15 000 places dès maintenant. en particulier en Ile-de-France, là où c'est le plus tendu, et là où justement on en a le plus besoin, en particulier pour les bacheliers technologiques et les bacheliers professionnels, pour lesquels les questions d'affectation en Ile-de-France sont les plus complexes. Sur la question de la sélection à l'université, pour revenir à ce débat, je voudrais vous rappeler que l'OCDE, tous les ans, classe... les différents pays membres de l'organisation en fonction de la sélectivité des pays sur l'enseignement supérieur. Et la France occupe la dernière place. Donc c'est quand même difficile d'expliquer qu'on est dans un pays où la sélection fait rage, alors même que l'OCVE nous dit que nous sommes les derniers sur le classement. Pour terminer sur le bâti, ce sont 5 milliards d'euros qui sont aujourd'hui sur la table, 4 effectivement pour les lycées, enfin pour le scolaire, avec des mécanismes de prêt qui sont mis en place aujourd'hui. et 1 milliard d'euros dont 200 millions d'euros d'argent frais, de nouveaux crédits qui arrivent immédiatement dès cette année pour un certain nombre d'opérations. Il me semble que ça ne peut pas être repoussé simplement du revers d'une main. Je vous remercie.
Merci Monsieur le Ministre. Monsieur Arnaud Saint-Martin.
Merci Madame la Présidente, Messieurs les Ministres, collègues. Face au désarroi des lycéens déboussolés, certains établissements privés lucratifs organisent la prédation générant du fric sur le dos de jeunes qui cherchent à se construire un avenir. Qu'avez-vous fait pour empêcher un tel scandale de se développer ? Rien, sinon un projet de loi préparant la fusion scandaleuse de l'enseignement supérieur public et privé, que vous n'avez même pas été capable de mettre à l'ordre du jour de nos travaux. Pendant ce temps, un étudiant sur quatre étudie dans le secteur privé, dans lequel le SR privé lucratif occupe une place grandissante. Il prospère notamment grâce au soutien financier de la puissance publique, qui l'arrose généreusement, tandis que l'université publique dépérit. Plutôt que d'essayer de protéger les familles de ces établissements prédateurs qui organisent l'accaparement des lycéens désorientés à grands coups de... marketing trompeurs, vous laissez délibérément ces jeunes dépenser des milliers d'euros pour des diplômes bidons enrichissant de grands groupes. Ces grands groupes, nous connaissons leur méthode. La journaliste Claire Marshall a révélé celle du groupe Galileo Global Education. Conditions d'études calamiteuses, marchandage du diplôme, le tout avec pour seul objectif de faire du profit. Et qu'elle ne fut pas notre surprise d'apprendre que l'ancienne ministre macroniste Muriel Pénicaud a rejoint ce même groupe, la même qui a mis en place la loi éponyme sur l'apprentissage, dont ces boîtes font leur miel. Sous la Macronie, les intérêts de l'université publique s'effacent au profit de ceux de l'enseignement privé lucratif et ce sont les étudiants qui en paient le prix fort. Cette situation catastrophique, c'est votre bilan. C'est vous qui avez mis les universités à genoux, qui avez organisé le tri social des établissements des étudiants via Parcoursup, ne laissant pas d'autre choix aux jeunes que de se tourner vers le privé lucratif. Nous vous alertons depuis le début, nous avons même déposé une proposition de loi pour lutter contre ces arnaques, mais combien d'étudiants ont été désespérés du fait de votre inaction ? Messieurs les ministres, répondre aux revendications des lycéens, c'est aussi tout mettre en œuvre pour qu'ils n'aient pas à poursuivre leurs études dans ces établissements privés malhonnêtes. Alors quand comptez-vous cesser les effets d'annonce et passer aux actes ? Si vous ne vous en sentez pas le courage, laissez-nous la place, nous le ferons.
Merci monsieur le député. La parole est à monsieur Philippe Baptiste.
Merci madame la présidente. Merci monsieur le député Saint-Martin. Je vous sais attaché au fond et donc je vais essayer de vous répondre sur le fond et pas exclusivement sur la forme. Comme vous le savez effectivement il y a aujourd'hui un quart des étudiants qui sont dans l'enseignement supérieur privé et c'est, vous avez raison, une très forte croissance dans les 15 ou 20 dernières années. On a pris presque 10 points effectivement et donc c'est plus... la croissance démographique. Donc c'est une très forte croissance de l'enseignement supérieur privé. Je crois qu'il faut quand même dire, il faut reconnaître qu'aujourd'hui, les familles et les étudiants, la plupart du temps, dans la très grande majorité des cas, sont très contents d'aller suivre des formations dans l'enseignement supérieur privé. Et ça ne veut pas dire pour autant qu'il ne faut pas proposer des offres. dans l'enseignement supérieur
public,
évidemment. Mais enfin, je veux dire, la liberté de l'enseignement est aussi quelque chose qui est important dans l'enseignement supérieur. Et donc, moi, jamais je n'irai contre ça. Par contre, la question fondamentale, c'est comment est-ce qu'on est capable de réguler la qualité de ces établissements privés et comment est-ce qu'on est capable de garantir qu'effectivement, les formations qui sont proposées sont des formations de qualité. Des abus, il y en a eu. Vous en avez cité, bien sûr. Je voudrais vous dire que quand même, y compris dans le cadre législatif actuel, où on est relativement démuni pour cette régulation, vous avez là sur ce point, je pense, raison, mais y compris dans le cadre actuel, où simplement en utilisant les chartes qui sont aujourd'hui en place sur Parcoursup, on fait une quarantaine de contrôles. Il y a eu une quarantaine de contrôles qui ont été faits, qui ont identifié des difficultés l'an dernier sur la plateforme et qui ont donné lieu immédiatement à des rectifications des établissements. Évidemment, il faut aller plus loin, mais je crois qu'il faut être quand même prudent. Je pense que les établissements, la plupart du temps, sont de qualité, voire de très grande qualité. Vous savez qu'aussi, il y a parmi nos toutes meilleures écoles, des établissements, ou de toutes meilleures universités, des établissements, des instituts catholiques par exemple, qui sont d'excellentes universités.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. Maintenant, pour le groupe écologiste et social, deux questions. Monsieur Benjamin Lucalendi.
Merci Madame la Présidente. Messieurs les Ministres, au cœur de ce débat, il y a bien plus qu'une question purement éducative et même sociale. C'est une question fondamentalement républicaine. La République est née de l'abolition des privilèges. Ça fait écho d'ailleurs à des débats que nous avons en ce moment sur le budget, il faudrait vous en souvenir. Et elle repose sur une promesse. Chacun peut s'élever. Et vous n'avez de cesse d'ailleurs dans tous vos discours avec vos collègues du gouvernement d'en appeler à la valeur du mérite, de l'effort, du travail. Cette promesse est inscrite dans notre Constitution. Le préambule de 46 est clair. La nation garantie l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'influence. instruction. Nous disons d'ailleurs toutes et tous à nos enfants, travaille bien à l'école, tu pourras faire des études parce que tous les parents savent et voient que le diplôme protège trois fois plus de chômage chez les non-diplômés que chez les diplômés. Or, Parcoursup généralise le tri avec des algorithmes opaques. Ils ferment la porte à des jeunes qui ont fait tout ce qu'on leur demandait. On est loin de la méritocratie. C'est le régime de l'héritocratie qui est le vôtre aujourd'hui. Au début du XXe siècle, nos prédécesseurs ont créé les bourses pour que les enfants d'ouvriers accèdent au savoir. Vous, vous dressez des barrages. Pourquoi ? Parce que Parcoursup est le seul outil trouvé pour que les universités asphyxiées ne fassent pas faillite parce que vous refusez de leur donner les moyens d'assurer leur mission. Résultat de jeunesse. D'abord une jeunesse, celle dont les parents peuvent payer, livrée à des officines privées hors de prix, que le projet de loi régulation jamais inscrit à l'ordre du jour devait encadrer, et je me joins à l'interpellation de notre collègue il y a un instant. Et puis une jeunesse sans solution, condamnée à la trappe à chômage. Parcoursup, c'est le vigile posé en bas de l'escalier quand l'ascenseur social est en panne. Nous, nous voulons réparer l'ascenseur. Et quel gâchis quand le pays manque d'ingénieurs, de médecins, de chercheurs pour la transition écologique et le numérique. Refuser d'investir n'a rien de rationnel. C'est un choix idéologique qui est le vôtre et celui de vos prédécesseurs depuis tant d'années. C'est le choix de l'entre-soi et du séparatisme social et scolaire. Alors oui, il faut en finir définitivement avec Parcoursup et donner les moyens aux universités, les moyens d'accueillir tous les enfants de la République. C'est cela tenir la promesse républicaine, monsieur le ministre. Alors, le séparatisme socio-scolaire ou la République ?
Merci monsieur le député, monsieur Baptiste.
Merci madame la présidente, merci monsieur le député pour cette question tout en nuance. Je voudrais revenir peut-être simplement un instant sur la question du tri social. Question du tri social, je pense qu'aujourd'hui je voudrais simplement savoir comment est-ce qu'on peut expliquer à la fois qu'on a une plateforme qui fait du tri social et qu'en même temps aujourd'hui il n'y a jamais eu autant d'étudiants qui sont d'étudiants qui habitent en dehors de Paris Intramuros et qui font leurs études dans Paris Intramuros. Comment est-ce qu'on peut expliquer que cette plateforme fait du tri social alors que c'est la seule plateforme qui a mis en place des quotas pour les boursiers qui n'existaient pas avant ? Ces quotas pour les boursiers ont permis à 150 000 jeunes, 150 000 personnes, 150 000 vies d'accéder à des formations qu'ils n'auraient pas eues s'ils n'avaient pas été boursiers. C'est mécanique, ça se voit dans les résultats de la plateforme. Pardon, je veux dire, cette plateforme a mille défauts. Et on peut très bien faire plein d'améliorations. Mais dire, répéter cette contre-vérité, disant que Parcoursup, c'est un tri social, pardon, excusez-moi, monsieur le député, mais c'est faux.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. Monsieur Pourriamir Chahi.
Merci, Madame la Présidente. Monsieur le Ministre, je dois vous avouer qu'à vous entendre, on a aussi parfois l'impression d'entendre une langue morte, quand on a, après tant d'années, épuisé huit ministres de l'Éducation nationale pour en arriver à quelques mois de l'élection présidentielle à nous faire des semblants d'annoncer. Il a fallu, deuxième élément de mon désarroi, je ne suis pas le seul à le partager, qu'un jeune ait perdu une main, un autre perdu un oeil, pour qu'on en arrive à admettre. des revendications légitimes. J'en reviens au fond. Dans cette mobilisation, on a vu une jeunesse qui a revendiqué quelque chose d'un peu plus légitime, affirmer son existence par elle-même et revendiquer son droit à choisir sa vie. Il y a une pancarte qui m'a beaucoup plu, je ne sais pas si vous l'avez vue, je sais qu'elle a fait un peu le tour, elle est très simple, c'est le monde ou rien. Il n'y a rien de plus légitime que cette exigence de la jeunesse qui demande à vivre dans le monde qu'on lui a préparé, dont elle n'a jamais demandé à ce qu'il soit aussi dégradé, mais à tout le moins qu'on lui donne la possibilité de s'y inscrire comme elle l'entend. Et cette jeunesse-là, elle est confrontée dans sa scolarité à des obstacles très importants. Et ces obstacles sont d'abord conditionnés par la classe sociale dont on est issu. La formidable révolution démocratique de l'université, c'est l'accès des classes moyennes et des classes ouvrières et de leurs enfants à l'enseignement supérieur. A partir du baccalauréat, ça c'est fabuleux. Mais vous ne pouvez pas, à partir où il y a le bac, leur dire, circulez, il n'y a rien à voir. Parce que vous créez les conditions par un désengagement financier et budgétaire, d'une dégradation des conditions d'études. Les parcours sub, de ce point de vue, est une catastrophe absolue. Vous apprenez aux gens... Pardon, vous apprenez à des jeunes dont il est légitime, je viens de le dire, qu'ils s'interrogent sur leur parcours par eux-mêmes, vous les obligez à mentir. Ils doivent vous dire un choix, c'est difficile. Puis avant, ils avaient trois choix, c'était compliqué. Mais là, vous leur donnez dix de façon obligatoire. Ils vous racontent donc des choses qu'ils n'ont même pas envie. C'est pour ça qu'il faut mettre fin à ce qui, au fond, constitue une école du vice et abroger Parcoursup, qui est une revendication légitime, me paraît de mon sens.
-être, monsieur le député. Merci beaucoup, monsieur le député. Merci, madame la présidente. Juste pour vous informer complètement, depuis la création de la plateforme, il y a 10 vœux qui sont possibles. Ce n'est pas une obligation, c'est un maximum. Avec éventuellement des sous-vœux, personne à aucun moment n'a imposé aux jeunes de faire 10 choix. Donc vos sources ne sont pas tout à fait... À date, correct. Mais au-delà de cette question, moi je pense que le problème que vous soulevez c'est une aspiration de la jeunesse avec un certain nombre de questions qui dépassent simplement les questions qui sont segmentées de l'enseignement supérieur ou les questions des lycées. C'est probablement aussi une forme de malaise de la jeunesse aujourd'hui dans la société dans laquelle on vit aujourd'hui et d'aspiration à faire des choses, à être utile, à tenir compte aussi de la réalité d'un monde qui est un monde qui est complexe, qui est à la fois un monde où il y a l'intelligence. artificielle, un monde où il y a un réchauffement climatique qui rend les questions évidemment de l'évolution de notre planète délicate et difficile et je crois qu'effectivement notre devoir collectivement c'est de proposer à cette jeunesse là des solutions, des formations qui sont capables de répondre à leurs aspirations. Merci monsieur le député.
Merci beaucoup monsieur le ministre. Pour le groupe démocrate la parole est à madame Géraldine Bagné.
Merci madame la présidente, monsieur le premier ministre, messieurs les ministres, mes chers collègues. Je voudrais profiter de cette occasion qui nous est donnée de débattre pour revenir avec vous sur la question soulevée par les lycéens du contrôle continu. L'idée émanait sans doute d'une bonne intention au départ, faire travailler les élèves plus régulièrement et non pas seulement à la veille des épreuves terminales. Seulement, on constate des travers après quelques années de recul. Les professeurs des spécialités se sentent parfois contraints de très bien noter et surnoter des élèves. D'abord pour ne pas perdre d'élèves dans leur spécialité, assurer la pérennité de cet enseignement. Manière aussi d'acheter la paix sociale, c'est une collègue qui le dit, avec les parents et les élèves. Et enfin pour ne pas pénaliser les jeunes lors d'une candidature en classe préparatoire par exemple. Se pose aussi la question du poids du contrôle continu en première, dont les notes sont conservées même en cas de redoublement. Même si, il faut le rappeler, le stress est toujours bien diversement vécu selon les élèves. Ne pourrait-on pas imaginer quelques devoirs communs dans l'année provenant d'une banque commune standardisée nationale plutôt que ce contrôle en continu, ce qui était d'ailleurs initialement appliqué ? Cela aurait pour avantage d'harmoniser davantage la notation de tous les élèves du territoire français, quelle que soit la localisation, le recrutement IPS des établissements. Notre groupe n'oublie pas aussi le problème des lycéens qui ne reviennent plus en fin d'année une fois passées les premières épreuves ou l'orientation déterminée pour la préparation de l'épreuve terminale. Idem pour les lycéens professionnels qu'on n'oublie pas et le parcours en Y si décrié qui, bien qu'aménagé, est toujours maintenu. Pouvez-vous d'ores et déjà nous dire, messieurs les ministres, je ne sais pas lequel va répondre, ce qui pourrait être amélioré sur ce dispositif précis du contrôle continu
beaucoup madame la députée. Monsieur Jeffrey.
madame la députée, mesdames et messieurs les députés qui nous faites l'honneur de rester sur ce débat important pour notre jeunesse. Le contrôle continu, c'est effectivement, ça fait très longtemps qu'on a cette question entre, si je puis dire, la bonne intention. et l'effet péjoratif. Bon attention c'est de se dire en fait on va diluer la charge et par conséquent la prise de risque pour l'élève, effet délétère, il va stresser en continu là où auparavant il aurait pu être là où auparavant il ne stressait si je puis dire qu'en une fois. Moi je ne suis pas partisan de faire disparaître totalement le contrôle continu et d'ailleurs contrairement à ce que disent certains il a toujours existé au baccalauréat. Les langues ont toujours été prises en contrôle continu par exemple. Bon voilà c'est oublié aujourd'hui mais enfin ça se faisait auparavant. On a aujourd'hui, à mon avis, deux questions. La première, c'est est-ce qu'il faut le maintenir en première ou pas ? Ou est-ce qu'il faut considérer que finalement, il y a des épreuves anticipées en fin de première qui sont le français, désormais les mathématiques. Le français, ça a toujours existé, et mathématiques, on l'a ajouté. Et puis dans le fond, il y a une année de terminale qui est tournée vers le baccalauréat. Ça, c'est l'hypothèse, si je puis dire, un peu haute, mais que moi, j'ai mis sur la table. Deuxième hypothèse que je mets sur la table, c'est l'hypothèse consistant à se dire le contrôle continu n'est pas une mauvaise chose parce qu'il permet une fois encore de lisser. Mais est-ce qu'on ouvre la question du, ce que certains appellent le droit à l'erreur, c'est-à-dire la correction de l'aléa ? C'est-à-dire, je peux avoir un excellent parcours, et il ne faut pas que cet excellent parcours me pénalise à l'excès. Donc ces deux sujets-là, aujourd'hui, sont ouverts. Quant au lycée professionnel dont vous avez bien voulu parler, et au cas où je suis extrêmement attaché, Je crois que c'est une des premières questions que j'ai prises quand je suis arrivé au ministère il y a un peu moins d'un an, un peu plus d'un an. C'est de mettre fin au parcours en Y tel qu'on connaissait. C'était avec des épreuves qui étaient très anticipées en avril et qui ont été conduisées, les élèves après ça, à décrocher. Donc, ce n'est plus le cas cette année. Les épreuves du bac pro seront comme celles du bac général technologique, c'est-à-dire en mois de juin. Je vous remercie.
beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à monsieur Laurent Croisier.
Madame la Présidente, Messieurs les Ministres. Les jeunes ont trop souvent le sentiment que leur vie entière se joue en quelques clics sur la plateforme d'orientation Parcoursup. Or, beaucoup se construit avant Parcoursup. L'orientation est l'aboutissement d'un parcours continu permettant à chaque jeune de découvrir ses envies, ses talents, la diversité des métiers et leur formation. Et la clé, c'est l'accompagnement individualisé tout au long de la scolarité. C'est l'une des conclusions du rapport sur l'accompagnement des élèves à la découverte des métiers et à l'orientation que nous avons mené avec mon collègue Arnaud Bonnet en juillet 2025 avec 45 recommandations. Nous proposons d'ouvrir le champ des possibles dès l'école primaire par la découverte de métiers, de renforcer dès la classe de 5e le dialogue avec les familles et de rendre les intitulés de toutes les formations et de tous les diplômes enfin compréhensibles par tous. Aucun jeune ne devrait être laissé seul face à ses choix. Je propose qu'à l'entrée au lycée, chaque élève puisse compter sur un professeur-tuteur qu'il accompagnera individuellement durant ces trois années. Combien d'étudiants intègrent l'université par défaut sans projet, sans les acquis nécessaires, combien échouent en licence, combien découvrent au terme d'un master ou d'un doctorat l'absence de débouchés professionnels. Je regrette que le débat actuel se réduise à l'accès à l'université. Y orienter les jeunes sans discernement est une erreur. Au groupe démocrate, nous refusons de mentir aux lycéens sur les exigences des formations et sur leurs débouchés. Ce discours participe à invisibiliser les autres cursus et à dénigrer la voie professionnelle. Je propose au contraire de la revaloriser en fusionnant les lycées professionnels, généraux et technologiques, en créant des secondes mixtes et davantage de passerelles. Pourquoi faudrait-il séparer les jeunes et cloisonner les voies de formation ? techniciens, d'artisans et d'ouvriers qualifiés que de cadres ou d'ingénieurs. Ce n'est pas l'intelligence artificielle qui viendra réparer nos fuites d'eau, tirer nos dînes électriques ou préparer nos repas.
La parole est à monsieur Edouard Jeffrey, ministre de l'Education nationale.
Merci. Merci, madame la présidente. Monsieur le député, merci d'abord des propositions dont vous avez fait état dans le rapport que vous avez bien voulu rappeler et qui sont effectivement extrêmement importantes. Alors, peut-être pas pour toutes les reprendre, mais au moins quelques-unes. D'abord, sur l'enjeu de la découverte des métiers. Oui, très clairement, nos jeunes ont besoin de découvrir les métiers. Aujourd'hui, enfin pas aujourd'hui, il y a deux ans, un jeune connaissait en moyenne 15 métiers à la fin de la case de troisième. C'est-à-dire qu'il connaissait grosso modo les métiers de son environnement social et familial immédiat. Et quand on sait que les parents et les proches sont les premiers prescripteurs, si je puis dire, en termes d'orientation, il est évident. que le paramètre de reproduction sociale est aujourd'hui un phénomène absolument majeur. Donc première chose, oui, découverte des métiers. Ça, on le fait aujourd'hui avec les demi-journées découvertes des métiers dans le cadre des collèges, on n'est pas la terre, dans le cadre des plans pluriannuels d'orientation. Mais il faut aussi, ce que je disais également tout à l'heure, travailler avec les parents et avec les familles pour aussi ouvrir l'horizon en réalité familiale et pour que les parents puissent dire « Est-ce que tu as vu que ça, ça existait, que ça pourrait te correspondre ? » Ce n'est pas parce que moi, je ne l'ai pas fait que toi, ça ne peut pas t'intéresser. Deuxième élément, c'est le travail sur le tutorat. Sur le tutorat, on fait beaucoup de choses avec les cordées de la réussite dont je parlais tout à l'heure. On a quand même 180 000 jeunes qui ont bénéficié. La question d'un suivi individuel et dans le fond d'un portfolio individuel, d'un carnet de conseils. qu'on pourrait avoir tout au long de sa scolarité, en tout cas partie du collège, peut-être 5e, 4e, jusqu'à la fin de son parcours scolaire, je trouve, est une vraie question. Parce qu'il y a un enjeu de filiation. On peut avoir un rendez-vous une fois avec un conseiller d'orientation. On sait tous que ce n'est pas ça. En tout cas, c'est rarement ça qui change votre vie. En revanche, avoir une espèce de fil rouge dans la discussion et avoir finalement peut-être un entretien annuel, voire deux, obligatoire. au moins à partir de la troisième. Et puis se construire comme ça un parcours, ça, c'est une idée que je trouve extrêmement intéressante. Je ne dis pas que je suis capable de le faire tout de suite, mais en tout cas, il y a quelque chose à faire là-dessus. Et puis, dernier sujet, c'est évidemment la revaluation de la voie pro. Je le disais tout à l'heure, c'est la première fois depuis 20 ans que les voeux en voie pro augmentent. Et je crois que ce qu'on a fait participe de cette action.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à madame Delphine Ingeman.
Merci Madame la Présidente, Messieurs les Ministres. Depuis plusieurs semaines, des milliers de lycéens nous font part de leur angoisse face à l'avenir. Cette angoisse mérite mieux qu'une surenchère électoraliste, elle mérite la vérité. La vérité, c'est que certains ont choisi d'exploiter la détresse de la jeunesse. Et quand les mélenchonistes exigent la fin de toute sélection et la création de 250 000 places dans l'enseignement supérieur, c'est bercer notre jeunesse d'illusion et une illusion déçue. c'est toujours de la colère en plus la vérité et je rajouterai l'honnêteté c'est de dire à notre jeunesse que la réussite ne se résume pas au bac et aux études supérieures et qu'une formation professionnalisante qui intervient plus tôt est aussi une voie d'excellence quand elle est choisie et quand elle conduit au métier dont notre pays a besoin la vérité et l'honnêteté c'est aussi leur dire qu'une sélection existera toujours la seule question est de savoir quand et comment soit on l'assume à l'entrée du supérieur avec des critères clairs expliqué transparent, soit il se fait plus tard et souvent plus brutalement par l'échec en licence ou sur le marché du travail. Mais il est une autre vérité dont on parle trop peu, l'intelligence artificielle qui transforme nos métiers, l'enseignement et la manière même d'apprendre. Or nous continuons d'orienter des jeunes vers des formations qui risquent de ne plus répondre aux besoins de demain qui seront... Autant d'impasse pour eux. Messieurs les ministres, vous envisagez pour 2028 un outil d'orientation enrichi par l'IA, nourri des résultats des campagnes précédentes. Mais le passé ne dit pas tout des métiers de demain. D'où ma question. Êtes-vous prêt à créer un conseil scientifique pour anticiper l'évolution des métiers sous l'effet de l'intelligence artificielle, pour éclairer nos choix de formation et pour donner à chaque jeune les moyens de prendre sa place dans le monde qui vient ? Parce que la vérité que nous devons aux jeunes et notre responsabilité, c'est qu'une promesse d'avenir n'a de valeur que si nous nous donnons les moyens de la tenir. Merci.
Merci beaucoup Madame la députée. La parole est à Monsieur Edouard Geffray.
beaucoup. Je rejoins ce qui a été dit tout à l'heure et donc je n'ai pas polémiqué pour rien sur les questions de sur les risques d'assignation territoriale qui se cachent en réalité derrière certains projets. La question de l'IA est extrêmement importante. Et pour ne vous cacher, j'en ai fait un des trois chantiers quand je suis arrivé au ministère. Je l'ai ouvert depuis plusieurs mois maintenant. Parce qu'en réalité, l'IA est en train totalement de bouleverser l'horizon des métiers. Par conséquent, l'horizon des formations. Et c'est probablement la plus grande inquiétude des jeunes aujourd'hui. Et pour rencontrer chaque semaine depuis un an, beaucoup me disent, mais je voudrais être graphiste, mais ça va disparaître. Je voudrais être interprète, mais c'est en train de disparaître. Je voudrais faire du commerce, mon métier va être remplacé. Donc, ils sont face à quelque chose de vertigineux. qu'on ne mesure pas encore, à mon avis, du côté des personnes en responsabilité, pas suffisamment, et auquel on a besoin d'y répondre. Un. Deux, nous allons probablement vers un bouleversement aussi des hiérarchies sociales implicites associées à des formations. Ce qui ne sera peut-être pas totalement mauvais pour notre pays. Nous sommes le pays d'Europe qui a le plus considéré que la formation professionnelle était une formation dédiée à ceux qui n'arrivaient pas dans les savoirs académiques. Quand vous allez en Allemagne ou en Suisse, la question de la formation professionnelle est au contraire massive. Pourquoi ? Parce qu'on est le pays qui a fait un choix de tertiarisation, enfin un choix, un niveau de tertiarisation extrêmement élevé. L'IA est en train de bouleverser. cette ordonnance là, parce qu'il y a des métiers dont on aura besoin, qui ne seront pas remplacés par les, qui vont être revalorisés et d'autres qui étaient un peu une espèce de sommet social implicite et qui vont se retrouver complètement remplacés. Donc, on est en train de faire ce travail là pour à la fois identifier, dont j'ai créé pour être tout à fait clair, un conseil de l'anticipation, un comité d'anticipation et éducation qui nous aide. à anticiper là-dessus, à voir aussi comment il va falloir reconfigurer totalement la carte des formations professionnelles au cours des prochaines années. Et il faudra, à mon avis, s'interroger sur la répartition entre voies générale technologique et voies professionnelles, parce qu'un pays qui emmène 50% de ses voies générales sans se poser la question de ce qu'ils viennent après, et qui est le seul pays d'Europe à faire ça, peut peut-être s'interroger pour revaloriser justement l'adversité des parcours. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. Pour le groupe Liberté indépendant Outre-mer et Territoires, la parole est à Paul Molac.
Merci, Madame la Présidente. Monsieur le ministre, à l'invitation du proviseur, nous avons rencontré les 600 élèves du lycée Marcelin Berthelot de Castambert et je m'étais engagé à porter leurs revendications. Je me fais aujourd'hui l'orateur de la question écrite par Nello, Nina, Milan, Mathéo et Jules, cinq élèves du lycée, porte-parole de leurs camarades, que je tiens à remercier pour leur contribution. Je cite. Bonjour, nous sommes du lycée Marcelin Berthelot dans le Morbihan. On aimerait réagir aux pseudo-mesures insuffisantes par rapport à nos revendications. 15 000 places supplémentaires en études supérieures, dont 10 000 supprimées cette année alors qu'on en demande 250 000. Comment se projeter dans le futur et se sentir rassuré ? Parcoursup, le budget de l'éducation nationale, la violence ou l'écologie sont des exemples de revendications parmi des centaines d'autres, portées par les lycéennes et les lycéens. Est-ce normal que nous soyons obligés de boucler nos lycées pour être entendus ? Le rythme scolaire, en décalage avec notre rythme biologique, impacte directement notre santé mentale et nos résultats. Une journée type pour nous, lycéens de milieu rural, en prenant compte les trajets et les devoirs, démarre à 6 heures et se termine à 20 heures. Pourquoi ne pas s'inspirer des premiers pays du classement PISA qui travaillent moins, mais mieux ? Depuis la création de Parcoursup, de nombreuses inégalités ont été notées, un fonctionnement trop abstrait, une sélection basée sur des critères discriminants qui nous font vivre un stress permanent. Il faut une refonte immédiate et profonde. Le budget de l'éducation nationale doit être révalorisé et mieux réparti. Votre rôle est de protéger la démocratie et de nous garantir un avenir qui respecte nos droits. Arrêtez de nous oublier, de nous ignorer, de nous mépriser et de nous réprimer. C'est à vous d'agir. Vous avez la confiance de la jeunesse entre vos mains. Fin de citation.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à Edouard Jeffrey, ministre de l'éducation nationale.
Merci infiniment, monsieur le député. Et merci aux élèves qui vous ont écrit ça. On a la confiance des jeunes entre nos mains. Je voudrais dire aussi qu'ils ont la confiance de notre société et singulièrement de votre serviteur. Sinon, je ne serais pas là. Comme vous le savez, je n'ai pas de projet électoral pour la suite. Je suis là parce que j'adore cette jeunesse et que je lui ai dédié ma vie, en tout cas les dernières années. Et c'est une belle jeunesse. Après, c'est une jeunesse à laquelle il ne faut pas mentir et à laquelle il faut répondre précisément. Cette jeunesse, elle nous dit qu'on a effectivement besoin de places dans le supérieur. On en crée. On en crée maire pluriannuelle. Mais raconter qu'on pourrait créer 100 000 places à la rentrée prochaine, ce serait mentir. 100 000 places, ça suppose que tout le monde soit dans des amphis, ça fait juste 100 amphis de 100 places, personne ne sait le faire. Pas si tôt. 1 000 amphis de 100 places, pardon. Personne n'est capable de faire ça en 8 jours. En revanche, créer des places dans les BTS, où les lycéens professionnels ont du mal à s'insérer, parce que c'est eux en réalité qui ont les plus grandes difficultés à trouver des études qui leur correspondent dans le supérieur, le faire dans des secteurs notamment industriels, où ils pourront trouver des métiers derrière. ou les envoyer dans des situations qui seraient extrêmement préjudiciables, c'est leur répondre. Sur les emplois du temps, moi, j'ai ouvert le chantier. Après, je l'ai toujours dit, autant j'ouvre le chantier du rythme hebdomadaire, etc. Parce que le 8h-18h, en ruralité notamment, en fait, ça fait du 6h, 20h ou 21h, plus les devoirs, plus, plus, plus. Donc ça, je suis capable de travailler dessus et je réfléchis même d'ailleurs à alléger un peu les horaires en première et en terminale. En revanche, la réflexion globale du rythme dans son ensemble, ça implique les transports scolaires, ça implique les familles, ça implique la vie économique, ça implique le secteur touristique. C'est évidemment pas quelque chose que pour le coup, on fait cinq mois avant une présidentielle. Et sinon, vous m'en voudriez et vous auriez raison. Et sur les autres questions, malheureusement, je manque un tout petit peu de temps, mais je serai tout à fait à l'aise pour rencontrer peut-être visu pour aller faire se déplacer. Mais vos élèves. pour qu'on ait une relation très directe et qu'on puisse dire ce qu'on fait très concrètement, loin du bruit et des mensonges. Merci.
Merci, monsieur le ministre. La parole est à madame Nicole Sanker. Il te restait quelques... Alors, vas-y, Paul.
je prends l'invitation, monsieur le ministre. On va organiser quelque chose avec le proviseur.
Merci beaucoup. On en est témoin. Madame Nicole Sanker.
Merci, Madame la Présidente. Messieurs les ministres, l'éloignement géographique, le coût des déplacements, la pénurie de logements étudiants et la complexité des démarches administratives et sociales constituent autant d'obstacles qui compromettent l'égalité des chances de nos jeunes Polynésiens de l'accès aux études supérieures. Je souhaite donc vous interpeller sur trois sujets. Premièrement, le logement étudiant. Votre gouvernement prévoit la création de 45 000 logements étudiants d'ici la fin du quinquennat. C'est une ambition nécessaire, mais encore insuffisante. aux besoins. Je salue la priorité accordée aux étudiants ultramariens boursiers dans les résidences CRUS. Mais pourquoi en exclure les non-boursiers qui subissent les mêmes contraintes d'éloignement et dont les familles n'ont pas toujours les moyens de financer un logement privé. Donc, Monsieur le Ministre, envisagez-vous d'étendre cette priorité à tous les étudiants ultramarins et d'accélérer la construction de logements étudiants. Deuxièmement, l'accès à l'Université de la Polynésie française. Notre université accueille des candidats de l'ensemble du territoire national. C'est le principe d'ouverture de notre enseignement supérieur. Mais lorsque les capacités d'accueil sont limitées, des bacheliers polynésiens peuvent se retrouver sans place dans leur propre université, alors même qu'ils n'ont pas nécessairement les moyens de poursuivre leurs études dans l'Hexagone. Envisagez-vous de mettre en place une priorité territoriale pour les bacheliers polynésiens dans les formations sélectives de l'université. Et troisièmement, la stratégie de l'enseignement supérieur dans les Outre-mer. Nos territoires abritent une biodiversité exceptionnelle et représentent l'essentiel de l'espace maritime français. Pourtant, nous n'exploitons pas suffisamment ce potentiel pour développer des formations universitaires d'excellence, notamment dans les domaines de la biodiversité et des écosystèmes marins. Pourquoi ne pas faire de nos universités ultramarines de véritables pôles d'excellence, proposant des cursus complets de la licence au master pour former localement nos futurs chercheurs et experts ? Enfin, qu'en présenterez-vous la stratégie spécifique aux Outre-mer recommandée par la Cour des comptes qui devait être élaborée avant fin 2025 ? Je vous remercie.
Merci beaucoup Madame la députée. La parole est à Monsieur Philippe Baptiste.
Merci Madame la Présidente. Merci Madame la députée. La situation des étudiants ultramarins est évidemment une situation qui est complexe. Complexe pour quelles raisons ? La plupart du temps, dans beaucoup de territoires d'Outre-mer, Toutes les formations n'existent pas sur place et il n'existe simplement qu'un sous-ensemble de formations et donc le choix est limité. Alors vous me direz que c'est vrai aussi dans un certain nombre de territoires ruraux, par exemple dans l'Hexagone, mais il y a aussi évidemment la question de la distance et de l'éloignement. Donc qu'est-ce qu'on fait ? On essaye de faire deux choses. La première, c'est d'essayer de renforcer les capacités d'accueil et de faire monter en puissance les universités ou les établissements qui sont présents sur place. C'est le cas dans beaucoup de territoires d'outre-mer. Ça prend du temps. La vérité est vraie, c'est que ça prend du temps. Créer une université, ça ne se fait pas d'un coup de baguette magique et la montée en puissance sur des disciplines qui n'existent pas encore, ça prend du temps. Ça prend du temps et de l'investissement. Et puis, d'autre part, il y a aussi parfois la question de savoir si c'est vraiment utile de faire ça quand on a finalement assez peu d'étudiants qui veulent aller vers une filière et on risque de les orienter. pas forcément sur la meilleure formation s'il n'y a pas assez de volume. Cette question est toujours complexe. L'autre solution, évidemment, au-delà de ça... Tout ce qu'on peut faire aussi en visio et à distanciel, les campus connectés, qui ne sont pas la panacée, mais c'est aussi une option. Et puis après, évidemment, l'autre option, c'est de faire venir les étudiants ultramarins dans l'Hexagone. Et pour ça, il y a tout un dispositif de bourse ad hoc qui existe. Et comme vous l'avez mentionné, Madame la députée, il y a aussi des points de charge additionnels pour le CRUS qui permettent aux étudiants ultramarins d'avoir une priorité aujourd'hui dans les résidences universitaires. dans l'hexagone. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Oui, j'en suis convaincu. Je crois qu'on a déjà essayé de faire beaucoup de choses, mais je suis convaincu qu'il faut aller plus loin. Merci, madame la plus.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. Et pour terminer, la parole est à madame Stella Dupont.
Merci Madame la Présidente, Messieurs les Ministres. Des effectifs réduits en classe de seconde, 500 postes d'enseignants supplémentaires et un effort sur le remplacement dès 2027, la vie scolaire, emploi du temps revu, pause déjeuner d'une heure garantie. Donc tout ça ce sont des bonnes décisions bien entendu. Mais par exemple les emplois du temps impossibles sont aussi liés à la réforme blancaire et à la diversité des spécialités. Donc ce n'est pas si simple. Les proviseurs aujourd'hui n'organisent pas par plaisir des emplois du temps à trous et défis. à vivre pour les lycéens. Donc en définitive, ma question c'est comment on fait concrètement ? La santé mentale, 500 postes de psychologues, infirmiers, assistants sociaux, ça aussi c'est une bonne décision, mais le département de Maine des Noirs, c'est souvent un centième du pays. Donc cinq postes pour 830 000 habitants, ça relativise l'annonce. 15 000 places supplémentaires dans le supérieur, 1 milliard d'euros d'investissement de l'Etat pour les universités, c'est bien, mais la question du financement, du fonctionnement courant des universités se pose aussi. Pour l'université d'Angers, c'est une sous-dotation annuelle de 53 millions. malgré une hausse de 4000 étudiants et 10 millions d'euros d'économies déjà réalisées. On voit bien que l'équation est intenable, cela fait... Des années que les présidents successifs et les parlementaires alertent, cela pèse sur les équipes, sur les étudiants. Il faut une vraie réforme globale du financement des universités et il faut arrêter de repousser le sujet. Parcoursup remplacé en 2028, c'est une attente forte. La complexité de l'outil, son opacité sont très décriées par les lycéens. Il faut un profond changement avec des critères lisibles, des refus motivés. Pour autant, il ne faut pas mentir aux jeunes et dire qu'il n'y aura plus de sélection. Ce n'est pas ça la réalité de la vie. Je crois que le vrai problème de l'orientation en France n'est pas un algorithme, c'est une hiérarchie. Une hiérarchie silencieuse qui place la voie générale en haut et qui fait de la voie professionnelle une orientation par défaut plutôt que par choix. Près d'un tiers des bacheliers sont issus de la voie professionnelle et pourtant ce sont eux qui ont le plus de mal à obtenir une place en BTS. La formation pensée pour eux. L'orientation, ce n'est pas un problème de talent, c'est un problème de système. Remplacer parcours sub sans régler cela, ce serait repeindre la façade. J'ai deux choses simples à proposer. Garantir aux bacheliers professionnels une vraie place dans les BTS avec les quotas qui leur sont... et construire des passerelles réelles avec des parcours de transition vers le supérieur, des allers-retours possibles entre apprentissage, emploi et études, pour qu'aucun choix à 15 ans ne soit définitif. Cela réduirait grandement les angoisses terribles de notre jeunesse. Merci.
Merci, madame la députée. C'est un petit peu un défi parce que vous avez exposé beaucoup de choses et j'ai, je crois, 120 secondes pour vous répondre. Juste simplement sur le sujet emploi du temps, pas par plaisir, bien sûr. Et chaque année, les chefs d'établissement font un travail absolument remarquable pour essayer de combiner toutes les contraintes. Et je bien dis toutes les contraintes, y compris celles personnelles. Là-dessus, très clairement, la réflexion que j'ouvre là avec les différentes organisations, etc., c'est la question de la condensation des triplettes, entre guillemets, de spécialités. Le fait qu'il y ait aujourd'hui 300 choix, alors que 88% des élèves se concentrent sur une quinzaine ou une vingtaine de possibilités, ça veut quand même dire qu'il y a 12% des choix qui viennent totalement chahuter l'ensemble. Ça veut dire qu'il faut réduire à ces 15 ou 20 choix, mais peut-être... Voilà, optimiser un tout petit peu, c'est quelque chose qui manifestement est assez demandé, qui permettrait par conséquent de condenser un petit peu aussi des groupes classes, donc de retrouver une forme d'unité de la classe, en tout cas beaucoup plus facilement, et de traiter la question des emplois du temps, enfin de réduire la difficulté des emplois du temps. Deuxième sujet sur les bacheliers professionnels, je crois, sauf erreur sous le contrôle de FIBATIS, c'est que 50% des places en BTS leur sont réservées. Et donc, quand on dit qu'on ouvre 10 000 places en BTS à la rentrée prochaine, on les ouvre singulièrement pour les bacheliers professionnels et singulièrement, notamment en Inde-de-France, où la pression est la plus forte. Et puis, sur le sujet, dernier sujet, santé mentale, vous savez que moi, j'ai toujours dit qu'il fallait s'inscrire une trajectoire de progression de ces essais techniques. Je l'ai porté l'année dernière avec 300 ETP. Je l'ai reporté cette année avec 300 ATP, si je puis dire en base, qui deviennent 500 dans le cadre des annonces qui ont été faites par le Premier ministre avec votre serviteur. Ça peut paraître évidemment insuffisant, rapporté aux quelques 18 000 personnes médicaux et de santé qu'on a aujourd'hui. Mais ça fait quand même 800 en deux ans sur 18 000. Mais surtout, ça correspond aussi à une capacité réelle de recruter. C'est comme pour les élèves. Il ne faut pas mentir aux députés, il ne faut pas mentir aux Français, il ne faut pas mentir aux élèves. Si je vous dis que je peux m'en recruter 1000 à la rentrée prochaine, je vous mentirai. Et ça, c'est la seule chose que je m'attarde de te faire depuis le début de mon mandat. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. Ce débat est à présent terminé. Merci à tous. Prochaine séance, donc à 22h, suite du projet de loi de finances pour 2027. La séance est suspendue. Merci à tous.
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