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Maisons éducation nationale en soutien au personnel de l'éducation qui seraient victimes, qui sont, d'ailleurs on peut hélas parler au présent, victimes de menaces de toutes sortes, de toute nature, quelle que soit la nature de cette menace, qu'elle soit verbale, qu'elle soit physique, qu'elle soit numérique. Évidemment, tout ceci fait écho à l'effroyable assassinat de votre frère en octobre 2020, il y a maintenant six ans, et nous savons que l'administration, et c'est aussi sur ce sujet que nous serons très intéressés de pouvoir vous entendre. Nous avons besoin de comprendre ce qui a été mis en place à l'époque, comment vous l'avez perçu, et puis ce qui vous a semblé perfectible, ce qui vous a semblé améliorable. Car nous avons bien perçu, à travers différents témoignages, que quelle que soit la nature des agressions, il y a des choses qui sont mises en place, mais qu'il y a des choses qu'on pourrait... compléter, voire améliorer, voire renforcer. L'objectif de tout ça, c'est de comprendre d'abord quelle était la nature de toutes les menaces qui pèsent sur nos personnels, évidemment avec un fort prisme sur le personnel enseignant. Et ensuite, quels sont les outils dont on dispose aujourd'hui pour les soutenir. Ensuite, ceci nous permettra, nous souhaitons en tout cas, de pouvoir faire des propositions pour améliorer le dispositif existant. Et on voit qu'aujourd'hui, avec encore ce qui s'est passé tout récemment, Les menaces et les agressions dont ont été victimes des chefs d'établissement, des professeurs, dans l'exercice de leur mission qui est d'essayer d'enseigner, de transmettre, a été particulièrement malmenée. Ils ont été particulièrement malmenés ces dernières semaines. On voit que notre mission a toutes les raisons d'exister. Nous rendrons nos conclusions en février prochain. Et donc pour le moment, comme vous entendez que ma voix est compliquée, je vais m'arrêter là et passer la parole à votre rapporteur M. Tesson. Il me permet de couper mon micro et je réinterviendrai chaque fois que ma voix me le permettra. Par avance, merci beaucoup Mme Paty, je crois que vous avez reçu un questionnaire. Et évidemment, je n'ai pas cité, je n'ai pas mentionné le rapport du Sénat 2024. Ce sera intéressant aussi de vous entendre sur ce rapport, ce que vous en avez vu, qui avait quand même eu lieu. plus de trois ans après l'assassinat de votre frère, et comprendre ce qui était quelque part bien, parce que ce n'était ni trop proche ni trop loin, mais voir comment vous l'avez reçu et ce que vous en avez pensé. Voilà, Mme Patti, je vais m'arrêter là. M. le rapporteur aussi, je vous souhaite bien volontiers la parole.
Merci, Mme la Présidente. Bonjour, Mme Patti. J'imagine assez que le retour aujourd'hui avec cette... audition d'un événement horrible tel qu'il a pu se passer, moi-même étant un ancien chef d'établissement, un ancien enseignant d'histoire-géo qui plus est. J'imagine que ce retour sur ce passé doit vous être très douloureux. Mais pour cette raison, je vous remercie vraiment très sincèrement d'être là, parce que votre parole est très importante. Et je pense que nous pourrons en tirer un certain nombre d'enseignements, puisque ça reste l'objectif, comme l'a dit Madame la Présidente, de notre rapport, c'est d'améliorer autant que faire se peut la protection des personnels de l'éducation nationale. Je vais rentrer dans le vif du sujet, si vous le voulez bien, à moins que vous ayez envie de faire une remarque liminaire, Mme Paty. Peut-être que vous pourriez allumer votre micro.
m'entendez
Parfait. Allez-y, Madame.
Écoutez, j'espère que cette mission permettra, effectivement, comme ça a été annoncé, des mesures perfectibles au sein de l'éducation nationale, notamment sur la protection du personnel éducatif. Mais j'annonce quelque part qu'il faut peut-être renoncer à certaines pratiques définitivement pour qu'on puisse effectivement améliorer cette... cette prise en charge de nos enseignants qui sont à l'heure actuelle terriblement menacés.
bien. Dans la série de questions, je ne les reprendrai peut-être pas toutes, peut-être que Mme la Présidente relera, mais on peut indiquer aujourd'hui que la violence est très présente dans les établissements et les derniers événements dans les lycées l'ont encore démontré. Mais d'après vous, quels seraient les facteurs explicatifs de cette... 'allais dire, de cet environnement. Et quel lien faites-vous entre cette violence ordinaire à l'école et les attentats terroristes tels que nous avons pu les vivre en France ? Il y avait votre frère, bien sûr, mais aussi Dominique Bernard à Arras. Quel lien vous faites entre les deux de votre expérience ?
vais me permettre de lire quelques pages que j'ai écrites par rapport à cette question qui, à mon avis, est peut-être la plus importante de la somme des questions que vous m'avez fait parvenir. Je ne pense pas qu'on puisse expliquer en trois lignes. Donc si vous me permettez, je vais lire ce que vous avez écrit. La violence ordinaire, insultes, menaces, pressions, agressions, contestations d'enseignement n'est pas un phénomène isolé. Elle est le produit d'une série de renoncements face à l'islamisme, d'une culture du pas de vagues et d'un abandon progressif de l'autorité de l'école et des valeurs républicaines. Dès décembre 2015, dans le numéro 7 de son magazine francophone, l'État islamique appelait explicitement à combattre et tuer les professeurs. Il les qualifiait de corrupteurs. L'école républicaine était présentée comme un lieu de mécréance et de perversion. Les enseignants comme des ennemis à abattre. Cette menace n'est pas abstraite. Elle ciblait précisément ceux qui transmettent la laïcité et la liberté d'expression. Or, cette déclaration de guerre contre le corps enseignant n'a entraîné aucun changement structurel durable, ni dans la protection des professeurs, ni dans la prise de conscience institutionnelle. Le pas de vague, ce n'est pas une simple prudence administrative, c'est une culture. Une culture profondément ancrée, soucieuse avant tout de la réputation de l'établissement et l'éducation nationale. On redoute le scandale médiatique, la polémique, le conflit avec des parents ou des communautés. Alors on préfère étouffer, on minimise, on qualifie l'enseignant de maladroit plutôt que d'affronter la réalité idéologique derrière. Résultat, l'enseignant isolé devient le fusible. Donc il vaut mieux sacrifier un professeur que d'assumer un conflit qui pourrait faire des vagues. Cette crainte s'accompagne d'une peur de la stigmatisation et de l'amalgame. On a fini par considérer qu'un individu appartenant à une communauté ne pourrait être réprimandé ou sanctionné sans que cela ne tousse par essence la communauté tout entière. Ce raisonnement est essentialisant au possible. Il fige les personnes dans une identité collective, il rend impossible tous distinction entre un comportement individuel et un groupe. C'est précisément ce mécanisme qui a fait le lit du narratif selon lequel la France ou l'État seraient racistes dès lors qu'ils appliquent la loi ou défendent la laïcité. En refusant de traiter les faits individuels pour ce qu'ils sont, on a inversé la charge. L'institution se retrouve accusée pendant que les pressions idéologiques progressent. A cela s'ajoute la banalisation du mal ordinaire. Les insultes, les menaces, les pressions quotidiennes sont devenues tellement fréquentes qu'elles en paraissent presque anodines. Face à une décapitation, on entend parfois « c'est rien comparé à » ou « ce n'est pas la même chose de clamer un passage à l'acte que de le faire ». Cette comparaison perverse minimise la violence du quotidien, elle empêche de voir qu'elle prépare le terrain aux actes extrêmes. La banalité du mal ordinaire n'est pas l'opposé de l'horreur, elle en est le terreau. Quand on s'habitue à l'intimidation, on se retrouve désarmé le jour où la menace se réalise. Un autre facteur structurel, la notion de communauté éducative, introduite par Lionel Jospin en 1989. En mettant parents, élèves et enseignants sur un pied d'égalité, vous remplaçant parfois la parole de l'enseignant en position d'infériorité, on a inversé le rapport d'autorité. Désormais, un professeur doit souvent se justifier face à toute sanction ou brimade qu'il aurait formulée auprès d'un élève. La parole de l'enseignant n'a plus le poids qu'elle devrait avoir. Elle est contestable, discutable, et l'institution attend de lui qu'il dialogue, même avec ceux qui le menacent et le diffament. Cette égalisation a afférit durablement l'autorité pédagogique. Elle a ouvert la porte aux pressions idéologiques. Cette logique est toujours à l'œuvre. On peut en prendre, pour exemple, deux publications récentes. Le compte officiel du ministère de l'Éducation nationale rappelle aux parents qu'il faut faire confiance aux professeurs dans un respect mutuel avec du dialogue et de la co-éducation. De son côté, Edouard Geoffray, ministre de l'Enseignement, affirme que l'institution sera toujours à leur côté, tout en précisant que l'on peut demander à rencontrer un professeur pour avoir des explications sur une décision précise. Ces formulations en apparence bienveillantes perpétuent l'idée que le professeur doit rendre des comptes et entrer dans un dialogue permanent, y compris face à des contestations qui peuvent rapidement basculer dans la pression ou la menace. Elle illustre la persistance de la communauté éducative comme cadre où l'autorité de l'enseignant n'est jamais pleinement affirmée. Il faut bien admettre que l'attentat contre Samuel a libéré une violence qui était jusqu'à leur contenu. Le tabou a sauté. On entend désormais des élèves dire « je vais lui faire une pâtie ». Les attentats contre Samuel et Dominique Bernard ne sont pas des accidents. Ils sont le produit d'un système qui a minimisé les signaux faibles, laissé prospérer les narratifs mensongers et refusé de traiter les causes idéologiques. L'islamisme n'est pas un partenaire de dialogue, c'est un projet politique totalitaire conquérant qui progresse par la pression, l'intimidation et l'instrumentalisation des plaintes victimaires. Nos dirigeants successifs ont cru conserver la paix civile par une série de renoncements qu'ils pensaient sans importance. Ils ont ainsi renoncé à une société unie et fraternelle pour un vivre-ensemble communautariste tribal. Je pense que ce fut une grossière erreur d'analyse.
empathie, effectivement, je pense que là, votre analyse sans concession pose tout à fait clairement le problème et effectivement les voies vers lesquelles nous devrions aller. Alors, dans les questionnements que nous vous avions envoyés, il y avait un élément qui concernait la principale du collège. Et vous estimiez que dans votre livre, le cours de M. Paty, il y avait eu une sorte de déformation des faits. Alors nous, on se pose beaucoup la question de... Parce que la première ligne, évidemment, lorsqu'il se produit un fait, une contestation, etc., ça revient au chef d'établissement. Et d'après vous, alors, à partir de ce fait, enfin, vous pouvez revenir, bien sûr, sur votre analyse par rapport à ce qui s'est passé avec la principale. Qu'est-ce qui, d'après vous, pourrait assister les chefs d'établissement lorsqu'ils se retrouvent dans une situation de cet ordre
ce que je pense, c'est qu'à l'époque, pour la principale du collège de conférence à Tonorine, elle s'est retrouvée en difficulté face à une pression d'un parent d'élève accompagné d'un islamiste. Et donc, elle s'est retournée assez rapidement vers sa hiérarchie pour savoir quelle procédure, comment il fallait faire. Et je pense qu'on l'a un petit peu pressé à rédiger ce fait établissement pour qu'il y ait une remontée jusqu'au ministère, puisque c'est un niveau 3 qui a été signalé. sans pour autant avoir pris le temps simplement d'entendre mon frère par rapport à ce qui s'était passé réellement. Donc je pense que c'est cette précipitation qui a totalement erroné en fin de compte cette saisine, où elle reprend exactement le narratif du père accompagné de l'islamiste, où finalement c'est mon frère qui se retrouve coupable quelque part d'un crime. Et c'est pour ça que les cases vont être cochées. Puis les victimes, c'est groupe d'élèves et le coupable, c'est un personnel de l'établissement.
Voilà. Très bien. Très bien. Alors, justement, il y avait l'idée, quand on lit le rapport de l'inspection générale, ce que j'ai fait, évidemment, je suis moi-même, pardon, je ne me suis pas présenté, mais je suis un ancien chef d'établissement, un ancien inspecteur d'académie. Et donc, le fait est qu'il y avait l'idée d'une maladresse. Est-ce que vous estimez que c'est peut-être un défaut, par exemple, de consigne claire qu'on donne aux enseignants ? Parce que ce qui me frappe depuis le début de cette mission, c'est à quel point, et c'était le cas de votre frère qui a fait son travail, c'est ce qui est le plus terrible dans cette affaire, il a fait son travail, il était en fait un défenseur, je veux dire, de la laïcité en première ligne, et c'est ce qu'on demande aux enseignants. Et est-ce qu'il n'y a pas un défaut de consigne claire qu'on pourrait donner ? aux enseignants par rapport à la manière d'enseigner. Vous voyez, c'est vraiment une question qu'on peut se poser.
ce que je pense, c'est que j'y reviendrai autant que ça sera nécessaire. C'est vraiment cette culture du pas de vagues qui fait que de toute façon, on va toujours reprocher à l'enseignant quelque part une maladresse, de mal avoir agi. Et c'est pour ça qu'on lui demande systématiquement après de s'expliquer sur sa façon de faire ou sa façon d'agir. Donc c'est vraiment l'essence du problème, le pas de vagues. Et j'ai écouté, je ne sais pas combien de fois, même à l'époque des faits, M. Blanquer a annoncé haut et fort que pas de vague, c'est fini. Et en fait, ça a été répété un bout comme un mantra. Sauf que, en fait, plus on le répète, plus il existe sur le terrain. Et ça, c'est factuellement vérifiable auprès des enseignants et des personnes de direction qui se retrouvent avec des rectorats qui les poussent à minimiser, à surtout ne pas faire de vagues, ne pas faire de bruit. D'ailleurs, à l'époque des faits, la principale avait été entendue par le Dazen de l'époque, où il avait écrit un mail spécifiant qu'il fallait peut-être prendre en considération ses propos, parce qu'elle, par rapport à d'autres, ne faisait pas de vagues d'habitude. Donc c'est quand même quelque chose qui a pointé encore une fois.
Tout à fait. Mais en termes de consignes, vous voyez, vous avez un programme à faire. Alors on a vu, je pense que d'ailleurs les contestations concernent beaucoup de disciplines, mais peut-être en premier lieu l'histoire géographique et l'histoire en particulier. Oui, ça peut être d'ailleurs effectivement les SVT comme d'autres, mais en histoire géo, effectivement, il y a certaines parties du programme, moi je pense souvent à l'enseignement de l'islam en cinquième, qui sont toujours un peu difficiles. Alors est-ce qu'il n'y a pas un défaut de consigne que pourrait donner la hiérarchie ? Parce qu'on sait tous maintenant, ce sont des choses qui ont été largement documentées, mais c'est qu'une bonne part des enseignants aujourd'hui se sont sûrs. pour éviter des problèmes en classe. C'est à tester. Donc, qu'est-ce que vous avez comme avis sur ça
Je vais reprendre justement l'exemple que vous citez, qu'au programme de 5e, les trois grandes religions monétaïstes sont abordées au programme. Mais je vous rappelle que c'est quelque chose qui n'existait pas avant. C'est quelque chose qui a été introduit après les années 2000. Justement, face à une montée d'effets religieux, on s'est dit que plus on allait en parler à l'école, mieux ça allait être géré. Finalement, on se retrouve avec une situation qui est totalement l'inverse de ce qui était attendu, préconisé. Pourtant, déjà à l'époque, il y avait des voix qui s'élevaient pour expliquer que peut-être les religions n'ont rien à voir avec l'école.
Si je ne peux pas vous attendre une toute petite seconde, pardonnez-moi, c'est toujours difficile en Zoom. Moi, je suis beaucoup plus vieille que vous, parce que j'ai passé mon bac en 1980, donc ce n'est pas récent. En tout cas, je peux vous dire qu'en classe de 6e et 5e, j'avais déjà l'enseignement du christianisme et de l'islamisme. Et de l'islam, pardon, je ne suis pas en forme. Je ne sais pas si entre les deux, il y a une partie du programme, mais mes enfants qui ont passé leur bac dans les années 2000... 2010, on va dire à peu près, ont aussi eu en 6e et 5e ces deux enseignements. D'ailleurs, au même année que moi, le christianisme en 6e et l'islam en 5e, avec l'Empire ottoman, etc. Donc c'était, à 25 ans d'écart, on avait ça. Alors après, je ne sais pas, mais en tout cas, c'était déjà dans le programme.
Alors, écoutez... Oui, j'ajoute, moi je suis plus vieux,
effectivement en cinquième on faisait l'islam, mais on ne le mettait pas en équilibre avec les autres religions, c'était décalé.
Et en sixième, si je puis ajouter, puisque j'étais professeure de lettres, il y a les textes fondateurs qui sont étudiés, donc des textes issus de la Bible, mais aussi évidemment des textes soit hébraïques, soit de l'islam. Par contre, on rencontrait effectivement dans notre pratique des difficultés par rapport à certains parents qui vont refuser la lecture de textes bibliques, etc., pour des questions religieuses. Ça, c'est quand même un phénomène qui est apparu après les années 2000, je pense.
Est-ce que vous pensez que malgré ces contestations, Madame Paty, il est utile, par exemple, d'assurer ces enseignements
on va dire que je suis une génération entre où les textes fondateurs des trois régions monothéistes ne faisaient pas partie du programme. Donc, il y a bien une période où ça n'a pas été enseigné. Et en fait, je pense que c'est la manière dont les choses sont enseignées qui peuvent poser problème. puis, il faut aussi bien comprendre que... Parler succinctement d'une religion qui n'est pas forcément celle de l'enseignant, c'est survolé en fin de compte, alors qu'on peut se retrouver avec des contestations, puisque les élèves de toute confession religieuse peuvent reprendre les dires de l'enseignant comme ils le souhaitent. C'est là que ça pose problème, c'est qu'on met en difficulté, je pense, les enseignants en leur demandant de parler de faits religieux.
Vous savez, on a souvent en face de soi. Mon expérience est très ancienne maintenant, mais justement, on enseignait en cinquième l'islam. Moi, je l'ai enseigné, par exemple, dans un quartier très difficile. On avait des contestations, mais qui étaient des contestations absolument pas agressives, plutôt sur le mode. Ce n'est pas vrai ce que vous dites quand vous expliquiez à l'époque que Mahomet avait plusieurs femmes, des chrétiennes, des juives, etc. Ça ne passait pas bien. Et donc, la connaissance que les élèves avaient, de l'islam était extrêmement rudimentaire et complètement difficile. Donc, vous voyez, quelque part, de l'enseigner, c'est plutôt pas mal, parce que là, on est sur une approche totalement historique, on n'est pas sur une approche de théologie, on est sur des choses beaucoup plus historiques, donc ça, ça peut s'expliquer. Après, bon, voilà, c'est très compliqué, parce que ce que vous dites est une réalité. On a très longtemps, j'ai été inspecteur, et on a vraiment essayé de travailler pour que les enseignants soient armés, justement, en connaissances historiques. Pour enseigner, c'est fait religieux. Et c'est vrai que c'est parfois très compliqué. Parce qu'on voit bien que certains sont plus à l'aise que d'autres. Et quand vous faites votre cours, il vaut mieux être armé si vous avez des contestations. Ça, je vous rejoins. C'est une réalité. Absolument. Peut-être... Vous voulez poser une question, chers collègues
Oui, moi j'étais professeure de l'aide jusqu'en 2017, et c'est vrai que l'histoire de Samuel a été très perturbante pour l'ensemble des enseignants de France, je voudrais le rappeler, parce qu'on a été très nombreux à passer des caricatures dans nos classes suite aux attentats de 2015, et pour corriger le rapporteur, moi j'étais professeure de français, mais je pense que des professeurs de maths l'ont fait, de physique, parce qu'après les attentats, on a été très nombreux à utiliser les caricatures pour dialoguer avec nos classes. Et moi, depuis la Mayenne, je me pose quand même une question sur la capacité, effectivement, selon les territoires, selon les sensibilités, évidemment qu'il faut le faire. Mais ça n'est pas la même chose de le faire en Mayenne. Sans doute, on prend moins de risques, même si maintenant, le risque est partout sur le territoire. Mais c'est vrai que c'était sans doute plus simple de faire ça. sur notre territoire que dans d'autres territoires. Et c'est vrai que ça interroge beaucoup sur comment on peut enseigner la laïcité, la liberté d'expression avec ces problématiques. Mais je rejoins tout à fait Mme Paty sur l'histoire du problème du pas de vagues. Je pense que depuis le terrain, on sait que c'est un grand problème et que sans doute c'est ça qui a provoqué ce drame absolu.
Paty, une réaction
Écoutez, c'est bien de l'entendre de manière un peu plus officielle que la culture du pas de vagues est sans doute plus reconnue maintenant qu'à l'époque des faits. Néanmoins, je pense qu'il va falloir un peu plus pour réussir à convaincre nos enseignants que ça n'existe plus, puisqu'ils le supportent eux-mêmes. Je vous donne une anecdote tout à fait grotesque, c'est que moi, sur mon secteur où j'interviens régulièrement auprès de classes, notamment dans le cadre de la projection du film « L'abandon » de Vincent Garinck, je vois parfaitement qu'il y a des réticences du rectorat qui ne souhaite pas, entre guillemets, forcément, que ce visionnage se fasse, ou dans certaines conditions très cadrées.
justement, Madame Paty, pour rebondir sur ça, c'était à la fin du questionnaire, mais autant aller directement sur ce sujet-là, puisque vous l'abordez maintenant. Ce film, l'abandon, que nous avons vu nous-mêmes à l'Assemblée nationale, vous étiez intervenu à la fin de la projection. merci d'avoir apporté cette note d'émotion. Vous vous rappelez que moi, j'étais intervenu également, parce que ça m'avait beaucoup frappé. Et pour revenir justement à cet accompagnement, ce soutien ou non, il y a d'une part... la réticence des enseignants à aborder certains sujets qu'on vient d'évoquer là à l'instant, et ensuite il y a la réponse de la hiérarchie lorsque ces enseignants se trouvent être mis en difficulté. Le film « L'abandon » je crois montre bien tous ces aspects, la difficulté, le risque d'autocensure de l'enseignant, la réponse de la hiérarchie directe, et puis la hiérarchie un peu plus lointaine, et les collègues. Donc ce film, l'abandon, vous nous dites à l'instant que vous avez mesuré les réticences des rectorats à pouvoir le projeter, comment analysez-vous cette réticence ? Qu'est-ce qui, à votre avis, justifie de leur part cette réticence, et comment vous devez-vous procéder ? si c'est vous-même qui le faites, ou peut-être à travers d'autres associations, pour que ce film puisse être diffusé. Troisième question, je n'aurais presque dû commencer par là. Pourquoi diffuser ce film auprès de nos jeunes et sur quelle tranche d'âge
va essayer de reprendre à rebours. Donc, l'attrançage qui a été ciblé, c'était à partir de la classe de quatrième. ce choix pédagogique n'a pas été pris comme ça. Nous avons sollicité des enseignants pour qu'ils puissent eux-mêmes évaluer quel était l'âge. entre guillemets, requis pour pouvoir voir ce film et également, je dirais, comprendre ce qui est dedans. Parce qu'en fait, ce n'est même pas tant l'âge, c'est juste avoir simplement la capacité intellectuelle de comprendre cet engrenage, ces mécanismes et que ça les emmène à réfléchir. Donc, en fait, c'est typiquement l'âge où se développe l'esprit critique. Donc, tout le monde a considéré que c'était primordial qu'on puisse… Lequel est à partir de la quatrième ? Après, c'est aux enseignants de choisir quels élèves ils souhaitent emmener en fin de compte voir le film. Donc voilà sur ce point. Autrement, pour rebondir par rapport au rectorat, les cas que je vous spécifie, ce sont des enseignants qui sont moteurs, qui ont voulu, qui ont vu et qui veulent emmener leur classe voir le film. Donc en fait, ce n'est pas simplement des profs qui craignent ou autre. Donc ceux-là, ce sont des enseignants qui ont parfaitement compris l'intérêt pédagogique de ce film. Et pour déjà être intervenu devant de nombreux élèves dès la classe de quatrième pour certains, ça emmène énormément de questions. Donc, c'était primordial que je sois parfois présente ou l'équipe de films pour y répondre. En fait, je me suis aperçue qu'en fin de compte, malgré le classement PISA qui a tendance à les mettre plus bas qu'ils ne le sont, moi j'ai trouvé leur réflexion, leur analyse parfois très poussée. Même jusqu'à ce qu'une jeune fille d'origine maghrébine, je ne sais de quelle confession, elle dit « mais c'est pour ces caricatures-là que votre frère il a été tué ». Donc, elle-même reconnaissait le tout ça pour ça qu'on a écouté après Charlie. C'est ces moments-là où, en fin de compte, on se rend bien compte du côté grotesque qu'un dessin puisse encore tuer. Et donc, c'est ces échanges-là qui, je dirais, me nourrissent, me font beaucoup de bien et me permettent d'espérer justement.
Mais alors du coup, dans ce que vous dites là, est-ce que ça veut dire que ce film, il est difficile qu'il puisse être projeté sans un accompagnement tel que celui que vous pouvez proposer ou que l'équipe du film peut proposer ? Est-ce que vous jugez, j'entends dans vos propos, qu'un enseignant tout seul, même volontaire, même moteur, comme vous l'avez dit, pour présenter le film, pourrait être... mis en difficulté à accompagner ces élèves dans la compréhension de ce film
Écoutez, non, pas forcément. Il y a des établissements qui s'y rendent tout seuls. Ils ont un prof, deux, trois profs, soit ils s'organisent à plusieurs, avec souvent quand même l'appui de leur chef d'établissement, qui est certain de l'intérêt pédagogique, j'ose le rappeler. Mais c'est un peu en ce sens, vous savez… J'ai un travail à temps plein, j'ai des enfants. Et en fait, tout ce que je fais à côté, c'est sur mes temps de repos, dirons-nous, qui n'en sont plus depuis six ans. Donc, j'ai mandaté pour avoir un prix de la laïcité à Blois que je n'ai pas eu, où ce financement me permettrait justement peut-être de m'éloigner un peu plus de mon périmètre de secteur. Je pense qu'on les laisse effectivement comme vous le soulevez un peu seuls. Et c'est pour ça qu'on a fourni avec le FIM tout un kit pédagogique très détaillé qui a été renforcé après avec le ministère qui se l'a approprié et l'a légèrement remanié. Parce que c'est indispensable en fait. Sur des sujets qui sont lourds comme ce qui est arrivé ou la laïcité, soit il faut maîtriser parfaitement le sujet pour pouvoir en parler. Mais en fait, ça fait des années qu'on laisse nos enseignants seuls devant des classes qui sont parfois plus de 30, essayer de défendre une idée qui est la plupart du temps républicaine, laïque, ou ce que vous voulez. J'ai déjà décrié ça, que pour tout un tas de choses, on a laissé seuls nos enseignants essayer de relever ce que notre République était en fait.
-ce que vous pensez que ce kit pédagogique, puisque vous avez dit qu'il avait été étoffé, est-ce que vous pensez que ce kit pédagogique devrait être très régulièrement remis à jour dans les années qui viennent ? Parce que ce film, on peut imaginer qu'il puisse être diffusé pendant de très nombreuses années, il n'y a pas de date de péremption.
Exactement, c'est ce que nous souhaitons que ce film puisse être un jour pérenne et être utilisé. le plus possible. Donc, ce kit peut être remanié en fonction de retours que peuvent faire les professeurs ou même des élèves. C'est ce qui est fait déjà à certains endroits où ils notent entre guillemets qu'est-ce qu'on pourrait faire de mieux dans ce kit pour aider justement nos enseignants. Je pense que c'est…
qu'est-ce qui est fait ? Qui pilote tout ça ? Qui collecte les remontées des enseignants qui ont pu projeter le film et qui ont des… commentaire, donc un retour d'expérience de leurs élèves. Qui pilote tout ça
Alors, piloter, c'est un bien grand mot, mais par contre, la personne qui collecte toutes ces données, c'est Marion Debley, qui est une des coproductrices du film, qui a pris, je dirais, ce projet à cœur et donc, à l'heure actuelle, collecte toutes les remontées des établissements, soit des enseignants, soit des élèves. Ah oui, mais du coup, là, on est hors de l'éducation nationale,
hors de l'institution.
Donc, le risque est grand. L'éducation nationale peut s'en emparer. Nous, ces données-là, elles sont pour nous à l'heure actuelle. Mais vous pouvez effectivement solliciter tous les établissements qui ont été voir le film pour faire une remontée. Oui, mais moi, je me
dis, peut-être que je suis naïve, mais je me dis que si on voulait que le film ait vraiment une portée… d'envergure auprès de nos 12 millions d'élèves, peut-être pas 12 millions d'élèves, en tout cas les millions d'élèves de plus de 4e, et puis leurs petits frères et sœurs qui viendront après, il faudrait quand même que l'éducation nationale, à un moment ou à un autre, se saisisse du sujet. Moi, c'est formidable qu'il y ait quelqu'un qui collecte les données. Ça, je trouve ça très très bien. Mais derrière, c'est une coproductrice très bien, mais je trouve qu'il faudrait qu'il y ait un travail, me semble-t-il, conjoint avec l'éducation nationale, avec un pilote au sein de l'institution. pour pouvoir ensuite rediffuser, puis quelque part rassurer aussi les enseignants en disant votre hiérarchie, même lointaine, à étudier, à travailler avec les producteurs pour un kit qui vous est destiné, vous pouvez vous en servir, n'ayez crainte, il est fait pour vous, et n'hésitez pas aussi par les voies hiérarchiques qui vont bien à nous faire remonter vos commentaires. Je trouve ça étrange quand même que l'éducation nationale ne s'en saisisse pas plus que ça.
Mais nous les avons sollicitées. Je ne vais pas endosser la responsabilité qu'eux n'ont pas prise, à l'instant en tout cas.
On les a
sollicités dès le départ qui s'empare du sujet.
Madame Paty, la manière dont ça se passe, ces visionnages, et quand vous y êtes présents, ce que je trouve d'ailleurs très bien, je pense que les élèves doivent être absolument intéressés. Donc ça veut dire que vous avez, vous, par exemple, des contacts avec un chef d'établissement qui donne l'autorisation du visionnage avec un professeur, etc. Mais ça s'arrête là. Je veux dire, ce n'est pas l'inspecteur qui autorise, ce n'est pas le rectorat. Donc en fait, ça reste à un niveau de terrain, si j'ose dire.
oui, ça reste un niveau de terrain qui est tout de même non négligeable. Néanmoins, oui, c'est un constat que, comme le disait donc M. Edouard Geoffray, c'est que donc, quelque part, Il a mis sur EduSchool que le visionnage du film permettait de comprendre ce qui est arrivé à Samuel et que ça pouvait être un outil pédagogique, mais il s'en empare pas plus que ça, finalement. Donc il n'endosse encore, je dirais, aucune responsabilité sur ce qu'il en suivrait. Il aurait pu lancer un élan, je dirais, presque national cette année pour rendre un hommage. Je dirais conjoint, même si je n'aime pas tellement ce mot, parce que je trouve qu'associer Samuel Paty et Dominique Bernard, c'est entre guillemets en enlever la force. Chacun est mort. Effectivement, presque une date d'anniversaire proche. Néanmoins, ce sont deux personnes et pas un seul enseignant.
très juste. Justement, alors, allez-y, Madame la Présidente.
Un élément me semble-t-il absolument déterminant, et chacun de ces deux s'assassinait absolument effroyable, je ne les classe pas, mais s'agissant de votre frère, il y a un élément absolument déterminant, c'est que malgré les pressions qui étaient exercées sur lui par le contexte des élèves et des parents d'élèves, il a continué à enseigner en disant à sa principale. si je me mets en retrait, c'est qu'on leur cède. Et ça, c'est un élément absolument moteur dans l'histoire de votre frère, qui est déterminant, me semble-t-il. Voilà, il faudrait fermer la parenthèse.
Alors je poursuis, je note là dans cette possibilité de visionnage que ce sont des initiatives d'enseignants. Alors il y a quand même un aspect dans ce qui s'est passé à Confluence à Tonorine, c'est l'attitude des collègues. Et le fait est qu'on sait tous maintenant, parce que c'est très largement documenté, qu'il y a eu au milieu de la salle des profs et donc parmi les collègues. de votre frère, des gens qui l'ont à la fois condamné, parfois considéré qu'il s'y était mal pris et que quelque part, je ne veux pas le dire comme ça, mais qu'il avait quand même mal agi, notamment l'idée d'une discrimination par rapport aux enfants de religion musulmane. Qu'est-ce que vous pensez de cet aspect-là
'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ce que vous
pensez de cet aspect-là. Je
pense qu'on a atteint un niveau de lâcheté sans nom. je pense que ça a été motivé par une forme de peur, de désir de se protéger. Peut-être aussi un réflexe zélé, et je souligne bien le zélé, de faire preuve un peu d'un corporatisme du pas de vagues, parce qu'il savait très bien que cette histoire allait faire des vagues, justement. peut-être parfois par une adhésion à une vision de l'école qui est totalement déformée, où on préfère renoncer à certaines de nos libertés pour espérer avoir la paix.
bien. Il y a un autre aspect qui a été évoqué, c'est les dysfonctionnements des services de renseignement. Et comment vous les expliquez ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Le film, d'ailleurs, dont nous parlions tout à l'heure, en fait un peu état. On voit bien que ça a un peu flotté. Et le retour d'expérience qui a été fait a démontré que ça n'a pas vraiment bien marché. Comment vous l'expliquez, ce ratage
Je pense qu'il est incompréhensible et qu'il le restera, même si un jour il y aura peut-être des sanctions en droit administratif, je ne sais pas. Mais je pense que les informations, ils les avaient. Le problème, c'est ce qu'ils en ont fait. Ce qui est clairement visible, c'est qu'on a un comportement totalement attentiste, où on attend de voir s'il va y avoir un crime. Et c'est ce comportement-là, je dirais, dans sa globalité, qui fait qu'il y a eu une inaction totale des services de protection qui auraient dû lui être administrés.
Quelle protection pensez qu'il aurait obtenir votre frère ?
À partir du moment où son nom était livré en place publique, qu'il y avait clairement des vidéos appelant à agir, et ce sont bien les mots, contre lui, que c'était au niveau des réseaux sociaux, c'était exponentiel. En fait, ça, ça suffisait pour avoir deux officiers de la protection. Donc c'est ça qui est incompréhensible.
Le
fait que le collège n'ait pas été sécurisé, que je dirais que la mairie ne croit même pas une police municipale aux abords du collège, aux heures de sortie de mon frère. C'est un ensemble incroyable, je dirais, de lâchetés qui font qu'en fin de compte, ils n'ont pas considéré que la vie d'un enseignant valait la vie de tout autre en fait.
Donc dans votre appréciation, l'idée c'est qu'à partir du moment où un enseignant se retrouve, et si je vous pose la question, c'est parce que dans les témoignages que nous avons pu accueillir jusqu'à présent, nous avons des situations qui frôlent de pas très loin ce qui est arrivé à votre frère. Donc ma question, ce n'est pas du tout une hypothèse fantasmée. Est-ce que vous jugez qu'à partir du moment où un non... et jeté en pâture sur les réseaux sociaux, à ce moment-là, devrait se mettre en route. Vous avez cité trois éléments. Police municipale, quand il y en a eu nos abords, des entrées-sorties du collège, de l'établissement, donc une sécurisation du collège, ça va un petit peu avec, et des officiers de sécurité pour l'enseignant menacé. Du coup, est-ce que c'est dès que le nom est janté en pâture, selon vous, ou est-ce que c'est quand il commence à y avoir une viralité observée ? Il y a deux étapes un peu, là.
Je rajouterai également le sujet inflammable, parce que ça, c'est quelque chose qui est primordial, notamment dans ce qui est arrivé à mon frère, c'était les caricatures et la manipulation par un islamiste. Nos renseignements territoriaux sont parfaitement capables et à même de mesurer la dangerosité de certains propos qui peuvent être tenus. C'est là que c'est incompréhensible, parce qu'en fait, même avant mon frère, même si après il y a eu la loi dite Samuel Paty, qui est une version renforcée, notamment pour les fonctionnaires, mais en fin de compte, son nom a été jeté en pâture sur les réseaux sociaux exponentiels avec un sujet inflammable, où tous les commentaires en retour appelaient à agir. avec une haine virale, ça a été longuement débattu pendant les procès, des kilomètres de messages qui étaient envoyés appelant à le tuer doivent être pris au sérieux. C'est quelque chose qui, à l'heure actuelle, n'est plus entendable qu'un enseignant, un personnel de direction, qui vous voulez, qui travaille à l'école, puisse être jeté en pâture de la sorte.
'est certain. Nous avons relevé quand même. Au-delà de ce que les auditions que nous avons menées nous ont apportées comme renseignements, c'est-à-dire qu'il y a quand même beaucoup de problèmes et certains collègues vivent des situations totalement inacceptables, on a quand même perçu qu'il y avait une réactivité plus grande. Vous voyez, des services de police, des services même de l'éducation nationale, des rectorats, c'est-à-dire dès qu'il y a une alerte, une menace, alors avec tous les critères que vous avez donnés, on peut regretter d'ailleurs que pour votre frère, ce n'est pas existé. C'est-à-dire, comme vous l'avez très bien dit, des mises en cause du cours, des rumeurs, des réseaux sociaux, le nom, le lieu, enfin toutes ces choses-là. Ça, c'est ce qu'on perce aujourd'hui. Mais on voit bien qu'il y a une nécessité d'aller très vite. Vous voyez, moi, je vois aussi, quand on regarde le déroulé, le film le démontre de manière terrible. C'est-à-dire que ça s'est passé sur une durée, ce n'est pas un mois, c'est vraiment très, très court. Et donc là, il faut que tout le monde soit mobilisé pour protéger l'enseignant quand il est en difficulté, évidemment. Mais alors, je vais peut-être donner la parole à Mme Sicard qui avait une question, si je puis me permettre. Madame la Présidente, vous me l'autorisez
oui, oui, monsieur le rapporteur, absolument. Parlez-moi, j'interviens avec passion pour ne pas réserver ma voix.
Merci, monsieur le rapporteur, madame la présidente. Madame Patti, je tiens d'abord à vous remercier pour votre courage et votre constance. Je vous apporte tout mon soutien dans votre combat, qui est évidemment un combat juste. Après la parution de votre livre, vous avez dit au JDD que des centaines d'anonymes vous avez écrits. J'imagine qu'il y a parmi eux des parents, des enseignants, peut-être même des élèves. Alors, six ans après l'assassinat de votre frère, ces personnes ont choisi d'écrire... à sa sœur. On peut se demander pourquoi elles ne se tournent pas vers leur rectorat ou vers leur ministère. Cela dit quelque chose de la confiance ou peut-être de la défiance qu'elles accordent encore à l'institution. Vous disiez d'ailleurs qu'il y a toujours une politique du pas de vague où l'on met la poussière sous le tapis et que l'éducation nationale n'a aujourd'hui que des gestionnaires de crise, uniquement. Ces centaines de messages sont des témoignages précieux pour notre mission et nous voudrions vous aider à les porter devant cette mission d'information. Alors quand vous relisez ces courriers, quel est leur fil rouge ? De quoi ces personnes ont-elles le plus peur ? Des élèves, des familles, des islamistes ou de leur propre hiérarchie ? En somme, que nous racontent ces courriers ? Je vous remercie.
dans les courriers que j'ai reçus, je ne vais pas vous cacher que, je dirais, une grosse moitié, ce sont des retraités qui ont travaillé pour l'éducation nationale et qui me racontent à peu près depuis quand, entre guillemets, cette situation est devenue délétère. Et pourquoi je l'analyse comme telle, et pour en avoir un peu discuté avec des enseignants qui sont encore en activité, il y a un petit peu le devoir de réserve. qui brandit à de nombreux enseignants pour les empêcher de s'exprimer. C'est pour ça que c'est bien que vous ayez pris le temps, justement, d'écouter les enseignants directement, pour qu'ils se sentent libres de pouvoir s'exprimer face aux difficultés que, je dirais, que l'éducation nationale, au fil de ces décennies, n'a pas voulu voir, a minimisé. On a même, je me rappelle très bien à une époque, expliqué à M. Jean-Pierre Aubin qu'il exagérait. Alors qu'il faut quand même se rendre compte que le 14 octobre 2020, soit deux jours avant l'attentat de mon frère, il était encore en train d'essayer d'alerter sur ce qui allait se passer. Prémonitoire, un peu. Mais en fait, ce n'est pas de la prémonition. C'était juste lui-même, il a été inspecteur pendant de longues années. Il a juste vu, entre guillemets, au fil des années, ce qu'il était en train de se tramer, le système qui était en train d'arriver à bout, et qu'au lieu de traiter les causes, finalement, on continuait de mettre la poussière sur le tapis. Et surtout, on ne voulait pas être affligé d'une quelconque... Je dirais racisme ou problème avec une religion. Ça fait 40 ans, entre guillemets, qu'on laisse les choses en l'état. Sauf qu'en fin de compte, il y a 40 ans et maintenant, ça n'a plus rien à voir.
Paty, je reprends la parole. Dans l'analyse que vous avez faite, les personnes que vous avez pu rencontrer, on entend bien. Et les témoignages que vous venez de rapporter, la réserve et la réticence spontanée qu'ont beaucoup d'enseignants et de personnels à témoigner. Nous sommes, nous, dans le cadre de notre mission, confrontés à la difficulté de recueillir ces témoignages, à la fois pour des faits de menaces, mais également pour les réponses que l'institution a pu apporter. Nous voulons savoir comment l'institution y répond, comment elle entend. les problèmes qui lui sont soumis, et comment elle y répond. Et là, nous avons le sentiment, j'aimerais avoir votre analyse là-dessus, il n'est pas forcément facile d'avoir là aussi le retour d'expérience. Dans votre analyse, avez-vous réussi à... à interroger, à échanger avec des personnels, je pense au chef d'établissement, je pense au directeur académique, je pense au rectorat, je pense au référent laïcité, il y a beaucoup de personnes qui sont a priori mobilisables autour de ces faits effroyables de menaces. Est-ce que vous les avez vus un par un ? Est-ce que vous les avez vus ensemble ? Est-ce que vous avez l'impression que certains essayent de contrôler le discours des uns des autres et qui peut être parfois difficile ? où vous avez eu des oppositions à rencontrer certaines personnes seules, on vous a obligé à les rencontrer avec d'autres, comment ça s'est passé pour vous, pour essayer de comprendre ce qui s'était passé avec votre frère
Écoutez, moi j'attends toujours une invitation au ministère de l'Éducation nationale, qui aurait dû, je pense, arriver rapidement, notamment quand j'ai expliqué que j'avais mené une forme d'enquête par rapport aux événements. Ça fait six ans que je joue un peu solo, que les chefs d'établissement, oui, j'en ai rencontré beaucoup, mais à titre individuel, je n'ai pas la possibilité d'organiser une réunion. comme ça peut être fait justement juste avant la rentrée des classes avec l'ensemble des recteurs, où le ministre lance un petit peu sa campagne annuelle. Peut-être que j'aurais pu en faire partie. Peut-être que j'aurais pu avoir la possibilité de dialoguer avec l'ensemble des recteurs qui sont sur notre territoire, essayer de leur faire passer le message que ces discours un peu faussement rassurants, qu'après chaque agression en ce moment, où le ministre dit « on sera avec vous, on sera derrière vous », que finalement, dans les oreilles, ça sonne faux. Ça sonne faux. Je pense qu'ils auraient peut-être dû en apprendre de ce que j'avais à en faire. En fait, moi, je ne veux pas détruire un système, je veux essayer de réparer le système. C'est ça qui, des fois, je pense qu'ils n'ont pas compris. En fait, c'est… Je pense que l'existant n'est plus possible en l'état et que pour redorer une confiance, il faut en faire beaucoup plus que ces faits d'annonce comme le fait de gérer les crises toujours après. C'est factuel. À l'heure actuelle, par an, on a 100 000 enseignants qui sont menacés. 100 000. Ce sont des chiffres qui sont hallucinants. Les demandes de protection fonctionnelle, qui, je le rappelle, ne sont principalement qu'une protection juridique et une aide psychologique, explosent. Et finalement, qu'est-ce qu'on a ? C'était en 2022 où j'ai sorti cette phrase, c'est « tant que rien ne change, c'est que rien n'est fait ». Il faut à un moment se le dire que tout ce qui est mis en place, évidemment, n'est pas à la hauteur de l'enjeu. Donc, allez-y. Est
-ce que vous pouvez justement détailler un petit peu ce que vous penseriez utile qui puisse être mis en place pour mieux protéger nos enseignants ? On voit bien qu'il y a ce sujet du pas de vague. Vous avez dit tout à l'heure que c'était beaucoup l'institution pour protéger son image ou pour protéger l'établissement. Dans votre expérience, dans l'analyse, dans les échanges que vous avez pu avoir, quelles sont vos recommandations ? pour pouvoir aller au-delà de ce pas de vague et pour pouvoir apporter cette protection dans nos enseignants. Vous avez parlé de 100 000 enseignants, je veux bien que vous me disiez le chiffre, la source de ce chiffre. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Qu'est-ce que vous avez compris qu'il fallait faire qui n'est pas fait aujourd'hui
En fait, je m'avais un peu parlé dans le discours un peu introductif de cette réunion, c'est que c'est l'école de la confiance. C'est un principe où, en soi, je dirais que c'était un peu la fausse bonne idée, mais il faut absolument restaurer l'autorité du professeur, c'est-à-dire que s'il sanctionne un élève... ou si un principal, qui vous voulez, dans l'éducation réprimandale, le sanctionne, l'exclue, lui donne des punitions, des heures de colle. En fin de compte, un rapport qui l'explique, ce qui est déjà fait à l'heure actuelle, ne peut pas être contesté par un parent d'élève. Je pense qu'il faut rétablir cette frontière qui est nécessaire et que ce n'est pas, entre guillemets, pour n'importe quelle raison, que son enfant a été brimé. C'est parce qu'il a commis des erreurs en ce sens.
Oui, mais dans ce que vous dites là, qu'il ne soit pas contesté par un parent d'élève, ça paraît tellement important, tellement évident. Quelle doit être l'attitude de sa hiérarchie ? Est-ce que lorsqu'un professeur sanctionne un élève aujourd'hui, dans les retours d'expérience que vous avez, est-il toujours soutenu par sa hiérarchie
je ne vais pas pouvoir essentialiser ce qui se passe partout sur le territoire. Je pense qu'il doit y avoir du soutien comme il n'y en a pas certainement. Je dirais que tout dépend de la gravité et je dirais le retour plus ou moins agressif des parents d'élèves qui fait qu'il peut y avoir des remontées qui aillent cette fois au rectorat, voire jusqu'au ministère en fonction de la gravité des faits. qui peuvent « orienter » le comportement de l'enseignant, à qui, comme on peut le voir, on peut lui demander de s'excuser, d'admettre qu'il a commis une maladresse, et du coup, quelque part, revoir sa copie et, in fine, faire sauter la dite punition, ce qui fait qu'en fin de compte, ce qu'il a commis n'était pas une erreur, en fait. C'est bien souvent… surtout par des actes d'intimidation des familles, on finit par plier, on finit par céder. Parce que c'est parfois plus simple, entre guillemets, de céder sur des punitions, des heures de colle, et juste uniquement être concentré sur les cas les plus graves.
Certes. Madame Bagné, vous aviez une remarque à faire.
Oui, peut-être des exemples, parce que c'est vrai qu'on parle du droit de réserve, donc moi j'ai été professeure, mais on a des exemples en tête de cas qui ont dégénéré. C'est vrai que moi, dans mon ancien collège, j'ai eu une histoire comme ça de menace de mort. C'était lié à un professeur qui avait fait une remarque sur une tenue très légère d'une élève, et ça s'est transformé sur les réseaux sociaux en menace pour des propos sexistes du professeur. Donc c'est devenu dingue, menace de mort, etc. Et ce que je peux dire comme professeur, c'est que l'impact psychologique... psychologique sur le collègue était monstrueux, c'est-à-dire qu'il était en arrêt maladie, les professeurs ont manifesté, etc. Mais toute cette histoire a eu un impact dingue sur sa carrière, sur lui-même. Et c'est pareil, là j'ai une autre enseignante dont j'ai l'exemple, elle a été absente une année parce qu'elle préparait l'agrégation, ce qui était normal. Ensuite elle a eu un problème avec sa hiérarchie, vraiment un problème de harcèlement. Elle dénonce un harcèlement reconnu par la médecine du travail. elle est en arrêt pour harcèlement. Résultat, ça donne des parents qui vont manifester, faire des articles dans les journaux, dénonçant une absence de la collègue pour plusieurs années. Alors qu'il y a eu une année, elle était en formation pour l'agrégation, c'était tout à fait normal. Et il y a eu, pareil, plein d'articles, etc. Et elle m'appelle désespérée en me disant, mais j'ai une cabale contre moi, toute la presse dit que je me suis mal comportée, alors que j'ai toujours bien fait mon boulot, c'est la première fois dans ma vie que j'ai un problème de harcèlement et que je suis en arrêt pour ça. Et c'est pareil, l'impact... L'enseignant est dingue et il est laissé en arrêt maladie chez lui sans vraiment d'accompagnement. Donc peut-être insister sur le fait que ce n'est pas rien dans la carrière d'un professeur que d'être mis en cause comme ça, de faire l'objet de Kabbal et qu'à un moment donné, il faut vraiment que l'institution prenne en charge l'accompagnement psychologique aussi des personnels, le soutien au personnel parce que c'est difficile. Voilà, c'est des exemples concrets que j'ai pu connaître.
qui sont tout à fait terribles. Rajouter d'ailleurs, c'est une information, mais nous avions voté en commission éducation une loi dite de protection des enseignants. Et dans les dispositions de cette loi, il y avait l'idée qu'on ne remet jamais en cause ce qu'un enseignant amène. comme problème. Par exemple, lorsqu'il demande une protection fonctionnelle, on ne lui dit jamais « Attendez, qu'est-ce qui se passe ? » L'idée, c'était vraiment d'amener la protection immédiatement, quelles que soient les circonstances. Je pense qu'il y a un certain nombre d'éléments comme ça qui doivent être mis en place assez rapidement. Je vais dans votre sens, Mme Patti. Je pense qu'il y a des situations… J'aime bien l'approche que vous faites, qu'on a probablement un peu oubliée, entre l'élève et l'adulte. On est dans un système scolaire, l'élève aussi… centre du système. J'ai connu ça au tout début de ma carrière. Évidemment, vous avez parlé de M. Aubin. Je suis assez d'accord avec vous. Vous voyez, 2004, son premier rapport. Je dois avouer que moi, j'étais chef d'établissement à l'époque et je dois faire cet aveu. J'avais trouvé que c'était un peu excessif. Vous voyez comment ça marche. Et aujourd'hui, je l'ai relu du fait de cette mission. D'ailleurs, nous allons le recevoir, j'espère. Il avait des problèmes de santé, M. Aubin, mais j'aimerais bien qu'il soit entendu. Et je me rends compte en relisant son rapport, qui d'ailleurs n'a pas été vraiment publié, etc. À l'époque, une affaire compliquée, mais qu'il avait totalement raison. Ça, c'est un constat qu'on peut faire aujourd'hui. Très bien. Est-ce que vous aviez... Peut-être, madame la présidente
moi, j'ai pas d'autres questions, parce que Mme Paty, c'est plutôt à vous de nous dire si vous avez des éléments. Vous voyez, nous sommes vraiment à la recherche de la compréhension de ce qu'il faudrait faire, qui n'a pas été fait ou mal fait ou insuffisamment fait pour améliorer la protection de nos enseignants et que plus jamais un enseignant, évidemment, ne soit assassiné. Ça, c'est évidemment le premier objectif. Mais le deuxième objectif, c'est aussi, on aimerait que nos enseignants, hélas, les menacent, on ne va pas les arrêter par un coup de baguette magique, mais qu'en revanche... chaque fois qu'une menace puisse être proférée, la réponse puisse être à la hauteur du risque de l'impact énorme, comme ça vient d'être dit par ma collègue Madame Bagné, sur la santé mentale finalement de nos enseignants, et on peut bien le comprendre. Est-ce que vous avez d'autres éléments sur lesquels vous auriez voulu nous alerter ?
je pense que les éléments, je vous les ai fournis. Il faut juste accepter de déconstruire une partie du ministère de l'Éducation nationale en restaurant l'autorité des professeurs. On laisse de côté ce que peuvent dire les parents d'élèves, notamment par rapport à… des brimades, entre guillemets, qui pourraient être reprochées. Je pense que peut-être par rapport à ça, je dirais que toutes les contestations devraient être, quelque part, renvoyées vers les rectorats pour qu'eux-mêmes… pèse un petit peu scandos, donc les principaux, les professeurs, les surveillants. En fin de compte, s'il y avait des remontées massives qui étaient demandées, comme à l'époque, on comptait, juste après l'assassinat de mon frère, on comptait les atteintes à la laïcité tous les mois, puis d'un seul coup, on ne les comptait plus. C'est, en fin de compte... C'est un peu toujours de ne pas voir où sont les problèmes. C'est qu'il y a des problèmes et il faut arrêter de les minimiser. Et donc pour cela, il faut peut-être, entre guillemets, demander à faire tout remonter au rectorat et qu'eux-mêmes le fassent remonter au ministère. Donc qu'ils prennent vraiment en considération que ce qu'endurent nos enseignants, ce n'est pas rien. Et que la douleur psychologique d'être menacé de mort est quand même largement sous-estimée en fait. Je comprends parfaitement qu'un enseignant qui a été menacé puisse pas regagner sa classe. Il faut voir qu'à Conflans-Saint-Honorin, les enseignants de Conflans n'ont pas tous repris à la rentrée de novembre. Néanmoins, ceux qui ont repris ont dû se retrouver face à des élèves, sans savoir si ces élèves, quelque part, avaient participé à la campale, puisque l'enquête était encore en cours, et ils ont vu au fil des jours des élèves partir et ne plus jamais revenir. Donc il y a une certaine méfiance que peuvent avoir nos enseignants. par rapport aux réactions des élèves et ce qu'ils vont raconter derrière. Donc, je pense vraiment qu'il faut ne plus laisser l'enseignant, les personnels de direction, entre guillemets, mettre le haut-là aux parents d'élèves qui seraient pleins de revendications, notamment face à des punitions que leur enfant aurait pu avoir. Je pense qu'il faut ne plus leur laisser... cette situation entre les mains. Moi, ça me refait penser à l'époque de la VAIA, où pendant des années, les personnels de direction ont dénoncé qu'on leur laissait seul le soin de décider si telle ou telle tenue peut avoir une connotation religieuse. Il a fallu quand même attendre 2024 avec Gabriel Attal pour statuer sur le sujet. En fin de compte, ces problématiques-là, elles sont devenues tellement inflammables qu'il faut que... Ça émane au niveau supérieur, qui prennent réellement leurs responsabilités.
bien. Alors je tiens à rappeler pour les personnes qui écouteraient ces échanges qu'il y a une consultation citoyenne que nous avons mise en place et qui permet au terrain, en tout cas, de faire remonter d'éventuelles difficultés que les personnels auraient pu rencontrer. Je pense que ce corpus, d'ailleurs, nous avons noté dans le cadre de cette mission que quand les gens nous contactaient directement pour faire état de difficultés rencontrées, que c'était parfois assez inquiétant. qui démontre que l'existence de cette mission, je ne dis pas ça pour moi, mais est totalement utile. Voilà, Madame Patti. Madame la Présidente, un mot de fin, c'est possible
Oui, Madame Patti, je tenais à vous remercier. Pour faire écho à vos derniers propos, souligner combien aujourd'hui, même dès l'école maternelle, ça doit nous interroger. Nous avons des parents qui contestent la petite remarque faite sur le comportement. de leur enfant pour une sieste, pour un mot plus haut que l'autre, etc. Dès l'école maternelle, on voit bien que l'autorité de l'enseignant peut être contestée. Nous avons, je pense, un gros travail à faire collectivement, parents d'élèves, enseignants, hiérarchie enseignante. pour accompagner la reprise en main des responsabilités chacun des uns et des autres, et de la confiance qu'on doit porter aussi à l'enseignant. Si l'enseignant fait une remarque à un élève, ce n'est pas forcément pour lui porter tort, mais c'est au contraire pour l'élever, pour le grandir. Ça, il y a un gros message à faire passer et à reprendre en main, qui est très clairement une dégradation depuis plusieurs années, et qui témoigne de la difficulté, je pense, éducative au sein des familles, mais également de l'éducation nationale à répondre. et à se restaurer cette autorité. Merci beaucoup Madame Patti pour votre travail, votre combat. Je mesure bien à vous entendre combien ce combat que vous menez pour lutter contre le pas de vagues est essentiel et combien vous êtes souvent un peu seul à mener ce combat. J'espère que cette mission pourra renforcer la sensibilité au fait que le pas de vagues, ce n'est vraiment pas possible, on peut le dire, mais il faudra le marteler. Je pense que ce travail va prendre de nombreuses années. J'espère même que personne ne lâchera ce travail. Merci beaucoup Madame Patti.
Merci beaucoup à vous. Merci, Madame Paty. Vous avez toute mon admiration. On est à votre disposition. N'hésitez pas à revenir vers nous si vous en avez le besoin. Merci à vous. Merci beaucoup.
Merci. Merci.
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