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dans l'enseignement supérieur, suivi d'un débat en application de l'article 50-1 de la Constitution. La parole est à monsieur le Premier ministre.
Merci madame la présidente de l'Assemblée nationale, monsieur le président de la Commission, mesdames et messieurs les députés. Depuis plus de trois semaines... Des lycéens, des étudiants nous interrogent sur la place que notre pays leur prépare. Nous leur devons des réponses et ce débat doit permettre à chacun de dire lesquels. Très concrètement, il est prêt à construire et qui est prêt à voter les mesures indispensables. Ces jeunes ont grandi avec l'épidémie de la Covid, l'isolement. Un nouveau contexte géopolitique marqué par des guerres nouvelles. L'éruption de l'intelligence artificielle dans nos vies et bien sûr l'anxiété climatique. Ils entendent parler de crise mais rarement des opportunités qui souffrent à eux. Elles existent pourtant. A l'approche de l'élection présidentielle, certains sentent instinctivement qu'une décision majeure pour leur avenir se prépare sans avoir le sentiment de pouvoir y prendre part d'une manière ou d'une autre. Cette inquiétude mérite mieux que des leçons. Elle mérite aussi mieux que les calculs de celles et ceux qui parfois trouvent un intérêt électoral à entretenir. A force de courir derrière la jeunesse pour recueillir sa colère, une partie de la classe politique finit par lui refuser toute autre perspective, avec facilité et parfois même opportunisme. Comme si elle avait au fond davantage besoin de son désarroi que de sa réussite. Certes, des choses ont été faites, sûrement insuffisantes. Mais ne mentons pas aux jeunes, jamais la nation n'a investi autant dans l'éducation nationale et l'enseignement supérieur. Ce sont d'ailleurs deux des rares ministères qui verront encore leur budget augmenter l'année prochaine. Des efforts ont été faits pour réduire le nombre d'élèves par classe. Même s'il est évident qu'il faut désormais aller plus loin et plus vite, nous y reviendrons. Et les réformes du baccalauréat comme de Parcoursup ont permis, en leur temps, en son temps, de sortir de situations qui étaient problématiques pour de nombreux lycéens, qui finissaient, je le rappelle, tirés au sort dans des formations qu'ils n'avaient pas demandées. On l'a oublié parfois un peu trop vite dans le débat récent. Cela ne doit pas nous empêcher de faire notre introspection, de corriger les erreurs et surtout, surtout, d'écouter les jeunes qui ont de toute évidence des choses à nous dire et des ambitions légitimes pour leur avenir. Nous devons à cette génération de lui permettre de réaliser ses ambitions. Elle a des capacités, des idées, une volonté d'agir et notre responsabilité de lui donner prise précisément sur son avenir. C'est pourquoi nous avons écouté avec méthode et sans filtre. Plus de 100 000 contributions venues de près de 3 000 lycées ont été recueillies sur la plateforme du ministère de l'éducation nationale. Elles enrichissent et complètent le dialogue avec les organisations représentatives et les élus lycéens. 71% des contributions évoquent l'organisation du temps scolaire, 56% l'état des bâtiments, 31% les difficultés de remplacement. Derrière ces chiffres, il y a des demandes précises auxquelles il faut répondre jusque dans chaque établissement. Certaines dépendent du gouvernement ou du Parlement, mesdames et messieurs les députés, d'autres enfin des conseils régionaux. Il y a trois semaines, devant les Français, j'avais fixé une échéance des décisions à la fin du mois d'octobre. Nous y sommes précisément. Les mesures que nous avons annoncées avec les ministres lundi dernier forment une réponse à l'ensemble de ces attentes. Elles vont du professeur que l'on retrouve devant sa classe, à la place que l'on trouve dans l'enseignement supérieur, du temps nécessaire pour déjeuner le midi à la bourse qui permet de poursuivre ses études dans de meilleures conditions. Elles prennent au sérieux ce que les jeunes nous disent de leur quotidien autant que leurs aspirations. Cette cohérence compte. Un élève qui a confiance dans son avenir est d'abord un élève qui apprend dans de bonnes conditions. Les revendications des lycéens sont cohérentes. C'est un tout au fond qui se tient. C'est pourquoi nous plafonnerons les classes de seconde générale et technologique à 28 élèves. Dès 2027, dans la moitié des lycées les moins favorisés. Puis en 2028, dans tous les lycées publics de France. Nous créerons 500 postes supplémentaires de professeurs et poursuivrons l'effort pour que chaque professeur absent soit remplacé. Des amendements en ce sens seront déposés dans le projet de budget pour 2027. Les emplois du temps seront revus. Une pause déjeuner d'une heure garantie. et la place du contrôle continu réexaminée en profondeur. La santé mentale continuera à être une priorité grâce à la création de 500 postes de psychologues, d'infirmiers et d'assistants sociaux dès 2027. Un milliard d'euros d'investissement de l'Etat sera consacré aux bâtiments des universités. 4 milliards d'euros de prêts à taux préférentiels aideront les conseils régionaux à rénover leurs établissements scolaires avec une attention toute particulière pour les territoires d'outre-mer. Nous ouvrirons 15 000 places supplémentaires dans le supérieur en 2028, 10 000 en BTS, 4 000 en IUT, 1 000 dans les formations de santé. Cette répartition est à discuter désormais avec les partenaires sociaux. Dès la rentrée 2027, les bourses suivront l'inflation pour ne pas renier précisément le pouvoir d'achat. Nous proposons aussi de renforcer dans les instances qui animent leur système scolaire, de l'établissement au conseil supérieur de l'éducation, la représentation lycéenne, notamment celle de la voie professionnelle. Faire confiance aux jeunes doit avoir des conséquences en leur donnant une vraie place dans les enceintes où les décisions qui les concernent sont prises. Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028, c'est entendu. Mais dès la campagne 2027, c'est-à-dire celle qui sera accessible aux élèves dès ce mois de décembre 2026, les critères d'admission devront être compréhensibles et chaque refus expliqué est motivé. La transition sera donc organisée pour les prochains bacheliers. L'orientation, c'est un long processus qui commence dès la 5e avec la découverte des métiers. Ce processus doit être plus soutenu au lycée et ce, dès la seconde. Et finalement, ce processus doit enjamber le baccalauréat pour viser la réussite des jeunes dans le supérieur, s'assurer qu'ils auront des débouchés et, le cas échéant, leur offrir la possibilité de se réorienter en cours de cursus. Se tromper de voix à 18 ans ne doit pas condamner la suite d'un parcours. Mais ce chantier exige une clarification politique. Derrière les critiques de l'outil Parcoursup, certains veulent, pour l'accès aux études supérieures universitaires, une sélection plus affirmée, d'autres veulent au contraire la supprimer intégralement. On peut en effet dénoncer ensemble un système et vouloir ensuite de systèmes profondément opposés. Il faut maintenant rentrer dans le détail, mesdames et messieurs les députés, c'est l'objet précisément de ce débat ce soir. Qu'attendez-vous du système d'enseignement supérieur français ? Quel rôle voulez-vous lui confier ? Quels critères d'admission proposez-vous ? Quelle place pour le baccalauréat et le contrôle continu ? Comment répondre lorsque les demandes dépassent les places disponibles ? Comment accompagner ensuite les étudiants vers la réussite, y compris professionnelle ? Pour le gouvernement, les exigences doivent être connues et les décisions explicables. Les revenus des parents, le lieu de résidence ou le manque d'informations ne doivent pas décider à la place du travail et des aspirations d'un jeune. Ce débat, organisé formellement sur la base de l'article 50-1 de la Constitution, doit permettre d'identifier une voie de passage au Parlement. S'il faut une loi, sur quelles règles pouvons-nous réunir une majorité ? Pour quelle évolution de l'orientation et de l'accès aux supérieurs ? Nous venons chercher des propositions et des engagements précis. Pas des slogans ou des promesses sans fondement sérieux. La méthode pour les semaines qui viennent est fixée. Dès demain jeudi, les ministres réuniront les représentants lycéens une nouvelle fois et les conseils régionaux sur la question des bâtiments. Quelles urgences ? Quels travaux ? Pour quel calendrier ? Les conseils régionaux ont la responsabilité des lycées depuis 1983. L'Etat les accompagnera, mais en respectant la décentralisation. Je reverrai avec les ministres les représentants des lycéens et des étudiants dans moins de 15 jours. Nous ferons le point sur les engagements pris, les difficultés à lever pour les mettre en œuvre et les décisions suivantes. Nous établirons mesure par mesure ce qui relève du règlement, notamment pour l'organisation des enseignements et des modalités du contrôle continu, ce qui exige des crédits votés dès le budget pour l'année prochaine 2027 et ce qui nécessiterait une modification de la loi pour l'accès aux supérieurs. avec pour chaque mesure un responsable et une échéance précise. Le comité de réforme associant désormais lycéens et enseignants autour des ministres présentera de premières recommandations courant novembre, nourries, je l'espère, de vos propositions opérationnelles ce soir. Mesdames et Messieurs les députés, ce gouvernement, vous le savez, je l'ai répété à de nombreuses reprises, n'est candidat à aucune élection dans aucune échéance électorale. Il n'a aucune raison donc de faire des promesses intenables. Sa crédibilité se mesurera à l'aune de décisions précises, finançables et applicables dès la rentrée prochaine. Une grande partie de ces mesures sera traduite par des amendements gouvernementaux au projet de loi de finances. Chacun pourra les améliorer et devra assumer ses propositions, leurs coûts, ses votes ainsi que la manière de le financer. Voilà pourquoi, une nouvelle fois, j'ai souhaité ce débat en transparence. Il n'est pas question de refaire le match de la création de Parcoursup. Son remplacement est déjà décidé. Maintenant, il faut dire ce que nous voulons construire. Les questions peuvent sembler techniques. Les réponses engagent notre conception de l'égalité, du mérite, de la liberté. Tout cela confronté au réel. Comment départager les candidats ? Par une sélection assumée ? Point d'interrogation. En acceptant de revenir au tirage au sort ? Point d'interrogation. Cette sélection doit-elle concerner toutes les formations, ou bien certaines seulement ? Et comment éviter de dévaloriser les autres ? Là aussi, point d'interrogation. Voulons-nous classer les candidats ou les orienter plus fortement ? Jusqu'où garantir leur libre choix ? Point d'interrogation. Et quels prérequis pour exiger leur admission ? Gardons-nous une plateforme nationale commune. Question posée. Ou acceptons-nous la multiplication des procédures locales et le risque d'une opacité accrue ? Quelle place donner aux besoins du pays et de ses métiers sans étouffer les aspirations individuelles ? Le même dispositif doit-il accueillir les nouveaux bacheliers, ceux qui se réorientent, mais aussi ceux qui reprennent leurs études plus tard ? Le baccalauréat doit-il rester le premier grade de l'enseignement supérieur ? Ou bien devenir seulement le diplôme qui clôt le lycée ? Comment prendre en compte la révolution de l'intelligence artificielle ? qui va détruire des emplois et en créer d'autres. C'est aussi notre responsabilité de ne pas former des cordes entières de jeunes à des métiers qui n'existeront plus bientôt. Et à l'inverse, de nous assurer que les jeunes français soient bien formés pour relever les nouveaux défis qui nous attendent. Et bien sûr, il y a le défi démographique qui est devant nous. Il touche actuellement l'enseignement scolaire, mais ne manquera pas de toucher l'université à horizon de 10 ans. Comment nous assurer que nous formerons suffisamment d'ingénieurs, de soignants, d'artisans ou d'enseignants pour répondre aux besoins de notre population et faire tourner l'économie de demain ? C'est sur ces choix que nous attendons chaque groupe politique, du concret, du précis, du sérieux, loin des postures faciles. Les ministres de l'enseignement supérieur Philippe Baptiste et l'éducation nationale Edouard Geffray vont préciser ces engagements. Aux jeunes qui nous écoutent, nous attendons beaucoup de vous. Vous avez le droit d'attendre beaucoup de nous, à nous de vous donner des raisons concrètes de croire que vos efforts ouvriront réellement des portes. Je vous remercie.
la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les députés, l'École de la République, vous le savez, fait la promesse d'amener chaque élève au bout de ses potentialités et par conséquent lui offrir un avenir. Cela suppose qu'elle lutte par conséquent contre toute forme d'assignation sociale, territoriale ou de genre. Cette exigence en porte trois nécessités. La première, c'est de permettre des parcours de formation diversifiés à partir du lycée pour que les jeunes puissent s'orienter librement. La deuxième, c'est de les accompagner pour qu'ils mûrissent leurs projets d'orientation vers la poursuite d'études ou l'insertion professionnelle. Et la troisième, c'est de leur donner accès aux mêmes informations et aux mêmes possibilités de découverte des formations. Car on ne peut choisir ce que l'on ne connaît pas, ni nourrir une ambition qu'on n'a pas eu la possibilité d'imaginer. Il y a donc un continuum, du collège jusqu'à l'université, de l'orientation jusqu'à l'affectation et à la réussite dans le supérieur. Je me permets d'insister là-dessus. Sur Parcoursup, le débat se concentre souvent sur la question de l'affectation. Or, l'enjeu est bien que celle-ci ait été suffisamment préparée et mûrie en amont et qu'elle débouche sur un parcours dans lequel l'étudiant réussit en aval. Et c'est précisément l'ensemble de ce processus qui suscite l'inquiétude des lycéens à travers la question ou le totem de Parcoursup. Les années lycées ont toujours été et seront toujours des années de choix, donc de réflexion personnelle intense sur son propre avenir. Et l'IA vient encore accroître cette sensation de vertige en promettant parfois, à tort ou à raison, la disparition de pans entiers d'activités professionnelles au cours des prochaines années. Cette perspective rétroagit évidemment sur les inquiétudes, à juste titre, de nos élèves et ils nous l'ont très clairement exprimé. En amont de Parcoursup, sur lequel le ministre de l'Inseignement supérieur reviendra, je veux donc parler du processus global d'orientation qui permet à chaque jeune de découvrir ses aptitudes, ses appétences, de connaître les formations et de construire progressivement son projet. D'abord donc, un mot peut-être pour vous dire où nous en sommes. Les évolutions apportées ces dernières années ont permis objectivement de renforcer considérablement la liberté de choix et l'attractivité de différentes spécialités professionnelles, générales ou technologiques. D'abord au collège, avec le plan pluriannuel d'éducation à l'orientation qui s'organise dans chaque établissement et qui permet désormais, dans 80% des établissements qui se le sont appropriés, 88 pardon, de mettre en place les 4 demi-journées annuelles dédiées à l'orientation. Ensuite, au niveau du choix à la fin de la troisième, d'abord vers la voie professionnelle. Je voudrais partager avec vous une bonne nouvelle. C'est assez rare que celle-ci soit soulignée lors de nos échanges. C'est que désormais, 37% des familles, après 20 ans de baisse continue, 37% des familles et des élèves formulent le vœu en fin de troisième de rejoindre la voie professionnelle. C'était 32% il y a cinq ans. C'est la meilleure preuve que la voie professionnelle n'est plus qu'elle a été longtemps considérée à tort, c'est-à-dire une voie par défaut. Et ce n'est pas par hasard non plus, c'est parce que sur les 25 000 places créées depuis 2023 en voie professionnelle, 13 000 l'ont été dans les métiers de l'industrie. Du côté de la voie générale et technologique, j'ai commencé par la voie professionnelle car c'est souvent l'oublié, y compris dans les discussions récentes. Du côté du lycée général et technologique, Vous savez que la réforme du lycée a remplacé les trois anciennes filières S, ES et L par un bouquet de spécialités, avec à la rentrée 2023 près de 300 combinaisons de trois spécialités qui étaient suivies en première. Le champ des possibles s'est de fait considérablement ouvert et les élèves disposent d'une plus grande liberté dans la construction de leur formation. Avec à la clé des pursus beaucoup moins marqués sociologiquement et de vrais choix pour les élèves. Nul n'ignore. que 75% des enfants de cadres allaient dans l'ancienne filière S contre seulement 20% des enfants d'ouvriers et d'employés. Désormais, le choix des spécialités a considérablement réduit ce caractère sociologique des parcours au lycée. Et après la terminale, Parcours Sup a rendu l'offre de formation plus visible avec 25 000 formations post-bac. Cette transparence permet à chaque lycéen où qu'il vive d'accéder à une information commune, universelle et de connaître toutes les formations susceptibles de l'intéresser. Troisième élément qu'il ne faut pas oublier en matière d'égalité des chances aussi et d'ancrage de nos élèves dans des parcours supérieurs, nous avons développé les cordées de la réussite avec plus de 180 000 élèves bénéficiaires dans plus d'un tiers des établissements en urbain comme en rural et singulièrement en éducation prioritaire comme dans le rural éloigné. Tout ceci, évidemment, suffit-il à dire que notre système est efficace en matière d'orientation ? Évidemment, non, pas complètement. Il reste évidemment beaucoup de choses à faire. En réalité, l'orientation repose sur plusieurs acteurs. L'information, vous le savez, a été confiée aux régions depuis 2018. L'accompagnement repose sur ceux qui connaissent les élèves, notamment les professeurs principaux, qui sont au nombre de deux en classe de terminale générale et technologique, et sur les psychologues d'éducation nationale, ce qu'on appelle les PSIEN-EDO. qui dépendent des centres d'information et d'orientation. Ils sont 4700 pour répondre à une question qui vient d'être posée, ainsi que sur des outils numériques, notamment la plateforme Avenir développée par l'UNICEF il y a deux ans. De la même façon, le dispositif Avenir Pro a été généralisé en cette rentrée dans le lycée professionnel pour permettre aux élèves qui souhaitent s'insérer professionnellement, et ils sont nombreux en voie professionnelle, et leur voie professionnelle historiquement a été construite pour ça, de pouvoir le faire en étant à juste titre accompagné. Pour autant, beaucoup reste à faire. D'abord, seuls 27% des lycées indiquent que tous leurs professeurs principaux à tous les niveaux ont été formés à l'orientation, ce qui signifie que nous avons un devoir de formation en la matière. Ensuite, seulement 52% des établissements informent et associent les familles à la réflexion en matière d'orientation, ce qui là aussi est trop peu. Et enfin, les régions acteurs clés de l'information sont encore 14 sur 17 à avoir conclu un partenariat avec l'éducation nationale en matière d'orientation. Des améliorations sont donc nécessaires. La première, évidemment, c'est de mieux accompagner les générations qui sont les plus nombreuses démographiquement, celles qui sont actuellement au lycée. J'ai beaucoup entendu ces dernières semaines qu'il fallait supprimer les suppressions de postes programmées dans le projet de la finance, sans que personne d'ailleurs n'ait dit pour en faire quoi. Nous avons fait le choix avec le Premier ministre, non seulement de les supprimer dans le second degré, mais de créer 500 postes supplémentaires pour plafonner les effectifs en classe de seconde, qui sont les classes charnières, et pour limiter la taille des groupes en première et en terminale, notamment dans les spécialités qui sont les plus nombreuses. Le deuxième enjeu, c'est évidemment de densifier l'accompagnement à l'orientation. Vous savez qu'au lycée, tous les élèves bénéficient d'un temps théorique de 54 heures d'accompagnement à l'orientation par an. Ce temps, aujourd'hui, n'a pas le même contenu et la même densité d'un établissement à un autre. Et donc l'enjeu de l'année, c'est évidemment de consolider les programmes d'orientation qui ont été mis en place dans les lycées, et donc la quasi-totalité des lycées ont développé, pour pouvoir densifier ces 54 heures, effectivement, et de permettre un accompagnement personnalisé. C'est le sens notamment aussi du programme de formation que nous lançons et de la nouvelle certification orientation parcours insertion que nous avons ouvert à la rentrée 2026 à destination des professeurs qui souhaitent la développer. C'est aussi le sens du renforcement de la place des psychologues d'éducation nationale dont nous proposons pour la deuxième année consécutive de renforcer les effectifs et sur lequel le Premier ministre a eu l'occasion d'annoncer l'autre jour 200 créations de postes supplémentaires. Et puis enfin, nous devons regarder en face la question du contrôle continu et des interrogations qu'il suscite, notamment en cas de parcours sup. Le contrôle continu a été pensé pour ne pas concentrer l'enjeu du baccalauréat sur le jour J, sur le jour de l'examen. Et à l'époque, une consultation à laquelle plus de 80 000 lycéens avaient répondu avait clairement acté cette nécessité de la part de ceux qui connaissaient l'ancien système et qui le vivaient comme un système de pression. final intense. Et le contrôle continu, il ne faut pas l'oublier non plus, car tout ceci actuellement est très vite occulté, s'est traduit objectivement par l'amélioration des résultats des élèves au baccalauréat. Mais il peut aussi renforcer le stress. C'est un fait de nombreux élèves. Sur les 100 000 contributions qui nous ont été mentionnées, de très nombreuses ont fait part de la pression que représente chaque semaine, dès début de la première, le fait d'avoir des évaluations qui, in fine, comptent pour le bac à l'auréat. Ce n'était pas la logique initiale, évidemment, et nous avions d'ailleurs, dès 2021, mis en place des projets d'évaluation d'établissement, renouvelés en 2025, qui devaient permettre, lycée par lycée, un travail sur l'évaluation. Le fait est que ce système s'est mis en place très inégalement selon les établissements et que nous ne pouvons nous satisfaire d'un système qui ferait de la préparation de l'avenir une pression constante sur le présent. Et c'est pour ça que cette question du contrôle continu, nous l'ouvrons. Et nous l'ouvrons en vue de la rentrée 2027, pas 2028. Nous l'ouvrons pour la rentrée 2027. Nous l'ouvrons au calme, avec sérénité. Nous avons deux mois de travaux devant nous, avec les représentants lycéens, avec les élus lycéens, avec les organisations syndicales, pour travailler sur cette section, non pas pour faire disparaître le contrôle continu, car il permet justement aussi de ne pas tout jouer sur une épreuve, il rend compte aussi de la progression de l'élève, mais pour faire en sorte qu'il ne se fasse pas au détriment de celui-ci. réflexion est donc ouverte, soit pour le limiter, soit pour prévoir par exemple un droit à l'erreur, comme certains le suggèrent. Je n'ai pas de tabou en la matière, mais en tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il a besoin d'être actuellement repensé dans la perspective de Parcoursup. Voilà, Mesdames et Messieurs les députés, avant de passer le relais au ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, suivant ainsi l'ordre chronologique du cursus de nos élèves, ce que je voulais partager avec vous. Avec peut-être un dernier point. Nous venons d'un système que tout le monde a oublié, semble-t-il, et que pourtant la plupart d'entre vous ont dû connaître, même les plus jeunes, où les élèves choisissaient leur filière au bac en fonction de leur milieu social, où les élèves poursuivaient leurs études là où leur milieu social les envoyait, parce qu'ils candidataient dans ce qu'ils connaissaient. Nous avons désormais des lycéens qui choisissent leur cursus scolaire et peuvent amettre des voeux cohérents. qui choisissent leur spécialité en fonction de leur goût, et non plus en fonction de la connotation sociologique d'une filière. Cela, c'est une promesse d'ouverture, mais aussi d'exigence. Parce qu'il ne s'agit pas de faire croire à chacun qu'il peut le faire d'un coup, sans préparation, n'importe quel cursus scolaire, mais qu'en revanche. Des choix de spécialité générale ou professionnelle librement choisis doivent pouvoir déboucher sur un parcours dans l'enseignement supérieur librement choisi. Notre devoir, c'est de faire en sorte qu'une orientation donne confiance plutôt qu'elle alimente l'inquiétude et qu'elle permette à chacun de se procéder dans un avenir qu'il choisit plutôt qu'il ne le subit. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le ministre. La parole est à présent à monsieur Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace. Mes chers collègues, vous aurez tout le temps de vous exprimer. Chaque groupe politique a du temps de parole. Vous aurez le temps de parole nécessaire pour faire vos remarques et exprimer vos opinions. Monsieur le ministre, allez-y.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Président de la Commission, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les députés. Il est des débats qui, sous une apparence technique, nous oblige à répondre à des questions qui sont profondément politiques. Le débat de ce jour est de cela. Depuis plusieurs semaines... Des lycéens, des étudiants nous interpellent, ils nous parlent de leurs inquiétudes, de leurs aspirations, parfois de leur colère. Ils nous parlent surtout de leur avenir. Et nous devons les entendre, nous les entendons. Car derrière Parcoursup, il y a bien davantage qu'une simple plateforme numérique. Il y a la promesse que la République doit à sa jeunesse, celle de choisir son avenir plutôt que de le subir. Pour tenir cette promesse, nous devons faire le choix de la lucidité. En 2017, avec APB, le prédécesseur de cette plateforme, près de 4000 bacheliers étaient sans proposition d'admission à l'issue de la procédure. En 2026, il n'était que 60, 60 de trop. Ces chiffres nous rappellent une réalité. L'actuel système d'affectation n'a pas tout résolu, mais les chiffres sont têtus. Et dire que c'était mieux avant relève au mieux de la mauvaise foi, au pire de la manipulation. Notre pays a choisi depuis plusieurs décennies de démocratiser l'enseignement supérieur. Notre responsabilité politique aujourd'hui est de réconcilier cet idéal avec le réel. Mesdames et Messieurs les députés, souvenons-nous de la situation qui prévalait avant 2018. Notre pays en était arrivé à une situation où le hasard, le tirage au sort, pouvait décider de l'avenir de certains bacheliers. La loi de 2018 a permis de mettre fin à cette situation. Elle a assumé l'ambition de lutter contre l'assignation à résidence, aussi bien sociale que géographique. La loi de 2018 a aussi apporté des avancées. que je revendique fermement une procédure nationale, une meilleure visibilité des formations, des garanties communes et des dispositifs d'ouverture sociale. En proposant 11 000 formations en apprentissage, là où APB n'en proposait presque aucune, elle a facilité l'entrée dans la vie professionnelle de centaines de milliers de jeunes. Je pense aussi aux quotas de boursiers. qui ont ouvert massivement les portes de certaines formations à des jeunes qui sans cela n'auraient jamais pu y accéder. Depuis 2018, chaque année, la plateforme a évolué, mais nous devons aussi regarder les limites du système avec lucidité. Les mécanismes d'orientation et la plateforme n'ont pas tout résolu. Inégalité d'information, anxiété de l'attente. Difficulté de comprendre les décisions, autant de limites que le système existant à poser et limites qui doivent être dépassées. Et surtout, il n'a pas résolu le décalage entre les aspirations des jeunes et les places disponibles. Pourquoi ? Parce que nous avons demandé à une plateforme de résoudre un certain nombre de problèmes politiques, elles-mêmes, que la politique n'avait pas tranché. C'est pourquoi le gouvernement décide d'avancer. Et après plusieurs semaines de concertation avec les lycéens, avec les étudiants, les représentants des personnels et les établissements, le Premier ministre a annoncé lundi des engagements clairs et précis. Une première transformation dès 2027, un nouveau système d'affectation en 2028, des places supplémentaires là où les besoins sont les plus importants, une indexation des bourses et un effort considérable de rénovation sur les campus, 1 milliard d'euros en plus. Nous sommes prêts à faire évoluer profondément le système, ses procédures, ses mécanismes d'admission, jusqu'à la forme même de la plateforme évidemment. Car notre ambition n'est pas simplement de changer le nom de la plateforme ou de changer un logo ou une mise en page. Elle est de changer ce qui doit l'être. Mais alors, pourquoi ne pas changer radicalement Parcoursup tout de suite ? Parce que ma première responsabilité de ministre, c'est de garantir que la prochaine campagne de Parcoursup, qui ouvrira dans quelques semaines, se déroule dans de bonnes conditions, dans les meilleures conditions. Et je ne céderai à aucun appel à la démagogie sur ce point. Plus d'un million de candidats s'apprêtent à faire des choix importants pour leur avenir. Ils ont besoin de règles claires, de stabilité et de confiance. Et je leur garantis que la prochaine campagne se déroulera dans les meilleures conditions. Mesdames et Messieurs les députés, je veux maintenant en venir au cœur du débat qui nous réunit. Vous avez été nombreux sur ces bancs à demander la suppression de parcours sup. Suppression. Certains la réclament depuis des années, d'autres ont rejoint cette position plus récemment. Le gouvernement a entendu cette demande, le remplacement de la plateforme est désormais engagé. Mais je voudrais vous dire une chose, remplacer Parcoursup, ce n'est qu'un choix technique, ce n'est pas qu'un choix technique, c'est décider de ce qui lui succède et c'est un choix de société, c'est un choix politique. Sur ce sujet, je veux remercier les députés Franz Goms et Pierrick Courbon qui ont contribué à cette réflexion dans le cadre de leur mission Flash. Mais nous devons désormais évoquer ce que nous voulons construire demain. Et je voudrais vous soumettre quatre questions, quatre questions qui me semblent essentielles à notre réflexion collective. La première, c'est celle de la sélection. C'est sans doute la plus sensible. Et il faut avoir le courage de la poser clairement, probablement de manière plus brutale que nous l'avons fait en 2017. J'entends sur certains bancs qu'il ne faudrait aucune sélection à l'entrée à l'université. Sur d'autres, il faudrait au contraire renforcer les exigences,
le
mérite et les prérequis. Et partout, une même ambition, refuser la sélection par l'échec. Mais au-delà des vœux pieux, il y a encore et toujours la réalité de ce que nous devons regarder en face. En première année de licence de droit à Paris 1, 20 500 candidats, 745 places. Pour la formation en santé PAS de Dijon... Pour la formation en santé PAS à Dijon, option SVT, 2000 candidats pour quelques dizaines de places. Deux exemples parmi de très nombreux autres partout sur le territoire. Alors comment partager les candidats ? Si nous refusons la sélection, si nous refusons le tirage au sort, que proposons-nous ? Aujourd'hui, notre système concilie la prise en compte du mérite académique et un large accès à l'enseignement supérieur. La France est ainsi en tête de tous les pays de l'OCDE, de tous les pays de l'OCDE, avec un taux d'accès de 95% des lycéens. Nous ne pouvons pas, d'un côté, réclamer davantage d'exigences et de l'autre, nous indigner à chaque fois qu'un jeune reçoit une réponse négative. Je répète donc ma question. Que voulons-nous vraiment ? Une sélection assumée ou une absence totale de sélection ? Deuxième question. Que promettons-nous à notre jeunesse ? Certains d'entre vous disent qu'une bonne formation est une formation qui prépare un métier immédiatement. J'entends aussi le discours assez daté, je crois, que l'université ne devrait jamais se préoccuper des attentes du monde économique. Alors que faire ? Où placer le curseur entre les besoins objectifs de la nation et des jeunes et les aspirations légitimes des étudiants ? Nous avons fait le choix d'un système équilibré avec des places dans des cursus académiques longs. et classique et de nombreuses places ouvertes dans des formations professionnalisantes en donnant une large place à l'apprentissage. C'est un choix politique et il nous appartient d'en débattre. Troisième question, quelle ambition pour le baccalauréat ? Je serai bref. Je poserai les choses franchement. 100% d'une classe d'âge au bac, une immense hétérogénéité de niveau. Pouvons-nous vraiment attendre de nos universités qu'elles fassent réussir autant de jeunes avec des niveaux aussi disparaîtres ? Et finir par réduire cette question à une difficulté de classe me semble être un raccourci. bac a été pensé pour être une promesse. Il ne doit pas devenir un grand mensonge de la République à sa jeunesse. Quatrième question, à quoi devrait ressembler la prochaine plateforme ? Beaucoup parmi vous dénoncent une plateforme nationale jugée complexe ou stressante. Nous avons entendu ces critiques et nous avons surtout entendu la jeunesse s'exprimer au cours de ces dernières semaines. Et nous allons faire évoluer profondément l'outil et nous allons le remplacer à la session suivante. Une fois cela posé, à quoi cela devra-t-il ressembler ? Doit-on garder le principe d'une plateforme nationale unique ? Doit-on faire une plateforme par discipline, par région, abandonner le principe même d'une plateforme et laisser les étudiants le soin de se débrouiller seuls face à l'université ou à l'école de leur choix, quitte à revenir, je l'ai entendu, à des dossiers papiers ? Toutes ces options peuvent se regarder, mais certaines, je crois, sont particulièrement dangereuses et remettraient en cause des avancées réalisées ces dernières années en matière d'affectation. Mesdames et Messieurs les députés, vous le voyez, les questions qui sont devant nous dépassent très largement le fonctionnement d'une plateforme numérique. Cette plateforme n'est qu'un outil, ce que nous devons définir c'est une vision, une conception du mérite de la justice sociale, de la liberté de choix, de l'excellence et de l'égalité. On ne crée pas des places en supprimant une plateforme, on n'efface pas les inégalités en changeant un algorithme et on ne garantit pas une réussite en modifiant une procédure. C'est l'ensemble de l'équilibre qu'il faut repenser. Une telle réforme ne pourra pas se limiter à des évolutions techniques ou réglementaires. Si nous voulons modifier les principes même de l'accès à l'enseignement supérieur, il faut passer, c'est obligatoire, par la loi. C'est alors au Parlement qu'il reviendra de débattre, de trancher et de fixer les nouveaux équilibres. Le Parlement ne peut pas seulement demander la fin d'un système, il doit aussi contribuer directement à définir les principes du suivant. C'est une responsabilité exigeante et c'est toute la noblesse du travail parlementaire, je crois. Vous avez souhaité ouvrir ce débat, il est désormais ouvert. Derrière chacune des questions que je viens d'évoquer, il y a des arbitrages, des priorités, des conséquences concrètes pour des centaines de milliers de jeunes et leurs familles. Nous pouvons avoir des convictions différentes, nous pouvons défendre des modèles différents, mais je crois que nous avons une responsabilité commune, ne pas laisser les jeunes seuls face à des contradictions que nous n'aurions pas eu le courage de résoudre. Mesdames et Messieurs les députés, au fond, ce débat nous oblige à revenir à l'essentiel. Il nous appartient désormais ensemble d'en faire sortir autre chose que des inquiétudes, une espérance pour notre jeunesse. C'est ce que nous avons à construire et c'est aussi une nouvelle promesse d'émancipation. Je vous remercie.
Merci beaucoup Monsieur le Ministre. Nous allons maintenant passer au débat. Il y a certains groupes qui ont choisi d'avoir uniquement une intervention, d'autres de panachées. Le premier à intervenir sera Monsieur Jean-Claude Rau pour le groupe écologiste et social pour une durée de 6 minutes.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres. Depuis plus d'un mois, les jeunes sont dans la rue. Que demande-t-il des choses qu'un gouvernement digne de ce nom devrait garantir au nom de la promesse républicaine ? Des professeurs devant chaque classe, des lycées où l'on n'a ni trop froid en hiver, ni trop chaud au printemps. Des équipes éducatives complètes, une place garantie dans le supérieur et la fin de parcours sup. Et quand il reçut en réponse... des grenades, des LBD, des gaz lacrymogènes. Jusqu'ici, votre gouvernement les a ignorés, intimidés, réprimés au lieu de les respecter. Depuis 4 ans, nous alertons sur Parcoursup, cette machine à broyer. Aucun des 7 ministres de l'Education nationale ne nous a écoutés. Et si nous avons enfin le débat dans cet hémicycle, c'est grâce à la mobilisation sans faille des lycéens et des lycéennes qui ont manifesté pour défendre leurs droits. Alors aujourd'hui, nous voulons croire que l'heure est venue de les entendre. Monsieur le ministre, vous l'avez dit vous-même, changer Parcoursup ne sert à rien si nous n'ouvrons pas davantage de places dans le supérieur. 1 million de candidats en 2026, un record. Et paradoxalement, l'offre recule année après année. 43 000 places de moins en 2025, 10 300 de moins cette année. A la mi-juillet, 126 500 jeunes n'avaient aucune proposition. C'est une pénurie organisée. Alors, dans vos annonces, monsieur le ministre, les calculs ne sont pas bons. 15 000 places à la rentrée 2027, quand les organisations étudiantes et lycéennes en demandent 250 000. Vous allez supprimer le nom du lycée d'origine en 2028, 9 ans après que le défenseur des droits a jugé que ce critère était discriminatoire. Il était temps. Mais effacer le nom du lycée n'efface pas les inégalités. Elles sont déjà dans les notes, dans les filières en France. L'établissement fréquenté explique près de 40% des écarts de niveau entre élèves. Parcoursup, c'est aussi une machine à fabriquer du renoncement. Une lycéenne de ma circonscription me l'a écrit. Elle rêve de Sciences Po, mais elle envisage de ne pas faire d'études du tout. Pourquoi ? Parce qu'elle est lucide et se sait en concurrence avec des élèves venant de meilleurs lycées, qui ont plus d'opportunités qu'elles. et aussi parce qu'elle se dit qu'un Bac plus 5 l'endettera pendant des années sans garantie d'emploi. Voilà ce que devient l'égalité des chances des jeunes qui se trient eux-mêmes avant que l'algorithme ne le fasse. Vous annoncez un simulateur de chances fondé sur l'intelligence artificielle. Nourri des admissions d'hier, il reproduira les inégalités d'hier. L'autocensure existe déjà, ne programmons pas sa version robotisée. Vous annoncez aussi de l'information sur la réorientation dès le premier semestre. On va donc mieux expliquer aux jeunes comment essayer d'entrer dans une formation qu'on leur refuse ou dans une formation qu'ils et elles refusent. Car il peut arriver de se tromper de voix après le bac quand on n'a pas été bien aiguillé. Un autre témoignage local, celui de Candice l'illustre. Quand elle a cherché à se réorienter, elle explique avoir dû affronter seule la complexité de la procédure. On lui avait recommandé de multiplier les voeux pour ne pas se retrouver sans études. Mais elle n'en a formulé que deux. D'abord parce qu'elle craignait de suivre une formation qui ne l'intéresse pas du tout. en assumant le coût d'une année d'études, et aussi parce qu'elle ne pouvait pas financer le loyer d'un logement. Aujourd'hui, elle a intégré par défaut une licence de philosophie, dans l'objectif de tenter une seconde fois d'entrer en psychologie en novembre, sans la moindre garantie d'y être admise. Je la cite. Je n'ai jamais eu de difficulté particulière à l'école. Mes notes et mes appréciations ont toujours été bonnes. Pourtant, je dois me battre pour accéder à la licence que je souhaite. Étudier ne devrait pas être un privilège que l'on mérite en croisant les doigts, mais un droit. L'exemple de Candice est un cas parmi des dizaines, des centaines de milliers d'autres qui redisent toujours sensiblement la même chose. Le stress, les portes fermées, le manque de moyens, le refus ou l'obligation de se tourner vers les sirènes du privé, la frustration et trop souvent à la fin le renoncement au projet professionnel. Malgré plusieurs stages pour enrichir leur connaissance et valoriser leur dossier, trop de candidats essuient plusieurs refus et se retrouvent bien loin sur les listes d'attente des universités. Les jeunes se heurtent à une réalité cruelle, l'égalité des chances n'est plus que de la poudre de perlimpinpin. Parcoursup ne rend pas service aux jeunes, il ne rend pas non plus service à la société. Prenons l'exemple des instituts de formation aux soins infirmiers. Avant 2009, il y avait un concours d'entrée où les jeunes présentaient leur motivation face à des soignants. Parcoursup l'a supprimé. Résultat, les élèves découvrent le métier en cours de route et décrochent. Entre 20 et 30% d'abandon en première année, alors qu'il nous manquera 80 000 infirmières en 2050. A Brogé Parcoursup, nous l'avons réclamé. Ce que nous demandons est clair. Un système qui arrête de mettre les élèves sous pression deux ans avant le bac. Un droit d'accès au premier cycle pour tout bachelier avec une priorité dans son académie. Un système qui prenne mieux en compte l'expérience et la motivation et rétablisse des moyens humains pour le mesurer. Des places en BTS et en BUT, des moyens enfin pour l'université. Les jeunes ne réclament pas un meilleur algorithme, ils réclament une place dans la société et le droit de construire leur avenir. A vous maintenant de les écouter.
Merci beaucoup monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Franz Gums pour le groupe Les Démocrates.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, chers collègues, depuis plusieurs semaines, les lycéens se mobilisent partout en France, c'est vrai. Au-delà des débordements que nous regrettons tous, ils nous disent quelque chose de profond, leur angoisse face à l'avenir. Avec les députés et les démocrates, nous avons pris soin de rencontrer la jeunesse mobilisée dans nos permanences, dans les lycées et dans les universités. Nous avons vu combien Parcoursup est devenu le symbole de cette angoisse. Avec Pierrick Courbon, j'ai conduit pour la commission des affaires culturelles et d'éducation une mission flash sur Parcoursup. Nous avons entendu des lycéens, des étudiants, des parents, des enseignants, des chefs d'établissement, des universités, des chercheurs et d'autres partenaires. Et je veux d'abord vous dire ici, La suppression de Parcoursup n'a pas été un sujet aussi répandu qu'il paraît l'être aujourd'hui. Notre conclusion tient en une phrase. Parcoursup n'est ni une machine à boyer la jeunesse, comme on dit, mais ce n'est pas non plus une solution miracle. Et cela, me semble-t-il, restera vrai, quel que soit le nom de son successeur. Ce n'est pas une machine à boyer parce que Parcoursup porte des améliorations par rapport à ses prédécesseurs. Souvenons-nous d'APB, quand une filière était trop demandée, on tirait les étudiants au sort. C'est donc le hasard qui décidait de l'avenir d'un jeune. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, l'immense majorité des lycéens trouvent une place, pas toujours celle souhaitée, c'est vrai, mais une place tout de même. Et la plateforme a aussi ouvert des portes qui restaient fermées. Grâce au quota, près de 19 400 lycéens boursiers ont été admis dans une formation qu'ils n'auraient pas obtenue sans eux. Derrière ces chiffres, il y a des visages des jeunes qui ont trouvé leur voie. Mais ce n'est pas non plus une solution miracle, disais-je. Procoursup est un outil, une machine. Il ne crée pas le problème, il le révèle. Et ce problème, c'est l'inadéquation entre l'offre de formation et la demande des jeunes. Inadéquation en nombre de places. D'abord, les filières les plus demandées n'en ont pas assez. En droit, en Paris 1, j'ai trouvé 19 000 candidats qui ont été classés pour 745 places. Inadéquation géographique ensuite. Les ultramarins, par exemple. Ils pourraient préférer aller à Montpellier ou à Toulouse, car les hivers sont moins rigoureux, mais ils ne trouvent pas de place qu'au Havre qui est à Lille, qui sont par ailleurs de Belleville. Nous avons massifié les candidats, mais nous n'avons pas massifié l'accueil. Ce problème est très difficile à résoudre et je me méfie de ceux qui prétendent le contraire. Je pense à cet étudiant que j'ai rencontré, que nous avons rencontré, un élève brillant qui a obtenu un très bon bac, un bac avec une très bonne note. Mais ses notes de première n'étaient pas à la hauteur. Or, c'est sur ce dossier de première arrêté au printemps que les formations l'ont jugé. Il n'a pas obtenu la formation qu'il voulait. Son excellent bac arrivait trop tard. Lui-même avoue que c'est dès la première qu'il aurait dû fournir plus d'efforts. Il a manqué de conseils stratégiques. L'autre faille, c'est donc l'accompagnement. Quand on laisse l'orientation aux familles, tout le monde le sait, l'inégalité est totale. L'enfant dont les parents connaissent l'enseignement supérieur, sait quelle filière viser, comment rédiger ses voeux, les autres se débrouillent tout seuls ou renoncent. Parmi les lycéens sans réponse positive à la fin de la phase principale, un sur deux n'a reçu aucun accompagnement pour préparer la phase complémentaire. C'est ce que nous révèle le questionnaire de la mission Flash auquel plus de 1 600 personnes ont répondu. C'est pourquoi je veux dire un mot des fausses promesses. Certains expliquent aux lycéens qu'il suffirait de supprimer Parcoursup. Je ne pense pas que ce soit vrai. Supprimer une plateforme ne crée pas une seule place en licence. Cela ne recrute pas un seul psychologue. Cela ne forme pas un seul professeur. Beaucoup se jouent avant Parcoursup, d'ailleurs. Sur ce point, le gouvernement a fait des annonces que je salue, faisant sienne certaines des propositions de notre rapport. Un accompagnement à l'orientation dès la classe de seconde ou encore une lettre de motivation demandée seulement si elle est utile. Ce sont quelques avancées importantes et vous pourrez compter sur notre groupe, M. le ministre, pour veiller à leur mise en œuvre. Je voudrais simplement partager quelques pistes pour les prolonger. Il faut rendre effectives les 54 heures annuelles d'orientation qui sont prévues par les textes. Non pas plus, mais il faut mieux former les professeurs principaux à qui l'on confie beaucoup, sans toujours leur donner des outils. Il faut veiller à l'attractivité des métiers de l'accompagnement. Les 500 postes de psychologues, d'infirmiers et d'assistants de services sociaux sont une très bonne nouvelle. Cela nous invite toutefois à accompagner ces créations de postes de travail sur les conditions d'emploi pour que chaque poste ouvert trouve preneur. Beaucoup se jouent aussi après Parcoursup, au moment où les formations examinent les dossiers. C'est là que naît le sentiment d'injustice, un refus sans explication, des critères que personne ne connaît, un premier tri fait sur les seules notes par un algorithme local. Là aussi, je veux reconnaître que le gouvernement a entendu notre mission. Les critères d'examen des formations seront publiés. Chaque lycéen saura ce que l'on attend de lui avant de candidater. Nous voulons mieux accompagner notre jeunesse dans leur entrée dans la vie adulte. Nous voulons une orientation qui ne lui ferme pas trop de portes. L'égalité des chances ne se joue pas en un clic sur une plateforme, elle se construit tout au long du chemin vers l'âge adulte. Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Philippe Fé pour le groupe Horizon et Indépendant.
Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, Depuis deux mois, des milliers de lycéens disent leur inquiétude, inquiétude devant une orientation qui fonctionne mal, devant un avenir que l'intelligence artificielle et le dérèglement climatique rendent plus incertain, devant le sentiment que leur choix se joue trop tôt et sans qu'on leur en ait donné les clés. Nous aurions tort de leur répondre avec condescendance. Et le groupe Horizon est indépendant. ne le fera pas. Parce que nous croyons en cette jeunesse et que c'est son avenir qui se joue dans les décisions que nous prenons ici. Mais prendre cette inquiétude au sérieux, c'est l'écouter telle qu'elle s'exprime et non telle que certains voudraient la caricaturer. Sur les plateaux de télévision, on entend surtout réclamer l'abolition de Parcoursup avec des mots qui sont ceux de la France insoumise et du Rassemblement national. Dans les lycées... Dans les lycées de circonscription, les élèves nous parlent d'autre chose. Ils ne refusent ni l'effort ni la sélection pourvu qu'elle soit juste et que les règles en soient connues à l'avance. Et ce qu'ils attendent d'abord de nous, c'est qu'on les aide à construire leur orientation. Ce n'est pas seulement notre impression puisque sur les plus de 100 000 contributions que le gouvernement a recueillies ce mois-ci, ce qui les préoccupe d'abord, ce sont des journées trop longues et des emplois du temps mal construits pour plus de 7 sur 10. Viennent ensuite l'état des bâtiments, puis le climat scolaire et la santé mentale. Les professeurs absents non remplacés, puis les classes trop chargées. Quant à Parcoursup et à l'orientation, ils ne sont cités que par 22,3% des lycéens. Si certains ont fait Parcoursup leur cible, ce n'est pas parce que les lycéens le leur demandent, c'est parce que c'est politiquement commode. Parcoursup est un totem idéal sur lequel il est facile de taper. S'attaquer au fond des sujets est autrement plus difficile. Nous ne nions pas ni la mobilisation de ces dernières semaines, ni que Parcoursup comporte des défauts qu'il faut corriger. La procédure est stressante et reste polisible pour trop de familles. Et le gouvernement a raison de vouloir y remédier. Mais nous refusons que l'on confonde l'inquiétude légitime des milliers de lycéens avec les blocages, les feux allumés devant les établissements, les forces de l'ordre et les personnels de l'éducation nationale agressés. Cette consultation l'a d'ailleurs montré, lorsqu'on leur donne les moyens de s'exprimer, les lycéens se font entendre sans bloquer un seul établissement. Leur parole compte et l'école dispose déjà de lieux où elle peut peser concrètement. Chaque lycée a son conseil de la vie lycéenne et les lycéens élisent leurs représentants au conseil d'administration et dans les instances académiques. C'est là qu'un élève peut dire ce qui ne va pas. Encore faut-il que ces instances soient écoutées. C'est pourquoi nous soutenons le gouvernement quand il propose de doubler la représentation lycéenne au Conseil supérieur de l'éducation et de réserver dans chaque conseil d'administration un temps aux travaux du Conseil de la vie lycéenne. Apprendre à débattre, à écouter l'autre, à écouter l'autre et à convaincre par des arguments, c'est aussi cela que l'école doit enseigner. Car le véritable sujet de ce débat n'est pas une plateforme, c'est une promesse que la République a faite à ses enfants et qu'elle doit tenir. La promesse que chacun, d'où qu'il vienne, puisse réussir par son travail et par son mérite. Le groupe Horizon et Indépendant tient à dire qu'il faut rétablir cette méritocratie républicaine et qu'il faut pour cela commencer par dire la vérité aux lycéens et à leurs familles. Et la vérité, mes chers collègues, c'est que promettre à chacun une place garantie à l'université, quels que soient ses choix et ses résultats, en laissant croire qu'il n'y aura plus de sélection, c'est faire une promesse qu'aucun gouvernement ne pourra tenir. La sélection, on peut toujours la supprimer à l'entrée. Elle vous reviendra en Boumang un peu plus tard, mais plus brutale et plus injuste. Elle arrive à la fin de la première année quand moins de 50% des étudiants passent en deuxième année. Elle arrive au concours, à l'embauche, au premier emploi. Et les premiers à en payer le prix sont toujours les jeunes à qui on avait promis que tout irait bien et qui découvrent trop tard qu'on leur a menti. C'est pourquoi nous ne laissons pas à la France Insoumise faire croire aux lycéens qu'il suffirait d'abolir Parcoursup et d'ouvrir des centaines de milliers de places pour que chacun s'inscrive où il veut, quelles que soient ses notes, son travail, son assiduité ou son niveau réel, comme si l'effort fourni pendant trois années de lycée ne devait plus compter pour rien. A la France Insoumise, comme au Rassemblement National, on promet donc de supprimer Parcoursup. Très bien. Mais quand il y aura trois fois plus de candidats que de places en médecine, en droit ou en STAPS, qui choisira ? Personne ne répond parce que la réponse les gêne profondément. Ce sera le hasard ou le piston. Et le hasard, nous l'avons connu. A l'été 2017, 92 licences tiraient encore leurs étudiants au sort et les perdants de cette loterie étaient toujours ceux dont les parents n'avaient ni relation ni solution de rechange. Le problème n'est donc pas l'outil. Parcoursup, né en 2018 sous le gouvernement d'Edouard Philippe, grâce à l'action de Jean-Michel Blanquer et Frédéric Vidal, a mis fin à cette loterie. Et nous n'avons pas à nous en excuser. Ce qui manque aujourd'hui et qui est source de stress pour les élèves et leurs familles, c'est la transparence et d'abord celle des formations elles-mêmes. Chaque lycéen doit savoir, avant de formuler un vœu, sur quels critères son dossier sera examiné, combien d'étudiants réussissent leur première année et combien trouvent un emploi à la sortie. Nous soutenons donc la publication des critères d'examen et l'explication de chaque refus dès l'année prochaine. Sur le reste de vos annonces, messieurs les ministres, nous vous soutenons sans réserve. Des journées mieux construites et une vraie pause déjeuner, c'est une question de bon sens. Il faut d'ailleurs aller plus loin et laisser plus d'autonomie aux établissements pour qu'ils adaptent les rites et les enseignements aux besoins de leurs élèves, plutôt que d'attendre des consignes uniformes venues de Paris. Revoir le contrôle continu est aussi nécessaire, et cela passe par plus d'exigences, avec le retour des devoirs écrits sur table, car à l'heure de l'intelligence artificielle, c'est la seule copie dont on sait qui l'a écrite. Quant à la rénovation des lycées et des universités, c'est une question de dignité pour ceux qui y étudient et pour ceux qui y enseignent. Mais la méritocratie suppose aussi une orientation digne de ce nom. car il y a l'enfant dont les parents connaissent les codes, les filières et les classes préparatoires, et celui dont les parents n'en ont jamais entendu parler. C'est pour lui que nous proposons qu'un étudiant référent accompagne chaque collégien et chaque lycéen, que l'apprentissage et les métiers manuels soient enfin présentés comme des voies d'excellence, et que l'on ait le courage de fermer les formations qui ne mènent ni à la réussite, ni à l'emploi. Les 15 000 places que vous ouvrez en BTS, en IUT et en santé, là où on le recrute, vont dans ce sens. Mais la méritocratie ne commence pas à 18 ans. J'ai été enseignant et je peux en témoigner. Elle commence à 3 ans, 4 ans, 5 ans, dans une classe de maternelle, avec la lecture, l'écriture et le calcul. Le plafond de 28 élèves en seconde est une bonne mesure, mais c'est en maternelle et au CP qu'il faut d'abord réduire la taille des classes, ou plutôt le nombre d'élèves par classe. Mes chers collègues, en 1924, dans un quartier pauvre d'Alger, un instituteur nommé Louis Germain a donné des leçons gratuites à l'un de ses élèves pour le préparer au concours des bourses, contre l'avis d'une grand-mère qui voulait lui donner un travail au plus vite. L'enfant a réussi le concours. Il est entré au lycée et en novembre 1957, quelques semaines après l'annonce de son prix Nobel, Albert Camus écrivait à son ancien maître Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue aux petits enfants pauvres que j'étais, sans votre enseignement et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Voilà ce qu'est la méritocratie républicaine, un enfant né pauvre qui a pu réussir grâce à son travail, parce qu'un instituteur a cru en lui et que l'école lui a donné sa chance. Voilà ce que nous devons à nos lycéens. Non pas la promesse que tout leur sera donné, mais la garantie que tout ce qu'ils auront mérité par leur travail leur sera accordé. Merci.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, mes chers collègues. Aucun, je le répète, aucun lycéen issu d'un territoire ultramarin n'a été consulté lors des réunions organisées par Matignon et les ministères à la suite du mouvement des lycéens. C'est ce que nous rapporte le syndicat Les Lycéens au sortir de ces réunions de consultation. Pourtant, leurs problématiques sont nombreuses et spécifiques. Pourtant, le mouvement avait commencé dès cet été avec la mobilisation du lycée du Nord à Mayotte. Pourtant, des influenceurs étudiants étaient bien connectés en visioconférence aux réunions que vous avez organisées. Je ne crois donc pas que l'argument du décalage horaire tienne la route. Et pourtant, messieurs les ministres, je ne crois pas non plus que les problématiques des lycéens et étudiants ultramarins soient anecdotiques pour vous. Pour la suite, je vous recommanderai d'engager le dialogue avec des lycéens de chaque territoire ultramarin, car leurs difficultés sont particulières et propres à chaque territoire. Le débat de ce soir tient en un mot, Parcoursup, bien que la mobilisation des lycéens soit aussi nourrie d'autres demandes auxquelles vous avez commencé à répondre en début de semaine. Je salue certaines de vos annonces, mais j'ai aussi des questions. D'abord, l'instauration d'une pause d'une heure en milieu de journée. Nous la saluons, mais c'est un minimum. Et elle repose d'abord sur les chefs d'établissement. Depuis la réforme blanquière, les emplois du temps sont devenus des vrais casse-têtes. Comment aiderez-vous les chefs d'établissement à rendre cette pause applicable ? Ensuite, les bourses. Vous proposez de les indexer sur l'inflation. C'est une bonne mesure que nous avions déjà votée lors de la niche du groupe GDR il y a quelques mois. Aller au bout de la logique, verser les bourses aussi l'été. Sans aide, en juillet et en août, un étudiant doit parfois rendre son logement, puis en chercher un autre à la rentrée. Une situation particulièrement délétère pour les étudiants ultramarins. Plus encore, il convient d'engager l'acte 2 de la réforme que souhaitait entreprendre la ministre Sylvie Retailleau. Sortir de la logique des paliers et de linéariser le barème des bourses, une dégressivité progressive et non par marche, éviterait que travailler ou se débrouiller ne devienne paradoxalement pénalisant. Venons-en aux places dans l'enseignement supérieur, vous annoncez 15 000. 10 000 en BTS dès la rentrée 2027, 4 000 en BUT, 1 000 pour la licence d'accès santé. Fort bien. Néanmoins, selon le SNUSUP, l'offre sur Parcoursup a recruté. calculé de 43 000 places en 2025, puis de 10 000 en 2026. En deux ans, les licences générales ont perdu 6 600 places, faute de moyens. Toutes les universités sont en déficit. La création de 15 000 places apparaît donc modeste. De son côté, l'Institut des politiques publiques estime le besoin réel à 120 000 places. Pourquoi nous proposez-vous 15 000 places ? Sur quelle base ? En l'état, c'est un pansement sur une jambe de bois. En outre, la véritable problématique est celle du sous-financement des universités. Créer quelques nouvelles places ne permettra pas de pallier dans la durée le manque de moyens des universités. Parcoursup maintenant. Pour l'année prochaine, vous proposez des critères d'examen public et lisible. L'explication de chaque refus dès juin 2027. Un droit à l'erreur. Un accompagnement à l'orientation dès la seconde. Mon groupe soutient ces mesures. Beaucoup reprennent d'ailleurs les conclusions de l'excellente mission d'information sur Parcoursuc de nos collègues Pierrick Courbon et Franck Gems. Pour la suite, vous annoncez le remplacement de la plateforme. Le véritable problème de Parcoursup, ce n'est pas le logiciel qui est une plateforme de mise en relation. Ce sont ses effets pervers, le stress, la disparition des vœux préférés, le sentiment d'être trié sans savoir pourquoi. Le fait que la décision revienne aux établissements engendre une concurrence entre les lycées et désavantage les élèves issus des établissements les moins cotés. Au fond, c'est une question d'orientation et sur ce sujet une question particulière. sur les IFSI, le gouvernement envisage-t-il de sortir les IFSI de Parcoursup et de rétablir les entretiens individuels de motivation afin de limiter les amendants en cours de formation ? J'en viens à la Polynésie. Pour un lycéen polynésien, un parcours sub n'est que le premier obstacle du long parcours du combattant pour poursuivre ses études. Il y a le billet d'avion, les trajets entre les îles, le déménagement, la question de l'hébergement. Tout cela doit être payé avant que les aides n'arrivent. Or, plus la réponse est tardive, plus le billet est cher et l'organisation du déplacement est compliquée et périlleuse. Plus encore, la réforme Blanquer, toujours elle, a introduit une véritable inégalité entre les lycéens. Les lycéens ruraux et qui plus c'est les lycéens ultramarins n'ont pas accès à toutes les spécialités, ce qui peut les handicaper considérablement pour la suite de leur parcours académique. Aujourd'hui, les étudiants polynésiens doivent faire face à une concurrence nationale pour des places limitées, aussi bien en Hexagone qu'en Polynésie française. Messieurs les ministres, vous avez commencé à répondre aux lycéens de l'Hexagone et c'est heureux. s'est trop faite attendre. Quand comptez-vous entamer le dialogue avec les lycéens et étudiants ultramarins ? J'aimerais qu'au terme de ce débat, vous puissiez vous engager à examiner de plus près leur situation et même à les rencontrer. Je vous remercie.
Merci beaucoup, Madame la députée. La parole est à présent à Madame Soumya Bouroua pour le groupe Gauche démocrate et républicain.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, mes chers collègues. Huit ans, huit ans que nous alertons sur Parcoursup, huit ans que nous dénonçons une plateforme qui angoisse, qui trie et qui sonne des adolescents de s'orienter dès 15 ans. Huit ans que vous nous répondez, réussite technique, transparence, mérite. Début octobre encore, vous juriez qu'il n'était pas question d'y toucher. Et puis, la jeunesse s'est levée. Cinq semaines de mobilisation et enfin vous reculez. Cette victoire, c'est celle de la jeunesse mobilisée et elle signe votre défaite politique. Dès 2021, notre groupe défendait une proposition de loi permettant d'anonymiser le lycée d'origine, de publier les critères de sélection et d'accompagner l'orientation dès la seconde. Votre majorité avait alors tout rejeté. Ce que vous refusiez hier comme exigence minimale, vous le concédez aujourd'hui sous la pression de la rue. Et vous convoquez ce débat sans vote pour nous demander, et maintenant, que fait-on ? Vous venez chercher auprès de nous la solution d'un problème que vous avez créé à six mois de votre départ, en sachant très bien que vous ne le réglerez pas. Nous allons quand même vous répondre. Supprimer par poursup est inévitable, tant ce dispositif est massivement rejeté. Il est devenu le symbole de votre échec. C'est le visage d'une pénurie que vous avez organisée. En 2026, 1 million 46 000 candidats, soit 66 000 de plus en un an. Pendant ce temps, les places reculent. Le 11 juillet, 126 000 jeunes n'avaient aucune proposition. A la fin de la procédure, 56 000 n'avaient toujours rien. Supprimer par Coursup sans ouvrir de place, c'est changer. Le nom du tri. Et ce tri, il trahit la loi. L'article L612-3 du Code de l'éducation le dit en toutes lettres. Le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat. Pourquoi ? Parce que depuis 1808, le baccalauréat est le premier grade universitaire. A savoir, son bac, c'est avoir le droit d'entrer à l'université. La loi promet une place à chaque bachelier et vous organisez la pénurie qui trahit cette promesse. Regardez les Outre-mer, ce sont le miroir grossissant de votre politique. A Mayotte, puis j'aurais pu parler d'autres territoires d'Outre-mer, ou en Guyane, il y a moins de place en première année que de bacheliers. 81% des candidats maorais sont contraints de formuler un vœu dans l'Hexagone. Et qui part ? Les enfants des classes supérieures. Faute de place, partir à des milliers de kilomètres n'est pas un choix. C'est un exil réservé à celles et ceux qui peuvent se le payer, un tri social organisé. Cette pénurie est organisée méthodiquement en trois temps. Le premier temps, on sépare. On met à part les filières sélectives, les classes préparatoires et grandes écoles hors de l'université, les moyens publics consacrés à un élève de classe préparatoire et de 19 070 euros par an. Et un étudiant à l'université, 12 460 euros. Et cette séparation se lit sur la carte. Dans mon département, la Seine-Saint-Denis, seuls 28% de jeunes ont accès dans leur secteur à un lycée proposant une classe préparatoire. Et à Paris, 100%. Les enfants des milieux favorisés, d'un côté, les autres, de l'autre. Deuxième temps, on comprime. Avec la loi LRU, on met en place l'autonomie budgétaire. 19 ans plus tard, quel bilan ? L'État transfert des dépenses et des responsabilités qui ne compensent pas et met sous pression peu à peu nos universités. Évidemment, dans ce contexte, les universités gèlent les recrutements, ferment les formations et suppriment des places. Troisième temps, le privé. Le privé ramasse la mise. Les jeunes refusés par l'université publique deviennent sa clientèle cible. Plus d'un étudiant sur quatre est aujourd'hui inscrit dans le privé. Parcours sur, parcours sur, plus sert même de vitrine. En ouvrant grand la porte à des formations en alternance agréées par le ministère du travail et non par celui de l'éducation, de l'enseignement supérieur. Et en amont, faute de services publics de l'orientation, ce sont les prépas privés et les coachs. plusieurs centaines d'euros qui vendent aux familles un remède à l'angoisse que vous avez créé un marché qui n'est pas loin de l'arnaque séparé comprimé puis livré au marché voilà la méthode vous l'avez jamais assumé mais elle porte un nom la privatisation de l'enseignement supérieur chaque place que vous refusez à l'université publique
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