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Et pour ce nouvel entretien nous avons le plaisir de recevoir Alexandre Varro, bonjour. Bonjour. Alors je rappelle que vous avez été avocat durant plusieurs décennies, on peut le lire, et vous êtes désormais depuis 2024 député européen du Rassemblement National. Alors on va aborder plusieurs sujets... Pas
du tout, je suis député français au Parlement Européen.
Député français au Parlement Européen, très bien. C'est mieux qu'eurodéputé, effectivement, vous avez raison. Voilà, voilà. Alors... On va aborder ces sujets de cette gauche qui, finalement, semble un petit peu prête à tout, justement, contre votre parti, contre votre candidate. Tout d'abord, je rappelle, vous avez été, je le disais, vous avez été avocat. Vous avez notamment été avocat, si je ne dis pas de bêtises, de Marine Le Pen durant son procès sur la question des assistants parlementaires. Selon le magistrat et président de la chambre honoraire à la cour de cassation, Didier Guérin, dans un entretien accordé au Monde récemment, Marine Le Pen serait... Toujours inéligible. Déjà, première question, je voulais savoir, sur un point de vue purement juridique, en tant qu'un peu expert de ce sujet, comment vous avez reçu cet entretien
? Écoutez, M. Guérin, qui est un magistrat honoraire, ce qui est une manière honorable de dire qu'il est à la retraite depuis assez longtemps maintenant, il a rendu des arrêts pendant longtemps et maintenant il rend des services. On sent bien... L'organisation de sa communication entre le nouvel observateur, oui, le monde, voilà, il cherche à placer un coin pour gêner la candidature de Marine Le Pen. n'y arrivera pas. C'est impossible. Il s'inscrit en contradiction frontale avec ce que M. Rémy Hayes, procureur général de la Cour de cassation, a publiquement décalé et personne ne lui demandait de le faire. Et il méconnaît, alors là on va peut-être pas se lancer dans un corps de procédure pénale, dès le réveil des gens c'est un petit peu pénible, enfin l'effet évolutif de l'appel, tout ça fait que elle sera candidate. Elle sera candidate, nous n'avons aucune espèce d'inquiétude à ce sujet, autant vous dire que... La question a été examinée près et qu'elle n'est pas candidate par obsession. Si elle avait fait prendre un risque au Rassemblement National, elle n'aurait pas été candidate. Si elle prenait un risque quelconque, qu'il n'y ait pas de candidat du Rassemblement National, elle n'aurait pas été candidate. Donc c'est après avoir bien pesé les choses et avoir acquis la certitude qu'elle serait candidate, qu'elle a pris le 7 juillet. cette décision, voilà. Mais beaucoup de gens se sont penchés sur ce berceau, et la décision a été, je vous prie de le croire, mûrement réfléchie. Donc voilà, M. Guérin dit ce qu'il veut. M. Guérin n'existait pas vraiment avant qu'il fasse cette déclaration.
Mais peut-être retournera-t-il dans les limbes, simplement. Marine Le Pen a quand même réagi à ça en disant que cette prise d'opposition remettait à la fois en cause le principe du pourvoi, le principe de l'appel, et à côté de ça, le principe de réserve aussi de la justice. Est-ce que c'est-à-dire que c'est une prise de position... politique masquée derrière des oripeaux juridiques
pour vous oui, c'est un coup de sabot politique, ça ne fait pas le moindre doute. Monsieur Guérin, pour rester honoraire, c'est-à-dire honorable, devrait s'occuper de son jardin ou lui prendre des livres, mais pas se mêler de l'actualité politique en France au prétexte qu'il a été magistrat. Et donc le Conseil supérieur de la magistrature a été saisi de ce comportement qui porte atteinte. un principe ancien et essentiel qui veut qu'un magistrat ne rentre pas dans le débat public politique aussi brutalement et qu'il ne commande pas ses propres arrêts surtout à tort et à travers enfin surtout à travers donc non c'est une Nous sommes prévenus, nous le savions, lorsque nous nous sommes réunis au début de cette, enfin juste après l'été, il était prévu que nous recevrions chaque jour une louche de quelque chose de pas agréable sur la tête, ça se confirme.
Alors justement, dernière question sur la question du... du procès justement de Marine Le Pen. Concrètement, il y a encore un calendrier judiciaire qui va avoir lieu avant l'élection présidentielle quand même. Il y a cette idée qui court encore dans la tête des gens que Marine Le Pen pourrait être élue sous bracelet électronique. Est-ce que c'est quelque chose qui est encore possible ou pas ? C'est quelque chose qui est très improbable.
Le droit, ce n'est pas des mathématiques. 2 et 2 ne font pas 4. Ça fait toujours entre 3-5 et 4-5. Donc, c'est un petit peu plus compliqué. Moi, je ne pense pas que ce soit possible, mais il va y avoir un pourvoi en cassation. Il est en cours, le pourvoi en cassation, il va être examiné. Dans l'image, si ceux pourvoient y rejeter, la condamnation de la Cour deviendra exécutoire. Mais encore faudrait-il que le juge d'application des peines décide dans des délais tout à fait inhabituels, tout à fait extraordinaires, de prendre cette décision que vous évoquez d'un bracelet électronique. Ça serait inusilénie, parce que c'est jamais comme ça que ça se passe. Jamais, jamais, jamais. Moi j'ai jamais vu ça. Donc je sais bien que pour nous tout est toujours hors normes, à la fois nos succès et la manière dont nos adversaires essayent de préparer nos échecs, mais non, je ne crois pas, je pense que la campagne va se passer de la manière la plus paisible.
Alors, de la manière la plus paisible, peut-être pas, parce que dans le fond... Non, elle ne sera pas paisible du tout, mais
pas d'agitation
judiciaire. On va revenir justement un petit peu sur l'aspect non paisible, toutes les agitations qui sont autour de cette campagne, notamment de la part de la gauche qui semble avoir retrouvé son obsession absolue contre votre parti. Maintenant, vous n'êtes plus attaqué seulement sur le plan juridique, mais aussi sur d'autres... accusations qui pèsent sur vous l'attentat de trap en partie alors il ya d'abord eu la fausse information du monde selon laquelle les tracts du rassemblement national aurait été retrouvé dans la voiture de kevin donc le suspect principal effectivement ça a été ça ne s'est pas avéré c'était une fausse information publiée par le monde d'un autre côté d'autres enquêtes journalistiques en cours montrent que ce kevin était dans le fond un soutien du rassemblement et donc la gauche dit que le rassemblement national et son discours sont responsables de l'attentat de Trappes. Vous, qu'est-ce que vous répondez à cette accusation ? Je ne
sais pas qui sait,
qui
peut
savoir
pour qui voter ce monsieur, et qu'il ait voté un jour pour le Rassemblement National, comme toute la moitié des Français ont voté un jour pour le Rassemblement National, c'est bien possible, voilà, on ne les contrôle pas un par un, mais je peux vous assurer d'une chose, c'est que des dingues et des ascens potentiels, il y en a au Parti Socialiste, il y en a au Modem, il y en a partout, en fait, voilà, c'est la nature humaine. Donc nous ne générons pas particulièrement ce genre de problème. D'ailleurs on voit bien dans l'histoire des 20 dernières années qu'il n'y a pas particulièrement, si vous voulez faire la longue litanie des attentats, des assassinats, des coups bas, vous allez trouver... ou des islamistes radicalisés, ou l'extrême gauche, mais certainement pas le rassemblement national. Nous sommes extrêmement paisibles. Quand on organise une réunion, ce sont eux qui viennent nous troubler. Quand LFI organise une réunion, il n'y a personne qui vient y manifester de chez nous. Jamais nous ne faisons des contre-manifestations, jamais nous ne protestons contre les autres. Nous sommes très respectueux de leur liberté d'expression. Donc, la ligne du Rassemblement National est une ligne où nous occupons de faire connaître aux Français nos positions politiques et jamais de gêner celles des autres. Voilà, nous sommes bien les seuls dans ce cas-là, parce que les autres sont d'une violence. Absolument débridé à notre égard.
Mais vous voyez, alors ça c'est un point de débat un petit peu interne à la droite en général. Par exemple, je vais prendre un cas, après les émeutes du 17 octobre, qui évidemment sont liées aux manifestations organisées par la France Insoumise dans tout le pays, Bruno Retailleau, lui, candidat aussi à la présidentielle, a déclaré qu'il souhaitait interdire la France Insoumise. Ce n'est pas la position du Rassemblement National ?
Non. Pour interdire un parti, il faut vraiment qu'il se passe des choses d'une gravité extrême. Ce qui se passe avec la France insoumise. C'est que c'est un parti qui a une expression assez, j'allais dire répugnante, en tout cas déplaisante. On y trouve le culte du chef, les purges staliniennes, l'antisémitisme échevelé, la validation de la violence comme... continuation de la politique par d'autres moyens. C'est ça qui commence à être grave. Tout ça est très grave. Il n'empêche que ce parti réunit un nombre de Français trop nombreux, mais qui existent. Et qu'il me paraît difficile de leur... interdire la possibilité de s'exprimer, et puis d'ailleurs si vous interdisez la France Insoumise, demain ça portera un autre nom et ça se renouvellera. Donc ça n'a pas beaucoup de sens, il faut lutter contre la France Insoumise, il faut convaincre les gens qui votent pour elle de leur erreur, il ne faut pas l'interdire.
Autre sujet qui est lié un petit peu à tout ça, c'est qu'on voit quand même que depuis un bon mois particulièrement, la gauche, et plus particulièrement la France Insoumise, Brutalise quand même pas mal le débat public, vous en parliez. À côté de ça, entre ne serait-ce que les discours, mais aussi les manifestations, aussi le 17 octobre, est-ce que tout ça, ça vous inquiète pas quand même un petit peu finalement de voir que cette campagne, c'est ce que prédisent à peu près tous les analystes, c'est sans doute la campagne la plus brutale et la plus presque sanglante de la Ve République ?
on va vivre six mois un peu agités. Mais c'est l'esprit français. Nous sommes un pays assez éruptif. Il me semble que c'est le président Macron qui m'avait parlé des gaulois réfractaires. C'est une des choses les moins bêtes qu'il ait dit finalement. Voilà, ça existe. Nous sommes un pays très politique. très politisé, et il va y avoir six mois de débat intense. Et pas tant mieux, moi je suis pour. Les débats existent et je suis pour qu'ils soient intenses. Et à la fin, je le crois, nous allons remporter une grande victoire qui va ramener le calme, parce qu'elle sera si large que plus personne ne songera à la contester. Mais
ce dont beaucoup d'électeurs ont peur, quelque part, c'est que, par exemple, ce qui s'est passé le 17 octobre en France, encore une fois, globalement, où on a vu que l'extrême gauche alliée aux banlieues était capable de mettre le pays dans un état particulièrement inquiétant, quand même, durant une, deux, trois nuits. Certains ont peur que dans le cas où Marine Le Pen serait élue, cette gauche radicale alliée à l'extrême gauche ressorte dans les rues et fasse quelque part pire, que ça n'a été qu'une sorte de répétition générale. Et je vous le dis honnêtement, à l'intérieur de l'électorat de droite, j'ai plusieurs personnes qui m'ont dit que le problème c'est qu'effectivement, j'ai peur que la France Insoumise, que c'est les Black Blocs, que les antifins, refusent de reconnaître le résultat des élections. ou alors, même s'ils le reconnaissent, décident de saccager le pays pour exprimer leur contestation. Est-ce que ça ne vous inquiète pas quand même un petit peu ? Même Louis Alliot, vice-président de votre parti, s'est inquiété un petit peu de ça. Alors
je vais
répondre en deux temps.
D'abord, sur une petite question de forme. Vous avez commencé en parlant de l'extrême gauche alliée aux banlieues. Je ne suis pas d'accord avec cette manière de voir. Je ne veux pas qu'on dise les banlieues. Les banlieues, c'est plein de gens très bien. C'est plein, voilà, les banlieues, c'est le pourtour des villes, et dans les banlieues, il n'y a pas que des racailles. Loin s'en faut, heureusement. Alors, il y en a aussi, mais c'est une expression qu'on entend énormément depuis le 17 octobre. Les voyous de banlieue, les racailles de banlieue, la banlieue, etc. Donc, je crois qu'il faut s'interdire. Il y a des mots qu'il faut s'interdire. Comme on ne dit pas antifor, parce que là, ça laisserait supposer... que nous sommes des fas donc non c'est l'extrême gauche alliée à des voyous effectivement pour une large partie d'entre eux issus d'une immigration régulière ou irrégulière en tout cas peu incline à travailler préférant venir faire ses courses après que la vitrine ait été cassée Ça c'est la première chose. La deuxième, est-ce que ça arrivera après l'élection présidentielle ? Moi je crois que l'élection présidentielle, je crois que son résultat va calmer tout le monde. Je suis convaincu que le pays profond tiendra. Les préfets seront là, la police sera là, la gendarmerie sera là, l'armée sera là, les fonctionnaires seront là. Le pays est quand même républicain dans l'ensemble. Nous avions notre congrès le week-end dernier à Orléans, il ne s'est strictement rien passé. Il y a une manif qui est passée au loin. avec Sophie Binet de la CGT et je ne sais plus quel demi-leader qui était venu là passer la journée à Orléans. Et il n'y a pas eu le moindre incident. Tout s'est bien passé, part quelques agités qui sont venus dans le meeting. Ça a duré 30 secondes. 30 secondes sur deux jours, on peut supporter. Oui, donc c'est de l'esbrouf pour vous. Moi, je ne crois pas du tout que le pays sera mis à feu et à sang après le 17 octobre. Il peut toujours y avoir quelques agités qui s'agacent un peu, la police leur rappellera les règles, la justice les sanctionnera, et ça s'arrêtera là. Il ne faut pas du tout que les gens aient peur. Il n'y a aucune raison d'avoir peur. Voilà, n'ayez pas peur,
aurait dit Jean-Paul II. Exactement, des paroles papales. Je voudrais aller un petit peu sur les trois dernières minutes qui nous restent, Alexandre Varou, sur un sujet. assez radicalement différents de ceux qu'on a abordés. C'est justement lié à ce meeting d'Orléans. Vous travaillez aux questions culturelles pour le Rassemblement National, si je ne m'abuse. Marine Le Pen, durant son discours d'Orléans, a tenu un discours qui était plutôt étonnant sur une question souvent oubliée en politique, la question du beau. Elle a justement voulu rappeler que le beau devait être remis au centre de nos sociétés, que finalement, voilà, elle a utilisé cette phrase, je veux que plus tard on puisse dire c'est beau, c'est français. Vous, qu'est-ce que vous en avez pensé ? Est-ce que vous avez participé peut-être à la rédaction de cette petite phrase ? Absolument pas participé
à la rédaction de cette petite phrase, mais par contre je l'ai bien entendu. Et elle m'a fait penser à deux choses. Alors, excusez-moi d'être un instant un peu pédant dans les citations. Il y avait quelque chose de platonicien, le mot, le vrai, le juste, qui fixait des lignes directrices et qui la campagne. C'est-à-dire qu'il y a un moment pour parler des finances publiques, il y a un moment pour parler des réformes de la justice, pour parler de toutes ces choses-là. Ces mamans ont été prises, seront prises à nouveau. Et puis, de temps en temps, il faut donner... Il faut donner à penser, il faut donner à rêver, il faut insuffler quelque chose. Et vous trouverez que dans Dostoevsky, il dit la beauté nous rendra libres. Et c'était finalement exactement le fond du discours de Marine Le Pen, la beauté nous rendra libres. Voilà, ça fait partie des enjeux. c'est de défendre le beau, le vrai, le juste. Et je crois qu'il n'y avait qu'elle pour dire ça. C'était formidable. J
'étais très ému. En une minute qu'il nous reste, justement, ça veut dire valoriser le patrimoine français, ça veut dire quoi ? Justement, on va avoir une politique du beau. Ça
veut dire ça, mais ça ne veut pas dire que ça. Et d'ailleurs, il ne faut pas avoir une vision que je dirais un peu trop étriquée, droitarde. Il n'y a pas que le patrimoine. Il y a les choses du passé qui le font conserver parce qu'elles ont de la valeur. Et puis, il faut aussi créer les choses de l'avenir. Sinon, on est mort. Voilà, donc, venus au pouvoir, la Comédie française, l'Opéra de Paris, le Louvre, le Château de Versailles, Chambord, pourront continuer à compter sur nous. Il y a du passé qui ne passe pas, qui ne doit pas passer, parce qu'il nous apporte des choses, et puis il y a un avenir à construire, y compris dans les arts.
Merci beaucoup Alexandre Varro d'abord abordé à finir sur cette petite note un petit peu plus poétique que le reste de cet entretien merci d'avoir répondu à nos questions et aux accusations de la gauche à votre rencontre et bien sûr vous serez réinvité ici bientôt sur Ligne Droite A bientôt
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