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Bonjour Marc Fénault. Bonjour. On va parler de la mobilisation des lycéens, des manifestations dans toute la France, notamment celles qui sont prévues samedi. Mais d'abord, je voulais vous entendre sur la course à l'élection présidentielle. Parce qu'hier, Gabriel Attal a dit, le candidat Renaissance, il faut une primaire pour départager les candidats du Bloc central et de droite. Il dit qu'il faut empêcher un second tour LFI-RN, une grande primaire des démocrates. Est-ce que ça veut dire que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ne sont pas des démocrates ?
veut dire surtout qu'il y a la nécessité de rassembler des forces. Alors d'abord, je suis content que Gabriel Attal rejoigne l'idée qui avait été portée par François Bayrou il y a quelques semaines, pour ne pas dire quelques mois. Il nous semble qu'il y a un sujet d'ambiance démocratique, si nous avions un deuxième tour qui permettait à Marine Le Pen et à Jean-Luc Mélenchon de s'affronter. Et donc on a besoin ceux qui veulent défendre une certaine conception du débat démocratique, une certaine conception de la République, de se rassembler dès le premier tour pour éviter qu'on ait cette perspective devant nous. Et donc je trouve que ça va dans le sens de ce que nous partageons tous. Ceux qui, c'est un aspect assez large, c'est ceux qui ne veulent ni voir Marine Le Pen accéder à l'idée. Ce serait quoi le périmètre selon vous ? Qui promet le candidat ? Raphaël Buxman ? Bien sûr, c'est ceux qui... ne veulent ni au premier ni au second tour voter pour Mélenchon ou pour Le Pen. C'est assez simple. Donc de Raphaël
Guxman, vous comptez David Lissnard
aussi dedans ? Il n'a pas vraiment clarifié sa position sur le sujet puisqu'il a dit qu'en toute occasion, il voterait de toute façon contre Jean-Luc Mélenchon. Mais la question pour nous n'est pas de voter contre Jean-Luc Mélenchon, mais la question c'est d'éviter qu'on ait un duel Mélenchon-Le Pen et qu'on puisse offrir une perspective aux Français qui soit une perspective nouvelle.
Mais quand on regarde les réactions politiques... Edouard Philippe ne veut pas d'une primaire. Dans son entourage, ils expliquent qu'il ne souhaite pas d'une primaire. Bruno Rotaillot n'y croit pas si Edouard Philippe n'y va pas. Vous pensez vraiment qu'elle va avoir lieu de cette primaire ? Je pense
qu'il faut en tout cas que des gens de bonne volonté, et c'est pour ça que François Bayrou avait pris cette initiative et proposé cela, puissent se rassembler et se dire si nous partageons le sentiment qu'il ne faut pas ce duel. avec la victoire annoncée de Marine Le Pen. Pas pour nous, on s'en fiche un peu dans l'affaire. Donc il y a une question d'abnégation dans cette affaire. Il y a un périmètre, et il y a une majorité de Français qui ne veulent pas ça. Et donc, même s'il y a des difficultés, parce que les uns ne veulent pas de primaire, parce que les autres discutent du périmètre, au moins que sur la table soit posée cette question de... On a besoin d'un rassemblement. La primaire est une des voies. Si d'autres ont des meilleures solutions, très bien. Mais qu'on pose la question de la nécessité d'un rassemblement, qu'il ne soit pas un rassemblement électoral ou factice, qu'il soit un rassemblement sur qu'est-ce qui fait qu'on n'a pas envie de ce duel, qu'est-ce qui fait en termes économiques, en termes de rapport au monde, en termes de démocratie et de pratique démocratique, à mon avis, on a quelque chose qui peut s'ouvrir.
On parlait de David Lissnard il y a quelques instants, candidat à l'élection présidentielle. Vous avez publié une... tribune chez nos confrères de l'opinion, vous parlez de David Lysnard et du fait qu'il soit le patron des maires de France. Est-ce que vous considérez qu'on ne peut pas être patron de l'Association des maires de France et candidat à l'élection présidentielle ?
Oui, parce que je considère que dans l'élection présidentielle se joue quelque chose qui est l'ordre d'un débat partisan. On ne peut pas dire que David Lysnard... Soit, en tout cas sous nos yeux, quelqu'un qui ne soit pas clivant. Or, l'association des maires, c'est par nature une association non clivante et une association pluraliste. Ça n'empêche pas d'avoir des idées. Il y a eu des présidents, François Baroin, Jacques Pellissard en son temps, qui étaient des gens qui venaient de la droite, qui étaient à droite, et tout ça allait très bien. Simplement, je trouve que dans cette séquence présidentielle, qui est déjà promet d'être tendue, avec quand même, je le rappelle, qui fournit les parrainages chez les maires ? Vous avez un candidat qui dit « je ne veux pas celui-là à la présidentielle » ou « je ne veux pas de ce candidat-là ». Vous voyez bien qu'il va y avoir des pressions et des tensions. Donc vous l'avez
à se retirer ?
Je l'appelle à faire un choix, il fait ce qu'il veut. Il a absolument le droit d'être candidat à la présidentielle et de défendre des idées qui sont les siennes. Mais on ne peut pas à la fois prendre en otage d'une certaine façon cette association que je connais bien, j'ai siégé au bureau, qui est une association pluraliste. Il y a des socialistes, des gens qui sont plus à gauche, des gens qui sont plus à droite, des gens qui sont au centre et qui ne veulent pas avoir cette association. C'est un danger pour cette association que de l'avoir prise en otage par des prises d'opposition. Je rappelle que M. Lissnard dit qu'il faut broyer tous les codes. Ou alors quelque chose a changé qui m'aurait échappé. c'est quand même pas la vocation de l'association des maires d'appeler au broyage de tous les codes de l'environnement, de l'urbanisme, comme si tout ça était à balayer d'un revers de main. – Marc
Fénaud, je veux vous entendre sur les manifestations, parce qu'il va y avoir à nouveau une mobilisation dans de nombreuses villes de France, il y a des appels à manifester un peu partout en France, notamment par les Gilets jaunes, par des syndicats, et il y a la question de l'interdiction des manifestations dans les centres-villes. Est-ce que vous êtes favorable à l'interdiction des manifestations dans les centres-villes ? – Moi je suis
favorable à ce qu'on ait… Capacité à manifester, d'ailleurs on avait fait beaucoup d'affaires et grand cas de la semaine dernière, il y a eu autant si ce n'est plus de manifestants, donc preuve a été faite qu'on n'avait pas empêché les gens de manifester. Mais voyez bien que certains s'emparent pas les manifestants, mais certains s'emparent de ces manifestations pour aller casser des vitrines et autres. Et donc on trouve des parcours qui permettent d'éviter les centres-villes. Pourquoi ? Parce que les centres-villes c'est les lieux où il y a des magasins. Troisième week-end où il y a ou des fermetures de magasins, ou des destructions de magasins, ou des risques de destruction de magasins, je pense que c'est un compromis qui peut être acceptable. Après, à essayer de trouver des parcours. qui permettent à chacun de défendre ses convictions, et je trouve ça normal dans une démocratie.
Vous parlez de la casse, des pillages notamment, après le 17 octobre, c'était déjà prévu notamment après ce qui s'était passé, après la victoire du Paris Saint-Germain, mais il y a le projet de loi qui a ce repailleur, qui est passé par le Sénat. Il a été très durci ce texte du gouvernement, avec une responsabilité collective, on passe d'une responsabilité individuelle à une responsabilité collective. Certains, dont la Ligue des droits de l'homme, disent « attention ». C'est un texte liberticide. Et dans le texte, je regardais le texte qui a été voté au Sénat et qui doit arriver du côté de l'Assemblée nationale, si l'amende ne peut être recouvrée, les personnes sanctionnées pourraient être ponctionnées de leur allocation familiale, aide personnelle au logement, RSA. Mais au Sénat, ils sont allés plus loin. Ils parlent aussi de l'allocation de rentrée scolaire, de la prime d'activité ou encore du complément familial. Il faut ponctionner. La location de rentrée scolaire ?
Je ne distingue pas parce que la location de rentrée scolaire ou le minima social, c'est quand même un revenu d'une certaine façon. Pas revenu, mais en tout cas une compensation d'une situation de difficulté, qui est un appel à la responsabilité civile, ça existe en ce pays, sans la loi casseur-payeur. Le fait que vous faites des dégradations ou des dégâts à autrui, si vous n'êtes pas couvert par l'assurance et si vous êtes responsable, il y a plein de gens à qui ça peut arriver, y compris vous avez un accident de voiture, vous êtes en responsabilité, vous n'êtes pas assuré, vous êtes en situation d'alcoolémie, c'est pas casseur-payeur, mais c'est le même principe. Il faut juste regarder, aborder les choses pour ne pas se retrouver des gens dans des situations de précarité extrême. Mais quand le texte va
arriver à l'Assemblée nationale ? Je
vais répondre sur le texte. L'équilibre qu'il faut trouver, c'est la part de la responsabilité individuelle. Parce qu'il y a une part de responsabilité individuelle. Donc distinguons ce qu'est la part de la responsabilité individuelle. La part d'une responsabilité aussi collective. C'est-à-dire qu'on a œuvré au sein d'un collectif. Et la part du témoin, malheureusement, ça arrive parfois. Qui est de passage ? Pas complètement de passage. C'est-à-dire qu'il est là, qu'il a encouragé, mais qu'il n'a pas le même degré de responsabilité que celui qui a cassé. Je trouve qu'on met chacun face à sa responsabilité. Quand vous allez dans un magasin et que vous le pillez, de croire qu'on peut aller à l'impunité et que la vie continue comme avant, pendant que la vie ne continue pas comme avant pour le commerçant qui est touché, ça ne me paraît pas une mesure de mauvais sens. Alors après, si quelqu'un fait un million de dégâts, qui peut rembourser un million de dégâts ? Il faut aussi devoir la limite de l'exercice. Par ailleurs, il y a aussi... des pénalités judiciaires, juridiques. Il y a quand même
la Ligue des droits de l'homme, il y a des syndicats qui disent attention, ça va faire que certains ne vont pas sortir dans la rue manifester parce qu'ils auront une crainte particulière
d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Mais tout le monde ou beaucoup de Français ont été à des manifestations et tout le monde ne s'est pas retrouvé dans un attroupement où des gens ont lancé des cailloux contre des vitrines. Essayons de distinguer les choses. Les faits, ni les gens, ni les situations. Mais juste, je partage le point de vue que nous, on va regarder le texte tel qu'il arrive du Sénat, on va regarder ça tranquillement. Le risque de ce genre de texte au milieu d'une ébullition, c'est qu'on réagisse. Et ce n'est pas sur les seuls textes. C'est autant le député que l'ancien ministre des Relations avec le Parlement parle. C'est l'émotion et pas la meilleure conseillère pour faire des textes de loi. Donc on essaie de faire ça dans un cadre qui soit un cadre d'abord constitutionnel. Pardon, ce n'est pas un détail de respecter les lois de la République. et y compris la loi fondamentale qu'est la Constitution, et donc, deux, d'essayer de trouver un équilibre entre vous casser, vous êtes responsable de votre acte, vous remboursez, parce que vous êtes responsable de votre acte, et pas quelque chose qui amène à des dérives. – Marcelo,
pour terminer, je veux vous entendre quand même sur les lycéens. Il y a eu ces annonces du gouvernement sur la mobilisation des lycéens. Les syndicats, ils ne sont pas convaincus. Hier, il y avait un débat sans vote du côté de l'Assemblée nationale. Ces lycéens, ils continuent à se mobiliser. Est-ce que vous considérez d'abord que le gouvernement a agi trop tard ? De
toute façon, je vais vous dire, et c'est d'ailleurs un des sujets que nous aurons peut-être pour la présidentielle, que nous soyons toujours dans ce pays, dans la situation avec ce gouvernement-là, comme avec tous les autres, et depuis 25 ans. où il faille aller dans la rue pour se faire entendre, il y a un sujet de pratique démocratique que nous avons entre nous. Pourquoi ? J'ai vu rencontrer un certain nombre de lycéens, je suis quand même fasciné de voir qu'ils posent des problèmes qui ne sont pas apparus il y a un mois. Parcoursup, c
'est 7 ans. Le bâti scolaire, ça fait des dizaines d'années. Je regardais en 1990, quand il y avait eu les manifestations des lycéens, ces revendications étaient déjà là. Oui, je rappelle
au passage que le bâti scolaire, c'est... C'est les régions. C'est les régions pour les lycées, c'est les collèges pour les départements. Si chacun devait être mis devant ses responsabilités, ça serait mieux. Parce qu'en démocratie, le fait qu'on sache qu'il fasse quoi est important. Vous
considérez que les régions ne font pas le nécessaire ? Je n'ai pas dit
ça. J'essaie de ne pas pointer du doigt et de chercher des victimes expiatoires au problème. Mais le bâti scolaire, s'il est dégradé, le responsable, c'est le président de région et ses équipes. Il y a des régions qui ont fait des tas d'efforts. La liste des bons et des mauvais, je ne discrivais pas les bons et les mauvais points. Il y a des régions où ça a été mieux fait. Il y a des régions où quand on vous explique que les portes des toilettes sont arrachées et n'ont pas été réparées, vous vous dites quand même, est-ce qu'il y a besoin d'aller au point de la manifestation pour le faire ? Donc, c'est toujours un... Moi je pense que quand on est à la manifestation, à une situation conflictuelle, c'est qu'on a un échec collectif. Bon, deuxième élément, il me semble, qui a été posé sur le gouvernement, un certain nombre de réponses, qui sont des réponses qui répondent. concrètement à ce qu'étaient les revendications des lycéens.
Il nous reste quelques instants, Marc Fénault, je veux vous entendre pour terminer sur la question du maintien de l'ordre. Laurent Nunez reçoit aujourd'hui des représentants des lycéens parce qu'il y a la question du maintien de l'ordre qui est au cœur de tout ça. On a quatre rapporteurs de l'ONU qui disent recours excessifs à la force, violences et interpellations massives, ce ne sont pas des réponses appropriées à un mouvement social de contestation. Est-ce que l'usage de la force par les forces de l'ordre durant le mouvement des lycéens, on ne parle pas du 17 octobre, il a été proportionné selon vous ? Moi
je crois que oui. Alors après le problème c'est que quand vous avez des mouvements où, c'est pas chez les lycéens, mais se mêlent de la violence au milieu, essayez de... De proportionner les choses quand vous êtes face à des gens qui sont très agressifs, c'est toujours très compliqué. Le maintien de l'ordre n'est pas un exercice facile pour des gens qui sont parfois harcelés toute la journée par des jets de cailloux, des jets de pierres. Ce n'est pas des fleurs et des roses qu'on envoie aux policiers. Donc il faut toujours être vigilant. Quand il y a le sentiment qu'il y a pu y avoir une dérive, il y a des enquêtes. Et moi, je fais confiance aux enquêtes dans mon pays parce que nous sommes en démocratie. Évidemment, il faut essayer de proportionner les choses. J'ai retenu aussi que le 17 octobre, ce que réclamaient les gens, c'était plutôt plus de force de l'ordre que moins de force de l'ordre. Et donc il faut qu'on trouve ce point d'équilibre dans une démocratie. Si vous laissez la loi être faite par les casseurs ou par la force, à ce moment-là il n'y a plus de démocratie.
Merci Marc Fénault pour vos réponses.
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