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Bonjour, bonjour à tous, bonjour monsieur le ministre. Merci d'avoir accepté notre invitation. Avez-vous peur ? Avez-vous peur, Edouard Geffray, peur des lycéens, des étudiants, peur de ce mouvement social
? Alors, la réponse est clairement non.
précise ma question, pour vous permettre d'aller plus loin. Les étudiants en sortant de votre réunion à Matignon sont sortis en disant « le gouvernement a peur et on va en profiter ». Regardez.
Nous avons eu quelque chose, déjà on a la peur du gouvernement. Le gouvernement a peur, le gouvernement a montré qu'il était clairement désorienté par tout ce qu'il se passait.
il rajoute, on va s'engouffrer dans cette brèche. Vous avez peur ?
Non. J'ai l'impression qu'on va peur, c'est pas le problème. Il faut pas avoir peur d'un mouvement social, il faut pas avoir peur des attentes des lycéens. Il faut les entendre, c'est pas la même chose. Et ensuite il faut y répondre. Et d'ailleurs, la meilleure preuve qu'on n'a pas eu peur, c'est qu'on y a répondu de manière très structurée. On a pris le temps d'écouter d'abord. On a consulté directement les lycéens aussi, on a écouté leurs associations, mais c'est des associations, pas des élus, donc on a écouté des associations. On a aussi consulté directement les lycéens, 100 000 contributions sur notre plateforme, et puis maintenant on répond point par point, vous l'avez vu, à toutes leurs questions. Ils
sont irresponsables ces jeunes ?
Non, ils ne sont pas irresponsables, mais ils sont à la tête d'associations, ils portent les revendications d'un mouvement, ils sont en discussion avec nous, on se revoit d'ailleurs cet après-midi avec les régions.
C'est une annonce que vous nous faites, cette réunion cet après-midi ?
Pas que cet après-midi d'ailleurs, mais il y a un processus, il y a deux choses. La première chose, c'est qu'on a répondu d'abord à un certain nombre de décisions à des attentes des lycéens. Ils nous ont dit, par exemple, le bâti est très dégradé dans certains lycées. On met 4 milliards d'euros de prêts sur la table pour les régions. Ils nous ont dit les classes sont trop chargées. Je commence le plafonnement à 28 des classes de seconde dès la rentrée prochaine et je vais également plafonner les groupes les plus importants en première en terminale. Ils nous ont dit qu'on a besoin de plus de démocratie lycéenne. Je suis en train de refondre toute la démocratie lycéenne. Et puis par ailleurs, ils nous ont dit aussi qu'il y a une pression scolaire avec le contrôle continu, avec Parcoursup. On est en train de transformer en Parcoursup pour le remplaçant en 2028. Et puis j'ouvre le chantier, parce que c'est des gens qui sont ouverts, sur le contrôle continu. Et donc, en réalité, ce qui se passe là, ce n'est pas du tout la fin d'un cycle. C'est le début d'un site de discussion.
Que va-t-il se passer cet après-midi ? Qui sera autour de la table cet après-midi ? Et pour dire quoi très concrètement ? Parce que ces lycéens, ils vous disent c'est insuffisant, on continue la mobilisation. Qu'avez-vous à leur dire de plus pour que les lignes bougent ?
Je suis un peu surpris quand on dit c'est insuffisant, sans regarder ce que ça veut dire. Il y a 4 milliards d'euros. Ils n'ont pas
regardé ce que ça voulait dire les lycéens ? Ils n'ont pas pris la mesure ?
Techniquement, quand on parle des 4 milliards d'euros qui sont mis à disposition des régions, je ne suis pas sûr que les gens réalisent ce que ça signifie. Au cours des dernières années, il y a eu 1,5 milliard de prêts qui ont été utilisés par les régions. Là on en met 4 milliards, c'est-à-dire que c'est quasiment 3 fois plus. Et donc cet après-midi, on réunit ensemble justement les régions et les associations lycéennes et les élus lycéens, parce que pour le coup c'est un sujet qui ne dépend pas de ma compétence. On les réunit ensemble, on va partager ensemble les diagnostics et notamment toute la remontée de la plateforme, qui montre que les aspirations sont très détaillées établissement par établissement. Et puis on va définir la méthode de travail entre les lycéens, les régions et nous. pour faire en sorte que tout le monde, justement, ait en tête ce que ça signifie en termes d'investissement, de planification, etc. Donc vous estimez que pour
le moment, ils n'ont pas pris pleine conscience de l'ampleur des mesures que vous mettez sur la table ? Je dis
juste quand on dit que 4 milliards, ce n'est pas suffisant. Je ne veux pas dire que tout le monde se rend compte, mais ça veut dire 4 milliards en termes de soutien à l'investissement pour le bâti. Alors en tout
cas, dans leurs revendications, il n'y a pas que le bâti. Il y a par exemple, je voyais l'association lycéen qui parle des groupes 28 par classe en plafonnement. Il dit que ce n'est pas suffisant, ce n'est pas que quelques classes, ce n'est pas la seconde, c'est seconde, première, on veut plus sur ces points-là. Vous parlez à l'instant de plafonnement justement ?
Oui.
Alors est-ce que vous allez aller plus loin sur ce sujet-là ?
Ce que j'ai dit depuis le début, c'est deux choses. Un, on va plafonner les classes de seconde à 28. Dans les 50% d'établissements les moins favorisés à la rentrée 2027, dans les 50% suivants à la rentrée 2028. Deux, on va limiter la taille des groupes les plus importants en premier entamé, parce qu'on va déterminer, vous savez qu'il n'y a plus vraiment, enfin il y a une classe, mais en réalité vous êtes 70% du temps, vous êtes dans des groupes différents. Et donc l'enjeu c'est qu'il y a des groupes à 9 élèves, mais des groupes à 36 élèves. Donc évidemment on ne va pas plafonner les groupes à 9 élèves, mais en revanche à 36 on va essayer de les faire diminuer. Donc ça c'est ça qu'il faut avoir à l'esprit. Ensuite, il ne faut pas mentir aux gens. Si je dis à la rentrée prochaine, il y aura 24 élèves en seconde, je vais créer 20 000 postes de professeurs, je ne pourrai pas les recruter, je ne les trouverai pas.
Parce qu'il n'y a pas les compétences ? Parce qu'il n'y a pas assez de personnes qui sortent des concours ? Parce que je n'aurai
pas 20 000 professeurs dans les concours supplémentaires par rapport aux 15 000 ou à 20 000 que je recrute déjà pour voir au besoin. Et donc on fait quelque chose qui est objectif et rationnel, on a annulé toutes les suppressions de postes qu'on avait envisagées. Donc créer 500 postes de plus pour être sûr de pouvoir les recruter, et pour que les élèves, évidemment, soient moins nombreux, mais qu'ils aient aussi un professeur de heureux.
On en reviendra dans quelques instants à cette question de savoir pourquoi ce qui n'était pas possible hier, elle est aujourd'hui, mais on va y revenir. Je voudrais qu'on revienne sur d'autres évolutions. Parcoursup, là encore. Les lycéens vous disent « insuffisant ». C'est bien de refonder, mais ce n'est pas tout à fait ce qu'on veut. On veut plus. Sur Parcoursup, est-ce que vous avez encore des éléments dans votre poche de ministre de l'Éducation pour répondre à leurs revendications ?
Et dans la poche du ministre de l'Océanmo supérieur surtout, mais Parcoursup, on est obligé de faire en deux temps. Parce que Parcoursup est adossé à une loi. Mais ça,
nous, on a tous déjà bien entendu les deux temps. Mais ils vous demandent d'aller plus loin, plus vite, plus fort. Est-ce que vous avez des éléments à mettre sur la table pour leur dire « on vous entend et on va le faire ».
Un groupe de réflexion sur Parcoursup, auquel d'ailleurs participent deux des trois associations lycéennes. Ils sont coprésidents du groupe de travail, avec Philippe Baptiste, le ministre de l'Enseignement supérieur. Pour voir tout ce qui peut être transformé dès cette année. Il y a la question de la lettre de motivation, il y a la question de l'explication systématique du refus, il y a la transparence des algorithmes locaux, c'est-à-dire les algorithmes qui sont utilisés par des formations pour pré-trier les élèves avant de les choisir, etc. Tout ça a été demandé par les élèves, et d'ailleurs dans la plateforme ce sont des choses qui ressortent. Donc tout ça peut être traité. Après pour remplacer Parcoursup, il faut passer par la loi. C'est pour ça de dire qu'on a eu un premier débat hier à l'Assemblée. Demorant assez intéressant sur le fait que beaucoup de gens voulaient l'abroger, mais peu de gens savaient ce qu'ils voulaient mettre à la place. Et ça, ça passe par la loi. Mais est-ce que c'est possible avec
ce gouvernement et dans ces conditions, donc c'est pour 2028 ?
En fait, on est en train de préparer ce qu'il faut pour. mais après en termes de réalisation et en termes d'adoption de la loi et en termes aussi de mise en place d'un nouveau système. Vous ne pouvez rien
promettre à ce jour, monsieur le ministre, puisque vous ne serez peut-être pas au pouvoir en 2028 pour pouvoir suivre ce dossier et assurer qu'il soit voté. On
sait promettre déjà pour 2027 des transformations très profondes et on sait promettre aussi qu'on engage le remplacement de Parcoursup. Pour l'année 2028. Après ça, si les gens qui arrivent en mai 2027 veulent tout jeter, ils pourront toujours tout jeter, mais ça c'est vrai pour tout. Enfin, ils auront du mal. Et quoi qu'il arrive, la rentrée 2027, elle, elle est préparée par nous, elle ne pourra pas être modifiée. Et donc tout ce qu'on promet pour la rentrée 2027, notamment au lycée, trouvera bien à s'appliquer.
D'accord. En revanche, vous avez des présidents d'universités qui lèvent le dos en disant, en fait, c'est pas possible. Ça va être trop compliqué de supprimer Parcoursup, de refonder comme vous le mettez sur la table. Vous dites qu'il faut expliquer aux élèves pour une formation pourquoi ils sont refusés. Mais logistiquement, est-ce que c'est jouable si vous avez 20 000 demandes pour Sciences Po ? Et vous avez un patron d'université en particulier, le patron de l'université Paris Cité, qui vous dit que c'est impossible de répondre à chacun. Je voudrais qu'on regarde ces mots. Il dit que j'ai 8 000 places, moi. Et plus de 500 000 candidatures nous imposées d'expliquer à 492 000 candidats pourquoi ils n'ont pas été retenus. C'est ridicule. C'est ridicule, vous dit ce patron d'une grande université.
Je l'entends et puis il faudrait qu'il en parle avec le ministre de l'Assemblée supérieure. Il y a un moment où il faut juste entendre aussi ce que les jeunes ont à nous dire. Les jeunes nous disent, voilà, moi j'ai candidatisé dans 10 formations différentes, dans celles où j'avais vraiment le plus envie d'aller, j'étais refusé, je ne sais même pas pourquoi. Il faut quand même l'entendre ça. Et donc, leur donner la possibilité d'avoir accès aux raisons, parce que leur moyenne était de temps, alors que la moyenne du dernier ami était de temps, etc. C'est quand même pas déplacé. Donc, on va y travailler avec tout le monde. Le ministre de l'Assemblée supérieure, d'ailleurs, pilote des gros travails qui associent aussi l'université, parce qu'il y a besoin de se mettre tout à la table. C'est pour ça que les choses ne sont pas simples d'ailleurs, c'est intéressant votre question, parce qu'à 15 secondes d'intervalle, vous me dites pourquoi ce n'est pas plus tout de suite, et puis vous me dites mais c'est complètement impossible. Ce n'est pas moi qui le dis en l
'occurrence, je vous relaie les critiques qui sont nombreux aux gens d'autres.
Mais voyez bien que quand on est en responsabilité, entre ceux qui vous disent je veux tout tout de suite, et ceux qui vous disent c'est impossible, il faut trouver un chemin. Et ce chemin, c'est le chemin en deux temps qu'on fait ce parcours.
Alors il n'y a pas que ça, on va continuer avec les critiques, il va falloir en souffrir un tout petit peu encore quelques instants. A ceux qui disent vous achetez la paix à coût de diplôme sans valeur et sans... boucher à ceux qui disent vous vous êtes vais être direct mais on l'a lu on l'a vous êtes couché devant devant la gauche et l'extrême gauche vous répondez quoi
alors d'abord moi je me couche jamais devant personne et si on s'était couché devant les filles vous savez ce qui serait passé très concrètement On aurait donc abrogé par cours, c'est plus ce qu'ils veulent, dès cette année. Et les élèves auraient dû candidater un par un en envoyant des dossiers papiers dans les universités où ils voulaient aller. Ils n'auraient plus eu accès à l'information, ils n'auraient pas eu accès à l'université. Et puis tant qu'à faire, on aurait aussi abrogé la scénarie publique. Donc non.
Non. Et à ceux qui vous disent que vous êtes irresponsable parce qu'on n'a pas les moyens, on n'a pas les moyens de ces annonces, et vous achetez là en revanche la paix sociale à coup d'argent qu'on n'a pas, vous répondez.
Alors ça c'est l'autre côté, c'est formidable. Je réponds, vous voyez que manifestement quand on est en responsabilité, on essaie de trouver des solutions pour répondre aux lycéens. A la fin je vois juste quand même qu'on revienne aux lycéens. Parce que plus personne n'en parle, c'est devenu un débat quasiment d'élection présidentielle ce truc-là. Enfin, repartons des besoins des lycéens. Les lycéens, une fois encore, on a interrogé, et par leurs associations. légitime et par leurs élus, légitime et directement, ce qui est aussi légitime. Ils nous ont dit des choses très précises sur Parcoursup, sur les classes trop chargées, sur le stress des horaires, sur le contrôle continu, sur le bâti qui est dégradé, etc. On répond point par point. On a pris le temps de poser les mesures pour qu'elles soient justement chiffrées, documentées, crédibles, tenables. Parce que le pire de la politique, c'est quand même quand on promet monts et merveilles et qu'on ne tient rien.
Alors, est-ce qu'on a vu Emmanuel Macron faire un mea culpa sur la journée du 17 octobre ? Là, on parle bien du maintien de l'ordre. On l'a vu ces dernières heures auprès du go des cryptes reconnaître que l'exécutif a trop tardé. Je vais le citer. « Je vais être honnête avec vous, dit le président de la République. Moi, je pense qu'on aurait dû aller plus vite, moi le premier. » Est-ce que vous faites, vous, votre mea culpa sur ce point-là
pas que sur celui-là. Moi, je suis tout à fait... Enfin, une fois encore, quand vous êtes en responsabilité, vous prenez un moment les décisions qui vous semblent justes et vous vous dites a posteriori, j'aurais peut-être dû faire différemment.
Vous dites aujourd'hui, j'aurais dû faire ?
On aurait sûrement dû être plus rapide. Moi, je partage l'opinion du président. Après, il y a aussi un enjeu qui est que d'abord, on a voulu effectivement dialoguer. Je rappelle que la plateforme, elle a été clôturée vers lundi dernier, le 23, et que dès lundi... On a pris un certain nombre de décisions. Donc on a aussi voulu laisser du temps au dialogue, parce que nos lycéens nous disent qu'on a besoin d'être entendus, d'être écoutés, et que nos opinions, nos avis, est une suite. C'est la première fois qu'on leur a donné la possibilité, non seulement de s'exprimer, mais que leur avis est une suite.
Mais ils n'ont pas fini de s'exprimer, donc ils vous le disent, c'est insuffisant. Est-ce que vous le comprenez dans le fond ? Ou est-ce qu'on est dans un moment d'incompréhension quand même à nouveau, où vous dites moi j'ai l'impression d'avoir tout donné, d'avoir fait vraiment tout ce que je pouvais, avec un travail qui peut évoluer, mais des bonnes bases, et je ne comprends pas pourquoi il y retourne.
D'abord je crois que les bases sont bonnes, et personne n'a dit que les décisions qu'on avait prises étaient complètement déplacées.
Non, mais est-ce que
vous êtes dans
l'incompréhension face à cette réaction ?
Non, je ne suis pas dans l'incompréhension parce que je pense que c'est une génération d'abord qui a des angoisses profondes. Et je pense qu'on est quand même dans un contexte qui, par ailleurs, politiquement, se prête à ce type d'affirmation, parce qu'on voit bien, nos élèves, en réalité, qu'est-ce qui se passe ? Ils sont, entre guillemets, à la porte d'une élection présidentielle, dans un contexte qui est quand même extraordinairement mouvant, géopolitique, climatique, etc. Ils ont des angoisses qui sont extrêmement profondes, et jusqu'à présent, la jeunesse n'est pas au cœur des débats. Et maintenant, elle l'est. Et ça, c'est plutôt une bonne chose. C'est quand même l'avenir. Ensuite, il y a des débats sur est-ce que ceci est suffisant, est-ce que ceci n'est pas. C'est normal, c'est la démocratie. Il faut y répondre. Et une fois encore, ce que nous avons annoncé lundi, nous avons annoncé à la fois nos décisions, parce que notamment il y a un calendrier budgétaire. Mais nous avons aussi ouvert un chemin de discussion. Je les vois cet après-midi, on les revoit la semaine prochaine, on les revoit la semaine suivante. Il y a une quinzaine de réunions programmées pour les trois prochaines semaines.
Il y a d'autres réunions encore, il y en a une avec Laurent Nunez aujourd'hui, avec les lycéens. C'est pour tenter de canaliser la colère samedi prochain, parce qu'il y a une manifestation samedi prochain, pas que des lycéens et des étudiants, mais une manifestation de colère sociale, certains pourraient y venir. Il y a la rentrée scolaire. Vous redoutez au gouvernement cette rentrée ? Est-ce que vous avez une évaluation de l'ampleur ? des blocages qui pourraient subsister
Alors, on n'a pas d'évaluation particulière. Vous savez, pour cette rentrée, ma conviction profonde, c'est que nos jeunes, ils ont besoin quand même d'aller en cours. J'ai quand même 800 000 lycéens qui passent le bac à la fin de l'année, j'en ai 800 000 autres qui passent le bac de français et le bac de mathématiques, ou des épreuves de voie professionnelle, et j'en ai à peu près 700 000 autres qui sont en seconde. Donc, nos lycéens... Je suis désolé de le dire, notamment parce qu'il y a aussi beaucoup de personnalités extérieures qui invitent au blocage, mais nos lycéens, ils ont besoin de réussir leur année scolaire.
Pourquoi Laurent Nunez doit-il rencontrer les lycéens aujourd'hui ? Pour leur dire quoi
parce que vous avez quand même remarqué, comme moi, que la question du maintien de l'ordre avait été aussi très centrale pour ces lycéens. Et ça aussi, il faut l'entendre. Et je ne suis pas le plus compétent pour parler de maintien de l'ordre. Mais c'est pour
les responsabiliser, c'est ça ?
c'est pour échanger avec eux sur les conditions dans lesquelles le maintien de l'ordre a été assuré et peut être assuré dans cette circonstance, tout simplement.
Alors, il n'y a pas que ces journées-là, il y a aussi la journée du 5 novembre.
Depuis tout à l'heure, plusieurs fois, vous avez employé des mots qui laisseraient penser qu'on les traite un peu de manière infantilisante. Ce n'est pas le cas. justement, quand vous discutez avec une association, une organisation, vous discutez, j'allais dire, sur un plan horizontal. Et la question du maintien de l'ordre, elle a fait partie des débats ces dernières semaines. c'est logique que Laurent Nunez recevait l'histoire pour en parler.
Il y a une journée qui est, pour beaucoup d'observateurs, voire d'experts, placée beaucoup plus à haut risque, c'est la journée du 5 novembre. Là, c'est une journée à l'appel des syndicats, avec potentiellement grève générale à la clé. Beaucoup disent que c'est massif, et en termes de mobilisation, et peut-être aussi en termes de questions sécuritaires. Est-ce que vous vous attendez, vous, effectivement, à une journée de mobilisation massive ? On parle aussi de la fonction publique sur cette journée.
On ne peut jamais prévoir à l'avance, et moi je ne suis pas madame Irma, si vous voulez dire. Certes, mais
vous avez des capteurs, et là vous êtes obligés de sentir un peu les choses. La différence,
effectivement, c'est que c'est une journée nationale d'action, à laquelle une intersyndicale appelle, et que donc la nature de la mobilisation est évidemment complètement différente. Mais par ailleurs, dans ces cas-là, on a aussi affaire à des organisations syndicales. qui ont une expérience aussi de la manifestation, qui ont une culture démocratique extrêmement ancrée, et qui sont aussi capables de faire en sorte que les manifestations se passent bien.
Mais est-ce que vous, là c'est pas au ministre de l'Éducation que je m'adresse précisément, c'est à ce membre du gouvernement, les colères elles s'additionnent, il n'y a pas que celles que vous gérez, les colères contre la vie chère, etc. Je le disais, la fonction publique. Est-ce que vous dites, oui, il faut pousser pour des gestes, on parle beaucoup du SMIC qui serait sur la table, est-ce que vous dites qu'il faut... pousser ce genre de gestes ? Est-ce que vous les soutenez pour essayer d'apaiser les commerces ? Il
y a aujourd'hui d'abord un certain nombre de mesures qui sont discutées par les uns et par les autres du gouvernement. Moi, vous avez vu, j'ai pris un certain nombre de décisions sur les IC1. Ce qui a été fait sur le carburant, qui va se voir dès ce week-end, 1er novembre, va probablement avoir un effet immédiat, c'est pas probablement, va avoir un effet immédiat vraiment sensible sur les prix à la pompe. Il y a probablement aussi d'autres mesures qui sont portées par les différents ministres du gouvernement et par le Premier ministre. Je crois qu'il faut que... C'est quand même important que tout le monde ait en tête qu'il y a des gens dans ce gouvernement, on a un gouvernement de gens qui sont responsables. C'est-à-dire qu'ils ne veulent pas emmener le pays dans le mur, qu'ils ne veulent pas faire des fausses promesses et qu'ils veulent répondre aux études des Français. Ensuite, il y a un mouvement social, dans un contexte aussi que tout le monde connaît, international, etc. Le prix de l'essence, par définition, ce n'est pas la France qui le détermine. La situation en mousse y a contribué. Mais il y a une situation internationale qu'il faut avoir à l'esprit et par rapport à laquelle on fait en sorte d'amener le navire à bon port. une fois encore, en responsabilité et sans non plus passer les Français dans des situations qui seraient problématiques pour l'avenir.
J'ai encore pas mal de questions, le temps file. Mais est-ce que vous arrivez à faire évoluer le bilan du coût des contestations dans les lycées de la Casse, par exemple, des incendies ? Quelle est la facture et combien d'établissements touchés à ce jour ? On a eu
87 établissements. Là, on a fait un bilan pendant la première semaine des vacances. On a eu 87 établissements où il y a eu des dégradations lourdes. Donc on nécessitait parfois des fermetures, etc. En revanche, sur le coût global des travaux, on n'a pas encore le montant complet, parce que ce n'est pas chez nous, c'est les régions de France qui sont en train de faire des expertises et tout ça. Au dernier pointage qu'on avait, les régions de France parlaient de 30 à 40 millions d'euros de dégâts, mais c'était juste avant le début des congés, donc avant les expertises. Donc ça va évidemment être un peu long pour savoir, mais en tout cas ça se chiffre en dizaines de millions d'euros. Je
voyais Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, puisque vous parlez des régions, qui a réitéré sa proposition. qui auront été exclus en conseil de discipline seront exclus des aides de la région. Vous soutenez à 200% ces mesures ?
Moi, je comprends qu'elles veuillent en tout cas prendre des mesures de cette nature. Ce qui est sûr, c'est qu'autant... Il faut distinguer depuis le début, c'est ce que je fais depuis le début. Autant vous avez une expression démocratique, éventuellement virulente, mais démocratique, qu'il faut entendre. Il faut écouter cette jeunesse. C'est une jeunesse qui est belle et c'est une jeunesse qui en même temps est inquiète. Autant vous avez des individus. qui ont profité de ce mouvement pour s'en prendre à l'institution scolaire, pour détruire des bâtiments et pour s'en prendre des personnels. Pardon, mais quand vous voyez le lycée Mandela à Nantes, qui a été incendié par des individus cagoulés alors qu'il y avait 160 internes à l'intérieur, personne ne mesure ce qui aurait pu se passer. que vis-à-vis de ces personnes-là, il y a à la fois des poursuites judiciaires, des poursuites disciplinaires, et qu'ensuite les régions, si elles le souhaitent, sur des dispositifs qui relèvent d'elles, prennent des mesures, elles ont tout à fait le droit. Et
dans les mesures qui sont sur la table et qui font quand même pas mal débat, il y a la question des réseaux sociaux, la question de les brider, voire de les couper lors de manifestations. Le gouvernement aurait échangé avec des opérateurs sur ce sujet-là. Quelle est votre position, sachant que les lycéens sont quand même très attachés au réseau, que pour beaucoup ce serait liberticine, et que... Certains rappellent que suspendre les réseaux sociaux, c'est ce qui nous avait ému, notamment lors des contestations en Iran. Est-ce qu'on pourrait soutenir en France
ce
type de mesures ? Il ne s'agit pas
d'avoir des coupures universelles, durables, etc. Ce n'est pas le problème. Aujourd'hui, vous avez certains réseaux très spécifiques qui sont utilisés par des casseurs pour ponctuellement et localement... organiser la destruction systématique de biens ou l'atteinte à des lieux publics comme des mairies. Que dans ce cadre-là, il puisse y avoir des réflexions sur comment est-ce qu'on fait de manière extrêmement périmétrée dans le temps et dans l'espace pour éviter que ce genre de phénomène arrive. Ce sont des débats qu'on peut avoir. Et vous voulez le faire au plus vite ? Ce n'est pas le sujet en l'espèce.
Mais ce sera le cas samedi, le 5 novembre ?
Ce n'est pas le sujet en l'espèce. Et pour le coup, ce qui compte surtout le 5 novembre comme samedi, c'est que tous ceux qui veulent manifester puissent le faire. Puissent le faire en sécurité, puissent le faire dans le calme. On est un pays démocratique. Et qu'ils ne soient pas victimes de gens qui en fait utilisent. Chaque mouvement social. Mais qui
utilise, là j'ai une dernière question avant de passer aux questions de français, est-ce que... Vous pensez que des puissances étrangères utilisent le mouvement social, utilisent les lycéens ? Est-ce que vous imaginez que Donald Trump ou encore Poutine, qui se sont exprimés sur le sujet, qui l'ont récupéré à coup de clip et de déclaration, est-ce que vous estimez que des puissances étrangères utilisent les lycéens d'une manière ou d'une autre, via les algorithmes pour
pousser le mouvement ? Je parlais des mouvements, notamment d'ultra-gauche, ultra-violents, qui infiltrent les manifestations. Ça j'entends, mais c'est une
question supplémentaire. Est-ce qu'on a beaucoup parlé de la possibilité de l'ingérence de puissances étrangères dans le mouvement social ? social français actuel est ce que vous y croyez
je pense que certains cherchent à récupérer en termes d'image ensuite les événements je crois pas qu'ils soient à l'origine de ceux ci
on passe aux questions de français que je vais découvrir avec vous monsieur le ministre comme comme chaque matin donc on va se tourner vers cet écran timéo bonjour à vous vous êtes de sainte marie de la mer pouvez vous nous garantir qu'il y aura un prof devant chaque élève ce lundi pour la rentrée
Il y a deux choses différentes. Moi, ce que je suis en mesure de garantir, c'est que les lycées qui étaient confrontés à un taux d'absence non remplacé élevé, ce que j'ai appelé lycée rouge, entre guillemets, ces lycéens, nous trouvons des solutions pour tous ces lycées. Donc ça, c'est sûr. En revanche, si Timéo, sa professeure de mathématiques, est malade lundi matin, si elle tombe malade lundi matin, je ne vais pas lui garantir que lundi matin à 10h, il aura une professeure de mathématiques. Ça serait lui mentir. Mais en revanche, si Timéo n'a pas de professeure de mathématiques depuis 15 jours ou 3 semaines dans son établissement, on est en train de faire en sorte qu'il en ait une à la rentrée.
On découvre une autre question. Allez, on prend la direction cette fois de Ivry-sur-Seine. Bonjour à Dominique qui pose une question. Allez-vous revaloriser le salaire des profs et des personnels ?
Alors, moi je souhaite, notamment pour les professeurs en milieu de carrière, je l'ai dit d'ailleurs dès la publication du projet de la finance, il y a une mesure que nous portons et qu'on travaille, de revalorisation de ce qu'on appelle les milieux de carrière. Vous savez que les professeurs avancent régulièrement dans la carrière, ce qu'on appelle des échelons. Et ces échelons sont quand même assez « plats » en milieu de carrière. Et donc l'idée c'est de reconstituer un escalier. Donc oui, en partie.
Et donc, on a une question encore. Allez, on la découvre de Benoît, qui est à Lyon. Pensez-vous que c'est l'interdiction du portable qui a enflammé les lycétiens ? Et d'ailleurs, avez-vous pris un mouvement sur ce sujet ?
Alors, je ne suis pas sûr que le portable ait enflammé le mouvement. Enfin, je ne suis pas sûr que ce soit l'élément déterminant. Parce qu'en fait, une fois encore, il y a énormément d'angoiselles, tout ça. En revanche, il y a de certains, et d'ailleurs, on le voit dans les contributions sur la plateforme, il y a à peine 10% des élèves. qui parle de l'interaction du téléphone portable. Il y a moins de 10%. Ils sont 9% à en parler, donc ce n'est pas central. En revanche, je pense que l'interaction du téléphone portable par endroit, c'est en fonction des dérogations qui ont été apportées par chef d'établissement, a pu rendre plus insupportables les emplois du temps à trou. 'est-à-dire que les heures de permanence où auparavant les élèves pouvaient aussi aller un peu sur les réseaux et tout ça, là où les chefs d'établissement ont dit « maintenant il n'y a plus de téléphone pendant les heures de permanence »,
ça
a probablement renforcé.
Vous êtes prêt à un geste sur ce point ?
De toute façon, depuis le début, il a toujours été dit qu'il y avait des dérogations possibles dans les établissements. La plupart des établissements, par exemple, dérogent dans la cour. Ils disent dans la cour, c'est possible, pas dans les bâtiments. Mais vous
encouragez à ?
Et donc, je pense que, mais comme d'ailleurs depuis toujours, j'ai toujours dit, c'est un point d'équilibre. Il faut un peu de souplesse parce que nos élèves vivent, tout simplement. Et puis, il faut aussi leur permettre d'apprendre et de par le cerveau brassé par leurs réseaux sociaux toute la journée.
C'est l'heure d'être face à Nicolas Dose. Bonjour à vous, Nicolas. On va parler de budget des annonces. Je
reviens sur les annonces que vous avez exprimées auprès des lycéens, dont les... 5 milliards prévus pour la rénovation du bâti des écoles et des universités j'ai fait j'ai essayé de calculer en 2027 combien réellement de crédit ça suppose en plus pour financer ce que vous avez annoncé j'arrive à moins de 500 millions d'euros un chiffre qui est partagé par pas mal de mes confrères de la presse économique est ce que vous me confirmez qu'en fait Donc vraiment, crédit neuf, on sera en dessous de 500 millions d'euros en 2027.
Alors c'est un tout petit peu difficile de vous dire ça comme ça, parce que sur les 4 milliards d'euros, en fait, ce sont des lignes de crédit. Des prêts accordés par
la Banque des Territoires aux collectivités qui en feront la demande, aux régions. Exactement. Et donc par définition... Ce n'est pas de l'argent décaissé par le budget. Non, mais par définition, c'est un
droit de tirage qui est ouvert aux régions. Et donc après, tout dépend de la vitesse à laquelle les régions... Oui, mais ça ne change
pas la loi de finances.
Ces 4 milliards -là, ils sont cotés banque des territoires. Au passage d'ailleurs, ça permet aussi d'expliquer aux gens que c'est important, que ça ne dépend pas du budget. Pour être engagé. Je le dis. C'est un prêt. Donc c'est 4 milliards qui sont mis à disposition des régions. Et ensuite, mais l'objectif c'est que, quand même des régions qui nous disent, c'est un peu compliqué en ce moment de trouver des prêts parce que les taux d'intérêt sont très élevés. C'est des prêts à ce qu'on appelle bonifiés. C'est-à-dire qu'en fait, c'est des prêts dont les taux d'intérêt sont extrêmement
faibles. D'accord. Mais je reviens à ma question. 10 milliards d'euros brandissent de manière un petit peu symbolique les étudiants, les lycéens depuis le début. En réalité, en 2027, on va... ajouté à la loi de finances un peu moins de 500 millions d'euros. C'est bien ça, on est d'accord. Je n'ai pas le chiffrage exact scolaire
plus supérieur, mais à ceci s'ajoutent quand même juste, je maintiens, les 4 milliards de
prêts accordés par la Caisse des dépôts aux régions qui en feront la demande. Mais ce ne sont pas des crédits en plus. C'est fondamental parce qu'on a l'impression que quand on entend 5 milliards pour le bâtir, ils mettent 5 milliards l'an prochain. C'est assez intéressant. Pour que ce soit très évident
et très clair. question c'est de combien d'argent disposez-vous ? Ce n'est pas la question de savoir si vous passez par la loi de finances ou par d'autres lignes budgétaires. La question c'est de combien d'argent disposez-vous ? Tout le monde pense à la loi de finances. Quand on fait un prêt, ce n'est pas la loi de finances. Mais à la fin, vous avez bien effectivement accumulé 5 milliards d'euros sur le bâti qui ont été dégagés.
Vous n'allez effectivement pas mettre ça dans la loi de finances, mais ça fait de l'argent disponible sous forme de prêts. Malgré tout, il y aura un petit effort supplémentaire. à fournir l'an prochain. On parle de renforcer les dispositifs anti-optimisation vers les plus aisés. Est-ce que c'est une piste que vous me confirmez ? – Écoutez, alors là, très
honnêtement, je vous invite à vous tourner vers Damien Amiel, qui est le meilleur spécialiste du sujet. – Le ministre des Comptes publics. – Voilà. Merci.
Merci beaucoup Nicolas Doze. Merci beaucoup Monsieur le Ministre d'avoir été avec nous ce matin, d'avoir accepté l'invitation. Je rappelle, vous nous annoncez une réunion, une nouvelle réunion avec lycéens, recteurs, régions, tous autour d'une même table. C'est la première fois, tous réunions. Donc cet après-midi, on attendra les suites et l'issue. Merci.
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