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Les heures qui ont suivi étaient de nature à inquiéter, de même que les tentatives d'instrumentalisation qui ont suivi. Et l'important, encore une fois, dans ces moments graves, c'est la dignité collective, ce sont ces mots, c'est être aux côtés des victimes, de leur famille, et de rassurer nos compatriotes. A ce titre, un hommage national sera rendu.
'attentat de Trappes, vous allez en parler, cher Stéphane, avec la présidente du groupe écologiste, Mélanie Vogel, qui est à votre micro.
Bonjour Mélanie Vogel. Bonjour. Le groupe écologiste à l'Assemblée avait demandé cet hommage national qui sera donc rendu à Trappes à annoncer la porte-parole du gouvernement. On vient l'entendre. Vous ici, vous aviez demandé à ce qu'il y ait une minute de silence qui soit respectée au début de la séance. Ce sera le cas. Vous avez également interpellé le gouvernement sur cet attentat de Trappes et de la Verrière, attentat raciste. Qu'est-ce que vous attendez comme réponse du gouvernement
? Alors d'abord, j'attends une prise de conscience de la part du gouvernement, mais également de tous les responsables politiques à droite, au centre, chez les macronistes, qui ces dernières semaines, ces dernières années, cette dernière décennie, mais ces dernières semaines très violemment, ont participé à armer idéologiquement des terroristes racistes et islamophobes comme Kevin T. Vous dites que tous ces gens-là, selon vous, ont conduit à ce drame ? Ils sont responsables de ce drame ? Alors tous, pas tous individuellement, mais oui, j'ai entendu il y a peu Edouard Philippe qui explique que le 18 octobre, on voit qu'il y a une surreprésentation des personnes issues de l'émigration dans les pillages, que ça démontre une faillite de l'intégration. Ces propos sont des propos qui arment idéologiquement celles et ceux qui, comme le terroriste de Trappes, peuvent passer à l'acte. Et donc ces propos... sont criminels. Quand on dit dans le débat public qu'il y a un lien entre les personnes racisées et les pillages, ou les personnes racisées et le chômage, les personnes racisées et n'importe quel mal qui peut toucher notre pays, nous constituons le terreau sur lequel trouve son origine la violence raciste et le terrorisme tel qu'il a frappé à trappe. Ça, c
'est ce que vous dites, vous, écologiste, mais plus globalement à gauche. Le gouvernement, hier pour le Premier ministre, a expliqué qu'il y avait un recel politicien. Emmanuel Macron parle de tentation d'instrumentalisation. Comment on peut, si tout le monde a un constat différent, se mettre d'accord pour agir sur ce fléau et éviter que d'autres attentats racistes se produisent Alors, moi, effectivement, je suis très
inquiète par la profondeur. du désaccord politique que nous avons entre des personnalités politiques de gauche et de droite qui devraient se retrouver là-dessus. En réalité, nous devrions tous et toutes nous retrouver sur le fait que alimenter les imaginaires racistes... a des impacts réels dans le concret de la vie et peut mener à des crimes comme ça a été le cas. Or, j'ai vu le Premier ministre, et je crains qu'il ne fasse la même chose aujourd'hui au Sénat, j'ai entendu le Premier ministre à l'Assemblée nationale faire une équivalence entre le crime à Trappes et la mort de Quentin de Ranck. Quand on fait ça... Il avait été
tué par des militants d'ultra-gauche à Lyon.
a été tué dans une rixe violente entre un groupe fasciste et un groupe antifasciste. Et nous avons condamné cette violence et évidemment été solidaires de ses proches pour sa mort. Mais quand on met au même plan une histoire comme la rixe entre un groupe fasciste et antifasciste à Lyon et un attentat raciste islamophobe qui a fait un mort criblé de balles et des blessés, alors on n'a rien compris à ce qui est en train de se passer dans le pays.
Le maire de Trappes, Ali Rabé, appelle lui à un cordon sanitaire autour de l'extrême droite. Vous et les autres groupes de gauche, vous avez aussi appelé à ce cordon sanitaire ici au Sénat à l'arrivée du groupe RN-UDR au mois de septembre. Est-ce que vous n'avez pas le sentiment que finalement ces appels à un cordon sanitaire, ils ont de moins en moins d'écho et de moins en moins d'impact ?
Si, vous avez raison. Ils ont de moins en moins d'écho et c'est très grave. Vous savez, l'extrême droite... On ne l'a jamais vue arriver au pouvoir par ses propres forces. Elle arrive toujours au pouvoir par la faiblesse de celles et ceux qui, par cynisme, par calcul, par confort, parfois par proximité idéologique, la laissent faire. Et ce qu'on est en train de voir aujourd'hui, c'est effectivement un affaiblissement de ce qui était la digne de notre démocratie, le cordon sanitaire autour de l'extrême droite. Et je vois ce fait incroyable à l'Assemblée nationale. Vous avez une commission d'enquête qui a été constituée pour faire la lumière. sur la gestion du mouvement social, en particulier le 17 octobre, mais pas seulement. Et nous avons une députée d'Horizon qui est en train de se mobiliser parce qu'elle veut absolument qu'il y ait un rapporteur. Le RN dit
qu'ils ont été exclus de cette commission d'enquête par le vote, en tout cas qu'ils n'ont pas réussi à faire élire un rapporteur.
Vous vous rendez compte ? Déjà, le RN fait partie de cette commission d'enquête parce qu'ils ont des membres. Ils n'ont pas été élus rapporteurs. Maintenant, on va faire une esclande politique parce qu'on n'a pas d'extrême droite, mais rapporteur d'une commission d'enquête. On est passé d'un stade. Avant, on faisait tous le barrage. Certains ont cessé de faire le barrage. Là, on a des responsables politiques qui se battent pour que l'extrême droite ait plus de rôles, plus de places. C'est un renversement des valeurs totales. Effectivement, ces personnes-là, Edouard Philippe...
sont en partie responsables. On entend que vous appelez au barrage, mais comment donner corps à cette idée ? On a l'impression que ça ne marche plus. En tout cas, qu'aujourd'hui, on nous dit que le RN, c'est le premier parti en voie en France, donc il n'y a pas de barrage à faire avec le premier parti publicité par les Français. Mais c'est à force de
ne pas faire barrage que ce parti devienne le premier parti. Et c'est à force de ne pas faire barrage que ce parti pourrait gagner et gouverner la France. Et après, on aura beau expliquer tout ce qu'on raconte, on sera pour un temps sans doute long. Parce que ce qu'on sait, c'est que quand l'extrême droite arrive au pouvoir, elle le lâche généralement. Très difficilement. Quand l'extraterne arrive au pouvoir, elle détricote la capacité démocratique à faire vivre l'opposition et donc à ce que l'opposition puisse reprendre le pouvoir. C'est extrêmement dangereux ce qui est en train de se passer. Donc oui, je veux dire, poser la question aux responsables politiques de droite, aux centristes, qui sont ceux qui aujourd'hui sont responsables. La gauche, les écologistes, c'est vrai, on n'arrive pas à les convaincre. C'est dramatique, une boussole morale, c'est perdu. aujourd'hui dans la République française. Et j'espère qu'il va y avoir à un moment donné un sursaut historique de la droite et du centre qui tient une responsabilité majeure aujourd'hui. Merci Mélanie Vaugelle
d'avoir répondu
à
nos questions.
'attentat de Trappes et ses suites politiques. Merci beaucoup Stéphane. On va tout de suite prendre la direction de l'hémicycle. On retrouve Audrey Vettaz. Audrey, la séance va démarrer dans quelques instants. Elle va démarrer par une minute de silence en mémoire aux victimes de l'attentat.
à fait. Un hommage prononcé par Gérard Larcher qui, on le rappelle, sénateur des Yvelines, le département où s'est produit l'attentat. Il devrait appeler au sursaut collectif. Et le gouvernement sera interpellé à trois reprises sur l'attentat raciste de Trappes avec une question. Des socialistes, des écologistes, on l'a entendu, et des centristes qui devraient demander des réponses au gouvernement face à la montée des racismes dans notre pays. Qu'en est-il du rôle des réseaux sociaux quant à la banalisation et l'instrumentalisation de la violence ? C'est la question qui sera posée par le groupe Les Indépendants. Et puis l'actualité, c'est aussi le mouvement lycéen qui se poursuit. Deux questions seront posées sur les thèmes de l'éducation. D'abord, les socialistes demanderont des précisions aux annonces. du gouvernement pour tenter d'enrayer la crise. Les LRE ont une question sur la crise de l'école. Et puis vous le savez, c'est en ce moment qu'on prépare le budget pour l'an prochain. Au Sénat, la Chambre des collectivités, il y aura forcément des questions sur les finances des collectivités locales qui craignent d'être mises à contribution dans le prochain budget. Voilà, un programme très varié avec une séance qui commencera par un temps de recueillement.
Effectivement Audrey, on le voit, Gérard Larcher qui s'installe et donc cette séance qui va débuter par un hommage, un hommage aux victimes de l'attentat de Trappes, c'est souvent le cas ici au Sénat. On se rappelle que l'année dernière, le Sénat avait rendu un hommage par exemple à Mélanie, une assistante d'éducation poignardée dans un collège à Nogent. Le Sénat qui s'arrête, qui fait silence pour venir rappeler ce qui nous une tous et aussi pour rejeter la violence, les violences. République. Dans quelques instants, donc, cet hommage aux victimes de l'attentat. On se rappelle qu'il y avait aussi des moments de recueillement après plusieurs actes de violence. L'année dernière, l'assassinat d'Aboubacar Cissé dans une mosquée du Gard, un meurtre dans un lycée à Nantes ou encore l'agression d'un rabbin à Orléans. Séance chargée en perspective. Séance qui débute tout de suite. La séance est ouverte.
Je vais vous demander de vous lever. Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, mes chers collègues, le 23 octobre dernier, les communes de Trappes et de La Verrière ont été le théâtre d'un assassinat et de plusieurs tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. en raison de l'appartenance à une race ou à une religion, tels sont les mots du procureur. Ces deux villes parlent particulièrement à l'élu des Yvelines et aux élus des Yvelines qui sont ici. J'ai une pensée particulière pour Pengo Bossio Wangui, champion d'art martiaux de 26 ans, qui a perdu la vie, et pour les blessés, eux aussi marqués, dans leur chair, cette jeune fille de 12 ans. Je pense aussi à leurs familles, aux habitants et aux élus de ces deux villes. Le département des Yvelines a été plusieurs fois touché ces dernières années par le terrorisme. Je tiens à exprimer notre effroi et notre émotion face à de tels actes. Michel Logier, sénateur des Yvelines, m'a représenté vendredi dernier lors de la venue du ministre de l'Intérieur à Trappes. et a fait part en demeure de la solidarité du Sénat et de notre compassion. Je me suis entretenu avec le député de la circonscription. La lutte contre le racisme est un combat de chaque instant. La lutte contre toute forme de racisme est indivisible. Ce combat requiert détermination et dignité. Je voudrais que nous partagions les mots de Martin Luther King, et je le cite. Nous devons toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignité et de discipline. Nous ne pouvons pas laisser notre protestation dégénérer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalté où nous opposons à la force physique la force de l'âme. Ainsi s'exprimait Martin Luther King. Oui, l'égalité n'est jamais acquise. Nous devrons être attentifs aux paroles qui divisent, qui excluent, qui soufflent sur les braises. C'est d'abord une responsabilité des politiques, des médias, mais aussi de chaque citoyen. Ce sont les valeurs de la République qui ont été bafouées à travers ces crimes. Ce mal qui ronge notre pays exige une nécessaire prise de conscience individuelle, tout autant qu'un indispensable sursaut collectif. Alors, au nom du Sénat tout entier, je tiens à exprimer notre compassion et notre solidarité aux familles, aux proches des victimes. Je vous propose, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, mes chers collègues, d'observer un moment de recueillement. Je vous remercie. Cette séance est retransmise en direct sur Public Sénat et sur notre site internet. Chacun observera, je le répète à chaque fois, le respect des uns et des autres et celui du temps de parole. Ce sont des valeurs essentielles et j'insiste sur le respect des uns et des autres. Nous en avons tellement besoin. La parole est à notre collègue Vanina Paoli-Gagin pour le groupe Les Indépendants, République et Territoire.
le Président, Monsieur le Ministre, mes chers collègues, les ingénieurs du chaos en profitent à bloc. Ils le stimulent pour mieux l'exploiter. Ils s'engouffrent dans la brèche des colères populaires légitimes contre la vie chère, agrégés aux mobilisations lycéennes et studentines pacifiques. Ils exploitent maintenant l'émotion suscitée dans tout le pays par l'attaque raciste de Trappes. Notre groupe s'associe à l'hommage solennel que nous venons de rendre et j'adresse aux victimes et à leurs proches mes pensées les plus solidaires. Les extrêmes cherchent toujours les boucs émissaires pour alimenter la haine, un grand classique que l'histoire de notre pays devrait nous avoir appris. Ils ont désormais trouvé leurs meilleurs alliés, les algorithmes, et plus précisément l'amplification algorithmique des contenus haineux. qui transforme les colères légitimes en dynamite démocratique. Les vidéos appelant au rassemblement du 17 octobre cumulaient 132 millions de vues sur TikTok alors que la date avait été lancée par un compte inconnu quelques semaines auparavant. Comment ? Par l'amplification algorithmique qui a pu mobiliser des casseurs en marge des manifestations. Attrape, l'auteur de l'attentat voulait tuer des Noirs et des Arabes pour venger les commerçants pillés lors des émeutes. Il nous faut agir rapidement. La première solution est opérationnelle. Il y a plus d'un an déjà, je demandais à l'exécutif... de garder le français visibrain qui, contrairement aux Canadiens, Talkwalker intègre TikTok dans sa veille des réseaux sociaux. La seconde, elle est législative, monsieur le ministre. Le Sénat vient d'adopter l'amendement de notre président Malurey contre l'application de l'amplification algorithmique qui renvoie les plateformes à leur responsabilité d'éditeurs et non plus seulement d'hébergeurs. Monsieur le ministre, quoi doit-on encore attendre ? avant de voir ces solutions mises à exécution dans le peu de temps qui nous reste d'ici la présidentielle.
Merci beaucoup, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les sénateurs, Madame la sénatrice. Vous avez raison de souligner que les réseaux sociaux, et on le voit actuellement dans le mouvement se tient en ce moment, qui, par certains aspects, a un côté insurrectionnel, appelant la révolte, appelant des violences extrêmement graves, ce mouvement utilise les réseaux sociaux pour se diffuser, qu'il s'agisse d'appeler à la mobilisation avec des propos et des termes qui sont... explicite et qui renvoie à l'insurrection et pendant le déroulement des faits où on voit que les réseaux sociaux sont utilisés par les différents acteurs. Alors, il y a des textes qui existent, évidemment, il y a des obligations qui plaisent sur les plateformes, dont celle de modération, dont celle de signalement, évidemment, aux autorités publiques pour pouvoir engager des poursuites. Et puis, il y a évidemment des améliorations qui sont attendues. Il y en a une qui a déjà été votée hier ici dans cette assemblée et qui prévoit d'étendre le champ de Pharos. Ça n'est pas rien. Ça n'est pas rien. La possibilité de demander le retrait d'un contenu qui appellerait par exemple à l'insurrection dans un délai de 24 heures. Ça n'est pas rien. Ça n'est pas rien. Puis il y a aussi des possibilités qui ont été consacrées par le Conseil d'État qui n'ont jamais été utilisées, mais qui existent. C'est qu'en cas de circonstances exceptionnelles, d'atteinte grave à notre sécurité. des mesures de suspension pourraient être envisagées. Et puis, entre les deux, évidemment, il y a toute une réflexion législative qu'il faut avoir. Il ne m'a pas échappé qu'effectivement, un amendement a été présenté par M. le président Maluré, pour lequel le gouvernement a émis un avis de prudence et de volonté d'expertiser l'année au-delà, puisque cet amendement ferait porter la responsabilité sur les plateformes, y compris d'ailleurs pénales, la responsabilité de la publication d'un certain nombre de contenus. Tous ces sujets méritent réflexion. Vous avez vu qu'en proposant l'amendement que le gouvernement a proposé hier et qui a été adopté par le Sénat et qui ira ensuite à l'Assemblée, nous montrons que nous sommes prêts à évoluer. Mais il faut être extrêmement équilibré sur ces sujets qui manient à la fois la liberté, qui appellent à la fois la liberté d'expression et évidemment des impératifs de sécurité. Il faut être extrêmement équilibré.
Merci. La parole est à notre collègue Adel Zian pour le groupe socialiste, écologiste et républicain.
Merci Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, mes chers collègues. Cette question s'adresse au ministre de l'Intérieur mais également à Aurore Berger, ministre de la lutte contre les discriminations. Un périple meurtrier de 12 kilomètres particulièrement préparé selon le parquet national antiterroriste. Un périple ponctué de 128 balles tirées avec un pistolet mitrailleur, un appartement soigneusement piégé. Attrapé à la verrière, Pango Bossio Vangui a été tué dans un attentat terroriste et 4 personnes dont une enfant de 11 ans étaient grièvement blessées. Je veux rendre hommage ici au nom de tous mes collègues à Pango Bossio Vangui et exprimer notre émotion et notre solidarité aux victimes, à leurs proches, aux habitants, au maire Ali Raben, Nicolas Dainville et Sofiane Keroumi et remercier les forces de l'ordre pour leur intervention. Certaines vont en parler d'un acte spontané commis par un déséquilibré, mais tout évoque pourtant une préparation minutieuse et une attaque à caractère raciste. L'auteur des tirs, Kevin T, aurait visé, je cite, des Noirs et des Arabes car il en avait marre d'eux. Les discours désignant nos compatriotes comme une menace fragilisant notre République doivent être mesurés en termes de responsabilité et de parole. Monsieur le ministre, Madame la ministre, quelle mesure le gouvernement entend-il prendre pour combattre cette montée et cette diffusion du racisme, en particulier dans les médias, et protéger les personnes visées qui expriment aujourd'hui leur peur d'être prises pour cible en raison de leur couleur ou de leur religion
vous répondre, la parole est à... Madame Orberger, ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.
Merci monsieur le président, mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs. Monsieur le sénateur, merci monsieur le président pour l'hommage que vous avez rendu aux victimes. Et évidemment notre département est particulièrement touché. Je salue le sénateur Michel Logier qui était à nos côtés avec Laurent Nunez vendredi dernier. Vous l'avez dit, cet attentat terroriste raciste, il ne vient pas de nulle part. Il vient d'un climat qui autorise aujourd'hui la libération de paroles racistes, de paroles antisémites. et qui fait que dans notre pays, trop de Français doutent de leur place, de leur avenir, pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Monsieur le ministre de l'Intérieur vient de répondre sur la lutte contre la haine en ligne. Élargir les pouvoirs de Pharos est un levier pour garantir que ce ne soit pas un continent entier de haine qui se propage et qui infuse dans le cerveau de nos enfants et de nos adolescents. Nous y répondrons notamment dans le cadre du projet de loi qui sera consacré à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme que le Premier ministre a souhaité et dont l'examen commencera ici. au Sénat dès la semaine du 14 décembre prochain. C'est un combat, je l'espère, et au regard du climat qui règne dans cet hémicycle, qui doit permettre, comme vous l'avez fait, monsieur le sénateur, d'appeler à un sursaut républicain, une cohésion nationale, pour que chaque Français se sente dépositaires de la vie des autres, pour que chaque Français se sente concerné par l'avenir des autres Français et des enfants de notre pays. Nous avons un de nos compatriotes qui a été assassiné. Plusieurs victimes qui sont encore à l'hôpital, une qui lutte toujours pour sa vie, un qui heureusement a pu sortir de l'hôpital et qui je l'espère sera en parfaite condition bientôt, grâce notamment à l'action des forces de l'ordre et de secours. Mais c'est ensemble que nous remporterons ce combat, parce que malheureusement, le racisme n'est pas derrière nous, l'antisémitisme n'est pas derrière nous, et notre pays est grand quand il sait justement être dans une logique d'union nationale et de cohésion républicaine. Merci monsieur le sénateur.
Monsieur le sénateur Zian.
Merci Madame la ministre. Vous l'avez dit, notre pays est grand quand il sait nommer les choses. Et dans la lutte contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie ou l'islamophobie, nous n'avons jamais eu l'indignation sélective et nous n'avons jamais été dans le déni. Et en parlant de déni, Madame la ministre, il est essentiel. Lorsque vous dites que sur ce public Sénat, vous ne savez pas s'il y a une progression des idées racistes dans notre pays, il faut le dire, Madame la ministre, elle progresse plus que jamais. Et certains médias... laissent ces discours prospérer sur leurs antennes, parfois sans contradiction. On a vu ces derniers jours, après ce terrible darame, des responsables politiques comme Sarah Knafo, Julien O'Doul, Edwige Diaz, Sébastien Senu, qui ont persisté en mettant une cible sur les habitants de Trabbe sans retenue et avec un plaisir à peine déguisé. Je suis désolé, Madame la ministre, mais notre combat commun passe par la dénonciation de cette banalisation du racisme. Il faut agir, et c'est votre responsabilité, pour protéger les habitants sur les antennes. comme dans la vie quotidienne, et également d'énoncer la responsabilité politique de celles et ceux qui désignent sans cesse les mêmes boucles émissaires. Je vous remercie.
A Trappes, Bengo Boshuwangi a été tué. Une petite fille de 12 ans a été criblée de balles et d'autres ont été blessées. Derrière cet attentat terroriste, raciste, il y a des vies brisées. Des familles endeuillées et un pays meurtri. A la victime et à ses proches, nous adressons nos condoléances et notre solidarité. Mais aujourd'hui, nos concitoyens ne veulent plus seulement entendre de la compassion, ils veulent des actes. Que comptez-vous faire pour protéger nos compatriotes arabes, noirs et musulmans contre le racisme, l'islamophobie, la négrophobie et la haine qui les désignent comme des cibles ? Nous devons avoir le courage de nommer les choses. L'islamophobie existe, blesse, exclue et humilie. Elle se banalise à longueur de journée dans le débat public, nourrie par des discours qui désignent constamment les musulmans comme une menace. Pire encore, comment tolérer que des propagandistes de la haine sur les plateaux de télévision affirment que les Français issus de l'immigration maghrébine et africaine étaient des barbares responsables des pillages du 17 octobre. Ce discours raciste n'est pas une simple opinion, c'est l'exact motif du terroriste Kevin T. La République ne peut plus faire comme si... la banalisation du racisme sur les chaînes d'information n'était pas sans conséquence. La dignité humaine ne dépend ni de la couleur de peau, ni d'un nom, ni d'une origine, ni d'une religion. Votre responsabilité est de faire en sorte que la justice ne soit pas seulement celle qui intervient après le drame, mais aussi celle qui protège en amont et lutte contre la punité de ses discours. Nous ne pouvons pas d'un côté proclamer l'égalité et en même temps, comme dirait le président, laisser des millions de nos compatriotes vivre avec une cible dans le dos. Madame la ministre, l'empathie du gouvernement ne protégera pas nos enfants des balles et nos condoléances... désamorceront pas la haine. Je vous repose donc la question, comme mon collègue simple, qu'allez-vous faire concrètement pour assurer la sécurité et la dignité de nos compatriotes ? Merci.
va répondre la parole à la ministre déléguée en charge de la lutte contre les discriminations.
Merci monsieur le président, mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs. Vous l'avez dit, il faut employer les bons termes et ne pas avoir peur de les employer. Est-ce qu'il y a malheureusement une banalisation de la parole raciste dans notre pays ? La réponse est oui. Est-ce qu'il y a une banalisation de la parole antisémite dans notre pays ? La réponse est oui. Est-ce qu'il y a un certain nombre de nos concitoyens qui sont visés à raison de leur couleur de peau, de leur religion réelle ou supposée d'ailleurs ? La réponse est oui. Et d'ailleurs, nous mesurons, nous quantifions et surtout nous sanctionnons ces actes, notamment quand il s'agit de la haine antisémite, de la haine à l'égard des musulmans dans notre pays ou de la haine d'ailleurs à l'égard des chrétiens. Parce que la force du modèle universaliste français, c'est justement de ne pas trier. de ne pas procéder à des hiérarchies, de ne pas distinguer les victimes à raison ici d'une couleur de peau, à raison d'une orientation, à raison d'une identité réelle ou supposée. C'est ça la force du modèle français. Et celles et ceux qui veulent... attentés à ce modèle-là, cherchent à nous diviser, cherchent à nous disloquer, cherchent à hiérarchiser. Et nous ne devons pas les laisser hiérarchiser entre les haines. Parce qu'à partir du moment où une haine serait plus importante qu'une autre, cela signifierait qu'une vie serait plus importante qu'une autre. Et ça n'est pas le modèle français. Par ailleurs, cela avait été demandé par les parlementaires à juste titre. Monsieur le Premier ministre présidera. Un hommage national en hommage aux victimes qui sont tombées à trappe et à la verrière, au regard aussi du fait que certaines victimes continuent à lutter pour leur vie. Vous comprendrez qu'évidemment, les modalités de cet hommage seront à préciser, mais c'est le Premier ministre lui-même qui présidera cet hommage national. Et je crois que faire République, c'est pouvoir être ensemble, associés et faire bloc derrière la haine raciste. derrière la haine antisémite, derrière la haine à l'encontre de nos compatriotes musulmans, parce que toutes les vies se valent et parce que tous les Français doivent être protégés.
Merci. J'entends bien, Madame la ministre. Mais quand on n'est pas clair sur la définition du racisme et quand on pense que le grand emplacement, c'est un débat d'idées et c'est de l'opinion, alors que derrière, c'est le cheval de Troie des racismes, de tous les complotismes, Madame, nous, ce qui nous concerne dans notre groupe, nous sommes... intransigeant pour la lutte contre l'antisémitisme, contre le racisme, contre l'islamophobie, l'homophobie, toutes les formes de lutte qui tendent à disqualifier certains de nos habitants, qui tendent à leur mettre une cible dans le dos. Alors madame, j'espère que vous allez clarifier vous-même vos positions sur le grand remplacement pour effectivement avoir une loi à la hauteur des enjeux. Je vous remercie.
parole est à notre collègue Nathalie Nisson pour le Rassemblement des démocrates progressistes et indépendants.
Monsieur le Président, Madame la Ministre de la Santé, mes chers collègues, permettez-moi d'abord, avec les sénateurs et les sénatrices du groupe RDPI, d'exprimer notre solidarité et d'apporter notre soutien aux victimes ainsi qu'à leur famille de l'attentat terroriste, raciste du 23 octobre dernier. Madame la Ministre, la santé est l'une des premières préoccupations des Français et derrière cette préoccupation, il y a un véritable désarroi. Celui de ne pas trouver de médecin traitant, celui d'attendre plusieurs mois pour consulter un spécialiste alors que la maladie, elle, n'attend pas, celui aussi de renoncer à se soigner faute de solutions accessibles. Ces situations, nous les connaissons tous car près de 10 millions de nos concitoyens vivent dans un désert médical. Dans la Drôme, mon département, comme dans de nombreux territoires de l'Hexagone, ainsi que dans les Outre-mer, les habitants nous expriment ces mêmes difficultés. Face à ces difficultés, les élus locaux sont en première ligne. Ils investissent dans des maisons de santé, salarient des médecins et recherchent des solutions pour maintenir une offre médicale de proximité. Mais leur engagement, aussi déterminé soit-il, ne suffit pas car le principal enjeu reste le nombre de médecins en exercice. Madame la ministre. Plusieurs réformes ont été engagées ces dernières années, à commencer par la suppression du numerus clausus en 2019, qui permet de former davantage de médecins aujourd'hui. Pour autant, nos concitoyens ont besoin de perspectives claires sur l'effet de ces réformes. Alors, quel état des lieux pouvez-vous nous dresser aujourd'hui ? État des lieux de la démographie médicale dans notre pays. Et à la veille du projet de loi de financement de la sécurité sociale, quelles évolutions pouvons-nous attendre pour améliorer l'accès aux soins dans tous nos territoires
Merci, monsieur le président. Madame la sénatrice Nathalie Niazon, merci, mesdames et messieurs les sénateurs. Merci pour votre question essentielle. Beaucoup de nos concitoyens ont encore des difficultés à trouver un médecin traitant. La situation commence à s'améliorer et va s'améliorer. C'est la note optimiste que je voudrais donner aujourd'hui et qui s'appuie sur des chiffres. On a eu une stratégie depuis ces dix dernières années qui consistait à organiser mieux les soins sur les territoires, à former plus de professionnels. et à libérer du temps de médecin par une évolution des métiers et notamment des partages de compétences. Concernant le nombre de médecins formés... Lundi, lundi 2 novembre, la fin du numerus clausus de 2019 se concrétise. Se concrétise avec 25% d'internes en plus. Ça correspond à peu près à 10 000 internes. C'est beaucoup par rapport à 2017, on est à 25% de plus. Au 1er novembre, par exemple, une spécialité dont on parle régulièrement concernant la santé mentale, les psychiatres, il y aura 627 internes de psychiatrie de plus qui prendront leur poste lundi. C'est 32%. de plus. 545 urgentistes, c'est une augmentation de plus de 20%. Dans votre région, pour être concret, mais c'est équivalent dans toutes les régions, ça sera 250 internes en plus. Et on continue les efforts avec mon collègue Philippe Baptiste concernant la première année dans l'ensemble des départements. Lundi, toujours, il y aura aussi, vous le savez, suite à la réforme des études de médecine générale, les docteurs juniors qui arrivent dans les territoires. C'est 3000 docteurs juniors en plus. 80% d'entre eux sont dans des zones sous-denses. Et la vocation de cette année est bien sûr de faciliter l'installation dans ces zones sous-denses. Je rappelle aussi qu'on a fait, comme je le disais, évoluer tous les métiers. partager les compétences. Vous pouvez maintenant aller chez le pharmacien quand vous avez une angine, une infection urinaire, vous faire vacciner. On a fait évoluer pour les infirmières et d'autres professions de santé. Nous continuons avec des efforts qui seront dans ce PLFSS. Je vous remercie.
Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de l'Intérieur, j'associe à ma question mes collègues sénatrices et sénateurs des Yvelines. Vendredi dernier, à Trappes et à la Verrière, la fureur, le racisme et la lâcheté d'un homme ont semé la terreur. 128 balles tirées. 12 kilomètres d'un périple sanglant, 8 scènes de crimes, un homme de 26 ans abattu, 7 innocents blessés dont 4 grièvements parmi lesquels une fillette de 11 ans. Toutes mes pensées, bien sûr, vont vers les victimes de cette tuerie raciste. J'adresse mes remerciements aux agents de la BAC qui, grâce à leur intervention, ont stoppé le tireur dans sa funèse entreprise, évitant ainsi un bilan bien plus lourd. Merci aux forces de l'ordre des polices nationales et municipales, des villes de Trappes et de la Verrière, ainsi qu'aux équipes de secours, pompiers et sécurité civile qui sont intervenues pour porter les premiers soins aux victimes. Monsieur le ministre, en vous rendant immédiatement sur place avec votre collègue Aurore Berger, vous avez saisi l'émotion des habitants et des élus. Votre présence, puis celle du président de la République, ont réaffirmé que le racisme n'a pas sa place dans notre société. Rien ne serait excusé qu'un homme tire sur ses semblables en raison de sa couleur de peau, de son appartenance religieuse présumée ou de ses origines. L'enquête est en cours et soulève quelques interrogations. Le maitrier a-t-il agi en loup solitaire ou faisait-il partie d'une organisation terroriste ? Comment a-t-il pu être en possession de tout le matériel trouvé dans sa voiture et à son domicile en échappant au radar des services de renseignement ? Enfin, monsieur le ministre, comment interprétez-vous les propos du président de la République, évoquant un tournant dans notre République, alors que ce drame s'ajoute pourtant aux actes terroristes et racistes intervenus dans notre département des Yvelines depuis hélas bien des années ? Samuel Paty à Confins-Saint-Honorin, Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvin à Magnonville, Stéphanie Montfermé à Rambouillet, sans oublier Philippine de Montigny-le-Bretonneux. Je vous remercie.
vous répondre, la parole est au ministre de l'Intérieur, monsieur Laurent Nunez.
Merci beaucoup, monsieur le président, mesdames et messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur. Merci d'abord d'avoir été à mes côtés vendredi après-midi avec la ministre Aurore Berger lorsque nous sommes rendus à Trappes. Vous représentiez d'ailleurs le président Larcher. Merci de votre présence. Nous avons évidemment, avec la ministre, pu percevoir l'émotion légitime très forte qu'il y avait sur place. Et merci également pour les propos de remerciement que vous avez adressés. aux premiers intervenants, notamment aux sapeurs-pompiers, évidemment, aux policiers municipaux et bien sûr surtout aux deux équipages de la brigade anticriminalité de Saint-Quentin-en-Yvelines qui ont en fait interrompu ce périple meurtrier en interpellant l'individu au péril de leur vie puisque l'individu était armé. Ils l'ont interpellé. Donc merci de les avoir salués et je le fais évidemment à mon tour. Les questions que vous posez relèvent de l'enquête. S'agit-il d'un auteur qui est un loup solitaire ou pas ? L'enquête le dira. Ça y ressemble très probablement. Mais encore une fois, il y a une enquête qui est en cours, qui va consister à regarder quel est son environnement, quelles sont ses relations. Est-ce qu'il avait des complices, pas de complices ? Tout ça, l'enquête le dira. Moi, je fais confiance aux services qui sont saisis en judiciaire, d'autant plus que j'ai eu l'honneur d'en diriger un, la DGSI. C'est la SDAT également qui est saisie et qui mène les investigations sur l'autorité du PNAT. Ce qui est arrivé à Trappes, c'est ce que redoutent les services de renseignement. Vous étonnez qu'il n'ait pas été dans les radars des services de renseignement, mais ce type d'auteurs qui appartiennent à la mouvance d'ultra-droite, qui sont bercés de propos racistes et qui basculent à un moment ou à un autre dans l'action violente, c'est précisément ce que les services de renseignement redoutent le plus. Oui, ils surveillent énormément, ils ont dans leur objectif énormément de mouvance. d'ultra-droite, qui sont connus, qui sont plutôt dans la subversion violente, la bascule dans l'action terroriste, elle est souvent, malheureusement, du côté de cette mouvance, le fruit d'acteurs qui ne sont pas forcément connus, d'acteurs qui ne sont pas forcément connus. Et évidemment, leur détection est un enjeu, un challenge extrêmement important. Voilà ce que je peux vous dire. Je crois qu'il faut rester prudent sur les circonstances. Évidemment, toute l'attention des services en charge de l'enquête est portée sur l'élucidation et la révélation de la vérité sur cette attaque terroriste odieuse.
Merci. La parole est à notre collègue Thierry Desgremont pour le groupe Union Nationale pour les Territoires. Vous avez la parole.
Merci Monsieur le Président. Avant ma question, je veux dire, au nom de l'intégralité du groupe de l'Union Nationale pour les Territoires, notre effroi après l'attentat ignominieux de Trappes. Nous condamnons sans réserve son auteur et ses actes et adressons nos condoléances à la famille de la victime ainsi que notre soutien aux blessés et remercions les forces de l'ordre pour leur sang-froid et leur rapidité. L'État doit être implacable avec tous ceux qui veulent diviser la nation. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'Action et des Comptes publics. Châteauneuf-du-Pape, commune de 2000 habitants, a perdu 126 159 euros de recettes en 2025, soit plus de 60 euros par habitant. J'ai été alerté par les maires de Vaucluse, car comme Châteauneuf-du-Pape, de nombreuses communes rurales ont subi sans compensation en 2025, le relèvement de 20 à 30% de l'exonération de taxes foncières sur les terres agricoles. Si nous soutenons cet allogement pour nos agriculteurs, nous déplorons qu'une fois encore les premiers à en payer le prix, soit les petites communes, maillons les plus fondamentaux de notre tissu politique. Trop petites pour peser dans vos arbitrages, elles sont systématiquement la variable d'ajustement de l'incurie budgétaire du gouvernement, car chaque euro de moins est un euro manquant pour des travaux de rénovation, pour des projets nécessaires ou pour la vie de nos villages qui perdent chaque année de plus en plus d'habitants. Si la loi de finances pour 2026 a bien enlevé les compensations de 50%, elle n'est que partielle. Malgré plusieurs alertes, en juillet, le gouvernement s'était fixé l'objectif de l'ajuster, mais votre budget pour 2027 n'en dit rien. Monsieur le ministre, jusqu'à quand les petites communes seront-elles évaluables d'ajustement de vos budgets ? Je vous remercie. Pour
vous répondre, la parole est à madame la ministre de l'aménagement du territoire de la décentralisation, madame Françoise Gattel.
Merci monsieur le président. Monsieur le sénateur, vous me donnez l'occasion d'ouvrir en quelque sorte le débat sur le PLF 2027 car nous aurons deux autres questions. Monsieur le sénateur, je pense que vous avez regardé de près le PLF que nous proposons, qui sera discuté ici. Je rappelle que les communes rurales bénéficient d'un regard particulièrement attentif puisque nous proposons d'augmenter la dotation globale de fonctionnement et notamment la part de dotation de solidarité rurale. Nous allons maintenir la DETR à 1 milliard d'euros, nous augmentons le fonds vert et nous créons, monsieur le sénateur... une dotation qui va s'adresser à près de 10 000 communes, qui est une dotation qui intéresse particulièrement les territoires, puisqu'il s'agit d'une dotation de ressources durables qui reconnaît la valeur de nos communes rurales, qui nous permettent d'assurer notre souveraineté alimentaire, de bénéficier d'une ressource en eau et d'énergie renouvelable. Enfin, monsieur le sénateur, vous savez que l'argent compte. mais il y a aussi l'accompagnement de l'Etat, et je veux parler du maintien des programmes, tout particulièrement dans votre département. Je rappelle qu'il y a 15 petites villes de demain, 22 villages d'avenir, 27 espaces front-service, et votre ville de Carpentras bénéficie aussi du programme Action Cœur de Ville. Alors, monsieur le sénateur, je crois que nous sommes attentifs, et je me permets, sans polémique... de vous renvoyer une question. J'ai cru comprendre que l'année dernière, votre groupe à l'Assemblée nationale avait proposé de supprimer 5 milliards de dotations aux collectivités. Je vous remercie.
Desgrenons, vous allez très bien. La parole est de notre collègue François Aubé pour le groupe du Rassemblement démocratique et social européen. Vous avez la parole.
Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, chacun d'entre nous dans cet hémicycle a pleinement conscience de la situation financière de la France et des nécessaires efforts de redressement que cela induit. Pourquoi pointer, Monsieur le Premier ministre, la responsabilité des communes, des intercommunalités, des régions, des départements en leur demandant un nouvel effort considérable ? Les collectivités ont déjà très largement contribué à résorber ce déficit puisqu'elles ont supporté près de 10 milliards de prélèvements divers et des baisses de crédit en 2025 et 2026 et l'Etat récidive en 2027 en fonctionnant cette fois près de 7 milliards. Nous assistons année après année à la lente assuissie de nos territoires et ce n'est vraiment pas possible. Nous réussissons malgré tout, et non sans difficulté, à présenter encore des budgets à l'équilibre, mais pour combien de temps encore ? Je pense notamment à la ville de Mézidon-Vallée d'Auge, où nous avons été contraints de renier sur les dépenses de fonctionnement et d'investissement en prenant le soin de ne pas recourir mécaniquement à l'impôt. Aujourd'hui, monsieur le Premier ministre, nous n'avons plus de marge de manœuvre. Je suis très inquiet pour l'équilibre budgétaire de nos communes, principalement dans le monde rural. J'ai sillonné les routes de ce si beau département du Calvados et j'ai rencontré des maires désabusés, nourrissant un sentiment d'abandon et de déclassement. Pourquoi reviendrait-il toujours aux bons élèves de supporter les errances d'un système étatique à bout de souffle ? dois-je rappeler que ce sont les collectivités territoriales, point d'équilibre d'une société en crise, qui assure au quotidien les services essentiels de nos concitoyens. C'est une faute politique majeure d'oublier que 65% de l'investissement public local ont été engagés par le bloc communal et intercommunal. Vous avez été à la tête d'un département, monsieur le Premier ministre, vous n'ignorez donc plus pas la confiance. qui doit être donné aux collectivités et aux élus qui sont les premiers acteurs de la République et font battre le cœur des territoires. Ma question est simple, quel engagement, Monsieur le Premier ministre, pouvez-vous prendre auprès des élus locaux afin de leur garantir constitutionnellement l'autonomie fiscale et financière sur la durée d'un mandat ?
vous répondre, la parole est à la ministre de l'Aménagement du territoire de la décentralisation, Madame Gatel.
Merci Monsieur le Président. Monsieur le Sénateur Aubé, je connais le Calvados un peu moins que vous, mais je connais bien votre commune, parce que nous avons eu l'occasion de travailler ensemble sur le process des communes nouvelles. Monsieur le Sénateur, vous savez que la France doit absolument redresser... sa situation. L'objectif responsable annoncé par le Premier ministre, c'est de ralentir le déficit à 5%. Il y aura des contributeurs, l'Etat d'abord, qui fera le plus gros effort. Ensuite, monsieur le sénateur, vous n'avez jamais entendu un membre de ce gouvernement, et encore moins le Premier ministre, tenir pour responsable les collectivités locales, dont je salue l'effort de rigueur et l'obligation de rigueur, puisqu'elles ont une obligation de budget équilibré. Le budget qui est en déficit, ce n'est pas celui de l'Etat, c'est celui de la nation. La proposition de budget que nous avons faite est construite sur quelque chose de simple. Mécaniquement, les collectivités locales vont voir leurs recettes augmenter et nous proposons aux collectivités de contribuer à l'effort de redressement national en maintenant leur augmentation de recettes au niveau de l'inflation. que l'on estimant à 1,8. Et au-delà d'1,8, nous proposons qu'il y ait un effort qui soit équitable et qui soit progressif. Monsieur le sénateur, pour terminer, le budget dont nous parlons, c'est celui de la nation. Je ne me rappelle pas quand le gouvernement a décidé de venir aider les entreprises et les salariés au moment de la Covid. Le moment où le gouvernement a décidé de créer un bouclier énergétique, je ne me rappelle pas. Et j'étais ici, qu'aucun de nous ici n'avait critiqué le gouvernement. Donc le redressement, c'est celui du budget de la France, y compris pour servir les collectivités. Je vous remercie.
parole est à notre collègue Sébastien Michel pour le groupe Les Républicains.
Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, chers collègues, Monsieur le Premier Ministre, il y a dans votre projet de budget une règle que je ne parviens plus à expliquer à mes collègues maires. Plus une commune est bien gérée, plus elle paie. Votre péréquation est devenue une véritable prime à la mauvaise gestion. Prenons la ville d'Eculi, que je connais bien. Depuis 2020, des dépenses de fonctionnement maîtrisées, des taux d'imposition inchangés. Zéro euro de dette, des investissements records. Notre récompense avec votre budget, plus de 1,2 million d'euros en moins dès 2027, plus de 600 000 euros au titre de la CPEB, le reste par la baisse du FCTVA, vous parvenez même à nous faire payer le fait d'investir. Vous me répondrez que chaque dispositif pris isolément n'a rien d'extraordinaire. Et c'est vrai, c'est l'accumulation qui est devenue insupportable. La contribution au redressement des finances publiques hier, la CPEB aujourd'hui, sans oublier le FPIC ni le FSRIF pour nos collègues franciliens. Chaque fois, des critères simples, parce que mesurables, mais injustes. Vous mesurez la richesse des habitants, mais jamais la qualité de la gestion des mers. Dit autrement, vous ne jugez pas une gestion, vous taxez une adresse. Vous demandez au maire d'être responsable et vous leur faites payer le fait de l'être. Nous ne refusons pas l'effort national, nous demandons qu'il soit juste. Alors, allez-vous enfin intégrer la bonne gestion, l'endettement et l'épargne dans le calcul de la CPEB ? Ou faut-il comprendre que dans votre budget, la vertu ne paie pas et qu'elle nous coûte même très cher
La parole est à la ministre de l'Aménagement du territoire, la décentralisation.
Merci Monsieur le Président. Monsieur le Sénateur, je pense que le sujet que vous évoquez dépasse le PLF. Je salue ici Sylvie Vermillet, sénatrice qui fait partie d'une mission de réflexion sur les finances des collectivités. Le système de finances des collectivités est en coma dépassé. Je ne pense pas que nous allons pouvoir, dans le mois qui vient, refaire la refonte du système des finances locales de manière à ce que chacun soit satisfait. Ce que nous faisons, c'est d'abord, je rappelle, le montant des transferts de l'Etat vers les collectivités, c'est 155 milliards d'euros. Ensuite, monsieur le sénateur... J'entends ce que vous dites. Aujourd'hui, nous utilisons des critères qui existent. Il y a des communes, des collectivités qui sont vertueuses. Elles sont globalement toutes vertueuses. Et il y a aussi, monsieur le sénateur, pour compléter votre phrase, des collectivités qui sont sans doute plus à l'aise que d'autres. C'est bien ce qu'on a entendu tout à l'heure. Et que quand le budget de la nation doit se redresser... C'est un effort collectif et je rappelle qu'avec ce que nous proposons, dont vous allez disposer... Nous permettons une revalorisation des recettes de fonctionnement des collectivités à la hauteur de l'inflation, c'est-à-dire 5,5 milliards, monsieur le sénateur. Ensuite, nous avons souhaité un effort soutenable, un effort équitable, mais toutes les idées que vous pourriez avoir pour sécuriser un déficit à 5% sont les bienvenus, monsieur le sénateur.
Michel.
La réalité, Madame la Ministre, c'est qu'il ne s'agit pas d'un caprice d'élus locaux. Il s'agit simplement de dire que vous fragilisez l'investissement public local dans un contexte où la croissance du pays est en berne. Et il faudra que chacun assume bien cette réalité. Je vous remercie. La
parole est à notre collègue. Cathy Appourso-Poly pour le groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste. Merci
Monsieur le Président. Oui, le racisme tue. Avec notre groupe, nous exprimons notre solidarité aux victimes de trappes et de la barrière. Ne laissons pas la haine s'installer, se diffuser dans notre pays. Ma question s'adresse à Madame la Ministre de la Santé. Un an et huit mois depuis l'adoption à l'unanimité par tous les parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat de la loi portée par les groupes communistes visant à améliorer la prise en charge du cancer du sein sans que l'ensemble des décrets d'application n'aient été pris. Un an et huit mois que des femmes, des associations m'interrogent sur l'absence de prise en charge complète. Les patients continuent à faire face à un reste à charge dont le montant se chiffre entre 1300 et 2500 euros. Un an et huit mois où nous vous avons interpellé par des questions écrites, orales, par des courriers, avec des promesses en retour. Ces décrets paraîtront bientôt. Ces mesures sont difficiles à mettre en oeuvre. harmonisées, concertées. Pourtant, cet été, vous avez pris plusieurs décrets visant à faire des économies sur la santé des Français. Augmentation du plafond des franchises médicales de 100 à 140 euros. Réajustement des taux du ticket modérateur sur les soins dentaires, sur les transports sanitaires dans le cadre d'ALD non exonérants. des remboursements de médicaments comme le Zoladex, utilisés dans le traitement du cancer du sein. Vos services ont été capables de publier tous ces décrets en quelques jours. Comment expliquez-vous leur incapacité à produire ce relatif à la loi sur la prise en charge du cancer du sein ? Un an et huit mois pendant lesquels vous n'avez pas agi en faveur des femmes victimes d'un cancer du sein, mais pendant lesquels vous avez attaqué les droits de tous les malades. Le budget que vous avez prévu pour la sécurité sociale en 2027 est inacceptable. Il constitue une véritable régression sociale. Sur la partie recette, un seul député a voté pour. Même dans vos rangs, vous n'avez pas été suivi. Que comptez-vous faire, Madame la Ministre
? Pour vous répondre, la parole est à la ministre de la Santé, madame Brice.
Merci monsieur le Président, madame la sénatrice, mesdames et messieurs les sénateurs. Merci pour votre question parce que c'est vrai, beaucoup de femmes attendent la sortie des derniers décrets qu'il manque à cette loi de février 2025. L'ensemble des décrets sont sortis. Il en manque trois. Il manque un premier sur les soutiens-gorges adaptés. Ce matin même, j'ai pu signer le projet de décret qui est maintenant soumis à la concertation. Vous avez voté aussi l'avis à la Haute Autorité de Santé. Dès que la concertation est l'avis de la Haute Autorité de Santé, ce décret pourra sortir. Je me suis engagée à la fin de l'année. Il reste deux autres décrets. Un sur la dermopigmentation par des professionnels qui ne sont pas des... professionnels de santé. Donc nous sommes en train de pouvoir, et on avance, ça devrait vraiment être avant la fin de l'année, on avance puisqu'il faut qu'on passe des conventions entre les professionnels qui ne sont pas des professionnels de santé mais qu'ils aient quand même la formation adéquate pour que les femmes soient prises en charge correctement. Et puis enfin il reste le décret qui est vraiment... sur lequel je peux vous promettre que tous les jours j'ai une action pour essayer de faire avancer cette machine. Nous devons, il faut comprendre pourquoi, il s'agit de crème ou de vernis à ongles. Tout l'été, nous avons concerté avec les associations pour savoir quelle crème, quel vernis à ongles était souhaité par ces patientes. Nous en sommes maintenant à codifier, à faire une nomenclature de toutes ces crèmes, de tous ces vernis à ongles, puisqu'il n'y a pas de nomenclature, pour que quand les femmes viennent à la pharmacie, elles puissent enfin être remboursées. comme si c'était un traitement, un médicament. Toute cette nomenclature, elle n'existe pas. Jusque-là, nous remboursons que des traitements ou des dispositifs médicaux, ce qui n'est pas le cas de ces produits. Donc oui, techniquement, c'est très compliqué. Je me suis engagée que ces décrets sortent avant la fin de l'année. Ils sortiront avant la fin de l'année. Et concernant votre question sur le PLFSS, je suis très vite, nous allons avoir ce débat ici même.
Merci. La parole est à notre collègue Maxence de Rugy pour le groupe Les Républicains.
Monsieur le Président. Ma question s'adresse à Monsieur le ministre de l'Education nationale. L'école de République s'est construite autour de deux missions très claires. Un principe d'instruction d'abord, en donnant à chacun une chance de réussir. Et un principe d'intégration ensuite, en s'assurant que chacun trouve sa place dans la communauté nationale. Force est de constater aujourd'hui qu'aucune de ces promesses n'est réellement tenue. L'école transmet de moins en moins et elle se désintègre de plus en plus. L'école devait être un sanctuaire, elle devient trop souvent le réceptacle de toutes les revendications individuelles ou communautaires. Est-ce une question de moyens ? Assurément non, puisque la France est le pays de l'OCDE qui dépense le plus pour son éducation. Il s'agit en réalité d'une crise bien plus profonde de notre système éducatif. L'école doit transmettre une langue, bien sûr, un langage aussi, celui de la République, un héritage également, celui de la France. Votre initiative, monsieur le ministre, de célébrer au sein de nos écoles la cérémonie du 11 novembre va dans le bon sens. C'est déjà ce que réalise le passeport du civisme déployé dans plus de 600 villes en France, auprès de 150 000 enfants afin de réamorcer une conscience civique. Mais voir l'hostilité et les appels au boycott de plusieurs syndicats de gauche et refuser cet hommage aux morts pour la France, un hommage qu'on leur doit, un hommage qui leur est dû, est proprement scandaleux. scandaleux pour ceux qui sont morts pour la France, scandaleux parce qu'on coupe la jeunesse d'une part de son histoire. Célébrer le 11 novembre, c'est célébrer notre mémoire collective et se projeter dans un avenir commun. Ma question est simple, quelles mesures concrètes, au-delà des réponses comptables, pouvons-nous faire pour refonder la promesse républicaine dans notre école ?
Et ton ministre de l'Education nationale, M. Geffray.
Merci, M. le Président, M. le Sénateur. Vous avez raison. rôle de l'école, ce n'est pas seulement d'instruire, c'est de tenir une autre promesse de la France, qui est que nous définissons par une destinée partagée. Et qu'il n'y a pas de destinée partagée quand il n'y a pas d'appropriation d'une histoire commune et de principe commun. Être Français, c'est ça. Et donc, notre rôle... c'est effectivement de faire en sorte que tous nos élèves, qu'ils soient arrivés il y a deux jours, ou que leurs ancêtres, je ne fais pas de Waterloo, la Bérezina ou le bataille de Fontenois, se sentent appartenir à une destinée commune. Ça, c'est très clair. C'est pour ça qu'effectivement, nous avons souhaité, et j'ai souhaité en particulier, que le 11 novembre puisse être commémoré dans les établissements, pour ancrer dans les établissements, et donc aussi adosser. à une transmission de l'histoire sur les programmes, etc. et donc sans instrumentalisation possible, mais pour ancrer donc cette mémoire commune qui d'ailleurs dépasse très largement les frontières de la France et qui fait qu'effectivement des hommes et des femmes se sont sacrifiés pour qu'une puissance aujourd'hui dans un état libre, démocratique et pluraliste. Maintenant il est très clair que tout ceci est aujourd'hui contesté par un climat social. qui de plus en plus cherchent à assigner implicitement ou explicitement des personnes à leur origine réelle ou supposée, à leur couleur de peau réelle ou supposée, à leur religion réelle ou supposée. Et cette espèce de racialisation du débat m'effraie. Parce que quand un enfant rentre dans une salle de classe, on ne lui demande pas la couleur de sa peau, sa religion ou je ne sais pas quoi. Il est un enfant de la République. Il est soumis à des droits, il est soumis à des devoirs, il est l'héritier d'une histoire et de principes qui le dépassent. Et il en devient le rédacteur pour l'avenir. Et donc nous avons une mission très claire qui est de transmettre ça. Et nos professeurs ont pour mission aussi d'incarner cela. Donc je vous confirme que je suis parfois un petit peu navré de voir que certains contestent des choses qui sont pourtant de bon sens parce qu'en fait elles disent ce que nous sommes et ce que nous serons ensemble. Mais je crois aussi que le bon sens l'importe. Merci.
La parole est à notre collègue Nathalie Goulet, pour le groupe de l'Union centriste et indépendante.
Merci beaucoup, Monsieur le Président. Une nouvelle fois, je me permets d'interroger le gouvernement sur les cyberattaques, car la situation ne fait que se dégrader. Et je tiens à votre disposition un relevé de 32 pages des dernières attaques. France Passoir était une formule somme toute ironique, mais nous avons atteint une autre dimension, la DGFIP. Piraté deux fois, la NTS, la DINUM, l'ANSI, les ministères, les entreprises stratégiques, sans parler de 850 000 plaques d'immatriculation, et il y a quelques heures, ENGIE. Un nouveau palier a encore été franchi avec l'attaque de l'AMF, d'élus de partis politiques, à quelques mois d'une échéance électorale majeure. Je vous laisse imaginer ce que des agents malveillants peuvent faire de ces données. Et pourtant... Dans un monde parallèle, le 21 octobre, devant notre commission des affaires étrangères répondant à Olivier Kadic, le secrétaire général du SGDSN, Nicolas Roche, a déclaré Deux points, ouvrez les guillemets. Je suis convaincue que le modèle de cybersécurité qu'on a mis en place depuis maintenant 15 ans et dans lequel l'Annecy joue un rôle central est le bon. Je crois qu'il est le seul de son espèce. Rapporté à sa population, la France est en effet aujourd'hui le pays le plus touché au monde par les cyberattaques. Elle coûte, selon l'expression traditionnelle, un pognon de dingue. Et les données font ainsi le bonheur des réseaux de criminalité organisés. Jusque quand, Madame la Ministre ? C'est une question de souveraineté, de sécurité, mais c'est aussi un problème pour notre économie. Madame la Ministre, quand et comment comptez-vous agir pour juguler ces hémorragies
Pour vous répondre, la parole est à la ministre déléguée en charge de l'intelligence artificielle de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université
de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l' Et aux administrations, les récentes attaques contre les installations frigorifiques ont ainsi directement visé notre économie et nos chaînes d'approvisionnement. Concernant la sécurité numérique de l'Etat, la feuille de route des efforts prioritaires en la matière a été rendue publique pour la première fois. Au printemps dernier, le Premier ministre a personnellement demandé une accélération de la sécurisation des administrations avec un suivi direct à son niveau de la feuille de route. Deux priorités, l'authentification multifacteur et le renforcement de la supervision. Les équipes sont à pied d'oeuvre, je peux vous le dire, à Bercy on le voit par exemple à notre niveau, pour le renforcement de la cybersécurité de nos ministères et je pense que tous mes collègues le font largement également. Concernant les 200 millions d'euros mobilisés dans le cadre de France 2030, concrètement cette nouvelle enveloppe a été répartie en trois axes. 76 millions d'euros... pour mettre à profit les capacités de l'intelligence artificielle afin de renforcer notre cybersécurité et développer des technologies de cryptographie de nouvelle génération. 63 millions d'euros pour renforcer notre autonomie stratégique en matière de cybersécurité et la résilience des systèmes d'information de l'Etat. Et 61 millions d'euros pour soutenir la montée en puissance de l'écosystème cyber français. Les travaux ont bien avancé sur les trois axes. pour les trois quarts de l'enveloppe totale. Vous pourrez le constater dans les prochaines semaines, d'ailleurs, pour les actions qui mobilisent les écosystèmes de la recherche et les écosystèmes des start-up. Concernant le PJL Résilience, il sera inscrit en séance publique dès que possible, mais le risque cyber concerne toutes les organisations et dépasse largement le périmètre de Nice 2. Toutes les organisations doivent dès aujourd'hui intégrer le risque cyber et prendre les mesures nécessaires pour se protéger en s'appuyant sur notre écosystème d'excellente qualité. Je vous remercie.
Madame la ministre, le compte n'y est pas. Il se trouve que je rapporte le programme budgétaire de France 2030. Moi, je n'ai rien vu sur la cybersécurité ou alors j'ai vraiment mal lu. La directive Nice 2, vous en avez parlé, elle est au frigo qui sont aussi piratés. Le rapport de l'Annecy du 29 septembre est affligeant. Pas d'attaque sophistiquée, des jeunes hackers, des identifiants volés, pas de double authentification, une hygiène numérique absolument indigente. Indigente. Le compte n'y est pas. Il nous faut une stratégie globale, des moyens. Il nous les faut maintenant, Madame la Ministre. C'est absolument indispensable pour notre sécurité. Et encore une fois, le compte n'y est pas.
parole est maintenant à notre collègue Jean-Marc Boyer pour le groupe Les Républicains.
le Premier ministre, 42 départements, 88 stations thermales, 25 000 emplois, 4,8 milliards de retombées économiques, 220 millions de taxes et cotisations sociales reversées à l'Etat. des médecins préservés dans les territoires ruraux, l'évaluation scientifique du service médical rendu des cures thermales commandée par Madame la ministre de la Santé auprès de la Haute Autorité de Santé encore au début de ses travaux. Malgré tout, vous proposez de transférer au mutuel les 200 millions d'euros relatifs à la prise en charge des cures thermales conventionnées. C'est un déremboursement mal déguisé, effectué avec une méthode méprisante et dommageable pour les acteurs thermaux, les patients et les territoires. Le remboursement des cures thermales médicales ne représente que 0,5% du budget global de la sécurité sociale. Alors que de nombreux pays européens continuent une prise en charge significative de ces soins, votre gouvernement s'apprête à casser la filière thermale française. Alors, Monsieur le Premier ministre, êtes-vous vraiment disposé à ignorer les bienfaits sur la santé reconnus par 36 études cliniques internationales, avec notamment la diminution de la consommation de médicaments par les patients, disposé à ne pas attendre les conclusions de la Haute Autorité de la Santé alors que vous avez vous-même commandé le rapport avec une décision concertée entre les acteurs et territoires thermaux ? disposés à réduire à néant les investissements considérables des acteurs et élus du thermalisme et disposés à finalement casser définitivement le modèle thermal français.
vous répondre, la parole est à la ministre de la Santé, Madame Riche.
Merci Monsieur le Président, Monsieur le Sénateur Jean-Marc Boyer. Mesdames et Messieurs les Sénateurs, vous m'interrogez en fait sur la hausse du ticket modérateur pour les cures thermales proposées dans le PLFSS 2027. Je souhaite tout d'abord rappeler que notre modèle social repose aujourd'hui sur un financement partagé des dépenses de santé, d'une part l'assurance maladie obligatoire, les complémentaires et les assurés. Notre modèle permet un accès aux soins de qualité pour tous nos concitoyens, avec un reste à charge qui est parmi les plus faibles des pays développés. Dans un contexte où notre système de santé et notre sécurité sociale font face à des contraintes budgétaires majeures, il me paraît légitime de s'interroger sur l'efficacité des dispositifs financés par la solidarité nationale. Certains parlementaires ont par ailleurs remis ce sujet dans le débat public dès cet été. Je suis consciente que nous avons eu ce débat lors du PLFSS 2026, mais la situation a fondamentalement changé. La situation de nos finances publiques n'est plus la même, notamment suite au conflit du Moyen-Orient. Ainsi, comme nous l'avons fait à l'été dernier sur certains médicaments... Il nous faut recentrer la prise en charge de l'assurance maladie sur les produits ou techniques médicales les plus performantes. Je tiens enfin à le rappeler, nous ne proposons pas un déremboursement, il s'agit d'une nouvelle répartition entre l'assurance maladie obligatoire et les mutuelles qui pourront toujours prendre en charge le complément. Si elles peuvent apporter un bénéfice, il est important que cela soit validé par une instance scientifique indépendante. L'avis qui sera rendu par la Haute Autorité de Santé par avant fin 2027 permettra d'actualiser les connaissances sur cette activité et de préciser le service médical rendu. Je vous remercie.
Monsieur Boyer, s'il vous plaît.
le Premier ministre, Madame la ministre, je vais vous transmettre. Au nom des sénateurs des 42 départements thermaux, dans une démarche transpartisane, une motion vous alarmant des conséquences désastreuses de votre projet de déremboursement pour les patients, la filière thermale et nos territoires ruraux. Je vous demande solennellement, attendez l'étude de la HAS afin de prendre une décision réfléchie, concertée et objective. Mais nous restons mobilisés.
parole est à notre collègue David Roche pour le groupe socialiste, écologiste et républicain.
Merci Monsieur le Président. Monsieur le Premier ministre, après un mois de mobilisation et près de 100 000 contributions en 18 jours, vos annonces étaient, vous en doutez, très attendues. Si elles sont un premier pas, elles suscitent de nombreuses interrogations chez les lycéens, les étudiants, les universitaires, les personnels, les familles et bien sûr les parlementaires. Chacun peut partager l'objectif d'améliorer la réussite des élèves, de lutter contre les inégalités et de renforcer l'attractivité des métiers de l'éducation. Encore faut-il que les mesures annoncées soient lisibles, cohérentes, financées et réellement applicables dans les établissements. Je m'étonne d'abord de la méthode. Pourquoi réunir à la hâte quelques influenceurs avant même de rencontrer les organisations syndicales lycéennes et étudiantes, qui pourtant le demandent depuis plusieurs semaines ? Ces organisations vous alertent, comme nous, sénateurs du groupe socialiste depuis plusieurs années, sur le désengagement de l'Etat vis-à-vis de la jeunesse. Pourquoi avoir réservé la primeur de vos annonces à des influenceurs ? dont certains en visioconférence, alors même que vous auriez refusé cette même possibilité à une responsable de la coordination des territoires ultramarins. Je m'interroge ensuite sur le contenu. Pourquoi annoncer aujourd'hui à des lycéens légitimement inquiets pour leur avenir des mesures que vous refusiez il y a un mois ? Je pense notamment à la suppression sèche de Parcoursup qui n'est pas la solution et qui devra par ailleurs être actée par une nouvelle loi. Comment éviter alors de donner l'impression de céder aux violences qui ne sont pas le fait, loin de là, de la grande majorité des lycéens, ou de mener une opération de communication destinée à faire retomber la pression en laissant une situation explosive au lendemain de l'élection présidentielle ? Enfin et surtout, Monsieur le Premier ministre, pourriez-vous nous assurer que vos annonces s'appuient sur des engagements budgétaires fermes et que même en cas d'adoption du budget par 49.3 ou par ordonnance, les décisions prises ne seront pas, selon les mots du ministre de l'Éducation, des Promesses en l'air ? Pour vous répondre, la parole est au
ministre de l'Éducation nationale.
Merci Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Monsieur le Sénateur. Quand vous avez parlé de mesures lisibles, cohérentes, financées et réellement applicables, j'ai cru que vous vouliez nous rendre hommage. Mais la suite de votre question a montré que vous avez encore des interrogations. Parce que très précisément, ce que nous avons proposé, ce sont des mesures lisibles, cohérentes, financées et réellement applicables. D'abord, pour répondre à votre question sur la méthode des calendriers, je n'ai eu décès depuis un mois, et nous n'avons eu décès depuis un mois, avec Philippe Baptiste et sous-autorité Premier ministre, de dire qu'il n'y avait que le dialogue en démocratie qui permettait d'aboutir à des solutions. Nous avons écouté tout le monde, nous avons créé une plateforme, vous le savez, avec 100 000 contributions, qui était clôturée vendredi 23 octobre au soir. Et le lundi 26 après-midi, nous avons reçu, avec le Premier ministre à Matignon, les lycéens, parallèlement au cabinet recevé des organisations syndicales, les associations étudiantes également, pour leur présenter les mesures. Effectivement, il y a eu un échange le matin avec des influenceurs, ce n'était pas une discussion, ce n'était pas une négociation. On discute avec les uns, on a des échanges, on discute au sens où on négocie avec les uns, et puis on a des échanges avec les autres. On a effectivement échangé avec des influenceurs, tout simplement parce que c'est aussi un thermomètre de la jeunesse. Quand vous avez un ou deux millions de followers, vous êtes un thermomètre de la jeunesse, et donc échanger des influenceurs, c'est normal. Qu'ensuite, les influenceurs n'aient pas tout à fait la même pratique que nous en termes de secret des discussions. Ça, c'est eux que ça regarde. Mais prendre le pouls d'une société, y compris à travers ceux qui prétendent l'influencer, ce n'est pas forcément idiot. Pardonnez-moi. En revanche, la phase de discussion en sens de négociation a eu lieu l'après-midi, comme prévu, avec les élèves, comme prévu, avec les étudiants, comme prévu, avec les syndicats, comme prévu. Et j'ai même reçu mardi matin les syndicats, les parents d'élèves et les groupes de travail maintenant que nous ouvrons répondent à cette même exigence. Quant au contenu et au financement, oui, tout ceci est finançable. C'est pour ça qu'on a pris un peu de temps parce qu'on n'a pas fait n'importe quoi. Pardonnez-moi, mais on est encore sérieux. Tout ceci sera par des amendements pour les droits de finances. Et effectivement, comme c'est en l'occurrence moi qui prépare la rentrée 2027, la rentrée 2027 se passera sous les auspices des mesures qui ont été annoncées. Je vous remercie.
avez quelques secondes, M. Ross. Très bon. Merci, M. le Président. Mon message sera clair. Ne sacrifiez pas la jeunesse. Gardez la jeunesse à l'esprit ou gardez un esprit de jeunesse. La
parole est à notre collègue Laurent Burgoa pour le groupe Les Républicains.
Merci Monsieur le Président, Monsieur le Ministre. Face à l'inaction des gouvernements successifs, le climat météorologique comme le climat social interroge notre modèle assurantiel. Le 7 octobre dernier, au Gros du Roi, un violent phénomène orageux a frappé pour Camargue. Des arbres arrachés, des toitures endommagées, des bateaux coulés. Les dégâts sont considérables. Météro France évoque d'ailleurs dans son certificat d'intempérie un phénomène tourbillonnaire. Quelques semaines plus tard, les fortes puits qui ont touché le secteur de la petite Camargue-Gardeoise et les départements... des bouches du Rhône et de l'Hérault ont de nouveau durement éprouvé notre territoire affectant les habitants, les professionnels et notamment les manadiers dont l'activité et les exploitations ont été fragilisées. Je tiens à leur exprimer tout mon soutien. Ces événements ne sont malheureusement pas isolés. Les épisodes météorologiques extrêmes se succèdent. Ils provoquent des dégâts matériels considérables, mettent à péril des activités et laissent de nombreuses familles dans l'incertitude quant à leur indemnisation. Face à ces situations, nos concitoyens attendent des réponses concrètes car nous devons la réalité en face. Avec le règlement climatique, ces phénomènes vont devenir toujours plus fréquents et plus intenses. Notre pays doit donc se préparer dès aujourd'hui à leurs conséquences humaines, économiques et financières. L'enjeu est d'autant plus important que la capacité même à assurer les biens exposés aux risques climatiques est interrogée. Monsieur le ministre, je souhaite vous poser deux questions. Premièrement, quelles aides concrètes le gouvernement entend-il mobiliser aux bénéfices des habitants, des collectivités et des professionnels touchés par les récents épisodes météorologiques afin de leur permettre de faire face ? Quelles mesures de surveillance comptez-vous mettre en place en lien avec l'Observatoire de l'assurabilité pour le régime grêle-tempête-neige ? Nous ne pouvons nous contenter de gérer les conséquences de chaque événement cas par cas. Il nous faut une stratégie de long terme à la hauteur des bouleversements climatiques qui s'annoncent. Je vous remercie.
vous répondre, la parole est au ministre délégué en charge de la transition écologique. Monsieur Lefebvre, vous avez la parole.
Merci Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Monsieur le Sénateur Burgoyard. Merci pour votre question qui me donne l'occasion de redire la solidarité de la nation parce que les épisodes que vous avez mentionnés ont fait quatre décès et de redire également évidemment la solidarité de la nation à l'endroit des forces de l'ordre, des sapeurs-pompiers, des agents de la sécurité civile et bien sûr des élus locaux. Les maires ont été en première ligne face à ces épisodes d'une particulière intensité. Comme le ministre de l'Intérieur l'a indiqué en fin de semaine dernière, la procédure de reconnaissance accélérée de catastrophe naturelle a été déclenchée. La commission s'est tenue hier comme le ministre s'y est engagé. 72 communes avaient fait une demande. L'ensemble des communes bénéficieront du régime. Le décret sera pris dans les prochains jours. Au-delà, évidemment, les agriculteurs... pourront bénéficier des dispositifs de solidarité nationale, des dispositifs de calamité agricole, et en lien avec la Chambre d'agriculture, des reports de charges fiscales ou sociales. Vous posez également une question de plus long terme qui est de savoir, au fond, avec le dérèglement climatique, quelle va être l'évolution de l'assurabilité de certains risques et de certains territoires. Le troisième plan d'adaptation au dérèglement climatique prévoit précisément la création d'un observatoire de l'assurabilité qui a rendu ses premières conclusions et qui démontre qu'il n'y a pas majoritairement de risque de territoire sous tension, notamment sur le territoire hexagonal. Mais le gouvernement est évidemment à votre disposition et à la disposition du Parlement pour faire évoluer le régime de catastrophe naturelle s'il en était besoin, dans le respect à la fois de la soutenabilité financière du régime et du respect de la solidarité nationale qui est afférente. Et nous avons d'ailleurs déjà très bien travaillé sur la base de la proposition de loi du député Barrusso, rapportée par Madame le rapporteur général ici au Sénat. Nous sommes évidemment à votre disposition pour poursuivre l'évolution de ce travail.
parole est à notre collègue Stéphane Demillé pour le groupe de l'Union sans prise et les indépendants.
Merci Monsieur le Président. Bonjour Monsieur le Ministre des Affaires étrangères. Boris Vian disait que l'humour est la politesse du désespoir. Alors une fois n'est pas coutume, c'est par le truchement d'une charade à la même réponse monosyllabique que je voudrais aborder un sujet d'une extrême gravité. Mon premier traite Vladimir Poutine comme un ami et ses alliés européens comme des ennemis. Mon deuxième pense que tout s'achète, des valeurs morales comme les territoires. Mon troisième pousse la personnalisation du pouvoir jusqu'à imposer son visage sur les pièces de 1 dollar et jusqu'à déclarer la gratuité des parcs nationaux le jour de son anniversaire. Mon quatrième manie la neuve langue comme personne, faisant passer la vérité pour un mensonge et un versement, n'en déplaise à certains médias qu'il a d'ailleurs exclu de ses conférences de presse. Mon cinquième sous-doit ses concitoyens en leur promettant 5 000 dollars en cas de victoire de son camp politique et 1 million dollars à quiconque pourrait lui signaler une fraude électorale condamnable. Et enfin, mon tout, qui ose tout, c'est à ça qu'on le reconnaît, vient de suggérer la candidature de son honorable ami Victor Orban au poste de secrétaire général des Nations Unies pour succéder à Antonio Guterres. Pardon, monsieur le ministre, pour cette forme ironique, symbole une fois de plus d'un regard désespéré. Car menacer la démocratie de son pays, c'est une chose, mais menacer l'ordre international en est une autre, vous l'avez bien compris. Si la suggestion d'une candidature de Victor Orban à la tête de l'ONU, soutenue conjointement par les Etats-Unis, la Chine et la Russie, s'avérait ne pas être une blague de mauvais goût, la France, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, utilisera-t-elle, comme le propose l'article 27 de la Charte des Nations Unies, son droit de veto ?
vous répond de la parole au ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barraud.
le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Monsieur le Sénateur Stéphane Demilly, permettez-moi avec l'accord du Premier ministre d'exprimer la solidarité du gouvernement avec l'Espagne, endeuillée ce matin par une catastrophe ferroviaire épouvantable qui a d'ores et déjà fait plus de 68 morts. Notre ambassade sur place est en lien avec les autorités locales pour leur apporter toute l'assistance qu'elle le peut. S'agissant de votre question, non, le poste de secrétaire général des Nations Unies n'a pas vocation à être le lot de consolation d'un dirigeant battu dans les urnes, chassé par son peuple, alors que Marine Le Pen elle-même était venue faire sa campagne à Budapest en personne en mars dernier. Et non, la France ne saurait accepter. que les Nations Unies, cette organisation qu'elle a cofondée au service de la paix, du développement, des droits de l'homme, puisse être dévitalisée au fond, paralysée par des grandes puissances qui préféraient avoir les coups des franches pour imposer la loi du plus fort. D'abord parce que c'est notre vision, vous l'avez rappelé, de l'ordre international fondé sur les règles, fondé sur le droit, garantissant la justice et la liberté pour tous les peuples du monde. Mais aussi et sans doute surtout parce que c'est notre intérêt tant il est illusoire de penser qu'on pourrait protéger les Françaises et les Français contre les risques de la guerre, de l'intelligence artificielle, du dérèglement climatique ou des pandémies sans la coopération internationale, sans le multilatéralisme que permettent les Nations Unies. Et c'est la raison pour laquelle la France ne ménage aucun effort. comme membres permanents du Conseil de sécurité pour réformer les Nations unies, les rendre toujours plus légitimes, plus représentatives. C'est l'objectif de l'initiative que je porte pour encadrer le droit de veto des membres permanents du Conseil de sécurité pour que les populations civiles au Soudan, en Ukraine, à Gaza ou même en Iran puissent être protégées lorsqu'elles sont prises pour cible par les Nations unies. Vous voyez ce que nous attendons du futur secrétaire général ? c'est qu'ils puissent réformer les Nations Unies pour mieux les conforter, et certainement pas les discréditer pour mieux les enterrer. Monsieur Demi,
la parole est à notre collègue Pierre Kupéa sur le groupe des Républicains.
Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Le 11 novembre sera la consultation publique du projet d'arrêté relatif aux modalités d'application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacée d'extinction. Ce texte vise à étendre encore l'interdiction de l'importation de trophées de chasse de certains animaux prélevés hors de l'Union européenne. L'objectif peut paraître louable, mais l'enfer, on le sait, est pavé de bonnes intentions. En fait, cette mesure aurait un effet inverse à celui recherché. Dans le cadre juridique strict déjà applicable, la chasse, en effet, quand elle est pratiquée de manière responsable et de façon tout à fait légale comme aujourd'hui, contribue pleinement à la protection de la nature. Elle offre aux territoires intéressés, notamment à certains pays d'Afrique, d'importantes ressources qui permettent d'oeuvrer à la préservation des écosystèmes et à la conservation de la biodiversité. Elle constitue à cet égard la meilleure garantie contre le braconnage, la surexploitation et le trafic illégal des espèces sauvages. Allez-vous retirer ce projet d'arrêté qui, en privant de moyens les pays qui abritent les espèces concernées, pourrait se retourner contre la faune sauvage qu'il prétend défendre
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs. Monsieur le Sénateur Kuiper, Président du groupe d'études. Monsieur le Sénateur, la mesure a été annoncée par le Premier ministre aux associations de protection animale à l'été. Elle fait désormais l'objet d'une consultation. Je voudrais vous rassurer, il ne s'agit évidemment pas d'interdire la chasse ni d'une mesure généralisée puisqu'elle ne vise que les espèces les plus protégées. protégée notamment par la convention CITES. Il s'agit par ailleurs d'une mesure très ciblée en nombre, puisque seuls 24 permis ont été accordés en 2025. Et je voudrais par ailleurs redire devant votre Assemblée, évidemment, à quel point ce n'est pas une mesure qui contrevient à la solidarité et l'affection que nous portons à la chasse dans notre pays, et dont nous savons que les chasseurs sont des acteurs de promotion des territoires absolument indispensables. Je voudrais également dire à quel point nous ne nions pas le sujet très légitime que vous évoquez, qui est celui du financement de la protection de la biodiversité et du développement des communautés locales, notamment dans les pays africains. Nous nions pas que des modèles de chasse éthique réglementés, comme c'est le cas en Namibie, en Afrique du Sud, puissent... permettent de satisfaire à ces deux objectifs. C'est la raison pour laquelle il y a une consultation du public qui s'ouvre. Mais je crois simplement qu'il faut distinguer à la fois l'autorisation de chasse dans les pays extérieurs, qui n'est absolument pas remise en cause, et l'importation des trophées qui relèvent des règles de souveraineté nationale. J'ajoute d'ailleurs que d'autres pays européens ont pris des mesures similaires, comme la Belgique. la Finlande ou les Pays-Bas. En tout état de cause, évidemment, la consultation ne fait que débuter. Je suis à votre disposition pour pouvoir l'améliorer avec vous en tant que président du groupe d'études de casse d'échéant, monsieur le président. Monsieur Kupers.
le ministre, je pense qu'il ne faut pas jouer les paragons de vertu. Le WWF, dont la ministre a été la présidente pendant deux ans, et l'UICN défendent ce modèle de la chasse au trophée, quand il s'inscrit bien sûr dans une perspective raisonnable et durable, ce qui est bien évidemment le cas. Les pays africains dont il est question s'opposent à une telle évolution de la réglementation. Alors encore une fois, il s'agit d'une position purement idéologique. Il faut dire non à cette nouvelle surtransposition des règles européennes et nationales. Il faut arrêter de jouer les néocolonialistes en pénalisant les pays concernés. Alors respectons le droit des Etats. Ce projet d'arrêter, sincèrement, est une fausse bonne idée.
parole est à notre collègue Gusset Bourgie pour le groupe socialiste de la République.
Merci Monsieur le Président. J'associe à ma question notre collègue Olivier Jacquin, sénateur de Mert-et-Moselle. Monsieur le ministre de l'Intérieur, le samedi dernier, de nouvelles manifestations ont eu lieu partout en France. Contrairement au samedi 17 octobre, ces manifestations se sont bien passées. Nous avons relevé moins de dégradations, moins d'exactions que le 17 octobre et nous le devons aux forces de l'ordre que je tiens à saluer et à remercier. C'est bien la preuve, Monsieur le Ministre, que lorsque la France en donne les moyens, elle est capable de concilier le droit de manifester et le maintien de l'ordre public. Néanmoins, dans une vingtaine de villes, de Rouen à Nice, de Nancy à Montpellier, nous avons relevé... la commission de violence par des groupuscules d'ultra-droite. Que pouvez-vous nous en dire
vous répondre, la parole est au ministre de l'Intérieur, monsieur Laurent Nunez.
le Président, mesdames et messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur, je ne peux que confirmer d'abord le fait que les manifestations se sont passées sans incident, nonobstant la volonté acharnée. d'une partie d'entre eux, et notamment ceux qui appartiennent à la mouvance ultra-gauche et d'extrême-gauche radicalisée, de se diriger vers les centres-villes qui avaient été protégés, puisque les préfets, partout sur le territoire national, ont pris des arrêtés d'interdiction pour déplacer les manifestations à la périphérie. Merci d'avoir salué le travail des forces de sécurité intérieure. Ce que je peux vous dire sur la mouvance ultra-droite, c'est qu'effectivement, nous avons vu des groupes constitués en groupes compacts. un peu proche des groupes de combat, dans une quinzaine de villes, effectivement, allaient chercher des opposants d'ultra-gauche pour aller à l'affrontement. C'était samedi. Contrairement à ce que j'ai pu lire, voir, entendre ici ou là, les forces de l'ordre, chaque fois qu'il y a eu des fights entre eux, des affrontements, les en ont empêchés. Et chaque fois qu'elles ont pu, elles ont interpellé un certain nombre de ces individus. Ça a été le cas à Nice avec 11 personnes interpellées ou encore à Rouen où deux ont été interpellées de manière préventive. Et pour le reste, comme vous le dites vous-même, les forces de sécurité intérieure, elles étaient concentrées sur leur mission qui était de protéger les commerces et faire en sorte que les cortèges se déroulent bien. J'entends ici Éboula dire qu'elles auraient pu interpeller un groupe. Tout ça est bien loin de ce qu'est la réalité opérationnelle du travail des forces de sécurité intérieure. Leur mission, c'était de protéger les commerces. C'était la mission prioritaire et de protéger les biens et les personnes. Alors oui, on a pu voir des groupes de combat se balader dans les rues. Oui, les préfets ont saisi les procureurs de la République. Oui, il y aura des actions judiciaires. Et oui, je vous le dis, il y a eu des interpellations. Le règlement du Sénat fait que le membre du gouvernement ne peut pas répondre au sénateur. Je vous réponds par anticipation et je vous dis, quoi que vous disiez par la suite, monsieur le sénateur, il n'y a eu aucune complaisance des forces de l'ordre, aucune instruction du ministre de l'Intérieur de laisser faire et nous continuerons à agir contre l'ultra-droite comme nous le faisons contre l'ultra-gauche.
Monsieur le sénateur. Merci, Monsieur le Président. Monsieur le Ministre, je prends acte de votre réponse. Il ne saurait y avoir dans notre pays une conception asymétrique de la lutte contre les violences selon qu'elles viennent de l'ultra-gauche et de l'ultra-droite. Monsieur le Ministre, vous avez vu comme moi les images et les films. Ici ou là, nous avons pu constater que ces miliciens d'ultra-droite... se sont livrés à ces violences avec une passivité troublante de la part de certains éléments des forces de l'ordre. Ici ou là, nous avons pu relever ce qui s'apparente à une proximité, je n'ose dire, à une collision ou à une connivence. Il appartiendra aux parquets. Il appartiendra aux parquets qui ont été destinataires des films et des images de mener leurs enquêtes et de se prononcer. Monsieur le ministre, je tenais à vous dire que les forces de l'ordre ont une mission qui est très noble dans notre pays. C'est celle de préserver l'ordre public. C'est celle de protéger l'état de droit. C'est celle de protéger la République. Il vous appartient d'y veiller scrupuleusement. Aucune porosité avec les miliciens n'est acceptable. Nous y veillerons avec exigence. Il en va de l'ordre public, il en va de la République.
Merci mesdames et messieurs les ministres. Je vais suspendre la séance, elle sera reprise à 16h30 pour le projet de loi relatif à la protection des enfants. La séance est suspendue.
Voilà donc pour cette séance de questions au gouvernement, séance marquée par l'hommage du Sénat aux victimes de l'attentat raciste de Trappes et à la mobilisation des lycéens. On va débriefer tout ça bien évidemment avec cette question. La réponse du gouvernement à la colère de la jeunesse est-elle à la hauteur ? On en est encore très loin selon les organisations lycéennes et étudiantes. Mais Stéphane, vous avez des questions pour la ministre de l'enseignement professionnel. Elle aura peut-être des réponses, on l'écoute.
Sabrina Roubache, merci de nous avoir rejoints en salle des conférences. Malgré les annonces du gouvernement, les syndicats de lycéens et d'étudiants ont appelé à poursuivre la mobilisation. Est-ce que vous comprenez que cette mobilisation puisse se poursuivre ?
Alors écoutez, plusieurs choses. Déjà, rappelez quelques mesures qui ont été annoncées. Je suis la ministre de la Voix Professionnelle, du lycée pro et de l'apprentissage. Les lycéens professionnels, et je profite d'être à votre antenne sur Public Sénat pour rappeler que les lycéens de la Voix Pro, c'est un tiers de tous les lycéens. C'est 667 200 lycéens en voie professionnelle. Il a été annoncé, et on a annoncé, nous le gouvernement, 15 000 places dans le supérieur, dont 10 000 places en BTS. qui concerne directement les lycéens de la voie professionnelle. Est-ce que je trouve normal, vous savez, moi je ne trouve jamais anormal des mobilisations ? La réalité, c'est que c'est comme ça qu'on fait avancer des débats, qu'on fait avancer des combats pour plus de droits, pour des changements. La réalité, c'est que quand même, ces mobilisations nous ont adressé, et le gouvernement y répond, le Premier ministre l'avait dit, le Président de la République nous a demandé à fixer la ligne sur les réponses. Qu'est-ce qu'ils vous demandent, les jeunes, notamment les lycéens ? Je parlerai après probablement des étudiants. C'est qu'ils veulent, par exemple, des choses relativement simples, mais qui ont été aussi annoncées. Des pauses méridiennes un peu normales. Une heure, ils ne demandent pas grand-chose, c'est une heure. Ils demandent un parcours sup' plus transparent. Vous savez, l'abrogation de parcours sup', ça reste quand même quelque chose qui est... Tout ça, vous y avez
répondu, mais il dit que ça ne suffit pas. Vous comprenez que ça ne suffise pas ?
À un moment donné, comment vous dire, je ne sais même pas que je comprends que ça ne suffise pas. Ils nous demandent des choses très précises. On a parlé du bâti scolaire. Moi, je ne dis pas que ça ne suffit pas. On a annoncé 4 milliards en prêts bonifiés par l'État pour aider les régions. Donc c'est des prêts bonifiés aux régions de 4 milliards plus 1 milliard pour les campus. Je l'ai fait sur Marseille-en-Grand. J'ai porté le plan école. le plan Marseille-en-Grand, il y avait le plan École et nous avions du prêt bonifié à hauteur de 500 millions d'euros. Ça permet quand même d'amorcer la pompe sur la commande publique et surtout d'accélérer sur les travaux. La réalité, c'est que les demandes, elles sont larges, elles sont vastes et qu'on y répond au fur et à mesure des concertations. Donc, s'ils considèrent qu'ils doivent continuer à se mobiliser, à nous adresser des messages, à nous, le gouvernement, d'y répondre au fur et à mesure, dans l'esprit de concertation que j'aime. Et c'est ce qu'on fait, et je crois que c'est quand même en responsabilité qu'on peut l'assumer.
Vous étiez à côté du président de la République à Marseille lundi, quand il a dit que les réseaux sociaux abîment notre démocratie. Fallait-il annoncer les réponses à cette crise lycéenne à des influenceuses ? D'abord, c'était le cas, elles sont allées à Matignon avant les syndicats étudiants. C'est pas le président
de la République, non. Le président de la République a reçu... Le président de la
République, non. C'était à Matignon. Mais quand le président de la République disait à Marseille que les réseaux sociaux abîment la démocratie, à Matignon, le Premier ministre réservait ses annonces à des influenceuses. Est-ce que c'était la bonne manière de faire ?
Vous savez, à un moment donné, de quels réseaux sociaux parle-t-on ? Vous parlez à quelqu'un qui a écrit dans son premier livre « Je déteste les réseaux sociaux ». La réalité, c'est que les réseaux sociaux, ce dont parle le président, le président n'a pas dit « les influenceurs abîment la démocratie ». Il n'a pas dit ça. Il a dit « les réseaux sociaux ». Parce que c'est devenu un déversoir de haine. On le sait, vous le savez, je le sais. On est menacé de mort toute la journée. On voit des choses immondes y passer. Et nos enfants y sont exposés. Rappelez-vous que le président de la République... passé quand même, ça a été son grand truc, et tant mieux, l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Mais on ne parle pas de la même chose, vous confondez deux sujets.
Donc ce n'était pas une maladresse. Merci Sabrina Roubaix d'avoir répondu à nos questions.
de nouvelles annonces, Stéphane, à retenir ni de cette séance de questions au gouvernement, ni de votre interview. Vous aurez peut-être plus de chance avec Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur. Il est à votre micro, Stéphane.
Bonjour Philippe Baptiste. Bonjour. Une première question de méthode comme celle que j'ai posée à Sabrina Roubach. Vous receviez donc lundi les organisations lycéennes. Les annonces ont été faites par des influenceuses avant qu'elles soient données aux syndicats étudiants, que ce soit les étudiants ou les lycéens. Est-ce que ce n'était pas une maladresse quand même ?
Je pense que le but du jeu, c'était aussi d'utiliser un peu les capteurs que sont ces influenceurs et ces influenceuses pour comprendre aussi... comment ils ressentaient l'état général de leurs « followers ». Mais ce qui est fondamental, c'est de travailler avec les organisations syndicales, avec les organisations étudiantes. Moi, je les reçois très régulièrement. Et quand je dis très régulièrement, je les voyais encore hier, vous voyez, après les avoir vus la veille avec le Premier ministre. Et donc, c'est un dialogue qui est un dialogue constant parce que c'est comme ça qu'on sortira de la crise. Et je crois vraiment à l'importance des corps intermédiaires et en particulier des syndicats.
Mais quand elles se disent mépriser ces organisations étudiantes, est-ce qu'on n'a pas raté quelque chose finalement ? Non,
je ne crois pas vraiment. Ce n'est pas du tout ni l'esprit du Premier ministre et vraiment pas du tout le mien. Il n'y a aucun mépris vraiment loin de là. La porte, elle est toujours ouverte. Moi, j'ai toujours affirmé que... mouvement dans les universités qui est un mouvement qui est un mouvement qui est fort aujourd'hui et il faut qu'on y réponde et pour y répondre il faut y répondre par le dialogue et le dialogue il se fait avec les organisations représentatives
alors ces réponses c'est par exemple parcoursup c'était très très attendu vous avez d'abord annoncé que la plateforme serait plus transparente dans un premier temps et qu'ensuite elle serait remplacée en 2028 pour la remplacer il faudrait une nouvelle loi est ce que vous pouvez vraiment vous engager aujourd'hui à ce que cette plateforme elle soit remplacée en 2028 alors
Avant Parcoursup, dans les demandes des étudiants, la question Parcoursup existe, mais il y a aussi énormément de choses sur le bâti. Et là, on y répond par quand même un plan d'investissement avec un milliard de crédits nouveaux, additionnels, qui vont arriver. Il y a des questions sur les bourses. On y répond par l'indexation des bourses, qui est un sujet qui a... Qui était gelé depuis 2024.
Oui,
mais le fait d'indexer de manière tous les ans les bourses, c'est une demande qui est là depuis des décennies peut-être, donc vraiment très très forte. Donc il y a énormément de demandes auxquelles on répond maintenant. Maintenant, le sujet parcoursu. Est-ce que vous pourrez tenir votre promesse ? Voilà ma question. Moi, en général, je suis un ingénieur avant... un politique un scientifique avant d'être un politique donc j'aime bien quand je dis quelque chose d'être à peu près sûr que je suis en capable de le faire je l'ai toujours fait et je continuerai à le faire je crois donc c'est très simple aujourd'hui on a fait une série de propositions qui sont sur la table et qui sont qui vont des évolutions majeures de parcoursup dès 2027 évidemment ça permet de garder un outil qui est conforme à la loi actuelle parce que parcoursup c'est pas une plateforme qui est en l'air parcoursup c'est adossé sur une loi qui s'appelle La loi ORE, Relontation réussie des étudiants. Absolument, qui date de 2017. Et donc, si on veut aller plus loin, on doit bouger la loi. Et c'est bien l'objet du débat qu'on va avoir ce soir et la semaine prochaine à l'Assemblée et au Sénat pour discuter des fondamentaux. Il faut se poser des questions très simples pour savoir ce qu'on veut faire plus tard. Est-ce qu'on veut plus de sélection ? Est-ce qu'on veut moins de sélection ? Question tabou, mais il faut quand même la poser. Est-ce qu'on veut un enseignement supérieur qui soit professionnalisant ou un enseignement supérieur qui soit très académique, etc. Est
-ce qu'aujourd'hui, à notre micro, vous vous engagez à ce qu'avant que votre gouvernement ne soit plus en poste, il y ait une loi pour remplacer la loi ORE ?
Vous savez, ça c'est l'objet d'une discussion. Justement, il faut regarder. C'est un objectif. Je crois que je serai plus à même de vous répondre à l'issue de ce débat et de ce soir et du débat de la semaine prochaine. Parce qu'il faut justement aussi... qu'on comprenne un petit peu quelles sont les tendances au sein des deux hémicycles pour justement identifier les voies de passage. Vous savez comme moi qu'aujourd'hui, les voies de passage ne sont pas toujours simples à l'Assemblée en particulier. Et donc, il faut qu'on comprenne aussi, justement, il y a plein de gens qui réclament effectivement la fin de Parcoursup. C'est très bien, mais je n'ai pas encore entendu beaucoup de propositions, mais je les attends dès ce soir.
Et on suivra ça, évidemment, sur Public Senastime. Merci
beaucoup.
Philippe Baptiste au micro de Stéphane Duguay. Merci beaucoup Stéphane. La réponse du gouvernement à la colère des lycéens est-elle à la hauteur ? Pour en parler, pour en débattre, j'ai le plaisir d'accueillir sur ce plateau Loïc Hervé, bonjour. Bonjour. Vous êtes sénateur union centriste de la Haute-Savoie. Emeric Durox, bonjour. Bonjour. Sénateur RN UDR de la Seine et Marne. Nian Brossat, bonjour. Bonjour. Sénateur communiste de Paris, Audrey Lickenheld, sénatrice PS du Nord, vice-présidente de la commission des lois. Pas d'annonces, enfin pas de nouvelles annonces du gouvernement. à l'occasion de cette séance des questions au gouvernement. Pas vraiment d'annonce non plus au micro avec Philippe Baptiste au micro de Stéphane Duguay. Les lycéens disent on continue la mobilisation, nouvelle mobilisation ce samedi. Est-ce que vous les soutenez, madame la sénatrice ?
Bien sûr, on les soutient depuis le début et ils ont bien raison de poursuivre le mouvement. Malgré
la porte ouverte, la main tendue du gouvernement.
Parce que j'allais dire, ça fait plusieurs semaines déjà qu'ils sont dans la rue à dire leurs revendications et qu'il a fallu attendre... ces derniers jours pour qu'enfin la porte s'ouvre un petit peu, pour qu'enfin une main leur soit tendue. et qu'ils soient reçus après les influenceurs, ça montre quand même le mépris, je pense, et l'indifférence que le gouvernement leur démontre depuis le début. Donc ils ont raison de continuer à bouger, même si des réponses ont été formées.
Alors effectivement, les annonces du gouvernement, on va les voir. Refonte de parcours sup, 15 000 places en plus dans l'enseignement supérieur, 500 créations de postes d'enseignants, 4 milliards pour rénover écoles, collèges et lycées. Il y a quelque temps... Il y a quelques années, un dirigeant du Parti communiste disait « il faut savoir terminer une grève ». Est-ce que vous vous dites aux lycéens « il faut reprendre le travail » ? C'est ce que disait d'ailleurs Philippe Baptiste. Vous avez
de la culture, donc vous connaissez la phrase en entier « il faut savoir terminer une grève » quand satisfaction a été obtenue. Et en l'occurrence, les lycéens, les étudiants qui sont mobilisés maintenant depuis de nombreuses semaines considèrent que satisfaction n'a pas encore été obtenue et que le compte n'y est pas. Mais pour le reste, ce que je note, c'est comme le disait d'ailleurs très justement Audrey Lincolnel, Le retard de temps à l'allumage du gouvernement qui a mis des semaines avant de dénier répondre aux lycéens et aux étudiants mobilisés, après les avoir traités avec beaucoup de mépris, après avoir considéré que tout ça n'était qu'une affaire de violence, que les revendications étaient nébuleuses. On continue
le combat, vous serez dans les manifs samedi. Bien sûr,
nous serons de toutes les mobilisations aux côtés des lycéens et des étudiants. Mais je voudrais inciter sur un autre point. Il y a des mobilisations de jeunes, il y a aussi des mobilisations de personnes qui sont salariées, qui travaillent, de gilets jaunes. Le 5 novembre, notamment. Bien sûr, mais qui demandent des augmentations de salaire, des mesures sur les carburants et sur toutes ces questions-là. Sur les questions relatives au pouvoir d'achat, pour l'instant, il n'y a aucune réponse. Pire que ça, le prochain budget présenté par le gouvernement va de fait sacrifier encore les classes populaires et les classes moyennes. Donc ils ont encore beaucoup de travail avant de répondre aux besoins des gens. Il faut qu'on parle aussi de
l'attentat de Trappes, évidemment. Émeric Durox, même question. Est-ce que vous soutenez la mobilisation des lycéens ou vous dites stop ? Revendication. Il y a eu des annonces de la part du gouvernement et elles sont satisfaisantes, selon vous.
À ce sujet, je voudrais m'exprimer en tant qu'homme politique, comme mes collègues, mais aussi en tant qu'ancien enseignant et professeur de lycée en histoire-géographie. Je crois qu'il est temps de revenir sur les bancs de l'école. Ils ont pu se faire entendre, même s'il y a eu du retard à l'animage de la part du gouvernement, qui est resté assez sourd quant à leur revendication. Revendication qu'on peut résumer surtout en deux points principaux. Le parcours sup, qui en réalité n'est qu'un symptôme. de la massification de l'enseignement. Parcoursup n'est qu'un algorithme qui met en relation les offres du supérieur avec les demandes, les demandes des lycéens. Il y a de plus en plus de lycéens qui demandent à rentrer au supérieur, sauf qu'il n'y a pas beaucoup de débouchés dans le supérieur. En réalité, c'est une sélection qui ne se fera pas dans Parcoursup, mais par l'échec. Et ensuite, la deuxième réunication qui est beaucoup plus importante, c'est le manque de profs. Là, je les rejoins complètement. Pourquoi il y a un manque de profs ? Parce que c'est un métier qui est de moins en moins attractif.
Vous les rejoignez, mais vous leur dites retourner en classe.
Parce qu'il y a eu quand même quelques gestes. Je pense aussi avant tout, je voudrais terminer là-dessus, aux 80-90% des lycéens qui ne font pas grève et qui souhaitent continuer leur cours. Il y a déjà eu des semaines de perdus. Je pense à leur avenir. Il est temps maintenant de rentrer en classe.
Loé Kervé, même question. Est-ce qu'il est temps de rentrer en classe ? Et puis surtout, Philippe Baptiste qui annonce un débat au Sénat sur Parcoursup. Vous aurez, j'imagine, l'occasion d'intervenir dans l'hémicycle. Vous avez des questions pour le gouvernement à ce sujet sur Parcoursup
J'ai des questions comme élu et puis j'ai des questions comme père de famille. puisque j'ai des enfants qui sont l'une en supérieur, le deuxième en lycée, professionnel d'ailleurs, et la troisième au collège. Donc évidemment que j'aurai des questions à poser, puisque je pense que notre pays, de manière générale, et ses élus en particulier, ont un problème avec la jeunesse. On est un pays qui n'écoute absolument pas ce que les jeunes ont à dire. Il faut attendre des mouvements comme celui des lycéens pour se rendre compte qu'il y a une jeunesse dans ce pays. Or, la jeunesse de ce pays... et de manière totalement légitime, des attentes qui sont fortes. Imaginez qu'un certain nombre de lycéens sont descendus dans la rue simplement pour avoir un prof de maths avant Noël. Je répète, pour avoir un prof de maths. Je me rappelle au moment de la rentrée, quand Gabriel Attal était ministre de l'éducation nationale, ça remonte à 3 ans, il y avait 7000 profs absents. Le jour de la rentrée. Bon, et là, maintenant, il y a eu des annonces. Oui, alors, les annonces, très bien. Il faudra quand même qu'elles se traduisent. C'est la fin des vacances, on oublie, mais les lycéens ne sont pas à l'école cette semaine parce qu'ils sont en vacances. Donc, moi, je pense qu'il y a deux choses. D'abord, évidemment, il y a des réponses. Et moi, j'attends ministre Jeffrey, au-delà de l'ouverture qui a été la sienne. et des annonces qui ont été faites, et du positionnement qui était plutôt pas mal aujourd'hui dans les réponses qui ont été les siennes, dans les dialogues qu'il a pu avoir, y compris avec le président de la commission culture du Sénat, Pierre-Antoine Lévy, hier matin, et un certain nombre de nos collègues sénateurs de la commission qui sont allés à sa rencontre, donc les choses bougent, mais nous sommes, nous, parlementaires, dans une action de contrôle de l'action du gouvernement, donc c'est à nous aussi de demander des comptes. au nom du peuple pour qu'on s'assure que d'ici Noël... En
deux mots, vous dites aux lycéens qu'il faut retourner en classe ou pas ? Non, mais
les lycéens, ils veulent retourner en classe. Il faut arrêter de faire croire que les lycéens, ils sont contents d'aller manifester. S'ils manifestent, c'est parce qu'ils veulent aller en classe. Ils veulent aller dans les classes, dans des bâtiments qui sont en bon état, qui sont chauffés l'hiver et il ne faut pas trop chaud l'été. Enfin, à un moment donné, arrêtez de donner une image de la jeunesse qui serait... Moi, précisément. Non, mais vous, un grand vous, pas vous en particulier. Non, mais sérieusement. demande que ça, ces lycéens et ces étudiants, on devrait être fiers de cette jeunesse, qui a envie d'étudier, qui a envie de travailler, que le gouvernement leur
répond. Et je poursuis dans le sens d'Audrey Lincolnel en disant qu'il est urgent que le gouvernement ait une discussion avec les présidents et présidentes de conseils régionaux sur la question propre de l'état des établissements, dans le privé et dans le public, dans les deux, dans le général et dans le professionnel, dans l'ensemble de ce qu'on peut proposer. au niveau des collèges et des lycées, et de regarder aussi ce que ça appelle en termes de financement. Parce que les régions sont un très gros contributeur au projet de loi. Attendez, parce qu'on passe un petit point sur
les universités. 15 000 places en plus annoncées dans l'enseignement supérieur. Stéphane, à votre micro, Laurence Garnier, sénatrice LR de Loire-Atlantique, à l'origine précisément d'un rapport sur les universités.
Bonjour Laurence Garnier. Bonjour. Ces 15 000 places annoncées en plus, notamment en BTS dans les filières techniques, industrielles et scientifiques, est-ce que c'est ce qu'il faut faire ? Est-ce que ça va dans le bon sens ?
Alors ce qui est certain, c'est qu'on manque aujourd'hui cruellement de places dans les filières courtes professionnalisantes. Ce qui fait qu'aujourd'hui, beaucoup de bacheliers issus des bacs techno et professionnels se retrouvent sur les bancs de l'université. Le taux d'échec en licence... à l'université d'un bachelier professionnel, c'est 95%. Donc évidemment, on ne peut pas continuer à précipiter nos jeunes vers l'échec, comme on le fait aujourd'hui. Donc l'ouverture de place dans des filières courtes. professionnalisante, ça, ça correspond à ce qu'il faut faire. Par contre, ouvrir grand les portes de l'université pour tous les étudiants qui le souhaitent, pour aller vers une licence généraliste, puis vers un master généraliste, il n'y a pas ensuite de perspective, de débouchés professionnels, ça c'est mentir aux jeunes qui ne trouveront pas d'emploi, qui ne pourront pas s'insérer et nourrir à terme cette colère qu'on constate déjà suffisamment aujourd'hui.
Alors dans le rapport que vous avez rédigé après la commission d'enquête que vous avez menée sur l'université, vous appelez à passer à une... sélection un peu plus musclée ? Est-ce que le bac ne soit plus une garantie de pouvoir s'inscrire dans le supérieur ? Est-ce que, justement, ce n'est pas en contradiction avec cette demande des étudiants d'ouvrir grand les portes de l'université, d'ouvrir 250 000 nouvelles places à l'université ?
qu'on refuse, véritablement, et c'est ce qu'il faut bien comprendre, c'est de mentir aux jeunes. Et c'est ce qu'on fait aujourd'hui. Quand on envoie... En licence de philosophie, un bachelier professionnel qui n'a jamais fait de philosophie, on lui ment, on lui fait croire qu'il va réussir dans les études supérieures, c'est faux, il n'y arrive pas, ça ne sont ni ses aspirations, ni ses compétences. Donc ce qu'il faut, c'est changer de logique, plutôt que de dire il faut 100% d'une classe d'âge sur les bancs de l'université, il faut 100% d'une classe d'âge avec un métier et avec un avenir. Et quand nous parlons de sélection, c'est une sélection qui doit... permettre aux jeunes de réussir. Aujourd'hui, je voudrais rappeler un chiffre qui est extrêmement éloquent, c'est qu'un jeune sur deux qui entre à l'université en sortira sans aucun diplôme universitaire cinq ans après. C'est à ça qu'il faut mettre un terme, c'est un gâchis humain pour ces jeunes, social et financier pour la nation.
Merci beaucoup Laurence Garnet d'avoir répondu à nos questions.
Merci beaucoup Stéphane pour votre intervention. L'autre moment fort de ces questions au gouvernement, c'était les suites évidemment de l'attentat raciste de Trappes qui a fait vendredi dernier un mort et sept blessés. Audrey, beaucoup, beaucoup d'émotions dans l'hémicycle au début de cette séance. Vous l'avez suivi de près.
La séance qui a commencé par un temps de recueillement de l'hémicycle en hommage aux victimes de cet attentat raciste. Dans son discours, Gérard Larcher a pointé du doigt les paroles qui divisent manière de dénoncer le climat politique et médiatique qui se polarise en pleine campagne présidentielle. On l'écoute.
n'est jamais acquise. Nous devrons être attentifs aux paroles qui divisent, qui excluent, qui soufflent sur les braises. C'est d'abord une responsabilité des politiques, des médias, mais aussi de chaque citoyen. Ce sont les valeurs de la République qui ont été bafouées à travers ces crimes. Ce mal qui ronge notre pays exige une nécessaire prise de conscience individuelle, tout autant qu'un indispensable sursaut collectif.
ce climat qui favorise la montée des racismes, il en a aussi été question lorsque les sénateurs ont interpellé le gouvernement. Adelziane pour les socialistes a appelé les ministres à nommer les choses. Il a aussi demandé des actes concrets pour lutter contre ce fléau.
le ministre, madame la ministre, quelle mesure le gouvernement entend-il prendre pour combattre cette montée, cette diffusion du racisme, en particulier dans les médias, et protéger les personnes visées qui expriment aujourd'hui leur peur d'être prises pour cible en raison de leur couleur ou de leur religion ?
Aurore Berger, la ministre en charge de l'égalité, lui a assuré que des mesures concrètes seraient incluses dans le projet de loi de lutte contre le racisme et l'antisémitisme qui sera examiné au Sénat à partir du 14 décembre prochain. Mais elle a aussi tenu à nommer les choses au nom du gouvernement. On l'écoute.
y a malheureusement une banalisation de la parole raciste dans notre pays ? La réponse est oui. Est-ce qu'il y a une banalisation de la parole antisémite dans notre pays ? La réponse est oui. Est-ce qu'il y a un certain nombre de nos concitoyens qui sont visés à raison de leur couleur de peau, de leur religion réelle ou supposée d'ailleurs ? La réponse est oui. Monsieur le Premier ministre présidera un hommage national en hommage aux victimes qui sont tombées à trappe et à la verrière, au regard aussi du fait que certaines victimes continuent à lutter pour leur vie. Vous comprendrez qu'évidemment les modalités de cet hommage seront à préciser, mais c'est le Premier ministre lui-même. qui présidera cet hommage national. Et je crois que faire République, c'est pouvoir être ensemble, associés et faire bloc derrière la haine raciste, derrière la haine antisémite, derrière la haine à l'encontre de nos compatriotes musulmans, parce que toutes les vies se valent et parce que tous les Français doivent être protégés.
l'avez entendu, un hommage national sera présidé par le Premier ministre. Les contours doivent encore être définis. Quant à l'auteur des faits, il semblerait qu'il ait agi en loup solitaire, d'après le ministre de l'Intérieur. Des profils particulièrement difficiles à repérer pour les services de renseignement.
Merci beaucoup Audrey pour toutes ces précisions. Emmerich Durox, je voulais vous soumettre ces mots de Gérald Archer. Nous devons être attentifs aux paroles qui divisent. Est-ce que vous vous êtes senti visé ? Est-ce que vous avez senti que votre parti, le Rassemblement National, était visé
Aucunement. Peut-être voulait-il faire allusion à la fake news diffusée par le soi-disant journal de référence Le Monde, qui a osé dire sans vérification aucune qu'il y aurait eu des tracts du RN dans sa voiture. Après, heureusement, c'est la moindre des choses. D'ailleurs, l'entièreté... de la gauche s'est précipité pour faire des tweets. Je crois que, d'ailleurs, M. Brossard en a fait un. Heureusement, on supprimait depuis, comme quoi, parfois, il faut un petit peu réfléchir avant de tweeter. Je vois bien, malheureusement, dans ce drame affreux... – Ce n'est pas des condoléances que vous aviez présentées, c'est des excuses. – Je ne vous ai pas d'accord. – Vous avez une très lourde responsabilité dans cette affaire. – Oui, tout à fait, bien sûr. – Et c'est le terminé, M. Brossard, et c'est le terminé. – C'est tonteux, vous continuez. Vous ne vous êtes pas excusé pour la fête que ce que vous avez diffusé. – Vous répondez le racisme matin, midi et soir. – Terminé, terminé. On essaye de
débattre calme. Vous terminez. Je voudrais
ici montrer la une de l'humanité d'un article de 2003 qui disait « attrape l'islamisme, tisse ». sa toile. C'est peut-être ceux-ci qui étaient racistes et islamophobes à l'époque. Je ne sais pas si la ligne a changé. Personne n'a dit l'inverse.
Nous condamnons une mystérisation
complète du débat. la gauche qui n'a plus que ça à dire, en maniant des concepts comme l'islamophobie importée, manipulée par les frères musulmans, manipulée par les frères musulmans, ils n'ont plus que ça à faire, parce que malheureusement, ils n'ont plus d'ouvriers, ils n'ont plus d'électorats. Mais juste pour terminer là-dessus, vous condamnez l
'attentat raciste. Mais enfin,
évidemment que c'est un attentat raciste, sauf qu'il était aussi pro-palestinien, puisqu'on l'a retrouvé dans quelques manifestations.
Brossat, votre réponse. Et on essaye de dialoguer, de débattre. Peut-être pas dans le sourire, en tout cas dans le calme. Excusez-moi. Mais c'est
difficile pour eux d'avoir du respect. Je n'ai pas vocation à
dialoguer avec des gens qui font du racisme. Je dis... Laissez-le
parler maintenant.
Un certain nombre de choses. Oui, bien sûr. En l'occurrence, il y a un parti, plusieurs partis, mais notamment le Rassemblement National, qui a passé son temps depuis des années à instiller le venin de la haine, de la division. et du racisme dans notre pays. Lorsque, sur cette antenne, Madame Diaz dit que Trapp est une république islamique, lorsqu'elle le dit après une république islamique, lorsqu'elle le dit après... Lorsqu'elle le dit... après cet attentat, c'est-à-dire qu'elle le dit en connaissance de cause, en sachant pertinemment ce que ça provoque, en sachant que, en disant ça, on met une cible dans le dos des habitants de Trappes, bien sûr qu'on porte une responsabilité. C'est la raison d'ailleurs pour laquelle nous avions déposé, nous, les communistes, ici même, une proposition de résolution pour faire en sorte que toute personne qui a été condamnée pour racisme ou antisémitisme soit... inéligibles. Il ne devrait plus y avoir de candidat à une élection qui a été condamné pour racisme ou antisémitisme, par exemple. Personne chez LFI n'a été condamné pour antisémitisme, à ma connaissance. En revanche, M. Zemmour a été condamné à de très nombreuses reprises. Et il a été l'un de ceux qui ont ciblé la population de Trappes. Donc oui, ces gens ont une responsabilité. Et deuxièmement, il y a une responsabilité médiatique aussi. Lorsque vous avez une chaîne comme CNews qui, là aussi, matin, midi et soir... instillent ces propos racistes, elles devraient être mises hors d'état de nuire et donc elles devraient fermer. Et donc elles devraient fermer, bien sûr. On a pas le droit de critiquer l'islamiste. On a pas le droit d'être raciste, monsieur. Je comprends que ça vous dérange parce que ça vous enlève un certain nombre d'arguments. Ça, bien sûr, ça vous dérange. Remarquez, si on se débarrassait du racisme, on se débarrasserait de vous. J'aimerais que tout le monde puisse s'exprimer.
Stop ! J'aimerais que tout le monde puisse s'exprimer. Allez-y, madame.
Simplement dire d'abord que je me réjouis qu'un hommage national soit rendu. Je pense que, vu ce qu'on vient d'entendre, ça sera nécessaire. Et dire aussi que, bien sûr qu'il y a des paroles qui divisent et elles divisent pas seulement sur ce plateau. Hier soir, nous étions dans le débat casseur-payeur, j'ai entendu de la part du Rassemblement national, beaucoup de paroles qui divisent, beaucoup de paroles qui amalgament les Français, les étrangers, leur couleur de peau, leur religion supposée. C'est tous les jours, c'est ce qu'on entend et c'est ce qu'on combat. Et je ne sais pas ce qu'il y aura dans le projet de loi. Qu'est-ce que vous dites ? C'est-à-dire qu'il
faut moins de temps de parole pour la Rassemblement national ? Pas du tout, je dis simplement que
les paroles qui divisent... elles existent, et qu'il faut, parole après parole, rétablir les faits, rétablir le fait que c'est pas les étudiants étrangers qui posent des problèmes dans les lycées et les universités, c'est ce que vous dites, que la préférence nationale n'est pas la réponse au problème de la crise du logement, c'est tout ce qu'on entend, et nous serons toujours là pour rétablir les faits, et pour rappeler qu'en effet, le racisme, ça n'est pas une opinion, c'est un délit, et que ça tue, et on l'a vu encore attrape. Le HRG,
vous êtes très sage. Tout à l'heure, j'aurais voulu vous dire... que j'avais trouvé que l'ambiance dans l'hémicycle du Sénat était très différente aujourd'hui qu'elle ne l'a été à l'Assemblée nationale hier.
Mais écoutons ce débat ici,
c'est difficile d'avoir cet argument-là par opposition à ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale. Ce que je voulais vous dire de manière extrêmement claire, c'est que le racisme est un péril immense pour notre pays et que le risque des conséquences de l'avènement au pouvoir de gens qui ont ces théories-là dans les mois qui viennent... Je parle de vous, oui, carrément. Ça veut dire que... Oui, centre droit, et assumé, et toujours, et un opposant au RN. Vous êtes en train de dire que le RN est raciste. Vous vous rendez compte ?
Vous allez pouvoir lui
répondre, je vous donne la parole juste après. Vous allez répondre après. Vous avez eu la parole en
premier. J'ai même pas eu le temps d'expliquer pourquoi c'est un péril pour le pays. Le risque, c'est la réessentialisation Français qui sont pour beaucoup d'entre eux des gens extrêmement bien intégrés. Et donc, vous avez des gens qui ont leurs parents, leurs grands-parents qui sont venus de l'autre côté de la Méditerranée, d'Afrique, d'Asie, d'autres pays. Et la libéralisation, la libération de la parole raciste, antisémite, qui fait que le noir va redevenir un noir, l'arabe va redevenir un noir, l'homosexuel va redevenir un homosexuel, c'est l'explosion de la société. Et c'est l'inverse du modèle français. Vous êtes français parce que vous êtes français, point. Et donc, à partir du moment où, dans le pays, au comptoir du bistrot, dans la rue, dans l'entreprise, dans la vie associative, on va considérer la personne par rapport à ce qu'on considère être ses origines, vous faites exploser le pacte social. Et c'est ça qui est extrêmement dangereux. Et donc, évidemment, quand le président du Sénat dit « on a la responsabilité des politiques, on a la responsabilité des médias, on a la responsabilité de chacun d'entre nous », C'est qu'on a une responsabilité individuelle. Et moi, si je fais de la politique depuis 18 ans, et que j'ai toujours été un opposant au Front National, toujours, toujours, toujours, toujours, vous pouvez trouver ça. Vous pouvez screener, mais vous pouvez... oui, mais je vous le dis, vous en foutez. Vous avez screené mes prises de position depuis très longtemps. Vous verrez. Ce qui est très
grave aujourd
'hui dans notre pays, c'est que qui est un délit et pas une opinion, c'est-à-dire le racisme ou l'antisémitisme, aujourd'hui est un étendard. Et ça, ça me pose de vrais problèmes et me fait avoir une inquiétude, je vais vous le dire, pour mes enfants.
Juste peut-être sur le diagnostic, est-ce que vous reconnaissez une banalisation de la parole raciste aujourd'hui en France
? Il y a en effet une rupture du contrat d'universalisme qui fonde notre pays, essentiellement, majoritairement, fait par le principal parti de gauche qui s'appelle... et les filles, et qui essentialisent absolument tout. Ce qui est scandaleux dans ce que j'ai entendu, et notamment dans la bouche de M. Hervé, c'est de sous-entendre que le premier parti de France, qui arrivera peut-être bientôt au pouvoir, serait un parti raciste. Nous n'avons jamais été condamnés pour cela. Les 38% de Français... Il est mort, il n'est pas là. Les 38% de Français... Les 38% de Français qui votent pour nous, seraient-ils tous racistes ? C'est ce que vous sous-entendez ? C'est absolument scandaleux. Nous sommes le parti qui permettra de réunir tous les Français, contrairement à ceux qui veulent nous diviser, justement, en fondant leur diagnostic sur la religion, sur la race, etc. Mais c'était il y a 40 ans. Moi, je suis arrivé il y a bien plus longtemps. Et il y a un très grand nombre. Mais ça n'a rien à voir. Il y a un très grand
nombre. Mais c'est pas lui. Vous êtes juge,
madame ? Il a dit que ce n'était pas lui. Vous êtes juif. Il a dit que ce n'était pas lui. Attendez, parce que là, on comprend plus. Les révélations,
effectivement, de
Mediapart. Le seul argument de nos adversaires, c'est à chaque drame qu'il y a comme ça, c'est de dire vous êtes raciste, etc. Il n'y a rien qui nous relie au racisme. Il n'y a rien qui relie cet individu pathétique et dangereux à nous ou à une quelconque idéologie. On a compris les accusations à droite à gauche. Maintenant,
on fait quoi ? Très concrètement, qu'est-ce qu'on fait ? Yann Brossach, est-ce que vous avez des propositions pour lutter contre le racisme aujourd'hui en France ?
Je vous l'ai dit, une mesure très... concrète, l'inéligibilité de toute personne qui a été condamnée pour racisme, en l'occurrence. Je le redis, nous avons déposé cette proposition de loi il y a trois ans maintenant. Le gouvernement, président de la République y compris, a dit qu'il était favorable à cette mesure. Il y a un projet de loi qui arrive ici au Parlement. J'aimerais qu'il soit examiné dans quelques
semaines pour lutter contre l'antisémitisme
et le racisme. Vous allez la voter ? Si cette disposition en fait partie, oui, bien sûr. Et je pense que ce sera une œuvre de salubrité publique. Parce qu'une fois de plus, avoir des candidats à des élections, y compris à l'élection présidentielle, qui ont été condamnés pour racisme, ça n'est pas bon pour notre démocratie. Même question
sur les solutions, les mesures pour lutter contre le racisme.
Je ne sais pas si c'est des mesures, je verrai ce qu'il y a dans ce projet de loi, mais je pense qu'il faut qu'on tienne compte chacun de ce qu'on vient de dire. Donc c'est notre responsabilité individuelle et collective. Ça veut dire qu'aucun d'entre nous qui ne partage des propos racistes et xénophobes ne lâche. Ça veut dire que quand on entend ce qu'on entend, on ne lâche pas, on répond. Et même si ça crée de la dispute sur un plateau, ça vaut pour les hommes et les femmes politiques, ça vaut pour tous les citoyens qui partagent nos valeurs et celles qu'a rappelé Loïc Hervé, ça vaut pour les journalistes, ça vaut pour tout le monde. Je pense que c'est ça notre responsabilité à tous. Ça passe pas d'abord par des textes de loi, ça passe par notre attitude au quotidien. Ne rien lâcher là-dessus, ne pas être lâche, être courageux, même quand c'est difficile, même quand on s'en prend plein la figure, même quand le populisme c'est ce qu'il y a de plus difficile à contrer, ne rien lâcher.
J'ai revu une vidéo il y a quelques jours d'un parlementaire du RN, qui s'appelle M. Chudo, qui a attaqué Najat Volobel-Kassem sur le fait qu'elle était binationale avec des supputations absolument inadmissibles. En fait, cette ambiance-là, je la trouve absolument détestable. Il y a le racisme avec des propos racistes qui rentrent dans le cadre d'une qualification pénale et qui doivent être condamnés. Et puis, il y a cette espèce de... de racisme ou d'antisémitisme d'atmosphère, faire des petites allusions. parlais de monsieur le sudot, en l'occurrence. On emmène le truc sur un terrain... C'est un terrain qui est hyper grave sur un plan de l'ambiance dans le pays. Il reste 40
secondes. Vous avez une idée, quelque chose ? C'est une ambiance générale dans la société. C'est l'arrivée du
Rassemblement national au pouvoir qui permettra de réunir tous les Français autour d'un grand projet, la France et sa grandeur. Vous vous définissez comme le rempart
contre le racisme. Evidemment.
Parce que... Et pas que vous aviez invité un clou sur ce plateau. Et je veux... On en entend. Vous êtes un descendant. Il va falloir déposer un CV au cercle interne. Je voudrais que tout le monde ici sur ce plateau nous dise si les électeurs de la troisième circonscription de Mayotte, qui ont élu un député RN, sont des racistes et des islamophobes. Pareil pour la Réunion, pareil pour les Antilles. Voilà. Un peu de sérieux.
Ce sera le mot de la fin. Merci à tous les quatre pour ce débat agité, mais intéressant, relativement courtois. On va tout de suite prendre la direction de l'Assemblée nationale. Vous êtes devant la caméra, monsieur le sénateur. On va reprendre la direction de l'Assemblée nationale. On retrouve tout de suite Elsa. Elsa, il y a un débat qui est organisé dans l'hémicycle. C'est sur Parcoursup, je crois.
à fait. On est en direct sur la chaîne parlementaire pour suivre en direct la déclaration du gouvernement et le débat sur Parcoursup. On va retrouver Stéphanie Despierre qui va suivre les débats avec nous. Elle est accompagnée de Pierrick Courbon. Il est député, il va prendre la parole et il avait fait un rapport rendu il n'y a pas longtemps sur Parcoursup justement Stéphanie.
Pierrick Courbon, vous vous connaissez bien le sujet de Parcoursup. Vous aviez fait un rapport. Qu'est-ce que vous attendez du débat tout à l'heure
Déjà c'est une première bonne nouvelle parce qu'on a enfin une réponse politique à la crise lycéenne. Mais malheureusement je n'attends pas grand chose de ce débat, d'autant plus qu'il n'y aura pas de vote à l'issue de celui-ci. Moi je vais rappeler aux ministres qui seront aux banques, effectivement avec un collègue nous avons produit un rapport sur Parcoursup qui identifiait tous les sujets aujourd'hui qui sont à la cause de la colère des lycéennes et des lycéens, que le gouvernement n'a strictement rien retenu des 51 propositions que nous avions formulées. certaines d'entre elles sont très opérationnelles, notamment pour l'année de transition Parcoursup, puisque la suppression de Parcoursup est annoncée pour 2028, il va y avoir une année de transition, et on a des propositions très concrètes pour améliorer l'expérience Parcoursup dans les prochains mois.
Si vous me donnez deux exemples de ce qu'il faut retoucher, justement, dès 2027.
Alors, on a d'une part la question de la suppression de la mention du lycée d'origine, qui peut être un facteur de discrimination territoriale. Je citerai également aussi la question... question du calendrier qui diffuse une forme de pression anxiogène à toutes les étapes avec de multiples procédures et des délais très contraints pour les jeunes pour répondre.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les délais ne sont pas clairs ? Qu'il y en a trop ?
Ça veut dire qu'on a énormément d'étapes sur un calendrier qui dure plusieurs mois et des étapes auxquelles les jeunes sont censés répondre parfois très rapidement en l'espace de quelques heures, quelques jours et donc là il y a des choses à faire pour diminuer la pression. Et puis on pourra aussi parler de la question du contrôle continu parce qu'il n'y a pas que Parcoursup. Le contrôle continu participe de cette pression que ressentent les lycéennes et lycéens en permanence. Et donc on proposera notamment de faire baisser le poids du contrôle continu pour redonner un petit peu de sens au baccalauréat.
veut dire qu'il faut arrêter le contrôle continu, le commencer par en première mais qu'en terminale ?
En tout cas, il faut revoir ce système où dès la première, on a l'impression qu'à chaque note, finalement, les jeunes jouent leur avenir. Ça leur met une pression sans interruption jusqu'à la terminale. Ça dévitalise complètement les épreuves du baccalauréat puisqu'on a des jeunes qui finalement n'ont pas besoin de forcer puisqu'ils savent qu'ils auront déjà l'orientation qu'ils souhaitent et inversement d'autres qui se disent je suis démotivé parce que quoi qu'il arrive ce que j'aimerais faire je ne pourrais pas le faire. Et donc il y a un nécessaire équilibre à retrouver entre le contrôle continu et puis retrouver du sens aux épreuves terminales du baccalauréat.
gouvernement a annoncé dès l'année prochaine plus de transparence sur les critères de sélection, des explications en cas de refus. Est-ce que ça, ce sont des bonnes nouvelles ?
c'est le minimum syndical. La problématique des transparences, elle est surtout sur ce qu'on appelle les algorithmes locaux qui sont propres à chaque formation, notamment les formations sélectives, qui utilisent des critères que les jeunes ne connaissent pas. Et effectivement, ils n'ont sans doute aucune information quand leur dossier n'est pas retenu, ce qui augmente parfois les sentiments de frustration ou d'injustice. Mais j'ai envie de dire, ceci, ce ne sont que finalement des caches misères. Le problème, c'est le manque criant de place dans l'enseignement supérieur et notamment dans l'enseignement supérieur public. Il y a un certain nombre d'ouvertures de places nouvelles qui ont été annoncées, plus de 15 000. C'est largement insuffisant, c'est ce qu'il aurait fallu ouvrir chaque année depuis 10 ans. Et donc aujourd'hui, Parcoursup, finalement, c'est un symptôme, mais ce n'est pas l'origine du problème. Le vrai problème, c'est le sous-investissement chronique de notre nation dans son enseignement supérieur et donc quelque part dans l'avenir de sa jeunesse.
'est-ce que vous souhaitez comme nouveau système ? Le gouvernement a dit qu'on fait des aménagements en 2027, mais en 2028, c'est une refonte profonde. Quels critères doit remplir le nouveau système pour être efficace, pour arrêter de stresser les lycéens et les orienter au bon endroit ?
Il y a déjà cette question de la prise en compte et du poids du contrôle continu qui participe beaucoup du stress au-delà de l'identité de telle ou telle plateforme. Ensuite, le vrai problème, c'est qu'il ne devrait pas exister de plateforme s'il y avait suffisamment de place dans l'enseignement supérieur public. Vous
êtes contre toute sélection ? à l'entrée à l'université ?
En tout cas, une sélection qui se fasse sur des critères éventuellement objectifs, connus et parfaitement transparents, ce qui n'est pas le cas pour l'instant. Aujourd'hui, on s'aperçoit que le plus compliqué finalement pour les jeunes, c'est qu'ils sont perdus dans leur processus d'orientation, que l'accompagnement à l'orientation, il est très inégal d'un établissement à l'autre et que ce sont les élèves qui sont finalement les plus défavorisés, qui sont le moins accompagnés alors qu'ils en auraient le plus besoin. voulons en priorité, c'est véritablement un investissement massif pour ouvrir des places par dizaines de milliers. Oui, ça a un coût effectivement, mais c'est le coût finalement qu'on doit supporter pour donner un avenir à l'ensemble de notre jeunesse.
Le gouvernement a annoncé 15 000 places supplémentaires, vous estimez qu'il en faudrait combien ?
Il en faudrait au bas mot 150 000. Je vous disais, c'est 15 000 par an qu'il aurait fallu ouvrir depuis 10 ans. Maintenant, c'est un vrai plan de rattrapage qu'il faut pour notre pays de manière pluriannuelle. Donc sans doute, une loi de programmation qu'il faudra corriger, qu'il faudra rectifier. Et en tout cas, c'est ce qu'on va plaider dans le débat de cet après-midi.
Merci beaucoup. Merci. Merci beaucoup Stéphanie Despierre. Les groupes vont donc se succéder à la tribune pour un débat ici à l'Assemblée sur la question de Parcoursup. Ça devrait commencer dans une poignée de secondes mais on va retrouver Stéphanie Despierre. Parcoursup, on en a énormément entendu parler lors de la mobilisation lycéenne et le gouvernement a tranché. Ce sera des réformes et un remplacement.
le gouvernement a finalement tranché lundi après des semaines de mobilisation lycéenne, refonte profonde de Parcoursup. Alors impossible de supprimer carrément la plateforme puisqu'elle ouvre dans un mois et demi pour les futurs bacheliers. Il y aura donc deux étapes dès l'année prochaine. Des critères de sélection plus transparents, des explications en cadre fut et un nouveau système en 2028. Il y aura pour le construire des consultations avec les lycéens, les syndicats et bien évidemment les universités. La question du contrôle continue dès la première. La première, par exemple, fera certainement partie du débat.
Merci beaucoup Stéphanie Despierre. Un débat, c'est ce qu'on appelle un 50-1 ici à l'Assemblée nationale. C'est une procédure où le gouvernement justement peut demander à l'Assemblée de venir faire une déclaration et débattre après. Comment ça va se passer Stéphanie Despierre ?
Vous l'avez dit, c'est un débat à l'initiative du gouvernement, donc c'est lui qui va ouvrir le bal des prises de parole, ministre de l'éducation nationale, Premier ministre, ministre également de l'enseignement supérieur, qui devrait donner un peu plus de détails sur la réforme de Parcoursup qu'il propose. Alors on l'a dit, c'est un débat, mais un débat sans vote. Les députés ne se prononcent pas sur un projet de loi, ils ne se prononcent pas non plus sur la confiance qu'ils accordent ou pas à l'exécutif. Certains dans l'opposition le déplorent, notamment la France Insoumise, qui estime que sans vote, un débat ne sert à rien. Après, les ministres sera à chaque groupe politique de s'exprimer, de donner son point de vue. Ses attentes sur le futur système Parcoursup. La séance devrait durer au moins trois heures.
Merci beaucoup Stéphanie Despierre. Parcoursup, vous l'avez dit, a beaucoup cristallisé les colères. Mais le gouvernement a fait des annonces plus larges hier. Il y a eu aussi d'autres tentatives pour calmer le mouvement des lycéens, même s'ils appellent à continuer la mobilisation. Fini
par exemple les classes qui débordent. 28 élèves maximum par classe en seconde dès 2027 pour les lycées les plus défavorisés et en 2028 pour tout le monde. Conséquence, pas de suppression de postes de profs comme le prévoyait initialement le budget et même 1700 postes en plus. Des emplois du temps aussi mieux aménagés avec la garantie que les lycéens auront une heure de pause à l'heure du déjeuner. Des places en plus dans l'enseignement supérieur, 15 000, donc 10 000 notamment en BTS dès la rentrée. prochaine et puis plus d'argent pour les bourses mais aussi pour rénover les établissements. On l'a vu, les lycéens ont eu très chaud pendant
la canicule. Merci Stéphanie Despierre, ce débat on va commencer à le suivre sur notre antenne sur LCP, il sera en intégralité sur notre chaîne Youtube. La présidente de l'Assemblée vient de donner la parole au Premier ministre, on écoute Sébastien Lecornu.
Monsieur le Président de la Commission, Mesdames et Messieurs les députés, depuis plus de trois semaines, des lycéens, des étudiants nous interrogent sur la place que notre pays leur prépare. Nous leur devons des réponses et ce débat doit permettre à chacun de dire lesquelles très concrètement il est prêt à construire et qui est prêt à voter les mesures indispensables. Ces jeunes ont grandi avec l'épidémie de la Covid, l'isolement, un nouveau contexte géopolitique marqué par des guerres nouvelles, l'éruption de l'intelligence artificielle dans nos vies et bien sûr l'anxiété climatique. Ils entendent parler de crise mais rarement des opportunités qui souffrent à eux, elles existent pourtant. À l'approche de l'élection présidentielle, certains sentent instinctivement qu'une décision majeure pour leur avenir se prépare, sans avoir le sentiment de pouvoir y prendre part d'une manière ou d'une autre. Cette inquiétude mérite mieux que des leçons. Elle mérite aussi mieux que les calculs de celles et ceux qui parfois trouvent un intérêt électoral à entretenir. A force de courir derrière la jeunesse pour recueillir sa colère, une partie de la classe politique finit par lui refuser toute autre perspective, avec facilité et parfois même opportunisme. Comme si elle avait au fond davantage besoin de son désarroi que de sa réussite. Certes, des choses ont été faites, sûrement insuffisantes. Mais ne mentons pas aux jeunes, jamais la nation n'a investi autant dans l'éducation nationale et l'enseignement supérieur. Ce sont d'ailleurs deux des rares ministères qui verront encore leur budget augmenter l'année prochaine. Des efforts ont été faits pour réduire le nombre d'élèves par classe. Même s'il est évident qu'il faut désormais aller plus loin et plus vite, nous y reviendrons. Et les réformes du baccalauréat comme de Parcoursup ont permis, en leur temps, en son temps, de sortir de situations qui étaient problématiques pour de nombreux lycéens qui finissaient, je le rappelle, tirés au sort dans des formations qu'ils n'avaient pas demandées. On l'a oublié parfois un peu trop vite dans le débat récent. Cela ne doit pas nous empêcher de faire notre introspection, de corriger les erreurs et surtout, surtout, d'écouter les jeunes qui ont de toute évidence des choses à nous dire et des ambitions légitimes pour leur avenir. Nous devons à cette génération de lui permettre de réaliser ses ambitions. Elle a des capacités, des idées, une volonté d'agir. Et notre responsabilité de lui donner prise précisément sur son avenir. C'est pourquoi nous avons écouté avec méthode et sans filtre. Plus de 100 000 contributions venues de près de 3 000 lycées ont été recueillies sur la plateforme du ministère de l'Éducation nationale. Elles enrichissent et complètent le dialogue avec les organisations représentatives et les élus lycéens. 71% des contributions évoquent l'organisation du temps scolaire. 56% l'état des bâtiments. 31% les difficultés de remplacement. Derrière ces chiffres, il y a des demandes précises auxquelles il faut répondre jusque dans chaque établissement. Certaines dépendent du gouvernement ou du Parlement, mesdames et messieurs les députés, d'autres enfin des conseils régionaux. Il y a trois semaines, devant les Français, j'avais fixé une échéance des décisions à la fin du mois d'octobre. Nous y sommes précisément. Les mesures que nous avons annoncées avec les ministres lundi dernier forment une réponse à l'ensemble de ses attentes. Elles vont du professeur que l'on retrouve devant sa classe, à la place que l'on trouve dans l'enseignement supérieur, du temps nécessaire pour déjeuner le midi, à la bourse qui permet de poursuivre ses études dans de meilleures conditions. Elles prennent au sérieux ce que les jeunes nous disent de leur quotidien, autant que leurs aspirations. Cette cohérence compte. Un élève qui a confiance dans son avenir est d'abord un élève qui apprend dans de bonnes conditions. Les revendications des lycéens sont cohérentes, c'est un tout au fond qui se tient. C'est pourquoi nous plafonnerons les classes de seconde générale et technologique à 28 élèves. Dès 2027, dans la moitié des lycées les moins favorisés. Puis en 2028, dans tous les lycées publics de France. Nous créerons 500 postes supplémentaires de professeurs et poursuivrons l'effort pour que chaque professeur absent soit remplacé. Des amendements en ce sens seront déposés dans le projet de budget pour 2027. Les emplois du temps seront revus. Une pause déjeuner d'une heure garantie. et la place du contrôle continu réexaminée en profondeur. La santé mentale continuera à être une priorité grâce à la création de 500 postes de psychologues, d'infirmiers et d'assistants sociaux dès 2027. 1 milliard d'euros d'investissement de l'Etat sera consacré aux bâtiments des universités. 4 milliards d'euros de prêts à taux préférentiels aideront les conseils régionaux à rénover leurs établissements scolaires avec une attention toute particulière pour les territoires d'outre-mer. Nous ouvrirons 15 000 places supplémentaires dans le supérieur en 2027, en 2028, 10 000 en BTS, 4 000 en IUT, 1 000 dans les formations de santé. Cette répartition est à discuter désormais avec les partenaires sociaux. Dès la rentrée 2027, les bourses suivront l'inflation pour ne pas renier précisément le pouvoir d'achat. Nous proposons aussi de renforcer dans les instances qui animent leur système scolaire, de l'établissement au conseil supérieur de l'éducation, la représentation lycéenne, notamment celle de la voie professionnelle. Faire confiance aux jeunes doit avoir des conséquences en leur donnant une vraie place dans les enceintes où les décisions qui les concernent sont prises. Parcoursup sera remplacé pour la campagne 2028, c'est entendu. Mais dès la campagne 2027, c'est-à-dire celle qui sera accessible aux élèves dès ce mois de décembre 2026, les critères d'admission devront être compréhensibles et chaque refus expliqué est motivé. La transition sera donc organisée pour les prochains bacheliers. L'orientation, c'est un long processus qui commence dès la 5e avec la découverte des métiers. Ce processus doit être plus soutenu au lycée et ce, dès la seconde. Et finalement, ce processus doit enjamber le baccalauréat pour viser la réussite des jeunes dans le supérieur, s'assurer qu'ils auront des débouchés et, le cas échéant, leur offrir la possibilité de se réorienter en cours de cursus. Se tromper de voix à 18 ans ne doit pas condamner la suite d'un parcours. Mais ce chantier exige une clarification politique. Derrière les critiques de l'outil Parcoursup, certains veulent, pour l'accès aux études supérieures universitaires, une sélection plus affirmée, d'autres veulent au contraire la supprimer intégralement. On peut en effet dénoncer ensemble un système et vouloir ensuite de systèmes profondément opposés. Il faut maintenant rentrer dans le détail, mesdames et messieurs les députés, c'est l'objet précisément de ce débat ce soir. Qu'attendez-vous du système d'enseignement supérieur français ? Quel rôle voulez-vous lui confier ? Quels critères d'admission proposez-vous ? Quelle place pour le baccalauréat et le contrôle continu ? Comment répondre lorsque les demandes dépassent les places disponibles ? Comment accompagner ensuite les étudiants vers la réussite, y compris professionnelle ? Pour le gouvernement, les exigences doivent être connues et les décisions explicables. Les revenus des parents, le lieu de résidence ou le manque d'informations ne doivent pas décider à la place du travail et des aspirations d'un jeune. Ce débat, organisé formellement sur la base de l'article 51, 50-1 de la Constitution, pardonnez-moi, doit permettre d'identifier une voie de passage au Parlement. S'il faut une loi, sur quelles règles pouvons-nous réunir une majorité ? Pour quelle évolution de l'orientation et de l'accès au supérieur ? Nous venons chercher des propositions et des engagements précis. Pas des slogans ou des promesses sans fondement sérieux. La méthode pour les semaines qui viennent est fixée. Dès demain jeudi, les ministres réuniront les représentants lycéens une nouvelle fois et les conseils régionaux sur la question des bâtiments. Quelles urgences ? Quels travaux ? Pour quel calendrier ? Les conseils régionaux ont la responsabilité des lycées depuis 1983. L'Etat les accompagnera, mais en respectant la décentralisation. Je reverrai avec les ministres les représentants des lycéens et des étudiants dans moins de 15 jours. Nous ferons le point sur les engagements pris, les difficultés à lever pour les mettre en œuvre et les décisions suivantes. Nous établirons mesure par mesure ce qui relève du règlement, notamment pour l'organisation des enseignements et des modalités du contrôle continu, ce qui exige des crédits votés dès le budget pour l'année prochaine 2027 et ce qui nécessiterait une modification de la loi pour l'accès aux supérieurs. avec pour chaque mesure un responsable et une échéance précise. Le comité de réforme associant désormais lycéens et enseignants autour des ministres présentera de premières recommandations courant novembre, nourries, je l'espère, de vos propositions opérationnelles ce soir. Mesdames et Messieurs les députés, ce gouvernement, vous le savez, je l'ai répété à de nombreuses reprises, n'est candidat à aucune élection dans aucune échéance électorale. Il n'a aucune raison donc de faire des promesses intenables. Sa crédibilité se mesurera à l'aune de décisions précises, finançables et applicables dès la rentrée prochaine. Une grande partie de ces mesures sera traduite par des amendements gouvernementaux au projet de loi de finances. Chacun pourra les améliorer et devra assumer ses propositions, leurs coûts, ses votes ainsi que la manière de le financer. Voilà pourquoi, une nouvelle fois, j'ai souhaité ce débat en transparence. Il n'est pas question de refaire le match de la création de Parcoursup, son remplacement est déjà décidé. Maintenant, il faut dire ce que nous voulons construire. Les questions peuvent sembler techniques, les réponses engagent notre conception de l'égalité, du mérite, de la liberté. Tout cela confronté au réel. Comment départager les candidats ? Par une sélection assumée ? Point d'interrogation. En acceptant de revenir au tirage au sort ? Point d'interrogation. Cette sélection doit-elle concerner toutes les formations, ou bien certaines seulement ? Et comment éviter de dévaloriser les autres ? Là aussi, point d'interrogation. Voulons donc classer les candidats ou les orienter plus fortement ? Jusqu'où garantir leur libre choix ? Point d'interrogation. Et quels prérequis pour exiger leur admission ? Gardons-nous une plateforme nationale commune. Question posée. Ou acceptons-nous la multiplication des procédures locales et le risque d'une opacité accrue ? Quelle place donner aux besoins du pays et de ses métiers sans étouffer les aspirations individuelles ? Le même dispositif doit-il accueillir les nouveaux bacheliers, ceux qui se réorientent, mais aussi ceux qui reprennent leurs études plus tard ? Le baccalauréat doit-il rester le premier grade de l'enseignement supérieur ? Ou bien devenir seulement le diplôme qui clôt le lycée ? Comment prendre en compte la révolution de l'intelligence artificielle ? qui va détruire des emplois et en créer d'autres. C'est aussi notre responsabilité de ne pas former des cordes entières de jeunes à des métiers qui n'existeront plus bientôt. Et à l'inverse, de nous assurer que les jeunes français soient bien formés pour relever les nouveaux défis qui nous attendent. Et bien sûr, il y a le défi démographique qui est devant nous. Il touche actuellement l'enseignement scolaire, mais ne manquera pas de toucher l'université à horizon de 10 ans. Comment nous assurer que nous formerons suffisamment d'ingénieurs, de soignants, d'artisans ou d'enseignants pour répondre aux besoins de notre population et faire tourner l'économie de demain ? C'est sur ces choix que nous attendons chaque groupe politique, du concret, du précis, du sérieux, loin des postures faciles. Les ministres de l'enseignement supérieur Philippe Baptiste et l'éducation nationale Edouard Geffray vont préciser ces engagements. Aux jeunes qui nous écoutent, nous attendons beaucoup de vous. Vous avez le droit d'attendre beaucoup de nous. A nous de vous donner des raisons concrètes de croire que vos efforts ouvriront réellement des portes. Je vous remercie.
Voilà donc pour la prise de parole du Premier ministre. Il y aura ensuite le ministre de l'Education nationale, puis le ministre de l'Enseignement supérieur. Le Premier ministre a rappelé le souhait du gouvernement de remplacer la plateforme Parcoursup, mais il a aussi posé des questions auxquelles devront répondre les oppositions. Est-ce qu'il faut une sélection ? Comment faire s'il y a trop de candidats ? Peut-être que le ministre de l'Education nationale va poursuivre sur ce point. On l'écoute.
Cela suppose qu'elle lutte par conséquent contre toute forme d'assignation sociale, territoriale ou de genre. Cette exigence emporte trois nécessités. La première, c'est de permettre des parcours de formation diversifiés à partir du lycée pour que les jeunes puissent s'orienter librement. La deuxième, c'est de les accompagner pour qu'ils mûrissent leur projet d'orientation vers la poursuite d'études ou l'insertion professionnelle. Et la troisième, c'est de leur donner accès aux mêmes informations et aux mêmes possibilités de découverte des formations. Car on ne peut choisir ce que l'on ne connaît pas, ni nourrir une ambition qu'on n'a pas eu la possibilité d'imaginer. Il y a donc un continuum du collège jusqu'à l'université, de l'orientation jusqu'à l'affectation et à la réussite dans le supérieur. Je me permets d'insister là-dessus. Sur Parcoursup, le débat se concentre souvent sur la question de l'affectation. Or l'enjeu est bien que celle-ci ait été suffisamment préparée et mûrie en amont, et qu'elle débouche sur un parcours dans lequel l'étudiant réussit en aval. Et c'est précisément l'ensemble de ce processus qui suscite l'inquiétude des lycéens à travers la question ou le totem de Parcoursup. Les années lycées ont toujours été et seront toujours des années de choix, donc de réflexion personnelle intense sur son propre avenir. Et l'IA vient encore accroître cette sensation de vertige en promettant parfois, à tort ou à raison, la disparition de pans entiers d'activités professionnelles au cours des prochaines années. Et cette perspective rétroagit évidemment sur les inquiétudes à juste titre de nos élèves et ils nous l'ont très clairement exprimé. En amont donc de Parcoursup, sur lequel le ministre de l'Inseignement supérieur reviendra, je veux donc parler du processus global d'orientation qui permet à chaque jeune de découvrir ses aptitudes, ses appétences, de connaître les formations et de construire progressivement son projet. D'abord donc, un mot peut-être pour vous dire où nous en sommes. Les évolutions apportées ces dernières années ont permis objectivement de renforcer considérablement la liberté de choix et l'attractivité de différentes spécialités professionnelles, générales ou technologiques. D'abord au collège, avec le plan pluriannuel d'éducation à l'orientation qui s'organise dans chaque établissement et qui permet désormais, dans 80% des établissements qui se le sont appropriés, 88 pardon, de mettre en place les 4 demi-journées annuelles dédiées à l'orientation. Ensuite, au niveau du choix à la fin de la troisième, d'abord vers la voie professionnelle. Je voudrais partager avec vous une bonne nouvelle. C'est assez rare que celle-ci soit soulignée lors de nos échanges. C'est que désormais, 37% des familles, après 20 ans de baisse continue, 37% des familles et des élèves formulent le vœu en fin de troisième de rejoindre la voie professionnelle. C'était 32% il y a cinq ans. C'est la meilleure preuve que la voie professionnelle n'est plus qu'elle a été longtemps considérée à tort, c'est-à-dire une voie par défaut. Et ce n'est pas par hasard non plus, c'est parce que sur les 25 000 places créées depuis 2023 en voie professionnelle, 13 000 l'ont été dans les métiers de l'industrie. Du côté de la voie générale et technologique, j'ai commencé par la voie professionnelle car c'est souvent l'oublié et compris dans les discussions récentes. Du côté du lycée général et technologique, donc... Vous savez que la réforme du lycée a remplacé les trois anciennes filières S, E, S et L par un bouquet de spécialités, avec à la rentrée 2023 près de 300 combinaisons de trois spécialités qui étaient suivies en première. Le champ des possibles s'est de fait considérablement ouvert et les élèves disposent d'une plus grande liberté dans la construction de leur formation. Avec à la clé des pursus beaucoup moins marqués sociologiquement et de vrais choix pour les élèves. Nune ignore. que 75% des enfants de cadres allaient dans l'ancienne filière S contre seulement 20% des enfants d'ouvriers et d'employés. Désormais, le choix des spécialités a considérablement réduit ce caractère sociologique des parcours au lycée. Et après la terminale, Parcours Sup a rendu l'offre de formation plus visible avec 25 000 formations post-bac. Cette transparence permet à chaque lycéen où qu'il vive d'accéder à une information commune, universelle et de connaître toutes les formations susceptibles de l'intéresser. Troisième élément qu'il ne faut pas oublier en matière d'égalité des chances aussi et d'ancrage de nos élèves dans des parcours supérieurs, nous avons développé les cordelles de la réussite avec plus de 180 000 élèves bénéficiaires dans plus d'un tiers des établissements en urbain comme en rural et singulièrement en éducation prioritaire comme dans le rural éloigné. Tout ceci, évidemment, suffit-il à dire que notre système est efficace en matière d'orientation ? Évidemment, non, pas complètement. Il reste évidemment beaucoup de choses à faire. En réalité, l'orientation repose sur plusieurs acteurs. L'information, vous le savez, a été confiée aux régions depuis 2018. L'accompagnement repose sur ceux qui connaissent les élèves, notamment les professeurs principaux, qui sont au nombre de deux en classe de terminale générale et technologique. Et sur les psychologues d'éducation nationale, ce qu'on appelle les PSYEN-EDO, qui dépendent des centres d'information et d'orientation, ils sont 4700 pour répondre à une question qui vient d'être posée, ainsi que sur des outils numériques, notamment la plateforme Avenir développée par l'UNICEF il y a deux ans. De la même façon, le dispositif Avenir Pro a été généralisé en cette rentrée dans le lycée professionnel pour permettre aux élèves qui souhaitent s'insérer professionnellement, et ils sont nombreux en voie professionnelle, et de la voie professionnelle historiquement a été construite pour ça, de pouvoir le faire en étant, à juste titre, accompagné. Pour autant, beaucoup reste à faire. D'abord, seuls 27% des lycées indiquent que tous leurs professeurs principaux à tous les niveaux ont été formés à l'orientation, ce qui signifie que nous avons un devoir de formation en la matière. Ensuite, seulement 52% des établissements informent et associent les familles à la réflexion en matière d'orientation, ce qui là aussi est trop peu. Et enfin, les régions acteurs clés de l'information sont encore 14 sur 17 à avoir conclu un partenariat avec l'éducation nationale en matière d'orientation. Des améliorations sont donc nécessaires. La première évidemment c'est de mieux accompagner les générations qui sont les plus nombreuses démographiquement, celles qui sont actuellement au lycée. J'ai beaucoup entendu ces dernières semaines qu'il fallait supprimer les suppressions de postes programmées dans le projet de la finance sans que personne d'ailleurs n'ait dit pour en faire quoi. Nous avons fait le choix avec le Premier ministre, non seulement de les supprimer en second degré, mais de créer 500 postes supplémentaires pour plafonner les effectifs en classe de seconde, qui sont les classes charnières, et pour limiter la taille des groupes en première et en terminale, notamment dans les spécialités qui sont les plus nombreuses. Le deuxième enjeu, c'est évidemment de densifier l'accompagnement à l'orientation. Vous savez qu'au lycée, tous les élèves bénéficient d'un temps théorique de 54 heures d'accompagnement à l'orientation par an. Ce temps, aujourd'hui... n'a pas le même contenu et la même densité d'un établissement à un autre. Et donc l'enjeu de l'année, c'est évidemment de consolider les programmes d'orientation qui ont été mis en place dans les lycées et donc la quasi-totalité des lycées ont développé pour pouvoir densifier ces 54 heures effectivement et de permettre un accompagnement personnalisé. C'est le sens notamment aussi du programme de formation que nous lançons et de la nouvelle certification orientation parcours insertion que nous avons ouvert à la rentrée de 2026 à destination des professeurs qui souhaitent la développer. C'est aussi le sens du renforcement de la place des psychologues d'éducation nationale dont nous proposons pour la deuxième année consécutive de renforcer les effectifs et sur lequel le Premier ministre a eu l'occasion d'annoncer l'autre jour 200 créations de postes supplémentaires. Et puis enfin, nous devons regarder en face la question du contrôle continu et des interrogations qu'il suscite, notamment en cas de Parcoursup. Le contrôle continu a été pensé pour ne pas concentrer l'enjeu du baccalauréat sur le jour J, sur le jour de l'examen. Et à l'époque, une consultation à laquelle plus de 80 000 lycéens avaient répondu avait clairement acté cette nécessité de la part de ceux qui connaissaient l'ancien système et qui le vivaient comme un système de pression finale intense. Et le contrôle continu, il ne faut pas l'oublier non plus, car tout ceci actuellement est très vite occulté, s'est traduit objectivement par l'amélioration des résultats des élèves au baccalauréat. Mais il peut aussi renforcer le stress, c'est un fait de nombreux élèves. Sur les 100 000 contributions qui nous ont été mentionnées, de très nombreuses ont fait part de la pression que représente chaque semaine, dès début de la première, le fait d'avoir des évaluations qui, in fine, comptent pour le bac à l'auréat. Ce n'était pas la logique initiale, évidemment, et nous avions d'ailleurs, dès 2021, mis en place des projets d'évaluation d'établissement, renouvelés en 2025, qui devaient permettre, lycée par lycée, un travail sur l'évaluation. Le fait est que ce système s'est mis en place très inégalement selon les établissements et que nous ne pouvons nous satisfaire d'un système qui ferait de la préparation de l'avenir une pression constante sur le présent. Et c'est pour ça que cette question du contrôle continu, nous l'ouvrons. Et nous l'ouvrons en vue de la rentrée 2027, pas 2028. Nous l'ouvrons pour la rentrée 2027. Nous l'ouvrons au calme, avec sérénité. Nous avons deux mois de travaux devant nous, avec les représentants lycéens, avec les élus lycéens, avec les organisations syndicales, pour travailler sur cette section, non pas pour faire disparaître le contrôle continu, car il permet justement aussi de ne pas tout jouer sur une épreuve, il rend compte aussi de la progression de l'élève, mais pour faire en sorte qu'il ne se fasse pas au détriment de celui-ci. réflexion est donc ouverte, soit pour le limiter, soit pour prévoir par exemple un droit à l'erreur, comme certains le suggèrent. Je n'ai pas de tabou en la matière, mais en tout cas ce qui est certain, c'est qu'il a besoin d'être actuellement repensé dans la perspective de Parcoursup. Voilà mesdames et messieurs les députés, avant de passer le relais au ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, suivant ainsi l'ordre chronologique du cursus de nos élèves, ce que je voulais partager avec vous. Avec peut-être un dernier point. Nous venons d'un système que tout le monde a oublié, semble-t-il, et que pourtant la plupart d'entre vous ont dû connaître, même les plus jeunes, où les élèves choisissaient leur filière au bac en fonction de leur milieu social, où les élèves poursuivaient leurs études là où leur milieu social les envoyait, parce qu'ils candidataient dans ce qu'ils connaissaient. Nous avons désormais des lycéens qui choisissent leur cursus scolaire et peuvent amettre des vœux cohérents. qui choisissent leur spécialité en fonction de leur goût, et non plus en fonction de la connotation sociologique d'une filière. Cela, c'est une promesse d'ouverture, mais aussi d'exigence. Parce qu'il ne s'agit pas de faire croire à chacun qu'il peut le faire d'un coup, sans préparation, n'importe quel cursus scolaire, mais qu'en revanche. Des choix de spécialité générale ou professionnelle librement choisis doivent pouvoir déboucher sur un parcours dans l'enseignement supérieur librement choisi.
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