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Audrey. Bonjour. Et bonjour Philippe Baptiste. Bonjour. C'est un échec collectif. Voilà ce que dit Emmanuel Macron au journaliste et vidéaste Hugo Décrypte après un mois et demi de contestation lycéenne et étudiante. Il parle... en particulier des nombreux blessés parmi les jeunes, certains très grièvement, des centaines de blessés aussi du côté des forces de l'ordre. Est-ce que vous validez ce constat ? Est-ce que vous reprenez ces mots d'échec collectif ?
Je pense que, évidemment, le fait qu'il y ait de la violence et le fait qu'il y ait une violence qui soit durable, quelque part, aujourd'hui, c'est évidemment quelque chose que... Personne ne peut souhaiter. Ce qui est important aujourd'hui, c'est d'arriver à progresser, à résoudre ce conflit social, à prendre en compte les revendications des étudiants. Justement, vous êtes là pour le dire aujourd'hui, après un mois et demi
de manifestation. Vous avez donné vos réponses la semaine dernière, après cinq semaines de mobilisation. Ce que dit le président en creux, c'est qu'il y a eu une réponse... sans doute, qui a été trop tardive et qui a laissé la violence s'installer. C'est comme ça que vous
le comprenez ? On peut toujours discuter du calendrier, mais moi, ce qui est important, c'est d'abord les discussions avec les organisations représentatives, les syndicats et les étudiants. Oui, mais la question que je vous
pose, pardon, c'est est-ce que vous regrettez la gestion de cette crise ? Je viens, je
viens. Vous savez, ce qui est important, c'est aussi à un moment ou à un autre, sur des sujets qui sont des sujets qui sont complexes. Je pense par exemple au système d'orientation et d'affectation dans le supérieur. On va parler de tout ça. Ce sont des sujets qui sont très techniques. Et donc, derrière, en fait, il faut... des réponses c'est à dire que simplement aller sur un plateau de télévision ou de radio pardon et dire je vous ai compris nous allons supprimer ceci nous allons supprimer cela et ne rien faire derrière moi c'est pas ça mon c'est pas ma vision et donc il faut construire des décisions. Vous avez mis plusieurs semaines à
acter le fait qu'il y avait un vrai souci avec Parcoursup et à promettre sa modification dans un premier temps son remplacement dans un deuxième temps est ce que tout simplement sur Parcoursup il n'aurait pas fallu faire des annonces ? plutôt et acter le problème.
Vous savez, il faut les construire, les annonces. C'est d'abord écouter les lycéens, écouter les étudiants pour comprendre en gros quelles sont les difficultés. Ce qu'on peut changer immédiatement, Parcoursup, c'est une plateforme qui est adossée à une loi. À un moment ou à un autre, il y a des choses que vous pouvez faire en gardant la loi telle qu'elle est aujourd'hui. C'est ce qu'on va faire pour la prochaine campagne, qui commence là, maintenant, dans quelques semaines. Et puis après, il faut construire la suite, c'est-à-dire qu'est-ce qu'on va faire, comment on va changer la loi. On va détailler ça. Ce n'est pas juste des annonces. Concrètement. Ce sont des choses qui sont... Excusez-moi, je suis un scientifique, je suis un ingénieur. Avant de construire un pont, avant de construire une fusée, je veux être sûr que quelque part... On va détailler tout ça.
On comprend bien que vous ne voulez pas exprimer de regrets. sur la gestion de cette crise et sur la réponse politique du gouvernement. Vous avez dit, le travail doit reprendre lundi dans les universités et les lycées, lundi jour de rentrée. Emmanuel Macron dit hier soir, je souhaite que la jeunesse puisse reprendre les cours. Il souhaite, vous dites, les cours doivent reprendre. D'abord, est-ce que vous y croyez vraiment ? Et ensuite, qu'est-ce que ça veut dire les cours ? doivent reprendre.
Mais je pense que c'est absolument essentiel. Je vais vous donner un exemple très simple, c'est que les étudiants qui sont aujourd'hui en première année de licence, c'est un public très fragile. J'ai à peu près un sur deux qui va abandonner ses études. Donc c'est vraiment un public très très très très fragile. Aujourd'hui, ils ont eu entre trois et quatre semaines de cours depuis la rentrée. Et donc on risque d'avoir simplement une hécatombe. Donc maintenant, il faut absolument que les cours puissent reprendre. Ça ne veut pas dire que je ne demande pas aux étudiants d'abandonner leur contestation ou d'abandonner leur revendication. Je pense que la porte, elle est toujours ouverte. On a posé des éléments pour commencer à discuter et pour commencer à travailler. La porte est encore ouverte, les choses peuvent encore évoluer. Mais par contre, il faut arrêter les blocages, il faut arrêter les violences. C'est absolument essentiel que les cours puissent reprendre en présentiel, pas simplement à distance, en présentiel. Parce que c'est indispensable, je pense en particulier encore, aux jeunes bacheliers qui rentrent en L1 et qui n'ont quasiment pas eu le cours de la rentrée. Mais
est-ce qu'ils doivent reprendre ? C'est-à-dire que vous enverrez les forces de l'ordre pour débloquer les lycées, les universités, s'il y a des blocages ? Non, je ne parle pas du tout de
maintien de l'ordre. Je pense que simplement, il faut arrêter les blocages. C'est
une question que vous faites aux lycéens et aux étudiants. Non mais je
pense qu'il ne faut pas, pardon, la question n'est pas une question de sémantique. Je pense que le président de la République, je dis la même chose que le président de la République. C'est simplement, il est souhaitable, il est nécessaire que les cours puissent reprendre. C'est vrai pour les bacheliers, c'est vrai pour les lycéens. On va écouter justement les
lycéens et les étudiants qui ont bien l'intention de poursuivre la mobilisation. Ils l'ont dit dès lundi devant Matignon.
avons obtenu des miettes par rapport à ce que nous demandons. Nous demandons 250 000 places dans les facs, nous en obtenons à peine 15 000. C'est ridicule. Ils nous proposent des choses, une soi-disant refonte de Parcoursup. Ils vont modifier la police du site, ils vont rajouter trois fleurs dans les coins et voilà la refonte.
S'ils continuent à nous faire virevolter, on continuera dans la rue, c'est pas un souci. Alors vous avez conscience, Philippe
Baptiste, d'avoir répondu seulement en partie aux revendications
alors il y a une plateforme de revendication des lycéens et des étudiants qui est effectivement très très ambitieuse et qui je crois ne correspond pas non plus intégralement à ce qu'il est souhaitable de faire. Il y a des choses, il y a des vrais bougés qu'on est en train de faire. Effectivement, on a augmenté le nombre de places, on est en train de dire 15 000 places de plus, essentiellement en Ile-de-France. Peut-être qu'il faut aller plus loin, peut-être qu'il faut une dynamique pluriannuelle autour de ça. Et là encore une fois... Je l'ai déjà dit aux lycéens, je l'ai déjà dit aux étudiants, la porte est ouverte, on peut continuer à en discuter. Alors là-dessus, on va poursuivre là-dessus 15 000 places en BTS. On est en train de mettre 1 milliard d'euros sur la table pour la rénovation. Sur combien d'années ? 1 milliard d'euros sur 3 ans, avec 200 millions d'euros d'argent frais dès l'année prochaine, dès 2027. Pour les universités ? Pour les universités, pour la rénovation des sites universitaires. C'est suffisant ? Ce n'est pas suffisant pour tout rénover, bien sûr, pour tout remettre au meilleur niveau. Mais c'est un pas qui est un pas extrêmement important dans la tension budgétaire qu'on connaît aujourd'hui. Donc, je veux dire, on ne peut pas parler de miettes. Ce n'est pas vrai. Il y a un vrai effort qui est fait. Tous les sujets qui ont été ouverts par les étudiants, les lycéens, on est en train d'y répondre. Pas toujours à la hauteur de ce qu'ils demandaient. Pourquoi ils continuent de se mobiliser ? Quelque part, ils continuent à se mobiliser, qu'ils continuent à revendiquer, qu'ils continuent à exiger, à demander des choses. C'est normal, ça fait partie. Et ça, moi, je n'ai pas de difficulté avec ça. La seule chose que je dis aujourd'hui, c'est qu'il faut sortir du cycle de violence qu'on a connu précédemment. Et puis surtout, il faut sortir des blocages parce qu'il faut que les cours reprennent. C'est indispensable pour tout le monde.
On l'a entendu. Il y a une manifestation qui est prévue samedi contre la vie chère, à l'appel notamment de Gilets jaunes. Les étudiants, les lycéens s'y joindront. En tout cas, c'est l'appel de leurs organisations. Est-ce qu'il faut s'attendre au même dispositif de sécurité que samedi dernier ? très important après les pillages du 17 octobre ? Vous savez, le maintien de l'ordre, c'est un
métier. Je ne suis pas un spécialiste du maintien de l'ordre. Je crois qu'on est dans une logique de continuer à avoir un dispositif de maintien de l'ordre qui permette de garantir, comme ça a été le cas précédemment, des manifestations dans de bonnes conditions.
Le ministre de l'Intérieur a parlé a priori d'un dispositif similaire à celui du week-end dernier. Justement, le ministre de l'Intérieur reçoit les organisations... lycéenne et étudiante aujourd'hui c'est assez inhabituel les jeunes ont l'intention de venir forcément avec leurs revendications de demander un changement de doctrine de maintien de l'ordre l'interdiction des gaz lacrymo des sprays au poivre des lbd est-ce que vous êtes d'accord avec ça interdire ces armes en tout cas qui sont utilisés dans le cadre de manifestations à destination des jeunes
je vais vous faire la même réponse le maintien de l'ordre c'est un métier ce n'est pas mon métier commentaire donc maintenant je pense que vous êtes au gouvernement vous parlez
avec bien sûr votre collègue de l'intérieur absolument mais ça va vous occupez des étudiants
savoir savoir si on utilise tel spray ou tel autre excusez moi mais ça c'est pas des sprays dont on parle mais simplement
vous n'avez pas d'avis sur philippe baptiste si je peux sur les armes intermédiaires qui sont
utilisés contre les étudiants auxquels vous allez je crois que aujourd'hui la logique c'est une logique de proportionnalité et évidemment c'est celle là qui doit être discuter, je pense qu'il y a aussi un travail évidemment d'explication, et je pense que c'est aussi ça que fera le ministre de l'Intérieur, expliquer quelles sont les doctrines de maintien d'ordre, comment ça fonctionne, comment ça marche, et je pense qu'il y a une discussion qui va se nouer, et c'est pas à moi de commenter avant la réunion, même les conclusions de cette réunion.
Et quand vous entendez qu'il y a eu 248 élèves blessés au moins, plus de 150 manifestants blessés les deux derniers week-ends, aussi un millier de forces de l'ordre un blessé chaque week-end, c'est un bilan quand même...
Mais c'est un bilan, je crois exactement ce que j'ai dit, c'est un bilan qui est lourd. Il faut évidemment être capable de sortir de ce cycle de contestation violente. Et moi je ne demande pas du tout encore une fois aux étudiants, aux lycéens d'abandonner leurs revendications, ce n'est pas le sujet. Mais je pense qu'il faut qu'on arrive à sortir de cette violence, sortir des blocages pour que les cours puissent reprendre.
Alors vous avez dit la négociation va continuer et c'est normal. Et il y a des marges de négociation. Sur quoi
Mais je pense qu'on peut regarder, il y a différents sujets qui ont été ouverts aujourd'hui. Il y a le nombre de places, évidemment. Il y a le plan d'investissement et la manière dont on va le faire. Il y a aussi la question autour de la revalorisation des bourses, puisque comme vous le savez, le gouvernement s'est engagé à indexer les bourses, ce qui est un grand dispositif social. Pour les
augmenter autant que les prix, c'est-à-dire faire en sorte qu'elles
ne baissent pas. Ce qui est une revendication qui date de plus de 15 ans. Donc c'est un vrai part en avant. Simplement, vous les maintenez au
niveau des prix. Mais est-ce que vous pourriez... Mais alors,
ces discussions, on peut les avoir, on peut regarder comment on va faire. Donc voilà, la porte est ouverte. Il y a des sujets de négociation qui sont toujours ouverts aujourd'hui. Et aujourd'hui, on a des discussions. J'ai encore reçu hier et avant-hier les organisations représentatives, les organisations syndicales. Donc on est vraiment dans un dialogue social qui est engagé, d'ouverture. Tout en tenant compte aussi, pardon, n'oublions pas une chose aussi, c'est que les finances aujourd'hui du pays sont quand même extrêmement tendues, on est extrêmement observé sur les marchés financiers, vous le savez, et donc c'est aussi extrêmement important d'avoir une rigueur budgétaire. Les marchés financiers
vont aussi regarder la stabilité de la France et le fait que le pays est quand même en ébullition sociale et en feu certains samedis.
Bien sûr, et c'est pour ça que je pense qu'il faut avoir à la fois une discussion, une discussion sociale, réussir à avancer. sur un certain nombre de sujets tout en étant réaliste et puis aussi en étant réaliste sur le calendrier en expliquant bien qu'il y a des sujets qui sont des sujets qu'on peut faire tout de suite maintenant et puis je rappelle quand même à tout le monde qu'il y a une présidentielle qui arrive dans six mois, et donc qui, quelque part aussi, va permettre d'avoir un certain nombre de débats. Je veux dire, je reprends par exemple la question de l'affectation dans le supérieur. Le débat fondamental derrière, en fait, qui est un peu l'éléphant dans la pièce, c'est de savoir, en gros, est-ce qu'on veut un système qui soit un système plus sélectif ou un système moins sélectif ? Dans le temps, moi, quand j'ai passé le baccalauréat, on avait à peu près 40% de bacheliers, c'était la classe d'âge, c'était 40%, et il y avait un taux de succès au baccalauréat qui devait être de 60%. On est passé sur le bac général à 40%. 96% de succès. Donc il n'y a plus la sélection du baccalauréat. Est-ce qu'on doit refaire quelque chose ? Je pense que
ça doit être un débat. Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, vous allez nous dire justement comment vous voyez le futur de Parcoursup, en tout cas le dispositif qui va remplacer la plateforme. Vous allez nous le dire dans un instant, juste après. L'info en une minute à 9h moins le quart avec l'aura du lieu. Le 830 France Info, Audrey Tison, Simon Le Baron.
Toujours avec vous Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur. Vous promettez la fin de Parcoursup. Alors avant de remplacer cette plateforme, il y a d'abord l'étape de l'année prochaine, à la rendre plus transparente. Concrètement, qu'est-ce que vous allez faire ? pour la rendre plus transparente
Alors, effectivement, comme vous l'avez dit, il y a deux étapes. Une première étape, c'est sans changer la loi, parce que changer la loi, ça prend du temps, faire un maximum de transformations qui permettent d'assurer plus de transparence. C'est une revendication depuis longtemps, des lycéens en particulier, autour des algorithmes, ce qui est mal appelé, mais qui est appelé ainsi les algorithmes locaux. C'est-à-dire, aujourd'hui, la plateforme elle-même est totalement transparente, le code est disponible, tout le monde peut savoir comment ça fonctionne. Par contre, après, chaque jury, en fait, dans une université, dans une école, elle a ses propres règles de fonctionnement, qui sont des règles de fonctionnement interne. Donc ça, tout
doit être mis noir sur blanc ?
Il y a déjà les critères qui sont aujourd'hui explicités, c'est déjà le cas depuis quelques années, mais au-delà simplement de ces critères un peu généraux, on va aller vraiment dans le détail, parce que je crois que c'est une demande aujourd'hui, et ces détails, ça veut dire qu'en gros, les traitements automatisés, c'est-à-dire qu'en gros, si par exemple, à un moment donné, ils utilisent une feuille Excel pour pondérer des notes ou des choses comme ça, ce détail-là devra être quelque part... Transparence totale. Les
universités, tous les établissements d'enseignement supérieur vont publier sur leur site internet, on utilise tel logiciel, on s'est réuni à tant de personnes dans une salle pour
examiner les dossiers. Les traitements automatisés. On proposera aussi, sur la base du volontariat, à des lycéens qui voudraient participer à tel ou tel jury, ce sera possiblement ouvert. Il y aura aussi un vrai travail de transparence. je pense qu'on essaiera aussi, enfin on essaiera, on donnera la possibilité à des lycéens qui sont refusés dans une formation de saisir la formation pour comprendre pourquoi ils ont été refusés. C'est
un appel ou c'est juste une demande d'explication ? C'est une demande d'explication. Pas d'appel, il n'y a pas
d'appel, on m'a refusé, je demande une deuxième chance. Pardon s'il n'y a pas d'appel, vous voyez, c'est déjà une procédure, la procédure d'affectation est déjà assez complexe, si on met en place une procédure d'appel, alors là... C'était pour comprendre le mot saisir.
ça, c'est une étape intermédiaire que vous proposez dès cette année. Vous annoncez la fin de Parcoursup et son remplacement. Ça ne plaît pas à tout le monde. L'ancien ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, qui a mis en place Parcoursup avec votre prédécesseur Frédéric Vidal, vous accuse de l'acheter avec l'abandon de cette plateforme. On l'écoute, c'était ce mardi sur France Info.
Démagogie à gauche, lâcheté au centre et à droite, oui. Et surtout, immense démagogie aux deux extrêmes.
Alors, est-ce que vous avez cédé par facilité, Philippe Baptiste
? D'abord, je vais répondre à Jean-Michel Blanquer, pour qui j'ai d'abord la plus grande estime et la plus grande amitié aussi, donc je le ferai avec beaucoup de plaisir. Il n'y a pas de lâcheté, je crois qu'il faut refonder et reposer le débat. Et c'est bien de ça dont on parle pour la prochaine plateforme. La plateforme, ce n'est pas le sujet numérique, ce n'est pas le sujet du logiciel Parcoursup, qui est d'ailleurs, j'entendais hier au débat à l'Assemblée nationale, le logiciel en tant que tel n'est pas tellement ça le sujet. La question fondamentale, c'est qu'il faut qu'on réponde à trois ou quatre questions de fond. Et quand je dis « on », c'est aussi la représentation nationale. D'ailleurs, je n'ai pas eu les réponses hier. Est-ce qu'on est pour ou est-ce qu'on est contre la sélection ? Première question. On vous pose la question. Vous êtes pour ou contre la sélection ? Laissez-moi poser les quatre questions. J'ai quatre questions à poser qui me semblent être structurantes. Est-ce qu'on est pour ou est-ce qu'on est contre la sélection ? Est-ce qu'on veut une assignation territoriale des jeunes ? C'est-à-dire dire en gros, vous avez fait vos études, votre lycée, votre baccalauréat dans telle ville, vous devez aller dans telle université. Moi, je suis résolument contre ça, mais c'est une question fondamentale. Est-ce que, oui ou non, on veut privilégier les boursiers ? Aujourd'hui, les boursiers sont privilégiés dans Parcoursup. Il y a des quotas, donc moi, je suis résolument pour ça, mais est-ce qu'on veut garder ça ? Est-ce qu'on est pour ou contre conserver une dimension forte de l'apprentissage ? Vous savez, sur Parcoursup, aujourd'hui, il y a... 11 000 formations en apprentissage, presque la moitié. Avant, il y en avait zéro sur APD. Est-ce qu'on veut faire ça ou pas ? Ces questions-là, elles sont structurantes. C'est de ça dont on doit parler dans les prochaines semaines. Et après, faire une loi. Et une fois qu'il y aura la loi, faire la plateforme. Vous dites
en gros, c'est un bon système, Parcoursup. Les présidents d'universités disent que c'est un bouc émissaire facile. Jean-Michel Blanquet, on l'a entendu, parce que vous n'avez pas répondu à la question, il dit. En creux, il y a eu une lâcheté au centre, y compris au gouvernement. Et il dit que le taux d'échec en fin de première année d'études supérieures grâce à Parcoursup a baissé en 8 ans de 60 à 50%, de 10 points. En première année de licence. Donc vous validez ça. Pourquoi supprimer un
système qui fonctionne ? Parce que je pense qu'il y a des questions aujourd'hui. Il y a une colère sociale autour du système et il y a aussi une incompréhension d'un certain nombre d'outils qui sont utilisés dans le système. Donc, je veux dire, il faut répondre à ces revendications. Et puis, je pense qu'il faut aussi refonder le débat. C'est-à-dire que les questions de fonds dont on doit parler, c'est est-ce que oui ou non on veut la sélection ? Est-ce que oui ou non on veut une assignation sociale des bacheliers ? Etc. Ces questions sont des questions de fonds, des questions qui ne sont pas des questions de plateforme, qui sont des questions éminemment politiques. Vous nous
dites quand même qu'il faut passer par une loi.
C'est indispensable. Vous connaissez l'état de l'Assemblée.
Vous avez la moindre... illusion de faire passer une loi là-dessus d'ici la fin de ce quinquennat ? Moi,
je pense que ce n'est pas complètement impossible. Je ne sais pas si on arrivera complètement au bout. Je connais à la fois le calendrier et les tensions. Mais en tout cas, qu'il y ait des propositions qui soient déposées et discutées, je pense que c'est possible. Et puis moi, j'appelle aussi les candidats à la présidentielle. On est dans un temps où les programmes se construisent. Eh bien, j'attends avec impatience des positionnements clairs. Et je ne parle pas des positionnements démagogiques du RN ou du LFI que j'ai entendu hier. qui sont construites. C'est quoi les
propositions démagogiques ?
Créer 250 000 places dans l'enseignement à l'université demain, est-ce que l'avenir de tous les jeunes doit passer nécessairement par une licence et un master ? C'est pas ce que demandent
justement les organisations lycéens et étudiants. 250 000 places et vous en avez proposé 15 000.
Mais on a le droit de se poser la question, est-ce que l'avenir de chaque bachelier, de chaque lycéen, il doit passer par une licence et un master ? Je ne suis pas sûr. Moi je crois qu'il y a des places, il y a des formations en apprentissage, il y a des formations dans d'autres... Il faut plus de sélection encore qu'aujourd'hui. aujourd'hui, monsieur, je vous renvoie à un rapport de l'OCDE qui est sorti il y a quelques semaines et qui classe les différents pays de l'OCDE en fonction de leur sélection. Et vous savez où est positionné la France ? Dites-nous. C'est la dernière. Donc nous sommes le pays le moins sélectif de l'ensemble des pays de l'OCDE. Moi, je veux bien qu'on soit encore moins sélectif que ça. Mais enfin, ça commence à être compliqué. Mais la sélection, notre sélection, en fait, elle existe. Et vous savez où elle est, la sélection ? Elle est en première année de licence. C'est une boucherie. Et ce système-là, il est une hypocrisie sans limite,
mais de 10 points.
Et on est arrivé à 50%. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on en a presque 1 sur 2 qui ne réussit pas en première année.
Donc en fait, le remplaçant de Parcoursup, ce serait une plateforme encore plus dure pour les lycéens ? Non, pas du tout. Je pense qu'il
faut la discuter. C'est probablement où il y a plus d'orientation, plus de discussion. Ce n'est pas du tout ce que je dis. Je ne dis pas du tout qu'il faut faire ça. Je dis simplement, en gros, il faut poser les questions. C'est des questions qui sont politiques. Il faut trancher les questions politiques. Simplement,
Philippe Baptiste, juste... Audrey vous a posé la question et a pointé l'état de l'Assemblée aujourd'hui. Vous avez six mois, vous dites qu'il faut discuter, vous n'avez pas aujourd'hui d'idée précise de ce à quoi doit ressembler la prochaine plateforme qui remplacera Parcoursup. En gros, si je comprends bien, il y a une chance non négligeable que vous ayez promis aux étudiants le remplacement de Parcoursup. que vous quittiez le pouvoir sans l'avoir fait.
Mais attendez, ce que nous avons dit aujourd'hui, c'est une prochaine plateforme pour la campagne 2028. Donc vous laisserez ça au prochain gouvernement. Mais pas du tout. Je pense que le travail peut être très largement avancé. Et c'est bien ce à quoi on s'engage aujourd'hui. Dans un calendrier où on a effectivement quelques mois devant nous. Donc c'est effectivement un calendrier qui est un calendrier tendu. On a besoin évidemment d'avoir aussi l'avis de la représentation nationale. Et c'est pour ça que c'était très important d'avoir ce débat hier autour du 50-1 qui a été discuté à l'Assemblée pour la construction de la suite.
Mais enfin,
s'imaginer que c'est... qu'on va finir la construction de la plateforme dans les six mois qui viennent pour la session de 2028. Voilà, donc ce sera le prochain gouvernement qui le fera. Mais c'est les deux, on va commencer le travail. La loi, vous voulez la
mettre au vote avant mars, la fin de cette session ? Il
faut commencer à discuter maintenant pour voir ce qu'on peut faire et si effectivement il y a possibilité de passer au moins dans l'une des deux assemblées avant la fin de la prochaine session.
D'accord, on a compris ce que vous voulez dire là-dessus sur les places.
La complexité de cette Assemblée nationale, elle est aussi présente pour l'adoption de ce budget. Ce sont les débats actuels. Les promesses que vous avez faites y a quelques jours aux lycéens et aux étudiants, elles doivent pour la plupart être transcrites
dans le budget.
Cette Assemblée. n'est pas très favorable à ce gouvernement. Elle va sans doute refuser le budget que vous proposez, sans doute refuser vos amendements. Là aussi, question, vous avez fait des promesses que vous n'êtes pas sûr de pouvoir tenir. Non,
pas du tout. Je pense que d'abord, il y a le budget qui va vivre sa vie au Parlement. Il y aura des amendements du gouvernement qui vont être proposés pour financer les mesures additionnelles qui ont été proposées là. tant pour le ministère de l'Education nationale que pour le ministère de l'Enseignement supérieur. Donc de l'argent en plus qui va financer toutes les mesures qui ont été proposées. Ça, c'est sûr et certain. Après, il y aura la discussion du budget. Moi, je pense qu'il peut y avoir une voie de passage. Enfin, je l'espère, je le souhaite. Et sinon, il y a des outils qui sont des outils constitutionnels. Le 49.3, par exemple, qui est l'une des pistes et qui permettra évidemment d'intégrer... Ce n'est pas exclu
de passer le budget en 49.3. Mais je pense qu
'aujourd'hui, tout le monde sait que c'est l'une des options parmi d'autres. Mais je veux dire, ce qu'on privilégie aujourd'hui, c'est le... Débat parlementaire, il faut aller au bout du débat parlementaire parce que ce débat, il est important, il est fondamental. Et puis après, voilà, mais donc toutes ces promesses seront financées au travers du prochain budget.
L'association France Université qui regroupe les présidents d'universités. C'est bien. Dénonce un sous-financement chronique des universités. Il le rappelle aujourd'hui, mais le fait depuis des mois, des années. En résumé, les facs ne peuvent pas ni embaucher suffisamment d'enseignants-chercheurs. Donc il n'y a pas que le problème des places, il y a le problème simplement des professeurs devant les élèves. Ils ne peuvent pas non plus payer leurs enseignants à la hauteur de leurs compétences. Pourquoi il n'y a pas de proposition là-dessus ? Alors,
quand on crée des places... Et quand je vous dis qu'on crée des places, 15 000 places, ça veut dire qu'évidemment, on a les budgets correspondants qui seront transférés aux universités. Pour embaucher aussi, y compris des enseignants-chercheurs. Vous avez dit des places essentiellement de l'UTS,
IUT. Là, on vous parle de l
'UUT
en général. Oui,
mais ça tombe bien parce qu'en fait, les IUT sont de l'université. Vous savez, les universités, ce n'est pas que les licences, c'est aussi les IUT. Donc, évidemment, il y a ça, d'une part. Et puis, d'autre part, s'agissant du financement et de la revalorisation des salaires des enseignants-chercheurs et des chercheurs, je voudrais souligner qu'il y a eu une loi qui s'appelle la loi de programmation de la recherche. On n'est pas allé complètement au bout. été mise un petit peu en stand-by, compte tenu des contraintes budgétaires, mais il y a eu de très gros efforts de revalorisation qui ont été faits. Est-ce que c'est suffisant ? La réponse est non, mais on parle quand même en moyenne de 7 à 8 000 euros de plus par an pour les enseignants-chercheurs et les chercheurs qui sont arrivés et qui éclisent vraiment. Et vous ne pouvez pas faire plus. Donc il y a eu des efforts et il faut aller plus loin, j'en suis profondément persuadé.
Et c'est a priori pas vous qui le ferez. Merci Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Merci beaucoup.
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