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Louis Boyard de la France Insoumise prend la parole pendant le débat sur le budget le 28 octobre. Il s'exprime sur les annonces du Premier ministre concernant les lycées et les étudiants. Écoutez.
parole est à présent à monsieur Louis Boyard pour le groupe la France Insoumise.
Merci Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres. Je voulais commencer tranquillement, poliment, mais je vous ai écouté et c'est exaspérant. Vous avez le plus gros mouvement de jeunesse depuis des décennies et vous n'êtes capable que de ça, mais vous êtes caricaturalement mauvais. Monsieur le Ministre de l'Enseignement supérieur, dire qu'il n'y a que 70 personnes recalées de Parcoursup, vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Monsieur le Ministre de l'Education nationale, dire qu'ils vont avoir... une heure de pause pour déjeuner, mais dans certains lycées, c'est pas suffisant, une heure. 28 par classe, uniquement pour les secondes, parce que pour les premiers ou pour les terminales, ils n'ont pas un problème de classe surchargée, mais descendez de votre tour d'ivoire. C'est insupportable d'avoir à écouter vos discours, mais si déconnectés de la réalité. Évidemment... Évidemment qu'il n'y a aucun lycéen dans ce pays qui s'est dit « Ah tiens, je me suis mobilisé depuis des semaines et des mois et j'ai obtenu ce que je voulais ». Mais évidemment qu'il n'y a aucun lycéen qui va dire ça. Vous savez très bien que vous n'avez pas annoncé ce qu'ils veulent. Et qu'est-ce qui vous permet de dire que les jeunes vont finalement rentrer dans leur classe ? Après tout ce qu'ils ont fait, évidemment qu'ils ne vont pas retourner dans leur classe. Vous voyez ça ? Ça s'appelle un manque de respect. Et vous avez un immense problème de respect vis-à-vis de la jeunesse française. La première chose que vous devriez faire, monsieur le Premier ministre, c'est présenter des excuses. Présenter des excuses pour avoir dit qu'ils étaient manipulés par la France insoumise, ce qui insinue qu'ils ne savent pas penser par eux-mêmes. Présenter des excuses pour les avoir caricaturés comme des brûleurs de poubelles. Et surtout présenter des excuses pour les violences policières, pour les coups de matraque, pour le gaz lacrymogène, pour les gardes à vue abusives, pour les sanctions disciplinaires, pour ceux que vous avez fait mutiler et éborgner. Les jeunes sont tous solidaires des ados que vous avez mutilés et éborgnés et pour qui vous n'avez pas eu un mot de compassion. Alors si vous n'avez pas la dignité de démissionner après ce que vous leur avez fait, ayez au moins la dignité de présenter des excuses à ces jeunes et à leur famille. Question de respect sur la manière de faire vos annonces. Vous n'auriez pas dû faire ces annonces devant des influenceurs. Vous auriez dû le faire devant un lycée d'outre-mer, premiers à s'être mobilisés, qui se battent pour le droit à être considérés, pour le droit à l'égalité et même pour le droit à l'eau. Vous n'auriez pas dû oublier de parler des lycéens de la voie professionnelle et de leurs problèmes de stage, de même pour les alternants. Vous n'auriez pas dû oublier de parler du manque d'infirmières et du manque de conseillers d'orientation. Vous n'auriez pas dû oublier de parler des AESH, des enfants en situation de handicap. Vous n'auriez pas dû oublier de parler de ce que vous faites aux étudiants étrangers avec les APL et avec les frais d'inscription. Vous n'auriez pas dû mentir sur l'indexation des bourses sur l'inflation où vous ne rattrapez pas les trois dernières années de gel et même vous continuez de geler leurs APL. Vous n'auriez pas dû mentir au sujet du 8h-18h sur lequel vous ne faites rien alors que c'est une des principales revendications de ce mouvement. Vous n'auriez pas dû mentir sur le bâti scolaire puisque pour beaucoup de départements et de régions, elles n'ont pas toutes les capacités financières pour débloquer le prêt qui doit servir à la rénovation des bâtiments. Et vous n'auriez pas dû mentir sur le nombre de professeurs qui est clairement insuffisant pour garantir à tous. un prof devant chaque classe. De même sur la santé mentale, 500 profs et 500 psys, ça n'en garantit pas à tous les élèves. Ils ne vous demandent pas un macbook dans chaque classe, ils ne vous demandent pas une cantine gastronomique, ils vous demandent simplement l'égalité scolaire et même après un mois de mobilisation, vous êtes incapable de leur fournir Surtout, monsieur le Premier ministre, vous devez arrêter de prendre les gens pour des idiots. Dire que vous allez abroger Parcoursup en 2028, c'est-à-dire au moment où vous ne serez plus là, c'est prendre les gens pour des idiots. Dire qu'on ne peut pas abroger Parcoursup parce que sinon on ne pourra pas traiter les dossiers, je pourrais dire que cette rhétorique n'est pas de votre niveau, mais je crains que ce soit le cas. Personne ne parle de supprimer une plateforme de centralisation des dossiers. Ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est au service de quelle politique se met cette plateforme. Parcoursup est une plateforme de sélection au service de votre vision politique libérale. Vous avez baissé les moyens dans les lycées et les universités publiques pour faire émerger les écoles privées dont le chiffre d'affaires a explosé de plus de 150% depuis que le président de la République est à l'Elysée. Bonus, vous les avez abondés de subventions publiques. Et en plus maintenant, ils peuvent directement faire des propositions dans Parcoursup. Ce qui fait que vous avez trois types de jeunes. Ceux qui sont acceptés dans le public, et pas toujours avec la filière qu'ils veulent vraiment faire. Ceux qui ont été recalés, mais qui ont les moyens de payer le privé. Et ceux qui n'ont rien du tout. Et pour savoir... Qui aura quelle filière ? Vous avez fait une réforme des lycées qui organise cette compétition entre adolescents de 15 à 18 ans pour savoir qui aura accès à la filière qui détermine le reste de sa vie. C'est pour ça que vous avez ces chiffres sur la santé mentale des jeunes, parce que cette compétition n'est pas adaptée à des adolescents. A ça, les jeunes vous opposent une autre vision. L'éducation ne doit pas être un marché privé, mais un service public d'intérêt des jeunes. Vous savez, Monsieur le Premier ministre, l'été dernier, les jeunes ont vécu la canicule la moins chaude du reste de leur vie. Le réchauffement climatique, c'est tristement leur avenir. et l'ont tous les jours en tête. Pour affronter ce défi, on va avoir besoin d'ingénieurs, on va avoir besoin de médecins, d'infirmiers, d'aides-soignants, de géographes, de météorologues. Je vous donne ces exemples pour que vous compreniez qu'il ne s'agit pas d'ouvrir des places à l'université pour se faire plaisir, mais d'avoir un haut niveau de formation pour affronter le dérèglement climatique. Si vous ne savez pas appliquer les revendications des jeunes, monsieur le Premier ministre, je vous en prie, la porte, elle est juste ici. Il y a une majorité dans le pays qui ne demande que à vous voir partir et vous feriez des heureux. Sur les bancs de la France Insoumise, j'ai au moins 5 noms de personnalités qualifiées pour appliquer les revendications des jeunes et occuper votre poste, donc ce n'est pas un problème. Vous n'avez pas rependu en revendication, donc les manifestations vont continuer. Et il se trouve que la prochaine manifestation, c'est samedi et que c'est Halloween. Donc si les jeunes viennent toquer à votre porte et vous demandent 10 milliards ou un sort, j'espère que vous aurez eu le temps de faire les courses. En attendant vos excuses et les 10 milliards, à samedi, monsieur le Premier ministre.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à présent à monsieur Pierrick Courbon pour le groupe socialiste.
la présidente, monsieur le Premier ministre, messieurs les ministres, monsieur le président, chers collègues. Près de deux mois après le début de la mobilisation lycéenne, vous avez enfin fait quelques annonces en direction de la jeunesse. Les députés socialistes veulent d'abord saluer la formidable mobilisation d'une jeunesse inquiète. Quant à son avenir, une jeunesse qui ne se résout pas à subir des choix politiques mais qui veut bien être actrice des décisions qui la concernent. Alors comme souvent, nous ne pouvons que déplorer qu'il ait fallu des semaines de cortège, de blocus, une première réponse uniquement répressive avec des milliers de gardes à vue discutables, des mains arrachées et des vies brisées pour que vous preniez la mesure de ce qui se passe dans le pays. Nous pensons en ce moment à celles et ceux qui ont payé de leur chair leur engagement comme Fares à Saint-Etienne. Bravo au mouvement lycéen qui a obtenu en quelques semaines ce que nous n'avons pas réussi à obtenir par notre travail parlementaire depuis 10 ans. Alors vous avez fait le choix de promouvoir maladroitement vos solutions de sortie de crise en contactant dimanche de jeunes influenceurs sur les réseaux sociaux. Un nouveau geste de défiance pour les corps intermédiaires, les associations, les syndicats de lycéens. Et un sacré paradoxe quand on y pense pour un gouvernement qui a voulu légiférer pour interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et qui a souhaité l'interdiction du portable au lycée. Depuis le début de la mobilisation, les députés socialistes ont exigé des réponses politiques, un débouché nécessaire aux revendications des jeunes. Il y a de premiers bouger de votre part et entre les partisans du statu quo, tel Jean-Michel Blanquer qui ne trouve rien de mieux à dire que c'est pire ailleurs, alors finalement taisez-vous, et ceux du tout ou rien nous prendront tout ce qu'il y aura à prendre pour notre jeunesse qui n'a pas le luxe d'attendre les hypothétiques suites de l'élection présidentielle. S'il est urgent d'éviter l'enlisement du conflit, nous restons plus que sceptiques sur certaines des annonces qui ont été faites, dont il ne faudrait pas qu'elles ne constituent que des écrans de fumée. Sur la création de postes dans l'éducation nationale, les 800 suppressions de postes initialement annoncées dans le secondaire sont annulées, mais celles du premier degré sont maintenues à ce stade, ce n'est pas acceptable. Nous redisons que l'ensemble des moyens libérés par la baisse de la démographie doit être immédiatement affecté à la priorité qui consiste à mettre des profs devant chaque élève. Sur la question des emplois du temps... Les emplois du temps si complexes induits par la réforme Blanquer, rien de concret si ce n'est la garantie d'une heure de pause méridienne. Mais quelle concession, merci beaucoup. Sur la question du bâti scolaire grand seigneur, vous octroyez un prêt aux régions, mais dans le même temps, vous portez atteinte à leur capacité budgétaire dans certaines mesures du PLF. Vous pourriez y renoncer, ce serait déjà un bon début. J'en viens maintenant au sujet central de l'orientation et de parcours sup. Les socialistes, de façon constante, demandent la suppression de Parcoursup. Oui, il faut supprimer Parcoursup parce qu'il constitue derrière la réussite technique, un échec politique manifeste par rapport aux objectifs que le législateur lui a assignés. Je vais y revenir. Alors oui, il y a encore quelques mois, nous avons, avec mon collègue Gums, conduit un travail sur Parcoursup dont nous avons remis les conclusions en février dans l'indifférence générale. Ni le ministère de l'Education nationale, ni celui de l'Enseignement supérieur non dénié ne serait-ce qu'accuser réception de nos 51 propositions de nature transpartisane pour améliorer la plateforme dans un monde où il ne vous était pas encore envisageable de la supprimer ou de la remplacer. Oui, monsieur le ministre, il n'y a qu'il y a 15 jours que vous avez pris contact pour échanger sur nos travaux. Alors n'hésitez pas, messieurs les ministres, à sortir ce rapport de dessous les armoires qu'il cale peut-être dans vos bureaux pour voir comment nos propositions pourraient être utilement déployées dans l'année de transition que doit être 2027 vers la suppression de Parcoursup. Tous les sujets au cœur de la colère lycéenne du moment étaient déjà clairement identifiés. La question du calendrier de parcours sub qui est davantage articulée autour du rythme des adultes que de l'intérêt des lycéens est en corollaire le stress d'un interminable processus à étage où la peur de rater une étape règne en maître, stress qui se cumule avec la mise sous tension permanente générée par le contrôle continu et qui affecte la santé mentale de milliers de jeunes à travers le pays.
Boyard dénonce le manque de respect du premier ministre envers la jeunesse. Il souligne l'absence de réponse aux revendications des jeunes. Ces images proviennent du site officiel de l'Assemblée nationale. Que faire face à ces accusations ? Abonnez-vous à Politique Décodée pour ne rien rater des débats.
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