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La parole est à présent à madame Violette Spilboud pour le groupe Ensemble pour la République. Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres, Monsieur le Président de la Commission, chers collègues et chers représentants des lycéens et des étudiants, on a un système qui va mal, on en souffre et on a la sensation de ne jamais être écouté. Ces mots, une lycéenne de ma circonscription à Lille me les a dit pendant les blocages. Elle demandait, comme beaucoup d'autres, qu'on la prenne au sérieux et qu'on agisse. Alors prenons-la au sérieux, prenons-les au sérieux avec des faits. 82% des lycéens jugent Parcoursup stressant. 29% seulement le trouvent équitable. Cet été, plus de 32 000 jeunes sans solution ont dû saisir une commission d'accès. C'est une crise de confiance. Pour autant, tout n'est pas à jeter. Parcoursup a mis fin au tirage au sort et comme le rappelait récemment Jean-Michel Blanquer, le taux d'échec en fin de première année est passé de 60% en 2017 à 50% aujourd'hui. Alors c'est un progrès réel, même si c'est encore largement insuffisant. Et la réalité d'aujourd'hui, malheureusement, c'est la phrase que l'on entend le plus. Je suis content du résultat, mais j'ai eu tellement peur. Il faut donc corriger ce qui fait peur et refondre tout un processus de sélection et d'orientation. Car supprimer Parcoursup sans solution, ce serait une catastrophe. Ce sont les présidents d'universités françaises qui le disent. Promettre l'abolition sans alternatif, ce serait dangereux. Et le stuatu quo n'est pas notre ligne non plus. Depuis le 10 octobre, notre président de groupe, Gabriel Attal, a posé les leviers principaux pour Parcoursup. Moins de pression du contrôle continu, davantage d'épreuves terminales, plus de chances pour les filières professionnelles et d'innovation, plus d'accompagnement humain. Alors messieurs les ministres, vos annonces de lundi vont dans le bon sens. Avec mes collègues du groupe Ensemble pour la République, déjà pour la session de 2027, nous vous demandons deux avancées fondamentales. La transparence et l'équité. Une transparence réelle d'abord, un refus expliqué, c'est un rang, des critères, un seuil, pas un message type. La décision de sélection doit rester celle des établissements qui jugent en conscience, mais leurs outils de classement doivent être publics comme la Cour des comptes le demande depuis 2020. Et puis ensuite, une équité de la sélection. Conscient de l'importance de chaque évaluation, les professeurs, vous le savez, gonflent les notes pour ne pas porter préjudice à l'orientation de leurs élèves. La notation finit par perdre de sa valeur, à tel point que certaines formations du supérieur attribuent à chaque dossier un coefficient. en fonction du lycée d'origine, recréant ainsi opacité et inégalité. Alors il faudra répondre à cette attente très forte de nos lycéens pour qu'il y ait moins de discrimination en fonction du lycée d'origine, en réfléchissant avec eux à une objectivation nationale des résultats. Mais attention, ne renonçons pas à une école exigeante qui permette de choisir son orientation, d'être mieux accompagnée et la vraie reconnaissance de qualifications et de compétences. Je veux aussi, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres, vous relayer l'alerte de mon collègue Sylvain Maillard à la suite des échanges avec la conférence des grandes écoles. Il faudra revoir le calendrier de Parcoursup au niveau européen, au regard des enjeux européens. Alors que certains établissements européens répondent aux candidats déjà en février, nous, avec Parcoursup, nous ne répondons qu'en juin. Résultat, nous perdons des élèves et des talents pour la France. Et au-delà de 2027, on doit aussi se dire les choses. Le débat de ce soir ne porte pas seulement sur une plateforme. Remplacer Parcoursup, c'est en vérité aborder des questions qui divisent profondément dans notre pays et ici dans notre hémicycle. Comment réformer notre enseignement supérieur pour aller davantage vers les filières qui mènent au métier d'avenir, évaluer chaque filière, évaluer leur débouché ? Que doit être le baccalauréat de demain ? Un examen national qui compte vraiment ou une moyenne de contrôle continu dont la valeur varie d'un lycée à l'autre ? Comment articuler le lycée, ses spécialités et le premier cycle du supérieur ? Comment faire face à la transformation des formations et des métiers avec l'intelligence artificielle ? Ce ne sont pas finalement des questions techniques, ce sont... des choix de société. Ils ne se décideront pas en six mois dans un groupe de travail ou même dans le comité de réforme qui va être mis en place. Ils appellent à un vrai débat démocratique et c'est devant les Français, lors de la prochaine élection présidentielle, qu'ils devront être tranchés. Monsieur le Premier ministre, pouvez-vous nous assurer que les travaux engagés prépareront ces choix sans les préempter et qu'ils associeront largement le Parlement ? Car nous, avec tous nos collègues du groupe Ensemble de la République, nous avons beaucoup de choses à dire et à proposer sur ce sujet tout au long du processus. Et ce processus, le cœur de son sujet, c'est l'orientation. On compte aujourd'hui un conseiller d'orientation pour plus de 1000 élèves. Les 54 heures annuelles prévues au lycée sont inégalement assurées. Le second professeur principal de terminale n'existe pas partout. Et résultat, plus d'un candidat sur deux affirme ne pas avoir été accompagné pendant la phase d'admission. Ceux qui peuvent payent même un coach privé. Les autres se débrouillent. Ça, c'est l'injustice. Nous demandons donc une refonte complète de l'orientation, des conseillers d'orientation en nombre suffisant, des conseils régionaux et des régions qui ont cette compétence depuis 2018 mais qui doivent être pleinement associés à la refonte engagée aujourd'hui par votre gouvernement, un accompagnement renforcé et personnalitésés dès la seconde, mentorat, tutorat, stage de découverte professionnel dans les classes et un véritable assistant IA, intelligence artificielle, qui devra accompagner chaque élève pour lui faire découvrir des formations qu'il ignore. Accompagner suppose aussi simplement, c'est une évidence, des professeurs. Les lycéens nous l'ont dit et nous les avons entendus. Depuis des années, notre groupe Ensemble pour la République défend, budget après budget, des amendements. préservant la rémunération des enseignants et le maintien du nombre d'enseignants malgré la baisse démographique. Un professeur devant chaque classe et des classes qui ne soient pas surchargées. Ce n'est pas un sujet à côté de Parcoursup, c'en est la fondation. Et pour le PLF 2027, les amendements que nous avons portés avec Anne Jente en commission éducation la semaine dernière, qui ont été adoptés en ce sens, doivent être, je vous le demande, retenus dans le budget final, monsieur le Premier ministre. Enfin, les places dans le post-bac. Les 15 000 places annoncées prochainement devront se poursuivre avec une programmation pluriannuelle intelligente. Assumons... de fermer des formations qui ne conduisent pas suffisamment à l'emploi pour pouvoir renforcer celles qui proposent les métiers d'avenir. Mes chers collègues, devant ces charmants commentaires, je vais bientôt conclure, mais j'aimerais rappeler que l'évolution de Parcoursup évoquée dans ce débat est loin de satisfaire l'ensemble des autres revendications de la jeunesse. Car les inquiétudes de nos jeunes ne commencent pas sur Parcoursup, elles commencent bien avant. tout au long du parcours scolaire. La consultation nationale dont vous avez publié les résultats le montre, messieurs les ministres. Les lycéens et les étudiants nous alertent sur les journées scolaires déséquilibrées, sur les bâtiments inadaptés, sur les classes surchargées, sur les professeurs absents, l'insuffisance de remplacement, mais aussi sur la dégradation du climat scolaire, la violence à l'école et les difficultés de santé mentale. Nous ne pouvons pas prétendre garantir l'égalité des chances dans l'enseignement supérieur si nous ne garantissons pas dès les premières années de scolarité un enseignement serein. Notre responsabilité c'est de répondre à l'ensemble des préoccupations de cette génération et de lui redonner confiance en l'avenir. La jeunesse nous demande des règles claires, une chance égale et un accompagnement pour eux et avec leurs parents. La jeunesse veut sa place dans la société, être écoutée, pouvoir apprendre, trouver un travail, fonder une famille, vivre dignement. La promesse républicaine française, c'est de pouvoir la lui donner. Avec Gabriel Attal et les députés ensemble pour la République, nous sommes mobilisés pour être à la hauteur de cette attente. Je vous remercie.
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