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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Précisément, vous êtes en train de faire le jeu de l'extrême droite du Rassemblement National. Vous devriez justement, précisément, être présent dans cet hémicycle, ne pas avoir déserté, mener le débat, défendre l'unité de la République, défendre les valeurs de la République et faire corps, faire bloc et ne rien lâcher.
Mardi, à l'Assemblée nationale, quatre jours après l'attentat raciste de Trappes. La séance tourne au clash et une vidéo titrée « Toute la gauche quitte l'Assemblée » dépasse 180 000 vues. On a regardé la séance en entier. Huit phrases s'y vérifient. dite par le RN, par la gauche et par le gouvernement. On te montre l'échange en entier et on met pause à chaque phrase. Les faits, d'abord. Vendredi 23 octobre, vers 10h, un homme de 39 ans tire sur des passants à Trappes et à la verrière dans les Yvelines. Pengo Bossio Wanji, 26 ans, est tué. 7 blessés, dont une fillette de 12 ans. Le parquet national antiterroriste est saisi. Assassinat terroriste, immobile raciste. Vrai ou plutôt vrai ? Les sources le confirment avec la nuance. Trompeur, une part vraie, une part qui ne tient pas. Faux, les sources disent le contraire. Invérifiable, on a cherché et rien ne permet de trancher, dans un sens ni dans l'autre. Avant le clash, deux députés de gauche posent leurs questions. Deux phrases à vérifier.
Pourtant, les dirigeants du RN continuent à fanfaronner dans les médias en qualifiant la ville de Trappes de foyers djihadistes. Lorsque Jordan Bardella qualifie une ville de capitale du djihad et que des chaînes d'information relaient et organisent la surenchère des discours de haine, ils se rendent complices au passage de l'acte. Complices de la banalisation, de la xénophobie et d'un agenda politique porté à l'extrême droite au pouvoir.
Pause. Lundi 26 octobre, sur France Inter, Sébastien Chenu, vice-président du RN, dit « Trapp est un foyer de djihadistes ». Il assume aussi les mots de Jordan Bardella qui, en 2022, comparait Trapp à « une petite république islamique en miniature, capitale européenne du djihad ». Plutôt vrai. Les deux phrases existent. Celle de Bardella date de 2022. Complice, c'est un jugement. On ne le tranche pas.
Le
jour de l'attentat, Sébastien Lecornu est à Limoges, après l'incendie de la mairie et avant les manifestations du lendemain. Il dit « la menace reste élevée demain pour l'ultra-gauche ». Il parle des violences urbaines, pas de trappe. Une interview le soir sur l'extrême-gauche, en revanche, on ne l'a pas trouvée. Plutôt vrai, ce jour-là, il vise bien l'ultra-gauche. L'interview du soir, elle, reste introuvable. Voici maintenant l'échange qui a fait le tour des réseaux. Sébastien Chenu, président du groupe RN, pose sa question au Premier ministre.
La parole est à présent à monsieur Sébastien Chenu, président du groupe Rassemblement National.
madame la présidente. Monsieur le Premier ministre, l'épouvantable tuerie terroriste sur fond de motivation raciste survenue à Trappes nous a tous choqués et meurtris. C'est à la famille de ce jeune homme que nous présentons aujourd'hui nos condoléances. C'est aux familles des victimes que nous pensons également et c'est aux forces de l'ordre que nous pensons en les remerciant aussi. Comme si la tension insupportable qui règne dans notre pays ne suffisait pas, le concours de fake news a été ouvert, relayé par le journal Le Monde et boosté par les responsables politiques de gauche et d'extrême-gauche. Ceci ajoute au drame que nous traversons.
Pause. Lundi 26, Le Monde écrit, d'après une source proche de l'enquête, que des tracts d'URN ont été retrouvés dans la voiture du suspect. Le soir même, le procureur antiterroriste dément. Aucun tract d'un parti politique n'a été découvert dans son véhicule. Le Monde ajoute ce démenti à son article. Le RN porte plainte pour diffamation. Et la gauche ? Avant le démenti, l'information est reprise. Olivier Faure, le patron des socialistes, écrit « Quel curieux hasard ! » puis supprime son message. L'écologiste Benjamin Lucas publie un méa culpa. Manon Aubry, de LFI, écrit que Marine Le Pen a du sang sur les mains. Son message est toujours en ligne. Donc c'est vrai. L'information était fausse, le Monde l'a publiée et des élus de gauche l'ont relayée.
Le déshonneur et la honte pour ceux qui tentent ces minables récupérations politicardes démontrent combien leurs intérêts politiciens... On est loin du pas d'amalgame. prennent le pas sur la concorde nationale appelée de nos voeux par Marine Le Pen et Jordan Bardella. Ce qui se joue ici, c'est ce que notre pays est en train de devenir, ou plutôt ce que nous ne voulons pas qu'il devienne. Un pays communautarisé, un pays dans lequel les Français, quelles que soient leurs origines, leurs couleurs de peau ou leurs religions, se sentent menacés. Un pays dans lequel il soit impossible de dénoncer les mots de notre société et d'y apporter les solutions courageuses qui ont tant manqué. Monsieur le Premier ministre, une démocratie... Monsieur le Premier ministre, une démocratie s'écroule lorsqu'elle se communautarise. Une démocratie se rétrécit sous les injonctions. Une démocratie s'écroule lorsqu'elle se barricade. Comment comptez-vous restaurer l'état de droit de notre côté ? Avec Marine Le Pen, nous y sommes prêts.
Pendant cette question, une partie des bancs de gauche se vide. Le Premier ministre répond.
Merci beaucoup Madame la Présidente de l'Assemblée nationale, Mesdames et Messieurs les députés. Monsieur le Président Chenu,
je
m'adresser à l'ensemble de l'hémicycle. J'ai eu le sentiment, Madame la Présidente de l'Assemblée, que vous aviez trouvé le ton juste et les mots justes dans le discours que vous avez prononcé à l'ouverture. J'ai le souvenir, et je le dis avec... Beaucoup de tristesse et de gravité. J'ai le souvenir d'attentats terroristes dans le passé, quel qu'en soit le mobile, quel qu'en soit le motif des gouvernements de gauche, des gouvernements de droite étaient ici à ce banc et dans lequel il y avait un réflexe d'unité républicaine pour défendre les valeurs de la République. Je vais même plus loin, mesdames et messieurs les députés. Il y avait même un délai de décence, de dignité. dans lequel on pleurait les victimes, dans lequel on respectait le deuil des familles, dans lequel on montrait de la compassion, de la fraternité, ce qui n'empêchait pas le débat démocratique, ce qui n'empêchait pas la droite républicaine de demander des comptes. à Manuel Valls ou Bernard Cazeneuve sur les conditions dans lesquelles tel ou tel attentat avait pu avoir lieu. Ce qui n'empêchait pas la gauche républicaine de demander des comptes au gouvernement de Nicolas Sarkozy sur l'attentat, par exemple, propriété par Mohamed Mérat. Mais de voir ce spectacle dans lequel tout sent la campagne présidentielle matin, midi et soir, tout sent le recel politicien, marque une forme d'indignité. croyant combattre le racisme. Précisément, vous êtes en train de faire le jeu de l'extrême droite du RN. Vous devriez justement, précisément, être présent dans cet hémicycle, ne pas avoir déserté, mené le débat, défendre l'unité de la République, défendre les valeurs de la République et faire corps, faire bloc et ne rien lâcher. Et cette ambiance... particulièrement nauséabonde de ces questions au gouvernement, laisse présager de rien de bon pour les semaines et les mois qui viennent. Donc moi, mesdames et messieurs les députés, quelles que soient vos sensibilités politiques, j'en appelle au sursaut et j'en appelle à être debout pour la République.
Qui est sorti ? D'après l'AFP, les socialistes et les écologistes, les élus de ces deux groupes sont sortis en bloc pendant la question de Sébastien Chenu. Le Premier ministre vise donc des députés qui sont vraiment sortis. Mais toute la gauche ? Regarde. Trois minutes après, les députés insoumis sont à leur place. Et c'est l'une d'eux qui pose la question suivante. Faux, pour le titre viral. Ce n'est pas toute la gauche qui est sortie. Socialistes et écologistes, oui. LFI. Non. Justement, Nadej Abomangoli, de la France insoumise, pose la question suivante. Elle cite trois phrases. On les vérifie toutes.
Ministre, la parole est à présent à madame Nadej Abomangoli pour la France insoumise.
Madame la présidente, monsieur le Premier ministre, il s'appelait Pengo Bossio Wangi. Il est mort assassiné à l'âge de 26 ans parce que noir. Il et elle s'appellent Marwa Samba Ibrahima Ahmed et Ramatou, 12 ans. Il et elle ont été criblées de balle parce que noir, arabe, musulman. Cela aurait pu être moi, mes enfants, mes parents, mes amis. Aux familles et à leurs proches, nous voulons dire que vous n'êtes pas seuls. Un terroriste raciste à frapper à la verrière et à trappe. C'est un acte prémédité, préparé par des années de matraquage raciste qui installent le suprémacisme blanc dans les têtes, qui désignent des ennemis de l'intérieur à abattre. Ces discours viennent de l'extrême droite. Quand elles pointent tous les jours les hordes arabo-musulmanes, quand elles désignent Trappes comme une république islamique miniature, ce sont les mots de la présidente du groupe RN au Sénat, hier encore à la télévision.
Pause. La veille, sur BFM TV, Edwige Diaz, présidente du groupe RN au Sénat, est interrogée sur Trappes. Elle dit d'abord, on n'a pas dit que c'était une ville islamiste. C'est une journaliste du plateau qui cite une république islamiste en miniature. Les mots de Jordan Bardella. Edwige Diaz répond. Absolument. C'est ce que Jordan Bardella avait dit il y a quelques années. Trompeur. Ce ne sont pas ses mots à elle, ce sont ceux de Bardella. Mais elle les approuve à l'antenne.
discours sont relayés et normalisés par le système médiatique qui leur offre libre antenne sans contradiction, matin, midi et soir. Et bien au-delà, dans une grande partie de la classe politique et dans votre camp. À bas le voile, Bruno Retailleau. Le grand remplacement relève du débat politique. Aurore Berger, le problème de l'hôpital en France, c'est qu'il y a trop de mamadou. Emmanuel Macron, président de la République.
Pause. On laisse de côté la phrase sur Bruno Retailleau. Elle demande sa propre vérification. Aurore Berger, d'abord. Le 9 septembre, sur CNews, à la question « La théorie du grand remplacement est-elle raciste ? » Elle répond non et parle d'un débat politique. Elle dit aussi la combattre. Le 14 septembre, elle parle d'une théorie au relant raciste. Plutôt vrai. elle a bien parlé de débats politiques, en disant la théorie fausse. Emmanuel Macron, ensuite. La phrase vient d'une enquête du Monde, en décembre 2024, en privé, en 2023. Devant le ministre de la Santé, il aurait dit « Le problème des urgences dans ce pays, c'est que c'est rempli de mamadou. » Ce ne sont pas les mots cités dans l'hémicycle. L'Élysée dément, le Monde maintient. Et le seul témoin nommé, Aurélien Rousseau, ne confirme pas et ne dément pas. Invérifiable, personne ne l'a entendu en public et rien ne permet de trancher.
Voilà les propos racistes ! islamophobes, négrophobes, que des millions de personnes doivent encaisser tous les jours. Et au-delà des paroles, il y a les actes. Depuis dix ans, des lois immigration, la préférence nationale pour certains droits sociaux, la chasse à la baïa, votre refus de combattre les milices d'extrême droite dans nos rues, votre refus de lutter contre le racisme systémique dans la police, dans la justice, dans l'éducation nationale, votre refus d'entendre les victimes. Monsieur le Premier ministre, cette armée que le terroriste a...
Aurore Berger, ministre chargée de la lutte contre les discriminations, lui répond.
Merci Madame la Présidente. Mesdames et Messieurs les députés, Madame la députée, face au drame... Madame la Présidente, face au drame que notre pays vient de traverser, il y avait, je crois, deux attitudes possibles. Celle que Madame la Présidente de l'Assemblée nationale a eue. c'est-à-dire celle du recueillement, de la solidarité, de la cohésion nationale, de la mobilisation de la nation. Et puis il y avait celle de l'indécence, de la récupération, de l'instrumentalisation. Et vous avez fait votre choix en quelques heures, le jour même, alors qu'avec le ministre de l'Intérieur, nous étions à trappe, aux côtés des élus, aux côtés des forces de l'ordre, aux côtés des forces de secours qui ont sauvé des vies ce jour-là, beaucoup de vies. Dès ce jour-là, vous avez fait un choix, celui de continuer à fracturer le pays, celui d'instrumentaliser un drôle. Nous, nous faisons un autre choix. Notre choix, c'est celui de l'unité républicaine. Parce que quand un homme est tué, quand un homme est assassiné, à raison de sa couleur de peau, à raison de son identité, à raison de son origine, il n'y a qu'une seule réponse à imposer, c'est l'unité républicaine. Un universalisme qui ne trie pas les victimes. Un universalisme qui ne choisit pas les bourreaux. Un universalisme qui combat. Ce combat, nous le menons. Et cette fracturation de la société, les...
Berger accuse LFI d'avoir désigné des coupables au lieu de faire bloc. Reprenons dans l'ordre. Le 23, jour de l'attentat, à 14h57, Jean-Luc Mélenchon écrit « Le racisme tue » avec ses condoléances aux familles. Il n'accuse personne. Le 24, à Trappes, Mathilde Panot écrit « L'extrême droite tue » et vise « ceux qui ont armé cet acte terroriste ». Le 25, sur France Inter, elle parle d'une « responsabilité politico-médiatique qui arme aussi le coupable » et cite Jordan Bardella. Plutôt vrai, LFI a bien mis en cause l'extrême droite, dès le lendemain. Le jour même, on n'a trouvé aucune accusation. Le bilan. Chenu a raison sur le monde. La gauche a raison de citer le RN sur Trappes, Aurore Berger sur le grand remplacement et Lecornu sur l'ultra-gauche. Aurore Berger a raison, elle sur le fond. LFI a accusé l'extrême droite, dès le lendemain. Le titre « Toute la gauche quitte l'Assemblée » est faux. La citation attribuée à Edwige Diaz est trompeuse. Et une seule phrase reste invérifiable. Celle prêtée à Emmanuel Macron. Ce que cette vidéo ne dit pas, qui a été digne et qui a récupéré le drame, ça c'est à toi de le juger. Elle dit ce que valent leurs phrases. Si une information bouge, on le dira en commentaire. Abonne-toi. Une phrase qui circule, vérifiée chaque jour, source à l'écran.
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