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La parole est à présent à M. Marcelin Nadeau pour le groupe GDR.
Merci Madame la Présidente. Ma question s'adresse à Madame la Ministre de l'Agriculture. Madame la Ministre, en Martinique, auprès de 80% des produits consommés sont importés. La dépendance alimentaire pèse lourdement sur le quotidien des familles. Il est en effet admis et documenté que les prix alimentaires y sont en moyenne 40% plus élevés que dans l'Hexagone. Or, à l'heure où nous examinons le budget pour 2027, Ce sont plus de 24 millions d'euros de crédits nationaux consacrés à l'agriculture des dix Outre-mer qui sont menacés. La filière canne-sucrome, la banane, l'élevage, les fruits et légumes sont concernés. En Martinique, plus de 640 000 euros de contrepartie nationale au financement européen du FEADER seraient également perdus. Ces choix sont incompréhensibles tant ils fragilisent les revenus agricoles, l'emploi, la transmission des exploitations et, pour tout dire, d'autres capacités à produire localement, alors même que les producteurs subissent les conséquences du dérèglement. et la hausse des coûts de production. Nous ne demandons pas seulement le maintien de dispositifs de compensation, nous demandons un changement de cap, consistant à protéger le foncier agricole, soutenir les productions vivrières, développer l'élevage et la pêche, accompagner la transition agroécologique et garantir les débouchés rémunérateurs aux producteurs locaux. Madame la ministre, allez-vous donc renoncer à ces coupes budgétaires et sanctuariser les crédits destinés à l'agriculture ultra... Marine. Sinon, comment pourriez-vous prétendre lutter contre la vie chère dans les dix Outre-mer en réduisant les moyens de celles et ceux qui nous nourrissent ? J'attends votre réponse.
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à madame Annie Genevin, ministre en charge de l'Agriculture.
Merci, madame la présidente. Mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Marcelin Nadeau. Je partage évidemment votre préoccupation. Elle est légitime en Martinique comme dans toutes les Outre-mer. La vie chère chaque jour pèse sur les familles et l'autonomie alimentaire est un objectif que je fais mien. Permettez-moi toutefois de préciser les chiffres. Les 24 millions que vous citez additionnent trois mouvements de nature différente et je vais prendre le temps de les détailler. D'abord, 5 millions qui en fait étaient une majoration décidée uniquement pour l'année 2025. Le fait qu'elle redescende n'est donc pas illogique. L'enveloppe de l'aide aux frettes reste bien de 26,9 millions d'euros comme l'an dernier. Ensuite, le 1,7 million sont pris sur la banane, mais pour être redéployés vers la diversification, et donc vers l'autonomie. Élevage aux Antilles, filière végétale, aide en Guyane et à Mayotte, c'est précisément ce qui renforce l'autonomie alimentaire de nos territoires d'outre-mer, et ça n'enlève pas un centime à l'outre-mer. Enfin, pour la canne, la baisse par rapport à 2026 est de 5 millions et non de 17 millions. C'est la seule réduction nette, je vous donne le point. Je ne la minimise pas et je le redis, l'État sera au rendez-vous de la filière Cannes dans ses conventions. La baisse réelle est donc de 5 millions et non de 24. Rappelons aussi que la France consacre environ 330 millions par an à compenser le gel européen du poséi. Sur le Féadère, j'en profite pour formuler une alerte, monsieur le député. Aucun crédit n'a été consommé par la collectivité de Martinique. C'est très dommage car les agriculteurs en ont besoin et ma porte est ouverte pour y travailler avec vous et y remédier. Je conclurai, monsieur le député, en partageant votre objectif et mes combats européens en sont la preuve. Sur le poséi. L'enjeu était de maintenir les aides qui adaptent la PAC aux spécificités ultramarines. J'ai obtenu la réintroduction du règlement dédié et des taux de cofinancement spécifiques de 100% pour l'agriculture ultramarine dans les fonds européens du POSEI. Sur l'OCM, nous avons sécurisé les règles de contractualisation de la filière CAN que la Commission voulait aligner sur celles de la bête rapide.
Désolée, 23 secondes de plus. Je vous en prie, madame la ministre. J'essaie de faire plusieurs choses à la fois, mais manifestement, je n'y arrive pas complètement. Je vais donner la parole maintenant à monsieur le député, qui va vous répondre, parce qu'il lui reste du temps, lui. Oui,
merci, madame la présidente. Madame la ministre, c'est toujours le même discours. Dans les détails, vous nous parlez de redéploiement. Nous avons l'impression que le gâteau est très souvent diminué, mais que lorsqu'on découvre Saint-Pierre, c'est pour couvrir Saint-Paul. Merci.
Merci beaucoup, monsieur le député.
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