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Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour François Ruffin. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, vous êtes député, député debout de la Somme. Vous publiez un livre dans quelques jours, ça s'appelle « Au boulot ». Beaucoup, beaucoup de questions, une France de plus en plus fracturée et demain des manifestations. à nouveau sur le pouvoir d'achat principalement avec le réveil des gilets jaunes. Ces gilets jaunes que vous aviez suivis, vous aviez consacré un film, ça s'appelait « Je veux du soleil ». Vous aviez accompagné ces gilets jaunes sur les ronds-points. Est-ce qu'aujourd'hui, vous partagez leurs revendications ?
On a aujourd'hui deux Frances. On a une France d'en haut qui se gave et on a une France d'en bas qui est rationnée. C'est le pouvoir d'achat qui recule, c'est les gens qui peinent à remplir leur frigo ou à faire le plein de leur voiture. Voilà dans quelle France on vit. Et donc évidemment, ce qu'on constate là, c'est finalement la convergence des pourrissements. Sur les Gilets jaunes, Emmanuel Macron a fait le choix de ne pas avoir une réponse politique, mais d'avoir une réponse policière et de faire à la fin le blabla du grand débat. Et bien ça ressurgit aujourd'hui. Mais on a eu le pourrissement sur le mouvement lycéen. Pareil, pas de réponse politique, une réponse policière. Pas de réponse politique, une réponse policière sur les mouvements des retraites. Après la crise des banlieues, le plan Borloo jeté à l'eau. Pour vous, tout ça
est lié ?
Oui. En fait, il y a comme méthode de gouvernement le choix du pourrissement. Et en pensant qu'en laissant pourrir, oui, le pouvoir y gagne dans l'instant. Mais la démocratie et le pays, ils perdent dans la durée.
Alors sur la question du pouvoir d'achat, on a eu les chiffres ce matin. La croissance française est à l'arrêt. L'économie est à l'arrêt. C'est même l'expression du ministre de l'Économie. Moins 0,1%. Vous allez revenir, j'imagine, sur les résultats de total. On va y venir. Mais moins 0,1% pour le dernier trimestre. Et... La consommation des ménages qui recule, moins 0,5%. On parlait à l'instant de la question du carburant, lorsque vous entendez certains distributeurs qui disent que dans un certain nombre de stations, c'est jusqu'à parfois moins 40% de consommation de carburant. Ça veut dire 40% de moins de trajet, ça veut dire des Français qui ont renoncé à un certain nombre de choses ou même de personnes à aller voir.
C'est en fait un rétrécissement. Un rationnement, mais sur plein de choses. Sur la nourriture, on se prive. Alors c'est des marques qu'on ne prend plus, on ne va plus au resto, ça n'existe plus. Les vacances, on s'en prive également. C'est évidemment sur les déplacements, mais sur la santé aussi. C'est des lunettes qui ne sont pas renouvelées. J'entends ça, moi, dans mon quotidien de tous les jours. Le ministre de
l'économie dit que l'économie française est à l'arrêt.
Mais elle n'est pas à l'arrêt. Quand on est à moins 0%, on recule. Le pouvoir d'achat y recule. – 0,1
pour le dernier trimestre, 0 le trimestre précédent et – 0,2 ou 3 le précédent. Il faut
faire le bilan maintenant des 10 ans. Là, c'est la récession. C'est la richesse par habitant qui est passée sous la moyenne européenne. En revanche, ce sont les inégalités et la pauvreté qui sont passées au-dessus de la moyenne européenne. C'est le taux de défaillance des entreprises qui est aujourd'hui record. C'est la part de l'industrie dans notre pays qui a son plancher 10% du PIB. C'est la dette qui est record 1 300 milliards d'euros en plus en 10 années de Macronie. Et tout ça sous les applaudissements des agences de natation et du FMI. Et le pire, sans doute, dans tout ça, c'est la division de la nation. L'homme qui était responsable de l'unité de la nation en produit la division. Et moi, je vais vous dire, il y a un scandale qui va vous paraître un point de détail, mais qui, pour moi, symboliquement, politiquement, ne l'est pas. Après dix ans de tout ça, Emmanuel Macron, il devrait sortir de l'Élysée en regardant ses pompes et avec honte. Et qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce qu'il y a dans le prochain budget, là ? 9 équivalents en temps plein, en plus, pour les anciens présidents de la République. Et dans un petit coin, il a choisi de dire, il faut me chercher des beaux appartements à 2,3 millions d'euros.
'est-à-dire, j'ai pas compris. Dans le budget,
là, Madame de Malherbe, comme Emmanuel Macron va être un ancien président de la République, il va avoir 9 personnes à son service, ça va être des majordomes, ça va être des cuisiniers, ça va être des chauffeurs. Là, il est à l'Elysée, il n'en a pas. Mais je pense que, vu son bilan, il ne devrait plus y avoir un rond pour Macron à la sortie de l'Élysée. Ce que vous voulez
dire, c'est que le fait que dans le budget de la France, il y ait vis-à-vis des anciens présidents, mais c'est le cas de François Hollande, c'est le cas de Nicolas Sarkozy. Moi,
j'ai déposé un amendement pour qu'il n'y ait plus un avantage pour les anciens présidents. Je veux dire, on a un un. Nicolas Sarkozy... Mais précisément,
François Ruffin, vous connaissez trop ces questions-là et vous y avez consacré trop de temps et d'études. Pour prendre ce petit exemple, est-ce qu'honnêtement, il est très important et je ne le méprise pas, je trouve juste que le fait que vous choisissiez cet exemple-là pour en quelque sorte en faire un étendard, alors que vous savez précisément que le quotidien des Français, il y a mille choses à dire.
On va en parler, Madame de Malherme. Mais je vais vous dire, il y a un principe. L'exemple doit venir d'en haut. Ça fait 40 ans. qu'on a des gouvernements, qu'on a des présidents qui viennent dire aux Français « vous devez faire des efforts, vous devez faire des sacrifices ». Là, dans le prochain budget, ce sont les accidentés du travail, ce sont les salariés à qui on demande de se serrer la ceinture. Et vous avez les gens qui leur disent ça en haut, qui eux, se prennent des majordomes, se prennent des cuisiniers, vont avoir plein d'avantages. Il doit y avoir un ruissellement. Un ruissellement du bon exemple qui doit venir d'en haut.
Le ministre de l'économie qui dit la France ira dans le mur sans budget. Est-ce qu'il faudra malgré tout le voter ce budget
Là, le budget, c'est un budget de provocation. C'est un budget de provocation. 211 milliards d'euros d'aide aux entreprises. A l'intérieur, le crédit impôt recherche, dont tout le monde sait, du conseil d'analyse économique, en passant par Philippe Aguillon, qui en a au moins la moitié de ces milliards-là, qui ne servent à rien, qui vont vers les grandes entreprises qui n'investissent pas aujourd'hui dans notre pays. Et pourtant, ça, on n'y touche pas. Les échos disent « Voilà, c'est la première niche fiscale formidable. » Et de l'autre côté... Ce sont les retraités sur lesquels on essaye de gratter, ce sont les salariés, ce sont les pompiers. Enfin voilà sur qui on prend aujourd'hui. Donc là aujourd'hui, ce qu'on a, Madame de Malherme, c'est un budget de provocation. J'entends bien qu'à six mois de l'élection, on ne soit pas capable de faire ce dont le pays a besoin.
Est-ce qu'il ne faut pas juste le tenir ? C'est-à-dire qu'est-ce qu'il ne faut pas juste à un moment avoir un budget minimum pour au moins que tout continue à fonctionner ou à
tenter de fonctionner ? Vous trouvez que ça fonctionne, Madame de Malherme ?
En le disant, j'avoue que moi-même, je me suis dit... de très nombreux dysfonctionnements. Mais enfin, malgré tout.
Non, là, la copie doit être revue, au moins de manière cosmétique, pour qu'il n'y ait pas de provocation. Je vous dis, sur ces 211 milliards d'euros-là, en fait, l'exemple, c'est le Medef qui devrait le donner. C'est le Medef qui peut dénouer la situation aujourd'hui. C'est le Medef qui peut dire, oui, compte tenu du taux d'entêtement de la France, nous, nous allons montrer l'exemple. On est prêt à aller chercher 10 milliards d'euros sur les aides aux entreprises. Sur les 211 milliards, on va en chercher 10 milliards qui aujourd'hui ne servent à rien. Et comme ça, on va donner l'exemple. Je dirais la main... C'est le MEDEF qui, aujourd'hui, la détient. Parce que le gouvernement, là, aujourd'hui, ce qu'il fait, c'est la politique du MEDEF. Mais le MEDEF, il doit dire, OK, nous, on est capables de faire des efforts, nous aussi. Plutôt que de chouiner. Parce que là, on a un Patrick Martin qui n'arrête pas de chouiner. Les entreprises... Vous parlez
du patron du MEDEF. Mais
le CAC 40 fait 70 milliards de profits, de dividendes versés aux actionnaires. C'est le record de jamais. C'est dans les échos. La France
a détenu le record de... d'échanges de dividendes, de distribution de dividendes de l'Union Européenne.
C'est dans les échos de mon ami Bernard Arnault, championne d'Europe. Médaille d'argent, deuxième dans le monde derrière les Etats-Unis devant la Chine dans le Japon. Là-dessus,
vous avez accusé Total hier. Total qui a annoncé son bénéfice record, 7,45 milliards d'euros sur le troisième trimestre. Voilà ce que vous avez affirmé hier. Total annonce un bénéfice record. Pourquoi faire ? Le conseil d'administration, réuni en 2026 sous la présidence de M. Pouyannet, a décidé la redistribution d'un troisième à compte sur dividende au titre de l'exercice 2026 d'un montant de 90 centimes par action en hausse de près de 6%. Voilà ce que vous avez dit. Ce sont des profiteurs de crise, affirmez-vous, au service des actionnaires. Total ne paye presque pas d'impôts sur les sociétés en France. Nos dirigeants laissent faire. Et je voudrais prendre le temps. comme je l'ai fait pour lire votre tweet, de lire la réponse de Total. Total s'adresse à vous hier soir. Bonjour M. Ruffin. Ce que nos résultats réalisés partout dans le monde permettent également de faire, entre guillemets, pour reprendre votre mot, le plafonnement des prix à la pompe pour nos clients français. Déjà 500 millions d'euros, c'est ce que ça leur a coûté. Des investissements qui contribuent également à la sécurité d'approvisionnement du pays. Le partage de la valeur avec nos salariés. Intéressement. participation, primes de partage de la valeur, soutien aux achats de carburant, dividendes pour nos 80% de salariés qui sont actionnaires français. Le retour de nos actionnaires, dont plus de 700 000 actionnaires individuels français, le désendettement de l'entreprise pour préparer l'avenir. Pour rappel, en 2025, 19 milliards de dollars d'impôts sur les bénéfices et de taxes de production dans le monde. Il dit que l'entreprise paye ses impôts là où elle réalise ses bénéfices. Voilà la réponse qu'elle vous a faite à vous, M. Ruffin.
M. Pouyanné, de cette réponse. Mais ce sont des profiteurs de guerre.
Enfin, j'ai l'impression quand même que les salariés de Total sont bien contents.
Ce sont des travailleurs, des salariés de Total. Madame de Malherme, je vais vous dire, on a un problème aujourd'hui, c'est qu'on a une économie à deux vitesses et qu'on a un salariat du coup à deux vitesses. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que... Les grandes entreprises comme Total captent en vérité la plus-value. Elles la sucent comme des vampires. Elles en laissent très peu à leurs sous-traitants, leurs sous-traitants et ainsi de suite. Donc ça veut dire les PME, les TPE. Et c'est pareil chez Total. Mais ça
veut dire quoi des salariés à deux vitesses par contre ? Ça veut dire quoi ? Il y aurait des bons salariés, des mauvais salariés ? C'est-à-dire que le salarié de Total, c'est quoi ? C'est un bourgeois ?
Vous avez de chez Total à chez RMC un salariat à deux vitesses. Ça veut dire quoi ? Je vais vous expliquer. Ça veut dire que ceux qui sont salariés directement de RMC ou salariés directement de Total...
Vous parlez de la question des sous-traitants.
Ils en vivent.
Donc François Ruffin, quand ils disent chez Total et quand ils vous répondent la partage de la valeur avec nos salariés, intéressement, participation, prime de partage à valeur, ça, vous le balayez d'un... Ce sont des travailleurs, ce sont des salariés.
Ils se lèvent le
matin pour aller bosser dans l'entreprise Total.
D'une part, regardons ce qui se passe pour les sous-traitants de chez Total. Et je le sais parce que j'ai été sur les... Ceux qui ont les tâches les plus plénibles à effectuer, y compris des tâches qui peuvent être mortelles, qui peuvent permettre d'avaler des cochonneries, ce sont très souvent les sous-traitants qui le font. Et pourtant, eux, il n'y a pas de treizième mois. Eux, il n'y a pas de chèque. Voilà comment ça fonctionne. Chez Total, comme chez RMC, la personne qui passe vers le ménage... Ce que vous êtes en train de nous
dire, c'est que dans toutes les entreprises, il y a les salariés de l'entreprise et puis il y a les sociétés auxquelles on fait appel.
Vous avez une captation de la plus-value qui se fait. par les plus grandes entreprises et qui, d'abord distribuent d'abord à leurs actionnaires, parce que, je veux dire, l'objectif... Mais le constat que
vous faites ne devrait pas mépriser autant le fait qu'un certain nombre de salariés qui restent des salariés, vous pouvez parler des autres également, mais les salariés de Total, lorsque Total vous dit qu'on partage la valeur avec nos salariés pour l'intéressement, la participation, la prime de partage à valeur...
Excusez-moi, Madame de Malère, mais moi, mon intérêt, je ne suis pas le syndicaliste de chez Total. Je suis aux côtés des salariés de chez Total quand ils font grève devant leur entreprise et j'y vais aussi en parlant des sous-traitants. Mais vous ne pouvez pas
être aussi à leur côté quand ils se réjouissent des résultats de leur entreprise ?
Vous avez un gavage comme jamais. Le taux de marge des raffineurs, ce n'est pas Total seulement, c'est Exxon, c'est Shell, ce sont toutes les entreprises. Ils ont multiplié leur taux de marge par 4.
Et c'est de la spéculation puisque ça n'a pas de rapport direct avec la demande.
Ce sont des profiteurs de guerre. Et en fait, moi, mon problème, c'est pas M. Pouyanné. Mon problème, c'est le gouvernement. Ce sont les gouvernements qui sont complices de ça, qui laissent faire un gigantesque gavage. — Comment vous auriez
fait, vous ?
— Eh bien il faut lever un impôt spécial. Là, sur les marges, mais c'est ce qui s'est passé aussi pendant le Covid. On a laissé faire, à l'époque, c'était la grande distribution, c'était les assureurs, c'était les firmes numériques qui se gavaient. On a laissé faire les profiteurs de crise. On a eu la guerre en Ukraine, c'était les armateurs qui se sont gavés. On a laissé faire les profiteurs de crise. Et là, à nouveau, dans cette crise-ci, on laisse faire les profiteurs de crise. Vous savez, on parlait du bilan des 10 ans de Macron. Mais en vérité, ces actionnaires à Macron, ils sont contents. Ça fait 10 ans. qu'ils prospèrent. Ça fait 10 ans que les 500 fortunes de ce pays, elles sont passées de 20% du PIB à plus de 35% du PIB. Est-ce qu'au-delà de
ces taxes-là, est-ce que vous êtes favorable à la baisse des taxes sur le carburant
Je suis... Alors, vous savez, moi, mon école économique, c'est l'école de la régulation. Je suis pour qu'on mette en place des régulations. La première régulation à mettre, c'est le contrôle des prix et des marges. Il ne doit pas y avoir une multiplication par 4. C'est quoi ? C'est le communisme ? Non. C'est ce qui existait dans la France du général de Gaulle, dans la France de Valéry Giscard d'Estaing, dans la France de François Mitterrand jusqu'en 1986. Ce dont je parle, madame de Malherbe,
ce sont... Vous êtes notamment favorable à l'indexation des salaires sur l'inflation. Par exemple, c'est un
deuxième outil de régulation et qui fait que les Français, ces dernières années, tous les salariés français n'auraient pas perdu 2, 3, 4, 5% de pouvoir d'achat. Et sur les taxes, je suis favorable à une taxe flottante. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand le prix du pétrole augmente... On baisse la taxe pour stabiliser les prix. Quand le prix du pétrole baisse, on augmente la taxe pour favoriser les prix. Et ce qui fait que dans tout ce dont je viens de parler... qu'il s'agisse du contrôle des prix et des marges, qu'il s'agisse de l'indexation des salaires sur l'inflation, qu'il s'agisse de la taxe flottante, ça ne coûte pas un euro à l'État. Simplement l'État reprend son rôle, qui a un rôle de régulation. Une régulation qui nous a apporté pendant des décennies stabilité et prospérité dans notre pays. François
Ruffin, hier, la présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde, a annoncé qu'elle allait quitter la présidence de la BCE en février 2027, c'est-à-dire six mois avant la fin normale de son mandat. Jean-Luc Mélenchon y voit une manœuvre pour permettre à Emmanuel Macron de négocier avec le chancelier ou avec la question de la BCE, avec l'Union Européenne, le nom de la prochaine ou du prochain président. Et c'est également le procès que lui fait le RN par la voix de Jean-Philippe Tanguy qui parle d'une dérive illibérale. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça
? Mon problème avec la Banque Centrale Européenne, c'est le mandat qui lui est donné depuis toujours. Elle a un mandat dont la priorité, et en vérité le seul objectif, c'est de lutter contre l'inflation. Et non, ça ne suffit pas. On doit lutter pour qu'il y ait des investissements dans les pays européens, pour qu'à la fois les ménages, pour que les entreprises, pour que les États accèdent à du crédit. Voilà ce qui devrait être l'objectif central de la Banque Centrale Européenne. Et donc, moi, ce qui m'intéresse... — Donc
le fait que ce soit Christine Lagarde ou quelqu'un d'autre, ça pour vous... — Moi, ce qui m'intéresse, c'est pas... Est-ce que
ça va être un Français ? ou un Allemand qui va occuper ce poste-là l'année prochaine, mais quel est l'objectif qui lui est donné ? C'est ça le sujet. Et vous savez, même, ça a été une manière d'acheter les Français. Les Français... De la Révolution française jusqu'à mai 68, on est les troublions en Europe, y compris sur le vote au traité de 2005. Et donc, il faut acheter les élites françaises. – C'est-à-dire quoi
? On leur dit, on va te donner ce poste ?
– Oui, c'est comme ça que ça se passe. Alors, c'était Jean-Claude Trichet, c'est Madame Lagarde, c'est au FMI Dominique Stroscan, c'est Michel Campe dessus. En fait, on a donné des hochées aux élites françaises pour qu'elles acceptent pleinement la mondialisation. Et une mondialisation, là, j'ai entendu, vous avez entendu, Pascal Lamy, ancien. Le directeur de l'OMC qui me dit qu'avec la Chine, on a fait une erreur de parallaxe. Ça a coûté des millions d'emplois. Ma Picardie, ma région a été ruinée par les choix de M. Pascal Lamy, par le choix d'ouvrir, faire la libre circulation des frontières à l'intérieur de l'Europe et avec le reste du monde. Ces gens-là, M. Pascal Lamy devrait y avoir un procès sur ce qu'il a fait pendant des années et des années à la tête de l'Organisation mondiale du commerce.
Vous évoquez la Chine, rien à voir, mais à la place de Kylian Mbappé, est-ce que vous vous seriez excusé ?
Ce qu'on voit là, c'est le poids du capitalisme chinois et du nationalisme chinois qui font qu'un footballeur qui dit un truc dans un vestiaire, sous la pression de tout le monde du football, est obligé de revenir sur ses propos. Je
vous ai posé la question, est-ce que vous vous seriez excusé ? Est-ce que vous
vous estimez que Mao
Zedong est un dictateur ? J'aurais
dit autre chose, j'aurais dit que Mao Zedong est à la fois un dictateur. Et qui a mis en place un pouvoir autoritaire. Et en même temps que c'est le fondateur de la Chine moderne. Voilà, on a cette difficulté avec... Est-ce que
le fait d'être fondateur de la Chine moderne l'excuse des millions de morts ?
Ça n'excuse rien. Je dis pourquoi les Chinois ont le regard sur... C'est leur histoire. Et pourquoi ils ont ce regard sur cet homme qui est de la longue marche au grand bond en avant, en passant par la révolution culturelle, qui a sans doute produit pour la Chine ce qu'il y a de pire et ce qu'il y a de meilleur ?
Donc vous ne dites pas juste ? que c'était un dictateur. Vous dites que c'est un dictateur, mais...
Je dis que c'est un dictateur. Vous savez, moi, Madame de Malerme, j'ai lu à la fois le Alain Perfide de « Quand la Chine s'éveillera » et j'ai lu les essais sur la Chine, très critiques de Simon Laisse. Donc je ne me suis jamais senti maoïste dans ma jeunesse. Mais il faut regarder comment ça se fait qu'on a aujourd'hui la Chine qui en voit de devenir la première puissance mondiale. Comment ça se fait qu'elle a réussi à reprendre sa revanche sur son histoire où elle s'est fait humilier. Vous trouvez
franchement que c'est souhaitable le statut des travailleurs chinois ?
Absolument pas. Et vous savez, s'il y a quelqu'un qui était critique sur les alliances qu'on faisait avec la Chine, avec l'entrée dont je viens de parler de la Chine dans l'Organisation mondiale de commerce, et qu'il est depuis 25 ans, c'est moi. Parce que j'en ai vu les effets près de chez moi, pour les travailleurs picards, qui sont mis en concurrence, non seulement avec les travailleurs roumains, mais aussi avec les travailleurs chinois. Et que si face à ça, on ne met pas en place des taxes aux frontières, des barrières douanières, des quotas d'importation, on ne s'en sortira pas, on continuera à plonger vers le bas.
Un mot encore sur l'économie, 3,4%, c'est le chiffre qui vient d'être publié à l'instant, de l'inflation, plus 3,4% pour le mois d'octobre sur un an, l'inflation qui grimpe donc à nouveau.
que c'est quelque chose qui est installé dans la durée, notamment à cause du réchauffement climatique, qui va faire qu'on va avoir de moindres rendements productifs dans les champs. Et donc, ça va produire une augmentation des prix. Donc, face à ça, il faut une méthode de régulation. C'est quoi ? C'est l'indexation des salaires sur l'inflation. Et les Français, ils n'auraient pas perdu du pouvoir d'achat sur les dernières années. Il y a un autre sujet à mettre sur la table, Madame de Malherbe. Si on parle de pouvoir d'achat, il faut parler du logement. Le logement, c'est la première dépense des ménages. C'est plus 80% ces 20 dernières années sur les prix de l'immobilier. Et pourtant, ça n'appartient pas au paysage. Et là-dessus aussi, il faut la régulation. C'est le plafonnement des loyers partout dans le pays.
François Ruffin, Emmanuel Macron, cette semaine, disait, appelé à un sursaut après l'attentat terroriste, raciste de Trappes et de la Verrière, il a dénoncé, je cite, « une désinhibition d'un antisémitisme chez certains, une désinhibition du racisme chez les autres et une désinhibition globale de la violence ». Comment vous réagissez
dirais que ça appartient aussi à son bilan. Mais d'abord, dire... Mes condoléances à l'égard de la famille de Pengo Bossio Wangui et tous mes voeux de courage aux autres familles dans les épreuves qu'elles traversent. Quand un individu passe à l'acte comme ça, avec une affirmation du racisme, en disant qu'il veut s'emparer à des Noirs et des Arabes, il y a cet homme, mais il y a aussi qui l'a armé. qui l'a armé politiquement, qui l'a armé idéologiquement. Et quand AG continue... C
'est à cette question-là précisément qu'Emmanuel Macron répond, qu'il y a eu justement une désinhibition d'un antisémitisme chez les uns, de racisme chez les autres.
Et donc, quand AG continue, sur les antennes de CNews, on parle de Trapistan, quand Jordan Bardella... parle de République islamique de Trappes et qui dit « c'est le futur de la France si nous ne reprenons pas la main ». Le meurtrier n'est pas allé à Trappes par hasard. Il est allé à Trappes parce que du côté du Rassemblement national et de CNews, on lui a dit « c'est là-bas qu'il faut reprendre la main ». Pour les gens, reprendre la main, c'est peut-être un bulletin, mais pour lui, ça a été une arme. Je vous dis moi que là, il y a un racisme d'en bas qui est armé politique. Il parle d'un racisme
d'atmosphère. Ce n'est
pas de l'atmosphère. Ce n'est pas diffus, c'est affiché.
Est-ce qu'on peut s'en remettre ? Est-ce qu'on peut collectivement réussir à traverser les prochains mois dans une forme de réconciliation ?
J'ai la conviction que dans le peuple français, il n'y a non pas le poison de la division, mais il y a le choix de l'unité de la nation. Maintenant, je crains que le drame de Trappes soit énonciateur du pire pour notre pays. que ce soit à l'image de ce qui risque de se passer si Marine Le Pen arrivait au pouvoir. C'est-à-dire, je crains presque moins les décisions qu'elle prendrait. avec, depuis les ministères, l'Elysée, l'Assemblée, que ce que ça libérerait de pire dans notre pays, en termes de haine, de racisme, de bêtise, et que ça rende insupportable la vie de millions de nos concitoyens.
Merci François Ruffin d'avoir répondu à mes questions ce matin. Candidat à l'élection présidentielle, député de la Somme. Votre prochain livre, au boulot.
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