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à tous, soyez-les, bienvenue dans ce nouveau numéro de Dimanche en politique. Mon invité cette semaine est sénateur, socialiste, conseiller départemental de Charente-Maritime et ancien maire de Marraine. Bonjour Michael Vallée. Bonjour. Il sera question dans cette émission de politique locale avec le dossier de la rénovation du pont de l'île de Léron et de son financement. Il sera aussi question de politique nationale avec la situation sociale particulièrement tendue en ce moment en France. Avec aussi la primaire du parti socialiste et de ses alliés avec la qualification de Raphaël Glucksmann. Nous parlerons donc de la campagne de la présidentielle de 2027 et peut-être pourrons-nous parler de politique internationale. Je rappelle que vous êtes diplomate de formation et que vous connaissez assez bien la Russie. Michael Vanné, vous venez d'être réélu sénateur de Charente-Maritime pour six ans. On a le sentiment que ces élections sénatoriales ne vont rien changer du tout à la vie politique française. Est-ce qu'on se trompe ?
Oui, vous vous trompez parce que le Sénat a un rôle qui n'est pas le même en fonction des circonstances. politique du moment. C'est-à-dire que quand il colle à la majorité gouvernementale, il est un peu moins dans son rôle d'opposition. Et lorsque ce n'est pas le cas et que vous avez une Assemblée nationale qui, elle, soit est déstabilisée comme elle l'est ou dysfonctionnelle comme elle l'est aujourd'hui, soit qui est à fond derrière le gouvernement, le rôle de contrôle de l'action du gouvernement, les commissions d'enquête, faire le contrepoids est extrêmement important. Et là, au Sénat, il s'est passé des choses. C'est-à-dire que vous avez des groupes qui ont été confortés. Donc on voit que parmi les élus locaux, il y a quand même... des choses qui perdurent et puis vous avez eu un nouveau groupe qui est le groupe d'extrême droite qui est arrivé dans l'hémicycle donc oui ça change des choses vous avez aussi des mouvements entre la droite dite républicaine en tout cas pour une grande majorité d'entre eux et ce qui se passe avec l'extrême droite donc oui il ya des choses qui bougent et ça met un petit peu plus de temps à infuser mais c'est aussi un révélateur de l'état de la société Je dirais que c'est tout autant révélateur de l'état de la société.
On dit qu'aujourd'hui, rarement, le Sénat était aussi important dans la vie politique française par rapport à la fragilité de la majorité gouvernementale.
tout cas, c'est des moments... pendant lesquels le Sénat a un rôle plus important que lorsqu'il colle à la majorité gouvernementale. Et puis aussi, il y a quand même dix ans, c'était le nouveau monde qui arrivait, l'ancien monde, tout ça, rien ne valait plus rien. Et finalement, tout ça se termine au bout de dix ans par le fait que le Sénat retrouve une place centrale. Donc ça amène certaines personnes à beaucoup d'humilité.
Insubmersible sénateur. La période de concertation publique sur l'avenir du pont de l'île de Léron prendra fin dans huit jours. Avant d'en parler avec vous, je vous propose de faire le point sur ce dossier particulièrement brûlant. avec ce reportage de Frédéric Carteau et Lola Boudin-Adriaco.
le hall d'accueil de la mairie, un épais dossier, la présentation du projet de restauration du pont. Durant un mois, les habitants de la commune vont pouvoir le consulter et donner leur avis.
Il est important que la population puisse s'exprimer sur cette démarche, sur ce projet. C'est quand même un projet qui aura beaucoup de conséquences, tant au niveau des travaux, mais aussi ensuite en termes de flux entre le continent
et Oléron. Le pont d'Oléron, un vieil ouvrage mal en point. Coût estimé de sa remise en état en fonction de différents scénarios, entre 55 et 73 millions d'euros. Une somme que le département ne pourra pas payer seul. Depuis le printemps dernier, le retour d'un péage fait son chemin, sans qu'on en connaisse vraiment les modalités.
Peut-être payant, les commerçants ne vont peut-être pas être contents, parce que ça va faire peut-être un peu moins de monde, mais pour nous sur Oléron... Ce sera peut-être mieux. Moi, je suis pour que tout le monde participe à réparer ce pont, à plus ou moins petite échelle. A savoir que les gens qui habitent sur Oléron vont participer également.
Tout le monde devrait payer un minimum, mais... Mais après, ceux qui habitent ici devraient moins payer que ceux qui n'habitent pas ici. Une sorte d'exclusivité aux Léronaises qui n'est pas souhaitée de l'autre côté du pont. A Bourse-Franche-Apu, on espère aussi un tarif pour les locaux.
Ce qui inquiète beaucoup les gens, c'est qu'aujourd'hui, beaucoup ont des activités ou des médecins dans l'île de Léron ou alors d'autres. Leur travail aussi, parce qu'il y a quand même plus de 300 personnes qui embauchent tous les matins au centre de Lyon-Marin.
Jusqu'au 9 novembre prochain, des visioconférences, des ateliers ouverts à tous, des réunions publiques sont organisées. Une manière d'impliquer au maximum la population pour qu'elle se projette et imagine l'île d'Oléron de demain.
Retour sur le plateau de Dimanche en politique avec Michael Vallée, sénateur socialiste de Charente-Maritime. Vous êtes depuis longtemps farouchement opposé à ce que le pont de l'île de Léron soit payant. Est-ce que cette période de concertation vous a fait changer d'avis
Non seulement je suis opposé à ce qu'on fasse payer le pont de l'île de Léron, je suis opposé au fait qu'on se paye la tête des gens. Parce qu'on se paye la tête des gens. D'abord, il y a une intoxication qui est en train de fonctionner. C'est tellement répété dans le cadre de cette concertation, entre guillemets, que ça finit par infuser. Ce n'est pas 55 millions d'euros, les travaux. Ça, c'est si vous incluez les abords, tout un tas d'aménagements. Le pont, avec lequel on essaie de faire peur aux gens, pour qu'il soit remis à niveau, pour ne pas qu'il y ait de baisse de fréquentation, pour que les tonnages actuels puissent passer, c'est 41 millions d'euros. Ça, c'est la première chose. Ensuite, dans votre reportage, tout le monde parle. Votre reportage est honnête, mais... Tout le monde parle comme si ça allait être le cas, donc on veut un tarif préférentiel, on va faire payer qui quoi. Mais dans la concertation, ce qui est dit par le département, c'est que toutes les options sont ouvertes. Et pourquoi est-ce que l'option de l'aménagement du territoire et de la gratuité ne serait pas ouverte ? On est dans un département et ça fait mal au cœur. On est dans un département qui a une tradition depuis des décennies d'aménagement du territoire. Et pour la première fois, la majorité départementale prendrait le risque de faire du déménagement du territoire. Quand vous avez des îles qui se mettent à être reliées, des estuaires... qu'on peut franchir avec des ponts, même s'ils sont payants, c'est un progrès. Puis le jour où ça devient gratuit, c'est encore un progrès qui modifie la géographie, qui modifie le lien entre les gens. Revenir en arrière 40 ans après remettre un péage, ça serait la première fois qu'on soit dans la régression comme on l'est aujourd'hui.
Oui, mais quand le département de Charente-Maritime, via sa présidente Sylvie Marcy, estime... que ce département ne peut pas payer lui seul le pont ? Est-ce que vous partagez ce constat ? Non,
je ne partage pas le constat, parce que dans les réunions qui sont faites... Il y a assez d
'argent au département pour le faire ? Bien sûr qu
'il y a assez d'argent au département. Soit 40 millions, 55 millions, etc. Et on en a trouvé 20 millions d'euros à la charge du département pour le Fort Boyard. Une fois que c'est fait, une fois que c'est acté, on se rend compte que le pont d'Oléron, on a des problèmes de travaux qu'on va faire payer tout le monde. Mais avec tout ce qu'il y a à faire dans les collèges, dans les routes, on fait d'abord Fort Boyard. On fait d'abord certaines dépenses de confort et après on va expliquer aux gens que pour aller voir leur médecin, que pour aller dans une association, pour aller à une activité culturelle entre Oléron et Marraine, ils vont devoir payer comme il y a 40 ans avec du carburant qui est à plus de 2,20 euros aujourd'hui. Avec la situation sociale comme elle est, on est tranquille pour avancer et dire des choses comme ça aux gens. Donc il y a tout un tas de mensonges à déconstruire. Mais comme il faut être positif, comme il faut être force de proposition, moi je dis que le département a la capacité d'absorber pour partie... sans qu'il y ait grande discussion par l'emprunt. C'est une première chose. On a une capacité d'emprunt qui n'est pas la même que tout un tas d'autres départements en France. Je
rappelle que c'est un département assez riche avec un budget de presque un milliard d'euros.
Merci pour le rappel. Vous avez raison. Et que par ailleurs, il n'est pas interdit d'essayer de trouver des solutions ensemble. Josy Moinet, Claude Belot, Blaiseau, Jean-Louis Fouet avec le pont de Rochefort sont des gens qui ont... Toujours trouver des solutions, y compris quand il faut passer par la loi. Donc moi, dans les temps qui viennent, je vais faire des propositions, des propositions très claires.
Concrètement, s'il vous plaît, c'est quoi justement ? Non, je ne
peux pas vous le dire aujourd'hui. Je vais faire des propositions. Le tempo de la concertation, il ne m'est pas imposé. Je parlerai quand je veux parler, mais je le ferai. Et on verra si le département et si la présidente veut soit un péage pour le plaisir d'avoir un péage et pour dire on s'isole ou alors on est mieux que les autres et on a un péage parce qu'il y a ça aussi dans la tête de quelques élus au Léroné. Ou bien alors, est-ce qu'on veut trouver une solution ? pour entretenir ce pont et tous les ouvrages d'art en France, ils ont besoin d'entretien, on ne découvre pas la lune.
Vous voyez bien que le narratif instille le fait qu'il sera payant quoi qu'il arrive. Si vous ne déclarez pas plus vite ce que vous pensez pour la gratuité du pont, ça risque de donner un débit davantage. Ça va
venir, d'autant plus que la concertation, d'après ce que je lis... Pas
de pression pour le dire maintenant. D
'après ce que je lis dans Sud-Ouest, la concertation va être prolongée jusqu'au 16 novembre. J'ai cru dire ça hier dans le journal. Mais vous voyez, pour être au courant de ce qui se passe... Entre le canton de Marraine dont je suis élu et l'île d'Oléron, il faut être abonné au journal et il ne faut pas être conseiller départemental puisqu'on l'apprend par la presse.
La situation sociale en France s'est particulièrement tendue là aussi. Un appel à la grève générale a été lancé pour jeudi prochain. Lycéens, enseignants, pompiers, agriculteurs et tant d'autres catégories de Français sont en colère. Faites-vous partie de ceux qui pensent que nous vivons aujourd'hui une période un peu pré-révolutionnaire.
Oula ! Alors là, vous savez, les gilets jaunes, personne n'avait vu venir le moment du déclenchement, même si on savait que la situation était inflammable. Et alors moi, je vais avoir l'humidité de ne pas me prononcer là-dessus. En revanche, il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre, sentir, tous les jours, quand on discute avec les administrés, quand on voit les situations concrètes qui passent dans les permanences, quand on voit les statistiques aussi. On est au bout, si vous voulez, de cette politique de l'offre qui depuis dix ans, je rappelle juste en passant, tous les cadeaux fiscaux qui ont été faits, toutes les décisions qui ont été prises par ces gouvernements depuis dix ans, nous ont privés grosso modo, nous on l'estime dans mon groupe, à 60 milliards d'euros de recettes. annuel. Ça a commencé avec l'ISF, et puis ça s'est poursuivi avec des questions de niche, et puis avec une gestion qui a été celle de Bruno Le Maire.
Donc un problème de redistribution. Mais évidemment, le problème c'est... Vous dites, à peu près, pardon, comme à l'FI, il y a beaucoup d'argent en France aujourd'hui. Alors écoutez,
de la même façon que moi, je ne me positionne pas par rapport à l'extrême droite quand ils sont sur leur fantasme, j'allais dire, entre guillemets, je suis assez grand et capable de réflexion pour ne pas me positionner par rapport aux autres. Je sais pas s'il y a un
programme sur lequel on peut s'appuyer.
mais comme tous les partis
politiques,
je vous prie de m'excuser. Mais en tout cas, moi, je n'ai pas attendu les uns les autres pour considérer, y compris dans mes votes au moment du budget au Sénat depuis six ans, qu'on a un problème de partage de la richesse. Et tout ça finit par infuser, par faire que quand vous travaillez. ou quand vous êtes en recherche d'emploi, mais que vous ne pouvez ni vous loger sans vous demander comment ça va se passer le mois d'après, ni vous déplacer quand vous avez l'essence au prix où elle est aujourd'hui. C'est un problème de partage de la richesse. Et quand le Premier ministre, il y a 15 jours, on lui pose la question, en ouverture de session, quand mon groupe lui dit « Monsieur le Premier ministre, est-ce que vous êtes prêt ? » Enfin, à constater qu'il y a un problème de partage et qui nous est répondu, on est à six mois de la présidentielle, on ne va pas révolutionner le budget maintenant. Qu'est-ce qui se passe 15 jours plus tard ? Vous avez la question des lycéens, vous avez ce qui s'est passé le 17 octobre. Et je veux dire, il faut vraiment être du côté de ceux qui possèdent et qui n'ont pas envie de partager pour aujourd'hui ne pas comprendre qu'il va falloir absolument bouger les choses.
Il y a-t-il selon vous aujourd'hui un vrai problème dans la gestion du maintien de l'ordre public en France
Avec ce qui s'est passé le 17 octobre, si je vous y disais non, ça ne serait pas sérieux du tout. Vous avez deux problèmes. D'abord, il y a la question du renseignement et la question de comprendre l'état de la société. Ce qui est quand même intéressant de noter que ce gouvernement ne voit pas venir les choses. Tout gouvernement peut être débordé à un moment, mais celui-là, c'est quand même symptomatique du fait de ne pas voir venir la force de la colère. Donc ça, c'est la première chose. Ensuite, sur les méthodes qui sont utilisées, on peut se poser des questions. Il y a des départements dans lesquels les préfets demandent à ce qu'il n'y ait pas de contact direct et pas de matraque avec les lycéens. Je vous le dis de manière assez claire. Il y en a d'autres où ça ne se passe pas comme ça. On a vu aussi la semaine dernière... des groupuscules d'extrême droite se balader un peu à l'aise à certains endroits. Donc je pense qu'il est naturel que les élus en République interrogent la question de la doctrine d'emploi des forces. Alors
il y a des responsables ? Pour
autant, les forces de l'ordre, elles n'ont pas la partie facile. Chaque policier ou gendarme pris individuellement, il n'a pas la partie facile quand il se fait prendre à partie par des casseurs, par des personnes qui sont là pour mettre le feu. Mais la liberté de manifester, on sent que le président Macron l'a fait passer au second. Alors
justement, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a été vivement critiqué. Il a présenté sa démission le 18 octobre au président de la République, qu'il a refusé au nom, je cite l'Élysée, de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre dans le contexte actuel. Est-ce que Emmanuel Macron est à vos yeux le responsable numéro un de ce qui se passe aujourd'hui en France
Quand vous dites « je suis Jupiter et je vais tout régler de manière verticale dix ans plus tard », vous pouvez dire « ce n'est pas ma responsabilité ». Et cette espèce d'habitude consistant à passer en force… On pourrait faire une liste très très très longue sur tout un tas de sujets. Conseil de défense sanitaire, 49.3, ce qui s'est passé là. Les législatives. Les législatives, je vous remercie, c'est tellement gros qu'on n'y pense plus. Bien évidemment qu'il y a une vraie responsabilité et le fait que le ministre de l'Intérieur remette sa démission, c'est normal. Le fait qu'elle ne soit pas acceptée, ça regarde le président de la République, mais ça commence à faire beaucoup de fois quand même où on a un Premier ministre, un ministre qui remettent leur démission. où finalement on dilue et il n'y a plus de responsabilité. Et j'ajoute et je termine que le Premier ministre, par exemple, sur la modification de Parcoursup, trouve comme réponse à donner à la commande du président de la République « je demande au parti politique de me faire des propositions ». C'est extraordinaire. Quand on propose des modifications budgétaires, on nous dit « on ne va rien changer à six mois de la présidentielle ». Et quand le président de la République dit aux jeunes qu'il reçoit « d'accord, il y a un problème avec Parcoursup », le Premier ministre nous dit « et vous, qu'est-ce que vous proposez ». On tourne un peu en rond, sauf que la colère sociale, elle, elle ne va pas tourner en rond longtemps.
Vous faites partie de ces élus de la gauche dite modérée qui n'ont jamais été tentés de rejoindre Emmanuel Macron, malgré, j'imagine, de nombreuses tentatives de débauchage. Qu'est-ce qui vous a empêché de le faire
Parce que quand vous faites de la politique... Pardon, parce qu'il y en a
d'autres dans votre parti qui l'ont fait, donc c'est pour ça que je vous pose la
question. Oui, puis à droite, puis à gauche. Quand vous faites de la politique, il me semble difficile de ne pas mettre de sens à ce qu'on fait. C'est-à-dire que ce n'est pas une question de marché électoral. Vous n'êtes pas au supermarché, vous ne faites pas vos courses en fonction de ce qui marche ou de ce qui ne marche pas. Donc vous avez des valeurs. Et moi, je suis resté adhérent du Parti Socialiste, non pas parce que ça m'est toujours facile, je peux être en désaccord avec mes collègues. sur tout un tas de sujets. Cette semaine, je n'ai pas voté comme mon groupe sur la question de l'autonomie de la Corse et il faut pouvoir l'assumer. Mais en revanche, je ne me voyais absolument pas aller dans une formation politique où d'entrée de jeu il y a dix ans, il m'apparaissait très très clair que tout ça allait dériver de manière à la fois autoritaire et ultra libérale.
La primaire de la gauche socialiste et démocratique a débouché sur la victoire le 11 octobre dernier du patron de place publique, Raphaël Glucksmann. Le PS survivait dans le coma. Raphaël Luxman vient de débrancher les derniers tuyaux, selon un confrère suisse cité par Courrier international. Est-ce que c'est exagéré
C'est la première fois que le Parti Socialiste, depuis très longtemps, n'aura pas de candidat issu de son rang à la présidentielle. C'est un fait.
C'est une mort clinique, c'est synonyme de mort clinique pour un parti politique ?
Non, moi j'avais publié une tribune dans Marianne il y a une dizaine d'années sur le fait que toute formation politique peut mourir. Je pense que ce n'est pas le cas actuellement du Parti Socialiste, ce n'est pas tant le parti pour le parti, c'est la question des idées. Vous avez des idées de progrès, des idées par exemple sur la question de l'importance du droit de manifester, etc. qui peuvent finir par être étouffés par une ambiance générale. Et ce qui est certain, c'est qu'on est dans une ambiance générale qui devient dangereuse pour certaines obligations républicaines. Et le Parti Socialiste peut se trouver fragilisé comme d'autres. Mais je peux vous dire que le paradoxe, c'est qu'au Sénat, on est le premier groupe d'opposition, que moi je suis très fier du travail qu'on y fait, je suis très fier de ce qu'on y défend, et que je conçois qu'il y a un peu un décalage entre ce ressenti-là et la politique nationale par ailleurs. Mais ce qui est sûr... C'est que ce qui fonde l'engagement des gens qui veulent se battre pour le progrès, les mots, M-A-U-X de la société, ils évoluent, ils changent, on est dans une période numérique, etc. On est dans une période différente, on est dans un contexte international différent, mais ces mots-là, ils existent toujours et la nécessité de se battre, elle est toujours la même. Les
critiques sont quand même très nombreuses par rapport au Parti Socialiste. Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense et des Affaires étrangères, qui a quitté le Parti Socialiste en 2010. Là, si vous voulez quelqu'un qui est parti...
Ah bah oui, alors là, oui.
a parlé sur France Inter d'un grand parti de gouvernement devenu un petit parti de contestation. Il a tort.
Mais c'est facile quand on se barre pour aller à la soupe chez Macron. Je ne suis pas très correct, peut-être dans les termes que j'emploie, mais Jean-Yves Le Drian fait partie de ces gens qui ont été au Parti Socialiste tout le temps que ça marchait, et puis qui sont partis quand Macron leur a ouvert la porte pour être ministre pendant dix ans. Pour
autant, est-ce qu'il a tort ?
Oui, il a tort, et je n'ai même pas envie de... Jean-Yves Le Drian, pour moi, est décrédibilisé. Il peut prendre ses grands airs derrière ses lunettes en 2001, à nous faire des leçons en commission de la défense et des forces armées quand il était ministre. Pour moi, ces gens ont perdu le fil à plomb de leurs idées, donc je n'ai même pas envie de répondre à Jean-Yves Le Drian.
Vous allez faire campagne pour Raphaël Glucksmann
n'ai pas voté à la primaire.
répète ma question, est-ce que vous allez faire campagne ? Oui, alors je
n'ai pas voté à la primaire parce que je ne voulais pas me sentir lié par le résultat. J'attends que Raphaël Glucksmann puisse embarquer la gauche socialiste, parce qu'on dit maintenant les sociodémocrates. Moi, je ne suis pas social-démocrate, je suis socialiste. Il faut qu'on se coalise le plus possible les uns les autres. Mais je pense qu'il y a besoin maintenant qu'il a passé l'étape de la primaire d'engager un vrai début de campagne, et si possible en étant sur des sujets concrets. Le lendemain de cette primaire... Moi, j'ai entendu parler de questions d'Europe fédéraliste, etc. Tout ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est le concret du partage de la richesse. Donc je l'invite à être sur ce terrain-là pour embarquer le plus de monde possible.
Mais pour autant, est-ce que selon vous, il peut être un jour le meilleur atout de la gauche ou tout simplement un Macron bis ?
Macron bis, je trouve que c'est un procès d'intention qui n'est pas correct parce que pour le coup, il a été clair pendant la primaire. C'est qu'on voit beaucoup
d'anciens macronistes à ses côtés aussi.
oui, mais si vous voulez, les gens se rendent compte qu'ils se sont trompés. Alors vous faites quoi ? Vous leur dites dehors, restez dans votre coin, ou vous essayez de reconstruire au fur et à mesure quand vous avez l'extrême droite qui est aux portes du pouvoir ? Je crois que vous avez la réponse dans ce que je viens de vous dire.
Est-ce que François Hollande, qui était chez nous par ailleurs cette semaine à Châtelrault dans la Vienne, est-ce qu'il doit se présenter si on voit que Graffel Bussmann ne monte pas dans les sondages ?
François Hollande a... n'a pas su faire valoir ce qu'il avait fait de bien quand il était président de la République, et tout le monde a vu ce qu'il avait raté par ailleurs. J'invite François Hollande à laisser les autres essayer.
autres, par exemple
La génération suivante. Pour l'instant, c'est Glucksmann qui a été désigné dans la primaire. J'invite François Hollande à faire en sorte de soutenir et de passer la main. Je vais le dire comme je le pense.
Là, aujourd'hui, vous n'avez pas une personnalité socialiste qui pourrait incarner cette meilleure possibilité. Mais vous n'avez pas voté la primaire. La primaire est passée. Vous voulez le dire, vous ne l'avez pas voté. Donc, vous, dans votre tête. J'imagine que vous avez peut-être eu l'idée de quelqu'un qui pourrait... Non, non,
non, non, non, non, non, non, non, non, non, non. Je n'ai pas voté parce que j'ai trouvé que le processus... Donc, ça veut dire qu'il n'y a plus personne au PS qui
puisse vraiment incarner quelque chose, en tout cas sur la présidentielle.
Vous pouvez avoir des moments de creux, mais il faut faire au mieux selon les circonstances. Et pour l'instant, je pense que c'est à Raphaël Glucksmann d'essayer d'embarquer tout le monde, mais à mon avis, en essayant de recaler le discours correctement sur la question prioritaire des classes populaires.
avez été en première... On arrête
de nous parler de François Hollande.
Qu
'il arrête de faire en sorte qu'on nous parle de lui.
Il fait campagne. Sans être en campagne, il fait campagne. Vous avez été en première ligne face au RN à Marraine pendant pas mal d'années. La victoire de l'extrême droite, et vous l'êtes toujours, la victoire de l'extrême droite vous paraît-elle inéluctable pour la présidentielle de 2027
? Non, mais si on fait de la politique, c'est pour changer l'état des choses telles qu'elles apparaissent. Donc il n'y a pas de bataille de perdues d'avance, il n'y a que des défaitistes. Et puis le Front National, vous savez, ils sont costauds dans l'opinion parce que c'est aussi le manque de réponses qui est donné en face. Moi, je ne suis pas très éparté ni par Jordan Bardella, ni par Marine Le Pen. Mais on ne peut pas faire autrement que de constater que quand vous êtes pris la main dans le sac à détourner 4 millions d'euros d'argent public, que quand vous êtes pris la main dans le sac de manière extrêmement carrée par Mediapart, sur le fait que, manque de peau, vous êtes un antisémite, j'allais dire, comme les autres au Front National, ça n'a pas d'effet dans l'opinion. Donc le sujet, il est ailleurs.
Pas dans l'opinion des sympathisants du Front National. Dans l
'opinion tout court, parce que ça ne bouge pas les sondages d'opinion, si vous voulez. Donc je crois que le sujet, c'est de réussir à faire comprendre que l'intérêt des classes populaires et l'intérêt de la majorité des Français n'est pas chez des gens qui ne parlent. jamais partage de la richesse, qui ne parle jamais des questions de GAFAM ou de l'emprise numérique qu'il y a sur les élections, parce qu'en fait, c'est l'alliance de l'autoritarisme et de l'ultralibéralisme.
On vous répondra que le Parti Socialiste a voté le budget l'an dernier, donc à aider ce gouvernement, par exemple, d'aujourd'hui, au même titre que le RN.
Oui, parce que vous auriez eu une crise budgétaire, au même titre que le RN, c'est un peu vache quand même. Vous auriez eu une crise budgétaire l'année dernière, l'état du pays serait pire que ce qu'il est aujourd'hui. Donc il y a des moments où nous, on fait le sale boulot pour les autres. j'entends et les filles etc une grosse partie des verts qui explique qu'eux ils ont les mains propres mais vous savez comme dit l'adage quand on a les mains propres on n'a pas de main donc oui le budget est passé l'année dernière il est passé parce qu'on n'a pas censuré pas parce qu'on a voté ce budget là qu'on l'a voulu on a sauvé le nombre de créations d'emplois d'enseignants on a suspendu on a fait suspendre la réforme des retraites enfin tout ça n'est pas rien mais la situation dans laquelle se trouve le pays aujourd'hui je pense qu'il faut que chacun comprennent qu'on peut être sur un point de bascule et que quand l'extrême droite prend le pouvoir, elle ne le rend jamais d'elle-même.
Mais est-ce qu'aujourd'hui, il est possible pour des socialistes de convaincre des sympathisants du RN de ne pas voter pour l'extrême droite ?
je crois que notre rôle, c'est de parler absolument à tout le monde. Je ne parle pas de parler aux responsables de l'extrême droite. Moi, je le vois dans ma commune. Aujourd'hui, on a des élus municipaux d'extrême droite, mais je parle à leurs électeurs. Parce qu'on peut considérer que les gens font un choix à un moment, mais nous ne sommes pas en guerre civile, nous sommes des concitoyens. Donc il faut se parler et faire comprendre que, par exemple, quand le groupe socialiste au Sénat se bat et obtient des avancées... ou dénoncent des volontés de sabrer les budgets des collectivités territoriales et qu'on arrive à éviter le pire, on le fait aussi pour nos concitoyens. Donc il faut continuer à se battre, mais je le dis en plus sur le service public de la télévision française, on a face à nous tout un bain culturel avec tout un tas de chaînes, de maisons d'édition, etc., qui pilonnent du matin au soir pour repeindre la France d'une couleur qu'elle n'est pas.
Par ailleurs, sachez que nous avons invité à plusieurs reprises le député RN Pascal Markowski, député de Charente-Maritime, dans Dimanche en politique, mais qui n'a toujours pas accepté de venir sur ce plateau.
Écoutez, moi je ferais bien un débat de ces cartes, si ça lui dit.
L'invitation est lancée une nouvelle fois. La question qui va vous faire plaisir, je le sais. Si vous avez à choisir entre les deux tours de la présidentielle, entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ou Jordan Bardella, vous faites quoi
Je redis que la politique s'est faite pour changer l'état des choses à l'instant T où il est. Donc je ne vois pas pourquoi on
continuerait
les prophéties autoréalisatrices consistant à dire que l'étau ne peut pas être desserré. J'en profite pour dire, et je ne vais pas gagner des points dans ce que je vais vous dire là, que je relève toujours, lorsque quelqu'un me dit, les extrêmes. L'extrême droite et la gauche radicale, ce n'est pas la même chose. Moi, je ne veux pas Jean-Luc Mélenchon, président de la République. Je me suis opposé cette semaine à l'autonomie de la Corse, je n'aime pas le concept qu'il a sur la Nouvelle-France, je n'aime pas son rapport aux médias, je n'aime pas son absence de démocratie interne dans son parti. Tout ce qu'on veut. Mais vous avez un parti qui a été fondé par les collabos, vous avez un parti dont les dirigeants étaient condamnés à plusieurs reprises sur plusieurs chefs d'accusation, incitation à la haine, etc. Et que quand vous avez des gens comme Gérard Larcher, qui à mon avis ne tient pas totalement son rang quand il dit qu'il faut interdire les filles, faites des articles 40, dénoncez au procureur qu'il y a des choses qui ne vous plaisent pas. Vous avez d'un côté un parti qui a été multicondamné et de l'autre côté un parti avec lequel on n'est pas d'accord, avec lequel on trouve que ça commence à suffire, mais il ne faut pas mélanger les deux. Et moi je ne mettrai jamais les deux sur un même plan d'égalité et l'extrême droite c'est l'extrême droite et on l'a déjà essayé.
Si Jean-Luc Mélenchon a rappelé cette semaine qu'il fallait que la Russie se désengage de l'Ukraine, tout en précisant qu'il ne faut pas s'en faire un ennemi, qu'en pensez-vous
moi je pense qu'on ne peut pas être fâché pendant des décennies avec le plus vaste pays du monde. Mais une fois que vous avez dit ça, il n'empêche que ce n'est pas vous qui avez la main. On ne peut rien faire, on ne peut paraffer aucun accord, on ne peut appuyer aucun accord qui ne soit décidé librement par les Ukrainiens eux-mêmes. Il n'y a pas d'ambiguïté sur le fait qu'ils ont subi une agression. On peut essayer de regarder le contexte, penser que les États-Unis d'Amérique, et c'est le cas, je le pense, ont une responsabilité très lourde dans ce qui s'est passé sur la façon de vouloir étendre l'OTAN, etc. Mais la faute, elle est celle de Vladimir Poutine. La question des crimes de guerre, des déplacements d'enfants, c'est du côté de Vladimir Poutine. Tout n'est pas blanc-bleu dans le régime ukrainien, mais il y a un agresseur et un agressé, et à aucun moment on ne peut choisir à la place des Ukrainiens. Et les masques commencent à tomber, parce que quand Marine Le Pen en congrès... commencent à expliquer que finalement, le plus vite possible, on va arrêter le soutien à l'Ukraine, on commence à y voir clair sur les jeux d'alliances. Quand Viktor Orban se comporte comme il se comporte, même n'étant plus Premier ministre hongrois, on voit ce qui est en train de se passer. Donald Trump, on dirait bien le
voir à la tête de... Le
meilleur allié des Yankees, le meilleur allié des Américains aujourd'hui, c'est l'extrême droite en France.
-ce que finalement, Michael Vallée, vous ne seriez pas plus proche d'un Dominique de Villepin, héritier du gaullisme, que d'un Raphaël Glucksmann plutôt atlantiste
je ne peux pas m'empêcher de constater que Dominique de Villepin a des analyses qui sont profondément pertinentes sur ce qui se passe de manière sociale sur la question du maintien de l'ordre, sur les questions internationales et sur tout le reste. Après, on peut se faire plaisir. Je l'ai vécu. Je suis chevènementiste et je le resterai toujours, je pense. Je l'ai vécu en 2002. On peut toujours se faire plaisir en pensant qu'on aura une espèce de républicain des deux rives qui arriverait à prendre le pouvoir. Je crois qu'on est un peu malade de notre présidentialisme. Tout ne va pas se régler au moment de la présidentielle. Il va y avoir la question des législatives derrière. Donc je crois que c'est bien qu'on ait des figures comme Villepin. Il y a d'autres figures comme celle-là. Peut-être qu'un jour, il faudra que la France passe au modèle. Si vous voulez, Cazeneuve aussi est reconnu comme étant quelqu'un qui a un peu de hauteur de vue. Mais Laurent Berger de la CFDT aurait été souhaité par un certain nombre de personnes comme candidat. Mais peut-être qu'un jour on passera en France au fait d'avoir un président italien, c'est-à-dire quelqu'un avec beaucoup de hauteur de vue, qui garantisse les principes constitutionnels, ce que Macron n'a pas su faire. Maintenant, pour le reste, les prochaines semaines qui vont arriver vont être décisives. Ça serait
une quatrième ou sixième république dans ce que vous êtes en train de nous dire.
Non, ça serait presque une cinquième république originelle.
Il nous reste très peu de temps, quelques secondes. Beaucoup de Français se demandent aujourd'hui, Michael Vallée, comment se projeter dans les prochains mois avec sérénité ? Vous leur dites quoi ?
'abord, vous ne pouvez pas le demander aux gens qui, toute la journée, n'arrivent pas à joindre les deux bouts. Vous ne pouvez pas le demander à la maman solo, qui a des horaires entrecoupés, qui n'a personne pour faire garder ses gamins et qui est obligée de bosser, de se projeter avec sérénité. En revanche, ce sont entre guillemets les élites, dans le bon sens du terme. C'est-à-dire les gens qui ont la responsabilité du pays, à qui on l'a confié, d'essayer d'amener un peu de vision à long terme. Et deux, trois choses là-dessus. Je pense qu'il ne faut qu'on ne soit pas que focalisé sur la présidentielle et qu'on pense aux législatives. Il faut avoir en tête que la France, il faut avoir confiance dans le pays, avoir en tête que la France s'est sortie de situations qui étaient tout aussi compliquées. Et il faut surtout se parler les uns avec les autres et ne pas nourrir cette espèce de relan de pré-guerre civile, entre guillemets. Il faut se parler, il faut être responsable. Et les petits jeux d'appareils ou de personnes ne sont pas faits pour aider.
'est la fin de cette émission. Merci, Miguel Vallée, d'avoir accepté notre invitation pour voir ou revoir ce numéro de Dimanche en politique. Rendez-vous sur notre site internet na.france3.fr dans l'onglet émission. La semaine prochaine, il sera question avec Hélène Drouet de la situation sociale en France et en Poitou-Charentes à la suite de l'appel à la grève de jeudi prochain. Excellente journée à toutes et à tous.
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