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Je pense que cette génération-là, qui est au lycée aujourd'hui, elle est à accompagner avec beaucoup de respect, de bienveillance.
Pour ma
part ça fait presque dix ans. La compagne ?
'état de ronde, on en a aussi beaucoup parlé ce week-end avec la diffusion d'un document par le site d'information Blast, une lettre envoyée par Sébastien Lecornu, le Premier ministre, aux quatre opérateurs téléphoniques et une demande inédite en France travaillée sur le scénario d'une coupure de l'accès à plusieurs réseaux sociaux en cas de nouvelles
émeutes. Question très simple, avez-vous envisagé de couper les réseaux sociaux en France ?
Écoutez, il y a eu des discussions qui ont été faites par le Premier ministre. Matignon s'est exprimé déjà sur ça, c'est-à-dire les services de monsieur le Premier ministre. On
pourra supprimer un contenu sur un réseau social, et dans les 24 heures, et même dans l'heure, si cet appel vise un appel à l'insurrection.
Samedi 24 octobre, à Blast, on vous a révélé que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait envoyé une lettre aux quatre grands opérateurs téléphoniques. Orange, Bouygues, SFR et Free. Sa demande ? Se tenir prêt à couper l'accès aux réseaux sociaux pour les manifestants. Pour ceux qui sont passés à côté, un rappel. Le Premier ministre a expressément demandé au patron des opérateurs téléphoniques et Internet de se tenir prêt à couper la connexion à TikTok, Instagram, Twitter et Snapchat le 24 octobre pendant la manifestation. Sa justification, les 17 et 18 octobre, les réseaux sociaux auraient joué un rôle décisif, non seulement dans la cristallisation et la viralité des mots d'ordre illicites, mais aussi comme levier de coordination opérationnelle des violences. Le lendemain de l'envoi de la lettre, une réunion a eu lieu entre les opérateurs et des représentants du cabinet du Premier ministre. Les fournisseurs d'Internet y soulignent d'abord la difficulté technique d'une telle coupure et sa fragilité. Surtout, ils expriment des doutes sur le plan juridique en rappelant ce qui s'est passé en Kanaki, Nouvelle-Calédonie. En 2024, une révolte éclate. Le gouvernement de Gabriel Attal décide alors de bloquer TikTok.
pleine crise en Nouvelle-Calédonie, les images de violences se propagent. Les rumeurs sur la répression policière également.
Gabriel
Attal décide finalement mercredi dernier d'interdire l'application. L'unique opérateur de Lille a bloqué l'accès. Désormais, lorsqu'un utilisateur tape l'adresse de TikTok ou lance l'application en Nouvelle-Calédonie, impossible d'accéder au contenu. Le gouvernement avait déjà évoqué l'idée lors des émeutes en banlieue de juillet dernier.
mesure que le Conseil d'État a fini par retoquer en avril 2025, au motif qu'elle n'était pas nécessaire et qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression. Si les opérateurs sont réticents, c'est aussi qu'ils n'ont aucune envie d'être pris pour cible, ni d'être tenus responsables d'une telle mesure liberticide. Le 24 octobre, le gouvernement n'a pas coupé les réseaux sociaux. Enfin, pas totalement. Il a quand même fait supprimer des contenus directement. En parallèle de la réunion avec les opérateurs, il a prévenu les plateformes. Des signalements allaient arriver et elles devaient y répondre. Résultat, 207 demandes de suppression pour 140 retraits le 24. Et les vidéos associées au hashtag 24 octobre ont été vues 49 millions de fois contre 2,1 milliards de vues pour celles du hashtag 17 octobre. Mais est-ce que ce sont réellement des vidéos violentes qui sont retirées ? Le problème c'est qu'il existe une zone grise. Il est difficile de distinguer ce qui relève réellement de la violence de ce qui n'en relève pas. Et ça menace directement la liberté d'expression. Des journalistes indépendants qui avaient publié du contenu éditorialisé sur les manifestations nous ont alertés. Leurs vidéos ont été supprimées. Les plateformes leur ont indiqué que leur contenu ne respectait pas les règles. C'est notamment le cas de TikTok qui, en obéissant au gouvernement, ne fait aucune distinction. Tout ce qui touche aux manifestations saute. Pour se justifier, la plateforme invoque des comportements violents ou criminels et même de l'apologie de la violence. Sous couvert de s'attaquer aux casseurs, le gouvernement s'en prend en réalité à la liberté de manifester et à celle de s'exprimer. Et ce n'est pas tout. Une loi casseur-payeur présentée par le gouvernement est étudiée par le Sénat à l'heure où nous tournons cette vidéo. Elle va dans le même sens, museler la parole critique à l'encontre du pouvoir. L'amendement 94 prévoit en substance une suppression de tout contenu jugé violent, sans juge, à la seule demande du ministère de l'Intérieur sous 24 heures.
Ce texte existe déjà pour le terrorisme, pour la pédocriminalité, pour le trafic de stupéfiants. On l'étend aux appels à la violence, notamment dans le cadre de manifestations. Donc on pourra supprimer un contenu sur un réseau social, et dans les 24 heures, et même dans l'heure, si cet appel vise à l'insurrection. C'est pour ça que vous vous êtes fait dépasser le
17 octobre ? C'est parce qu'il y a eu des appels de ce type
17 octobre, il y a eu un souci avec les réseaux sociaux, évidemment,
on en tire toutes les conséquences. Derrière cette censure, il y a une idée. Pour Emmanuel Macron, les réseaux sociaux seraient le problème. À Marseille, il l'a dit. Selon lui, ils abîment notre démocratie.
Mais les réseaux sociaux abîment nos démocraties. parce qu'ils polarisent, parce qu'ils créent une espèce de sidération devant les scènes de violence, parce qu'ils sont pour certains des instruments de mobilisation du pire.
Pendant ce temps, Sébastien Lecornu reçoit des influenceurs pour leur annoncer les mesures du gouvernement afin qu'il les relaie.
C'est 100% un plan de communication du gouvernement. On a été contactés hier par un DM Insta.
Pour la plupart, ils vont répéter le discours officiel.
On vient de faire deux heures de rendez-vous avec le Premier ministre, le ministre de l'Éducation nationale et le ministre de l'Enseignement supérieur. En fait, ils ont fait appel à nous justement par rapport au blocus des lycées qu'il y a en ce moment pour avoir nos avis sur les mesures qu'ils vont présenter. Je
vous dis tous les changements qui vont intervenir dans les lycées cette année et l'année suivante. Le premier gros changement, c'est la disparition de Parcoursup dès 2028, avec déjà en 2027
des améliorations de la plateforme. Ils ont également prévu une enveloppe d'un milliard d'euros pour la rénovation des universités. Donc pareil, ça va prendre un peu de temps, mais en tout cas... C'est prévu dans la loi de finances.
Selon les informations que nous avons recueillies, le gouvernement leur a demandé de rassurer les lycéens. En gros, leur dire qu'il n'y a plus de raison de manifester. Presque tous se sont exécutés, sauf deux d'entre eux.
de manière sûre, une volonté de nous instrumentaliser. Le fait est qu'on est là pour aussi être critique. Nous, sur nos réseaux sociaux, on a annoncé l'invitation. Beaucoup de personnes nous disaient de ne pas venir, nous disaient de ne pas céder au jeu du gouvernement. Selon moi et avec Anna, c'était important aussi de venir pour dire ce qui s'y passe concrètement et pouvoir défendre nos points de vue et pas seulement qu'il y ait des créateurs de contenu avec qui on n'est pas forcément d'accord, qui expriment leurs idées. Que
la mobilisation n'a aucune raison de s'arrêter et que ce n'est pas un centième de sa requête et un refus de faire... face à l'effacement de notre état de droit dans un contexte de violence policière constante qui permettra de l'étouffer.
l'hypocrisie ne s'arrête pas là, puisque le président lui-même a donné une longue interview au journaliste Hugo Décrypte, présent uniquement sur les réseaux sociaux.
dans notre jeunesse, et donc évidemment ça me fait mal quand je vois nos adolescents, nos jeunes, qui sont frappés, qui subissent cette conséquence, directe dans leur chair. Et donc tous les blessés que vous avez évoqués, moi, me font mal et on est à leur côté.
voit donc bien qu'il y a une véritable volonté du pouvoir de contrôler le récit plutôt qu'une réelle volonté de réguler les contenus.
Question très simple, avez-vous envisagé de couper les réseaux sociaux en France ?
Écoutez, il y a eu des discussions qui ont été faites par le Premier ministre. Matignon s'est exprimé déjà sur ça, c'est-à-dire les services de Monsieur le Premier ministre. C'est qu'il n'y a pas de société humaine. où il n'y a pas de liberté sans ordre public et où il n'y a pas de liberté sans responsabilité. Et moi, je suis comme vous, attaché à la liberté. Mais quand elle est dévoyée par des gens pour des projets funestes, on doit mettre en place des systèmes de responsabilité. Et d'ailleurs, c'est dans la loi.
gouvernement a peur des manifestations et de la contestation populaire. Et c'est grâce aux réseaux sociaux que les mobilisations du 17 et du 24 octobre ont rassemblé autant de monde, notamment parce qu'elles y ont été largement relayées. Mais les réseaux sociaux, c'est aussi un espace où on peut s'exprimer. exprimer un contre-discours face au discours dominant, celui des médias traditionnels et du pouvoir. Et c'est précisément ce contre-pouvoir que cette volonté de contrôler le récit risque d'affaiblir. Parce que sans vidéo, les violences policières sont complètement passées sous silence. Depuis très longtemps, les images jouent un véritable rôle de garde-fou. 'exemple le plus marquant reste celui du jeune Naël, tué à bout portant en 2023 par un policier. Et pendant les mobilisations, quand le maintien de l'or devient extrêmement violent, avec des lanceurs de balles de défense ou des grenades de désencerclement qui éborgne ou mutile des manifestants, Filmer et publier sur les réseaux sociaux est indispensable pour documenter les abus. Et il n'y a pas que les violences policières. Ce 24 octobre, de nombreux groupuscules d'extrême droite ont été filmés en train de s'en prendre directement aux manifestants sans que les forces de l'ordre n'interviennent. Prenez Rouen. À Blast, nous avons publié la vidéo d'identitaire s'attaquant à des manifestants sans être inquiétés par la police.
Vous les laissez agir comme une milice ! On les connaît, c'est des identitaires, c'est normal ! Vous les laissez agir comme une milice ! Vous les avez vu chargés, vous n'avez rien fait !
Si le blocage des réseaux sociaux avait eu lieu, ou si l'amendement de la loi casseur-payeur était déjà appliqué, nous n'aurions peut-être pas pu la diffuser. Alors résumons. Un Premier ministre qui demande aux opérateurs de se tenir prêts à couper l'accès aux réseaux sociaux, des plateformes sommées de supprimés des contenus et qui s'exécutent, y compris quand il s'agit du travail de journaliste indépendant. Un amendement qui permet de retirer des contenus sans juge sur simple demande du ministère de l'Intérieur, des influenceurs convoqués pour relayer la bonne parole auprès des lycéens. On veut nous imposer un récit. Qui décide de ce qui est violent ? Qui décide de ce qui doit être supprimé ? Aujourd'hui, c'est le gouvernement sans juge, le même gouvernement que ces vidéos publiées mettent parfois en difficulté. Appelons les choses par leur nom. Ce sont des mesures liberticides, des mesures qui contreviennent frontalement à la liberté d'expression que le Conseil d'État a lui-même déjà rappelé l'an dernier au sujet de la Canaqui Nouvelle-Calédonie. Et le gouvernement recommence comme si de rien n'était.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.