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à vous sur le plateau de l'interview, là une votre émission d'entretien sur toutes les plateformes numériques du groupe Nice Matin. A la veille du troisième acte de la colère sociale dans la rue, une mobilisation à haut risque selon Laurent Nunez. Notre invité cette semaine c'est donc Olivier Salerno, co-référent de la France Insoumise dans les Alpes-Maritimes. Merci d'avoir accepté cette invitation. Merci à vous. On va évidemment évoquer la manifestation de demain, ses contours dans les Alpes-Maritimes. les risques autour de cette manifestation. Nous reviendrons sur celle de la semaine dernière et celle du 17 octobre avec la présence notamment de représentants de l'ultra droite qui s'en sont pris à des manifestants. Et puis nous reviendrons aussi sur les accusations portées par Éric Ciotti sur ce plateau la semaine dernière à l'encontre de votre mouvement La France Insoumise. Sans oublier, et c'est important d'évoquer aussi le fond de cette colère, les raisons qui poussent les Français à manifester. les lycéens à se mobiliser également puisque dans trois jours ils vont reprendre les cours dans les alpes maritimes comme dans toute la france olivier salerno demain manifestation parcours inédit pour éviter d'être trop au contact des commerces dans le centre ville garibaldi vers le port est ce que pour vous c'est une bonne solution est ce que vous validez ce
tracé déjà Ce n'est pas à moi de valider ce tracé. Déjà, je remercie les syndicats d'avoir déposé cette manifestation, et particulièrement le syndicat Sud Solidaire, qui l'a déposé en préfecture, et qui fait en sorte de poser le cadre et la condition pour que la manifestation se passe correctement. Après, ce n'est pas la première fois qu'on a une manifestation, et notamment sur des revendications sociales, dans le parcours qu'on va faire demain, mais ça montre quelque chose. On est dans un moment où, effectivement, l'État n'est plus forcément garant. du droit de manifester. L'État est garant du droit de manifester. C'est un droit constitutionnel auquel les Français et les Françaises sont particulièrement attachés, vu qu'il fait partie de notre SEV, il fait partie de notre ADN. Et on arrive à un moment où Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu, le gouvernement illégitime. puisqu'il n'a pas été élu dans les urnes comme il le faudrait, arrive à un point où finalement il n'arrive plus à contenir les choses et on en arrive à trouver un tracé, à trouver des espèces de compromis pour que les manifestations et les revendications se passent. le plus correctement possible. Là, le plus
important, c'est que la manifestation puisse se tenir. On peut comprendre, la semaine dernière, la réaction de protection de l'État et du préfet au vu de ce qui s'était passé le 17 avec les scènes de violence. Là, pour le coup, il y a un pas qui a été fait, puisque c'est Emmanuel Macron lui-même qui a conseillé au préfet de trouver des parcours alternatifs.
Eh bien, bien justement, c'est parce que l'État a posé toutes les conditions pour le chaos qu'on a pu voir la semaine dernière dans toutes les villes de France, et particulièrement à Nice, qui a un problème. La semaine dernière, samedi 24, on a une milice fasciste, mais d'une centaine de personnes qui ont pu déambuler tranquillement, et qui a été quasiment amenée vers les manifestants, sous les yeux, sous le regard de la police, qui n'a rien fait. Autour de cette histoire-là, on peut avoir des doutes sur le fait qu'ils aient été aidés et particulièrement guidés. Pour revenir à votre question, Julien, ce n'est pas pour parler d'autre chose, mais précisément, pendant toute la semaine qui a précédé le samedi 24, on a eu de la communication du gouvernement. ici localement à Déric Ciotti et du préfet des Alpes-Maritimes, pour nous dire que tout était sous contrôle. On a vu des images avec des véhicules militaires, on a vu le RAID qui était là, on a vu des dispositifs policiers, on a vu Sentinelle, ça a été présenté et amené sur tous les plateaux, sur tous les réseaux sociaux. Le préfet des Alpes-Maritimes, dans ce contexte-là, a même dit au Niçois et au Niçois ce qu'il pouvait. venir faire leur course tranquille samedi. Je ne vois pas où est la tranquillité dans ce contexte-là. Et on a vu Eric Ciotti, le samedi 24, dès le départ, dès le matin, j'ai compté, il a fait 11 tweets pour passer en revue les troupes, la police municipale, pour se mettre en scène dans le centre de supervision urbaine, pour montrer que tout était sous contrôle, pour aller serrer des mains. Et précisément, c'est dans ce contexte-là... qu'on a pu voir ce qui s'est passé samedi dernier. Mais qu'est-ce qu'il aurait
fallu faire, alors, Olivier Salernot, après ce qui s'est passé le 17, avec les scènes de pillage sur l'avenue Jean Médecin ? Comment on sécurise ? Ne pas mobiliser la police une semaine après.
Déjà, le 17, on a pu voir un dispositif policier qui n'a pas fait ce qu'il fallait. Le 17, on a eu une manifestation exceptionnelle. Encore une fois, dans toutes les villes de France et aussi à Nice. La manifestation sociale, tout à fait.
C
'est-à-dire que pour les gens qui ont un petit peu l'habitude de faire des manifestations, toute l'avenue Jean Médecin, de la place Masséna jusqu'au quartier Libération. était noir de monde. Donc on compte à peu près une dizaine de milliers de personnes, avec des gens qui ont pris le parcours de façon relativement traditionnelle, qui ont fait Plasma Sena la libération. À partir de ce moment-là, au niveau de l'embranchement Gartière Libération, la police a bloqué et a commencé à lancer du gaz lacrymogène. Et c'est précisément à ce moment-là aussi qu'une milice fasciste a commencé à attaquer le cortège et notamment un jeune homme. On a les images, vous les avez sûrement vues, vous les avez sûrement commentées, où dès le départ, on a une personne qui a attaqué un jeune homme pour faire mal tout de suite. Coup de coup dans le menton, le jeune homme est tombé par terre et ensuite il a été fini, si j'ose dire, avec des coups de pied dans la tête. Ça, c'est ce qui s'est passé à ce moment précis. À partir de là, Le cortège a commencé à paniquer à partir dans les rues parallèles, perpendiculaires, et là, la manifestation a commencé à être compliquée. Pour une altercation
? Non,
ce que je suis en train de vous expliquer, c'est qu'il y a eu des mouvements de panique pour différentes choses. On ne peut pas gérer une dizaine de milliers de personnes à coups de gaz lacrymogènes. Ce n'est pas possible. Donc, moi, il me semble... que les renseignements territoriaux ont fait leur travail, que la police était au courant le 17 du nombre de personnes de l'affluence, parce que tout le monde en parlait la semaine précédente, qui y allait avoir. Et la police était aussi au courant pour le 24, on en parlera tout à l'heure, mais notamment de l'organisation de milices, parce qu'il y a eu des boucles télégrammes sur lesquelles tout ce petit monde a commencé à discuter entre eux. Mais
le souci, ce n'est pas les casseurs, selon vous, qui sont venus ? Je finis là-dessus.
Il va falloir nous expliquer, il va falloir que Laurent Nunez nous explique s'il est capable de mettre tout en place pour un maintien de l'ordre correct dans ce pays. Parce que moi, je ne comprends pas, au vu de ce qui s'est passé le 24, moi je me demande qui commande, qui dirige, qui donne les ordres, qui donne la ligne. Moi, ce qui s'est passé, il faut bien revenir là-dessus, ce qui s'est passé le 24 avec une attaque d'une milice, d'une centaine de personnes. Je refais le fil. Une centaine de personnes qui ne sont pas tous de Nice. On a les images. Qui sont venues spécifiquement d'autres villes organisées. -disant pour protéger les commerçants, tous habillés de la même façon, avec des brassards, avec des armes, avec une organisation. Ils se sont tous coordonnés sur des boucles avant. Ces gens-là ont commencé à se rassembler au niveau de la rue Puget à Nice-Nord. Et on a vu les images que vous allez peut-être montrer où ils étaient à côté de voitures de police. sur une manifestation qui était interdite. Ensuite, ce cortège, ils étaient une centaine de personnes derrière une banderole. Le cortège a descendu... Au départ,
ils sont hors périmètre. Alors, ils sont hors périmètre. Ils sont hors périmètre,
mais il y a bien les voitures de police à côté d'eux. Ils sont en discussion avec des fonctionnaires de police. Ce cortège-là, tranquillement, descend la rue Borglion, rentre dans le périmètre, derrière une banderole. avec des slogans, des slogans d'extrême droite, qu'on a l'habitude d'entendre dans les manifestations d'extrême droite. Oui, mais tant qu'il n'y a pas de
violence, la police ne peut pas intervenir à ce moment-là. Monsieur,
quand on a une milice qui vient sur une manifestation interdite, qui rentre dans le périmètre interdit, qui fait une pause devant le centre de la police municipale de supervision urbaine, où Eric Ciotti s'est mis en scène. ce jour-là, pour dire que tout était sous contrôle et que tout allait bien. Et qu'ensuite de ça, cette centaine de personnes descendent la rue Jean Médecins, en plein dans la manifestation interdite, et qu'on les voit régulièrement en train de discuter avec la police municipale, avec la police nationale. Je rappelle qu'on a vu aussi, dans vos colonnes, vous avez fait comme un fact-checking, mais on a vu quand même le collaborateur parlementaire du député Bernard Chex. au milieu de ces jeunes gens, qui... Alors lui, il explique qu'il était en train de les surveiller. Il les a surveillés, a priori, d'après, si je lis bien son témoignage, c'est lui qui le dit, du début à la fin. Il va falloir nous expliquer comment le collaborateur parlementaire d'un député, UDR, bras droit d'Eric Ciotti, sur une manifestation interdite, surveille tout ce petit monde particulièrement violent, particulièrement menaçant. Guider
vers les manifestants. Olivier Sernault, à partir du moment où le cortège est signalé, qu'est-ce qui empêche un collaborateur d'aller justement surveiller, peut-être pour vérifier que ça ne dégénère pas, peut-être a-t-il des craintes lui aussi ? On ne peut pas lui reprocher d'être sur place. Et honnêtement, la journaliste qui signe le papier et qui était à ses côtés en a attesté, il n'était pas partie prenante de cette manifestation. Mais moi, je ne lui demande pas
d'être partie prenante. Je lui demande de dénoncer ça et de dire à qui de droit qu'il y a en ce moment même, au moment de la manif, une milice qui s'oriente vers des manifestants et leur intention était claire, nette et précise. Éric Ciotti l'a condamné.
Alors Éric
Ciotti, revenons là-dessus. Moi, je trouve que c'est très intéressant. Éric Ciotti a été en... surcommunication, toute la semaine, ça je l'ai dit, mais depuis le matin. Je vous ai dit tout à l'heure, il a pondu 11 tweets. A partir du moment où il y a eu les échauffourés, 17h45, 18h, l'agression violente de cette milice, justement, plus rien. Silence radio. Et Eric Ciotti n'a pas pu faire autrement que de condamner les violences, évidemment. Parce qu'il était garant du calme et ça a été un fiasco total. Mais par contre, évidemment, il ne s'est pas privé pour ensuite expliquer que la violence était des deux côtés, comme il le nomme lui-même, ultra droite, ultra gauche. Non, il n'y a pas de ça. Le cortège revendicatif, qui était soit un cortège sur une zone interdite, était constitué de jeunes. de gens qui étaient là en tenue assez festive, il y avait des gens qui étaient déguisés. Je prends un exemple, juste pour qu'on se rende compte de la chose et qu'on arrête de raconter des histoires. Il y a eu un manifestant qui était avec un saxophone, qui a décidé de suivre tout le cortège revendicatif avec un saxophone du début à la fin. Alors il va falloir m'expliquer quelle fantasme on est. pour dire qu'on a des groupes particulièrement violents, d'ultra-gauche, ou je ne sais pas quoi, alors que justement, cette manifestation-là, ce cortège-là, était suivi par quelqu'un qui a été capable de faire du saxophone du début à la fin, avec des jeunes qui étaient déguisés, et avec des gens qui portaient une revendication dans la joie, dans la fête et dans les chants. Moi, je dénonce, là, l'heure est grave. On n'est pas en train de commenter quelque chose qui se serait mal passé samedi dernier. Le procureur de la République a eu raison d'ouvrir une enquête. Là, j'annonce sur vos antennes que la députée Nadej Abon-Mongoli, députée de Sainte-Saint-Denis, vice-présidente de l'Assemblée nationale du groupe de la France insoumise, vient de déposer une saisine du procureur de la République au titre de l'article 40. Parce que quand on a tous les témoignages qu'on a depuis une semaine, avec toutes les vidéos, avec tous les témoignages qui se recoupent, — Sur
quel aspect ? Parce que l'enquête est déjà ouverte. —
Alors l'enquête est déjà ouverte. — C'est sur la connivance supposée avec la police ? — Sur les aspects que je viens de vous expliquer et sur la connivance supposée avec la police. Pareil, on a à disposition, vos confrères d'un journal qui s'appelle Bon Pote, ont mis à disposition des conversations sur des boucles télégrammes où on voit bien qu'il y a des conversations avec différents corps policiers de la police municipale, de la BAC. Pas dans les
boucles, c'est ce qui est raconté dans les boucles. Oui, il n'y a pas les policiers dans les boucles. Mais par contre, c'est corroboreux par
rapport à une vidéo qui est devenue virale, qui tourne sur les réseaux sociaux depuis 3-4 jours et qui est reprise dans les médias. On voit un jeune homme, niçois, qui nous explique qu'il a fait partie de cette milice, qu'il a eu l'aide de la police municipale, de la BAC, de beaucoup de policiers. Il précise d'ailleurs que le chef de la... la police municipale n'était pas d'accord avec ça, mais par contre il explique très clairement et très précisément comment est-ce qu'ils se sont organisés avec des membres de la police au moment de cette manifestation. Qu'est
-ce que vous suspectez ? Est-ce que vous suspectez que des ordres aient été donnés par la hiérarchie de la police ou de la connivence ? d'opportunisme, on va dire, sur le terrain. Parce que nous étions, évidemment, au cœur de cette manifestation. On ne conteste pas du tout, évidemment, la violence et la nature de l'appartenance politique de certains de ces membres. Mais on a aussi entendu le commissaire qui gérait le dispositif de sécurité avertir les manifestants mégaphones, leur dire qu'il fallait se disperser, qu'il n'y avait pas besoin de milice à Nice, c'est ces termes, pas besoin de miliciens. Donc, vous dites, est-ce que ça vient du haut ? C
'est plutôt une proximité avec des policiers de terrain. Eh bien, c'est à l'enquête de le dire. Par contre, ce que nous, on a pu observer, c'est que le cortège que je vous ai décrit tout à l'heure, qui était festif, a eu droit aussi le 24 à du gaz lacrémogène et à du canon à eau. Et que la milice a pu descendre tranquillement de la rue Puget jusqu'au point où ils se sont rencontrés. Ça fait 3 kilomètres. Ça fait 3 kilomètres. Donc moi, j'attends une enquête. Franchement, j'appelle solennellement le procureur à ouvrir une enquête. à faire une conférence de presse où on nous explique, heure par heure, minute par minute ce qui s'est passé parce que pour l'instant alors on a beau dire c'est sur les réseaux sociaux c'est des rumeurs non c'est pas des rumeurs il y a plus d'une cinquantaine de vidéos qui tournent des dizaines et des dizaines de témoignages de personnes qui ne se connaissent pas qui correspondent et ce qu'on soupçonnait est corroboré aussi par des gens qui sont pas bien malins qui font des vidéos sur internet qui ensuite retirent cette vidéo mais évidemment vous savez comment c'est les réseaux sociaux la vidéo a été uploadée immédiatement Et maintenant, elle tourne. Et en fait, ce à quoi on est en train d'assister, c'est un sentiment d'impunité de l'extrême droite militienne dans un contexte particulier à Nice. C'est-à-dire... On est dans... Il y a quand même 40 signalements du préfet. Oui. Vous l'avez vu. 11 interpellations, même si en comparaison
immédiate, les profils... Les
10 précédents en coopération immédiate, là aussi, je pose une question. Pourquoi est-ce qu'ils sont partis... Enfin, pourquoi est-ce qu'ils ont coté leur procès sans rien contre eux ? Ils n'ont même pas l'interdiction de retourner en manifestation. Ils n'ont même pas l'interdiction de reparler entre eux. Vous savez qu'ils ont été arrêtés avant que ça dégénère. J'ai compris. Mais en attendant... Mais fait
qu'ils leur sont reprochés, finalement... Par mesure
de sécurité... On aurait pu penser que plutôt que de leur laisser un mois pour préparer leur futur procès, on aurait pu au moins leur demander, leur interdire de se rencontrer entre eux ou de continuer à aller dans les manifestations. Le 17, il y a eu des pillages, effectivement, avec des adolescents qui étaient là et qui ont procédé à du pillage de façon opportuniste, certains pour des baskets, mais d'autres aussi pour des produits de première nécessité. On a pu voir du pillage sur des serviettes hygiéniques, sur du lait, ces gamins-là. Ils ont apparemment pas le même entourage parce qu'ils ont fait de la comparution immédiate et de la prison tout de suite. Donc là on a des gens... Oui mais Olivier Sarno,
pardon de... Là c'est accablant, c'est-à-dire qu'ils ont été attrapés sur le fait après les pillages, donc après sur la dureté des peines. Il y a un débat, puisque d'ailleurs c'est très très hétérogène en fonction des parquets. Le parquet de Nice a été particulièrement sévère, vous avez raison. Mais ils ont quand même été pris la main dans le sac, si vous me passez l'expression. Écoutez, moi,
mon propos n'est pas de dire tout le monde en prison. Ça n'est pas mon propos, ça ne l'a jamais été. Mon propos est de montrer... et de mettre en avant le fait qu'il y a un réel de poids de mesure. Je reviens sur le jeune homme, qui est plus très jeune d'ailleurs, de la vidéo. Moi, ça me montre... C'est un homme, je
le dis, qui, face caméra, affirme qu'il y a eu connivence avec la police. Et qui donne des détails très précis. Cette vidéo n'existe plus. Elle a été évidemment sauvegardée par des comptes et par des citoyens. Mais en tout cas, lui, a disparu des
réseaux sociaux. Mais vous imaginez bien que... Cette personne-là est recherchée, c'est un niçois, et qu'à mon avis, il ne va pas tarder à être trouvé, et notamment par la police, pour qu'une enquête puisse avoir lieu. Ça montre un sentiment d'impunité. On est dans un moment particulier. Nice, c'est la cinquième ville de France, c'est la plus grande ville à avoir basculé à l'extrême droite aux dernières élections municipales. Depuis qu'Éric Ciotti est au pouvoir... Depuis qu'Heroxiety est à l'Amérique, qu'est-ce qu'on observe ? Une manifestation, dès le lendemain, déposée par la CGT Spectacle, avec des gens qui sont venus sur la place Saint-François pour dire qu'ils n'étaient pas contents, pas d'accord. On a le droit, c'est le droit constitutionnel français, il n'y a pas eu de problème. Dans cette manifestation-là, il y a eu une dizaine de militants d'extrême droite, notamment du groupuscule Aquila Popularis, qui a agressé les manifestants, et ensuite il y a eu une enquête avec perquisition au domicile. où on a retrouvé du matériel autour de Aquila Popularisme, mais aussi des outils de propagande néo-nazis, nationalistes révolutionnaires, comme ils le disent eux-mêmes, et il y a eu de la prise en ferme. Ça veut dire que la justice a reconnu qu'il y avait bien un problème. Éric Ciotti l'avait dénoncé, il a demandé dans
la foulée la dissolution d'Aquila Popularisme.
Éric Ciotti est très fort pour faire des tweets. J'observe une chose, depuis qu'il est au pouvoir, il y a eu ça. Depuis qu'il est au pouvoir, il y a de plus en plus d'agressions racistes, notamment dans le vieux Nice, d'agressions algébétophobes, notamment dans le vieux Nice. Et on arrive à un point où aujourd'hui, dans la ville d'Éric Ciotti, un maire qui n'arrête pas d'avoir le mot ordre, ordre, ordre à la bouche, eh bien, samedi dernier, on a pu voir une milice. supplétifs des forces de police. La dernière fois, enfin, il faut se rendre compte de ce que ça signifie les milices fascistes supplétistes des forces de police. C'est les faisceaux dans les années 20 en Italie, c'est les SA en Allemagne, c'est ce qu'on a pu voir nous aussi. Attention Olivier Serne, on est
sur une centaine de personnes et la police est intervenue au moment où ça a dégénéré. On est sur
une centaine de personnes parce que là, depuis tout à l'heure, on est en train de parler de Nice. Vous n'êtes pas sans savoir que samedi dernier, ce qui s'est passé à Nice s'est passé dans plus d'une dizaine de villes de France, selon le même mode opératoire. Boucle, télégramme ou boucle signal, organisation, connivence, police, milicien. Sans dire de bêtises, il y a eu Bordeaux, Lyon, Toulouse notamment, où on a pu voir. des miliciens aider les CRS et se planquer ensuite derrière eux quand il y avait quelques échauffourées, voire même, on a des images qui tournent un petit peu partout, où on a des CRS qui interpellent une personne qui est à terre et où un milicien arrive, lui met des coups de pied à ce moment-là et le CRS ne lui dit rien. Il me semble que c'est votre confrère de libération qui nous montre même qu'un de ces miliciens a eu le droit à un écussion CRS après les événements. Non, je reviens à ce que je disais tout à l'heure, je n'exagère pas, je ne dis pas que l'histoire se répète, je suis en train de dire, attention, on vit des moments, dans un moment de bascule, où on a un pouvoir qui soit, n'est pas un pouvoir d'extrême droite, mais qui se radicalise, parce qu'il est acculé. On va peut-être y revenir justement sur les revendications. Et on est sur quelque chose par contre qu'on a déjà vu, c'est-à-dire que ce qu'on nous représente quelque part comme le centre, comme l'équilibre entre la droite et la gauche, comme ce qu'Emmanuel Macron nous expliquait il y a dix ans, progressivement... nous amène à une situation pré-fasciste. C'est ce qu'on a vu le 24 dernier. Je suis désolé si ça choque personne d'avoir des centaines de militiaires dans toutes les rues de France qui sont en train de faire justice eux-mêmes et qui sont supplétifs de la police nationale régalienne. il y a un problème.
Alors, avant d'arriver sur le dossier des revendications en elles-mêmes, un mot sur demain, qu'on soit très clair, puisque je vais vous faire écouter dans quelques secondes un extrait d'Éric Ciotti sur ce plateau la semaine dernière. Vous appelez évidemment les manifestants demain à ne pas faire usage de la violence. Et j'allais dire, vous
souhaitez évidemment qu'il n'y ait pas de pillage. Bien évidemment, ça n'a jamais été dans notre mode de fonctionnement. Nous, on appelle à la révolution citoyenne par les urnes. Et de toute façon, il y a quelque chose d'évident, c'est que tant qu'on ne pose pas un cadre concrètement qui permette aux familles de venir, qui permette aux parents de venir, qui permette aux enfants de venir, il y a... Pas de manif plus réussi que quand on voit des parents qui viennent avec leurs enfants en poussette, que quand on voit des personnes âgées en fauteuil roulant ou qui ont du mal à se déplacer, qui puissent venir pour pouvoir justement gonfler la manif. Là, c'est une manifestation qui se passe bien, une manifestation, un mouvement social qui s'inscrit dans le temps où on a des rendez-vous réguliers comme on est en train de regarder. Ça fait un mois que ça se passe avec les lycéens et les lycéennes, mais il y a eu le 17, il y a eu le 24, là il y a le 31, on parle du 5 avec une grève généralisée qui était... appelé de ses voeux par une intersyndicale, notamment par Sophie Binet de la CGT. Donc, pour qu'une manifestation se passe bien, si ça se passe comme samedi dernier, comme on vient de l'expliquer, ou comme le samedi 17, alors on n'aura plus personne. Donc, le rapport de force citoyen qu'on essaye de constituer vis-à-vis du gouvernement, on ne l'aura pas de notre côté. Donc, il n'y a absolument aucun intérêt pour personne à ce que ces manifestations-là se passent mal.
ce que disait Éric Ciotti la semaine dernière. Alors je précise que c'était avant la journée du 24 la veille. Donc l'histoire de la manifestation qui dérape de l'ultra
-droite n'avait pas eu lieu. Je ne veux pas céder à ceux qui veulent déstabiliser notre République. Derrière LFI, qui est la vitrine légale des proxys, qui agite tous ces événements et tous ces mouvements. D'ailleurs, on le voit bien, le préfet des Alpes-Maritimes, et je l'en remercie, interdit les manifestations, je l'ai demandé, qui conteste l'interdiction ? LFI ! Madame Damiano, qui a été mon adversaire LFiste aux élections municipales. Et on voit très bien les tracts au départ, les messages d'où ils viennent. Chaque fois, il y a un point de départ, c'est LFI. LFI est là pour déstabiliser la République. Ils sont là pour prendre le pouvoir par la force, par la violence.
êtes là pour prendre le pouvoir par la force, par la violence, vous êtes la vitrine légale des proxys qui agitent les mouvements de contestation et donc les débordements ?
Je viens de vous prouver le contraire dans ce que je vous ai expliqué juste avant ce passage, mais je trouve que ce passage il est quand même très significatif. Éric Ciotti s'enfonce. dans un espèce de délire complotiste où tweet après tweet, il met dans... il essaye d'articuler tout, islamisme, terrorisme, ultra-gauche, antifa, c'est ridicule. Personne, cette petite musique comme quoi la France Insoumise serait responsable de tous les maux en France, ne prend plus. C'est même des blagues, des mèmes sur Internet qui commencent à tourner tellement les gens n'y croient plus. Mais je pense qu'Éric Ciotti ferait bien de faire attention et devrait quand même regarder. dans sa propre maison. Là, ce qu'on a décrit depuis tout à l'heure sur les milices françaises, il y a eu l'attentat de trappe juste avant. L'attentat de trappe, c'est aussi un moment très important qu'il faut regarder en face pour ce qu'il est. On a donc eu une personne qui a voulu faire justice lui-même et qui a pris pour prétexte, dans son récit, dans son récit de guerre civile, dans son récit de grand remplacement, je rappelle que la théorie du grand remplacement est une théorie qui est régulièrement reprise par Eric Ciotti, il a voulu faire justice par rapport à ce qui s'était passé le 17 octobre. Et pour ça, on s'est rendu compte, ensuite, quand la police a fait des perquisitions chez lui, qu'il y avait des tracts du Rassemblement National, qu'il y avait de la documentation qui montrait que ce monsieur-là a été radicalisé, et il a été faire un attentat dans la ville de Trappes, Depuis des années et des années et des années, l'extrême droite et la droite extrême, et pas que la droite extrême, on nous explique que Trappes est une ville islamisée, que c'est plus la France, que c'est les territoires perdus de la République. Vous pouvez trouver des extraits au Rekcioti lui-même, dit tout ça, des dizaines et des dizaines et des dizaines de fois. Qu'est-ce qu'a fait ce monsieur ? Il est allé à Trappes et il a tiré dans le tas sur des personnes noires. ou musulmane réel et supposé. Donc on a un monsieur qui est décédé, un jeune homme, monsieur Pongo Bossiwangi, qui a été rafalé par... Une jeune
fille de 12 ans. Alors ça c'est pour le
jeune homme qui est décédé. Et ensuite, sur le passage... Il y avait aussi des enfants et une jeune fille, effectivement, qui a été criblée, si j'ai bien compris, d'une dizaine de balles. On a su que la semaine d'avant, le tueur qui a procédé à cet attentat avait aussi attaqué une personne maghrébine. Et au moment où il a fait cette tuerie, il était entre deux mosquées où il a menacé des gens au passage. les policiers, quand ils l'ont auditionné, quand ils l'ont écouté, il ne s'en cache pas. Il dit qu'il est raciste. Il dit qu'il a procédé par vengeance. Et tout ce discours-là qu'on entend, M. Eric Ciotti est un habitué du plateau de CNews. A chaque fois qu'il a des annonces à faire, il va sur CNews. CNews, le lendemain de l'attentat de Trappes, on a Sébastien Chenu qui nous explique qu'effectivement, c'était dans une espèce de réflexe d'autodéfense, dans un cadre de guerre civile, qu'il s'est passé l'attentat de Trappes, comme s'il justifiait la chose. Il y a Mme Kelly, journaliste à CNews, qui tenait à peu près les mêmes discours. Tout ça, c'est la même tambouille politique dont fait partie... Donc, plutôt que d'accuser la France Insoumise de tous les maux, parce qu'il y a un mouvement social de jeunesse, revendicatif, qui, en gros, est en train de nous expliquer qu'ils ont énormément de choses à dire, et notamment pour leur avenir et pour leurs études, on y viendra tout à l'heure. Pendant qu'on a ça, et pendant que la France Insoumise supporte, porte et accompagne ce mouvement-là, on a Eric Ciotti qui nous accuse de quoi, finalement ? de faire le travail que n'importe quelle organisation de gauche fait depuis la nuit des temps, c'est-à-dire soutenir un mouvement social. Nous, on a des choses à demander. Ces gens-là doivent vous rendre compte parce qu'ils ont progressivement mis un contexte dans une espèce de prophétie autoréalisatrice où on arrive à des attentats comme on a. Je voudrais finir là-dessus, c'est très important. Suite au 24, qui a fait suite à l'attentat de Trappes, on sait qu'il continue à y avoir des boucles sur les réseaux sociaux pour des personnes racistes, fascistes, qui s'organisent pour continuer à faire des attaques. On lit sur ces boucles-là que ces personnes s'organisent pour, je prends leur vocabulaire, nettoyer quartier par quartier, pour faire des patrouilles, pour... Faire des guets tapants, imaginez bien, où On va commander une pizza, par exemple, d'un livreur. Vous savez bien que les livreurs sur les plateformes en ligne, beaucoup sont des personnes racisées. Donc pour les amener sur une adresse un petit peu loin de la ville, sur les réseaux sociaux, sur Telegram. Pas forcément à Nice, mais c'est des boucles. C'est un contexte national. C'est un contexte national. On est dans ce moment-là. Donc que M. Ciotti prenne ses responsabilités, plutôt que de regarder la France insoumise, qu'il regarde sa propre famille politique, et surtout... Le discours qu'il tient depuis des années, je rappelle là-dessus, je finirai là-dessus, Éric Ciotti ne se cache pas et n'arrête pas de dire qu'en France, il y a le grand remplacement. Le grand remplacement est une théorie raciste, complotiste, dont en gros on nous explique que les juifs du monde organisent la venue de population d'Afrique pour remplacer progressivement l'Occident. Alors évidemment, M. Sciotti ne donne pas tous les musulmans. Non, le grand remplacement est une théorie complotiste antisémite qui a été théorisée depuis des années, et notamment par M. Camus. Dans tous les délires complotistes, il y a toujours, à la fin, quand on fuit, quand on tire le bout du bout, un délire antisémite. La théorie du grand remplacement, c'est qu'il y aurait une espèce de grand complot juif mondial qui tirerait les ficelles et qui organiserait la venue de population d'Afrique musulmane pour remplacer progressivement l'Occident. Ça, je veux dire, ce n'est pas moi qui l'invente. N'importe qui qui m'écoute peut aller sur Internet aujourd'hui pour regarder grand remplacement précisément et on verra ce que je suis en train de décrire. Monsieur Ciotti reprend à son compte la théorie du grand remplacement et il est particulièrement responsable. Lui et les siens dans ce qu'on est en train de vivre en ce moment.
Une dernière question là-dessus et puis on terminera avec la mobilisation sociale. Est-ce qu'à un moment donné, on n'est pas là face à une irresponsabilité du monde politique ? Parce qu'il est très difficile pour beaucoup de gens de comprendre qu'on n'arrive pas à se mettre... à être unis derrière un attentat, derrière du terrorisme. Que ce soit un attentat islamiste, un attentat raciste, comme ce qui vient de se passer à Trappes, on a l'impression qu'une partie selon laquelle on appartient du corps politique a toujours du mal à condamner un attentat qui ne l'arrangerait pas, si vous me passez l'expression. Parce qu'à un moment donné, il ne faut pas simplement être objectif et se dire que dès lors qu'il y a un attentat, un crime de masse, qu'il soit islamiste, islamophobe, raciste, on le dénonce clairement.
je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Tous les attentats, quels qu'ils soient, ont toujours été dénoncés, si c'est nous qu'on est en train de pointer du doigt, notamment par la France insoumise. On vous l'a reproché, c'est vrai. Oui,
mais sauf que... Je me fais le relais du même reproche qu'on peut faire à droite et à l'extrême droite. Vous l'avez fait vous-même, d'être moins proactif sur la communication et la dénonciation. Je ne parle pas d'Éric Souty, puisque lui l'a dénoncé, mais bon... de son camp en tout cas, il y a aussi parfois cette émiplégie qu'on peut
avoir du mal à comprendre. Ce qui, honnêtement, c'est faux, dans le sens où la France vit, alors maintenant un petit peu moins, mais une période d'attentats depuis 1995. Depuis 1995, pour des raisons géopolitiques, il y a eu différentes vagues d'attentats. Les nôtres aussi font partie des victimes. Si on prend par exemple l'attentat du 14 juillet qui s'est passé à Nice il y a une dizaine d'années, je ne fais pas de différence par rapport aux 86 personnes qui sont tombées sous le camion. Je ne fais pas de différence, je ne regarde pas ni l'origine des personnes, ni leur nationalité, ni leur religion, ni même ce qu'ils votent et leur opinion politique. Ça m'est égal. Ce sont des victimes. Et comme Nice est une ville où les gens se connaissent, il y a toujours une histoire où dans ces 90 personnes-là, on connaît l'entourage, on a tous quelqu'un. Donc à partir de ce moment-là, on commence à pointer du doigt et en instrumentalisant notamment la mémoire sur les 10 ans. des commémorations de l'attentat du 14 juillet. Monsieur Ciotti, évidemment, alors il y avait monsieur Macron qui est venu, il y avait monsieur Ciotti, c'est tout à fait normal, c'est le maire de la ville. Qu'est-ce qu'on a pu voir ? Une invitation exclusivement. à sa famille politique qui balaye toutes les couleurs de l'extrême droite.
Ce n'est pas tout à fait exact, il a invité tous les chefs de groupe à l'Assemblée. On lui a reproché le délai. Vous voulez
qu'on aille jusqu'au bout de la démonstration ? C'est quand même très étrange que ce jour-là, on ait eu Jordan Bardella, Marine Le Pen, Philippe Vardon, Marion Maréchal Le Pen. Et plein, plein, plein d'autres responsables d'extrême droite qui ont répondu présent et que la fameuse invitation en chef de groupe dont vous parlez là à l'instant, elle a été faite à peine 24 heures avant. Je ne crois pas une seconde que tous les gens que je viens de citer n'avaient rien à faire 24 heures avant un 14 juillet, sachant que c'est une date qui est inscrite dans le calendrier de tous les responsables politiques qui ont un mandat. Je n'y crois pas une seconde. Donc cette instrumentalisation-là, je reviens là-dessus, elle a été particulièrement obscène. Et nous, les attentats qui se sont passés sur le sol de France, peu importe lequel, nous on a toujours été solidaires, on l'a toujours dit. Maintenant, si on ne veut pas nous écouter, ça c'est une autre histoire.
terminer, Olivier Salerno, on a passé beaucoup de temps sur les incidents, l'organisation de la manifestation demain, l'opposition violente entre les différents courants de pensée. Il y a quand même à la base une colère sociale réelle, la vie chère, les sens inabordables, les lycéens qui ont plus ou moins lancé le mouvement avec... j'allais dire, la maladresse des lycéens, des revendications qui n'étaient pas forcément homogènes, pas forcément bien structurées, mais qui ont quand même dit quelque chose de cette colère-là, avec en plus forte résonance dans les Alpes-Maritimes. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dans les Alpes-Maritimes, les inégalités se creusent aussi ?
Alors, juste si vous me permettez, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous. Les revendications étaient claires, nettes et précises dès le départ. Alors effectivement, c'est un mouvement lycéen, et donc on ne peut pas demander à un mouvement lycéen d'être aussi structuré qu'un mouvement social. C'est ça que je voulais signaler, parce qu
'effectivement, vous avez raison, les revendications étaient claires, mais elles arrivaient parfois un peu pêle-mêle, avec des problèmes de cantine, comme des problèmes d'emploi du temps, ou de bâtis complètement délabrés, en plus du coût de la vie aussi, pour certains d'eux.
sur les revendications lycéennes, c'est très logique. Quand Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, son premier ministre de l'éducation nationale a été Jean-Michel Blanquer, qui a complètement déstructuré l'éducation nationale et qui fait qu'on en arrive aujourd'hui, même si ce n'est plus lui, ministre de l'éducation nationale, à la situation dans laquelle on est. Il y a eu plusieurs réformes. qui ont déjà démantelé le lycée général, qui ont démantelé le lycée professionnel. Dans la réforme du lycée général, avec les histoires d'options, on ne va pas forcément rentrer dans les détails maintenant, mais c'est ça qui fait qu'on se retrouve avec des emplois du temps à trous. Vous connaissez bien le sujet. Je connais bien le sujet, vous êtes enseignant, et notamment en lycée professionnel, parce qu'il y a un certain nombre d'enseignants, il y a un certain nombre de salles, il y a une réalité concrète qui fait qu'on ne peut pas faire ce qu'on veut, n'importe comment, avec les problématiques d'emploi du temps, et que ce n'est pas vrai que tous les enfants peuvent... faire toutes les options qu'ils veulent de façon individuelle. Jean-Michel Blanquer a cassé l'idée de classe et n'a proposé que des parcours individuels. Donc à partir de ce moment-là, ça coince parce que derrière, ça ne suit pas. En parallèle de ça, il a créé Parcoursup qui est un outil de tri social particulièrement violent avec des algorithmes et avec des algorithmes qui sont particulièrement discriminants. problème, c'est qu'avant Jean-Michel Blanquer, il n'y avait déjà pas suffisamment de place dans l'enseignement supérieur par rapport au nombre de lycéens et lycéennes qui avaient leur bac, et qu'il a tellement démantelé lui aussi l'enseignement supérieur qu'il y en a eu de moins en moins. Les mesures annoncées ne répondent pas du tout à ça ? Absolument pas. D'ailleurs, je note que dans les mesures annoncées, on dit qu'on va revenir sur le caractère discriminant de l'algorithme, ce qui pour moi somme comme un aveu. On n'arrête pas de nous dire qu'il n'y a pas de discrimination dans le parcours sup. Et là, on dit qu'on va revenir sur le caractère discriminant. Le milliard pour... 10 milliards. 10 milliards, pardon, je ne suis pas... Ce n'est pas un milliard, c'est 10 milliards. Parce qu'en fait, voilà, entre le bâti, comme vous l'avez dit tout à l'heure, le fait de créer des places dans l'enseignement supérieur pour se passer de parcours sup et d'arrêter cette sélection, et puis faire en sorte que, enfin, quand même, on parle de nos enfants. En France... étudier dans le froid, étudier sous la canicule, avoir des rats dans les locaux, ce n'est pas normal, ce n'est pas imaginable. Moi, je trouve très émouvant et je remercie la jeunesse de s'être mis en... en mouvement comme elle l'a fait. On a beaucoup, beaucoup de leçons à apprendre de ce qu'ils ont fait, parce que ça fait un mois, plus maintenant. Pendant les vacances scolaires, la mobilisation n'a pas flanché. Et on continue à avoir une jeunesse particulièrement motivée. Si on écoute les représentants des syndicats lycéens, on continue à voir qu'ils sont motivés. Mais structuré, vous disiez tout à l'heure, un manque de structure. Plus on avance, plus il se structure. Oui, forcément. Ce qui est logique. Et je pense qu'un pays qui a peur de sa jeunesse est un pays en danger. Je le dis de façon très solennelle parce que c'est ce qu'on a aujourd'hui. Vous parliez tout à l'heure, vous disiez qu'on a un problème. Ces manifestations ont été particulièrement présentes dans les Alpes-Maritimes. Dans les Alpes-Maritimes, on a une classe politique qui n'aime pas les jeunes. On a une classe politique qui voit les jeunes comme un danger. On a un Brian Masson, maire de Cagnes-sur-Mer du Rassemblement National, qui harcèle la jeunesse depuis qu'il est à la mairie. C
'est
arrêté sur arrêté, dans un premier temps arrêté pour interdire aux mineurs de sortir entre 23h et 6h du matin, et surtout désarrêté pour interdire aux mineurs de se regrouper à partir de 16h, c'est-à-dire après la classe. Dans vos colonnes sur Nice Matin, j'ai lu un reportage qui était parfait et qui montrait bien cette histoire-là. On voyait un groupe de jeunes, un groupe de personnes âgées, tous les deux parlaient football. Le journaliste est allé voir les deux. Le policier a demandé. aux groupes de jeunes de se disperser pour aller là où ils voulaient, mais pas être groupés. Et quand votre journaliste a demandé aux policiers pourquoi, parce que ce sont les ordres, c'est l'arrêté. Il y a ça, et il y a l'épisode, je reviens aussi sur l'épisode à Cannes-sur-Mer, où a été programmé un contrôle à la sortie d'un bus scolaire au niveau du lycée Escoffier, du lycée professionnel Escoffier, Ici Renoir. Et là, en fait, on avait une dizaine de policiers avec des chiens qui ont contrôlé des jeunes qui descendaient du bus pour aller au lycée. C'était une opération de communication. Tout le monde était au courant. La preuve, il y avait des journalistes sur place. Donc, il y a eu une connivence entre, je ne sais pas, chefs d'établissement, commissariat, pour faire cette opération de communication. Là encore, quand le journaliste a demandé au policier « Pourquoi est-ce que vous faites ça ? », il dit « Non, mais c'est en prévention. » En prévention de quoi ? Quel est le danger chez la jeunesse ? Non, mais Olivier Sernaud, là
-dessus, On a quand même un élève qui est rentré armé au lycée Tocqueville à Grasse et qui a tiré. On a échappé au pire parce qu'il n'y a pas eu de mort. Idem au lycée Horticole d'Antibes. C'est pour ça qu'on fait ces contrôles-là. Vous dites qu'ils sont
? En fait, c'est mettre de la pression sur la pression pour éviter les drames que vous venez de citer. Il y a du renseignement territorial, il y a de la prévention, mais même sur le moment. Je veux dire, qu'est-ce qu'on croit ? que c'est parce qu'on va mettre des portiques, des caméras partout, des contrôles de sécurité avec des chiens à l'entrée de tous les lycées, que ça va se passer correctement. Vous savez très bien que c'est mettre une situation de tension qui fait que les choses vont empirer. Je disais tout à l'heure, la politique d'Emmanuel Macron est une politique de casse sociale, notamment du service public, dans tous les services. Police, justice, mais aussi sur la prévention. Plus d'éducateurs, plus de profs, plus d'adultes pour encadrer les enfants. C'est ça aussi qu'on est en train de vivre aujourd'hui. C'est quand même assez particulier d'avoir un mouvement de jeunesse qui nous dise qu'on veut des cours. Elle était dépeinte autrement, cette jeunesse. On n'arrêtait pas de dire, les jeunes, ils ne s'intéressent à rien, ils sont toujours derrière leur téléphone portable. On a des jeunes qui ne lâchent pas l'affaire depuis un mois et qui nous disent, on veut des cours, on veut de la dignité, on veut étudier décemment.
a largement débordé. Olivier Salerno, merci d'avoir répondu aux questions de Denis ce matin. Merci à vous de nous avoir suivis. Évidemment, entretien à retrouver sur les plateformes numériques du groupe. Merci à Sophie Doncé et Philippe Bertigny à la réalisation de cette émission. À la semaine prochaine.
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