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coordinateur de la France Insoumise, député des Bouges-du-Rhône. On va revenir avec vous, bien sûr, sur cette actualité dense qui concerne Marseille, notre département, et plus largement l'actualité nationale. Avec notamment Manuel Bompard, on va commencer par cette manifestation, en tout cas ses appels à rassemblement demain à Marseille. Ça se passera du côté de la Porte d'Aix à 14h, selon nos informations. Est-ce que vous y serez, vous prévoyez d'y aller pour apporter votre soutien aux manifestants ?
Moi, je souhaite... évidemment, participer à ces manifestations parce que je pense qu'elles sont légitimes. Elles portent des revendications qui sont légitimes. Ça fait maintenant depuis plusieurs semaines que ce mouvement a été déclenché. Après, je ne suis pas au fait des derniers échanges entre la préfecture et les organisatrices, les organisateurs. En tout cas, je souhaite qu'il y ait une manifestation. Je souhaite qu'elle se... déroule évidemment dans les bonnes conditions, comme ça a été le cas notamment la semaine dernière, parce que je crois que c'est comme ça, en étant nombreux, massifs, non-violents, qu'on fait avancer les revendications. Et les revendications de la jeunesse, je pense que personne ne peut contester que ce sont des revendications qui sont justes. J'ai échangé encore avec des lycéens cet après-midi et c'est extraordinaire. Ils ont formulé un cahier de revendications où je crois qu'on devrait toutes et tous les appuyer dans leurs revendications.
Les lycéens qui ont été reçus, on le rappelle, notamment par le gouvernement, par le Premier ministre et par Emmanuel Macron, qui seront mobilisés demain. Si la manifestation n'est pas autorisée par la préfecture, vous serez quand même au soutien des manifestants ? Je
souhaite qu'il y ait une manifestation qui ne soit pas interdite. Parce que je crois que dans tous les cas, il va y avoir des... des milliers de personnes dans la rue demain à Marseille et des centaines de milliers partout en France. Et je pense que notre responsabilité à toutes et tous, c'est de faire en sorte que ces manifestations puissent se dérouler dans des bonnes conditions. Et on a vu la semaine dernière que quand on est sur un parcours identifié, préparé, organisé, alors les choses se passent bien. Donc voilà, je vais voir comment évoluent les discussions avec la préfecture, mais je souhaite pouvoir y participer, comme je crois des milliers de Marseillais.
Justement, le président de la République était à Marseille ce lundi. Il a annoncé qu'il ne voulait plus de parcours dans le centre-ville, notamment dans la cité phocéenne. Est-ce que c'est une bonne solution pour que tout se passe bien, comme vous dites ? Non,
c'est... C'est une manière d'essayer de faire reposer sur d'autres le fiasco qu'a été l'organisation de la journée du 17 octobre. Mais si le 17 octobre, ça s'est mal passé, c'est de la responsabilité du gouvernement et des pouvoirs publics qui n'ont pas été capables de concilier à la fois la sécurité des biens et des personnes et à la fois la liberté de manifester, qui, je le rappelle, est un droit garanti par la Constitution. Donc il appartient aux pouvoirs publics de pouvoir garantir l'ensemble de ces droits. que le 17 octobre, le gouvernement n'ait pas réussi à le faire, ne peut pas conduire à ce qu'on vienne renier sur un droit constitutionnel qui est celui de pouvoir manifester, de pouvoir exprimer des opinions. Et encore une fois, de pouvoir exprimer des revendications qui sont justes. Et si M. le Président de la République veut que les manifestations s'arrêtent, ce n'est pas en essayant de les empêcher. Alors attention, ce n'est pas que les
manifestations s'arrêtent, c'est que le parcours soit hors des centres-villes, hors des points d'activité.
Oui, mais si M. le Président de la République veut qu'il n'y ait plus de manifestations, y compris dans les centres-villes, il y a une manière très simple de le faire, c'est de répondre aux revendications qui s'expriment. Et les revendications, elles ont été formulées, elles sont justes. Et pour l'instant, Ce que je note de manière positive, c'est qu'enfin, cette semaine, le gouvernement a compris qu'il fallait arrêter de mépriser les jeunes qui se mobilisent et qu'il fallait les recevoir et discuter avec eux. Mais ce qui a été mis sur la table pour l'instant en termes de propositions est très largement insuffisant. Donc s'ils veulent que ce mouvement s'arrête, une manière simple, c'est de répondre enfin aux revendications qui s'expriment.
Le gouvernement qui a tenté d'y répondre, on en reviendra notamment avec cette rentrée qui se profile dès lundi, on en reviendra en deuxième partie d'interview. Mesures prises ce week-end par la préfecture des Boujuron, Manuel Bompard, le couvre-feu qui est reconduit vendredi, samedi, dimanche. Est-ce que c'est une mesure, selon vous, qui apaise un petit peu ces tensions ou non ? Au contraire, ça met de l'huile sur
le feu. Non, mais c'est surtout que c'est, à mon avis, attentatoire aux libertés fondamentales. D'ailleurs, je note que la semaine dernière, la préfecture avait décidé de trois décisions fortes. Un couvre-feu, une suppression de l'ensemble des transports et une interdiction de manifester. C'est ce qu'ils avaient annoncé dans un premier temps. Et puis finalement, ils ont renoncé à interrompre les transports. Ils se sont rendus compte que ça posait quand même un problème. Parce que je rappelle qu'il y a des gens qui ont besoin des transports pour aller travailler. Que quand vous êtes à Marseille le samedi, vous avez peut-être le droit le soir de pouvoir aller profiter d'un petit temps de bonheur et de loisirs avec des amis. ces mesures-là me paraissent d'un caractère complètement disproportionné pour masquer l'incapacité du gouvernement à faire en sorte que les choses puissent se dérouler dans des bonnes conditions. Je ne vois pas pourquoi on irait sanctionner l'ensemble de la population. et lui empêcher de pouvoir s'exprimer dans des manifestations, de pouvoir utiliser les transports en commun, de pouvoir sortir le soir si les gens ont envie de sortir le soir, parce que le gouvernement est incapable de garantir la sécurité des biens et des personnes. C'est sa responsabilité, c'est à ça qu'il faut répondre, mais ce n'est pas une raison de nous faire reposer sur chacun et chacune d'entre nous son incapacité à le faire.
Feu reprogrammé pour les mineurs ce week-end dans la cité fosséenne et dans quatre autres villes du département des Bouches-du-Rhône, avec un risque, Manuel Bompard, et les commerçants nous ont parlé, ce risque d'Halloween qui aura lieu le 31 décembre, donc samedi soir demain. Les casseurs, selon les forces de l'ordre et les commerçants, pourraient se vêtir de masques pour aller piller les commerçants et ne pas être... considéré comme tel lorsqu'il croiserait des policiers ou des gendarmes dans la cité phocéenne ? Est-ce que c'est un risque selon vous ? Est-ce qu'il faudrait interdire le port du masque lors de ces manifestations d'Halloween ?
Non mais franchement, je ne sais pas, Halloween ça a lieu chaque année, donc les années précédentes on a été capable de faire en sorte qu'il y ait Halloween et que des commerçants ne soient pas attaqués ou vandalisés. Donc pourquoi cette année on ne serait pas capable de le faire ? Parce
qu'il y a deux samedis de mobilisation où certains commerçants ont été pillés.
Oui mais pourquoi ? Le 17 octobre, ça s'est déroulé de cette manière, parce que, et je pense que tout ça est largement documenté, d'ailleurs il y a une commission d'enquête qui s'ouvre à l'Assemblée nationale, qui j'espère permettra de faire le point sur ce sujet, mais parce qu'il y a eu un défaut d'anticipation absolu de ce qui allait se passer le jour du 17 octobre, et vous avez raison de dire qu'à la détresse des jeunes qui se mobilisent, on a ajouté malheureusement la détresse de commerçants qui n'ont aucune responsabilité dans cette histoire, et qui se sont retrouvés avec leurs commerces vandalisés ou dégradés. Mais encore une fois, ce n'est pas... parce que le gouvernement a été incapable d'encadrer ça dans des bonnes conditions, que maintenant ça doit reposer sur tout le monde et qu'on ne doit plus pouvoir manifester, qu'on ne doit plus pouvoir circuler, qu'on ne doit plus pouvoir aller faire la fête. Enfin, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Halloween, ce n'est pas la première année que ça a lieu. Je trouve qu'il y a une manière, si vous voulez, d'aller faire peur à tout le monde. de pourrir la situation, que je trouve une très mauvaise manière de traiter la mobilisation et ce qui s'est passé en marge de ces mobilisations ces dernières semaines.
On va écouter justement ce syndicaliste de la police marseillaise qui nous explique ses demandes notamment de pouvoir contrôler les personnes déguisées lors de la soirée d'Halloween. Ça
va être très compliqué pour nous parce que beaucoup vont prétexter le fait de se couvrir, de se masquer le visage pour commettre leur méfait. Il y a eu des consignes explicites du ministre de l'Intérieur, nous intimant l'instruction de pouvoir contrôler quoi qu'il arrive dans quelque position que ce soit, les individus étant masqués potentiellement pour vérifier l'identité et surtout éviter qu'ils commettent des méfaits. Votre réaction sur ce que vous avez entendu
?
Mais commettre un méfait, ce n'est pas porter un masque d'Halloween, c'est vandaliser un bâtiment public ou un commerce. Donc si quelqu'un, évidemment, vandalise un bâtiment public ou un commerce, j'ose espérer. qu'il y aura des effectifs de sécurité pour faire en sorte qu'il ne le fasse pas, et s'il doit le faire, pour lui permettre de décliner son identité. Mais ce n'est pas parce qu'il y a des gens qui peuvent porter des masques pour commettre des actes illégaux que tous les gens qui vont porter des masques vont nécessairement commettre des actes illégaux. J'ai l'impression, si vous voulez, je trouve qu'il faut retrouver un petit peu de sang-froid, un peu de raison. Évidemment que c'est un drame pour des commerçants qui ont vu leur commerce vandalisé. D'ailleurs, il faut qu'il y ait des indemnisations. Et qu'est-ce que vous leur dites à ces commerçants ? Première chose à faire, c'est qu'il y ait des indemnisations, qu'ils soient pris en charge, que les pouvoirs publics débloquent les fonds nécessaires, elles les aident dans leurs démarches vis-à-vis des assurances en particulier, parce que souvent c'est des démarches compliquées, parce qu'ils n'ont pas à subir les conséquences de l'incapacité du gouvernement à garantir la libre expression d'une opinion dans des manifestations. Donc ce n'est pas à eux de payer ça. Donc maintenant c'est aux pouvoirs publics de prendre en charge cela. Voilà ce que je leur dis. Mais je leur dis aussi que si le gouvernement a été... dans cette incapacité-là, ce n'est pas de la responsabilité de celles et ceux qui veulent manifester pacifiquement pour des revendications qui sont le juste et légitimes.
Et que les commerçants qui poussent en ouvre de soulagement parce que, justement, on en vous parlait tout à l'heure, les manifestations, les parcours de ces manifestations ne passent plus devant chez eux. Vous pouvez le comprendre aussi ?
Mais je peux tout comprendre si vous voulez, mais j'ai aussi vu et entendu des commerçants dire, nous on est solidaires des revendications qui s'expriment dans cette mobilisation, on comprend qu'il y a des manifestations. J'ai vu des commerçants s'organiser tout à fait pacifiquement pour être à proximité de leur commerce, pour dialoguer avec des... en leur disant évidemment, venez pas attaquer nos commerces, on n'a aucune responsabilité dans cette situation. Donc les commerçants réagissent chacun à son propre point de vue d'ailleurs, et c'est légitime, c'est la démocratie. Mais je pense qu'il ne faut pas opposer, si vous voulez, comme essaye de le faire le gouvernement depuis plusieurs jours maintenant, les commerçants et les manifestants. Je pense que précisément, ils sont d'ailleurs victimes des mêmes politiques et que moi je soutiens les deux.
Les commerçants qui d'ailleurs ont laissé leur barricade toute la semaine devant leur vitrine pour ne pas être pillés, ni samedi dernier, ni ce samedi qui arrive. Est-ce que vous comprenez leur détresse finalement face à la situation, qu'ils sont obligés de se barricader chez eux pour éviter
les pillages ? Bien sûr, mais comme je vous l'ai dit, je le comprends. Maintenant, la question c'est comment on sort de cette situation. Et si on veut sortir de cette situation, parce que tout ça se fait quand même en marge ou en périphérie. manifestations qui s'expriment et qui expriment des revendications légitimes. Il y a une manière simple, c'est que le gouvernement arrête de pourrir la situation, arrête de vouloir gagner du temps, arrête d'enfumer les lycéens et notre jeunesse qui portent des causes qui sont des causes justes. Et alors vous verrez, tout s'arrangera. Et les commerçants, ça sera aussi beaucoup plus simple pour eux. Voilà, donc la clé aujourd'hui, elle est dans les mains du gouvernement qui doit arrêter de jouer la montre, de ne pas lâcher les revendications alors qu'elles sont soutenues par une majorité de la population.
J'aimerais qu'on reste sur ces commerçants. avec les aides qui ont été débloquées par les collectivités locales, 5 millions d'euros débloqués par la région, 5 millions par le département, 1 million par la métropole, ça fait environ 10 000 euros par commerçant touché lors de ces émeutes et ces pillages. Est-ce que l'État, là aussi, doit jouer son rôle dans ces aides, ces déblocages de fonds pour aider encore plus les commerçants à se relever ? Certains nous disent qu'ils ne passeront pas l'hiver avec ce qui s'est passé le 17
octobre. Oui, bien sûr, avec mes collègues à l'Assemblée nationale, on a pris un certain nombre d'initiatives. sur ce sujet pour que l'État joue son rôle. Parce que l'État a à jouer ce rôle-là, jouer ce rôle en débloquant des fonds, et encore une fois, comme je le disais, jouer son rôle aussi en accompagnant les commerçants dans les démarches assurantielles qui souvent sont... très très compliqué pour pouvoir débloquer les fonds nécessaires. Donc oui, bien sûr que l'État doit jouer son rôle et il ne peut pas laisser simplement les collectivités locales assumer ses difficultés.
Mais dans la situation financière de l'État, on sait que déjà le budget 2027 pose beaucoup de questions, beaucoup de problèmes. Est-ce que l'État peut se permettre de mettre encore une fois la main au porte-monnaie pour aider les commerçants, sachant que Marseille c'est un fait, mais il y en a eu dans
toute la France ? Oui, bien sûr que l'État peut se le permettre, enfin pardon, mais en termes de volume budgétaire, même si évidemment c'est de l'argent. On ne parle pas des mêmes montants et des mêmes sommes. Je vous donne juste un ordre de grandeur, mais entre le budget de l'année dernière et le budget de cette année, le gouvernement a l'intention de supprimer une surtaxe sur l'impôt sur les sociétés qui concerne les 400 plus grandes entreprises de France, dont le montant se chiffre à 2,5 milliards d'euros. Donc, vous voyez, là, vous me parliez de quelques dizaines ou quelques centaines de milliers. Mais je ne parlais que de Marseille et de la Provence. Oui, mais on parle de quelques dizaines ou quelques centaines de milliers d'euros. Évidemment, c'est de l'argent, je ne le conteste pas. Mais on ne parle pas des mêmes proportions que les sommes qui sont en jeu dans les débats budgétaires qui ont lieu en ce moment à l'Assemblée nationale.
Manuel Bompard, pour terminer avec ces mobilisations du 17, du 24 et du 31, qui est donc ce profil demain, j'aimerais vous montrer cette image de la mairie de Marseille qui a été envahie, même... pillé, un peu chahuté cette mairie de Marseille, tagué avec la Marianne qui a été renversée. Quelle est votre réaction en tant qu'élu quand vous voyez et que vous
découvrez ces images ? C'est inacceptable, je l'ai déjà dit à plusieurs reprises et franchement, s'attaquer à des bâtiments publics qui sont notre maison à toutes et tous, quelles que soient d'ailleurs nos opinions politiques, c'est évidemment inacceptable d'avoir fait ça. Donc j'ai été, comme tout le monde, heurté par ces images.
symbole de la République, la Marianne, qui a été au sol à Marseille, qui a fait notamment le tour de ces réseaux. Ça ne doit plus jamais se produire, manifestation, revendication ou autre, ça ne doit jamais se produire, ce symbole de la République qui tombe à terre.
Mais évidemment, mais là aussi j'ai entendu, vous savez que je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais j'ai entendu sur ce sujet le maire de Marseille dire quand même qu'il y avait un sujet sur comment ce bâtiment public n'a manifestement pas été sécurisé comme il aurait dû l'être pour une journée. de mobilisation pour un cortège qui était quand même censé partir du Vieux-Port, donc à quelques encablures de ce bâtiment. Donc pourquoi il n'a pas été sécurisé ? Il y a, comme je vous le disais, une commission d'enquête à l'Assemblée nationale et je pense qu'elle permettra de faire le point aussi sur les défaillances et les faillites qu'il y a eu ce jour-là pour protéger ce bâtiment public.
en vient au deuxième thème de cette actualité marseillaise et bien sûr les lycéens, Manuel Bompard, la rentrée c'est ce lundi en Provence. Est-ce que vous appelez les lycéens à se remobiliser parce que, comme vous le dites, ce n'est pas suffisant ce que propose le gouvernement pour le moment ? Est-ce que vous appelez à des nouveaux blocus en
Provence ? Ce n'est pas moi qui organise cette mobilisation. Est-ce que vous les soutiendriez en tout cas ? Évidemment, je les soutiens, je les soutiens totalement et je crois qu'ils n'ont pas besoin que je les appelle parce que d'ailleurs ils ont déjà prévu de continuer à se mobiliser la semaine prochaine. Et notamment aussi sur la date du 5 novembre qui vient, qui est une journée de manifestation à l'appel de l'intersyndical et une journée de grève. Et je sais que les lycéens ont l'intention aussi de se mobiliser ce jour-là. Et oui, je les soutiens parce qu'ils ont raison. Parce que vous ne pouvez pas accepter dans un pays comme la France de voir notre jeunesse étudiée dans des établissements qui sont dans un état absolument déplorable. Vous ne pouvez pas accepter qu'en France, vous avez une heure de cours sur dix qui ne peut pas se tenir parce qu'un professeur absent n'est pas remplacé. Vous ne pouvez pas accepter que dans certains établissements... Vous aviez des manques de personnel, de psychologues scolaires, d'infirmières, de personnel d'encadrement. Et on devrait quand même tous trouver ça formidable. On a une jeunesse qui se mobilise pour avoir les moyens de pouvoir choisir sa vie. Avec les dégradations que ça peut
entraîner, notamment en Provence, on sait qu'il y a un lycée qui a été dégradé.
Mais moi, comme toujours, j'ai toujours dit, pour se faire entendre... Et d'un certain point de vue, l'échange qu'on a aujourd'hui en est la démonstration. Je ne vous en fais pas le reproche, mais toute la première partie a discuté de ce qui s'est passé en marge, en périphérie de ces cortèges-là. Donc c'est bien la démonstration que si on veut se faire entendre et faire entendre ces revendications, il faut que les mobilisations soient pacifiques et non violentes. Moi, c'est ce que j'ai toujours dit à multiples reprises. Mais vous ne pouvez pas, si vous voulez, dénaturer un mouvement parce qu'il s'est passé telle ou telle dégradation en marge de cette mobilisation, qui est une mobilisation essentiellement pacifique. et qui s'est construit aussi face à un gouvernement qui a choisi la voie de la répression plutôt que la voie du dialogue. Parce qu'on parle des commerces dégradés, je l'entends, je le comprends, mais parlons aussi des jeunes mutilés, parlons aussi des yeux perdus, parlons aussi des mains arrachées. Est-ce que vous savez que la France a quand même été la honte sur la scène internationale de voir sa jeunesse réprimée de la sorte que tout le monde se dit « mais qu'est-ce qui est en train de devenir ce pays ? » Et des policiers blessés aussi ? Mais ici il y a des policiers blessés, évidemment que ce n'est pas normal qu'on blesse des policiers. Mais on parle d'enfants là, d'enfants qui ont 15 ans, 16 ans, 17 ans. Et quand vous êtes un enfant et que vous venez participer à un blocus pacifique devant votre établissement scolaire, vous ne venez pas pour prendre une balle, une grenade lacrymogène ou un LBD dans le visage. Et franchement, je suis horrifié par ce qu'on a fait à cette jeunesse. Ça, ça a été un choix du gouvernement qui, au lieu d'ouvrir des canaux de dialogue, au lieu d'entendre les revendications, a choisi le mépris, le déni et la répression. Malheureusement, on en paye les conséquences aujourd'hui. Voilà, je veux dire un mot de soutien, de solidarité à tous les jeunes qui ont été blessés dans cette mobilisation et un mot de soutien et de solidarité à tous les lycéens qui vont continuer à se mobiliser.
Les lycéens qui ont donc, on l'a dit, ont été reçus, en tout cas le représentant par le Premier ministre Le Cornu, lundi avec ces annonces notamment la suppression d'ici 2028 de parcours sup avec une refonte déjà dès 2027 c'est pas suffisant selon vous manuel bon pas il faut
aller plus vite d'abord c'est une bonne chose que la mobilisation lycéenne commence à faire bouger le gouvernement qui pour l'instant n'écoutait rien Maintenant, c'est simple, les lycéens ont chiffré leurs revendications et ils ont dit que ça coûte 10 milliards, ce qu'il faut mettre sur la table cette année pour pouvoir répondre à ces revendications. Le gouvernement propose des réponses qui se chiffrent à hauteur de 400 millions d'euros, c'est moins de 5% des revendications qui ont été exprimées par le mouvement. Vous dites qu'ils remettent en cause Parcoursup, c'est vrai, c'est ce qu'ils annoncent, mais remettre en cause Parcoursup, si vous ne créez pas les places à l'université qui sont nécessaires, ça ne sert strictement à rien. Vous pouvez l'appeler autrement si vous voulez, mais à la fin, ça sera toujours un processus qui va conduire à ce que des dizaines de milliers de jeunes... se retrouvent sur le carreau à la fin de la première phase de parcours supplémentaire. Il y avait 130 000 jeunes qui n'avaient pas d'affectation au niveau national. Le gouvernement nous dit qu'on va créer 15 000 places supplémentaires dans l'université. Écoutez, cette année, ils viennent d'en supprimer 10 000. Et les organisations syndicales lycéennes et étudiants disent qu'il en faudrait 150 000 des places supplémentaires à l'université. Donc vous voyez bien qu'on n'est pas du tout à la hauteur de ce qu'on a besoin de faire, et à hauteur de la souffrance et de la colère qui est exprimée par cette jeune génération. Donc oui, il va falloir qu'il revoie sa copine. À
court terme, on fait quoi ? Parce que s'il manque beaucoup de place dans les universités, on ne peut pas pousser les murs immédiatement. Qu'est-ce qu'il faut faire à court terme pour trouver des solutions
? Attendez, là on parle de la prochaine rentrée scolaire. La prochaine rentrée scolaire, elle est dans quasiment un an, un petit peu moins maintenant. Donc si vous prenez les décisions maintenant... de créer des places supplémentaires, alors vous allez avoir les moyens de créer des places supplémentaires. Si vous ne décidez pas de créer des places supplémentaires, alors dire que vous changez ou remettez en cause Parcoursup, c'est de l'hypocrisie, parce que si vous n'avez pas créé des places supplémentaires, ça ne va rien changer. Et c'est ce que disent les syndicats lycéens et étudiants, les jeunes que je rencontre et qui manifestent. Ils disent, vous savez ce qui est formidable dans cette mobilisation, c'est qu'ils ont un haut niveau de compréhension, de conscience politique, ils ont travaillé, c'est sérieux ce qu'ils défendent. Il faut arrêter de les prendre pour des imbéciles. On va arrêter de croire, comme l'a dit un conseiller du gouvernement, que la pluie va les faire rentrer à la maison ou espérer que les vacances scolaires conduisent à ce qu'ils reviennent. Non, ils continueront tant qu'ils n'ont pas eu la satisfaction de leurs revendications. Et ils ont raison. Et d'un certain point de vue, ils nous donnent une leçon à toutes et tous. Quand on veut faire avancer nos droits, il faut se battre, il faut se mobiliser, il faut s'organiser collectivement. C'est comme ça qu'on fait bouger le gouvernement.
Concrètement, Manuel Bompard, pour terminer sur ce sujet des lycéens, on a pris l'exemple de la faculté de droit de Marseille Université. Il y a 2500 places dans les amphithéâtres pour les étudiants en droit. Si demain, il y a 4000 personnes qui veulent faire du droit, comment on les répartit ? Parcoursup faisait ce choix jusqu'à maintenant de qui pouvait étudier en droit. Qu'est-ce qu'on met en place pour justement trouver cette solution
? Pour moi, c'est très simple. on puisse choisir librement la filière de l'enseignement supérieur dans laquelle on a envie de s'inscrire. Ensuite, il y a différentes facultés qui font du droit, il y a celle de Marseille, il y en a d'autres dans le département et il y en a d'autres en France, et évidemment que vous ne pouvez pas dire que tout le monde va aller dans le même établissement, je pense qu'il faut être sérieux, mais par contre qu'on puisse choisir librement sa filière, donc créer des places supplémentaires dans les filières pour que tout le monde puisse… Souvent, on utilise cet argument parce qu'on nous dit qu'avant Parcoursup, on devait faire du tirage au sort. Honnêtement, quand vous regardez les choses en détail, c'est souvent un gros mensonge. Le nombre de filières qui a été concernée à l'époque par du tirage de sort, c'était moins de 1% des filières. Dans l'immense majorité des cas, ça se passait très bien. Il aurait fallu créer les places supplémentaires dans ce 1% de filières concernées. Il faut que nos jeunes, quand ils ont envie de faire des études supérieures, puissent choisir la filière dans laquelle ils vont faire des études. Pourquoi ce serait un problème qu'on cherche à faire monter en compétence l'ensemble de notre jeunesse ? Je trouve au contraire que c'est une formidable opportunité pour l'avenir.
Manuel Bompard, on arrive à la fin de cette interview. Trois questions pour finir sur l'actualité politique marseillaise. La première, c'est cette élection municipale. Vous en parliez, vous n'êtes pas tout le temps d'accord avec Benoît Payan. Comment se passent les relations avec le maire de Marseille
Les relations institutionnelles, elles se passent comme elles doivent se passer. Vous savez, quand vous êtes député, vous travaillez avec le maire quand c'est nécessaire, vous travaillez avec la présidente du conseil départemental quand c'est nécessaire. Vous arrivez à
travailler avec Benoît Payan ?
Mais quand c'est nécessaire, il faut le faire. C'est notre responsabilité à toutes et tous. Après, ça ne veut pas dire qu'on partage toujours les choix politiques. J'en partage certains. D'autres, je ne les partage pas. Mais moi, j'essaye de me battre pour défendre les habitantes et des habitants de la circonscription dont je suis le député. Et s'il faut aller discuter avec M. Payan ou parfois même avec Mme Vassal ou avec qui que ce soit, je le fais parce que je crois que c'est le mandat que m'ont donné les habitantes et les habitants de ma circonscription.
Deuxième question sur Sébastien Delogu, votre collègue à l'Assemblée nationale, collègue député. aussi des bougerons. Cinq ans d'inéligibilité ont été requis à son encontre depuis, on le voit très peu dans les médias, ni même s'exprimer. Quelle est la situation avec Sébastien Delogu ? Est-ce que sa mise en retrait est prolongée jusqu'à ce que le
verdict soit rendu ? Non, mais il n'est pas en retrait, Sébastien Delogu. Il fait son travail de parlementaire. Et je vais vous le dire franchement, il subit un acharnement judiciaire qui est absolument inacceptable. Enfin, écoutez, cinq ans préconisés, c'est moins que Mme Le Pen qui a volé 4 millions d'euros au Parlement européen. Parce que Sébastien Delogu aurait, selon les éléments de l'enquête, publié des documents dont il manifestement ne connaissait pas la provenance et qui, c'est ce que dit l'enquête, auraient été issus de documents qui auraient été subtilisés. Mais il n'en savait strictement rien. Et pour ça, le procureur préconise une peine plus sévère. que Mme Le Pen, quand elle vole 4 millions d'euros au Parlement européen, est-ce que vous vous rendez compte ? Sans doute en raison des positions politiques qu'il porte, parce que sinon j'ai du mal à le comprendre. sauf si vous avez une explication, qui me permet de comprendre pourquoi un procureur... Je ne suis pas là pour retirer des conclusions. Un procureur considère qu'il faut infliger à Sébastien Delogui une peine plus importante qu'à Mme Le Pen, qui a voté des millions d'euros. Tout ça me paraît absolument dingue, et j'espère que la justice ne suivra évidemment pas ces réquisitions absolument disproportionnelles. Donc
on va le voir sur notre plateau dans pas longtemps, Sébastien Delogui, il n'est pas en retrait ?
Non, pas du tout. De LFI ? Pas du tout, il n'est pas du tout en retrait, ni de LFI, ni de son action. militante, enfin à ma connaissance en tout cas, et sur le plateau, je ne sais pas si vous l'invitez. On l'invite, on
l'a invité plus en face, c'est pour ça que je vous pose la question.
Oui mais attendez, on a le droit parfois de ne pas vous répondre, ça ne veut pas dire qu'on est en retrait pour autant. Il n'y a pas de consigne de LFI,
on a compris, merci Emmanuel Bompard. Dernière question, un peu plus d'un an avant les législatives, l'élection présidentielle arrivera juste avant, est-ce que vous allez vous représenter à Marseille, est-ce que c'est un objectif
? Pour l'instant, vous savez, j'ai été élu en 2024, la dernière fois, c'est un mandat qui dure 5 ans, donc théoriquement jusqu'en 2029. Je suis d'accord avec vous, il y a une possibilité qu'il y ait une dissolution de l'Assemblée nationale après les élections présidentielles. Moi je suis entièrement consacré aujourd'hui à la fois à ma tâche de député et à faire en sorte que Jean-Luc Mélenchon soit le prochain président de la République, parce que je crois qu'on a vraiment besoin dans ce pays de rompre avec le macronisme et qu'évidemment il faut tout faire pour que l'extrême droite puisse pas s'emparer du pouvoir. Et ici à Marseille comme partout. en France, on a besoin de partage des richesses, on a besoin de justice sociale, on a besoin de transition écologique, on a besoin d'une nouvelle démocratie. En tout cas, moi, c'est les problèmes auxquels je suis confronté dans la circonscription dont je suis député, et je sais que pour changer vraiment les choses, il faut prendre le pouvoir au niveau national, et c'est la raison pour laquelle moi j'appelle les Marseillaises et les Marseillais à s'engager dans cette campagne. à signer sur melanchon2027.fr pour venir prendre leur part dans cette campagne et à faire en sorte que Jean-Luc Mélenchon sorte au tot de l'élection présidentielle à Marseille, parce que c'est comme ça qu'on sortira en tête de l'élection présidentielle partout en France.
Élection en avril 2027, merci beaucoup. Exactement, et inscrivez
-vous sur les listes électorales, ça c'est important de le dire, quelles que soient vos options politiques, c'est important d'aller s'inscrire sur les listes pour pouvoir voter en 2027. Oui,
merci beaucoup, merci à vous.
Merci à vous.
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