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Bienvenue dans Personnage Principal où l'on se sert de la fiction pour essayer d'expliquer la réalité parce qu'on trouve que la réalité a dépassé la fiction. Cette saison 2 de Personnage Principal, c'est la bande-annonce de l'élection présidentielle et aujourd'hui on va s'intéresser à ce qu'on appelle l'arc du personnage. C'est l'évolution du personnage au cours du film et il y a un protagoniste qui tente le basculement, c'est mon invité du jour. Bonjour Dominique de Villepin, comment allez-vous ?
Bonjour, très bien, merci.
Pour nous aussi, il y a un petit changement de décor. Vous êtes le premier invité dans les nouveaux locaux. Vous voyez, vous êtes entouré de carton.
Merci, merci de cette honneur.
Alors ici, on a une tradition. On commence par ce qu'on appelle l'origine story, comme dans les films ou les séries. Peut-être que beaucoup de gens l'ignorent, mais vous êtes né au Maroc, c'est ça ? A Rabat. C'était quoi la vie du petit Dominique au Maroc ? Moi, j'aimerais bien l'imaginer cette vie.
C'était... Une vie merveilleuse parce qu'entourée d'un père et d'une mère très aimante avec un frère aîné qui lui était né en Algérie. Et donc on a grandi au milieu des fleurs, des épices, des plats épicés. Et puis cette liberté extraordinaire et cette lumière qui fait la merveille de l'Afrique du Nord.
y retournez parfois ? Oui, souvent. Quand on a besoin de souffler, de prendre un peu de soleil.
Oui, et puis de rencontrer des rencontres affectueuses, des paroles adoucissantes, tout ça calme.
On vous aime bien, je crois, malgré un moment que vous êtes plutôt bien accueilli. On en parlera après, vos positions aussi sur des sujets internationaux. Je crois que vous êtes
plutôt bien accueilli. Oui, mais parce que j'aime le Maghreb. Vous savez, quand vous aimez une terre, quand vous aimez les gens, en général, l'accueil est favorable. Et c'est très au-delà de partis pris politiques ou d'engagement politique.
Vous avez déjà barguiné un peu l'arabe ou pas trop ?
Enfant, un petit peu, quelques mots. Mais tout cela s'est malheureusement dissipé avec d'autres langues et d'autres horizons. J
'ai vu que vous êtes né Dominique Galouseau de Villepin, c'est ça ? On ne garde que de Villepin. Pourquoi
? Oui, parce que le patronyme s'efface et qu'il est là pour l'état civil.
D'accord, mais on va dire De Villepin.
Oui, c'est plus simple. On peut même dire Dominique tout court, c'est encore plus simple. Il
faut que je garde ma distance quand même, Dominique. Oui, pour un journaliste, c'est important. Non, c'est pas fameux. Études supérieures à l'université, vous étudiez Assas, c'est ça ?
Je commence par une licence de lettres à Nanterre. Et puis je continue par l'Institut d'études politiques, Sciences Po, Assas, en droit, et puis l'École nationale d'administration.
L'ENA, la fameuse promo Voltaire, ça qui accueille les presque candidats à la présidentielle de 2027. C'est Colin Royal, François Hollande. Et vous, c'était vos potes de promo ou pas
? Oui, oui, on avait de très bonnes relations entre camarades. C'était une promotion très sympathique et talentueuse quand on voit les... les parcours des uns et des autres.
Il y a de l'affection comme ça quand vous vous retrouvez sur des plateaux de télé, quand vous vous croisez dans des conférences. Vous savez, quand
on s'est connu jeune, dans des situations très différentes, il n'y a pas de protocole, il n'y a pas d'hierarchie, il y a une simplicité qui reste celle des relations de jeunesse.
y a peut-être un peu de fantasme quand on parle de l'ENA et des promos et des camarades. Comment quelqu'un qui vient d'un milieu social un peu équivalent, qui a... Pro ou pas, les mêmes opinions. Comment l'un va à droite et l'autre à gauche ? Comment l'un va au RPR et l'autre va au PS par exemple ? Ça j'aimerais savoir. C'est quoi ? Vous lancez une pièce et vous dites il y a de la place. On avait dit par exemple que Fabius était plutôt destiné à aller à droite et qu'il y avait plus de place à gauche. C'est vrai ou pas tout ça ?
Oui, c'est beaucoup les rencontres, c'est beaucoup les filiations politiques. J'appartenais à une famille gaulliste, j'ai eu la chance de rencontrer Jacques Chirac et beaucoup de barons. du gaullisme très tôt. déterminer un goût, une réflexion politique. Et je pense que pour Ségolène Royal ou pour François Hollande, la rencontre avec François Mitterrand a elle aussi été déterminante. Donc à chaque fois, c'est souvent, oui, une rencontre, un exemple et un chemin qu'on a envie, à partir de là, d'emprunter.
Si je devais faire votre bio comme celle d'un acteur, je dirais ensuite, vous n'avez que des rôles qui auraient dû vous amener à l'Elysée, directeur de cabinet, secrétaire général de l'Elysée. Donc quand je dis à l'Elysée, au poste suprême, ministre des Affaires étrangères, Premier ministre. C'était tout tracé, mais sur votre parcours, un grand méchant, un boss final coriace, Nicolas Sarkozy. Et c'est lui qui gagne en 2007. C'est une tragédie pour vous, à l'époque, de perdre cette guerre interne à
droite ? Non, parce qu'il n'y a pas de prédestination en politique. Moi, j'ai très jeune eu le goût de la chose publique, du service public, donc du service de l'État. Et donc, dans tous les moments de ma carrière, y compris quand je... n'ai plus été au service de l'État. J'ai eu l'envie de défendre l'intérêt général, l'envie de mener des combats qui me rapprochaient de cet objectif premier. Mais enfant, je rêvais de franchir tous les matins un Porsche avec le drapeau français et marqué République française. Donc, vous voyez, ça correspond vraiment à un rêve d'enfant. Et ce n'était pas le rêve d'occuper un jour un siège à l'Élysée. Je ne me voyais pas en haut de l'affiche. Non, je crois que la vraie vocation, le vrai destin, c'est... c'était de servir, et servir on peut le faire dans beaucoup de positions différentes.
Et lorsque vous regardez les fictions, par exemple, je pense à la conquête, c'était ce film sur la victoire de Nicolas Sarkozy, on vous voit, vous, enfin un acteur, c'est pas vous, et Nicolas Sarkozy, et on voit des moments où vous, vous parlez de manière très républicaine, respectueuse, presque extrêmement polie, et lui, il est un peu plus, allez, on va dire familier. Est-ce que ça se passait comme ça, pour de vrai, ces échanges où il disait, bon, arrête Dominique, on va se parler franchement, est-ce que ça se passait comme ça ? Non,
non, il a toujours... été très très respectueux on a toujours eu des relations très très très respectueuse d'une manière ou d'une autre, ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas se parler franchement. Donc de ce point de vue, le film a tendance à servir davantage l'idée que les gens se font de la relation politique et de transposer à partir de là des relations qui souvent sont parfaitement fictives. Mais non, la politique à mon époque était organisée autour de jeux qui étaient très cadrés. et qui ne supportaient pas formes que l'on voit aujourd'hui de relâchement. – Dans le langage notamment
par exemple. –
Notamment dans le langage, mais c'était la force de personnalités comme François Mitterrand ou Jacques Chirac, il y avait une tenue, il y avait une tenue des mots, il y avait une tenue des gestes et des attitudes et il ne serait pas venu à quiconque l'idée de jouer avec ça.
Et savoir qu'on devient un personnage de cinéma, ça fait quoi ? Et qu'est-ce que vous êtes critique par exemple avec la personne qui peut jouer votre rôle ? Il exagère un peu, il me ressemble, ça vous fait sourire.
Je suis beaucoup plus fier d'être un personnage de bande dessinée que d'être un personnage de cinéma. Je trouve que dans la caricature de la bande dessinée, on fait mieux ressortir certains traits de caractère que le cinéma. Y compris d'ailleurs entre la BD qu'est d'Orsay et le film qu'est d'Orsay. Le film était très bon aussi je trouve. Oui mais je trouve que la bande dessinée a quelque chose d'irremplaçable. dans sa capacité à saisir un milieu, un moment, une figure. Et donc, oui, c'est surprenant. Vous savez, j'ai regardé très souvent le soir avec Jacques Chirac les guignols avant le 20h. Et j'étais toujours très surpris, alors que moi, je riais à gorge déployée, de constater Jacques Chirac sérieux, marmoréen, regarder les images. Et cela le laissait impavide d'une gravité. Absolument. C'est dire que quand il s'agit de soi, le rire peut-être est moins spontané parce qu'on n'y voit pas avec la même liberté ce que d'aucuns ont tendance à voir.
Ils
buvaient des coronas vraiment devant vous ? Ils buvaient des bières ? Ils buvaient des bières, oui. C'était un buveur de bières, incontestablement, y compris dans les conseils européens où il amenait ses propres cacahuètes et se faisait servir les coronas. Ce qui d'emblée d'ailleurs montrait sa volonté d'être comme à la maison. Il créait l'univers dans lequel il était bien. Et chacun le prenait comme tel, comme un personnage qui était un peu hors norme.
Pour suivre et finir sur Nicolas Sarkozy, vous suivez tous ces procès. Est-ce que vous dites qu'il a gagné mais il a triché quand même ? Parce que c'est un peu ça, l'histoire de la campagne et du financement libyen, il triche.
Non, parce qu'il ne m'appartient pas d'être juge et que je garde la vision et la relation qui ont été les miennes avec lui. Vous savez, les relations humaines, elles ne se nourrissent pas de fiches, ni juridiques, ni historiques. Elles sont liées à des relations qui se nourrissent de choses beaucoup plus fiches. beaucoup plus fugace aussi donc non je pense que toute personne confrontée à la justice subit des moments d'une extrême dureté, puis je pense souvent aussi aux familles, parce que pour les familles, et on les oublie parfois, les familles c'est une épreuve terrible. Pour les familles victimes de l'attentat libyen, vous parlez de ça ? Familles de victimes de l'attentat libyen, familles des personnes concernées, l'environnement, ce qui est autour d'un dossier judiciaire, crée toute une série d'ondes et de douleurs qui sont évidemment à prendre en compte.
Pour beaucoup d'observateurs, les condamnations de Nicolas Sarkozy peuvent nuire à l'image du président, à la fonction présidentielle. D'autres, au contraire, disent que c'est une bonne nouvelle que la justice française, enfin, condamne celles et ceux qui ont fauté au plus haut niveau. Quelle est votre position ?
Oui, la justice s'applique à tous, je l'ai souvent dit. Il est normal qu'on ait des contarentes quand on a exercé des fonctions importantes. J'ai eu moi-même à le faire. ça fait partie de la vie démocratique. Et une bonne démocratie, c'est celle où justement, quelles que soient les fonctions qu'on ait exercées, on est amené à s'expliquer sur tel et tel élément qui a pu poser problème. Donc je pense que c'est la règle. Et ce qui rend l'époque que nous vivons extraordinaire, c'est que nous voyons au quotidien des personnages publics agir. parler, penser dans un absolu manque de garde-fou. Quand on regarde les États-Unis, quand on regarde la Russie, quand on regarde un certain nombre de pays comme ceux-là, on se dit mais... Où cela s'arrêtera-t-il ? Il n'y a plus de limite. Donc oui, il fait bon d'être dans une république, il fait bon d'avoir des contre-pouvoirs, il fait bon d'avoir une conscience démocratique qui permet de donner du sens et de donner une direction, un horizon. à notre vie commune. Donc
quand votre ancien camarade Bruno Rotaillot nous explique que l'état de droit c'est pas absolu comme idée, ça doit vous rendre fou non
? C'est une absurdité et ça fait partie dans notre époque de ces dérapages, de ces facilités qui contribuent à créer une confusion terrible chez nos concitoyens. Un état de droit peut évoluer et s'adapter à partir de critères de droit. Mais bien évidemment, il ne peut pas être remis en cause comme cela. Et c'est ainsi qu'on voit aujourd'hui le Rassemblement national proposer des changements constitutionnels qui ne sont pas conformes à la Constitution et qui peuvent nous faire changer complètement, non seulement de République, mais aussi de régime. Et moi, c'est cette accoutumance, c'est cette... addiction que l'on finit par avoir à des mots violents, à des raisonnements absurdes qui ne prennent pas en compte la vie de l'autre. Et comme on le voit aujourd'hui dans la France dans laquelle nous vivons, il y a des paroles qui tuent. Pas seulement des actes, il y a des mécanismes qui se mettent en place et qui peuvent conduire à la guerre des uns contre les autres et donc à des formes de guerre civile auxquelles il faut être attentif. Vous savez, ce qui se passe dans le monde, ce qui s'est passé en Syrie, ce qui se passe au Liban, ça n'arrive pas qu'aux autres. Et ça n'arrive pas qu'aux autres parce que si on n'est pas attentif à ces débordements, si on n'est pas attentif à maintenir par exemple l'idée d'une règle commune, une règle qui soit respectée par tous, la règle de droit. À partir du moment où la règle n'est pas la même pour les uns et pour les autres, et on voit bien qu'en France aujourd'hui, une des grandes souffrances démocratiques de nos concitoyens... 'est la rupture d'égalité. C'est le sentiment que ce qui est vrai pour les uns n'est pas vrai pour les autres et qu'il y a toutes sortes de passe-droits, d'avantages acquis. Et quand vous habitez aujourd'hui à Trappes et que vous voyez un attentat commis comme celui qu'ils ont vécu, quand vous voyez circuler les images sur les réseaux sociaux de cette folie meurtrière, vous vous dites, est-ce que d'autres regardent, est-ce que d'autres comprennent ce que nous vivons ? Est-ce que la peur et la colère que nous ressentons est le ressenti aussi ? aussi par des représentants de l'État. Et que fait-on pour nous protéger ? Donc il faut en permanence se mettre à la place. Et ce qui est le plus difficile pour un responsable politique, c'est de trouver le juste équilibre, le bon mot. Alors ça peut paraître dans certains cas tiède, mais cette exigence d'équilibre, c'est celle qui permet justement à des engrenages de violence, de haine, de ne pas se mettre en place.
Vous évoquez Trappes, on va en parler. On le rappelle un vendredi dernier, un homme de 26 ans, Pengo Boussio Wangui, est mort. Il y a cinq blessés aussi, dont une enfant. Il faut le rappeler, on l'oublie un peu dans l'actualité.
Une enfant qui a reçu huit balles, qui portait un voile. Et on voit bien que... que toutes ces querelles qui sont aujourd'hui montées en épingle, abat le voile, et alors, que faire, que faire, faut-il interdire le voile sur l'espace public ? Un raniement, permanence des querelles qui ne peuvent pas être aujourd'hui sans conséquences politiques dans la vie de notre pays. Et donc c'est là où il faut une responsabilité. Une responsabilité parce que... Poser un problème suppose qu'on ait déjà le début d'une solution pour agir, sans quoi tout s'envenime. Et c'est bien ce qui aujourd'hui se développe dans notre pays, une querelle permanente qui donne le sentiment de suspicion, de haine de l'autre, sans que nous soyons capables aujourd'hui d'apporter des preuves de notre volonté de vivre ensemble.
Vous pointez la responsabilité des discours d'extrême droite, mais aussi...
Mais pas seulement, car on voit la porosité qui existe entre la droite... et même l'espace central. C'est très facile pour un discours qui donne le sentiment de marcher, de répondre à des voeux de l'opinion, de galoper au-delà de la droite et même parfois à gauche. Donc cette facilité, cette complicité, il faut évidemment la dénoncer.
Donc vous dénoncez ces discours xénophobes, racistes, islamophobes, antisémites, mais sont aussi pointés du doigt. Il y a une critique qui remonte. Moi j'étais à Trappes ce week-end au lendemain de la tuerie. Il y a une critique qui monte, c'est celle des médias, notamment des chiens d'infos en continu, il faut être précis, qui... pour beaucoup de gens dans les quartiers notamment, alimentent une haine. J'ai eu le sentiment qu'il y avait quand même une haine qui montait contre ces médias. Est-ce que vous comprenez certains habitants des quartiers qui n'en peuvent plus de voir toute la journée à la télé ? Une sorte de stigmatisation.
Alors je comprends bien sûr ce sentiment parce que je suis moi-même parfois très très surpris de voir sur certaines chaînes en continu des propos qui me paraissent tout à fait délirants et qui ne sont pas toujours contrebattus par d'autres propos qui viendraient rappeler à l'ordre. Et de ce point de vue-là, ceux qui dirigent ces émissions n'ont pas toujours le réflexe, pas toujours la culture pour rappeler un certain nombre de choses. Donc il y a effectivement aujourd'hui un débordement. sur un certain nombre de chaînes, il faut dire que c'est difficile. Parce que tenir l'équilibre entre la liberté d'expression et en même temps... remettre dans un contexte, redonner l'élément qui va venir équilibrer la parole qui vient d'être portée, c'est une tâche immense. Mais après tout, c'est l'honneur du journalisme. Donc je pense que de ce point de vue-là, oui, la responsabilité aujourd'hui de la parole médiatique, elle est immense. La vigilance sur la parole médiatique, elle doit être immense. L'ARCOM doit sans doute davantage ouvrir les yeux et les oreilles et réagir. plus rapidement. Je crois que l'ARCOM, qui s'est longtemps conçu comme une sorte d'organe administratif, doit aujourd'hui mesurer à quel point dans notre pays la République est menacée, la République est en danger, et de ce point de vue-là, avec énormément de rigueur, sanctionner tout ce qui contrevient. à notre règle républicaine, faire des exemples. Et ceux qui, multicondamnés, continuent et persévèrent avec des formules, des raisonnements, des soi-disant bons mots et qui multiplient les théories. La théorie du grand remplacement, elle doit être en permanence décortiquée. Si quelqu'un l'emploie, il faut dire ce à quoi cela conduit. Donc il y a une responsabilité et des mots.
Et des idées. Mais quand on voit que la ministre chargée de lutter contre la discrimination, Aura Berger, explique tranquillement sur un plateau, en l'occurrence CNews, que c'est une théorie avec laquelle on a le droit de débattre, que c'est une opinion, ça pose quand même un problème majeur. C'est comme son portefeuille, la lutte contre la discrimination, et elle vient dire tranquillement, et après on la revoit à trappe nous expliquant que les
mots tuent. Oui, je ne suis pas tout à fait sûr qu'il n'y ait pas souvent, dans les propos de tel ou tel ministre, des deux poids de mesure. Le deux poids de mesure, c'est l'ennemi numéro un de la République aujourd'hui. On l'a vu dans des conditions tragiques sur l'Ukraine et le Moyen-Orient. La difficulté de maintenir une vérité, quelle que soit la situation, c'est aujourd'hui un impératif. de démocratie, de république et de crédibilité. Donc, personne n'est à l'abri d'un dérapage, personne n'est à l'abri d'une nuance qui fait défaut, mais tout le monde doit. corriger et reconnaître qu'à tel et tel moment, on a dérapé, on a dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Et il y a dans le débat public des idées dont il faut se méfier, qui doivent être décortiquées, dénoncées, expliquées. Et on ne peut pas se satisfaire de ces injonctions idéologiques qui viennent littéralement pourrir la vie des gens. Parce que ce qui se dit sur une chaîne en continu, ça a une conséquence à trappe, ça a une conséquence d'être dans tel ou tel... quartier, c'est la vie d'un jeune homme ou d'un enfant de cinq ou six ans qui s'en trouvera modifié. Vous savez, le racisme, ça pénètre très profondément sous la peau. Et dès lors que dans notre pays, la couleur de la peau devient un passeport, devient un élément, quand, et je l'ai souvent dit, on vous demande dix fois par jour dans tel et tel quartier de montrer vos papiers d'identité, eh bien, cette... cette tentation en permanence de faire passer le faciès, de faire passer la couleur de la peau avant, eh bien ça devient dans une République absolument insupportable. Donc il faut que nous soyons tous vigilants, tous soucieux de faire notre examen de conscience, tous soucieux d'être encore plus républicains. Ça vaut pour les institutions, ça vaut pour les forces de l'ordre, ça vaut pour l'État. Et en même temps, chaque citoyen doit essayer lui-même de mesurer la difficulté des choses. Et à partir de là, de s'ajuster, de s'adapter. Mais aujourd'hui, il y a un fossé qui se creuse. Et c'est en ça que l'État doit donner l'exemple. Le grand problème de notre pays, c'est l'impuissance publique, c'est la perte de repères. Et de ce point de vue, la responsabilité est immense.
Tout à l'heure, en parlant des médias, vous parliez de faire des exemples. J'ai une question assez simple. Faut-il fermer ces news ?
Alors, une fois de plus, je suis personnellement soucieux de la liberté d'expression. Mais par contre, rappelez à CNews, tapez sur CNews. On entend parfois de tel et tel présentateur des propos absolument délirants, qu'il s'agisse d'animateurs de variétés ou de prétendus journalistes. Il faut... marquer le terrain. Il faut marquer le coup. On ne peut pas admettre... Et bien ça veut dire
que
l'ARCOM doit à chaque fois réagir. Et ça veut dire qu'il faut sans doute considérablement renforcer aujourd'hui la responsabilité de ceux qui ont pour but et de contrôler les propos de ces chaînes dans la perspective présidentielle. Un débat démocratique ne peut pas se dérouler si on a le droit de dire n'importe quoi. Et en particulier, si sous prétexte de faire de l'audimat, on cherche... à utiliser les passions, utiliser les colères, utiliser les peurs, dans ce cas-là, il n'y a plus de limites. Or, nous sommes dans un moment démocratique où on a le sentiment parfois qu'il n'y a plus de limites et qu'on peut dire... N'importe quoi, n'importe quoi. La règle républicaine, elle doit rester ce qui véritablement est l'arbitre dans notre société. Et ça renforce encore la responsabilité des élus, ça renforce encore la responsabilité du président de la République, de toutes les autorités de notre pays qui ont pour but de rappeler cette règle.
Mais alors pour quelle raison ils ou elles ne le font pas ? Un chroniqueur qui dérape ne doit pas.
persévérer sur une chaîne. Mais tout le monde a peur de Vincent Bolloré, on a l'impression que personne n'ose y aller. Tout le monde a peur de Vincent Bolloré. Vincent Bolloré est le patron d'une chaîne. Et c'est là où je suis personnellement pour qu'on sépare ceux qui possèdent une chaîne de la gouvernance en termes d'information de la chaîne. Un président de chaîne... Un patron de radio financier ne doit pas avoir son mot à dire sur l'organisation de l'information. Et tout dérapage doit être sanctionné. Mais ça c'est des théories parce que non c'est pas des théories. Parce que
lui
il dit
moi je n'interviens pas mais il le dit. C'est pas des théories.
Vous savez si vous avez la capacité de vérifier ce qui se dit sur une chaîne pendant 24 heures. Et bien vous avez assez régulièrement et souvent les mêmes chroniqueurs qui dérapent. Ces chroniqueurs. sont interdits pour six mois d'antenne. Voilà. Six mois, un an, en fonction de ce qui a été dit. Mais le principe de responsabilité, vous savez se poser la question. Vous avez dit ceci. Vous dites « abat le voile ». Quelles sont les conséquences d'un propos comme celui-ci dans un pays où le voile est autorisé dans l'espace public ? Vous n'avez pas le droit de dire ça. Ça, ça mérite une sanction. voyez, le principe de responsabilité de ce qu'on dit. Et au bout du compte, qu'est-ce qu'il y a ? Il y a une petite fillette de 12 ans qui attend son bus et qui se prend 8 balles. Ça, c'est la responsabilité. Donc, je vois bien tous ces responsables politiques qui croient faire recette en jouant avec ses peurs, en jouant avec ses colères et qui confondent leur idéologie personnelle et... La République, elle n'appartient à aucune idéologie. C'est comme la laïcité. On a vu toutes ces tentatives de certains qui voulaient détourner la laïcité de son exigence de neutralité pour en faire une arme. Une arme encore plus dure vis-à-vis d'une religion, pour ne pas la nommer l'islam par exemple. Et c'est justement ce qui renforce les islamistes. Vous êtes en incapacité de tenir la règle, plus vous faites le jeu des extrêmes. Et c'est exactement ce qui se passe partout. La polarisation, l'essentialisation, l'assignation, elles sont le résultat de cette incapacité à trouver l'équilibre. Et bien même si c'est difficile, il faut s'y astreindre. La mesure. La mesure, l'équilibre, c'est une exigence républicaine et intellectuelle.
Pour poursuivre et conclure sur Trapp, le principal suspect de la tuerie a vu sa garde à vue lever pour des raisons psychiatriques. La famille de la victime et son avocat, maître Yacine Bouzerou, sont vent debout contre cette décision du parquet national antiterroriste. Ils estiment que pour l'extrême droite, le débat sur l'état psychique des mises en cause est immédiatement mis en avance. Ils estiment que pour l'extrême droite, pour le terrorisme d'extrême droite. avec ça c'est à dire que c'est un débat qui revient à plus facilement quand le tueur
C'est un sujet très délicat. Il faut s'en référer de ce point de vue à ceux qui ont l'expérience de ces procès. J'ai entendu ce matin le juge Ricard s'exprimer et dire que ce n'était pas le cas et que cette situation, cette confrontation à une question psychiatrique pouvait se poser dans différents cas de figure et pas uniquement, seulement d'un côté. Donc soyons vigilants. Effectivement, il ne doit pas y avoir d'exception dans ce cas. domaine et il est important que la justice soit la même pour tous. C'est une condition d'efficacité de la justice.
Ou alors l'actualité est pleine de coïncidences mais par exemple le dernier cas, 25 avril 2025, Aoubakar Sissé tué de 57 coups de couteau dans une mosquée dans le Gard. La justice conclut à une abolition du discernement du suspect au moment des faits en raison d'un trouble psychotique chronique. Voilà, donc il y a cette idée qui monte. Alors on se dit est-ce que ce cas est différent des autres
? Chaque cas. Et ce qui fait le prix de la justice républicaine, c'est la personnalisation de la peine, la personnalisation à chaque fois de la responsabilité. Donc, ce n'est pas en fonction d'une étiquette politique qu'il faut juger celui qui est prévenu, mais bien en fonction de ce qu'il a fait et de son état mental qui doit être pris en compte.
Est-ce que la société aurait accepté que sur du déclaratif, comme c'est encore en l'espèce pour Trappes, est-ce que la société aurait accepté que Salah Abdeslam voit sa garde à vue levée ? « Je suis schizophrène ».
S'il l'avait dit, certainement pas. Parce que là, aujourd'hui, on est sur du déclaratif. Certainement pas. Et c'est là où il faut très rapidement que les médecins, les psychiatres puissent aller au fond de ce qui est annoncé et prendre les mesures qui sont nécessaires. Donc, vous avez raison. Aujourd'hui, on a besoin de preuves. Aujourd'hui, le mal est tellement puissant. Le doute est tellement puissant. qu'il appartient à toutes nos institutions, la justice, le président de la République, le Premier ministre, d'aller jusqu'au bout et de convaincre tous ceux qui peuvent douter. Il n'y a rien de pire que le soupçon. Et face au soupçon, il faut donner des preuves, il faut de la transparence, il faut de la clarté. Et la justice doit être la même pour tous que l'on habite Trappes ou le 16e arrondissement.
Allez, faisons un peu d'histoire avec vous. Vous avez une scène culte, comme on dit dans le cinéma. La voici.
Nous sommes les gardiens d'une conscience, la lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c'est un vieux pays, la France d'un vieux continent comme le mien, l'Europe qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation. la barbarie, un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs.
rappelle le contexte. Vous me corrigez évidemment si je dis une bêtise parce que c'est vous qu'on vient d'entendre. On rappelle le contexte, c'est à l'ONU en 2003. Et les Etats-Unis de George Bush Jr. veulent attaquer l'Irak pour se faire justice après le 11 septembre. Sauf que rien n'établit de lien entre l'Irak de Saddam Hussein et les attentats du World Trade Center. Ce discours, comment l'avez-vous préparé ? Et question que je me suis toujours posée, est-ce que Jacques Chirac n'a pas été jaloux que vous lui vouliez la vedette quand même ? C'est vous à ce moment-là qui apparaissez comme le visage de... La France qui dit non.
Alors si Jacques Chirac avait une qualité, c'est bien qu'il n'était pas jaloux. C'est pas un homme qui... avait ce type de sentiment. Au contraire, il a été le premier à m'appeler au sortir du prononcé du discours. Donc c'est un travail long, puisqu'il y a eu plusieurs rendez-vous au Conseil de sécurité. Donc on n'a pas cessé, avec mon équipe, de travailler, et bien sûr les postes diplomatiques, de travailler sur les différentes interventions. Et puis à un moment, vous vous retrouvez devant votre copie, et il faut rédiger le discours final. c'est forcément un moment de solitude, un moment où vous poussez jusqu'au bout et vous vous posez la question, est-ce que ce que j'ai écrit, est-ce que ce que je vais dire... peut être à la hauteur du moment. Et c'est une inquiétude qui vous tenaille, moi qui me tenaille jusqu'à la dernière minute. Et c'est pour ça que c'est un discours que j'ai prononcé, y compris dans le Concorde le matin en allant à New York.
Et là, à quel moment vous dites que c'est un grand discours, ce qui a été perçu et vu encore aujourd'hui ? Regardez, on est en 2026, je vous pose la question, ce n'est pas anodin, on va parler de la campagne présidentielle, mais je vous pose cette question, à quel moment vous réalisez que vos mots ont...
A aucun moment, parce que ce qui fait qu'un discours reste, c'est sa capacité à être juste et cette capacité à anticiper des événements qui se dérouleront. Ce qui s'est passé après ce discours a montré que la vision qui était celle de la France avec le président Chirac était la bonne, le chaos. était la conséquence annoncée de cette intervention militaire. Et ce qui s'est passé en Irak s'est passé après, en Syrie, en Libye, au Sahel et ailleurs. Donc il y avait une vision derrière, il y avait un engagement français et il y avait surtout une expérience française qui avait été chèrement acquise au Vietnam, en Algérie, dans la campagne de Russie sous Napoléon. Donc c'est une très vieille affaire. Alors, votre trajectoire
personnelle et ce discours vous donnent cette image d'homme politique à l'écoute du monde arabe. Sur le Proche-Orient aussi, sur Gaza, vous êtes l'un des rares politiques, hors LFI, on va dire Olivier Faure, OPS, à utiliser le mot génocide. Pourquoi il y a un tabou en France sur ce mot génocide par rapport à ce qui se passe à Gaza et aux actions de l'armée
israélienne ? Parce que c'est un mot qui est très lourd de mémoire et très lourd de conséquences. Et ce qu'il faut rappeler, c'est que le crime de génocide, c'est un crime très particulier parce que c'est un crime qui doit être prévenu. Et si je l'ai employé, si la Cour internationale de justice l'a employé, c'est bien pour marquer dès lors qu'il y a un risque plausible de génocide que tout doit être fait. et que la communauté internationale doit tout faire. Pour l'empêcher. Or, quand vous avez un certain nombre d'indices, il faut cinq critères pour que ce crime puisse être reconnu et il faut une intentionnalité. Quand vous avez un certain nombre d'indices qui montrent que ces critères peuvent être satisfaits, quand vous avez des déclarations répétées et multiples d'un certain nombre de dirigeants israéliens, bien évidemment, il y a une lumière rouge qui s'allume et qui doit vous conduire à réagir comme Alain Juppé avait réagi en 1994. à la tribune des Nations Unies.
La France a peur de Benjamin Netanyahou et de Donald Trump ? Parce qu'il y a une molesse quand même dans la diplomatie française et dans les mots.
peur, et il faut la comprendre, c'est le risque. À un moment donné, de transposer sur le territoire français des conflits qui sont ouverts et très lourds au Moyen-Orient. Et c'est là où il faut essayer de trouver une voie étroite entre nommer, nommer ce qui doit être nommé pour arrêter ce qui est insupportable, et en même temps veiller à ce que cela ne se traduise pas par davantage de rivalités, davantage de conflits à l'intérieur. même de notre propre société. Nous avons la première communauté juive en Europe, nous avons la première communauté musulmane et donc il faut être attentif. Moi, ma conviction de diplomate, c'est l'expérience qui est la mienne, c'est que nommer et... Avoir une diplomatie qui est en pointe, une diplomatie qui se bat avec une double exigence de défense du droit international et de défense de la justice, c'est protéger notre pays. C'est l'inscrire dans une volonté d'agir, de servir. Donc il ne s'agit pas de jeter l'opprobre ou de porter un doigt accusateur vis-à-vis de tel ou tel. Il s'agit de dire tout simplement, nous pouvons faire autrement. Il faut nous mobiliser pour faire autrement et c'est la responsabilité de la France de porter ce lourd fardeau.
Sur Gaza, on peut dire que c'est... Jean-Luc Mélenchon qui est devenu vilpiniste ou Dominique Villepin qui
est devenu mélenchoniste ? Je ne rentrerai pas dans cette interprétation des choses. Ce qui est certain, c'est que ce sont des sujets sur lesquels on doit avancer en conscience. Il ne s'agit pas de faire de la politique avec des sujets de ce type. Il faut assumer ce que vous dit votre conscience, ce que vous fait porter. l'histoire à un moment donné et je l'ai fait comme diplomate, je l'ai fait comme ministre et j'estime, y compris comme citoyen, qu'il m'appartient de le faire. Vous en avez déjà parlé avec Jean-Luc Mélenchon ou pas de ce sujet
Pas précisément,
non.
Vous êtes sur les mêmes lignes ou pas ? Sur Gaza vous trouvez, vous vous rejoignez ou pas ?
un moment donné, il y a un partage, si je puis dire, de vision. Mais sur le 7 octobre, nous avons une vision différente. Vous savez, j'ai été comme ministre et premier ministre celui qui a... condamné le Hamas comme organisation terroriste et comme organisation politique en 2003-2006. Donc je n'ai aucune forme de réticence et je suis même convaincu de la nécessité de rejeter toute forme d'action terroriste qui se traduit par la mort d'innocents. Ce type d'acte ne peut... s'accompagner d'aucune forme. Il
avait condamné Jean-Luc Mélenchon immédiatement.
Je ne parle pas de l'attitude de Jean-Luc Mélenchon ou d'autres autour de lui. Ce que je dis, c'est que de ce point de vue-là, mon engagement, il est entier et il est clair, que ce soit sur le 7 octobre ou ce qui a pu suivre. Mais je le redis, la ligne... est extrêmement ténue. Et il faut constamment vivre avec l'inquiétude de prendre en compte le regard des uns, le regard des autres, la blessure des uns, la blessure des autres, la mémoire des uns, la mémoire des autres. Et c'est pour cela que, pour un responsable politique... Il ne doit pas y avoir dans ce type de réaction aucune part donnée à l'idéologie.
Certains de vos détracteurs disent, Dominique de Villepin, il a un costume, un déguisement, c'est un mec de droite qui est déguisé en mec de gauche. Alors vous êtes aujourd'hui de gauche ou de droite ?
Où est la droite et où est la gauche quand vous avez un drame comme celui de Trapenon ? Nous sommes bien au-delà de la droite et de la gauche dans l'histoire de la France d'aujourd'hui ou dans l'histoire du monde d'aujourd'hui. Où sont les États-Unis ? On voit bien que le bouleversement des positions des uns et des autres n'a jamais connu une telle transformation. Donc nous sommes dans un moment où les repères habituels et très classiques qui permettaient à chacun de se situer sur le jeu politique ont été complètement bouleversés. Ce n'est
pas que des citoyens ou des futurs électeurs aient besoin de repères ? pour qui vont voter, quel camp, avec quelle personne, il ou elle va gouverner. Mon double
repère à moi, c'est le gaullisme, c'est l'engagement au service de la République et de la France, et c'est l'humanisme, parce que je crois qu'on peut toujours faire mieux, et qu'il faut s'atteler à essayer de dépasser ses premières réactions. et d'être capable de reconnaître quand on se trompe. Je
vais être concret très rapidement. Sur certains sujets économiques, par exemple, je vous donne par exemple quelques thèmes, et vous essayez de m'orienter sur la taxe Zuckmann, pour ou contre
? Non, pas pour la taxe Zuckmann, je suis pour un impôt unique sur le patrimoine, mais qui n'est pas la taxe Zuckmann.
Sur l'âge de départ à la retraite,
pour vous, c'est quel âge ? Je suis pour une méthode qui nous permet, avec les partenaires sociaux, de déterminer un nombre d'annuités avec la retraite à point, sans rentrer dans le vaudor d'un âge pivot. Sur
le mouvement des lycéens, vous le qualifiez comment ce mouvement ? Un mouvement de jeunes en colère ou un mouvement
de casseurs ? C'est un mouvement social lycéen et qui malheureusement, à force de ne pas y répondre suffisamment tôt, connaît des débordements très malheureux.
Comme certains le veulent, à droite faut-il geler les allocations des parents dont les enfants ont cassé ?
Je crois qu'on rentre dans des logiques qui nous égarent. La loi nous permet d'ores et déjà de ponctionner les revenus de ceux qui commettent des infractions. Pour réparer ces infractions, je ne suis pas sûr qu'il faille rentrer dans cette cuisine-là. J
'ouvre encore le tiroir à archive. A l'époque du CPE, le contrat premier embauche, c'était 2006, qui était vu comme un contrat précaire. Les Français avaient défilé dans les rues contre cette réforme. contre vous. La jeunesse aussi était dehors et vous aviez dû dire ça finalement.
'ai voulu agir vite parce que la situation dramatique et le désespoir de beaucoup de jeunes l'exigent. Cela n'a pas été compris par tous. Je le regrette.
Le texte a été retiré. J'ai une question assez simple. 20 ans plus tard, Dominique de Villepin y connaît mieux la jeunesse.
tout cas, je me suis beaucoup posé de questions à propos de ces événements et à propos de la jeunesse. Donc j'essaye, oui, j'essaye tous les jours un peu mieux.
avez un regret sur cette séquence ou pas ? Oui, j'ai un regret
très profond parce que ce projet, cette réforme du CPE est partie de la crise des banlieues. Et donc du souci de donner une chance à des jeunes qui n'en avaient... Aucune. Et ça n'a pas été compris, je m'y suis mal pris. C'était quoi le CPEU
? C'était un texte ?
C
'était un CDD ? C'était un CDI,
mais qui mettait du temps à se déclencher, oui, pour une raison simple, c'est qu'il fallait faire tomber les préventions des patrons. Ça avait marché pour le contrat de nouvelle embauche avec les petites et moyennes entreprises. Et donc j'espérais que quelqu'un qui, a priori, n'avait aucune chance d'avoir un stage ou un emploi, puisse... se convaincre. Par ses capacités, un employeur qui se dit, si au bout de six mois, d'un an, ça ne marche pas, je pourrais m'en séparer. Mais le jeune dont on se serait séparé aurait eu alors la possibilité de dire, j'ai une expérience. Ils me disaient tous, on ne nous donne même pas la chance d'acquérir un début d'expérience. Et à chaque fois, on nous dit, mais est-ce que vous avez déjà une expérience déjà travaillée ? Donc je voulais partir de la réalité et essayer de faire tomber un certain nombre de réflexes négatifs.
Il y a 20 ans, la jeunesse était... dans la rue contre vous et aujourd'hui vous pensez mieux la connaître alors que les lycéens sont en colère ?
une fois plus, j'essaye parce que personne ne peut dire que l'on connaît la jeunesse. J'ai des enfants, je vis beaucoup avec la jeunesse parce que j'enseigne dans les universités, dans les lycées. J'essaye d'apporter l'expérience et de transmettre l'expérience qui est la mienne. Donc c'est un exercice continu. Ce n'est pas quelque chose dont on peut se flatter à un micro quelconque, y compris celui de Radio Nova.
Quand vous avez vu les manifestants très jeunes dans la rue, ça vous a replongé à cette période ? Vous avez vu des images qui pouvaient ressembler ? moins violente à votre époque, c'est vrai ? Est-ce que ça
vous a repongé ? Oui, beaucoup moins violente et donc très différente. Mais ça vous permet, oui, d'anticiper et vous vous dites, là, il faudrait sans doute réagir plus vite, il faudrait les recevoir, il faudrait les écouter, il faudrait reconnaître leurs revendications. Vous savez, quand vous vivez dans un établissement qui est totalement lézardé, avec des moisissures partout, vous vous dites, bon, là, il y a une urgence, un plan est à région, ce n'est pas ce qu'il y a de plus coûteux. On aurait pu utiliser les vacances scolaires pour essayer de réparer ce qui peut être réparé. Trouver des enseignants qui, aujourd'hui, ne sont pas affectés directement aux élèves, ce n'est pas impossible non plus. L'expérience le montre. Remettre à plat Parcoursup ou supprimer Parcoursup pour y faire place à autre chose avec un vrai service de l'orientation. Quand on voit que les jeunes, à 14 ans, sont parfois amenés à décider d'une vie entière. Parce que la particularité française, c'est que l'école, c'est un débat. destin. À partir de ce que vous faites à l'école, toute votre vie est écrite. On est sans doute l'un des rares pays qui fonctionne comme ça. Ça, ça implique donc qu'on se donne plus de mal pour notre jeunesse. Parcoursup, il faut l'enlever ou pas ? Il faut l'abroger ? Parcoursup, je pense que dans sa version actuelle, oui, il faut le supprimer et il faut réinventer, à partir de l'expérience qu'on a acquise, réinventer un nouveau système qui permette de redonner à l'humain, et c'est pour ça que je parle de conseils d'orientation, au moins deux, trois rencontres. qui permettent à chacun de se déterminer. Deux
petites questions avant de parler culture et musique. Vous êtes très critique sur le bilan d'Emmanuel Macron. Vous n'êtes pas le seul, comme beaucoup de Français, quand on regarde les sondages. Pour vous, quel est le plus mauvais bilan ? Emmanuel Macron, François Hollande ou Nicolas Sarkozy ?
Alors, il se trouve que je n'ai pas beaucoup de mal à répondre à votre question parce que je n'ai pas cessé d'expliquer depuis plusieurs années que ces quatre derniers mandats nous ont fait passer dans une autre époque politique. Et chacun a sa responsabilité ? Et chacun a sa responsabilité, on saura. On se rappelle le discours de Grenoble de 2008, on se rappelle la verticalité qui était déjà défendue par Nicolas Sarkozy, le président. ne peut pas tout faire. Et il ne peut pas tout faire seul. Et c'est en cela qu'il faut relire les institutions, revenir à l'idée qu'on avait historiquement de la Ve République, d'un président arbitre, d'un président garant. Regardez dans cette période, un président qui ne serait pas discrédité, qui serait en capacité de parler aux citoyens, de parler aux jeunes, de parler aux autres, eh bien aujourd'hui, il pourrait véritablement peser dans le débat. Sa parole serait attendue. Or, malheureusement, ce rôle de guide, de garant, d'arbitre, Il n'est pas aujourd'hui exercé. C'est une monarchie constitutionnelle presque. c'est une monarchie constitutionnelle. Sans qu'il ait l'hérédité, mais voilà. Oui, mais avec un État qui serait remis d'aplomb et qui pourrait lui aussi retrouver sa vraie raison d'être et servir à nouveau, remettre en ordre les services publics. C'est une nécessité vitale pour notre pays. Sur les trois mots que je vous ai cités,
qui est le pire ? On a le droit d'en avoir un qui a été plus mauvais que les autres.
mais ce n'est pas faire oeuvre de justice. On va dire
Emmanuel Macron parce qu'il a eu deux mandats. Deux fois
plus de responsabilité. Au poids alors.
Au poids. Alors déjà, vous en êtes où des 500 signatures ? J'ai lu, on en est à plus de 300, c'est ça
? Oui, oui, on avance. C'est difficile. C'est difficile parce que les maires sont victimes eux-mêmes d'injonctions. Ils appartiennent à des intercommunalités. Ils sont dans une cascade de dépendance vis-à-vis d'autres élus. Et donc, ils hésitent parfois à se démarquer. Donc, c'est un travail. Donc, à travers Radio Nova, je m'adresse à tous les maires, tous les jeunes maires et tous les autres pour qu'ils n'hésitent pas à nous envoyer. leurs signatures. On a besoin d'eux. Et la démocratie a besoin d'eux. Parce que dans la période difficile qui est la nôtre, on a besoin de l'État, a besoin d'une règle commune, mais on a besoin des maires qui sont aujourd'hui les premiers. C'est la première ligne de la République.
Donc là, j'interroge, j'interview un homme qui aimerait être candidat, c'est ça ? Un homme qui se bat pour être candidat. Voilà, c'est un combat. Et ça se passe comment ? Juste concrètement, vous faites du phoning ? Vous avez des équipes ? Vous appelez ? Le matin, vous avez deux heures où j
'appelle tous les maires de France. Toutes les semaines, je fais des vidéos avec 8, 10, 15, 20 maires.
Vous faites des réunions comme nous.
Exactement. Et on parle des difficultés qui sont les leurs. Non, je ne suis pas là à racoler la voix de tel et tel. Mais oui, c'est un gros travail. On a 80 personnes dans toute la France qui sillonnent le pays pour essayer de... de convaincre les maires et tous ceux qui ont la possibilité de parrainer, de nous apporter leur signature.
Il y a des militants, Dominique de Villepin, il y a des t-shirts, des stickers. On a les
premiers partis de jeunes de France. Ça peut surprendre, mais c'est la vérité. Première partie, on a plus de 105, 110 000 jeunes qui militent au sein de forums Villepin et de la France humaniste. Donc oui, c'est un mouvement important et considérable. Ce qui veut dire qu'il n'y a pas de lien entre l'âge du prétendant et ceux qui le soutiennent. Et
comprendre la jeunesse. Si vous les avez, les 500 signatures, vous irez au bout, quels que soient les sondages. Vous irez au bout, à un moment, vous direz... Par
définition, quand vous menez un combat, c'est bien parce que vous... avez une conviction qu'il faut défendre.
vous voyez au second tour contre qui ? Est-ce que pour vous c'est inéluctable d'avoir Marine Le Pen en finale ?
Pour tous ceux qui aiment le sport, comme tous ceux qui aiment la politique, il y a une règle. L'incertitude. Il faut être prêt dans tous les cas de figure, y compris face à ce qui pourrait être une surprise. En tennis, en foot, en rugby, vous ne choisissez pas la poule, vous ne choisissez pas l'adversaire, mais vous êtes prêt dans tous les cas de figure. Donc on se prépare, tous azimuts.
On va finir par de la culture et de la musique. Notre grand expert, David Blot, qui anime le Nova Club, il aurait aimé être là avec nous. On le regrette. C'est les vacances aussi. On a plutôt imaginé quelques questions qu'il a posées à distance pour vous. Voici la première question.
Dominique de Villepin, bonjour, désolé de ne pas être là avec vous. On m'a fait venir pour parler de musique, puisque c'est mon sujet. Puisque vous, cet été, vous avez commencé à parler musique. Et on doit reconnaître qu'on a été assez étonnés. Vous avez fait un post sur Fela, un autre sur PGRV, un troisième sur Franck Ocean. Vous répondez à des gens sur Instagram qui vous parlent de My Bloody Valentine en disant « Ah ouais, c'est intéressant, etc. » Et alors, je dois prendre votre défense. Pas mal de gens ont dit « Oui, c'est un calcul politique. » Je sais qu'a priori, si vous avez voulu faire un calcul politique, vous n'auriez pas parlé de Fela ou de My Bloody Valentine. Vous auriez dû plutôt dire que vous étiez un grand fan de Céline Dion et que vous aimiez Théodora, par exemple. D'ailleurs, ça peut être ça la première question. Est-ce que vous êtes un grand fan de Céline Dion et est-ce que vous aimez Théodora ?
j'aime beaucoup Céline Dion et j'ai suivi avec beaucoup d'émotion les aventures du roi René. Donc oui, de l'affection pour Céline Dion parce qu'elle chante des années de nos vies. Et Théodora, oui, elle m'émeut d'autant plus qu'elle a des inspirations qui sont proches de mon enfance. Le son bouillon des Caraïbes qui est quelque chose qui m'a marqué petit puisque j'ai grandi dans la voiture. à la maison avec ses musiques donc il y a quelque chose qui me marque et puis aussi dans la recherche des mots dans des morceaux comme Congolais sous BBL il y a la capacité à apprendre toutes sortes de mots nouveaux On ne peut pas laisser passer
ça Là, je me dis que j'ai réussi un peu ma carrière. Dominique de Villepin qui me donne les titres de Théodora, je ne m'y attendais pas là. Pourquoi ? Quand on vous entend parler, vous parlez plus de diplomatie ou d'économie française. Et là, vous me sortez les titres de Théodora. Vous les écoutez comment, ces titres dans la voiture ?
Un peu partout. Dans la voiture, bien sûr. Et beaucoup en écrivant. Et selon la nature des textes, il y a des textes qui demandent un peu de vitalité et d'être un peu ranimés. Donc là, ça peut être utile d'écouter Théodora ou Morikanté. Et ça, ça adopte. Et puis, il y a des moments où il faut au contraire une écriture plus sobre, plus longue. Alors, on peut aller vers la musique classique ou vers le blues parce que moi, j'ai grandi dans les Caraïbes. Et aux Etats-Unis. Et donc la musique soul, la musique blues m'ont beaucoup marqué. Et
je tiens à le dire pour les gens qui nous écoutent, on n'a pas envoyé ces questions culture avant. Parce que souvent, vous savez, dans ces émissions, on envoie pour que le candidat ou la candidate se prépare. Là, Théodora, je tiens à le dire, je ne m'attendais pas. C'est une vraie surprise. On n'est pas des acteurs studio comme ça. Donc vous êtes un vrai fan, vous connaissez bien Théodora.
Deuxième question. Question complémentaire aussi, c'est à quelle heure vous écoutez de la musique ? Ça me paraît compliqué, mais est-ce que vous vous réveillez avec de la musique ? Est-ce que vous faites des breaks en écoutant de la musique ? Est-ce qu'avant de dormir, vous écoutez un petit peu de musique ? Ou c'est plus compliqué, le dimanche peut-être, je ne sais pas.
Oui, tout cela pour une raison simple, c'est que la musique... pour moi, guide l'humeur. Et inversement. Et donc, en fonction des moments, il y a des moments mélancoliques où on a envie d'écouter certaines musiques. Vous voyez, on a parlé de Théodora, mais une chanteuse comme Shai, qui pour moi a aussi une inventivité du point de vue de la langue et qui se trouve être, je crois, la petite fille. de Tabulei. Alors vous, vous n'étiez pas nés. Tabulei, en 1970, c'était le premier chanteur d'Afrique subsaharienne à l'Olympia à tenir plus de 20 jours, je crois, 25 jours. Et c'est l'un des cofondateurs de la rumba congolaise. Donc ça, c'est des musiques. Alors évidemment, quand on écoute Damso et tous les autres aujourd'hui, ça marque. Il ne s'arrête plus. Vous allez faire un freestyle bientôt. Non, mais j'aime les mots. Et quand on a des chanteuses, je parle de Chay, mais une chanson comme Partie hier, dans son dernier disque, ou son dernier disque qui est d'ailleurs pourvu qu'il pleuve, pourvu que la pluie revienne, mais Partie hier ou Paradis. Il y a une inventivité de la langue qui est quelque chose de formidable, y compris d'ailleurs argotique. Donc c'est une façon de mieux comprendre la génération que l'on peut côtoyer ici et là.
Vous connaissez mieux que moi, vraiment. Autre question de David Blot, c'est passionnant, j'adore. Est-ce
que vous avez une recommandation actuellement, après Fela, après PJ Hervé, après Franck Ochean, est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre que vous voulez mettre en avant
Vous avez cité My Bloody Valentine. tous les groupes britanniques, qu'il s'agisse de Radiohead et de combien d'autres, je trouve du point de vue du son, sont en permanence une capacité à faire de nouvelles découvertes. Donc moi, je me laisse guider un peu par ce que j'écoute, par la découverte. Et c'est à partir de là que je me positionne. Mais par exemple, j'irai écouter le 13 décembre, la veille de mon anniversaire. J'irai écouter à l'invitation de ma fille parce que j'ai des enfants passionnés de musique et en particulier une fille qui est musicienne qui m'initie. Mais j'irai écouter Fontaine d'ici. Ah oui, on adore ici Fontaine d'ici. Donc c'est à chaque fois la possibilité de découverte, découvrir des sons, découvrir des mots. Voilà, entre le...
Bon, au pire, si vous ne gagnez pas la présidentielle, postulez comme ministre de la Culture. Voilà. Voilà.
une autre encore ? Bon, et puis si, par malchance pour vous, 2027, ça ne le fait pas, est-ce que vous viendrez dans le Nova Club présenter des nouveautés ou des artistes musicaux
'adorerais, j'adorerais. J'adorerais, oui, partager des découvertes. Et puis... parce que c'est aussi un goût profond, lier la découverte à une biographie, être en capacité d'expliquer ce qu'il y a derrière, la vie des uns et des autres, je trouve que ça c'est absolument passionnant, parce qu'il y a à chaque fois des êtres humains, il y a des parcours, il y a de Curtis ou beaucoup d'autres, essayer d'aller derrière cela. ou Sid Barrette dont j'ai parlé cet été, ces aventures humaines et la façon dont se font souvent les découvertes de nouveaux sons avec des échecs qui sont... parfois liées à la technique. C'est le cas de My Bloody Valentine, avec des ratages techniques qui conduisent à des découvertes de nouvelles façons et de nouveaux sons, de nouvelles façons de faire de la musique. Je trouve que c'est à chaque fois très enrichissant.
Et vous citez des chanteurs, chanteuses et groupes assez contemporains. Vous les citez comme des auteurs de littérature.
parce qu'en littérature, j'aime aussi rentrer dans la vie des artistes, essayer de comprendre comment un Antonin Artaud devient l'auteur de Van Gogh et le suicidé de la société. Comprendre l'alchimie, comprendre rien ne se fait tout à fait par hasard. Et quand vous rencontrez aujourd'hui des artistes, et j'ai la chance de pouvoir en rencontrer certains, c'est le parcours à chaque fois. C'est comment on se libère des mots, comment on invente une nouvelle langue, comment de nouvelles émotions, de nouvelles façons d'aimer, peuvent se traduire. Et c'est en ça qu'on se dit, il faut se battre contre toutes les injonctions qui sont trop souvent négatives dans notre pays. toutes les formes de racisme, d'intolérance, quand elles visent la sexualité, quand on vise la couleur de la peau, quand elles visent la religion, doivent être condamnées. Et la musique, la culture, c'est ce qui permet à chaque fois de... d'écarter les œillères, d'ouvrir votre regard sur quelque chose d'autre et de découvrir une personnalité, une personne, une personne humaine de chair et de sang qui, tout à coup, est différente. J'ai passé dans ma playlist Franck Hoshan. Quand vous écoutez Franck Hoshan, vous vous dites, tiens, là, il y a quelque chose d'une sincérité et d'une vérité qui vous touche ou d'art globe de Sid Barrett. Vous voyez, là, vous êtes... Au-delà de la musique et du tube, vous êtes dans quelque chose qui rejoint l'humain. Et à un moment donné, puisqu'on parle de la place que ça a dans votre vie, vous êtes touché. Vous êtes touché et vous êtes donc différent. Vous vous ouvrez et vous voyez les choses, les autres différemment. Donc oui, la musique, ça rend meilleur.
merci Dominique de Villepin pour cet échange aussi culturel. J'ai une dernière question, c'est la tradition. Selon vous, aujourd'hui, on est dans quel film ou dans quelle série ? Le monde, notre monde, que ce soit la société ou le monde politique, vous avez le droit de... Si
je vous donnais le nom d'une série, je pense que je ne vous parlerai qu'une toute petite partie de la réalité d'aujourd'hui. Donc aujourd'hui, on peut ajouter la fièvre, Kaboul, on peut toutes les mettre ensemble et avoir un petit aperçu de ce qu'est la série du monde d'aujourd'hui. littéralement folle. Je pense qu'il n'y a aucun cinéaste qui serait capable véritablement de raconter la vérité d'aujourd'hui ou alors il faudrait s'approcher de cette fameuse série américaine de bandes dessinées qui commentent l'actualité au jour le jour et qui à chaque fois fait éclater toutes les frontières. Je crois qu'on est dans un temps de transgression permanente et malheureusement où le premier repère de toute vie qui est le repère d'humanité. est en train de lâcher. Et l'intelligence artificielle est un nouveau défi pour ce monde.
Merci Dominique de Villepin, presque candidat à la présidentielle. Il attend ses 500 signatures. Et je compte sur vous. Non, moi je suis neutre. Merci à vous. Merci
de votre accueil.
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