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Dès que je vois Mélenchon à la télé, j'ai l'impression que chez moi... C'est
chez lui. Ah bah ça, c'est un risque. Bonjour Thomas. Alors je sais que vous êtes un peu excité aujourd'hui. Je le sens. Oui, oui.
En fait, j'ai pas trop le temps parce qu'en fait, vous savez, j'ai mis mon appartement en vente. Alors j'ai appelé l'agence et j'attends des visites. Mais
c'était prévu ça ?
Ah non, non, non, c'était pas prévu. Mais c'est en entendant Jean-Luc Mélenchon à la télévision. Et de quoi ? Parce qu'il prévoit de réquisitionner les logements vides. Alors du coup, moi je suis expropriatophobe. L'agent immobilier m'a demandé si j'étais pressé. D'accord. Je lui dis, ça dépend des... mais
votre appartement n'est pas vacant vous y habitez
oui oui mais ça m'arrive de sortir moi je travaille vous savez je vais chercher du pain et à ces moments là Il est plus vacant. Alors, pour l'instant, j'ai trouvé la parade. J'ai laissé un vieux copain, vous savez, le côté pot de colle, un peu squatteur sur le canapé, vous voyez, vous en connaissez. Dégueulasse, un peu dégueulasse. Alors, je lui ai dit, tu ne bouges pas du canapé. Alors, si tu vas aux toilettes, surtout, tu laisses la télé allumée, ou Sud Radio, parce qu'il faut qu'on sente une présence. Ah oui, c'est ça. Alors, vous comprenez, docteur, mes parents, ils m'ont toujours dit... Tu dois travailler pour économiser, comme ça un jour tu seras chez toi. Oui, c'est vrai. Sauf que maintenant, dès que je vois Mélenchon à la télé, j'ai l'impression que chez moi...
C
'est chez
lui. Ah bah ça, c'est un risque.
Alors s'il veut collectiviser mon appartement, le méluche, le mettre en commun, moi je veux bien, mais qui commence par mettre en commun les mensualités, alors moi je lui envoie dès lundi le prélèvement. Et on verra si la solidarité, elle résiste au taux d'intérêt.
Et c'est pour ça que vous avez décidé de vendre.
Exactement, c'est pour échapper à l'expropriation. Je vends. Alors seulement cette nuit, nouvelle angoisse. Je me suis dit, si je vends mon appartement, je vais devoir... Alors je me suis dit, si je vends mon appartement, je vais avoir de l'argent, un capital. Et donc ? C'est pourtant simple, capital capitaliste. Je passe de propriétaire suspect à épargnant scandaleux. Alors du coup, je me débarrasse des mètres carrés et je récupère un statut de bandit. Voilà ce qui va se passer. Donc il faut que je dépense tout, tout, vite, très vite. Restaurants, champagne, vacances, tout ça. Je vais mener une vie de millionnaire pendant une semaine pour avoir les moyens de devenir... pauvre avant les élections. Parce que maintenant, docteur, cette peur de posséder, elle gagne aussi les objets. Parce que oui, j'ai regardé mon grippin, vous savez, dans le grippin, j'ai deux logements vacants, les deux fentes là, entre le petit déjeuner et celui du lendemain. C'est une provocation, évidemment. Et mes slips, c'est pareil. J'en possède sept slips et j'en occupe qu'un seul à la fois. Alors je suis marchand de sommeil du caleçon. Moi, vous savez, je veux bien en faire profiter la collectivité.
Vous en voulez un ? Non, merci, c'est pas ma taille.
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