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Et nous sommes en ligne avec Gilles Leproust. Vous êtes maire Parti communiste d'Allonne dans la Sarthe. Vous êtes également le président de l'association des maires Ville et Banlieue de France. Tout à l'heure à 18h, vous avez organisé un rassemblement dans votre ville en soutien à Trappes. Je vais vous poser une question toute bête. Est-ce que les élus de gauche comme de droite étaient réunis
Bonsoir. Nous avions fait effectivement un appel à l'ensemble des habitants, des élus de la ville et au-delà d'ailleurs. Les élus de gauche étaient effectivement présents dans leur grande diversité, y compris surtout avec la population, ce qui était le plus important. Nous n'avons malheureusement pas noté d'élus de notre opposition municipale.
vous avez eu l'impression, parce qu'on a vraiment vu ce clivage avec ces élus de la droite et aussi du bloc central à la verrière et ces élus de gauche, même si la gauche a du mal elle-même à trouver son unité, à Trappes. Est-ce que cette fracture-là, vous avez pu quelque part la ressentir tout à l'heure dans votre ville
Sur la présence d'autres romans, les gens qui étaient présents devant la mairie d'Allons sur l'Espagne-Vendela étaient dans leur diversité culturelle, d'histoire, d'âge y compris. Un rassemblement, je dirais, rempli d'émotions, parce qu'effectivement, ce qui s'est passé à Trappes, à la Verrière, est très grave pour notre République. Comme les élus que nous sommes, où il y a son homérie marquée « liberté, égalité, fraternité », nous devons, dans nos diversités, faire vivre cette République. Effectivement, j'appelle moi, chacune et chacun a fait, notamment les élus de leur diversité, à faire acte de responsabilité et de rassemblement dans cette période.
vous restez en ligne avec nous, Gilles Leproust, le maire communiste d'Allonne dans la Sarthe. On va écouter le maire de Trappes qui a haussé le ton tout à l'heure lors de cet hommage rendu aux victimes de l'attentat raciste. Ali Rabé a désigné une nouvelle fois le Rassemblement national. Il met aussi en cause la responsabilité de certains, responsables de certains partis politiques mais aussi de certains médias.
sommes ici chez nous. Nous n'avons aucun pays de rechange. Vous êtes bien plus français, bien plus français que celles et ceux qui par leurs discours et leurs actes trahissent chaque jour les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité. Ne leur laissez pas la France. Ne leur accordez pas cette victoire. Sur la table de chevet du terroriste, les enquêteurs ont trouvé un exemplaire de Mein Kampf dans un tiroir. Les autocollants à la gloire de ces inspirateurs du Rassemblement National. Que faut-il de plus pour ouvrir les yeux ? Qui osera prétendre encore que ce parti a fait sa mue et a abandonné son projet raciste ? Le Rassemblement National a assuré la transmission de la haine à travers les décennies.
Gilles Leproust, le message que l'on entend depuis maintenant une semaine que nous délivre le maire de Trappes, c'est qu'il existe un lien entre la banalisation de certains discours et le passage à l'acte raciste. Est-ce que vous partagez cette analyse
partage complètement ce qu'a dit Annie Rabey, d'ailleurs, qui est aussi membre de l'Association des maires des villes et des villes en France. On le sent depuis maintenant, depuis plusieurs années, la banalisation de ces exclusions, de ce racisme qui divise, oppose. C'est insupportable. Et effectivement, les mots, à un moment donné, peut-être, eux, ne tuent pas. Mais ce qu'ils génèrent, effectivement, conduit certains et certains, comme on l'a vu malheureusement en fin de semaine dernière, attrapent à la verrière. qu'ils passent aux actes avec des conséquences terribles. Donc je crois qu'effectivement, on ne peut pas supporter que des femmes et des hommes, parce qu'ils seraient d'une couleur différente, parce qu'ils auraient une religion ou pas d'ailleurs différente, seraient dans la ligne de mire d'un certain nombre de personnes. Et de ce point de vue-là, je... Je suis complètement d'accord avec Anne Irabès, c'est que la responsabilité de la Rassemblement nationale, elle est immense dans cet état d'esprit. Ainsi d'ailleurs qu'un certain nombre de médias, notamment ceux de Bolloré, qui véhiculent des idées, des expressions de haine.
Vous restez en ligne avec nous, Gilles Leproux. Je me tourne vers vous, Eliott Maman. À six mois de cette élection présidentielle, est-ce que le maire de Trappes, que l'on voit de plus en plus sur les médias et dont la parole est de plus en plus forte, est-ce qu'il ne va pas peser dans cette campagne ?
De toute évidence, s'il est en effet en train de devenir un symbole à gauche, on voit également qu'il est particulièrement connecté avec les recompositions politiques que l'on peut voir à gauche.
Oui, parce qu'il est, pardon, je vous interromps, il est élu sous l'étiquette Génération, mais pour le moment, il ne s'est prononcé en faveur d'aucun candidat de gauche, officiellement.
Oui, c'est ça. Il me semble que vous l'avez reçu la semaine dernière et qu'il n'a pas encore souhaité dire. pour qui il allait se diriger à la prochaine élection présidentielle, et peut-être pour faire la petite histoire du parti Génération. Alors d'ailleurs, je crois qu'on n'a pas encore véritablement décidé si on disait Génération ou Génération.S. Exactement, parce que la graphie est légèrement particulière. Exactement, non, mais c'était juste pour rappeler, c'est donc la formation qui a été fondée par Benoît Hamon à la suite de sa campagne présidentielle qui ne s'est pas très bien passée au Parti Socialiste en 2017, on va dire. Donc l'année suivante, en 2018, il a créé cette formation politique. Aujourd'hui, elle est chapeautée par Benjamin Lucas. Et on va dire que cela forme un ensemble, d'ailleurs qui ne siège plus avec les socialistes à l'Assemblée nationale, mais qui siège avec les écologistes à l'heure actuelle. Cela forme un ensemble qui n'est pas le plus anti-LFI dans la gauche française à l'heure actuelle. Je crois même que sur un certain nombre de dossiers, ils sont plutôt LFI compatibles. Leur participation au groupe écologiste à l'Assemblée nationale, d'ailleurs, rappelle qu'ils étaient parmi les plus grands avocats du front élargi de gauche aux dernières législatives, celles de 2022, celles de 2024, du passé. Et donc on comprend que c'est en effet un univers idéologique qui est assez spécifique et qui correspond manifestement à l'évolution que prend le centre de gravité de la gauche à l'heure actuelle en France.
Alors une plainte pour association de malfaiteurs va être déposée contre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Notamment c'est ce qu'annonçait tout à l'heure l'avocat de l'une des victimes de l'attentat de Trappes. Écoutez.
Cette plainte vise trois personnes. dont deux personnes physiques et une personne morale, à savoir Marine Le Pen, Jordan Bardella et la société CNews. Pourquoi ? Parce que nous considérons qu'ils ont participé à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime terroriste. Les mots qu'ils ont prononcés, les discours qu'ils ont tenus, les paroles qu'ils ont eues pendant plusieurs années et récemment encore sur la ville de Trappes, ont été repris et il apparaît clairement qu'ils ont motivé et endoctriné les actes du tueur. Ce sont très exactement les mêmes mots.
une plainte à l'encontre notamment de Jordan Bardella et Marine Le Pen. Qu'en pensent les membres du Rassemblement national ? Nous étions tout à l'heure sur France Info en ligne avec Alexandre Varro, avocat et député européen.
sont des propos polémiques. J'ai toujours du mal à penser qu'un avocat peut dire des choses aussi... mal fondée, enfin, c'est absurde. Voilà, c'est absurde. Je suis obligé de dire à mon contraire que ce qu'il dit est absurde. Et ce qu'il dit évidemment n'a aucun sens. Voilà. Donc, c'est désolant. C'est un militant politique, plus qu'un avocat. Et j'en suis... J'en suis vraiment confondu de voir qu'il se laisse aller à ce genre de choses.
on va reprendre aussi parce que Ali Rabey, le maire de Trappes, a tenu à rappeler les propos tenus par Jordan Bardella il y a quelques années. Sa ville aurait été transformée en repoussoir, dit-il. Trappes avait été qualifiée par Jordan Bardella de république islamique. Miniature capitale européenne du djihad. Est-ce que ce ne sont pas des mots qu'il faudrait peut-être bannir des discours du Rassemblement national ?
Il y a des villes qui ont décidé d'être extrêmement violentes à l'égard de la France. Oui, c'est une certitude. Trappes, Saint-Denis, M. Baba Yoko, le maire de Trappes, qui sont des gens qui d'ailleurs ne représentent pas toutes leurs villes, mais enfin non. On représente la majorité puisqu'ils ont été élus, malheureusement. Et donc, leur répondre avec franchise, peut-être avec dureté, pourquoi pas, n'est pas interdit. Et ces gens se font les militants. d'une idéologie qui n'est pas la nôtre et qui n'est pas celle des Français d'une manière générale.
Mais Alexandre Varou, lorsqu'on entend République islamique en miniature, capitale européenne du djihad, est-ce que ce ne sont pas des propos qui pourraient aussi attiser la haine dans l'autre sens, comme le dit aussi le maire de Trappes ce soir
non, nous n'avons absolument pas ratisé la haine. Nous voulons la paix, que tout se passe bien dans notre pays. J'ai l'impression que si quelqu'un cherche... Et puis, à mon avis, personne ne pense autre chose. Si quelqu'un cherche la haine actuellement dans ce pays, c'est la France insoumise, ce sont tous ses relais. Et ils sont nombreux. Ils n'ont aucune chance d'arriver au pouvoir, mais ils sont suffisamment nombreux pour faire parler d'eux. Voilà, ces gens-là. Excusez-moi, Alexandre Varou,
vous citez la France insoumise. Vous êtes d'accord pour dire que le tireur, qui a été mis en examen, le tireur, ne fait pas partie de la France insoumise. Il était mu par la haine.
Bien sûr que oui, et qu'il était ému par la haine, et bien sûr qu'il faut qu'il soit mis en prison et qu'il y reste le plus longtemps possible. Je vous rappellerai que nous avons été les premiers à le demander, qu'il soit condamné sévèrement, qu'il soit allé en prison et qu'il n'en sorte pas. Voilà, donc ça c'est la chose la plus évidente. Pour quelqu'un de cette nature, il va en prison et il n'en sort pas. Voilà, donc il n'y a absolument aucun problème. Après, on a raconté n'importe quoi, qu'il avait des tracts du Rassemblement national dans sa voiture, ce qu'a raconté le monde, qui était un mensonge qu'ils ont fini par avouer. Donc voilà, tout ça est faux. L'enquête finira par déterminer ce dont il s'agit. Ce type, soyons clairs, ce type est un salopard. un dingue et doit aller en prison. Voilà.
Dernière question, on a vu des élus de gauche notamment se rendre à cet hommage en victime de cet attentat raciste à Trappes. Et puis on a vu des élus de droite, Edouard Philippe notamment, et puis ceux du Bloc central se rendre à la verrière. Ni à Trappes ni à la verrière, on a vu des élus du Rassemblement national. Pourquoi ?
il n'y avait pas d'élus ? Là-bas, je ne sais pas. Je ne comprends pas bien votre question. Ma question est simple. Le pays a été traumatisé par cet attentat raciste. Nous avons été à tout moment à la réponse sur tous ces sujets présents. On ne peut pas dire qu'on n'a pas été présent, qu'on n'a pas répondu sur tous ces sujets et qu'on n'a pas condamné ce crime ignoble. Il n'y a aucun moment où on peut dire qu'on n'a pas condamné ce crime ignoble.
Gilles Leproust, maire communiste d'Alonne dans la Sarthe, vous êtes toujours en ligne avec nous. Je crois que vous avez écouté la réaction d'Alexandre Varro. Est-ce que, je vais vous poser la question aussi bêtement, est-ce que tout à l'heure, parce que vous avez organisé un rassemblement dans votre ville, en soutien donc à Trappes et aux victimes de cet attentat raciste, est-ce qu'il y avait des élus de tous bords et notamment du Rassemblement national sur place pour condamner cet attentat
bien sûr, il n'y avait aucun élu du Rassemblement national. sur place, alors qu'il y en a dans ce département, il comprendra que c'est la fonction sur laquelle Allône se situe. Non, il y avait 250 personnes, beaucoup d'habitants, citoyens, jeunes et moins jeunes, de différentes cultures, qui étaient là parce qu'ils avaient senti l'urgence de défendre la République pour que chacune et chacun puisse y vivre correctement, d'y être respecté tout simplement. Et quand j'entends encore cette intervention de ce département, européen du RN, ça fait froid dans le dos sincèrement, il y a une forme de négation de ce qui se passe, y compris la non prise en compte de tous leurs appels, ce que vous avez rappelé d'ailleurs, les déclarations des uns et des autres qui sont en permanence des appels à stigmatiser celles et ceux qui sont différents, notamment de couleur et de convention musulmane, c'est pas acceptable, c'est pas la République des Lumières, crois que nous devons, y compris avec toutes celles et ceux qui... qui le souhaitent, et ils sont très nombreux, on a vu le succès des rassemblements à travers la France, et notamment le rassemblement de Trappes, que nous organisions, y compris la résistance, la riposte, pour faire vivre la République dans tous nos territoires, qu'ils soient aussi bien urbains, dans nos cités populaires, que dans le secteur rural, parce que les questions sont posées. C'est ce qui m'anime ce soir. Je n'ai pas envie de polémiquer, je pense. à cet homme qui est mort, à ces personnes qui ont été blessées, dont cette jeune fille de 12 ans. On ne peut pas accepter cette situation. Et ça ne tombe pas comme ça par hasard. C'est le résultat, le fruit de mois et d'années de propos racistes, stigmatisants, de divisions. Oui, je suis à la fois un maire qui... qui est engagée contre ce racisme et qui veut travailler, construire avec toutes celles et ceux qui sont disponibles. Et ce soir, nous à Lone d'ailleurs, nous avons, c'était contre les victimes, aussi bien à Trappes qu'à la verrière. C'est-à-dire qu'on n'a pas fait de choix. on prend tout ce qui arrive pour être plus efficace, parce qu'on est plus forts ensemble que chacun dans son coin, et c'est ce qu'on porte et défend notre association des maires de ville et de ville de France, qui d'ailleurs rassemble des maires de diverses sensibilités à l'exclusion du RN.
Je me tourne cette fois-ci vers vous, Eliott Maman. Est-ce que la présence, est-ce que la condamnation, mais la présence surtout d'un élu du Rassemblement national pourrait peut-être contribuer à un certain apaisement ? On l'a dit, il y a eu des condamnations qui sont unanimes. Il y a eu les mêmes mots à droite comme à gauche. Mais on voit bien que l'unité, elle a du mal à s'afficher.
voit aussi que l'unité, s'agissant de la possibilité d'intégrer le Rassemblement national à des rassemblements comme ceux-là, est plus ou moins refusée par une partie de la gauche. Alors on entend évidemment leur discours qui consiste à dire que le climat et notamment les informations sur lesquelles... Ils auraient peut
-être pu venir à la verrière.
Probablement.
On imagine que bien évidemment ils ne seraient pas allés à Trappes.
D'ailleurs on peut se demander dans quelle mesure l'intégralité des élus de droite qui ont décidé de faire cet autre rassemblement à la verrière n'aurait pas pu également aller à Trappes. C'est vrai que le symbole en tant que tel est assez désastreux de voir que... À la suite d'un attentat, on a une classe politique qui ne parvient pas au moins à trouver les mêmes lieux de rassemblement pour exprimer leur désarroi par rapport à ce qui s'est passé. Parce que ce à quoi l'on oublie, j'ai l'impression, un tout petit peu dans cette étape en France, c'est que... condamner quelque chose qui s'est passé, ce n'est pas nécessairement dire que l'on partage tous absolument les mêmes explications, ni bien sûr encore moins les mêmes solutions. En revanche, l'étape de la condamnation, surtout à la suite d'un attentat, je pense qu'il est assez important d'avoir un moment solennel qui permette à l'intégralité des forces politiques françaises, des forces politiques d'un pays qui est touché par un événement comme celui-là, de dire que ce n'est en effet pas quelque chose qu'elles acceptent. Vous avez raison, l'intégralité des forces politiques françaises l'ont dit dans le discours, mais... On voit en revanche que lorsqu'il s'agit de passer à une démonstration plus symbolique, il y a une véritable difficulté, que ce soit quand il s'agit de trouver un lieu, ou même à l'Assemblée nationale cette semaine, au Sénat également, même si ça a été beaucoup moins tendu au Sénat, on voit que la minute de silence, moment solennel s'il en est, n'a pas ensuite contribué à apaiser les esprits puisqu'on a assisté à une séance de questions au gouvernement qui a été parmi les plus tendues de la législature. Donc c'est aussi ça qu'il faut tout de même remarquer.
Très très vite, une dernière question avec Gilles Le Proust. Face à cet attentat raciste, on a vu cet après-midi que la gauche et la droite ne semblaient plus capables de faire front commun. Comment vous l'expliquez
-être que la proximité des élections présidentielles dans six mois fait que chacun veut jouer dans son couloir. Moi, ce que je vous l'ai dit, je le répète, quand nous sommes maires dans une ville, nous sommes maires de tous les habitants dans leur diversité, y compris au date du vote qu'ils ont émis. Donc, notre responsabilité face à cette... Oui, ce racisme qui rampant, mais y compris avec des actes, comme on l'a vu la semaine dernière, nécessite que les uns et les autres se mobilisent pour rejeter toute cette division, cette stigmatisation, cette discrimination. qui se font aussi leur liste sur beaucoup d'injustices, et je pense notamment au quartier populaire. Moi, je me félicitais que ce soir à Halon, il y avait des jeunes qui étaient présents à ce rassemblement. Ça veut dire que ça aussi, c'est un signe d'espoir, comme c'est un signe d'espoir des mobilisations des lycéens et des étudiants ces dernières semaines. Voilà, je suis plutôt là, signé sur une note un peu plus optimiste, mais du coup, on prend un appel, un appel à faire vivre la République. Ville et banlieue le disent souvent, la banlieue n'est pas le problème et la solution, faisons République ensemble. Eh bien oui, faisons République ensemble.
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