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Alors on va parler du discours du maire de Trappes avec vous Eliott Maman, vous êtes journaliste politique. Le raisonnement d'Ali Rabé est le suivant. Il existe un lien politique et idéologique entre la banalisation de certains discours de l'extrême droite et le passage à l'acte raciste. Vous diriez que lors de cet hommage, le maire de la ville de Trappes a clairement amorcé un virage.
Un virage du moins qui a été amorcé d'ailleurs depuis quelques jours, puisque Ali Rabé a quand même très vite lié ce qui s'était passé, l'horreur qui a touché sa ville avec des discours politiques plus généraux. D'ailleurs, ce qui était assez intéressant, c'est que la semaine dernière, au congrès du RN à Orléans, Ali Rabé s'est rendu dans les manifestations anti-RN qui ont été organisées en marge du congrès du RN et que Ali Rabé a immédiatement tenu ce discours, selon lequel il y aurait un lien direct à faire entre le discours. obtenue par le Rassemblement national et la décision, l'effet que ce type de discours peut avoir sur les esprits les plus faibles qui peuvent conduire jusqu'au terrorisme, selon lui, et le récit de la plupart des journalistes sur place. Remarquez que c'était un lien direct, une accusation que le maire de Trappes portait, que la plupart des autres manifestants ne portaient pas nécessairement. Les autres manifestants étaient plutôt dans un discours anti-RN classique, dans la contestation des propositions du parti, sans aller... jusqu'à faire ces comparaisons qui sont encore une étape supplémentaire que le maire de Trappes fait. Donc est-ce que c'est un tournant ? Je ne sais pas, dans la mesure où c'est le propos que le maire de Trappes porte depuis la médiatisation et depuis naturellement l'attentat. Mais en revanche, on comprend en effet qu'il y a une espèce de... que la gauche du moins est semée de se positionner autour de ces déclarations du maire de Trappes à l'heure actuelle. Ça, c'est peut-être le tournant en effet.
Alors cet hommage aux victimes qui a donc eu lieu à Trappes, mais aussi à la verrière, il n'a pas permis... d'afficher une unité politique face à un attentat raciste. La gauche et la droite ne semblent plus capables de faire front commun. Est-ce que ça voudrait dire que ce qui s'est passé, cet attentat à Trappes et à la Verrière dans les Yvelines, est-ce qu'on assiste à une résurgence du clivage gauche-droite que certains pensaient effacer ?
On voit en tout cas en effet que dans les approches notamment liées au sujet de criminalité et d'immigration et du lien à faire entre les deux ou pas, il y a un clivage gauche-droite qui est absolument certain, puisque cet attentat et les images de violence en marge des manifestations et la percussion entre ces deux dossiers-là ont véritablement répercuté et reprovoqué ces clivages-là. Ce que je remarque également, c'est que le centre ne sait pas exactement dans quelle mesure se positionner. et qu'on a l'impression que de plus en plus, le bloc central penche vers la droite, quitte à se dissoudre complètement. – Parce que les proches de
Gabriel Attal se trouvaient à la verrière et non pas à trappe. – Absolument. – Comme Édouard Philippe.
– Et puisque ça fait également lien avec les questions que vous posiez à l'instant, puisque dans l'appréhension des proches de Gabriel Attal, des images des manifestations et des violences en marge des manifestations ces dernières semaines, on voyait également qu'il y avait une indifférenciation de moins en moins marquée entre le propos de Gabriel Attal. Est-ce que l'on peut voir de manière générale chez Édouard Philippe ou plus à droite ? On peut se demander dans quelle mesure cette redéfinition des clivages politiques avec une résurgence éventuelle du clivage droite-gauche se fait complètement au détriment du centre qui semble disparaître. D'ailleurs, ce qui est intéressant également, c'est que cette résurgence du clivage droite-gauche conduit le centre à orchestrer son antagonisme politique davantage avec la gauche, avec la France insoumise qu'avec la droite. Ça a été particulièrement frappant en séance de questions au gouvernement cette semaine à l'Assemblée nationale. On a vu que le gouvernement a davantage concentré son discours. contre la France insoumise que contre le Rassemblement national. Si on avait pris les paris en cas d'attentat raciste, on aurait pu se dire que peut-être que cela se ferait davantage au détriment du Rassemblement national. On voit que vraiment la recomposition des cartes ne se fait pas dans ce sens-là.
Alors une plainte pour association de malfaiteurs va être déposée, notamment contre Jordan Bardella et Marine Le Pen. C'est ce qu'a annoncé tout à l'heure l'avocat de l'une des victimes de cet attentat de Trump.
Cette plainte vise trois personnes. dont deux personnes physiques et une personne morale, à savoir Marine Le Pen, Jordan Bardella et la société CNews. Pourquoi ? Parce que nous considérons qu'ils ont participé à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime terroriste. Les mots qu'ils ont prononcés, les discours qu'ils ont tenus, les paroles qu'ils ont eues pendant plusieurs années et récemment encore sur la ville de Trappes. ont été repris et il apparaît clairement qu'ils ont motivé et endoctriné les actes du tueur. Ce sont très exactement les mêmes mots.
nous sommes en ligne avec Alexandre Varro, avocat et député européen, Rassemblement national. Bonsoir, merci de réagir en direct sur France Info. On vient donc entendre ces arguments, une plainte pour association de malfaiteurs, notamment contre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Comment réagissez-vous ce soir
Écoutez, ça n'est évidemment pas sérieux. Ce sont des propos polémiques. J'ai toujours du mal à penser qu'un avocat peut dire des choses aussi mal fondées. C'est absurde. Voilà, c'est absurde. Je suis obligé de dire à mon contraire que ce qu'il dit est absurde. Et celui, évidemment, n'a aucun sens. Donc, c'est désolant. C'est un militant politique, plus qu'un avocat. Et j'en suis vraiment confondu de voir qu'il se laisse aller à ce genre de choses.
On va reprendre aussi parce qu'Ali Rabey, le maire de Trappes, a tenu à rappeler les propos tenus par Jordan Bardella il y a quelques années. Sa ville aurait été transformée en repoussoir, dit-il. Trappes avait été qualifiée par Jordan Bardella de République islamique miniature, capitale européenne du djihad. Est-ce que ce ne sont pas des mots qu'il faudrait peut-être bannir des discours du Rassemblement national ?
Il y a des villes qui ont décidé d'être extrêmement violentes à l'égard de la France. Oui, c'est une certitude. Trappes, Saint-Denis, M. Baba Yoko, le maire de Trappes, qui sont des gens qui d'ailleurs ne représentent pas toutes leurs villes, mais enfin non, on représente la majorité puisqu'ils ont été élus, malheureusement. Et donc leur répondre avec franchise, peut-être avec dureté, pourquoi pas, n'est pas interdit. Et ces gens se font les militants. d'une idéologie qui n'est pas la nôtre et qui n'est pas celle des Français d'une manière générale.
Alexandre Varou, lorsqu'on entend République islamique en miniature, capitale européenne du djihad, est-ce que ce ne sont pas des propos qui pourraient aussi attiser la haine dans l'autre sens, comme le dit aussi le maire de Trappes ce soir
non, nous ne cherchons absolument pas à attiser la haine. Nous voulons la paix, que tout se passe bien dans notre pays. J'ai l'impression que si quelqu'un cherche... Et puis, à mon avis, personne ne pense autre chose. Si quelqu'un cherche la haine actuellement dans ce pays, c'est la France insoumise, ce sont tous ses relais. Et ils sont nombreux. Ils n'ont aucune chance d'arriver au pouvoir, mais ils sont suffisamment nombreux pour faire parler d'eux. Voilà, ces gens-là. Excusez-moi, Alexandre Varou,
vous citez la France insoumise. Vous êtes d'accord pour dire que le tireur, qui a été mis en examen, le tireur, ne fait pas partie de la France insoumise. Il était mu par la haine.
Bien sûr que oui, et qu'il était ému par la haine, et bien sûr qu'il faut qu'il soit mis en prison et qu'il y reste le plus longtemps possible. Je vous rappellerai que nous avons été les premiers à le demander, qu'il soit condamné sévèrement, qu'il soit allé en prison et qu'il n'en sorte pas. Voilà, donc ça c'est la chose la plus évidente. Pour quelqu'un de cette nature, il va en prison et il n'en sort pas. Voilà, donc il n'y a absolument aucun problème. Après, on a raconté n'importe quoi, qu'il avait des tracts du Rassemblement national dans sa voiture, ce qu'a raconté le monde, qui était un mensonge qu'ils ont fini par avouer. Donc voilà, tout ça est faux. L'enquête finira par déterminer ce dont il s'agit. Ce type, soyons clairs, ce type est un salopard. Un dingue et doit aller en prison. Voilà.
Dernière question. On a vu des élus de gauche notamment se rendre à cet hommage en victime de cet attentat raciste à Trappes. Et puis on a vu des élus de droite, Edouard Philippe notamment, et puis ceux du bloc central se rendre à la verrière. Ni à Trappes ni à la verrière, on a vu des élus du Rassemblement national. Pourquoi ?
il n'y avait pas d'élu ? Là-bas, je ne sais pas. Je ne comprends pas bien votre question. Si, ma question est simple, c'est-à-dire que le pays a été traumatisé par cet attentat raciste. Nous avons été à tout moment à la réponse sur tous ces sujets présents. On ne peut pas dire qu'on n'a pas été présent et qu'on n'a pas répondu sur tous ces sujets et qu'on n'a pas condamné ce crime ignoble. Voilà. Donc il n'y a aucun moment où on peut dire qu'on n'a pas condamné ce crime ignoble. Ce crime, on le condamne.
le condamnez, mais votre parti n'a pas été représenté ni à Trappes ni à Laverrière. Merci.
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